‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 46 sur 612 · III · texte numérisé non relu

III

Fig. 22. — Soiingue {"ravax, pour faire iis injectliins iji- |ioroliloriire (le fer. — C. Canule troeart de Wood (peu employée). — D. Cauule munie d'un' poinçon E. — B. Canule qui se fixe à la'séringue et est introduite à l.i place du poin(;on, après que trois tours de piston ont été exécutés.

incomplètement guéris parles autres méthodes. Il est dangereux de faire ces injections pour les anévrysmes de l'artère principale d'un membre.

Lorsqu'on pratique ces injections, une compression est faite d'abord au-dessus et au-dessous de l'anévrysme, puis on ponctionne la tumeur, et un jet de sang. artériel indique que l'on est dans l'anévrysme. On injecte alors le liquide coagulant. Chaque demi-tour de piston de la seringue faisant couler une goutte de liquide, et la canule qui a servi à la ponction ayant une capacité de trois gouttes, on fera trois demi-tours de plus que le nombre de demi- tours correspondant au nombre de 10 à 15 goulles, si le perchlorure est à UO", et si l'on se sert de la canule troeart, fuj. 2 ; du reste, le nombi'e de gouttes variera avec la grosseur et l'anévrysme.

On malaxe la tumeur pour mélanger les caillots qui commencent à se former avec le liquide coagulant. La compression exercée sur le vaisseau au-dessus de l'anéviysme doit être maintenue pendant une demi-heure après l'opération.

D. La compression directe sur l'anévrysme avec un appareil est mauvaise, mais la position permet d'exercer une compression efficace, surtout pour l'anévrysme poplitè.

Méthode indirecte. — I. La compression digitale de l'artère au-dessus d'un anévrysme (Vanzetti de Padoue) fait coaguler le sang dans son intérieur, par le simple fait de la cessation de l'entrée du sang dans le sac. Elle doit être exercée sur le tronc de l'artère principale, au-dessus de l'anévrysme, par des aides qui se relayent constamment. Une compression permanente pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures est suffisante ; les battements artériels disparaissant dans la tumeur guident le chirnrgieii pour désigner le moment où la compression peut être cessée, un bandage ou un appareil compressif soutient les parties. Si quelques battements rejiaraissaieul, ce serait le cas de recoiu'ir inunédiatement aux iiiji.'ctions coagulantes.

La compression digitale intermittente est moins efficace que la compression digitale permanente. Cependant Vanzetti dit qu'il n'est pas nécessaire de la faire pendant la nuit, et qu'il faut laisser le malade se reposer.

II. La ligature du vaisseau au-dessus de l'anévrysme (Anel et llunter), au-dessous (Brasdor et Wardrop), interrompt le cours du sang dans l'artère : le sang se coagule dans le sac, et la formation de caillots est favorisée.

De ces méthodes, l'une est plus siu'e, mais n'est pas toujours applica])le. Il faut, pour que la méthode d'Anel réussisse, que la ligature soit faite au moins 2 centimètres au delà de la première collatérale de l'artère, afin que le caillot obturateur de l'artère puisse se produire. Lorsqu'on lie un artère pour un anévrysme, on doit éviter de blesser le sac, il surviendrait une hémoirhagie trèsdifficile à arrêter, et extrêmement gênante jiour l'opérateur. V. Ligatures.

La méthode de Brasdor n'a réussi qu'une fois : elle ne doit être employée qu'à défaut de tout autre moyen.

Ces ligatures ne mettent pas à l'abri d'une récidive de l'anévrysme.

III. Comme la ligature par la méthode d'Anel a donné de bons résultats, et comme une ligature est une opération grave, la compression à l'aide d'appareils produisant le même eff'et que la ligature sur l'anévrysme, on doit préférer à la ligature la compression indirecte (Desault), c'est-à-dire la compression sur le vaisseau principal audessus de l'anévrysme.

La compression se fait en un seul temps, grâce à un appareil muni d'une pelote à pression continue, à res-

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.sort; on la laisse on [ilace jusqu'à la cessalion des luiUcinents artériels.

