V. SCLÉRO-CHOROÏDITE
Il est démontré que le mouvement de l'œil en haut est un mouvement associé du muscle supérieur et de l'oblique de nom contraire, et que le mouvement en bas est la résultante de la synergie d'action du droit inférieur et de l'oblique de nom contraire. Que les mouvements obliques de l'œil sont dus au groupe des muscles droit supérieur, oblique inférieur, et droit externe ou interne et réciproquement (Giraud-Teulon), en un mot que trois muscles concourent au mouvement. D'où il suit qu'il y a dans le strabisme oblique une combinaison de mouvements altérée, bien plus qu'un trouble de la fonction d'un seul muscle.
Quoique, dans beaucoup de cas, le strabisme soit causé par l'hypermétropie et la myopie ou la lenteur de l'accommodation pour la vision rapprochée ou éloignée, il se peut que la lésion musculaire soit primitive.
Il est probable cependant que sauf le cas de convulsion, le strabisme reconnaît pour cause un défaut d'harmonie dans la vision des deux yeux.
Quatre-vingt-dix-neuf strabismes sur cent sont des strabismes latéraux.
Thrrapeutiqite. — La slrabotomie (Stromeyer, Dielfenbach, Velpeau, J. Guérin) a été pratiquée comme traitement du strabisme. — Sectionner le muscle le plus court et favoriser son insertion sur un point plus éloigné de la cornée, tel est le principe recommandé par Graefe etCritchett.
La strabotomie est pratiquée sur un seul œil ou sur les deux à la fois; — si la déviation est peu prononcée il suffit d'opérer un œil ; — si la déviation est très-marquée on opérera les deux yeux. Inciser un muscle sain sur l'œil sain du côté opposé au muscle dont le congénère entraîne la déviation de l'œil sain (L. Boyer) est une opération inutile.
Pour les strabismes convergents et divergents, deux procédés principaux sont adoptés dans la pratique. Les paupières étant ouvertes avec le blépharostat à ressort ou avec deux élévateurs, la conjonctive est saisie au niveau
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du méridien horizontal de lu cornée prolongée, avec deux pinces à grilles, l'une tenue par un aide, l'autre tenue par le chirurgien. Le pli de la conjoncti e formé par les pinces est incisé avec des ciseaux droits, le muscle apparaît au fond de la plaie et on le sectionne d'un coup de ciseaux après l'avoir isolé de l'œil en passant une des lames des ciseaux au-dessous de lui (Velpeau) ; ou bien on saisit îa conjonctive avec deux érignes, comme dans le procédé précédent, on forme ainsi un pli à la conjonctive et les érignes sont confiées à des aides. On incise le pli avec les ciseaux, le sang est étanché avec de petites éponges. On aperçoit une petite bandelette nacrée, c'est le tendon. On dissèque en remontant vers les fibres du muscle que l'on met ainsi à nu. On engage un crochet mousse sous le tendon; on fait mouvoir le crochet de façon à bien détacher le muscle de ses adhérences, on coupe le muscle le plus possible en arrière dans la portion charnue du muscle (Phillips).
Divers instruments ont été faits pour cette opération et ont vaki aux inventeurs un titre à la propriété d'un procédé. Ainsi, le crochet dilatateur L. Boyer, les ciseaux boutonnés (Critchett), le crochet à lame cachée pour remplacer la section avec les ciseaux, etc.. mais ils ne changent rien à la méthode, sauf peut-être les ciseaux boutonnés qui permettent de faire de moins larges incisions à la conjonctive pour mettre à nu le tendon.
On prépare les sujets à la ténotomie par l'usage des verres prismatiques, qui ont pour effet de ramenei' l'œil aussi près qiie possible de la direction normale. Lastrabotomie achève ce que celte orthopédie oculaire n'a pu faire.
La slrabotomie sur les muscles obliques ne doit jamais être tentée seule, elle estinutile ; la section dagrand oblique qui a été faite pour certains cas de myopie, et à peu près comme on fait aujourd'hui l'iridectomie pour toutes sortes de maladies des yeux, peut-être avec moins de profit, est également inutile. V. Ténotomie et Myotomik.
Le strabisme supérieur réclame la section du muscle droit supérieur, et le strabisme inférieur du droit inférieur. On opérera comme pour le droit externe et interne.
Pour quelques strabismes légers on a fait l'excision de la conjonctive, et l'on a fait la suture des lèvres de la plaie (Dieffenbach, F. Gunier).
