AMID
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Pilules de Rufus.
Aloes 20 siammes.
Myrrhe 10 " id.
Safran 5 id.
Sirop d'absinthe q. s.
Mêlez et faites des pilules de 2 décigrammes. Utiles comme emménagogue, 1 à li ; comme toni-purgalives, 5 à 10
Poudre contre l'aménorrhée.
Carbonate de fer 2 grammes.
Extrait sec de quinquiuii 13 décigrammes.
Pimdre de cannelle 5 id.
(Fouquier.)
Mêlez. D'abord en trois fois, puis en deux, enfin en une, dans la journée, avant l'un des repas [+]•
Pilules d'Anderson, ou Pilules écossaises.
Poudre d'aloès 24 grammes.
Pondre de gomme-gntte 24 id.
Huile volatile d'aois 5 id.
Sirop simple ; . . . q. s.
F. s. a. des pilules de 20 centigrammes. Deux à six comme purgatif □.
Eaux minérales.
Eau carbonatée sodique, de Tœplitz en Bohême [+]■
Eau minérale hydro-sulfurée d'Aix, en Provence : en boisson et en bains □. A prendre dans la journée, par cuillerées à bouche.
Eaux toniques et apéritives de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) : boisson et surtout bains □.
Eaux de Cauterets (Hautes-Pyrénées) : boissons et bains □.
Eaux : ferrugineuses d'Orezza, de Bussang, de Spa, de Passy, de Forges, etc., en boisson. Un à quelques verres par jour \+ +\.
Eau sulfureuse de Louéche (Suisse) ; injections et bains □.
Eau alcaline de Sainte-Marie (Hautes-Pyrénées) : boisson et bains
Eau sulfureuse alcaline de Montmirail (Vaucluse) : boisson et bains □.
AMERS. Les amers sont des médicaments d'une saveur spéciale plus ou moins désagréable, qui sont employés comme stomachiques, comme fébrifuges, et comme pouvant donner de l'appétit.
On donne les amers dans la gastralgie, dans les fièvres intermittentes, dans les affections vermineuses, dans la chlorose, dans l'aménorrhée et dans la goutte [±\. Ils forment la base de la fameuse poudre du duc de Portland, dont l'usage, prolongé' deux ans, a été si vanté contre la maladie goutteuse.
AlfUAXTE. Substance minérale soyeuse, dont on a voulu faire de la charpie. — C'est un silicate de magnésie.
AIVIIDom. Fécule retirée du blé sous forme de substance blanche, inaltérable à l'air, insoluble dans l'eau froide, et très-soluble dans l'eau bouillante.
Thérapeutique. — L'amidon en poudre se met sur l'impétigo, sur l'eczéma et sur toutes les dartres ou excoriations sécrétantes de la peau, à titre d'absorbant et pour éviter les démangeaisons [+].
On en fait des cataplasmes émoilients et on le met dans un bain (une livre) pour adoucir la peau □ ; enfin
on le donne en toeme/i^ contre la diarrhée (15 à 50 grammes délayés à froid dans 250 grammes d'eau) [+].
AMM01\MQUE (Alcali volatil). Alcah gazeux retiré du sel ammoniac, et qu'on fait dissoudre dans l'eau afin de l'employer en médecine.
Thérapeutique. — A l'état de concentration (26"), c'est un caustique. 11 sert à rubéfier la peau quand on l'emploie très-légèrement ; à faire une vésication immédiate, lorsqu'on l'applique en quantité sur du drap inhibé ou incorporé dans de l'axonge ou de l'amidon [T], ou enfin à cautériser les morsures d'animaux vénéneux On le fait respirer dans les cas de syncope, mais il faut l'employer avec précaution en ayant soin de ne pas approcher le flacon trop près des narines.
A l'intérieur (15 à 20 gouttes dans un verre d'eau), l'ammoniaque se donne dans l'ivresse l+J? dans le deliriurn tremcns \±], dans l'emphysème pulmonaire et dans le tétanos □.
