RATE
RAPE. Bruit particulier que fait entendre l'auscultation du cœur, dans les cas de rétrécissement aortique I V. Cœur {Inflammation du)], de rétrécissement auriculovenlriculaire ou de tumeur anévrysmale (Laennec). C'est un bruit comparable à celui que l'on produirait en promenant une râpe ou une scie sur du bois.
Ritl'H.AlVIE. Maladie convulsive, douloureuse des membres, semblable à l'ergotisme, jadis assez commune en Allemagne, et qu'on attribuait à une altération du pain par une crucifère, le Raphanus raphanistrum, mêlé au blé. C'est une sorte de contracture des extrémités.
R4TJlFIA. Liqueur alcoolique sucrée faite avec la macération d'un végétal odorant ou sapide, auquel on ajoute ensuite de l'eau et du sirop simple. Ainsi se préparent les ratafias de safran, d'oranges, de noyaux de cerises, de brou de noix, etc.
RAT.41\!HIA. Arbuste rampant, de la famille des polygonées, dont la racine rougeâtre, amère, très-astringente, est très-employée à l'intérieur comme hémostatique l-^ -H et comme antidiarrhéique \-h +\. Bretonneau l'a conseillé sous forme d'extrait, 2 k li grammes pour 190 grammes d'eau en lavement contre la fissure à l'anus l-t- -n.
A l'intérieur, on l'administre en décoction 10 à 30 grpar litre d'eau ; en extrait aqueux à la dose de 2 à 5 grammes, et en sirop, 30 à 60 grammes par jour.
RjtTE (Hernie de la). V. Poitrine {Plaies de la) et Hernies diaphragmatiques.
Rate (Hypertrophie de la). L'augmentation et la dureté persistantes de la rate, indépendantes de l'hypérémie chronique, constituent l'hypertrophie de cet organe.
Les contusions de l'hypochondre gauche, le séjour dans les pays marécageux, et surtout la fièvre intermittente, sont les causes de l'hypertrophie splénique.
La rate hypertrophiée, rouge, dure, d'aspect de fruit confit au sucre, atteint souvent le poids de 1 à 15 livres.
Une tumeur allongée, mobile de l'hypochondre gauche, facile à saisir sous les fausses côtes et à limiter par la percussion, n'est autre chose qu'une rate hypertrophiée.
Des malaises, de la dyspepsie, la perte des forces, la pâleur, la bouffissure, l'œdème ou l'ascile, la fièvre intermittente, régulière ou non réglée, la leucémie (V. ce mot) avec tumeur de l'hypochondre gauche annoncent une hypertrophie splénique.
L'hypertrophie de la rate dure très-longtemps et finit toujours par faire périr les malades, si un traitement et un régime approprié ne parviennent pas à réduire le volume de l'organe.
Thérapeutique. — Un régime composé de viandes blanches en petite quantité, de lait, de poisson, de végétaux herbacés, des fruits avec de l'eau vineuse, doit être imposé aux malades.
Le sulfate de quinine, à 1 gramme par jour pendani quinze jours, puis à 25 centigrammes seulement pendant un mois pour revenir ensuite à 1 gramme, selon la tolérance des malades, doit être le premier médicament à employer dans l'hypertrophie splénique fF+\ (Piorry).
Après le sulfate de quinine, il faut donner, contre l'hypertrophie de la rate, l'acide arsénieux. à 15 ou 25 milligrammes par jour [T]; l'arséniate de soude, à 15 ou 40 milligrammes [T], en allant des petites doses aux plus grandes.
Les eaux de Vichy, d'Ems, de Wiesbaden et de Carlsbad, sont très bonnes dans l'hypertrophie splénique.
HKCT
RECT
Les doiif lies d'eau froido sur la région ào la ralo (Fleury) et foutes les pratiques de l'iiydrolliérapie ordinaire, peuvent à elles seules guérir l'hypertrophie splénique.
Ra<« (Inflammation de la) ou ispiénite. Dans les fièvres typhoïdes graves et dans les maladies pestilentielles puerpérales ou autres, dans la fièvre intermittente, pernicieuse, récente, la rate augmente beaucoup de volume : elle est ramollie, douloureuse, et cela constitue une forme de splénite aiguë.
L'hypertrophie de la rate constitue la splénite chronique.
Thérapeutique. — Le sulfate de quinine et l'hydrothérapie sont les meilleurs moyens à opposer à la splénite aiguë et chronique.
On a aussi employé le fiel de pore, 15 grammes par jour plusieurs fois, et le savon ainygdaUii., 1 à 3 grammes par jour.
Rate (Luxation de la). V. ce mot.
Rate (Plaies DE la). Les plaies de la rate sont rares, elles sont produites en même temps qu'une plaie de l'abdomen, elles causent les mêmes accideni s que les déchirures de la rate. V. Contusion de la rate.
Thénipentique. — Le traitement est le même que pour les contusions de la rate, sauf que l'on doit traiter en même temps une plaie de l'abdomen. V. ce mot.
RÉA.CTIOIV. Retour des actions vitales à un degré supérieur à ce qu'elles sont dans certains cas d'asthénie locale ou d'atonie générale.
La réaction est en étiologie comme en thérapeutique le point de départ des maladies internes et leur moyen de guérison.
Sans réaction contre les effets débilitants d'une maladie et contre les lésions qu'elle amène, point de guérison, et c'est à favoriser la réaction, tout en la modérant, que le médecin doit s'appliquer dans le traitement des maladies.
RECHUTE. Retour d'une maladie pendant la convalescence.
RÉCIDIfE, Réapparition d'une maladie à une époque plus ou moins éloignée de celle où un individu en a été atteint antérieurement. On donne aussi ce nom à la reproduction des tumeurs qui ont été incomplètement enlevées par le chirurgien.
RECTlTE. L'inflammation de la muqueuse du rectum peut être due à des lésions traumatiques (V. Corps étrangers DU rectum), à des hémorrhoïdes, à une fistule urinaire rectale et au pus blennorrhagique introduit dans le rectum. La dysenterie bénigne est le type de l'inflammation du rectum, avec cette seule différence que le côlon est enflammé en même temps que le rectum.
La rectite s'annonce par des douleurs au périnée, des envies d'uriner, du ténesme anal et des écoulements variés qui accompagnent des envies d'aller à la selle, les malades se sentent parfois mouillés, les selles contiennent des mucosités filantes ; les malades qui se chagrinent souvent de cet état ne tardent pas à être atteints d'une sorte d'hypochondrie.