Lorsque par suite d'une opération de strabisme l'œil est saillant du côté opposé, on fait du côté saillant de l'œil l'opération qui a été pratiquée pour le strabisme léger.
Lorsque un strabisme succède à un autre, on coupe le muscle antagoniste de celui qui aura été coupé ; ou l'on réunira par suture le bord du muscle coupé avec la sclérotique à l'aide d'un point de suture fin (J. Guérin). Cette opération n'a été pratiquée qu'une fois, et elle a réussi bien que la suture ait manqué. Gela est à voir, il y a eu sans doute des coïncidences.
Si la caroncule est enfoncée, si l'œil est attiré en dehors, on fera la suture d'une partie de l'angle interne des paupières (de Graefe).
On excisera le petit bourgeon charnu qui se développe quelquefois sur la plaie de la conjonctive, après l'opération du strabisme.
Il est des cas où, malgré la ténotomie, les malades, pour jouir de la vision binoculaire, sont obligés de loucher dans un sens ou dans un autre ; ce sont les cas de strabisme anciens avec déviations de l'axe secondaire de l'œil. Ici, la strabotomie a été inutile, caria rectitude de l'œil ne peut avoir lieu qu'avec la diplopie, la rétine s'étant habituée à voir avec un point qui ne correspond pas à l'axe normal d'un œil placé dans la rectitude. Et il est regrettable de
dire qu'il est difficile de préciser avant cette opération l'état de l'œil autrement que par la position de l'œil pour la vue distincte d'un objet placé en face.
Lorsque les malades voient à 6 pouces, avec les deux yeux, un objet plusieurs jours après l'opération du strabisme, sans qu'il y ait de diplopie, le muscle coupé s'est greffé sur un point de la sclérotique et les contractions musculaires, désormais régulièrement en jeu, assurent une guérison, mais ces cas sont rares. Le plus souvent les malades louchent en regardant les objets éloignés ou rapprochés.
Après l'opération du strabisme on s'abstiendra d'exercer immédiatement la vision avec l'œil malade (de Graefe). Au bout de trois jours on fera exercer la vision du côté sain, en évitant néanmoins la vision des objets rapprochés ou éloignés, suivant que le strabisme est convergent ou divergent.
Lorsque des malades atteints de strabisme n'ont que la vision monoculaire, comme dans le strabisme concomitant de Graefe, si l'on a produit sur le malade la diplopie avec l'usage des verres prismatiques, à base tournée du côté de la déviation, il est probable que la strabotomie produira un effet semblable, ce qui revient à dire que dans ce cas la strabotomie sera utile, parce que l'insuffisance musculaire est la seule cause de la déviation oculaire (J. Guérin, de Graefe).
Dans les cas de strabisme intermittent après la strabotomie, quia pour but de régulariser les rapports des axes visuels pour une dislance donnée, on fera usage des lunettes prismatiques afin de ramener l'œil dans une position donnée et pour favoriser la soudure du muscle allongé sur un point plus rapproché de la cornée.
Accidents de la strubotoinie. — Les accidents primitifs propres à l'opération du strabisme sont l'hémorrhagie, le phlegmon de l'orbite ; — l'hémorrhagie peut être arrêtée par la torsion des vaisseaux ; — le phlegmon de l'orbite sera traité par les moyens appropriés. V. Orbite.
Les autres accidents sont : les insuccès, la déviation en sens inverse du strabisme primitif, l'exophthalmie, la diplopie persistante, la fixité du globe oculaire, bridé par une cicatrisation irrégulière, et l'affaiblissement de la vision ; mais dans ce cas il est probable qu'une amblyopie et des staphylômes postérieurs existant avant l'opération, sont la cause du trouble visuel. — Si la strabotomie n'a pas réussi, s'il reste des brides, on rouvrira la plaie et on les sectionnera, les déviations consécutives de l'œil réclameront l'usage des lunettes prismatiques, les déviations considérables réclament les excisions de la conjonctive et les sutures (V. plus haut), la fixité du globe de l'œil est incurable, les lésions de la réline le sont presque au même degré, le staphylôme postérieur en particulier. V. ce mot.
On redresse quelques strabismes sans l'opération par le moyen de lunettes prismatiques (Chevalier, Giraud-Teulon), qui ont pour effet de dévier les rayons lumineux et de forcer les parties sensibles de l'œil à se replacer dans un axe déterminé par le degré de réfraction du prisme.
