PHAR
PETITE CEM'ï'Al'llÉaî. Plante de la famille des gentauiées qu'on administre comme fébrifuge en décoclion.
irt> 1 .4 grammes dans 1 litre de vin [T] ou en infusion, 'i à •4 0 grammes par litre d'eau commune. Tisane amèro et loliii ! .nique.
';' PETITE ^'ÉROI.E. V. VaBIOLE.
PETlT-LAïT. Partie séreuse extraite par décantation \ du lait qu'on a fait coaguler au moyen de 1 gram. de préj,ç ' sure par litre de liquide. C'est le petit-hiit non clarifié, ilanchàtre et trouble qu'on emploie dans la dyspepsie, ™ ^ans la constipation et dans l'hypocbondrie, comme nourriture exclusive k la dose de plusieurs litres par jour |+]. 11 y a en outre le petit-lait clarifié, obtenu avec le pétillait ordinaire bouilli avec des blancs d'œufs, additionné I d'un peu de tartrate acide de potasse et filtré sur du pa- 1 pier. Ce petit-lait se donne comme rafraîchissant pour aider à l'action des purgatifs.
Pc<5t-laît nîtré. On le prépare avec nitrate de potasse, i 1 gramme, et petit-lait clarifié, 1 litre. 11 se donne comme rafraicbissant.
Petit-lait de IVeiss. Prenez un litre de petit-lait bouillant, caille-lait jaune, fleurs de sureau et de tilleul, 1 gramme de chaque : séné mondé et sulfate de soude, de chaque, U gram. Faites infuser et passez. Ce petit-lait, i légèrement purgatif, se donne pour faire passer le lait [+].
f Ptfn'KdLE (Huile de pierre). Bitume liquide inflammable sortant de la terre et des rochers à l'état de source
Idans différentes parties de la France, de l'Italie, de l'Inde et de l'Amérique, d'où il en vient des quantités considérables. C'est de l'huile de naphte urne à de l'asphalte. On s'en sert pour l'éclairage, et en médecine à l'intérieur dans la coqueluche et comme topique en lotions, dans le traitement de la gale ou de la teigne
PEUPLIER. Arbre dont les bourgeons résineux servent à préparer Y onguent populenm, très-employé contre les hémorrhoïdes \±i, et à faire une infusion, 10 à 15 gr.
par litre d'eau, administrée contre la bronchite chronique rn et la phthisii^ FH-
PFEFFEBS (Suisse, canton de Saint-Gall). Eau saline bicarbonatée calcique à 35°, employée en boisson et en bains contre les dyspepsies, le nervosisme chronique, les maladies des voies urinaires et les rhumatismes chroniques.
a»ïI,â4iiÉ»Ëi^ïSME. La disposition organique dans laquelle certains ulcères morveu\, diphthériliques, scrofuleux ou syphilitiques, rongent les jiarties voisines et s'agrandissent chaque Jour d'ime façon évidente, constitue le phagédénisme. V. Bubon, CiiANcnE, Uixères.
Il est extrêmement difficile de remédier au phagédénisme qui semble résister à tout ce qu'on fait contre lui.
Thérapeutique . — Les applications de styrax, de poudre de quinquina , de camphre, de compresses imbibées d'émulsion de coaltar saponiné au vingtième ou au trentième, à'acide phcnique au centième, les applications de teinture d'iode et la cautérisation au fer rouge, sont les meilleurs moyens locaux à opposer au phagédénisme. — Le transport à la campagne, la bonne nourriture, le vin de quinquina et le vin de Bordeaux, doivent venir en aide au traitement local.
PlïAKBTE. Mot employé pour désigner l'inflammation supposée du cristallin.
pgl<%RïXGITE (Inflammation du pharynx). L'action du froid, des liquides trop chauds, de la fumée de tabac, des substances corrosives, de la syphilis, de la scrofule, de la diphlhérite et de la variole, détermine souvent la pharyngite.
Il y a une pharyngite aiguë, une pharyngite chronique phlecjmoneuse, une pharyngite diphfhéritique, une pharyngite granuleuse ou scrofuleuse et une pharyngite syphilitique.
La rougeur et la douleur du pharynx, avec dyspbagie, expuition de mucosités, caractérisent la pharyngite aiguë.
La rougeur du pharynx sans douleur et sans dyspbagie, avec granulation de la muqueuse et de fréquents bruits d'expuition annoncent une pharyngite chronique.