T^es inflammations consécutives aux diverses lésions du rectum s'annoncent par les mêmes symptômes, seulement on a de plus, pour éclairer le diagnostic, des antécédents ayant trait à des lésions antérieures du rectum. Les écoulements consécutifs à une rectite difl'èrent des écoulemenls consécutifs au cancer en ce qu'ils ne portent aucune odeur,
Il y a une rectile ulcéreuse due à des chancres mous du rectum et à des plaques muqueuses. Ces ulcérations peuvent durer très-longtemps, deux, quatre et même dix ans, et être prises pour des cancers.
Cette rectile est quelquefois suivie de rétrécissement du rectum. V. Rectum {Chancres du).
Thérapeutique. — On traitera les maladies qui ont causé l'inflammation du rectum. V. Dysenterie, Corps étrangers du rectum. Fistule a l'anus, Fistules urinaires, Rétrécissement du rectum, Hémorrhoïdes.
Lorsque l'inflammation existe seule, on aura recours aux bains de siège fréquents, aux demi-lavements avec 4 à 8 grammes d'extrait de ratanhia. Contre l'inflammation blennorrhagique du rectum on donnera le lavement :
Kaii distillée. . , \itrate d'arcreiit.
100 gTouimes.
A prendre à l'aide d'une seringue de verre. Ou le lavement :
liaii 120 id.
Toutes les fois qu'une rectite dure depuis de longues années, on administrera le traitement antisyphilitique; on cautérisera avec la solution faible de chlorure de zinc les ulcérations du rectum dilaté avec un spéculum, et l'on placera après dans le rectum des mèches enduites d'onguent de la mère. V. Hémorrhoïdes.
RECTOCÈLE Vj%CiIlVALE. Chez les femmes enceintes et à la suite d'un effort (Malgaigne), chez les femmes habituées à prendre beaucoup de lavements et qui par le fait de cette habitude se trouvent atteintes d'une paralysie du rectum, une hernie diverticulaire de l'intestin se produit quelquefois et siège en général du côté du vagin ; des matières fécales s'amassent dans ce diverticule et s'y durcissent quelquefois de façon à produire une tumeur solide.
Une tumeur dure variant entre le volume d'une amande et celui d'un œuf, contenant des matières fécales molles ou dures et faisant saillie dans le vagin, est une rectocèle.
La rectocèle a les caractères d'une hernie vaginale et d'un kyste du vagin. On la reconnaît par le toucher rectal, car on arrive à sentir l'orifice de la poche, ce qui n'existe point pour la hernie vaginale ni pour les kystes du vagin.
Lorsque des matières fécales se sont accumulées dans la rectocèle, il y a des douleurs utérines (V. Déplacements de la matrice), de la constipation opiniâtre, des coliques, quelquefois des nausées etlaperte de l'appétit.
Thérapeutique. — On videra la rectocèle par le rectum, à l'aide d'une curette guidée sur le doigt. Des demi-lavements seront pris trois fois par jour, et des boissons laxatives empêcheront la constipation. Un pessaire à air sera placé dans le vagin (Malgaigne). V. Rectum (Cancer du).
RECTUM (Cancer du). V. Cancer.
Rectum (Chancre phagédénique du) (A. Despi'és). Chez presque toutes les femmes atteintes de chancres mous ou de plaques muqueuses ulcérées multiples de la vulve le pus en coulant sur l'anus cause un chancre anal qui peut guérir seul après une cautérisation. Mais il y a des chancres qui remontent dans le rectum et deviennent phagédénique. L'issue de pus par l'anus, des condylomes à la marge de l'anus, une ulcération circulaire ou allongée sentie dans le rectum par le toucher (il est très-facile de faire la différence entre la muqueuse saine et la muqueuse ulcérée) des mamelons sur la muqueuse autour de l'ulcère font reconnaître le chancre phagédénique. Des réinoculalions spontanées de chancres mous font reconnaître encore
HEGT
le mal, mais elles sont rares lorsque le chancre est trèsancien. Quelquefois le chancre phagédénique débute par un abcès chancreux de la glande vaginale, qui s'ouvre à la fois à la vulve et dans le rectum, dans ce cas, il y a une fistule recto -vaginale.
Des fistules multiples compliquent le chancre phagédénique du rectum; un réti'écissement en est la conséquence inévitable, ainsi qu'une dilatation du rectum au-dessus du rétrécissement et des ulcérations à répétition autour du point rétréci,
Les malades atteints de chancres phagédéniques du rectum suivis de rétrécissement meurent ordinairement tuberculeux.
Thérapeutique. — Cautériser énergiquement le chancre au début avec la solution saturée de chlorure de zinc, placer pendant la nuit des mèches enduites de la pommade :
JIECT
Onguent de la nn^ Olvcérine
60 grammes.
10 ici.
Mettre des canules pendant le jour, durant 2 à 4 heures dès que le rétrécissement existe, et alors ce n'est plus qu'un moyen palliatif. Il faut aussi donner alors des lavements fréquents pour empêcher la constipation. V. Rectum {Rétrécissement chi) .
Rectum (Chute du). La chute du rectum est surtout une maladie de l'enfance, mais elle existe aussi à l'âge adulte et elle consiste dans la sortie de la muqueuse de l'intestin à travers l'anus. V. Invagination du rectum.
Toutes les causes qui affaiblissent les forces des muscles du périnée, la paralysie du sphincter anal, les diarrhées fréquentes chez certains enfants, sont, la cause de la chule du rectum.
Les hémorrhoides internes, ou liien un polype, en sortant pendant la défécation, déterminent quelquefois une chute du rectum. V. Hémorrhoïdes.
La chute du rectum est caractérisée par une tumeur rouge, ouverte au centre et laissant écouler les excréments au moment de la défécation. Unie de lous côtés au pourtour de l'anus, elle est molle, saigne facilement, et est sillonnée quelquefois de plis circulaires ou de stries transversales, un peu moins colorés que le reste de la tumeur.
La chute du rectum tend toujours à augmenter ; lorsqu'elle existe depuis peu de temps, il n'y a pas de douleurs ; plus tard la muqueuse s'enflamme et des douleurs vives apparaissent.
On ne confondra pas un polype du rectum avec une chute du rectum ; dans le cas de polype on peut voir l'anus, et cela est impossible dans le cas de chute du rectum ; — on ne confondra pas la chute du rectum avec l'invagination du rectum. V. Hémorrhoïde.
La chute du rectum tend à se réduire seule le soir, mais dans la plupart des cas la chirugie doit intervenir, surtout lorsque le bourrelet muqueux est devenu irréductible.
Thérapeutique. — Les malades font quelquefois rentrer eux-mêmes la muqueuse herniée de leur intestin rectum, et, s'il s'agit d'un petit enfant, après l'avoir couché sur le ventre, la tête basse, les nourrices pressent sur le rectum et le réduisent. Après la réduction, on doit conseiller d'éviter les efforts pour aller à la selle el. laver fréquemment l'anus avec de l'eau froide ou de l'eau blanche.