Lorsqu'on applique les lunettes prismatiques il faut les employer seulement pour la vision des objets rapprochés. On se servira de prismes dont la base sera dirigée du côté delà déviation. On emploiera des prismes dont les mesures sont calculées sur la vision double, en choisissant les prismes qui donnent des images qui se fusionnent. Si l'on prenait des prismes trop forts on s'exposerait à voir le strabisme augmenter parce que l'œil ne pouvant arriver à se placer dans le rayon réfracté, plutôt que de s'épuiser
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en efforts impuissants, cesserait de concourir à la vision binoculaire. On emploiera donc d'abord des verres qui ne donnent que des images confuses, puis lorsque la vision sera devenue plus nette on augmentera la force des prismes. Un strabisme correspondant à une rétraction musculaire de trois à quatre lignes peut guérir par le seul usage orthopédique des verres prismatiques.
Les accidents dus à l'usage non réglé des lunettes prismatiques est une fatigue considérable des yeux, et quelquefois des troubles de l'accommodation.
L'acupuncture et l'électropuncture (Cavarra) sont insuffisantes contre le strabisjne, — la cautérisation de la conjonctive (Dieffenbach) au niveau du muscle rétracté (Duval) a compté quelques rares succès. — L'occlusion de l'œil sain pour exercer l'œil malade (BuCfon, Beer, Roux) sont peu efficaces. — Les loucheltes, lunettes opaques perforées d'un trou central, ne valent pas les lunettes prismatiques.
Règle générale, le strabisme qui n'empêche pas les malades de distinguer régulièrement ne doit pas être opéré, ni traité par l'usage des lunettes,
Strabisme paralytique. — f^ti-abismc avec di
plopie. Le strabisme paralytique peut être dû, soit à l'abs ence ou à l'altération paralytique d'un nerf moteur de l'œil, soit à une lésion de l'encéphale ; il est caractérisé par une déviation prononcée d'un seul œil avec ou sans chute de la paupière supérieure du côté malade. Ce strabisme est causé souvent par une lésion profonde de 1;. l'étine. (Bouchut).
En. principe, les strabismes paralytiques causent de lii diplojlie. Le strabisme divergent produit de la diplopie, avec des images homonymes, c'est-à-dire placées dans le plan du tableau où le malade regarde un point ; l'une est au centre et l'autre dans la moitié du lableau correspondant à l'œil malade. Le strabisme convergent produit une diplopie, avec images croisées, l'une au centre du tableau, l'autre dans la partie du tableau qui correspond à l'œil sain. — Dans les strabismes supérieur et inférieur il y a les mêmes signes, plus une élévation relative d'une image au-dessus de l'autre. Les paralysies qui engendrent le plus le strabisme sont la paralysie du moteur oculaire commun, et la paralysie du moteur oculaire externe.
A. Dans la j:i(n'tt/(/stc da moteur oculaire externe, l'œil est dans le strabisme convergent, et le strabisme est augmenté lorsque l'œil sain regarde du côté correspondant à l'œil dont le moteur oculaire externe est paralysé.
L'angle de déviation secondaire (V. Stuabisme miscllaihe) est plus marqué que l'angle de déviation primitif; il y a diplopie avec images homonymes. Lorsque le sujet regarde un objet peu éloigné, la diplopie peut être peu marquée.
L'attitude du malade qui cherche à distinguer est une inclinaison et une rotation de la tête du côté correspondant à l'œil dont le nerf moteur oculaire externe est paralysé.
On constate la dipoplie et ses variantes en faisant regarder aux malades un objet qu'on leur fait suivre dans la direction d'une ligne verticale sur un tableau placé à une distance variable de l'œil.
L'impossibilité absolue de ramener l'œil malade dans l'abduction, autrement dit vers l'angle externe de l'œil, quels que soient les efforts du malade, permet de distinguer le strabisme par paralysie du moteur oculaire externe du strabisme musculaire vrai.
Bouciiur ET DESPiiÉs. — 2'' édit.
B. Dans la paralysie du moteur oculaire interne il y a souvent deux signes étrangers à ce strabisme qui indiquent la nature du mal ; la chute de la paupière supérieure et la dilatation de la pupille. Les phénomènes propres au strabisme sont la divergence et la diplopie croisée, et la distance des images croît à mesure qu'on porte l'objet sur la droite du sujet, le malade incline et tourne la tête du côté du muscle paralysé.