La rougeur du pharynx avec douleur vive en avalant, avec roideur du cou et tumeur pharyngée, annoncent une pharyngite aiguë terminée par la formation d'un abcès prévertébral.
Thérapeutique de la pharyngite aiguë. — Des sangsues au cou sont très-utiles dans la pharyngite aiguë. — On prescrira, en outre, le repos à la chambre, — les bains de jambe sinapisés, — les boissons d'eau d'orge avec du miel ou du lait, ou du sirop de mûres, — les gargarismes d'alun, de feuilles de ronces, de mucilage de coings, de figues grasses bouillies dans du lait, de miel rosat et d'alimentation par des potages seulement.
S'il y a un abcès prévertébral, il faut lâcher de sentir la fluctuation et l'ouvrir aussitôt avec un bistouri droit dont la lame sera garnie de linge jusqu'à un centimètre de sa pointe.
Thérapeutique de la pharyngite chronique. — Dans la pharyngite chronique simple, il faut prescrire des gargarismes d'alcool camphré dans l'eau (5 grammes pour 100) de décoction de feuilles de ronces avec le miel rosat, d'eau d'orge et de lait, d'eau d'orge et d'alun, k grammes par litre, et mieux des douches, quatre ou cinq fois par jour, avec une seringue chargée d'eau camphrée, transparente, ou d'une solution aluminée.
l'HEL
PHIM
Les cautérisations avec la solution de nitrate d'argent sont (juelquefois employées avec succès.
C'est ici que les eaux minérales sulfureuses d'Enghicn, de Cauterets, de Ludion, d'Aix, etc., sont employées avec avantage en boisson, en aspiration et en douches pharyngées.
Pharyngite dsphtlt<;ri(i(iue. La diphthérite se montre souvent dans le pharynx, en même temps qu'elle existe sur les amygdales, dans les fosses nasales et dans le larynx. V. Diphthérite.
Pliaryngise ^rniiialeusc. A la suite des angines tousillaire et pharyngée chez les sujets lymphatiques et scrofulcux, il se forme souvent dans le phai'ynx des granulations charnues aux dépens des follicules de la muqueuse, ce qui constitue Vangine granuleuse. V. ce mot.
SMiaryng te !«ypliiiieïquc. Dans la syphilis constitutionnelle il y a souvent de la pharyngile accompagnée d'adénite cervicale chronique à la région occipitale et sousmastoïdienne. On la guérit par les moyens employés contre la syphilis. V. ce mot.
Pharyngite varÊolciisc. Dans le cours de la variole les pustules développées dans la bouche et dans le pharynx amènent une pharyngite qu'il faut traiter par les émollients comme une pharyngite aiguë. V. Variole.
PiiAEîYKX ( Abcès du }. V. Pharyngite et Cou [Abcès du).
Pharyn.x (FiSTULE CONGÉNITALE Du). Pendant les premiers mois de la vie, quand l'embryon est incomplet, le cou est représenté par une cavité entourée d'arcs, au nombre de quatre paires, qui peu à peu se rapprochent de façon à fermer le cou ; la cavité doit constituer le pharynx. Par suite de vice de développement, il peut se faire qu'un des arcs ne soit pas entièrement soudé à l'arc voisin, et qu'il y ait, au moment de la naissance, une scissure sur la partie médiane ou deux scissures sur les côtés du cou (Zenker, Heusinger). Ces scissures constituent des fistules congénitales du pharynx, et elles siègent d'ordinaire à l'angle de la mâchoire.
On reconnaît facilement les fistules congénitales du pharynx par l'exploration avec le stylet et par l'écoulement plus ou moins abondant des aliments ou du lait pendant la déglutition.
Il y a une fistide de la trachée qui reconnaît la môme origine que les fistules du pharynx.
Thérapeulique. — Les fistules congénitales du pharynx et de la trachée sont rebelles à tous les traitements ; l'autoplastie serait la meilleure opération à pratiquer, et pour qu'elle réussisse mieux, ce qu'il y aurait de préférable serait d'aviver les bords de la fistule et d'y conduire un lambeau pris au voisinage de la fistule. On a guéri de ces fistules avec les injections iodées (Serres d'Alais).
Sarrazin a trouvé une fistule borgne externe, qui a été guérie par les injections iodées.
Pharynx (INFLAMMATION Du). V. PHARYNGITE.