Quand les jeunes enfants ont un prolapsus du rectum, il faut, au moment de la défécation, leur soutenir le fon-
dement avec deux doigts écartés pour empêcher la sortie de l'intestin.
Les enfants qui ont un prolapsus du rectum doivent être habitués à rester debout ou dans le décubitus dorsal pendant la défécation, ou seulement assis sur un siège élevé, les pieds s' appuyant sur le sol.
Au moment du prolapsus, il faut faire rentrer l'intestin en y plaçant un morceau de toile couvert de cérat et en poussantau centre avec le doigt dans le rectum. Une fois réduit, on maintient les parties, puis on retire le doigt et ensuite le linge.
On a conseillé les moyens suivants : Appliquer sur le prolapsus un morceau de baudruche que l'on arrose d'éther. La volatisation produit un froid qui traverse la baudruche et favorise la rentrée de l'intestin E],
Pour empêcher le retour du prolapsus et pour guérir le mal, il faut prescrire : des lotions froides et astringentes d'eau blanche, de vinaigre, de sulfate de zinc ou d'alun (3 grammes par 200 grammes d'eau), ou de la décoction de quinquina, h grammes par litre, de cachou ou d'une solution de perchlorure de fer dans l'eau, ou la décoction d'écorce de chêne ou de noix de galle □, ou la solution d'extrait de ratanhia \±\ ; ou enfin la cautérisation rie la muqueuse anale avec le nitrate d'argent \±\.
Les suppositoires de poudre d'écorce de chêne dans le miel, de ratanhia , de tannin, sont quelquefois utiles pour empêcher le prolapsus du rectum.
Beun-e lie oaoao 10 grammes.
Pniulre lie ratanhia
Mêlez par liquéfaction et faites des suppositoires Autre.
l'oiidre d'c Miel. , . ,
Mêlez pour faire des suppositoires □, Autre.
Tannin en pondre.
Beurre de cacao.
20 grammes.
\ gramme.
10 id.
Mêlez par liquéfaction □.
Le chirugien, appelé au moment où la chute du rectum existe encore, réduira en pressant sur la tumeur, pendant qu'avec la main gauche il serrera le bourrelet de façon à faire rentrer les premières les parties qui sont sorties les dernières (V. Hernies) ; puis il fera une compression avec un tampon de charpie soutenu par un bandage en T, ou par une demi-sphère creuse de métal, soutenue par trois lacs attachés à une ceinture, deux passant en avant dans les aines, un passant en arrière sur la région sacrée. En même temps on aura recours aux topiques astrmgents.
On favorise la réduction de la muqueuse herniée et maintenue herniée par la contracture du sphincter, avec les injections sous-cutanées d'une solution de sulfate d'atropine. Le sphincter anal cesse de se contracter,
Sulfate d'atropine.
100 grammes, SO centigrammes.
(Foucher, Dolbeau.) Pour rendre aux muscles leur tonicité, dans le cas où la chute du rectum se reproduirait sans cesse, on pourrait essayer les moyens suivants :
Placer deux vésicatoires sur la racine des bourses ou sur chaque fesse près de l'ischion, et les panser avec 2 centigrammes de strychnine. (Duchaussoy .)
Quand le prolapsus du rectum est permanent et que les topiques n'ont pas réussi à le guérir, on peut inoculer le pourtour de l'anus avec une lancette chargée d une solu-
RECT
RECT
lion saturée de strychnine, huit à dix piqûres renouvelées tous lesjours I I.
L'extrait de noix vomique à l'intérieur est un moyen qui a donné des succès. (PJélaton.)
On prescrit alors :
Extrait de noix vomiqne 5 ù 10 centigram.
Eau H grammes.
Deux à quinze gouttes dans une potion. (Schwartz.)
L'électrisation du sphincter (Ph. Boyer, Duchenne de Boulogne) a donné de bons résultats, et ce traitement n'est point pénible.
Quand la chute du rectum tend à devenir permanente, on cautérise au fer rouge pour raccourcir la muqueuse, grâce à des cicatrices. On peut faire tomber la tumeur par la cautérisation (Marc-Aurèle Séverin, Dionis). Ou bien l'on cautérise avec un cautère olivaire (Guersant) plusieurs points symétriques de la tumeur, on bien on cautérise à partir de l'orifice, de façon à détruire la muqueuse de dehors en dedans (Kluyskens), Ce traitement n'est pas douloureux en général. On panse à l'eau froide et l'on comprime dans l'intervalle des selles, en maintenant le ventre libre pour éviter les efforts. La cautérisation avec les acides concentrés (Jaesche) est moins bonne que le fer rouge ; elle agit moins régulièrement, quoique la brûlure soit partout au même degré.
On a lié le bourrelet totalement ou par portion (Copland) ; si l'on devait recourir à ce moyen, il faudrait préférer l'écraseur de Chassaignac et sectionner le bourrelet en une et mieux en deux ou trois séances. Une portion du bourrelet étant traversée par deux épingles en croix, il serait facile de l'exciseravec l'écraseur. H. Smith, , a enlevé un prolapsus du rectum k l'aide du clamp, puis a coupé la partie saillante au- dessus du clamp et a cautérisé. Ce traitement est compliqué et ne vaut pas l'écrasement linéaire.
L'incision pure et simple de latumeurest abandonnée à cause des hémorrhagies et des inflammations qu'elle peut faire naître. L'incision d'une portion de la tumeur est passible des mêmes critiques.
On a cherché à rétrécir l'anus (VV. Hey) pour empêcher le prolapsus de la muqueuse.
Dupuytren a excisé des plis rayonnés de la peau se réunissant autour delà tumeur comme centre. A la suite de cette opération il y a eu de nombreuses récidives.
Robert, en 18/43, a faitdeux incisions circonscrivant la tumeur et venant se joindre sur le coccyx de manière à former un V. Il a enlevé toutes les portions comprises entre ces deux incisions de l'anus, à l'aide de ciseaux courbes et de pinces à griffes, puis il a réuni la partie postérieure de la plaie par trois points de suture. La malade adulte ainsi opérée avait été constipée par les pilules d'opium. Ce traitement long et minutieux a été suivi de guérison.
Pour les enfants, on doit considérer la longueur du traitement ; ils ne peuvent pas être opérés de la sorte, parce que l'opium est un des médicaments qu'il faut leur donner avec le plus de ménagements et parce qu'il serait difficile de les constiper pour empêcher l'infdtration des matières stercorales dans la plaie.
Si la chute du rectum était irréductible et étranglée, on débriderait le sphincter et l'on exciserait la muqueuse herniée (Velpeau).