On comprinic en deux lemps de manière à diminuer d'abord les battements de l'artère et de la tumeur, puis ensuite à les faire eesser complètement (Broca); on arrive

Fig. 23. — Compresseur Je .1. !.. Petit, modilii:' ]iur lUipiiytreii. — A. Pelote à pression. — B. Peinte à contre-pressii a. — C. Clourroie qui entoure les meuibres, — D. Vis de pression.

à ce résultat avec un appareil à pelote unique et un appareil double à pelote.

Pour les anévrysmes des petites artères, on peut com- })rimer au-dessus et au-dessous de la tumeur alternativement (Belmas), en comprimant néanmoins sur la tumeur. On peut exercer une double compression au-dessus de la tumeur (lîruckncr).

Pour conjprimer les artères, on se sert du compresseur

Kig. 24. — Compresseur ù pression ooutinue de Duval (de Toulon). I,a spil'ale I) loriue ressort. En vissant lut clef II, on augmente la l'oroe du i nssuj l fil spirale, et réeiprni[uenient.

de .). I,. Petit, ou do Dupiiytren (tig, 23), ou du compresseur à pression continue deUuval (deTtiulon), qui est bon surtout pour les petites artères (lig. 'i^i).

Le compresseur de Hroca , à deux pelotes , est le

meilleur compresseur pour les artères des mendjres (fig. 25).

Pièglc générale, les compresseurs mécaniques doivent

l''i,n. 'iyt. — Compresseur de Broca. — B, B. Pelotes à oompi'ession continue en A et à vis. — I. Clef pour donner l'inclinaison voulue aux pelotes I{, H, au moyeu de l'artieulation D, D. — B, li. Courroies pour li.xer la gouttière A sur le nieralu'e.

être appliqués jusqu'à ce que les battements aient dis[)aru dans l'artère ; mais comme certains malades éprouvent des douleurs, comme la peau devient rouge et douloureuse, on est obligé de cesser momentanément la compression. La compression est dès lors intermittente, et elle n'agit pas beaucoup moins effiacement que la compression permanente.

La solidification complète d'une tumeur anévrysmale sous l'influence de la compression exige un temps variable mais moins long qu'après la ligature (Broca\

IV. L'amputation ne convient que ([uand l'anévrysme a produit de grands délabrements, quand il s'ouvre et donne lieu à de vastes épanchements sanguins qui décollent les tissus et y déterminent la gangrène.

V. Le traitement général débilitant de Valsalva et .\1- Ijerlini ne convient pas aux anévrysmes sur Icsipiels la chirurgie peut appliquer un des moyens ([u'elle possède pour détruire l'anévrysme ou oblitérer sa cavité en y produisant des caillots. Voy., pour ce traitement, Anévkysme DE LA CROSSE ET DE L'AORTE.

I>es malades atteints d'anévrysmcs profonds devront éviter les excès, les émotions vives et les efforts énergiques.

Les malades atteints d'anévrysmcs superficiels devront se garder, par-dessus tout, des exercices violents, et ils porteront sans cesse un bandage compressif sur la tumeur anévrysmale.

Indications généraks. — Si vous songez à ouvrir le sac liar la méthode ancienne, ne recourez auparavant à aucun autre moyen à litre d'essai.

On emploiera, avec espoir de succès, la compression indirecte ou la ligature dans les anévrysmes anciens, à développement lent et ([ui sont devenus irréductibles, ilf sont dans de bonnes conditions pour la coagulation du sang et la l'étraction consécutive de la poche. C'est dans ces (■a^ que la coiiqiression digitale est excellente.

Là où il n'y a pas de caillots formés, et où la compression peut èli e rigoureusement appliquée sur l'artère audessus de lii tumeur, les injections coagulantes son! d'ui heureux em|)loi.

Quand un anévrysme est près de s'ouviir, si vous pouvez ap[)li(iuer la méthode d'Antyllus, laite>-le. Si les liga-

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lui es des bouts divisés est impossible, la cautérisation ;ivec 1rs llèches de chlorure de zinc unie à la compression directe, est une dernière ressource. La ligature par la méthode d'Anal est encore applicable dans ce cas.