PïiELLAXiïRE OU CIGUË AQUAVii^iJE ou FE- NOUIL d'eau. Plante de la famille des ombellifères qui croît au bord de l'eau ou dans les marais et qui ressemble beaucoup cà la ciguë. Elle est très-nuisible au bétail qui la mange à l'état frais. On utilise ses semences comme sédatif de la toux, dans la bronchite et dans la phthisie, et elles se donnent en poudre (1 à 2 gramm. par jour), en pilules ou mieux sous forme de sirop de Fhellandrium aquaticmn
Dans ces semences, il y a de l'huile volatile odorante el nauséabonde, qu'on appelle phellandrine (Hutet) et
PaïÉMIfllIE (Acide), L'acide phénique se retire de la houille et s'emploie comme antiputride et comme désinfectant des plaies, eu solution dans l'eau à la dose de 1 à '2 millièmes et plus[+]. C'est un excellent auxiliaire de cicatrisation. On en fait une pommade au centième contre la teigne [+]•
L'acide phénique est considéré par quelques médecins comme le moyen de détruire tous les germes visibles ou invisibles des maladies contagieuses. Comme il s'oppose à (oute végétation des graines, et qu'il fait périr les plantes dont les racines sont dans la terre phéniquée, on a pensé qu'il ferait périr les monades, les sporules, les bactéries, etc., auxquelles on rapporte à présent toutes les maladies épidémiques (Lemaire).
A l'état de pureté ou faiblement étendu d'eau, il tue les infusoires, cela est vrai, mais dilué au 100°"^, il ne tue plus rien(Feltz), elles bactéries continuent de remuer.
Théoriquement donc l'acide phénique donné aux malades pour tuer les bactéries qui , par hypothèse, sont considérées comme la cause du charbon, de la variole, du typhus, de la fièvre typhoïde, etc., ne tue rien du tout. S'il agit, c'est autrement que comme un bactéricide.
Localement je l'ai employé avec succès dans la brûlure; je l'emploie en injections pharyngées au 1000'"°, dansi^ l'angine couenneuse, et à l'état de pureté il peut servir à ' cautériser un chancre au début.
Il a été donne aux animaux atteints de mal des montagnes et de typhus, à la dose de 10 à 15 grammes, et à l'homme, on l'a donné dans la variole à 1 gr. (Chauffard) : dans la diphthérite, dans la coqueluche, il se donne à 50 centigrammes à 1 gramme; dans le prurit des raa-j| ladies de peau, c'est un anesthésique. '
PHIMOSIS. Le phimosis congénital est un excès de développement du prépuce avec étroitesse de son orifice j qui empêche le gland d'être découvert. ' I
PHIM
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Il y a un phimosis accidentel dû à des brides cicat ricielles consécutives à des chancres et qui rétrécissent l'oritice du prépuce.
Le phimosis congénital peut être constitué par un rétrécissement extrême du prépuce ou par une étroitesse relative. Dans le premier cas, il peut y avoir rétention d'urine ; dans le second, il n'y a que difficulté de découi vrir le gland pendant l'érection. V. Atrésie du prépuce.
Le phimosis accidentel est souvent le résultat du diabète, parce que la glycosurie amène une irritation du prépuce, qui le rend chaque jour plus dur et qui en ferme l'orifice.
Les phimosis peuvent être compliqués de la présence 1 d'un calcul urique sous le prépuce (J. L. Petit), par suite j du séjour de l'urine. En ce point plusieurs calculs peuvent exister (Brodie). Ils peuvent être compliqués de balanites à répétition, dues à la difficulté des lavages après le coït ou aux effets des excès de coït. 11 y a quelquefois des déchirures du prépuce suivies d'induration. Le gland toujours couvert devient irritable, et l'irritation du gland engendre quelquefois par ce fait la spermatorrhée. Enfin le gland sorti de force à travers le prépuce peut être étranglé, et il y a paraphimosis. V. ce mol.
Chez les enfants, le phimosis donne souvent le goiit de la I masturbation.
i| Le phimosis est complexe lorsqu'il y a des adhérences entre le gland et le prépuce, soit de naissance, soit après I des ulcérations cicatrisées.
Thcrapeutique. — Il est indiqué d'opérer le phimosis lorsqu'il y a gêne de l'émission des urines, lorsqu'il y a des balanites successives même en dehors du coït. Chez les enfants, l'opération du phimosis est un bon remède contre la masturbation.
A. Toutes les fois qu'il y a une biennorrhagie, une balanite, des chancres, il est contre-indiqué d'opérer; il faut j attendre que le mal vénérien ou inflammatoire soit guéri ' (Travers) .
Pour le phimosis simple sans adhérence du gland, il n'y a pas de meilleure opération que la simple incision.