Rectum (Mouvements spasïhodiquks du). De temps à autre il y a des malades qui ont une contraction spasmo-
dique plus ou moins désagréable du rectum. V. Fissures
A l'anus.
Thérapeutique. — Contre cette maladie il faut prescrire la belladone en lavement.
Extrait de lielladone 25 à 30 eentisrara.
Eau distillée , 100 grammes.
Rectum (Paralysie du). Chez les femmes qui font abus des lavements et qui ont une chute de l'utérus, il y a souvent une dilatation du rectum où des matières s'amassent, le rectum ayant perdu sa contraclihté.
Chez les individus qui ont des habitudes honteuses, il y a quelquefois une paralysie du rectum et de l'anus se traduisant par une incontinence des matières fécales et une chute du rectum. Il est facile de reconnaître l'origine de cette maladie à la disposition infundibuliforme de l'anus.
Thérapeutique. — La paralysie du rectum' est incurable, et les femmes sont destinées à ne pouvoir aller à la selle qu'à force de lavements huileux. On peut cependant prescrire les lavements d'eau froide, d'eau vinaigrée, de décoction de ratanhia, qui peuvent néanmoins tonifier le rectum.
Ce serait un juste châtiment que de laisser celte infirmité aux hommes vicieux ; mais comme la médecine n'a pas pour mission de venger les violations de la nature, on aura recours au traitement suivant : les individus devront se laver tous les matins avec de l'eau froide, ou trempée dans une solution d'alun ; on cautérisera avec le nitrate d'argent la muqueuse du rectum, et l'onélectrisera le sphincter anal.
Rectum (Plaies du) ET DE l'anus. Les plaies du rectum et de. l'anus produites par l'opération de la fistule ;> l'anuset par une opération de taille, par un corps étranger du rectum, et enfin par un agent vulnérant, coupant ou déchirant, peuvent causer des inflammations violentes du tissu cellulaire du bassin et du péritoine (V. Corps étrangers du rectum) et la gangrène du rectum.
Dans la majorité des cas les plaies du rectum guérissent bien, mais il arrive parfois qu'une fistule cutanée ou muqueuse en est la conséquence.
Chez la femme la déchirure du périnée se complique quelquefois de déchirure du rectum.
Le rectum a été blessé par des armes à feu, soit après une plaie du sacrum, soit après une plaie du bas-ventre. Les blessures de l'intestin seul ne sont pas graves, on reconnaît ces plaies à une bémorrhagie rectale et par le loucher.
Les blessures du rectum peuvent être compliquées de plaies des organes voisins .
Thérapeutique. — (V. Corps étrangers nu rlctum). S'il y a une plaie rectale ou une plaie de l'anus, on pansera avec des mèches enduites de cérat, on donnera trois ou quatre lavements émoUients par jour. Si la plaie est contuse, on se bornera aux lavages fréquents, on donnera de l'opium à haute dose aux malades pour empêcher les selles. Pendant dix à douze jours, il est possible d'entretenir une constipation avec l'extrait d'opium à la dose de 10 à 30 centigrammes par jour.
Lorsque le tissu cellulaire autour du rectum est gangrené, on peut chercher à favoriser son recollement avec les parois de l'anus en lotionnantle rectum avec des injections émollientes et en même temps que l'on place un intestin d'animal distendu par de l'air dans le rectum (Graefe) .
Dans les cas de plaie du rectum par armes à feu sans lésion de l'anus, le débridement de cet orifice et les lavages
UEGT
KECT
multipliés sont recouiiuandés (Bégin, Dupuylreii), mais le drainage de la plaie vaut beaucoup mieux.
On fera toujours son possible pour extraire les corjis étrangers introduits dans le rectum.
Rectum (RÉTRÉCISSEMENT Du). Les rétrécissements du rectum sont le résultat d'un cancer de cet organe, d'iiémorrhoïdes anciennes (V. ces mots), de tumeurs du petit bassin, d'inflammations simples ou syphilitiques, suivies d'induration, eniin de la cicatrisation d'une plaie du rectum.
Le rétrécissement fibreux du l'ectum, ou rétrécissement simple, est constitué par une hypertrophie delà muqueuse et de la lame fibreuse de l'intestin, et la partie rétrécie a tantôt la forme d'une valvule, tantôt d'un diaphragme. Le rectum est dilaté au-dessus du rétrécissement, et il n'est pas rare qu'il y ait des ulcérations dans cette partie dilatée.
Les rétrécissements inflammatoires ou fibreux sont an noncés par de la constipation, et, lorsque l'inflammation qui a causé le rétrécissement dure encore, par un écoulement de matières mucoso-purulentes ; en même temps il y a du méléorisme, plus tard il y a des difficultés pour aller à la selle, les matières qui sont rendues sont comme passées à la filière. Une irritation du rectum au-dessus du rétrécissement survient, puis des ulcérations et le développement de mamelons hypertrophiques de la muqueuse apparaissent; il y a expulsion de glaires qui donnent aux malades des envies fréquentes d'aller à la selle. Chez certains malades qui ne se soignent pas on voit arriver la diarrhée qui est une sorte de débâcle et permet aux matières accumulées au-dessus du rétrécissement d'être éliminées. Plus tard il y a un état général qui ne manque pas de gravité : les malades sont pâles, ils n'ont point d'appétit, ils ontdes coliques et plus particulièrement des douleurs sur le trajet du côlon, et des douleurs de rein. Les femmes ont quelquefois de la leucorrhée.
11 est très-rare que le rétrécissement du rectum soit assez prononcé pour causer les signes d'une véritable obstruction intestinale.
Les rétrécissements d'origine syphilitique siég^mt en général sur un point peu élevé (Gosselin), ils sont le résultat de chancres phagédéniques ou de plaques muqueuses ulcérées du rectum près de l'anus (A. Després).
On reconnaît les rétrécissements du rectum par le loucher rectal, qui permet de sentir le rétrécissement; par le spéculum ani, qui peut permettre de reconnaître l'état de l'orifice rétréci; par l'introduction de grosses bougies à houles ou d'une tige terminée par une boule de caoutchouc : on introduit l'instrument dans le rectum et l'on distend avec de l'air la boule de caoutchouc, puis on retire l'instrument, qui se trouve arrêté au niveau de l'endroit rétréci.
On ne peut confondre le rétrécissement avec les hémorrhoïdes, car dans celles-ci on sent, par le toucher rectal, les hémorrhoïdes molles, et il n'y a pas de brides comme dans le rétrécissement rectal.
Même en comprenant les rétrécissements syphilitiques, il est douteux que les rétrécissements du rectum puissent guérir radicalement.