On s'en sert avec un pinceau imbibé et bien exprimé pour cautériser légèrement le pharynx dans l'asthme essentiel ou symptomatique (Ducros) [T].
L'ammoniaque est la partie active du baume opodeldoch et de la pommade de Gondret.
Le chlorhydrate d'ammoniaque ou sel ammoniac est très-utile en solution, 15 grammes pour 150 grammes d'eau, pour faire des compresses résolutives ; en pommade, 5 grammes pour 30 grammes d'axonge, il sert à faire des frictions résolutives dans l'adénite chronique [+] et dans les engorgements du sein.
Aniuioniaque {gomme résine). Substance fournie par une plante exotique de la famille des ombellifères. l^e Dorema ammoniacum.
C'est une résine stimulante, antispasmodique et anticatarrhale, très-employée dans la bronchite chronique, à la dose de 1 à 2 grammes en énmlsion avec le lierre terrestre dans un looch blanc ou avec du vin. On pourrait en faire dissoudre 10 grammes dans 100 grammes de vin de Lunel et ajouter de l'eau distillée 100 grammes et du sirop de Tolu 50 grammes, pour la faire prendre par grandes cuillerées aux malades.
xlMl\IÉSIE. Les maladies organiques du cerveau, l'anémie et l'épuisement que déterminent de grandes hémorrhagies, des flux excessifs ou des pertes séminales, amènent souvent la perte de la mémoire ou Vamnésie.
Contre l'amnésie qui dépend d'une maladie grave de l'encéphale, il n'y a souvent rien à faire, mais dans les cas où elle dépend de l'anémie, il faut employer la médication de cette maladie (V. Anémie, Aphasie, Chlorose). Dans certains cas d'amnésie, le poivre cuhèbe (2 à Zi grammes par jour pendant quinze à vingt jours) a été très-utile et a produit la guérison (Debout) .
AMPÉLOTHÉBAPIE (CURE DE RAISIN). — Cette médication doit être faite avec du raisin ordinaire ou du chasselas, de 1 à Zi kilogr. par jour en trois fois, la première à jeun, la deuxième avant dîner et la dernière avant le repas du soir. (V. Raisin.)
AiMPlIIOlV (Haute-Savoie). Eau minérale ferrugineuse, bicarbonatée, froide : en boisson, contre l'anémie et la dyspejisie.
AitlPOULE, PHÎ.YCTÈI\IE, CLOCHE. L'épiderrae soulevé sous forme de huile remplie de sérosité transparente ou purulente forme ce qu'on appelle des ampoules ou des phlyctènes plus ou moins volumineuses.
Les phlyctènes se produisent sous l'intluence du frotte-
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ment du pied, chez ceux qui ont trop marché, ou du frottement des mains, chez les personnes qui ont manié des objets trop durs. Elles sont aussi la conséquence de la brûlure, des vésicatoires, et de certaines maladies intérieures, telles que la varicelle, l'érysipèle et le pemphigus.
Thérapeutique. — Les phlyctènes accidentellement formées doivent être piquées a la partie déclive et recouvertes de compresses imbibées d'eau blanche.
Si les parties couvertes de phlyctènes se mettent à suppurer, il faut enlever l'épiderme, panser à plat avec du linge troué enduit de cérat ordinaire.
AMPUTATIOIV. Enlever avec le bistouri une portion de tissu sain avec une tumeur, la mamelle, par exemple, enlever avec le couteau un membre ou un segment d'un membre, comme le bras, le pied, les doigts, os et parties molles à la fois : c'est faire une amputation.
Les amputations des membres sont faites dans la continuité des os ou dans leur contiguïté. Ces dernières amputations sont dites des désaitimlutions.