1° Un bistouri, à la pointe duquel est placée une boule j,de cire, est introduit sur le dos de la verge, sous le prépuce, jusqu'au fond du cul-de-sac de la muqueuse ; le chirurgien pousse l'instrument qui transperce la boule de cire et traverse le prépuce pour sectionner d'un seul coup le prépuce (J. L. Petit). On peut faire l'incision sur les côtés de la verge, sur les côtés du frein. On réunit la peau et la muqueuse (Hawkins) avec des serres-fines (Vidal, Malgaigne). On les laisse vingt-quatre heures, on panse à l'eau froide. On ne s'inquiétera pas si la suture se désunit, ce qui est inévitable à la première érection. Pourvu que quelques points aient repris, la guérison sera parfaite.
On a dit que cette opération laissait deux tumeurs cutanées qu'on avait dû exciser plus tard ; c'est de l'exagération. L'incision simple a de bons résultats et est toujours satisfaisante. On n'a pas à craindre de couper trop de peau ou pas assez de muqueuse. 11 n'y a pas à se préoccuper de la cicatrice de la verge, du moment où la fonction s'exécute, et celte opération n'est jamais suivie de récidive.
. 2» L'excision se pratique en attirant le prépuce au devant du gland avec ime pince à pansement et l'on excise un lambeau triangulaire avec le bistouri. Les ciseaux ont éié employés pour l'excision, mais ils contusionnent les parties.
3» La circoncision, autre mode d'excision, se fait ainsi : des aides tiennent avec des pinces le prépuce sur plusieurs
points, le chirurgien saisit alors avec une pince tout le prépuce et coupe d'un seul coup toutes les parties qui sont au devant de la pince (Gnillemeau, Lisfranc).
Les instruments spéciaux et variés, journellement proposés pour tendre le prépuce (Cusco, Bonnafond, Charrier, Panas), ne sont guère plus avantageux qu'une pince à pansement ouverte dans le prépuce.
Pour faire la circoncision méthodiquement, il faut enlever un lambeau circulaire obliquement, par rapport à l'axe de la verge. Pour cela, après avoir tendu le prépuce et mesuré ce que l'on veut couper, on saisit le prépuce avec une pince longue à mors fendus, on le coupe avec le bistouri passé dans les fentes des mors de la pince. La muqueuse est toujours coupée moins loin que la peau ; on la fend alors avec le bistouri et l'on ébarbe les angles de l'incision, puis on détache le frein et l'on réunit la peau à la muqueuse (Ricord).
Celte opération est longue et un peu douloureuse. De toutes les opérations qui ont pour but une excision, c'est celle qui donne le meilleur résultat relatif.
Les fils à ligature passés dans le prépuce et l'excision ou circoncision au-devant d'eux, puis la réunion des lèvres de la plaie de la muqueuse à la peau (Velpeau), est un procédé abandonné.
Les incisions multiples (Coster) ne peuvent être proposées que pour les phimosis à bords indvu'és et quand une autre opération n'est pas possible.
B. Lorsque le prépuce est adhérent au gland, ce dont on s'assure en passant une sonde entre le gland et le prépuce, on fera l'incision simple et l'on coupera les brides avec les ciseaux si les adhérences sont limitées. Si le prépuce est adhérent dans une grande étendue, le procédé est encore applicable (J. L. Petit). On enlèvera ensuite des lambeaux triangulaires du prépuce et on laissera cicatriser les plaies formées par la section des brides sur le gland, sous un pansement à l'eau froide. L'opération peut être faite en plusieurs fois.
Il faut prendre garde d'opérer les phimosis produits par le diabète, parce qu'il en résulte quelquefois des gangrènes redoutables, et il faut commencer par guérir la maladie principale (V. Diabète).
On peut essayer de guérir ce phimosis inflammatoire par les moyens pharmaceutiques et surtout par la préparation suivante :
Glycérolé d'amiiloii 12 grammes.
Extrait de belladone 2 id.
Introduire trois fois par joui entre le gland et le prépuce (Coste). Trois cas de succès (Moulas).
PULÉBECTASIE. Dilatation des veines. V. Varices.
PHî-ÉIISTE (W. Hunter, Breschet). La phlébite est l'inflammation des veines. Elle peut se développer sur toutes les veines du corps; cependant les veines des membres au voisinage des plaies en sont le plus souvent atteintes.
Les ligatures des veines, un traumatisme, une inflammation spontanée, l'introduction de pus de matières putrides, de virus, dans les veines, engendrent la phlébite.