Thérapeutique. — Contre les rétrécissements dus à une tumeur du petit bassin, il n'y a à faire que le traitement qui convient à ces tumeurs [V. Utérus {Corps fibreux de l')] ; seulement on devra donner de fréquents lavements, entretenir la liberté du ventre par l'huile de ricin, 15 à
20 granmies tous les quinze joui's ou tous les mois. Contre les cancers du rectum et les hémorrhoïdes, on appliquera les traitements appropriés.
Dans les rétrécissements syphilitiques, c'est-à-dire ceux qui sont liés à un état général syphilitique ou à d'anciennes syphilides du rectum, il faut, en môme temps que l'on traite l'éclat local, administrer le traitement général des accidents secondaires ou tertiaires de la syphilis, suivant que l'on est à une époque plus ou moins rapprochée du début du rétrécissement.
Tous les traitements des rétrécissements du rectum par les pommades belladonées, les douches ascendantes ou lavements avec des seringues à forte pression, ne peuvent être considérés que comme des moyens palliatifs.
La dilatation simple convient pour les rétrécissements encore dans la période inflammatoire, ou les rétrécissements syphilitiques ; l'incision et la dilatation sont bonnes pour les rétrécissements anciens.
Pour faire la dilatation, on se sert de canules dites de gomme, ou de bois, ou d'ivoire ramolli (Charrière), de grosseur variable, depuis 1 centimètre de diamètre jusqu'à 2 centimètres. Ces sondes doivent être laissées en place le plus longtemps possible, quatre à six heures par jour, en une seule ou en deux séances. 11 est nécessaire d'avoir des sondes perforées à l'extrémité, car les sondes fermées ne peuvent être supportées, tandis que les sondes ouvertes le sont beaucoup mieux, parce qu'elles laissent échapper les gaz dont la canule provoque l'expulsion. On enduit avec avantage les sondes de la pommade :
Cérat • ■ ^ [lai-tiiîii.
Extrait lie belladone 1 iJ.
Les dilatateurs mécaniques de Costallat, Beylard(V. Dilatateurs), etc., ne sont pas meilleurs que les canules.
Lorsque le rétrécissement est étroit et dur, on peut placer des mèches enduites de la pommade précédente, et dont on augmente progressivement le volume (Desault, Tanchou, Dupuylren) ; mais ce moyen ne vaut pas l'incision.
On incise les rétrécissements du rectum (Slafford, 1838) avec le bistouri boutonné Le doigt étant introduit dans le rectum, on fait des incisions sur plusieurs points ; on place, pendant vingt quatre heures, un morceau d'éponge préparée. Pour appliquer ce traitement, il faut aussi purger d'abord les malades, puis leur avoir donné de l'opium à la dose de quatre ou six pilules de 5 centigrammes pour produire la constipation. Lorsqu'on incise un rétrécissement du rectum, il n'y a pas à craindre de couper des vaisseaux, si l'on fait des "incisions multiples. Lorsque le rétrécissement a été incisé et dilaté avec l'éponge, on a recours ensuite à la dilatation avec les canules.
La dilatation forcée du rétrécissement avec un spéculum que l'on écarte de force dans le rectum (A. Cooper), ou le dilatateur de Demarquay , est une méthode qui se rapproche de l'incision, mais qui a moins de précision.
En aucun cas il ne faut se servir des instruments variés imaginés pour sectionner les rétrécissements du rectum ; rien n'est plus intelhgent et plus sûr qu'un bistouri boutonné conduit sur le doigt.
La cautérisation du rectum peut être faite : soit en plaçant des caustiques sur la canule, ainsi de l'alun ou une substance caustique sur une grosse canule enduite d'un emplâtre ou faite avec un tissu emplastique. Mais ce traitement est peu rationnel ; la cicatrice d'une cautérisation tend à se rétracter, puis il est difficile de placer un caustique qui n'agisse que sur le rétrécissement. La cautérisalion cependant est indiquée lorsqu'il y a des ulcérations autour du rétrécissement. L'ablation du rétrécissement est
RECl
contre-indiquée, àiuoins qu'il ne s'agisse d'un camor bien limité.
S'il existe en même temps qu'un rétrécissement un écoulement niuqueux, on administrera le lavement de copahu (V. Cystite), ou les injections avec l'alun :
Eau,
Alun
ii'ammes kl.
S'il y avait un rétrécissement complet et un obstacle au cours des matières, un anus artificiel serait établi. V. AthÉsiE DE l'anus.
Le régime des individus atteints de rétrécissement du rectum doit être un régime laxatif. L'usagj des bains de siège journaliers, les lavement^; émollients, les cataplasmes sur le ventre, la vie régulière, la nourriture réglée, sont recommandés.
Comme les rétrécissements du rectum ne guérissent qu'exceptionnellem:nt, on devra poursuivre le traitement pendant longtemps même après que le rectum paraîtra suffisamment dilaté.
Rec«uui (Tamponnemïnt du) . Lorsqu'après une opération sur ' e rectum une hémorrhagie grave a lieu, on tamponnera ; quoique ce tampon soit gênant pour les malades (Dupuytren), il est des cas où il est seul efficace; ainsi en est-il après les ablations de cancer du rectum.
On tamponne avec un gros tampon de charpie lié avec des fils cirés et porté dans le rectum, jusqu'au-dessus des points où l'on a coupé les tissus ; les fils pendent à l'anus. On introduit ensuite des bourdonnels de charpie liés entrj eux conmie une queue de cerf-volant (Boyer).
Unpessaire à air de Gariel, c'est-àdire une ampoule de caoutchouc que l'on introduit vide dans le rectum et qu'on remplit d'air ensuite, est un moyen préférable plus expéditif et plus susceptible de bien comprimer.
Rectum (TuMEURS Du). On a observé des kystes dans le rectum développés sans doute aux dépens des glandes du rectum; ils sont caractérisés par une tumeur fluctuante qui, ponctionnée, donne issue à du liquide séreux, se reproduit ou guérit; plusieurs ponctions sont duelquefois nécessaires pour guérir ces kystes. V. Rectum (Citiwr du), Polypes du rectum, Corps étrangers du ^RECTUM, Invagination du rectum.
RÉCURRENT. Nerfs laryngés inférieurs dont la compression par des tumeurs du voisinage produit l'enrouement et l'aphonie.
Les abcès et les tumeurs du médiastin, la tuberculose des ganglions bronchiques et les anévrysmes de la crosse de l'aoï'te, sont les causes habituelles de la compression des nerfs récurrents.
RÉCURUEIMTE OU ISENSIBILITÉ RÉCURREIMTE.