Les principaux cas d'amputation ou de désarticulation sont :
a. Un cancer profond ou superficiel d'un membre, ayant résisté à toutes les ablations et cautérisations tentées pour le guérir ;
6. Une tumeur blanche ulcérée chez un individu ne présentant pas d'ailleurs des symptômes évidents de tuberculisation pulmonaire et d'hecticité putride symptomatique avancée ;
c. Une fracture comminutive avec dénudation des os, des «uiscles et des artères et veines principales du membre ;
d. Une fracture compliquée par arme à feu;
e. Une large plaie avec contusions multiples, et section de l'artère et des veines principales d'un membre ; les plaies produites par un boulet qui a emporté un membre ;
Une plaie des articulations de la cuisse, de la jambe, du bras, de l' avant-bras, avec issue des extrémités ai ticulaires brisées au dehors.
<j. Une bridure du sixième degré qui a mis à nu des os et ouvert des articulations.
Les amputations pathologi(pies pour les cancers et les tumeurs des os et les tumeurs blanches sont des amputations pour lesquelles on peut prendre tout son temps, et choisir un moment propice.
Les amputations traumatiques primitives pour une plaie ou une fracture ne sauraient jamais être faites trop tôt après l'accident.
Les amputations consécutives sont toujours beaucoup plus graves, surtout lorsqu'elles sont exécutées iiendant la période inflammatoire de la plaie.
Les amputations consécutives ne sont proposables que dans les cas où les accidents inflammatoires ont disparu.
Cette question, différemment intei'prétée au moyeu des statistiques, est jugée par de nombreuses observations et la pratique des chirurgiens de tous les temps.
Les anq)utations pour des cas pathologiques sont moins graves que les amputations pour un Iraunialisme, qu'elles soient primitives ou consécutives.
Les désarticulations ou amputations diuis la contiguïté sont plus graves que les amputations dans la continuité, quoiqu'elles exposent moins à l'infection purnlenle (Sanson).
Une amputai 1011 uu une déjarlu ulatioii e.-t d autant plus.
grave, qu'elle porte sur un segment des membres plus rapproché du tronc. Malgré ce principe, il est difficile de préférer, par exemple, la désarticulation du genou, à l'amputation de la cuisse au tiers inférieur pour une tumeur de l'extrémité supérieure du tibia. Cependant l'expérience, jusqu'ici, enseigne qu'il vaut mieux amputer dans la continuité du fémur. Bien que la section de l'os expose à une ostéomyélite, les avantages de l'amputation sont évidents, en ce sens que les lambeaux des parties molles sont plus réguliers, plus fournis que ceux qui sont taillés pour une désarticulation.
Suivant les régions, le choix de l'amputation ou de la désarticulation devra être discuté; pour le bras, par exemple, la désarticulation ne semble pas plus fâcheuse que l'amputation de l'humérus au tiers supérieur.
Lorsqu'on fait une amputation, il est un principe de la plus haute importance qu'il faut observer : il faut couper dans les jissus sains au-dessus du mal et couper l'os au-dessus du point où il est lésé ou malade.
Soins prcliminaires. — Pour les amputations dites pathologiques, le malade doit être mis aux boissons délayantes et suivre un régime doux, facile à digérer, peu de viande, des légumes et des soupes pendant un jour ou deux avant l'opération. On substituera cette hygiène et un ou deux purgatifs au traitement suivi par le malade pour la lésion qui exige l'amputation.
Pour les amputations consécutives à des traumatismes, il est inutile de perdre du temps, il vaut mieux opérer tout de suite ; mais il est un soin auquel il ne faut pas manquer, c'est d'encourager le malade afin de soutenir son moral, condition toujours favorable à la guérison. Larrey a bien saisi comment il y avait plus de succès dans les amputations (jui sont pratiquées sur les soldats d'une armée victorieuse, que dans celles qui sont faites sur les soldats d'une armée vaincue.
Le malade est chloroformisé avec avantage dans les amputations pathologiques, tandis que dans les amputations traumatiques, le chloroforme est peut-être plus dangereux qu'utile. Si, en même temps que la plaie qui nécessite l'amputation, il y avait une contusion du poumon ou une plaie de poitrine, il faudrait s'abstenir des agents anesthésiques; d'ailleurs le chloroforme déprime les forces.
