V. FlUCTURES DE CÔTES
POIVRE. Fruit de diverses plantes de la famille des pipéracées, renfermant un principe particulier connu sous le nom de pi^îeriH (V. ce mot). Ce fruit se recueille sur le Pi'per nigrum ou }wivre commun. Mis en poudre, c'est un condiment, mais il est peu employé en médecine. Le poivre de bétel, espèce diiïérente, est plus employé. On s'en sert comme masticatoire.
POIVRE ClIBÈBE. V. CUBÈBE.
POIX IV^OIRE. Résine extraite du pin et du sapin, obtenue en brûlant les bois qui sont servi à la préparation de la térébenthine et dont on recueille le résidu dans l'eau. Elle est inusitée en médecine.
Poix Manclie ou poix de Bourgogne. Résine provenant du pin et retirée du tjalipot, fondue dans l'eau où elle est battue et passée pour en retirer les impuretés. Associée à un peu de cire, elle sert à l'extérieur comme rubéfiant pour appliquer sur la peau en forme d'emplâtre, pour faire aboutir les furoncles, et sur le dos pour guérir les bronchites.
P0LLUTI01K. L'éjaculation du sperme pendant le sommeil, avec ou sans rêves provocateurs, constitue la pollution nocturne.
La continence, le coucher sur un lit trop moelleux, la surexcitation du cerveau par des spectacles, des lectures et des tableaux érotiques ayant vivement agi sur les sens, senties causes des pollutions nocturnes.
Les pollutions trop fréquentes affaiblissent beaucoup les sujets et laissent après elles une courbature plus ou moins prononcée.
BODCHUT ET DESPRÉS. 2* édit.
Thérapeutique. — Coucher sur un matelas de crin, supprimer ce qui peut exciter l'imagination, sont les moyens que je conseille pour prévenir les pollutions nocturnes. Il faut en outre prescrire les lavements froids avec addition d'eau-de-vie camphrée, 10 grammes; — le lupulin à la dose de un gramme, — le camphre, etc.
Le mariage guérit ordinairement les pollutions qui dépendent d'une trop grande continence. V. Pertes séminaires.
Pollutions nocturnes avec érection. — Lorsque les pollutions nocturnes sont accompagnées d'érections et que par leur fréquence elles amènent l'épuisement, je fais employer la compression de l'anus et du périnée. Une sangle de bourrelier fait le tour de la taille au milieu, en arrière, se trouve fixée une autre sangle descendant jusqu'au coccyx. A Textrémité de cette sangle est fixée une pelote ovalaire de basane dure et grosse comme une noix, pour comprimer l'anus, et, à sa suite, une seconde pelote de bandage herniaire inguinal pour presser le périnée et la racine de la verge. Le bout de cette pelote se termine par deux courroies percées de trous et venant se fixer en avant. — Ce bandage qui comprime les vésicules séminales et la prostate s'applique toutes les nuits par-dessus la chemise et il produit de bons résultats (Doisneau).
POLYBACTYME. .Monstruosité caractérisée par une augmentation du nombre des doigts. V. Doigts surnuméraires.
POLYÉNIE. V. NOSOHÉMIES.
POLYGALA. Plante de la famille des polygalées, dont une espèce, le Fohjgala de Virginie, est employée à petite
Fig 569. — Polygala vuls
dose comme excitant, béchique et expectorant, tandis qu'à haute dose elle est émétique et purgative. Sa racine se prescrit en infusion [li grammes par litre d'eau); en poudre, 50 centigrammes à 1 gram.; en extrait; en sirop et en teinture.
POLYOPIE BIINOCULAIBE ET MONOCULAIRE.
La polyopie binoculaire est due à un défaut de convergence des axes optiques, dont le strabisme paralytique offre le type (V. Strabisme). La polyopie binoculaire est
POLY
POLY
due quelquefois comme la polyopie monoculaire, à des opacités parlielles du cristallin (Giraud-Teulon).