Phénomène physiologique découvert par Magendie et qui cn'est autre qu'une sensibilité du bout périphérique des racienes antérieures de la moelle fraîchement coupées. Dans ce cas, il est évident que chaque bout périphérique reçoit la sensibilité en retour qui lui est envoyée par la racine postérieure sensitive»
KÉFll
RÉDU€1T01*. Opération destinée à remettre en place les fragments d'un os cassé ou, luxé (V. Fracture, Luxation) et à faire rentrer une hernie (V. ce mot).
RÉFR^CTIOX DE L'tElL (TROUBLES DE LA). Les
troubles de la réfraction de l'œil sont des états en vertu desquels l'image des objets placés au-devant de l'œil vient se placer à un foyer situé en avant ou en arrière de la l étine. Le premier état est la myopie, où l'on ne distingue que de près ; le second est l'hypermétropie, où l'on ne distingue que de loin, la vision normale étant dite enunétropie. V. aussi Astigmatisme.
Un vice de conformation originel (de Graefe), d'anciennes affections des milieux ou des membranes de l'œil, causent les troubles de la réfraction.
I. Myopie. — La myopie est congénitale ou accidentelle; l'allongement antéro-postérieur de l'œil, la convexité
Fig. 611 . — Staphylome postérieiir.
de la cornée, une convexité du cristalHn, causent le plus souvent la myopie.
Il est ordinaire qu'il y ait un staphylome postérieur chez les myopes (fig. 611). '
11 y a des degrés dans la myopie : tantôt les malades voient presque comme tout emmétrope, tantôt les malades sont obligés de regarder avec un seul œil, tant ils sont obligés d'en rapprocher l'objet.
La proportion \ représente le degré de myopie, 1 indiquant la distance normale h laquelle l'œil sain sait lirei un numéro de l'échelle Jaeger, n indiquant la distançai plus petite que huit pouces à laquelle l'œil myope peut lire le même numéro (Donders).
La myopie est quelquefois simulée par l'affaiblissement! de la sensibilité delà rétine ou amblyopie, parce que lesi amblyopes rapprochent les objets afin de les vou' plus gros; mais, en plaçant une lentille biconvexe devant leurs yeux.
RÉFR
ils n'onl pas besoin de se rapproclier des objels, le inyope au conliaire ne voit plus avec une lentille biconvexe.
La myopie due à un spasme du muscle ciliaire se complique quelquefois de strabisme, surtout quand le phénomène existe dans un seul œil.
La myopie congénitale se révèle au moment où les enfants apprennent à lire : elle augmente pendant la jeunesse, elle peut-être améliorée dans la vieillesse par la substitution de la presbytie à la myopie, à la suite de la lenteur de l'accommodation.
Thérapeutique. — Si la myopie se lie à un étatcongestif de l'œil, à un glaucome, à une conicité de la cornée, il faudra essayer de guérir ces maladies. V. ces mots.
Le traitement palliatif consiste dans l'application de lunettes à verres biconcaves, verres dits négatifs, compris entre les n"" 1 et 60, le verre 60 étant le numéro le plus faible ; le numéro du verre est indiqué par un nombre correspondant au dénominateur de la fraction algébrique citée plus haut.
Si un individu portant des lunettes répondant à cette formule ne distingue pas bien, on placera des lunettes plus faibles au devant des premières ; s'il voit mieux avec l'une d'elles, on prendra ce numéro que l'on ajoutera au numéro de la lunette habituelle, et l'on choisira une lunette qui représente la somme des rayons de courbure des deux verres. V. Lunettes [Applications des).
Deux lunettes doivent être employées par les myopes : une appropriée pour voir de loin, une appropriée pour voir de près, ou bien ils auront une lunette forte et un jiincé-nez d'un numéro faible, mais qui, uni aux lunettes, forme appareil de renforcement capable de permettre de lire ou d'écrire. En général, il vaut mieux, dans le cas où les malades ne voudraient pas faire usage de deux lunettes, que les verres soient appropriés pour la vision rapprochée, en aucun cas il n'est bon de quitter ses lunettes pour lire avec les yeux, cela cause des exercices d'accommodation qui fatiguent beaucoup la vue.
Les lunettes doivent toujours être binoculaires ; si les deux yeux sont inégalement myopes, on mettra deux verres de numéro diiférent. Le centre des verres doit correspondre au centre des cornées.
En général, pour la vision des objets éloignés les verres doivent être dans le même plan pour la vision des objets rapprochés, les verres doivent être disposés de façon que leur centre corresponde à l'axe optique.
C'est par des tâtonnements, des expériences repétées, que l'on parvient à donner aux myopes des lunettes convenables.
Les accidents dus à l'application de mauvaises lunettes sont une amblyopie, un spasme du muscle ciliaire, ou une paralysie du muscle ciliaire, ou enfin un strabisme par défaut d'actiond'un œil. Les premiers accidents seront traités par le repos complet, l'absence de toute attention, et l'on attendra une amélioration pour faire l'expérience des lunettes. Pour le défaut d'action d'un œil on pourra recourir à l'emploi de lunettes inégalement fortes.
Les lunettes prismatiques seraient indiquées s'il y avait un véritable strabisme, et alors on placerait deux lunettes superposées, une déviant les rayons lumineux, l'autre les dispersant, c'est-à-dire corrigeant la myopie.
IL Hypermétropie (Donders), asthénopie (de Graefe). — L'hypermétropie est due naturellement à un raccourcissement de l'axe optique ou à un défaut dans le pouvoir réfringent du cristallin et de la cornée.
Les yeux hypermétropes sont moins convexes (|u'à l'é-
RÉFR 1 191
lal normal, ils lisent à distance avec des lunettes à verres convexes.
L'acco mmodation supplée pendant quelque temps au défaut de proportion des milieux réfringents de l'œil, mais c'est vers quarante ans que Fliypermétropie domine et l'emporte sur les efforts d'accommodation compensateurs.
L'œil hypermétrope ne peut voir de près comme l'œil presbyte ; lorsqu'il fait des efforts pour voir, la vue se trouble, ses yeux pleurent el il ya de la céphalalgie. On ne saurait mieux se rendre compte soi-même de l'hypermélropie qu'en plaçant devant son œil un verre biconcave el en cherchant à voir à la distance normale.
En principe le degré d'hypermétropie est déterminé par la distance focale du verre biconvexe, au moyen duquel l'hypermétrope peut voir à distance normale.
Pour reconnaître le degré de l'hypermétropie, voici un exemple : Si un individu lit à 20 pieds le n° 19 dé l'échelle Jaeger, il est déjà un peu hypermétrope ; si avec des verres convexes faibles n° 50 à U5, il lit les n"" 18 et 17, de l'échelle, l'hypermétropie égale 1/16'"% c'est-à-dire qu'il faudra un verre biconvexe du n° 16 pour corriger le défaut de réfraction de l'œil. Pour mieux mesurer le degré d"Iiypermétropie, on paralysera l'accommodation en paralysant le muscle ciliaire avec le collyre au sulfate d'atropine, alors l'hypermétropie sera beaucoup plus apparente.
