‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 48 sur 612 · V. RÉTINE {Mal. de la · texte numérisé non relu

V. RÉTINE {Mal. de la

Anévrysme cirsoïde. V. VARICES ARTÉRIELLES.

Anévrysmes des moignons d'amputation. Dans les artères d'un moignon d'amputation à lambeau, alors que l'artère a été eftleurée par le couteau, ou bien lorsqu'une artère est ossifiée, on a vu des anévrysmes se produire par dilatation de la tunique celluleuse, et se révéler par les caractères ordinaires des anévrysmes. On y a également vu des anévrysmes artérioso -veineux. V. Accidents des amputations.

Thérapeutique. — En cas d'anévrysme dans les moignons, comme il n'y a pas de risque que des caiillols soient portés dans les vaisseaux au-dessous de l' anévrysme, les injections coagulantes et la compression directe sont indiquées ; si ce moyen échouait et si la tumeur continuait à s'accroître, on aurait recours à l'ouverture du sac.

ANGÉLIQUE. Plante des ombellifères . employée comme tonique et stomachique. On la donne en infusion dans la fiùvre typhoïde (30 grammes par litre d'eau bouillante), en teinture (15 grammes) et en substance conlite par le sucre.

AIV'<iili\'ES. Les angines sont des maladies inflammatoires de l'isthme du gosier, donnant lieu à une gène plus ou moins considérable de la déglution. 11 y a : 1" les angines simples érythémateuses ; 2° les angines glanduleuses; 3" les angines tcmsillaires; 4° les angines vlrcreuses; 5" les angines ganiprueuses, et G" les angines couenneuses ou dijjhthéritiques.

l. Angines simples. La chaleur et la sécheresse du gosier, la douleur pendant la déglutiiion, rex}iuilion de niuefosilés pharyngées avec, la diiuleiu- des parties qui ta-

pissent l'isthme du gosiei-, caractérisent Vaiujine inflammatoire simple ou érythémateuse.

La sécheresse de la gorge, l'expuition du mucus pharyngé, avec rougeur du fond de la bouche et granulations du pharynx, constituent l'angine granuleuse chronique.

Les angines simples érythémateuses ou granuleuses

Fig. 28. — Coupe aatéro-postérieure de la l'ace et du cou. — Région l'isthme du gosier. — A. Cloison des l'osses uasales. — B. Coupe du uiaxi luire supérieur. — C. Caual palatia antérieur. — D. Coupe du voile t |ialrtis. — E. Glande de Nuck. — F. Amygdale. — G. Coupe du géni Lzlnsse. — H. Luette. — I. Tissu graisseux situé entre les deux géni ;;li)sse5. — J. Tendon d'insertion du géuio-glosse. — K. Os maxillai inférieur. — L. Génio-hyoïdien. — M. Coupe de lepiglotte. — N. Coupe > mvlo-liyoïdien. — G. Coupe de l'iiyoïde. — P. Bourse séreuse ri'lr liyoidieniie. — Q. Membrane tliyro-liyoidienne. — R. Coupe du musc ai'yténoulien. — S. Corde vocale supérieure, — T. Veutricule du laryn — U, V. Coupe ilu cricoide il la partie supérieure. — X. Coupe de partie antérieure du cricoidc. — a. Arc antérieur de l'atlas. — r. Pavill de la trompe d'Kustache. — f. Ouvertiu-e du sinus sphénoidal.

existent avec ou sans fièvre, et récidivent facilement ( repassant à l'état aigu.

Si le froid est une cause fréquente d'angine érylliém teuse, il y a des cas où la maladie résulte de l'action i ritante du tabac chez les grands fumeurs, de l'alcool eh les ivrognes, et enfin de la diathèse scrofuleuse ou du Ircuse qui se manifeste quelquefois par cette espè d'angine.

Thérapeutique. — Gargarismes émollients avec la t coction d'oige ou de guimauve et le miel; gargarisn astringents avec la décoction de feuilles de ronces, le m l'osat et 2 grammes d'alun par litre; collutoires avec u cuillerée de vinaigre poiu- trois cuillei'ées de miel; b; de pieds siiia|iisé; un vomitif avec 5 centigrammes tartre slibié dans un demi-verre d'eau sucrée ;'( jeun.

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En cas d'angine granuleuse chronique, cautérisalion vec le nitrate d'argent, avec la teinture d'iode [+] ; gargaisme avec l'eau camphrée; boire, de l'eau d'Enghien, rois verres par jour[+],- de l'eau Bonnes, à la même ose [+]; bain de Baréges; douches dans le pharynx avec eau d'Enghien, les eaux de Cauterets, de Bagnères de .uchon, etc. l+ +|.

