‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 589 sur 612 · I TER · texte numérisé non relu

I TER

dolorissement général ou partiel de l'utérus non gravide, d'une intensité variable, allant quelquefois jusqu'à une douleur très-vive.

Les douleurs du rhumatisme utérin sont variables, elles s'étendent dans toutes les directions : à l'ombilic, dans les reins et vers le sacrum ; elles coïncident parfois avec d'autres douleurs rhumatismales, et elles olfrent des exacerbations. L'émission des urines est accompagnée de cuissons, quelquefois de douleurs vives, ailleurs de ténesme anal et vésical : il est probable que dans ces cas il y a un certain degré de métrite, et c'est alors que l'on voit apparaître quelques frissons et de la lièvre. V. Métrite.

II. Pendant la grossesse, le rhumalisme de l'utérus peut provoquer l'accouchement ou l'avortement, car le col se dilate pendant les douleurs ; mais même après une dilatation du col de 2 centimètres de diamètre et même de 5 centimètres (.loergez), il est possible que l'avortement ou l'accouchement n'aient pas lieu.

La forme apyrélique du rhumatisme utérin est celle où, malgré des signes d'accouchement prochain, le travail peut s'arrêter.

Pendant le travail, le rhumatisme utérin suspend les contractions, empêche le retrait de l'utérus, et les malades cessent de pouvoir aider l'accouchement parla contraction des muscles abdominaux, car les femmes éprouvent à ce moment des douleurs vives à la moindre pression sur l'utérus.

Après l'accouchement, le rhumatisme de l'utérus devient une véritable inflammation et peut être une cause de métrite puerpérale.

On distingue les douleurs du rhumatisme utérin des douleurs utérines de l'accouchement ou de l'avortement parce que, dans la douleur utérine, la douleur n'atteint son maximum que quand la contraction arrive à sa lin ; tandis que dans le rhumatisme, la douleur est tout de suite extrêmement vive.

Thérapeutique. — Pendant la grossesse, la forme pyrélique du rhumatisme réclame comme la métrite les purgatifs, tels que l'huile de ricin, 30 grammes ou l'ipécacuanha à la dose de 1 gramme, les cataplasmes sur le ventre et les sinapismes aux extrémités; on donnera comme pour les cas d'avortement les préparations opiacées (V. Avortement); la malade sera tenue au repos absolu. Si le col est dilaté, les lavements laudanisés répététés sont indiqués.

Lorsque la lenteur du travail est duc à un rhumiilisme utérin, la version elles forceps sont autorisés.

Après l'accouchement, les onctions laudanisées sur le ventre, les bains, dix sangsues à la vulve, le purgatif avec 1 gramme d'ipéca, sont un traitement calqué sur celui de la métrite et qui est institué avec raison parce que souvent le rhumatisme utérin est le premier terme d'une métrite.

rtcrus (RuPTuriES DE !>'). La rupture de l'utérus est un accident de la grossesse.

Il y a une déchirure du col qui a peu d'importance et qui s'observe quelquefois chez les primipares,

11 y a une rupture de l'utérus consécutive à des violences exercées sur l'utérus, il y en a une qui est due à une contraction énergique pendant les efforts d'expulsion du fœtus , empêchés par une cause de dystocie. V. Dystocie.

Il y a des ruptures de l'utérus dues à une délivrance mal faite, à des applications de forceps par des mains

inexpérimentées ou à des tentatives pour réduire un prd lapsus de la matrice.

Les ruptures traumatiques de l'utérus se montrent depuis le septième jusqu'au neuvième mois, tandis que le ruptures spontanées ont lieu surtout à la fin d'un travail prolongé.

Le ramollissement de l'utérus par un travail inflamma" toire (Dezeimeris), les dégénérescences de l'utérus, sont les causes prédisposantes, principales des ruptures de l'utérus ; les rétrécissements du bassin en sont les causes occasionnelles ; un traumatisme ou une chute, une pression sur le ventre ou des efforts considérables de l'utérus en sont les causes déterminantes.

La poche des eaux est toujours rompue avant que l'utérus soit déchiré; il y a une exception (Hamilton).

Les ruptures de l'utérus se font dans tous les sens.

Les signes communs à toutes les ruptures de l'utérus sont: une douleur vive, subite, une sensation de déchirure accompagnée souvent d'un sentiment de craquement. Alors, si l'ouverlure de l'utérus n'est point bouchée par le fœtus ou ses annexes, les malades s'engourdissent, pâlissent, tombent en syncope, et meurent dans les vingtquatre heures. Ou bien, si le fœtus oblitère la plaie de l'utérus, un calme trompeur succède à la douleur pour être remplacé par intervalle par des crises de douleurs ; la malade jouit de quelques jours de repos et finit par succomber d'une péritonite suraiguë, lorsque l'utérus a vidé son contenu dans l'abdomen.

Pendant la grossesse, la rupture de l'utérus est annoncée par la cessation des mouvements du fœtus, quelquefois par un écoulement sanguin par la vulve, qui est dû au décollement du placenta. Le doigt sent la matrice remontée, changée déposition; le palper abdominal permet quelquefois de sentir diverses parties de fœtus; le ventre est douloureux au niveau de l'utérus (Roberton) ; si la déchirure est petite, ce dernier signe seul pourra être constaté.

Pendant le travail : la cessation des contractions, l'affaissement de la poche des eaux, l'impossibilité de sentir le fœtus, la rétraction du col utérin, quelquefois la présence d'intestins dans l'utérus, ce qui donne une sonorité tout à fait anormale à l'hypogastre, enfin la possibilité de sentir la crevasse si l'on introduit la main dans l'utérus, conduisent au diagnostic de la rupture de l'utérus à la suite du travail.