Lorsqu'il y a presbyopie consécutive à l'hypermétropie, c'est-à-dire lorsque le pouvoir accommodateur de l'œil est affaibli malgré l'usage des verres biconvexes, l'œil, avec les mêmes lunettes, verra encore à distance, mais il vei'ra à 12 ou lU pouces ce qu'un œil sain voit à 8 pouces.
Parmi les lésions de l'œil, celle qui donne l'hypermétropie la plus forte est la privation du cristallin ouaphakie.
Thérapeutique. — Les hypermétropes doivent faire usage de lunettes à verre biconvexe, mais seulement pour travailkr ; pour voir de loin les lunettes sont inutiles.
Pour les opérés de la cataracte, qui sont dans les conditions de l'aphakie, il faut des verres n"^ 3, 3 1/2, li, k 1/2 et 5. V. Lunettes {Application des), Lunettes pour
l,ES PRESBYTES.
RÉFRIGÉRAXT. La thérapeutique emploie les réfrigérants pour combattre les inllammations des membres provoquées par un écrasement ou une fracture comminutive (V. Irrigation) ; pour guérir les inflammations du cerveau ou des méninges (V. Méningite), et alors elle se sert de l irrigation sur la tête ; pour calmer les douleurs de la goutte et les névralgies de la tête; — pour arrêter certaines hémorrhagies [V. ce mot et Rachis [Révulsion sur le)], enfin pour provoquer l'anesthésie locale. V. Anesthésie.
Les compresses d'eau sédative, mélange d'ammoniaque et d'eau camphrée ; • — les compresses d'eau froide glacée ; — l'insufflation d'étheravec le pulvérisateur; — l'aspersion d'éther, d'huile de naphte, d'amylène. de rhigolène, de chloroforme et de substances très-volatiles ; — les mélanges de neige ou de glace pilée avec du sel dans du linge ou dans les vessies imperméables, etc., sont des réfrigérants que l'on emploie selon les besoins.
La glace, l'eau glacée, le mélange de glace et de sel et l'insufflation d'éther sont les meilleurs réfrigérants auxquels il faille recourir.
Pour la tête on emploie un bonnet double de caoutchouc dans lequel un tuyau supérieur amène de l'eau glacée qui
RÉGL
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ressort par un second tuyau placé latéralement. — Des vessies de caoutchouc remplies de glace sont employées dans le même but. Pour les membres on peut se servir d'un jietit tube de caoutchouc mince, long de plusieurs mètres, avec lequel on entoure le membre ou l'articulation à refroidir, et par le bout supérieur ou verse de l'eau glacée qui s'écoule par le bout inférieur sans mouiller les malades.
RÉfîmi;. Le régime, mot synonyme de f^iete, doitêti'e considéré comme le gouvernement des choses matérielles de la vie et particulièrement des boissons et des aliments.
Le régime est la chose la plus indispensable à l'enlretien de la santé et à la guérison des maladies.
11 suffit souvent de bien régler le nombre et l'heure des repas, la nature et la quantité des aliments ou des boissons pour jouir d'une santé complète et d'une longévité exceptionnelle.
Dans les maladies aiguës le régime doit se composer, pendant les premiers jours, de boissons acides, aromatiques et féculentes, légères, qu'on épaissit peu à peu en y joignant un peu d'eau vineuse dès que la fièvre semble se modérer, puis on donne de l'eau et du lait, des fruits et de petits potages clairs à partir du huitième ou du dixième jour.
Dans les maladies chroniques le régime doit être approprié à la nature du mal, et diffère dans les maladies de cerveau, du cœur, de l'intestin, des poumons, de la peau de l'utérus, etc. ; mais comme principe général on doit savoir qu'il faut se nourrir sans exagéralion et soutenir les forces par tous les moyens possibles, sans provoquer d'excitation nuisible. Ainsi le vin pur, les liqueurs, le café et les viandes noires en abondance ne conviennent pas aux maladies chroniques, si ce n'est dans la glycosurie et la phthisie, tandis qu'au contraire le laitage en abondance, les féculents, les fruits, la viande en quantité modérée et le vin étendu d'eau réussissent à merveille, surtout si le régime alimentaire est aidé de l'influence du repos à la campagne.
RÈGLES. V. MENSTnU.^.TION, AMÉNOSHHÉE, DYSMÉNOR- RHÉE.
RÉGB.ISSE. Plante de la famille des légumineuses,
dont la racine sucrée sert à la préparation de Vextniit aqueux ou ««c de réglisse, très-employé en médecine con-
tre la bronchite \±]. Le bois de réglisse sert à faire de la tisane et le suc à préparer des pâtes ou des pastilles trèsappréciées.
RËGURGITATIOIV. Vomiturition de glaires ou d'aliments qui se produit dans la gastralgie, dans la dyspepsie, dans le cancer gastrique et chez les petits enfants à la mamelle qui viennent de teter, lorsque leur estomac est un peu trop rempli. V. Vomissement.
RËli« (Abcès du). V. Néphrite.
Ucîn (Cancer du). On trouve dans le rein de la matière encéphaloïde, du fongus hémalode, rarement du squirrhe, et ce produit occupe la substance corticale sous forme de tumeur, du volume d'une noisette à celui d'une orange.
On observe quelquefois le cancer du rein chez les enfants, mais plus souvent chez l'adulte ou chez le vieillard, et chez l'homme que chez la femme.
Une tumeur bosselée, dure, plus ou moins douloureuse, siège de douleurs lancinantes, placée à la région lombaire et accompagnée d'hématurie, d'amaigrissement, d'anémie avec teinte jaune-paille du visage, indique le cancer du rein.
Le cancer du rein se termine toujours par la mort.
Théfapeutiijuc. — Contre le cancer du rein, il n'y a que des moyens palliatifs à mettre en usage.
On combattra la douleur par l'opium ; l'hématurie par l'eau de Rabel, 2 à3 grammes; le perchlorure de fer, 10 à 20 gouttes dans de l'eau sucrée, 100 grammes; la décoction de ratanhia, k grammes par litre d'eau ; l'eau de Rrocchieri et de Pagliari, 100 grammes par jour; l'eau de goudron et de térébenthine. Quant à l'anémie, il faudra lui opposer les ferrugineux et les toniques.
Rein (CALCULS Du). V. CALCULS et Gr.AVELLE.
Rein (Congestion du). Le rein peut être le siège d'une congestion sanguine active au début de l'inflammation de cet organe et d'une congestion sanguine passive dans les maladies du cœur, dans le choléra, dans quelques maladies aiguës inflammatoires, dans l'angine couenneuse, dans le croup, dans la diphlhérite, dans la scarlatine (V. ces mots) et dans quelques lièvres continues graves.
