ENCÉPHALITE
8° Les inflammations du tissu cellulaire , des voies urinatres , des organes de la génération, des articulations, etc. — La gastro-entérite aiguë peut encore développer sympatliiquement d'autres phlegmasies. Le phlegmon et plus souvent le furoncle, l'endurcissement du tissu cellulaire chez les nouveau -nés, surviennent quelquefois vers la fin d'une gastro - entérite aiguë. M. Rochoux assure avoir reconnu que la complication de la néphrite avec la gastrite était fréquente dans la fièvre jaune. On sait depuis long-temps que les canthai ides , prises à Tintérieiir à forte dose, enflamment à la fois l'estomac et la vessie. Cette dernière complication a même souvent lieu dans la suette miliaire, comme Pujol, Bellot , etc., l'avaient remarqué avant que j'en eusse fait l'observation. La métrite chez les nouvelles accouchées et chez les femmes enceintes qui essaient de provoquer l'avortement par des remèdes incendiaires, l'ophthalmie et le coryza chez les nouveau-nés, compliquent aussi quelquefois l'inflammation de l'estomac et de l'intestin. Enfin, lorsque des vicissitudes atmosphériques ou quelque autre cause disposent les articulations à l'inflammation, la gastroentérile aiguë peut être accompagnée du développement d'une phlegraasie articulaire, et en particulier de celui de la goutte. M. Scudamore a eu raison d'insister sur la fréquence de cette complication; mais M. Broussais s'est trompé, lorsque, donnant aux opinions de cet auteur une extension trop illimitée , il a supposé que la goutte n'était jamais primitive.
Les contractions du coeur sont toujours plus ou moins accé lérées dans la gastro-entérite aiguë ; le pouls est quelquefois plein, dur, et souvent aussi large que dans la péripneumonie; il devient plus petit , enfoncé , irrégulier , convulsif , etc. , »u. fur et à mesure que la gastro- entérite acquiert plus d'intensité, ou lorsqu'elle se complique d'une affection cérébrale. Lé caractère de ce symptôme secondaire est si variable, que je ne connais rien de moins bien déterminé que le pouls de la
gaslroenlirite de quelques modernes, si ce n'est le pouh abdominal de Bordeu.
Maintenant que les rapports et \^?, combinaisons possibles de la gastro - entérite aiguë avec les autres plilegmasies sont indiqués, est- il difficile de concevoir que la marche, la durée, la gravité d'une individualité morbide qui a débuté par une inflammation de l'estomac et de l'intestin, est non- seulement subordonnée au caractère particulier des altérations qui constituent cette dernière, mais encore au nombre et a la gravité relative des phlegrnasies qui peuvent la compliquer? et, si ces inflammations secondaires peuvent apparaître à des époques indéterminées, avoir uns durée passagère ou persister jusqu'à l'issue funeste de la malad>e, se succéder ou exister en nombre variable, être elles-mêmes plus ou moins intenses, ou accompagnées d'hémorrhagies, etc. , ne sera-t-on pas obligé de convenir que l'analyse physiologique, éclairée par l'observation clinique, peut seule conduire à une juste interprétation du tableau mobile des expressions physiologiques variées qui doivent naître dans des conditions aussi différentes ?