Un anévrysme artériel qui croît avec lenteur ne doit pas être opéré immédiatement, attendez et surveillez. Si le sac menace de s'ouvrir et que l'anévrysme soit dans une région où la méthode ancienne puisse être appliquée, n'hésitez pas à opérer immédiatement avant que l'inflammation survienne. Si l'anévrysme ne i)eut être opéré par la méthode d'Aniyllus, comprimez directement ou cautérisez avec les llèches de chlorure de zinc et comprimez.

Dans le courant du traitement des anévrysmes, si la suppuration apparaît, elle peut activer la guérison; mais elle entraîne souvent la mort.

Si un abcès se forme, ne l'ouvrez qu'avec les plus grandes précautions. Mais gardez-vous d'ouvrir lorsque vous aurez de la fluctuation sans rougeur ni douleur, il y a, dans ces cas, des décollements, des caillots, et un épanchemenide sang fluide entre le sac et les caillots. Le sang se résorbera; il est inutile d'agir autrement que paria compression avec une bande roulée.

Que l'on ait fait une ligature loin ou près de l'anévrysme, ou que l'on ait ouvert le sac, on ne réunira pas par première intention, on pansera simplement et mieux avec un cataplasme; chaque jour la plaie sera nettoyée, et le pus sera enlevé avec soin; dans un sac anévrysmal ouvert, on laissera des boulettes de charpie et on ne les enlèvera qu'au fur et à mesure qu'elles se détacheront.

Les anévrysmes artériels traumatiques, lorsqu'ils sont primitifs, c'est-à-dire lorsqu'ils sont formés par un épanchement de sang artéi'iel, restant en communication avec une artère par une plaie béante, réclament, quelle que soit la date de leur début, le ti ailement par l'ouvertui e du sac et la hgature des deux bouts divisés de l'artère, audessus et au-dessous de la blessure. Pour arriver sur l'artère blessée, on suit les caillots sanguins (Amussat) logés dans une espèce de cratère qui s'étend de la plaie cutanée jusque sur l'artère; un stylet introduit par la plaie extérieure, ou engagé à travers une petite incision, est un guide stir. Ce traitement réussit toujours dans les anévrysmes récents.

Lorsqu'on a affaire à un anévrysme par dilatation de la tunique celluleuse cicatrisée, après une plaie pénétrante d'une artère, le même traitement que pour les anévrysmes spontanés sera employé : la compression digitale, la ligature, ont produit des guérisons; la méthode par l'ouverture du sac n'est pas inférieure à ces deux procédés. Pour les anévrysmes traumatiques consécutifs des petites artères, les injections coagulantes sont préférables. La compression directe est le moins efficace des moyens à employer.

La compression digitale guérit rarement les anévrysmes traumatiques primitifs.

Anévrysmes ai-téi'ioso-veinoiix. Lorsqu'une plaie ou une contusion intéressent à la fois une artère et une veine, ou lorsqu'un anévrysme artériel voisin d'une veine s'ouvre dans cette veine, il en résulte un anévrysme artériuso-veineux, caractérisé par la connnunication du sang artériel et veineux.

Si l'artère et la veine ont été coupées totalement, il y a un sac intermédiaire entre les quatre bouts de l'arlèrc et de la veine divisés (Larrey, Âumssat). Ce cas est (rès-iare

Si l'artère et la veine ont élé blessées, il y a une •plilé-

bartérie (anévrysme variqueux simple), c'est-à-dire uu(,' comnumicalion latérale entre la veine et l'artère avec ou sans connnunication par rinlermédiaire d'un sac anévrysmal (anévrysme enkysté intermédiaire).

Il y a parfois une dilatation de la veine au niveau de la blessiire, du côté opposé à la conmiunicalion de l'artère avec la veine. C'est là unanéviysme artéi'ioso-veineux, dit par dilatation (Bérard, Broca).