POLYPES. Les polypes sont des tumeurs formées par rhypertrophie partielle des muqueuses et développées, quelquefois aux dépens de la couche glandulaire, souvent aux dépens du tissu fdîreux du derme muqueux, principalement des papilles.
Quelquefois des polypes sont dus à des tumeurs nées dans les tissus fdjreux ou les couches musculaires des organes. Ces tumeurs se pédiculisent alors en repoussant au-devant d'elles la muqueuse et elles constituent un polype.
Cette division anatomique vaut mieux que la division morphologique des polypes en mous et durs, en vé^culaires et vasculaires. Seulement, comme au point de vue pratique la richesse vasculaire des polypes a son importance, on se rappellera que les polypes nés dans la muqueuse sont ceux dont les hémorrliagies sont le moins redoutables. Et pour reconnaître les polypes qui sont nés sous les muqueuses, on se rappellera qu'ils sont en général petits et bien réguliers, tandis que les polypes nés sur les muqueuses, arrivés à un certain développement, sont irréguliers et grenus. Cette loi, du reste, souffre des exceptions, parce que les muqueuses oii naissent les polypes ne sont pas semblables, et que les manifestations premières du polype peuvent être masquées.
Quelques polypes sont dus aux végétations de bourgeons charnus cicatriciels ; ceci existe surtout sur l'urèthre.
I,es polypes peuvent être formés par des éléments cancéreux.
Thérapeutique. — La destruction des polypes est toujours indiquée, soit que l'on emploie la cautérisation, soit qu'on les arrache ou qu'on préfère les exciser.
Polypes du conduit auditif. V. Oreille EXTERNE ET MOYENNE.
Polypes des fosses nasales. Les polypes des fosses nasales naissent dans la muqueuse et dans le périoste des fosses nasales. Ce sont des hypertrophies partielles qui constituent des polypes muqueux et des polypes fibreux. Les cartilages de la cloison du nez hypertrophiés constituent une tumeur cartilagineuse, quelquefois pédicvdée, qui est un polype cartilagineux (Gerdy). L'exsudation du tissu encéphaloïde ou fibro-plastique, qui donne lieu au cancer des fosses nasales, constitue ce que l'on a désigné sous le nom de polype cancéreux.
Les polypes nés dans la muqueuse, ou polypes muqueux, sont des corps blanchâtres pédiculés, hygrométriques, développés en général sur la paroi exlerne des fosses nasales, à la partie supérieure surtout, el dans les méats en particulier : ce sont des hypertrophies glandulaires.
Le plus souvent multiples, ces polypes s'accroissent avec une certaine rapidité, oblitèrent une fosse nasale, produisent un enchifrènement et un bruit de claquement ou de drapeau (Dupuytren), pendant que les malades se mouchent.
Les polypes se montrent ordinairement chez des individus qui ont eu des coryzas répétés, et ils sont souvent accompagnés d'un écoulement muqueux.
Les malades atteints de polypes muqueux sont plus gênés lorsque le temps est humide.
Les polypes fibreux, cartilagineux et cancéreux, sont rarement pédiculés ; en se développant ils donnent lieu à
la compression des parois des fosses nasales. Ils s'accompagnent d'hémorrhr.j^ies nasales, les polypes cancéreux en particulier. Ils produisent du reste l'enchifrènement, l'oblitération 'des fosses nasales, le nasonnement, comme les polypes muqueux. Ils déforment les parties voisines, produisent l'exophthalmie, envahissent les sinus annexés aux fosses nasales et l'arrière-gorge.
On reconnaît les polypes muqueux à leur couleur blanche, à leur forme globuleuse, à leur multiplicité, k un bruit de claquement pendant une forte inspiration par le nez, à l'obstruction plus ou moins complète d'une fosse nasale. Les polypes muqueux ont pu être confondus avec des corps étrangers hygrométriques. V. Corps étrangers