La phlébite peut naître spontanément après un refroidissement, après la convalescence d'une maladie grave comme la fièvre typhoïde, ou à la lin de la phthisie pulmonaire tuberculeuse et du cancer.
La nature nous montre deux formes distinctes de plJébitcs ou à' inflammation des veines; l'une adhésive, avec caillots intra-veineux adhérents, qui sont le salut dés ma-
l'HLÉ
lades; l'aiilre suppurutùe avec fonnalion de pus dans les veines, accident qui est toujours suivi de inorl.
La phlébite suppuratice détermine très-rapidement la rougeur et le ramollissement des parois veineuses, la formation de caillots incomplets et de jius dans l'intérieur des veines, le mélange du pus avec le sang, son transport au foie dans les poumons, dans le cerveau, dans les muscles, où il engendre autant d'abcès multiples qui sont Tirrécusable témoignage de l'infection purulente.
Ce n'est pas le pus sécrété dans les veines malades qui se transporte en totalité dans un viscère et s'y dépose sous forme d'abcès, c'est le granule invisible de pus mêlé au sang qui, arrêté dans un organe, y fait naître une inflammation circonscrite, très-rapidement suivie de la formalion d'un petit foyer purulent.
L'inflammation siège dans les parois de la veine, c'est la phlébite externe ; dans la tunique moyenne et interne, ce qui constitue la phlébite interne (Hunter). La phlébite externe ne diflere des inflammations des autres tissus que parce qu'elle peut produire une phlébite interne, et la coagulation du sang dans les vaisseaux.
La coagulation du sang dans les veines n'est pas une manifestation essentielle de la phlébite, elle en est une 1 ause (Virchow), un résultat (Hunter, Cruveilhier, Bérard). Dans les conditions ordinaires, la phlébite est caractérisée par la rougeur et l'injection de la tunique moyenne et interne, quelquefois par des produits pseudo- membraneux et du pus déposés sur la tunique interne.
La pldébite traianatique s'annonce toujours par des frissons, par de la fièvre, par une douleur vive au niveau de la blessure de la veine ou sur le trajet d'une veine dont les branches d'origine ont été blessées. Sur les veines superficielles, on voit que les premières traces d'inflammation sont marquées par le boursouflement des lèvres de la plaie ; des douleurs pulsatives existent sur tout le trajet de la veine s'il y a un caillot formé. Dans le cas où il n'y a point de caillots ou de thrombose (Virchow), les phénomènes généraux prédominent, il y a de la fièvre, des frissons et tous les caractères d'une infection. Lorsque la veine est oblitérée par un caillot, il y a de l'œdème des parties qui sont situées au-dessous. Les phlébites profondes ne sont révélées que par une tuméfaction profonde, douloureuse et accompagnée de développement variqueux des veines superficielles.
Lorsque la phlébite est externe on observe tous les symptômes d'un phlegmon circonscrit qui ne tarde pas à se transformer en un abcès.
La phlébite interne avec coagulation du sang dans son intérieur, ou phlébite adhésive et douloureuse (Cruveilhier), se reconnaît à un cordon dur sur le trajet d'une veine, avec rougeur du tégument, si la veine est superficielle. Dans le cas de phlébite non adhésive, un cordon rouge sur le trajet d'une veine superficielle est le meilleur symptôme anatomique de la phlébite. L'angioleucite seule peut être confondue avec la phlébite, mais le siège des rougeurs sur le trajet des lymphatiques ou des veines indiquera quel vaisseau est malade,
La phlébite interne mène à l'infection purulente ; elle favorise le développement de phlegmons ; la phlébite adhésive entraîne des hémorrhagies (Cruveilhier), la coagulation du sang dans de grands réseaux veineux, de la gangrène, des abcès sur le trajet des veines.
Après une amputation ou une plaie de la tête, des fris-
sons intermittents et la jaunisse annoncent une phlébite mortelle.
La phlébite des veines profondes ne peut être distinguée de l'infection purulente qu'elle cause, mais l'erreur n'est pas grave, le traitement est le même dans les deux cas.
La phlébite avec thrombose ou phlébite adhésive n'est pas forcément suivie de l'oblitération de la veine.
Les phlébolithes semblent être des concrétions formées au\' dépens de caillots dus à une ancienne phlébite, ou au moins à des exsudats autour d'un caillot veineux ancien.