Lorsque l'artère a été divisée de part en part, il y a parfois un anévrysme artéi'iel sur l'artère du côté oppose à la communication de l'artère et de la veine (Rodrigues).

D'autres fois, l'artère ayant été traversée de part en part, une seconde veine est atteinte, et il y a une double piilébartéiie ou anévrysme artérioso-veineux (Parck).

Toutes ces variétés peuvent présenter des modifications; la veine peut être dilatée, outre qu'il y a un anévrysme e n ky s té i n I e rm é d i a i l'o .

Les caillots actifs n'existent dans les anévrysmes artérioso-veineux que sur la tumeur formée aux dépens de l'artère.

Ouelle que soit l'espèce de l'anévrysme, le sang veineux s'introduit dans l'artère à chaque diastole de l'artère ; le sang artériel pénètre dans la veine à chaque systole. La veine au-dessous de l'anévrysme se dilate et prend les caractères d'une artère (W. Ilunter).

Dans les anévrysmes enkystés ou par dilatation, comme dans la phlébartérie simple, les veines superficielles dilatées présentent des battements.

Le thrill (frémissement vibratoire) existe sur le li'ajet de ces vaisseaux. On y entend un bruit de souffle à double courant. La présence d'une tumeur annonce qu'il y a une dilatation ou un sac anévrysmal, mais on ne peut préciser son siège ; le pouls est diminué connue dans les anévi'ysmes artériels et rien de plus.

Le pouls de l'anévrysme artérioso-veineux est un jieu moins ample que celui de l'anévrysnie artériel.

L'artère étant comprimée au-dessus d'un anévrysme artérioso-veineux, on fait disparaître les battements de la tumeur, tandis que la compression de la veine au-dessous les augmente.

Le thrill n'est pas le signe univoque de l'anévrysme artérioso-veineux, car il existe dans la varice artérielle et les tumeurs érectiles veineuses, mais d'autres caractères distinguent les deux lésions.

Le thrill est néanmoins un caractère diagnosti([ue tranché entre l'anévrysme artériel et l'anévrysme arlériosoveineux.

Des varices capillaires ou ijes varices simples sont la conséquence de la phlébartérie. Celles qui sont dues à un anévrysme ne disparaissent pas quand on conquime la veine au-dessous de la varice, et cessent quand on comprime l'artère (Briquet).

Un membre atteint d' anévrysme artérioso-veimuix est hypertrophié, œdématié, moins chaud que le niendue sain, perd ses forces, et le malade y ressent des engoui'dissements ondes douleurs pénibles.

Abandonné à lui-même, l'anévrysme artérioso-veineux reste plus longtemps stationnaire que l'anévrysme artériel, niais quelquefois il se rompt, produit des hémorriiagies sous-cutanées suivies de phlegmon et de gangrène. D'autres fois la plaie de la veine ou la veine s'oblitèrent, il reste un anévrysme artériel qui se reconnaît à l'absence de thrill, et au bruit de souffle qui cesse d'être coiuinu et double (Nélaton).

La guérifou ^^ponlallée d'iui anévi'y>me variqueux est

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rare, à cause de l'absence ordinaire des caillots fibrineiix dans les sacs ou les dilatations veineuses.

Thérapeutique. — Si l'on a affaire à une communication simple d'une artère et d'une veine, on se bornera, dans le cas où la maladie ne ferait pas de progrès, à exercer une compression sur l'anévrysme et sur le membre où il siège avec une bande élastique.

S'il y a une tumeur qui tend à s'accroître indéfiniment, et si la compression est impuissante, si l'anévrysme a contracté des adhérences avec la peau et menace de s'ouvrir, le traitement doit être fait d'après une méthode directe. On ouvrira le sac, et on liera les deux bouts de l'artère, mais il vaudra beaucoup mieux, si on le peut, lier les deux bouts de l'artère sans ouvrir le sac (Nélaton, Malgaigne).