II. Angine tonsillnire on am;»;;;(lali<e. La gêne dc 1 déglution, la voix enrouée ou gutturale avec gontlement t rougeur des amygdales, indiquent une angine tonsilure également désignée sous le nom d'amygdalite.

L'angine tonsillaire existe kVétat aigu avec fièvre vive, t à l'état chronique, sans fièvre.

Chez l'adulte, l'angine tonsillaire aiguë produit la fièvre, impossibilité d'avaler, la douleur de la déglutition, la voix Litturale, l'écartement des arcades dentaires, le gonflelent et la douleur de la région sous-maxillaire où se ■ouvent quelquefois des ganglions lymphatiques tuméfiés.

L'angine tonsillaire aiguë produit souvent des abcès 3 l'amygdale qui s'ouvrent naturellement, et qu'il vaut lieux ouvrir à propos au moyen du bistouri.

Un abcès dc l'amygdale, causé par phlegmasie tonsilire, peut produire des accès de suffocation avec ou sans dème de la glotte.

L'amygdalite chronique produit souvent l'hypertrophie îs amygdales, et elle entraîne des récidives très-fréaentes d'amygdalite aiguë.

L'hypertrophie des amygdales, chez les enfants, a pour Tet d' empêcher l'entrée d'une suffisante quantité d'air tns la poitrine, et elle amène toujours le rétrécissement ; la cavité du thoi'ax.

Chez les enfants, l'angine tonsillaire aiguë ne produit liut d'abciès de l'amygdale, ni de difficulté de déglutition imparable à celle qu'on observe chez l'adulte.

Jamais on ne voit un enfant atteint d'amygdalite aiguë aler sa salive en faisant les grimaces el les mouvements allongement du cou qui s'observent chez l'homme dans s mêmes conditions de maladie.

L'amygdalite aiguë de l'enfant commence souvent par le forte fièvre accompagnée d'agitation et de délire qui iurraient faire croire à une phlegmasie cérébrale, si m n'y faisait pas grande attention, mais, en examinant sthme du gosier, on découvre vite la lésion qui est le

intde départ des accidents cérébraux.

Thérapeutique. — Dans les cas d'amygdalite légère, traitement de l'angine simple érythémateuse peut ifire.

Dans les cas graves, il faut faire une saignée du bras ou pliquer des sangsues au cou.

iUn vomitif avec 5 centigr. d'émétique peut être donné au but, mais s'il se forme un abcès de l'amygdale il faut itérer l'émétique, car les contractions du pharynx, prolites dans l'effort du vomissement, font crever l'abcès et barrassent le malade.

iDes fumigations émollientcs, des injections d'eau de îimauve, des gargarismes émollients ou astringents, doint être mis en usage.

Contre l'hypertrophie des amygdales, il faut des insuftions d'alun, de caiomcil, de gargarismes astringents, |S douches d'eau sulfureuse dans la gorge, et enfin xcision complète des amygdales.

III. Angine couennense. Les angines qu'on appelle [ourd'hui coueimeuses, diphthéritiques, ont été autrefois

désignées sous les noms d'ulcère syriaque, de mal dc gorge gangréneux, d'angine maligne, d'angine gangréneuse, etc.

Les angines couenneuses et gangreneuses sont bénignes ou malignes; sporudiques on épidémiques; quelquefois elles sont contagieuses.

il y a des angines couenneuses sporadiques sans aucune gravité, qui restent des maladies purement locales, Parmi elles se trouvent Vangine couenneuse commune et (juelques angines scarlatineuses.

Dans l'angine couenneuse les amygdales s'enllanuuent, se gonflent, s'ulcèrent et se couvrent de fausses membranes, lesquelles peuvent s'étendre au voile du palais el dans les arrière-narines, dans le pharynx et enfin dans le larynx où elles forment le croup. V. ce mot.

Quand l'angine couenneuse est bénigne, le pi'oduit déposé sur les amygdales est ordinairement mollasse, caséeux, pultacé, tandis que dans les angines, couenneuses graves, la fausse membrane est ferme, résistante, élastique et presque entièrement formée de fibrine

Les angines couenneuses et gangréneuses épidémiques sont ordinairement maMgnes et adynamiques, ce qui dépend de l'empoisonnement produit par la résorption des humeurs sécrétées par la nmqueusc du pharynx érodée ou ulcérée par la maladie.

Ceux que saisit l'angine couenneuse et gangréneuse ont souvent et en mêmq temps sur le corps des plaies gangréneuses et couenneuses où l'on voit des ulcérations couvertes de petits points noirâtres de sphacèle épars au milieu d'une fausse membrane.