Les symptômes de la congestion des reins se confondent toujours avec ceux de la maladie principale et l'on ne la distingue que par l'examen des urines, lorsque l'analyse y fait découvrir une albuminurie passagère. V. Albuminurie.
La congestion des reins peut disparaître au bout de quelques semaines, mais elle est bien souvent le point de départ de la dégénérescence graisseuse rénale connue sous le nom de néphrite albumineuse.
Thérapeutique. — Contre la congestion passive des reins, il faut prescrire la saignée du bras, et favoriser l'etfet de cette médication par une alimentation peu substantielle, composée de lait, de fruits, de poisson et de viandes blanches.
Relu (DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DU) OU Maladie de Briglit OU TV'cpIirite albumineuse OU Albuminurie OU Cii-rhose du rein. L'albuminurie liée à la dégénérescence graisseuse des reins constitue seule la néphrite albumineuse, qu'il ne faut pas confondre avec certaines albuminuries momentanées, dues à une congestion rénale passagère (Rayer). V. Rein {Congestion du).
La néphrite albumineuse existe chez les enfants et chez les adultes, chez l'homme plus que chez la femme^, et se
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développe sous rinfluence du froid humide, de l'abus des spiritueux, de la scarlatine (Bright), du choléra (Bouchut), de l'angine couenneuse et du croup (Bouchut), de la lièvre typhoïde, des maladies du cœur, de la grossesse (Rayer) et quelquefois de la tuberculose puluionaire.
l'ig. 613. — Néphrite albuuiiiieuse. Coupe d'im rein préseutaut les lésions de la néphrite albnmineuse simple dans le second degré, c'està-dire en déi^énéreseeiice graisseuse. Les glomérnles h sont ti'anspurents et parfaitement sains, taudis qne les tubuli sont opaques et laissent mal traverser la lumière, re qnitient aux granulations graisseuses qu'ils renferment. Pour juger de l'altération, on peut comparer cette opacité des tubes avec ceux qui sont sains et trausjiarents dans lu ligure 1 en a ; en e on voit la coupe transversale. (Cornil.)
Il y a une néphrite albuniineuse aiguë et une néphrite aibumineuse chronique.
Fig. 614. — Granulations du rein. Coujio parallèle à la surface du rein et passant à travers une granulation. La granulation comprend toute la partie circulaire et claire qui occupe le centre de la ligure. En comparant les tubes a et les glomérnles b, qui composent la granulation avec les tubes c, c' et les ginmérulcs b' qui se trouvent dans le tissu rénal ipd environne la granulation, on voit que les premiers n et sont deux en trois l'ois plus volumineux dans les seconds, c, c' b'. De plus, les tubes b' sont opaques et noirâtres à un faible grossissement, ce qui indique qu'ils contiennent des granulations graisseuses, tandis que les tubes situés dans la granulation sont normaux. Les ligues granuleuses d représentent des vaisseaux dont la paroi est infiltrée de granulations graisseuses. Cette dernière particularité ne peut être nettement vériliee qu'avec un grossissement plus fort. (Cornil.)
L'altération anatomique de la néphrite aibumineuse offre plusieurs degrés : 1" la congestion de la substance corticale un peu ramollie, adhérente à la capsule fibreuse du rein et au milieu de laquelle se trouvent les glandules de Malpighi, sous forme de pointillé rouge noirâtre ; 2° la congestion de cette substance en partie décolorée, ce qui
forme un mélange d'anémie et d'hypérémie ; 3° la dégénérescence jaunâtre, gi'aisseuse du rein, dont toute la substance corlicale, décolorée inégalement, bosselée, est pâle comme de la chair d'anguille et pénètre entre la substance tuberculeuse ([u'elle comprime et atrophie ; !x" la présence au milieu de la substance corlicale, bosselée, hypertrophiée et décolorée, de granulations fines connue des grains de semoule, formées de graisse, occupant les glandules de Malpighi; '6° enfin l'atrophie lobulée du rein entièrement rempli de granulations miliaires jaunes (Bi ight, Rayer, Martin- Solon).
l'ig. 615. — Tubes uriuil'ères atrophiés situés à la base d'une granulation. Ils reid'erment eux-mêmes des cellules a très-petites. Le tube urinifère <Z, très-mince, contient seulement dans son intérieur quelques granulations graisseuses. (Cornil.)
Dans les premiers degrés de l'altération anatomique qui caractérise la néphrite aibumineuse, le rein est hypertrophié, et au lieu de 125 grammes, son poids habituel, il pèse 250 et 300 grammes, tandis qu'à la dernière période (lu mal il esl toujours notablement atrophié.
Dans la néphrite aibumineuse, ce sont les tubnli des reins et les glandules de Malpighi qui sont malades (V. fig. 613, 6H et 615), car à l'aide du microscope on les voit infiltrés de matière graisseuse (Valenlin), et dans l'épithélium de ces canau.v qui s'enlève avec une facilité étonnante, et qui tombe dans les urines, on voit les cellules d'épithélium cylindrique, claires et remplies de graisse.
De la fièvre, avec ou sans frissons et douleur rénale, accompagnée d'urines rares, troubles, sanguinolentes, acides, remplies d'albumine et d'épithélium des tubuli des reins, annonce l'invasion d'une néphrite aibumineuse aiguë.
Si après avoir fait bouillir un peu d'urine elle précipite des grumeaux blanchâtres de matière amorphe, insolubles dans l'acide nitrique, ou si, ayant traité cette urine par l'acide nitrique, elle donne un précipité qui ne se dissout pas dans un excès d'acide, on peut être sûr qu'il y a de l'albiunine dans l'urine, mais il faut toujours contrôler l'une de ces expériences par l'autre.
En examinant au microscope le petit dépôt des urines, quand on y trouve des globules de sang, des cellules d'épithélium cylindrique isolées et des tubes formés d'épithélium cylindrique infiltré de graisse, on peut être sûr qu'il existe une néphrite aibumineuse aiguë. .
Au début de la néphrite aibumineuse aiguë il y a souvent un notable affaiblissement de la vision qui constitue Vamanrose albuminurique (Landouzy), et alors on trouve au fond de l'œil un peu d'infiltration séreuse autour de la papille, de petites. hémorrhagies et des granulations blanchâtres graisseuses de la rétine (Desmarres). V. fig. 10.
Au bout de quelques jours de néphrite aibumineuse aiguë, on remarque souvent un peu d'œdème et de bouffisure des paupières, de l'œdème des pieds, puis de l'anasarque, et enfin des suffusions séreuses du péritoine, de la