Les autres méthodes par la ligature et par les injections coagulantes sont peu rationnelles, parce qu'on ne saurait, sans inconvénient^ faire coaguler le sang dans une cavité communiquant avec une veine. On pourrait créer des embolies veineuses; d'un autre côté, la coagulation dans les anévrysmes artérioso-veineux est difficile à obtenir.

La compression digitale a guéri deux fois des anévrysmes artérioso-veineux, mais on a dû comprimer la veine au-dessous et l'artère au-dessus de la tumeur (Vanzetti).

La compression directe sur un anévrysme artérioso-veineux peut oblitérer la veine, et alors il reste un anévrysme artériel; dans ce cas, on traitera l'anévrysme artériel qui succède quelquefois à l'anévrysme artérioso-veineux, d'après les règles qui conviennent aux anévrysmes artériels. V. Anévrysmes artériels.

ANÉVRTSME^i DE!!» DIFFÉREIMTE!^ ARTÈRES.

Les artères volumineuses du tronc sont, connue les petites artères des membres, susceptibles de former des anévrysmes, c'est-à-dire des dilatations générales ou partielles, et des ruptures latérales dans une poche accidentellement développée sur les côtés du vaisseau sous l'influence d'un traumatisme.

En cas d'anévrysme spontané , les parois artérielles sont toujours altérées antérieurement et incrustées de plaques calcaires ou de foyers graisseux.

Anévrysme «le l'aorte. 11 y a des anévrysmes de l'aorte abdominale et pectorale descendante, mais ceux de la portion ascendante ou de la crosse de cette artère sont de beaucoup les plus fréquents.

La crosse de l'aorte dilatée dans toutes les parties, et notamment à sa convexité, ' vers l'origine des artères de la tête, constitue ranévrysme vrai de l'aorte.

La perforation des parois artérielles interne et moyenne ([ui met en comnuuiication l'intérieur de l'aorte avec une poche sanguine formée sous la tunique externe, cellideuse, constitue V aiukrysme faux de l'aorte.

•Les anévrysmes faux de l'aorte forment des tumeurs ordinairement très-volumineuses, dont les parois sont composées de couches fibrineuses stratifiées, et dont la masse s'agrandit chaque jour un peu aux dépens des tissus voisins , surtout des côtes et des vertèbres qui disparaissent par degrés des nerfs phréiii([ues el pneumogastriques qui ne |)euv('nt plus foncliouucr régulièrement, des viscères thuraci(pies qui sont conqirimés et refoulés jusqu'au jour d'une syncope ou d'une riqiture de la tumeur amenanl l;i mort foudroyante el instantanée.

Les anévrysmes d<! l'aorte ne se révèleut que très-longtemps après le comuientement dc' leur formation, et lors-

qu'ils ont déjà pris des dimensions assez considérables pour gêner mécaniquement la circulation ou les fonctions des organes voisins.

L'exploration physique est toute dans le diagnostic des anévrysmes de l'aorte, car ces tumeiu's ne sont jamais accompagnées de troubles dynamiques spéciaux particulièrement significatifs.

Apparentes ou encore cachées dans la poitrine, la palpation, la percussion et l'auscultation vous feront reconnaître les tumeurs anévrysmales de l'aorte, par l'existence de battements sous la partie supérieure du sternum et les cartilages costaux correspondants, par la matité plus ou moins étendue de cette région, et par la présence de bruits simples ou doubles, naturels ou râpeux, entendus dans ce point, indépendamment des bruits de cœur constatés à leur place ordinaire.

Une petite ou grosse tumeur, frémissante et pulsative de la paroi antérieure et supérieure du thorax, aux environs du sternum, sous la clavicule ou au-dessus d'elle, avec ou sans destruction des os, ne peut être qu'un anévrysme de la crosse de l'aorte.

Lorsque dans un anévrysme de la crosse de l'aorle vous rencontrerez une grande inégalité des pulsations de l'artère radiale droite et gauche, vous pourrez dire que la lésion s'étend au tronc innominé ou à la sous-clavière gauche.

Le sifflement bronchique continu, chez un sujet qui a un anévrysme de l'aorte, annonce toujours la compression des bronches par la tumeur anévrysmale.