Amputation dans la continuité. — 1° Amputation circulaire (fig. 11). — Le malade étant chloroformisé ou non, le chirurgien se place à droite ou à gauche du malade afin d'avoir la main gauche sur la partie du membre la plus voisine du trône (Malgaigne), s'il s'agit du membre inférieur, et vice versd, s'il s'agit du membre supérieur.
Un aide instruit et habile comprime l'artère avec les doigts, avec un cachet muni d'un tampon ou avec un compresseur mécanique qu'il maintient en place (V. Compresseurs, Anévrvsmes). L'application des doigts est préférable aux autres moyens. Sur les champs de bataille où l'on n'a pas d'aides en nombre suffisant, le tourniquet sera employé ; un aide soutient le segment du membre qui doit être séparé.
Un autre aide applique les deux mains, D, E, mr le membre, en arrière du point où le chirurgien va couper. Dès que l'aide s'est assuré de la position de l'artère, et qu'il comprime de façon à arrêter les batlements des artères du membre, le chirurgien incise circulairenient la peau en unseul temps (Lisfranc) , ou en deux temps (Desault) . L'aide retire la peau vers la racine du membre, le chirurgien incise la couche musculaire superficielle au niveau de la peau rétractée, l'aide rétracte de nouveau ; le chirurgien incite la couche profonde au niveau de la couche muûculdii e
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su[ierlicielle réli'aclée. Dans ces divers Icmps, le chinii'gieu doil, pendant que l'aide rétracte, inciser les brides aponévrotiqiies qui s'opposent au retrait des couches musculaires (Louis, B. Bell et Desault).
Fig. H - — Amputation du bras par la méthode circulaire. — A. Main gauche du chirurgien. — B. Main droite — E. Mains de l'aide rétiactant. C. Incision des couches musculaires profondes. (Alph. Guérin.)
Au lieu de sectionner couche par couche, le chirurgien incise la peau d'un premier coup de couteau, l'aide rétracte ; le chirurgien coupe jusqu'à l'os et au niveau de la peau rétractée, fait de nouveau rétracter (J. L. Petit et Alansoii) avant de sectionner quelques portions de muscles qui ont échappé au couteau. Il termine enfin par la section de l'os.
La rétraction doit avoir pour effet de couper l'os de 3 à 6 centimètres plus haut que la peau.
Quelque procédé que l'on ait mis en usage, lorsque l'os est découvert, tout le périoste qui a échappé à l'action du couteau, est coupé avec un bistouri, circulairement. L'aide qui a cessé de rétracter prend une compresse de toile fendue à deux ou trois chefs, suivant que le membre amputé a un ou deux os, ces deux chefs de la compresse sont croisés sur les chairs, et l'aide les maintient en place avec les deux mains. Le chirurgien s'arme d'une scie à amputation qu'il place perpendiculairement à l'axe du membre le pouce appliqué sur l'os, pour maintenir l'instrument, puis il scie d'abord assez vite pour commencer la section et il ralentit ensuite à mesure qu'il arrive au terme. S'il reste un éclat ou une pointe osseuse, il la résèque avec une pince de Liston, ou une pince tricoise.
La compresse enlevée, le chirurgien va à la recherche de l'artère principale du membre dont ses connaissances anatomiques lui indiquent le siège ; dans le cas où il ne distinguerait pas le vaisseau, l'aide cesserait de comprimer sans enlever les doigts de dessus l'artère, et un jet de sang indiquera le lieu où est le vaisseau à lier, le chirurgien !e saisira en évitant de prendre avec lui un nerf ou une veine • un aide apposera une ligature.
Toutes les artères devont êtres liées, même celles du périoste, et si l'os lui-même saignait, on comprimerait encore avec les doigts pendant quelque temps. Si l'hémorrhagie ne s'arrêtait pas, c'est qu'il y aurait une menace d'ostéo-myélite, et même une ostéo-myélile chroiii(|ue déjà établie (.1. Roux). On placera un morceau de pâte au
chlorure de zinc sur l'os sectionné et on le laissera un quart d'heure, ou bien on touchera les parties avec un tampon de charpie trempée dans du perchlorure de fer à 30 degrés et bien exprimé.