Il arrive quelquefois que le moteur oculaire interne est incomplètement paralysé, qu'une seule des branches du moteur oculaire interne est paralysée et il y a seulement strabisme en haut et en bas. Dans le strabisme par paralysie en haut, outre la diplopie, avec images homonymes ou croisées, suivant qu'il y a strabisme en liaut et en dedans, ou en haut et en dehors, c'est à la diplopie, à l'écartement des images en haut ou en bas, que l'on reconnaîtra si l'oblique inférieur ou le supérieur sont paralysés, en même temps que le droit supérieure! l'inférieur.
Les rhumatismes musculaires, l'inflammation périoculaire, les exophthalmies (de Graefe) ou saillie du globe oculaire, les congestions de l'orbite, causent le strabisme p«ralytique; les tumeurs, les inflammations de l'orbite, les productions syphilitiques, produisent encore un strabisme paralytique mécanique, si l'on peut ainsi dire, une tumeur comprime un muscle et l'empêche d'agir, ou bien l'œil se trouve fixé et reste immobile malgré des contractions musculaires énergiques.
Les efforts que font les muscles antagonistes et les muscles symétriques du côté de l'œil sain peuvent être la cause de l'apparition d'un strabisme musculaire franc de ce côté.
Le strabisme paralytique peut quelquefois guérir seul.
Le strabisme paralytique par cessation de l'action nerveuse excitatrice du muscle est généralement incurable.
Thérapeutique. — Si les paralysies sont dues à une lésion cérébrale, on appliquera le traitement approprié (V. Ramollissement cérébral). Si l'on pense que la lésion siège sur le nerf moteur lui-même, on aura recours à l'électrisation localisée sur ies tempes avec les courants continus, aux vésicatoires pansés avec 2 milligrammes de strychnine, aux frictions sèches sur les tempes.
Chez les individus rhumatisants on aura recours aux diaphorétiques : la poudre de Dower, à la dose de 30 à 50 centigrammes par jour, est d'un bon usage.
Si la syphilis joue un rôle dans la production de la maladie, s'il y a des tumeurs qui compriment le nerf, on donnera le traitement antisyphilitique des accidents tertiaires.
Les toniques, les excitants, sont d'un bon usage.
Lorsque aucun de ces médicaments n'a réussi, deux traitements ont été proposés ; l'orthopédie oculaire avec les verres prismatiques, ou la strabotomie. Enfin on pourra avoir recours à un moyen palliatif pour remédier à la diplopie persistante, c'est-à-dire à l'occlusion de l'œil malade que l'on ferme avec des bandelettes de taffetas gommé. Ce traitement est surtout bon pour faire cesser les habitudes vicieuses de la vision des malades (Giraud- Teulon) .
Les prismes seront employés, soit pour corriger tout à fait la diplopie, soit pour laisser une diplopie faible afin que l'œil s'efforçant à corriger la diplopie, les muscles paralysés recouvrent un peu de mobilité, grâce à cet exercice. — S'il faut placer un prisme connu dans l'optique des ophthalmologistes et des marchands sous le nom de prisme de 141), pour corriger la diplopie, il est inutile
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de chercher à traiter le strabisme paralytique par les verres prismatiques.
Lorsque le strabisme est ancien, invétéré, lorsque tous les moyens précédents ont échoué, et lorsque la diplopie devient une gêne considéralile pour les malades(de Graefe), on coupe le muscle paralysé au bas de son tendon et on le réunit par suture à la sclérotique dans un point plus rapproché de la cornée, et en même temps on sectionne le muscle antagoniste.
La section des muscles obliques n'est pas admise comme une bonne prali(jue.
Le strabisme paralytique, lorsqu'on n'a pas pu faire cesser la cause delà paralysie, quoi qu'il en ait été dit, ne réclame pas d'autre traitement que celui de la diplopie : les verres prismatiques à base tournée du côté de la dévia tion. Ainsi le strabisme eu haut et en dehors réclame l'usage d'un prisme à base tournée en dehois, étc.
La ténotomie autorisée serait seulement la ténotomie de l'antagoniste du muscle paralysé, mais cette opération a l'inconvénient de causer une forte saillie de l'œil ; quant au procédé de de Graefe, il est rationnel, mais il a des inconvénients : on ne fait pasimpunément des sutures sur un œil sain.
STRAMOIVIUin ou DATURA STRAMO^'IUM OU POMME-ÉPIIVEIJSIE. Plante de la famille des solanées.