Si vous voyez un malade atteint d'anévrysme de l'aorte perdre la voix et devenir aphone, dites que chez lui la lunieur comprime le nerf récurrent.

Vous verrez quelquefois l'anévrysme de l'aorte compri-l mer l'œsophage et déterminer une dysphagie plus ou moins complète. |

Les anévrysmes de l'aorte sont comme les })lautea vivaces que rien n'arrête ; ils se développent toujoursJ tantôt lentement, tantôt plus vile, jusqu'au jour de l'a* phyxic, de la syncope ou de la rupture, c'est-à-dire de ■ mort. fl

Les anévrysmes du cœur offrent toujours, avec \m signes physiques de la tumeur, des phénomènes généra™ de toutes les maladies organiques du cœur, depuis Tinter-^ initlence et l'irrégularité du pouls, jusqu'à la dyspnée,' l'élouifenient, les palpitations, la toux, les congestions sanguines du visage, des mains et des viscères, l'œdème et l'hydropisie générale.

Quand vous verrez que l'anévrysme de l'aorte est accomjKigué d'hydropisie générale, dites que la mort est prochaine.

L'anévrysme de l'aorte est uni' maladie très-ordinairement mortelle

Rien n'est commun comme la moi t subite dans les anévrysmes de l'aorte.

Les malades atteints d'anévrysmes de l'aorte meurent asphyxiés par l'œdème des poumons, ou par syncope, ou enfin par hémorrhagie, dans le cas d'une déchirure spontanée de la tumeur.

Thérapeutique. — Tout malade atteint d'anévrysme de l'aorte supérieure qui ne se retire pas de la société pour vivre •en repos, dans un calme parlait d'esprit, en évitaiil la chaleur, eu mangeant peu, en se tenant le ventre libre ,

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H en se faisant saigner très-fréquemment, est voue à une nort foudroyante très-prochaine.

Le régime lacté et les émissions sanguines doivent faire a base du traitement des anévrysmes de l'aorte, moins jour en obtenir la guérison que pour prolonger la vie Valsalva).

Pilules de digitaline, de scille et de scammonée.

Digitaline d'HomoUe et Quevenne. ... 5 ceutigrammes.

Poudre de scille 5 grammes.

Poudre de scammonée d'Alep grise, légère, friable, lactescente, odorante. .5 id.

Mêlez intimement par une longue trituration, puis ajoutez sirop de gomme, quantité suffisante. Faites 100 pilules égales et argentées.

On en donnera deux, puis quatre, puis six, puis huit chaque jour (Bouchardat) FR.

Potion sédative.

Poudre de digitale 2 décigrammes.

Sous'acétate de plomb liquide 5 gouttes.

Sirop do fleur d'oranger 40 grammes.

Triturez le tout ensemble dans un mortier de verre ; ijoutezpeu à peu infusion de coquelicot 200 grammes.

Par cuillerées dans la journée (agitez la bouteille chaque Fois) (Fouquier) [+].

Pilules de digitale.

Poudre de digitale. ■ ) k

„„, i„„ ''f ,■ , > aa 5 grammes.

Poudre d asa lœtida / ~

Faites avec sirop des cinq racines, quantité suffisante, 100 pilules. Une d'abord, puis deux. On élève la dose successivement (Withering) [T].

Pilules sédatives.

Digitale.. . • 5 grammes.

Hydrochlorate de moriihino 3 décigrammes.

Camplu-e 2 grammes.

Conserve de roses q. s.

Faites selon l'art 40 pilules. On en prendra d'abord deux par jour. On élèvera successivement la dose.

Vacétate de plomb à la dose de 10 à 50 centigrammes par jour, en pilules, est un excellent remède pour modérer la marche des anévrysmes de l'aorte. Chuckerbully a donné dans le même but Vioduve de potassium, de 25 à 75 centigrammes, trois fois par jour □,

La digitale en poudre, à la dose de 5 à 50 centigrammes par jour, diminue beaucoup l'intensité des palpitations de l'anévrysme aortique, mais s'il n'y a pas d'exagération des mouvements du cœur, le remède est inutile.