La phlébite adhésive et spontanée détermine la rougeur et le ramollissement des parois veineuses, la formalion de caillots complètement adhérents aux parois des veines^ l'oblitération du vaisseau, ce qui (!mpêchc très-heureusBj; ment l'entrée des matières purulentes et putrides dans le sang, V. Œdème douloureux.
La phlébite adhésive est presque toujours spontanée et se développe dans le cours des débilités, des cachexies et i des maladies chroniques.
Une violente et subite douleur déclarée dans l'épaisseur d'un membie, et bientôt suivie d'œdème blanc, douloureux, annonce une phlébite adhésive, ce qu'on appelle éga? \omeïA phlegmatia alla doleas.
Vous trouverez ordinairement la phlegmatia alba dolens dans les membres inférieurs,
La phlegmatia alba dolens, ou phlébite adhésive des ■ membres, autrefois considérée comme spéciale aux nou- 1 velles accouchées, s'observe également dans les débilitésdef l'organisme, dans la cachexie tuberculeuse, syphilitique et cancéreuse.
Vous reconnaîtrez toujours la phlegmatia alba dolens à' l'œdème douloureux des membres, accompagné d'indura,-! tion et de douleur plus vive sur le trajet des veines.
La phlegmatia alba dolens guérit toujours par le développement des veines collatérales superficielles, et le vaisseau malade reste indéfiniment oblitéré. • ,
La phlegmatia alba dolens qui s'étend des membres in-i férieurs ou supérieurs dans les veines du tronc devient! très-rapidement mortelle.
Thérapeutique de la phlébite traumatique. — On préviendra une phlébite en pansant les plaies avec soin, en pansant les plaies avec un pansement susceptible de prévenir la putridité des liquides d'une plaie, en liant le moins possible de veines. V. Veines [Plaies des).
Lorsqu'une plaie commence à suppurer et lorsqu'il y a des symptômes de phlébite, la cautérisation au fer rouge appliquée sur la plaie (Bonnet de Lyon) est bonne en principe.
Lorsqu'il y a phlébite adhésive, on appliquera des cataplasmes émollients, on donnera de grands bains, oni placera des sangsues sur le trajet de la veine, on feradesjj iï ictions mercurielles sur les parties rouges. Si l'on n'est pas appelé au début de la phlébite, il est inutile de recourir aux antiphlogistiques. Les parties seront tenues dansi. une position qui favorise le retour du sang veineux. Onl donnera de grands bains, un purgatif salin, 40 grammes de sulfate de soude des tisanes délayantes, telles que la limonade citrique et la gomme. Les phlébites spontanées adhésives ou thromboses (Virchow) seront traitées par les applications successives de un ou plusieurs vésicatoires,
11 est inutile de comprimer une veine atteinte de phlébite entre le cœur et la partie de la veine qui est malade
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(Hunier, Abernethy). Sectionner la veine en ce poinl (Brescliet) est une opération qui doit être proscrite.
Si l'œdème était considérable après une plilébite des membres, on dégorgerait les parties par des ponctions avec l'aiguille à acupuncture.
On traitera l infeclion purulente par les moyens appropriés. V. Infection purulente.
L'extrait de quinquina, 2 à 5 grammes ; le sulfate de quinine, 50 centigrammes à 1 gramme ; la teinture d'aconit, 1 à 2 grammes, se donnent dans la phlébite pour empêcher la résorption purulente, mais ce n'est là qu'une illusion.
Thérapeutique de la phlébite spontanée et adliésive. — Le repos au lit, une nourriture modérée, des embrocations huileuses opiacées et belladonées, des pommades laudanisées en frictions, sont tout ce qu'il y a de mieux <à faire contre la phlegmatia alba dolens, espèce de phlébite qui ne suppure jamais et n'olfre aucun danger.
Des applications de coUodionriciné, faites dès le début, sur les membres affectés de phlegmatia alba dolens, abrègent singulièrement la maladie et la font guérir plus vite que par tout autre moyen (R. Latour).
La phlegmatia alba dolens ne guérissant que par le rétablissement de la circulation veineuse collatérale superficielle, il faut attendre de deux à six mois pour la disparition de l'œdème.
Quand les accidents aigus de la phlegmatia alba dolens ont cessé et qu'il ne reste plus que l'œdème, les malades peuvent se lever et marcher avec un bas lacé ou une bande de flanelle roulée autour du membre.
Des bains tièdes locaux ou généraux, des embrocations d'huile de laurier, d'huile de jusquiame, de baume tranquille, d'huile opiacée ou belladonée, peuvent être conseillés dans la phlébite.