11 est bon de laisser la plaie ouverte quelque temps, pour voir si toutes les artères sont bien liées. Il n'est pas nécessaire de fendre les angles ; les bords rapprochés de la [ilaie formant une solution de continuité linéaire, les fils à hgalurc seront amenés dans un des angles de la plaie, et l'on réunira, soit avec des 'nandelellcs de diachylon, perpendiculaires à la plaie, soit avec des sutures entortillées (Desault), ou avec les serres-fines de Vidal (de Cassis). Une bande roulée enveloppera le moignon jtisqu'au niveau de l'os coupé. Un pansement simple, un linge troué enduit de cérat, un gâteau de charpie trempée dans un mélange d'eau et d'eau-de-vie camphrée au quart, des compresses longues placées en croix, et un triangle, dans le premier cas, des compresses d'eau froide, ou le lint anglais, dans le second, recouvriront la plaie réunie.
Lorsque, malgré soi, on a coupé dans des tissus contus ou malades, il ne faut point réunir; on place un gâteau de charpie dans la plaie et l'on ne réunit point, on panse à l'eau froide. V. Pansement humide et sec.
2° Ayyiputation à lambeau, elliptique et ovalairv({\g. 12). — Avec quatre aides, l'amputation à lambeau peut être exécutée. Le premier aide comprime l'artère, le deuxième soutient le membre, le troisième se tient prêt à relever et à maintenir les lambeaux et à placer le rétracteur, le quatrième pose les ligatures.
Le chirurgien taille un seul lambeau (Garengeot, Verduin) ou deux lambeaux égaux (Vermale, Ravaton, Langenbeck), ou enfin deuxlambeaux inégaux, le phis petit du côté de l'artère (ïeale).
On taille le lambeau par transfixion avec un couteau à double tranchant, après avoir pris à pleins doigts la quantité de parties molles qui constituera le lambeau ; on incise le reste des parties molles après luxation de l'os de dedans en dehors, et par dissection. Ou mesure la longueur que doivent avoir les lambeaux, en se rappelant qu'ils ne sont jamais trop longs.
On peut agir aussi de cette manière : après avoir taillé un lambeau par transfixion, le chirugien incise par une incision demi-circulaire, réunissant les points d'attache du lambeau, ce qui reste de parties molles.
Le chirurgien taille deux lambeaux, il Itiilie le second comme le premier, par transfixion ou de dehors en dedans en parlant de la base du premier lambeau taillé,
La méthode elliptique et ovalaire se fait par ime incision circulaire oblique par rapport à l'axe de l'os. Après l'amputation, la plaie ressemble à celle d'une amputation à un seul lambeau (Soupart).
Ces diverses méthodes d'amputation ont un avantage, celui d'utiliser, pour former un lambeau, les parties saines qui devraient être sacrifiées pour une amputation circulaire. En général, dans les amputations à lambeaux, on réunit par première intention, quoique la réunion se fasse seulement entre les parties semblables. On a recours à la suture métallique ou à la suture entortillée Un pansement à l'eau froide doit être alors mis en usage.
Dans les amputations à lambeaux, il faut toujours éviter de comprendre l'artère et le nerf principal du membre dans un lambeau, surtout lorsque quelque appareil prothétique doit porter sur le moignon, ou quand celui-ci a à supporter le poids du corps.
Il y a une sorte d'amputation dinis laquelle le chirurgien dissèque d'aliord une manchette qui intéresse seulement la peau et le tissu cellulaire (Brunnighausen), puis
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ou hcclionuo apièb les muscles, eL les os en couiiaul cii culairenicnl, ou en faisant des lambeaux musculaii'es.