Fig. 665. — Stramoiue.
dont les racines, les feuilles et les semences sont narcotiques, et à haute dose produisent momentanément le délire et la folie, et enfin la mort. — On l'emploie contre les névralgies [+], contre les névroses convulsives, notamment contre l'épilepsie \±], dans la manie [+], dans l'asthme [+]■ Elle s'administre en iwudre, 10 centigrammes à 1 gramme; en extrait, 5 à 20 centigrammes; en alcooîature, deux à dix gouttes; en infusion, 2 à li gi'ammes par litre d'eau ; en fumigation, dont on respire la fumée au moyen de cigares qu'on fume comme un cigare ordinaire, ou de feuilles qu'on brûle dans une pipe.
Elle renferme de la résine, de l'albumine, du ligneux, des sels et un alcaloïde appelé claturine dont Laurent a bien fait connaître les propriétés. V. JusQUiAME.
Le slramonium engourdit la sensibilité et sert à dimi-
STRO
nuer la douleur, il dilate les pupilles, produit la sécheresse de la gorge, quelquefois la diarrhée, et accélère le pouls. A haute dose, il produit la congestion de la face, le délire, les hallucinations, une soif intense avec dysphagio, des vomissements, un érythème général et une prosti alion qui est suivie de la mort.
STaiAXGUREE. Difficulté d'uriner produite par la gravelle, des fièvres chez les enfants, par l'uréthrite (V. ce mot), par les phlegmasies de la prostate et de la vessie. V. Cystite.
STSîBCTUM. État de resserrement, de constrictiou ou de contraction fibrillaire des ti'ssus, causé par la pléthore, par l'excès d'irritabilité dans l'état morbide, par l'état infiammatoire (Themison) ; c'est l'opposé du relâchement ou liiœum, qui est l'attribut des sujets débiles, délicats, lymphatiques ou affaiblis par de longues souffrances.
STROMGliE. Le strongle est un entozoaire trouvé dans le rein et dans le tissu cellulaire périnéphrétique des
l'ig. 666. — Strongle géant.
animaux, plus souvent encore que dans les reins de l'homme. Il a de 15 à 80 centimètres et même 1 mètre de long sur 10 à 15 millimètres d'épaisseur. C'est le plus volumineux des entozoaires, aussi l'a-t-on appelé strongle géant. Son extrémité antérieure est obtuse et renferme une bouche a circulaire avec six nodosités périphériques disposées en rosettes, tandis qu'à la queue du màle se trouve la bourse, et b le spicule principal.
Le strongle encore petit peut être expulsé par l'urine (Breraser, Artaud) ; mais s'il reste dans le rein, il y détermine une inflammation qui amène la désorganisation de l'organe au milieu d'atroces douleurs. On l'a également observé dans le poumon d'un enfant de six ans (Moquin- Tandon).
STROPHULD**. Papules rouges prurigineuses, formant de petites taches rosées chez les jeunes enfants au moment de la première dentition.
Le strophulus s'observe sur le visage, sur le tronc et sur les membres, et quand il est très-confluent il peut simuler la roséole.
Thérapeutique. — Contre le strophulus il faut prescrire des bains émollients, des applications de poudre d'amidon
STUV
suce
ou de lycopode, d'oxyde de zinc el d'uinidon, parties égales, des bains alcalins ou des bains sulfureux affaiblis.
Lotion de sublimé, 60 centigrammes pour 300 d'eau.
STRUMES. Nom donné aux scrofulides. V. ce mot.
STRUMEUS. Synonyme de scrofideax. V. Scrofule.
STRYCIITVITVE. yVlcaloïde extrait de la noix vomiquc ou de la fève de Saint-Ignace, et doué d'une action spécifique
l'ig. 067. — Stncluiiiio.
sur la moelle épinière et sur les nerfs moteurs qu'elle fournit aux muscles, à faible dose ; c'est un tonique striclurant qui, par action sur le système nerveux, produit la pâleur et le resserrement des tissus; — à haute dose, il détermine de faibles secousses musculaires qui gênent la marche, puis des convulsions tétaniques avec spasme des muscles de la respiration cl cyanose entraînant la mort. Dans ce cas, la moelle est fortement hypérémiée et sa pie-mère est couverte d'hémorrhagies plus ou moins considérables.
C'est un poison tétanisant de la plus grande énergie, qu'on n'administre jamais sans inquiétude, et qui ne doit se donner que par doses extrêmement faibles. On en fait prendre 1 à 5 milligrammes à la fois, en augmentant jusqu'à 10 milligrammes par jour, et en cas d'empoisonnement il faut faire avaler un verre d'eau iodurée qui la réduit à l'état de composé insoluble. On prescrit indifféremment la strychnine ou le sulfate de strychnine en granules, en pilules ou en sirop.