Injections sous-cutanées d'ergotine^

Ergotine de Bonjean Sgl'.SO

Alcool . , . )

Glycérine | aa 7 60

Injectez 10 à 20 gouttes dans l'anévrysme ou autour {Bull, théi:, 1869) □.

Des compresses d'eau froide ou glacée et des applications de glace dans une vessie sont quelquefois (rès-utiies pour éviter la rupture d'un anévrysme aortique.

Mélange frigorifique.

Sulfate de soude 300 grammes.

Acide nitrique étendu d'eau 200 id.

Mêlez. Ce mélange fait baisser le thermomètre de 26°, et permet d'obtenir de la glace artificielle pendant les clialeurs de l'été (Bouchardat).

Anévrysmes aa-téricls du ti-onc bradlio-cépha*

liiluc. Des phénomènes de compression delà ti'achée, du nerf récurrent droit en particulier, du tronc veineux hrachio-céphalique, et l'établissement d'une circulation com-

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plémentaire sur la veine azygos, la voussure delà première côte, l'usure de l'os, et une tumeur qui apparaît en arrière du sternum, puis entre les scalènes, et qui a été précédée d'un affaiblissement du pouls radial du côté droit, font diagnostiquer l'anévrysme du tronc brachio-céphalique à l'exclusion de l'anévrysme de la crosse de l'aorte qui cause comme lui des accès de suffocation, de l'aphonie, des douleurs vives, et perfore aussi la paroi thoracique.

Certaines tumeurs du sternum et des ganglions bronchiques soulevées par les battements des gros vaisseaux pourraient être prises pour un anévrysme du tronc bracliiocépliah que, mais elles n'ont pas de mouvement d'expansion, de frémissement ni bruit de souffle.

La guérison spontanée des anévrysmes artériels du tronc brachio-céphalique est problématique. Abandonnés à eux-mêmes, ces anévrysmes s'ouvrent dans l'œsophage, la trachée ou les plèvres ; ou bien ils tuent les malades par asphyxie ou par un spasme du larynx (Erichsen) .

Thérapeutique, — Lier l'artère carotide et l'artère sous-clavière, soit en même temps, soit à un intervalle de quelques semaines, soumettre le malade au régime débilitant de Valsalva, sont les seuls moyens à employer ; on pourra y joindre des injections coagulantes à faible dose^ la galvano-puncture, et l'on pourrait alors ne lier que la carotide ouaxillaire (méthode Brasdor et Wardrop).

La compression digitale ou la compression à l'aide d'un compresseur mécanique sur la sous-clavière pourront être tentées.

Il ne faut pas s'engager dans la ligature du tronc brachio-céphalique (V. Mott), pour les anévrysmes de cette artère, à moins que l'on ne soit certain (juel'anévi ysme ne descende pas jusqu'à l'aorte.

Comme on a lié le tronc brachio-céphalique sur le vivant, le procédé qui a été employé est indiqué, sauf à modifier quelques points suivant les circonstances.

Incision en L, tournée en dehors, descendant jusqu'au niveau de l'articulation sterno-claviculairc, section de l'attache sternale du sterno-mastoïdien ; section du muscle sterno-hyoïdien. — On suit l'artère carotide primitive en écartant les veines en dehors. Lorsque l'on aperçoit la bifurcation du tronc brachio-céphalique, on lie aussi bas que possible. Gomme la région est déformée, la tumeur refoulant les orgones, on se guidera pour faire l'incision sur une ligne étendue de l'apophyse mastoïde à l'articulation sterno-claviculaire, on disséquera la tumeur et l'on arrivera sur l'artère. V. Ligatuiies.

La compression des artères carotides et sous-clavière faisant disparaître les battements, on liera la sous-clavière (Brasdor) , la carotide primitive (Evans) , ou la carotide primitive et la sous-clavière (Fearn, Liston), avec quelque espoir de guérison momentanée ; la tumeur pourra rester slationnaire, mais ce moyen n'assure pas ordinairement un succès.