Le danger de l'angine couenneuse et gangréneuse n'est pas dans la présence d'une fausse membrane ou d'une escliare sur les amygdales, mais dans la résorption purulente qui se fait à la surface des plaies de la gorge où se trouvent des fausses membranes et du sphacèle.

La fausse membrane, produit anatomique de l'angine couenneuse, n'est dangereuse par elle-même que si elle gagne le larynx et les voies aériennes, de manière à causer mécaniquement l'asphyxie croupale.

On voit souvent, sur le cadavre de ceux qui succondjcnt à l'angine couenneuse et gangréneuse, la preuve de la résorption purulente, car le sang est quelquefois décoloré, bistre, couleui' momie; les séreuses sont tachées de purpura, les poumons remplis d'ecchymoses, de lobules affectés d'apoplexie pulmonaire, de noyaux hémorrhagiques avec infiltration purulente centrale et d'abcès mélastatiques, le tissu cellulaire quelquefois semé de petits abcès

On fait des fausses membranes à volonté sur un sujet sain en dépouillant l'épiderme par les cantharides ou avec l'ammoniaque, mais les fausses membranes accompagnées d'accidents mortels sont celles qui se produisent sur des ulcères gangréneux avec résorption putride.

L'angine couenneuse maligne est souvent suivie de croup et la mort a lieu par infection de l'organisme ou par asphyxie ; mais, dans ce dernier cas, il se fait une anesthésie progressive qu'on n'observe pas dans le premier.

L'infection générale de l'organisme dans l'angine couenneuse et gangréneuse est l'analogue de l'infection purulente qu'on observe chez les opérés, chez les brûlés, dans les plaies extérieures ou muqueuses internes, en un met, là où il y a des vaisseaux divisés ou ulcérés.

Ia^s angines couenneuses et gangréneuses malignes s'au-

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noncent par de la fièvre, de la douleur et de la difficulté de déglutition, le gonflement sous-maxillaire, récarlement des mâchoires, et le fond du gosier présente des ulcérations, des eschares ou des fausses membranes sur les amygdales, sur la luette, sur le voile du palais et dans le pharynx.

Très-souvent les fausses membranes de l'angine couenneuse s'étendent jusque dans le larynx, et il se produit alors de la toux, du sifflement laryngé, de l'aphonie, de la suffocation et de l'anesthésie progressive.

Dans les angines couenneuses graves il y a toujours uno albuminurie assez intense, qui cède au moment de laguérlson, mais qui, exceptionnellement, peut être suivie d'anasarque. V. Albuminurie.

Qui a beaucoup observé l'angine maligne doit avoir vu qu'elle se transmet d'une localité à l'autre, sur les pas de leurs habitants, pour former des épidémies nouvelles, ayant pour origine la contagion.

Après sa guérison, l'angine couenneuse est souvent suivie de paralysie du voile du palais et de paralysie générale que l'on a considérée comme spéciale à la diphthérite (Orillard), mais qu'on observe également après l'angine gutturale simple (I*. Bérard, Marquez, de Golmar). V. Paralysie du voile du palais.

L'angine maligne peut tuer en vingt-quatre ou quarante-huit heures, et la mort survient d'autant plus vite que les enfants sont plusjeunes.«

Thrrapeutique. — Partir vite, aller loin et ne revenir que le plus tard possible; tels sont les moyens d'échapper à l'angine maligne.

Si l'on peut détruire sur place la première manifestation matérielle de l'angine maligne par une cautérisation bien faite ou par l'excision des amygdales, on empêche l'infection de l'organisme et le mal guérit rapidement.

Une ft)is l'angine maligne établie, la guérison est bien difficile et la mort a lieu par infection générale ou par asphyxie croupale.

Les angines couenneuses et gangréneuses étant primitivement des maladies locales aussi bien que le chancre, la pustule maligne, etc., il suffit souvent de détruire complètement sur place la première manifestation du mal pour empêcher l'empoisonnement de l'organisme et la mort.

Si l'angine couenneuse ou gangréneuse est prise au début, et que le mal soit encore limité aux amygdales, il faut le détruire sur place par l'excision des amygdales par la cautérisation au fer rouge □, et enfin par la cautérisation au perchlorure de fer, ou enfin par le nitrate d'agent I I.