Sirop de strychnine.
SiiU'ate de strychnine 25 luilligrammos.
Sirop de cerise 100 gi'arames.
Faire dissoudre. Une cuillerée à café tous les soirs FH.
Ce médicament peut s'employer dans les anciennes paralysies symptomatiques, quand les muscles ne sont pas encore atrophiés et que la lésion du cerveau est à peu près guérie [+] ; dans les paralysies essentielles [T], dans l'amaurose [T], dans la chorée dans l'épilepsie et dans le choléra [3-
D'après le docteur Eben Watson, la fève de Calabar ayant pour effet de déprimer les fonctions de la moelle en diminuant la sensibilité réflexe serait l'antagnoniste de la strychnine — L'action est réciproque et l'un de ces poi-
sons empêche l'action de l'autre. — C'est la teinture de fève de Calabar qu'il faut donner comme antidote des empoisonnements par la strychnine à la dose de un gramme toutes les demi-heures, et il faut s'arrêter selon la gravité des circonstances.
STIJPÉFIA1\TS. Médicaments qui produisent la stupeur et l'insensibilité. V. Narcotiques.
STUPEUR. Engourdissement passager de l'intelligence et du mouvement, qui se traduit par l'indifférence du regard et par l'hébétude de la physionomie.
La stupeur est le symptôme de certaines maladies du cerveau ou de la commotion cérébrale et des fièvres typhoïdes, adynamiques et ataxiques. V. Cerveau [Maladies du], CÉRÉBROSCOPIE, Fièvre TYPHOÏDE.
STUPIDITÉ. Affaiblissement chronique de l'intelligence causé par une maladie du cerveau ou par l'épilepsie et la folie. V. ces mots.
ST'WPTi^UES. V. Astringents.
ST¥SS.4X. Baume liquide extrait par ébullition de
l'écorce du Liquidambar sttjraciflua, de la famille des amentacées, qui ci^oît au Mexique. C'est un excitant.
On l'emploie solidifié avec la magnésie, comme dim'élique et comme astringent dans la blennorrhagie [±\, à la dose de 1 à 5 et à 10 grammes; ou bien dans les affections catarrhales des organes respiratoires et des voies urinaires. Partout il diminue la sécrétion mucoso-purulente. Il est plus souvent employé à l'extérieur, soit comme stimulant des plaies atoniques, qu'il modifie très-heureusement sous forme à'onyuent styrax, soit pour servir à la préparation de l'emplâtre de Vigo.
SUBlîÉLÏRIUIM. Troiible des facultés intellectuelles caractérisé par des paroles incohérentes et des rêvasseries continuelles chez un sujet qui a en partie sa connaissance et qui répond juste lorsqu'on s'applique à fixer son attention. — C'estun demi-délire très-commun dans les fièvres typhoïdes adynamiques, dans les maladies graves, et chez les sujets qu'une affection organique menace d'une mort prochaine. V. Délire, Fièvre typhoïde.
SUBIl^TRAl^T. Fièvre intermittente dont les accès, au lieu d'être éloignés, entrent les uns dans les autres, et recommencent avant que le stade du dernier accès soit fini. V. Fièvre intermittente.
SUBLIMÉ CORROSIF. V. MERCURE [Deutochlorure de) .
SUBLUXATIOSl. V. LU\ATI0NS et DlASTASIS.
SUBSTITUTIF. Médicament irritant ayant pour but de produire sur un organe malade une phlegmasie différente de celle qui s'y trouve, pouvant se substituer à elle, et se guérissant ensuite avec plus de facilité que l'autre n'aurait pu faire. — C'est une révulsion sur place (V. Révulsion). C'est dans le but de substituer une inflammation aiguë à une phlegmasie rhumatismale ou scrofuleuse qu'on met un collyre au nitrate d'argent dans l'œil. C'est pour substituer à une phlegmasie intestinale chronique une inflammation plus aiguë qu'on purge quelquefois avec le sulfate de soude dans la diarrhée. — Dans un but analo' giie enfin, on cautérise les plaies lentes à guérir, ou l'on excite, par des pommades excitantes, les dartres anciennes qui ont besoin de cette irritation pour disparaître.
SUtCÉDAlVÉS. Médicaments qu'on peut employer à la place d'une autre substance, en raison de leurs propriétés curalives analogues. — L'apiol, la salicine, le houx et les amers, sont considérés par quelques médecms,