Si la portion flu membre que k> cliii urgicn cnli''\ c renferme deux os, il faut qu'il coujie autour des deux os les
Fip;. 12. — Aiii|jii[ati.iu tie la cuisse |iar lu mùlhoile à lambeau. — A. Main du cliinii-gicQ. — li. Main do l'aide qui relève le lambeau. — E, K. Résultat de l'amputation k deux lambean.x. (.\lpb. Guéi'in.)
insertions musculaires, et qu'il dissèque avec le couteau dans l'espace interosseux, car la section en huit de chiffre est un procédé d'amphithéâtre. Pour couper les os, on aura un rétractcur à trois chefs dont le moyen sera passé entre les deux os à l'aide d'une pince à pansement. Le chirurgien entamera, avec la scie d'abord, l'os le plus volumineux, puis il attaqnei'a l'os plus grêle qu'il sciera en entier avant de terminer la section du |>lus volumineux. On pourra aussi scier d'abord le petit au-dessus du niveau de la section du plus gros (Pioux). Lorsque les lambeaux sont peu épais ou que l'on n'a qu'une manchette de peau pour recouvrir les os, on doit réséquer ou scier les angles osseux saillants, pour éviter la perforation de la peau <iu des lambeaux après leur réunion.
Pour les amputations d'un segment de membre à un seul os, le bras et la cuisse, l'amputation circulaire est préférable ; l'amputation à deux lambeaux inégaux, quoique applicable, est un peu moins avantageuse.
Pour les amputations de Favant-bras, la méthode circulaire est bonne à la partie inférieure ; la méthode à lambeau convient au tiers supérieur.
Pour la jambe, au tiers inférieur, la méthode à lambeau est la meilleure (iNélaiou) ; au tiers supérieur, au lieu d'élection, la méthode circulaire, la dissection de la manchette (méthode de lirinniighansen, procédé de Lisfranc), avec sectiou du rebord antérieur de la section du tibia, est meilleure qiu^ le procédé à hunbeau antérieur.
DÉSARTICULATIONS. — jR(;(y/<;,s ijnii'riili'^. — Des connaissances anatomiques précises sur la direction de l'articulation et sur SOS moyens d'imion sont indispensables pour laire la ih'sarticulation d'un mendue.
Le chirurgien cherchera d'abord lestubérosités osseuses, soit en plaçant le membre dans une position qui les fasse ressortir, soit en cherchant à partir d'un point bien connu, ou en suivant la diaphyse des os ou leurs parties les plus faciles à sentir à travers la peau.
Les plicatures de la peau, les saillies des tendons, devront aussi être mises à profit.
Après s'être assuré de la mobilité de la jointure, l'œil pourra se figurer une ligne fictive correspondant au niveau de l'articulation et le doigt pourra y sentir une rainuie plus ou moins appréciable.
Du côte où le lambeau doit être taillé, il importe peu ((lie les limites de l'incision soient nettement au niveau de l'articidation, mais du côté opposé, là où la peau est sectionnée circulairement ou à peu près, la peau doit toujours être coupée un demi-centimètre au moins en avant de l'articulation. Pour être plus sûr d'obtenir ce l'ésullat, la peau sera rétractée par un aide avant de commencer l'incision.
Lorsque les parties molles sont coupées, le chirurgien, s'il hésite encore sur le siège de l'articulation, fait exécuter quelques mouvements et s'assure avec les doigts du lieu où est l'articulation , il sectionne les ligaments en sciant et avec la pointe, et sans y mettre de force. Lorsque les ligaments s'insérant sur l'os à une certaine dislance des surfaces articulaires, auront été divisés à leurs insertions, ils laisseront les os s'écarter ; le chirurgien voyant alors les surfaces recouvertes de cartilage, n'a plus qu'à aller couper des ligaments latéraux, ou des restes de capsule non divisée. Il évitera d'entamer les surfaces articulaires des os qui restent. S'il a soin de presser sur l'articulation sans luxer, ou s'il a fait tendre les ligaments par les mouvements qu'il a imprimés à l'articulation, celte section est des plus faciles. S'il y a des ligaments interosseux, il les attaquera à part comme pour la désarticulation de la cuisse, l'amputation de Chopart ou celle de Lisfranc.