Quand on cautérise l'angine couenneuse avec un caustique liquide en se servant d'un pinceau de linge, il faut avoir soin que le pinceau soit suffisamment exprimé, et l'on ne doit cautériser que les parties malades, hexcision des amygdales couvertes de fausses membranes est une excellente méthode opératoire qui enlève le mal avant sa généralisation, qui produit une saignée locale ti'ès-utile et qui empêche l'apparition du croup. Des iiisii.ffl.atioiis d'alun, des insufflations de fleurs de soufre, des insuffla- ■ tionsde tannin et même des insufflations de nitrate d'argent pulvérisé, peuvent être employées dans l'angine couenneuse ou gangréneuse [T], et s'il se forme un croup on peut les faire dans le larynx au moyen d'un tube recour])é.

Le danger des insufflations caustiques et des cautéri- . sations mal faites, c'est de ne pas détruire tout le mal, ou

de cautériser les parties saines et d'y faire venir les fausses membranes. Les gargarismes d'alun, de tannin, de c/tZorate de potasse, i k li grammes pour un htre d'eaui miellée de glycérine pure, doivent être employés dansj l'angine couenneuse et gangréneuse. [

Vextrait oléo-résineux de cubêbe, 2 à. k gram., selonj l'âge, dans une potion aromatisée avec l'essence dei menthe (Trideau) peut être donné avec avantage.

On peut employer la glace râpée ou pilée ; une cuillerée à café à prendre toutes les demi-heures [+]. Desdouchef d'eau froide, et des douches d'eau salée ou d'émulsion dt coaltar saponiné au hO" ou SO^E; des douches d'eaij pulvérisée tenant en solution du tannin peuvent être employées avec succès.

L'émétique à 15 ou 20 centigrammes dans une potioi gommeuse doit être donné aux malades sans leur faire boin de tisane qui changerait l'effet vomitif en action purgative et il faut en même temps prescrire un peu d'alimen tation. Si l'on ne combat pas l'angine couenneuse pa l'émétique, il faut administrer le chlorate de potasse U grammes par jour dans une potion; le bicarbonate d' soude 2 à 5 gram., l'eau de chaux 60 gram. par jour; li bromure ou l'iodure de potassium 2 à 4 gram.

IV. Angine gangréneuse. La même influence épid^ mique, contagieuse et maligne, qui produit l'angine couer neuse, détermine également l'angine gangréneuse, carac térisée par la présence d'eschares à la surface de* amygdales et par des phénomènes généraux d'empoisoi nement rapidement suivis de la mort des malades.

Angine gangréneuse, angine couenneuse et angii ulcéreuse sont les trois formes anatomiques d'une seu et unique maladie qui est l'angine maligne.

Il y a des épidémies d'angine maligne où l'on n'obseyi . que du sphacèle ou des ulcérations sur les amygdale sans aucune apparence de fausse membrane (Delbel tandis que dans quelques autres localités il n'y a que i véritables angines couenneuses.

Thérapeutique. — Le traitement de l'angine gangt neuse est le même que celui de l'angine couenneu; "V. ce mot.

V. Angine granuleuse. Sous le nom A' angine g), nuleuse (Chomel) ou glanduleuse, de pharyngite chroi (/!/e,etc.,on a décrit une angine peu grave caractérisée j la présence sur le pharynx de granulations plus ou movolumineuses, donnant au fond de la gorge un asp(; mamelonné très-évident.

L'habitude de parler beaucoup, de professer oit j chanter avec excès, les inflammations catarrhales fi, queutes de l' arrière-gorge, l'influence irritante de la fun de tabac chez ceux qui ont continuellement le cigare à bouche et la prédisposition créée par l'herpétisme s les causes de l'angine granuleuse.

Dans l'angine granuleuse, la voix est un peu enroT et il y a un embarras du pharynx caractérisé par un c i tinuel besoin d'expuition des muscosités sécrétées les granulations des surfaces muqueuses malades. '

Thérapeutique. — Les malades atteints d'angine graj leuse doivent cesser de boire du vin pur et des liquei ils doivent s'abstenir d(! tabac et se mettre à un rég . dans lequel le sel, le poivre, et les condiments ordina soient en si faible quantité qu'on ne les sente pas. eaux sulfureuses en boisson ; les fleurs de soufre am miel par parties égales, 30 grammes par jour ; Varséu^

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'4r, soude, 5 à 15 milligrammes par jour doivent être conseillés aux malades.

Les cautérisations des gramdations du phargnx avec le uitrate d'argent ont été conseillées [+] ainsi que les insufflations d'alun [3 ou de calomel, associé avec du sucre El- 11 vaut mieux des gargarismes avec Veau-de-vie camphrée dans Veau; avec Veau de goudron; avec Vémulsion de roaltar saponiné au 100% ou enfin des douches d'eau froide dans le pharynx ou des douches d'eau svilfureuse avec un irrigateur.

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