L'opération faite, le malade doit tenir la tète un peu fléchie du côté malade pour que l'artère ne soit pas tendue.

Anévrysmes tic la carotide primitive. L'anévrysme artériel de la carotide primitive se forme à l'origine de cette artère (Robert) ou à sa bifurcation (Hodgson); il occupe un seul côté du cou où il se développe eu hauteur.

()uand l'anévrysme de la carotide primitive existe à droite, le tronc brachio-céphalique est presque toujours plus ou moins dilaté.

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L'iinévrysme arlériol de la carolide primitive, ordinaireuieiU spontané, suit toujours une marche lenle.

Un rétrécissemenl de la pupille causée par la compression du grand sympathique du cou (Ogle),rairaihlisseiiieut des battements dans les artères de la moitié de la tête correspondant à l'artère où siège l'anévrysme, la circulation veineuse supplémentaire au cou, la difficulté de la respiration, sont, avec les signes propres à la tumeur anévrysmale, battements, expansion et bruit de souflle, les caractères de l'anévrysme de l'artère carotide primitive.

Les caillots formés dans l'anévrysme et portés par le sang dans les branches terminales de la carolide primitive, engendrent une embolie ccrv brale avec ramollissement consécutif du cerveau et paralysie.

On ne confondra pas un anévrysmc de l'artère carolide primitive avec une tumeur pulsatile du corps thyroïde, parce que les tumeurs de cet orgaru^ se soulèvent avec la trachée pendant les mouvements de déglutition.

Les tumeurs cancéreuses, les kystes, les ganglions tuméfiés du cou, sont souvent soulevés par des battements, mais ils n'offrent ni les mouvements d'expansion ni le tracé sphygmographiquc des anévrysmes, ni l'atraiblissemenl du pouls tem})()ral.

En présence d'un cas de tumeur du cou où il y a doute pour savoir s'il s'agit d'un anévrysmc, répétez les exploi alious avec soin, mais n'ayez point la coquetterie de poser un diagnostic au premier examen.

Pour reconnaître l'anévrysme de la carotide de l'anévrysme de la sous-clavière, dans les cas rares où la tumeur de la carotide primitive s'allonge vers le creux sous-claviculaire, on consultera les battements à la tempe et au poignet. Suivant le point où ih seront affaiblis, on diagnostiquera un anévrysmc de la carotide ou de la sousclaviére. 11 faut ausculter les malades dans tous les cas, parce qu'il est possible que, au lieu d'avoir affaire à un anévrysmc de la carotide primitive, on ait devant soi un anévrysmc de la crosse de l'aorte éUanglé au niveau du sommet de la poitrine (Velpeau).

Thérapeutique. — Dans les anévrysmes de la carotide primitive, il faut employer la compression digitale ou mécanique, si l'on peut appliquer les doigts ou une pelote sur l'artère entre la tumeur et le cœur; si cela est impossible, on liera par la méthode d'Anel.

Si l'on est sûr de pouvoir lier l'artère 1 centimètre audessus de la bifurcation du tronc brachio-céphalique, à droite , on fera la ligature ; à gauche, on n'a pas à se préoccuper de la longueur d'artère saine entre l'anévrysme et le cœur.

La ligature de la carotide primitive entraîne des troubles cérébraux analogues à l'apoplexie ; elle cause des ramollissements du côté de la ligature (Bouchut) (V. Ganr.Ri-'.NE DU CERVEAU), dcs liémorrliagies de l'autre côté du cerveau, dues à la dilatation subite de ses capillaires pendant le réiMblissement de la circulation, et même, sans occa>ionner ces accidents, elle plonge les malades dans un coma qui'l(puîfois mortel. Une perte de connaissance, rhémiplégic du côté de la ligature, les vertiges, la syncope, sont des phénomènes ordinaires après la ligature de la carotide i)rimilive (Ogle). Contre ces accidents, il n'y a qu'à attendre eu euqiloyanl les traitements palliatifs.

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