Les muscles et les tendons seront divisés du premier coup jusqu'à l'os, mais si un tendon dépassait le lambeau après l'opération, il faudrait le réséquer.
La peau du lambeau taillé nt; doit pas être coupée en biseau.
On peut tailler des lambeaux dans. des tissus lardacés ou engorgés , mais les parties qui sont le siège d'une dégénérescence cancéreuse doivent être soigneusement enlevées.
Le chirurgien fait comprimer l'artère par un aide ; il taille un lambeau; un autre aide le relève; la capsule articulaire ou les ligaments de l'articulation sont coupés un à un; le troisième aide soutient le membre; le quatrième noue les ligatures.
Une désarticulation doit être faite vile, et les parties molles doivent être nettement coupées. Si l'artère est sectionnée dans le lambeau taillé, on la liera avant de désarticuler.
Les plaies obtenues, toujours régulières, doivent être réunies par premièi'e intention ; la peau et quelques muscles se réuniront, et ce sera déjà quelipie chose ; la réunion par première intention complète n'existe que poui' les articulations petites. Si l'on craignait de voir le pus s'accunmler au niveau de la surface articulaire qui a été mise à nu, on pourrait mettre nue mèche ou ini sélon pei'foré entre les lèvres de la plaie, ou faire une contreouverture préalable siu' un point déclive au moimuit de l'opération.
Soins tviis&ittif's. — (hielle ipie :oil la v.iriélé d aiu-
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^)iUatioii(iui usl faite, une mèclic ou mieux un tube perforé (Cliassaignac) placé dans la plaie peut prévenir Faccuniuiation du pus au-dessous de la peau réunie. Les fils à ligature remplissant ce rôle, les premiers moyens ne sont }tas indis\iensables.
Vouloir obtenir une réunion par première intention véritable, après une amputation, est une chimère (Vel- " peau), car la peau se réunit, mais la suppuration ne se tarit pas avant que l'os et les muscles se soient réparés ; tâchez seulement qu'il se réunisse le plus possible des parties molles. On placera des tampons de charpie imprégnée de suppuratifs, fels que le cérat simple, ou d'un Imélange d'eau ou d'eau-de-vie camphrée (V. Plaies), ilans le cas où l'on ne poursuivrait pas la réunion immédiate.
Les bandelettes placées pour obtenir la réunion par première intention resteront en place jusqu'au cinquième jour.
Le membre opéré sera soutenu, élevé par un coussin, et placé dans la demi-flexion, de façon que les muscles soient dans le relâchement.
Le malade sera tenu chaudement, on lui donnera un verre de vin généreux, du bouillon et surtout une tisane délayante, celle-ci aura pour effet de faire disparaître l'embarras gastrique, effet inévitable de la chloroformisation ; quant aux aliments solides vous pourrez en donner aux malades, mais soyez persuadés que vous avez le pou- |voir de les leur faire prendre mais non de les leur faire digérer.
Si la réunion par suture est tentée, on enlèvera les épingles le deuxième jour, le degré de réunion de la peau lolDtenue indiquera quand il faudra enlever les dernières. Le pansement à l'eau froide sera renouvelé tous les jours, la plaie lavée sera exprimée pour évacuer le pus qui se forme et çoule autour des fils à ligature ; les compresses seront humectées toutes les demi-heures.
En cas de réunion secondaire, on pansera tous les jours, })Our nettoyer la plaie. Les pansements rares ne sont pas bons, ils sont peut-être une cause de production de la pourriture d'hôpital, à forme ulcéreuse ; les maturatifs, tels que le styrax et l'onguent de la mère, ne devront pas être appliqués au début sur la plaie.
! Dans l'une et dans l'autre de ces deux méthodes de pansements, le soin du chirurgien est la meilleure condi- !tion de succès. V. Plaies.
Lorsque les plaies des amputations sont guéries on aura recours à la prothèse. V. ce mot.