La rupture de l'utérus lue par hémorrhagie (V. HÉMOnniiAGiE iNTEiiNii) OU par péritonite suraiguë.

Une anse d'intestin passé dans l'utérus déchiré peut être étranglée (Percy) et causer la mort.

Il y a des guérisons de rupture de l'utérus, soit après une gastrotomie ou une opération césarienne, soit après que le fœtus mort a été enkysté, détruit par suppuration, et éliminé par une des cavités voisines de l'utérus, telles que le vagin, la vessie, le rectum, l'intestin et même l'estomac (Peu, J. Hamilton, Clarck, Douglas, Labast, Roos, Hendi'ie, Davis, Osiander, Velpeau, Duparque).

Thi-rapcutique. — Pendant les premiers mois de la grossesse, on doit abandonner la lésion aux ressources de la nature. Les potions antispasmodiques, la compression de l'aorte et la glace sur le ventre , s'il y a des signes d'hrmorrhagie, dix à vingt sangsues à l'hypogastre pour prévenir l'inflammation, telles sont les prescriptions auxquelles on aura recours,

— Pendant les derniers mois de la grossesse, si l'en-

ITÉH

VACC

fanl est vivunl, ou l'eraropération césaiieiiiio loi s(iiie Teiifant sera passé dans le ventre.

a. Si le fœtus est encore dans l'utérus, on dilatera le col avec des pinces dilatatrices, ou l'on débridera le col et l'on extraira l'enfant avec la main ou le forceps.

b. Si le fœtus est mort et est dans l'abdomen, on doit l'extraire par l'opération césarienne ou mieux la gastrotomie simple à l'aide d'une incision sur la ligne médiane comme pour l'ovariotomie ; la délivrance sera faite suivant les règles babituelles. V. Césauienne [Opération) .

— Pendant le travail : Si Ccnfant est vivant et resté en pbivc, on applique le forceps tandis qu'un aide, pressant sur laparoi abdominale, maintientrenfant en place dans l'utérus; si le bassin est rétréci, l'opération césarienne est indiquée. — Si l'enfant est en partie hors de Vutérus, il est encore indiqué de l'extraire par le vagin, la main introduite dans l'utérus va cherclier les pieds du fœtus. Si une partie de celui-ci est étranglée par la plaie de l'utérus, on essayera de dilater cette plaie avec les doigts, et l'on tirera dans Vintervalle des contractions, ■ — • Si Cenfant est entièrement dans Je ventre, on introduira la main dans l'utérus, on se rendra compte de la déchirure ; si l'on sent les pieds du fœtus à travers l'ouverture et si celle-ci est large, on attirera le fœtus et l'on cherchera à l'amener dans la cavité utérine; le placenta et les caillots passés dans la cavité abdominale seront extraits de la même façon. Si la déchirure de l'utérus était très rétrécie, et si- l'on ne pouva't saisir le fœtus, l'opération césarienne serait indiquée. S'il y a un rétrécissement du bassin et si le fœtus mort ne peut passer, on fera la céphalotripsie et l'embryotomie ; mais si le fœtus est vivant il vaut mieux recourir d'emblée à l'opération césarienne.

IJtériis (Tubercules de l'). (Lisfranc, Pégoi.) Il se développe dans l'utérus des tubercules qui siègent : dans l'épaisseur de la muqueuse, sous le péritoine, et rarement d'emblée dans la couche musculaire de cet organe. V. Tubercules.

Il est rare que les tubo cules de l'utérus existent dans l'utérus sans qu'il y en ait dans les trompes ou dans les ovaires, et sans qu'il y en ait en même temps, soit dans les poumons, soit dans le péritoine.

Lorsque chez une malade qui présente les signes de tuberculisation pulmonaire, il y a conservation des règles et des pertes avec un écoulement blanc, il est possible qu'il y ait des tubercules de l'utérus. Si le toucher indique qu'il y a un engorgement de l'utérus, si avec le spéculum on reconnaît un écoulement de pus mêlé à des grumeaux blanchâtres (Pégot, École anglaise), s'il y a une ascite, ou une péritonite circonscrite limitée au petit bassin, le diagnostic a quelque certitude de plus. Mais on ne peut être absolument sûr que s'il y a en même temps des tubercules pulçionaires.

Les tubercules de l'utérus, comme le cancer du corps de cet organe, peuvent être cause de suppuration ou de destruction de l'utérus ; seulement lorsqu'il, s'agit d'un cancer, les produits rejetés par l'utérus ont toujours une mauvaise odeur, et c'est là un signe diagnostic différentiel.

Les corps fibreux de l'utérus compliqués d'ascite, et ne s'accompagnant pas d'hémorrhagies, ne peuvent pas être confondus avec les tubercules de cet organe, car on sent une tumeur dure développée sur l'utérus qui manque quand il s'agit de tubercules.

Thérapeutique. — Il n'y a pas de traitement local

contre les tubercules de l'utérus, les cataplasmes laudanisés sur le ventre; les injections vaginales d'eau de morelle, sont des moyens palhalifs. Si une ascite complique la tuberculisation utérine, on fera la paracentèse de l'abdomen.

Le traitement général delà tuberculisation sera appliqué, V. Phthisie et Tuberculose.

sjtéiiis (Ulcération nu col de l'). V. Métrite du

Page 1