Le pronostic , dans la gastro-entérite aiguë , reposant entièrement sur la connaissance exacte des altérations phlegraasiques primitives et secondaires, est souvent incertain. Suivant Ja nature des causes qui ont produit ou qui entretiennent l'inflammation, la résolution peut avoir lieu dès le premier, le deuxième ou le troisième jour, ou ne s'opérer qu'après deux ou trois septénaires. Elle est annoncée par la diminution des désordres fonctionnels de l'estomac et de l'intestin; par la diminution de la fréquence du pouls , ou son retour a l'étal naturel, lorsqu'il était petit et déprimé; par la diminution de la soif, de la chaleur, et surtout de l'àcreté de la peau, de la tension , de la chaleur et de la douleur stomacales et intestinales ; par la diminution de la rougeur et de la sécheresse des bords de la langue, dont la surface blanchit ou se dépouille de son épiderme ; par la cessation des vomissemens , sans augmentation des autres symptômes ; par le rétablissement du cours naturel de l'urine et des matières fécales . à quoi il faut ajouter la disparition successive des phénomènes morbides produits par les lésions sympathiques. Les terminaisons par exsudation membraneuse , crémeuse , tnenibraniforinc , etc. , ne peuvent être reconnues qu'autant que de sem-
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blables altérations pWegmasiques ont lieu dans la bouclie et le pharynx, ou que les matières de ces sécrétions morbides sont expulsées au dehors par le vomissement ou les garderobes. Une douleur fixe vers la fosse iliaque droite , avec diarrhée, a lieu le plus ordinairement lors du développement des pustules intestinales , chez l'adulte. La prolongalion des accidens généraux, mais à un faible degré, au delà du troisième seplennaire, la rémission de la douleur et de la chaleur stomacales et intestinales, avec continuation de l'anxiété, des rapports, de la soif, d'un sentiment de pesanteur à l'épigastre, de la diarrhée, etc., sous l'influence des moyens antiphlogistiques, peuvent faire soupçonner que la gastro-entérite est accompagnée d'une ou plusieurs ulcérations, ou qu'elle s'est terminée par ramollissement. La dispwition rapide de la douleur, chez un/ malade dont le cerveau n'est ])olnt affecté, coïncidant avec quelques autres circonstances, telles qu'un gi'and dégagement- de gaz dans le canal intestinal, de> évacuations très - fétides , un abaissement de la température du corps et de l'abdomen, un pouls petit, filiforme et très- fréquent, doit faire craindre la terminaison de l'inflammation par gangrène. Une douleur subite et déchirante, dans un point très -circonscrit de l'épigastre ou de la région ombilicale , la décomposition rapide des traits de la face, bientôt suivie de nausées et de vomissemens, accompagnée d'une sensibilité extrême à la piession , d'une grande prostration de forces, d'un pouls petit, faible et accéléré, et plus tard le dévelo])pement d'une péritonite ou d'une pleurésie morlelles, suivant le siège de l'épanchement, sont les signes principaux d'une perforation de l'estomac ou de l'intestin grêle. Un dernier mode de terminaison ( les altérations du quatrième degré), offre d'autres caractères qui seront exposés dans le paragraphe suivant. ïe n'ajouterai plus qu'une dernière remarque relativement à la gaslro- entérite aiguë, c'est que, si le pronostic est plus ou moins grave, suivant l'étendue , l'intensité et les terminaisons probables de l'inflammation de l'estomac et de l'intestin , il est également subordonné au nombre et à l'intensité des plilegmasies de . autres organes sympathiquement affectés ; car une lésion consécutive des poumons, et surtout du cerveau, entraîne souvent la mort, sans qu'on trouve, à l'ouverture des cadavres, une altération profonde des oi'gancs diges'tifs.
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§ III. Gastro-entérite chronique. — Les caractères physiologiques des altérations qui constituent la gastro- entérite chronique doivent êtx-e également puisés dans les phénomènes de l'inflammation et dans les désordres fonctionnels de l'estomac et de l'intestin.
La douleur stomacale se fait sentir à la base de la poitrine et à l'épigastre; plus intense à droite ou à gauche, souvent assez élevée pour que les malades la rapportent à la cavité thorachique ; quelquefois continue, plus ordinairement irrégulière ou intermittente , elle augmente après le repas , surtout lorqu'il a été copieux, ou après l'ingestion de substances irritantes. Cette douleur peut être circonscrite, pongitive, accompagnée d'un sentiment de constriction , d'une sensation analogue à celle que pourrait causer une barre horizontale qui s'opposerait au passage des alimens et même des boissons. Chez le plus grand nombre des malades, elle est sourde ou passagère, et ne se fait sentir que pendant les secousses de la marche, de la danse, de l'équitation, etc. Plus souvent encore la douleur intestinale est toutà-fait nulle , alors même qu'un grand nombre d'épaississemens partiels, de tubercules ou d'ulcérations, couvrent la surface interne de l'intestin.
La chaleur morbide ne s'observe ordinairement qu'au moment des digestions , ou à la suite de l'ingestion de substances toniques ou stimulantes, ou pendant la durée de quelques paroxysmes.
Lors même que la douleur ne se fait pas sentir, ou qu'il n'existe qu'une gêne plus ou moins incommode, Vappétition est ordinairement modifiée. Les malades atteints de gastro - entérite chronique ne manquent pas toujours d'appétit; il en est même qui éprouvent une faim ins.^\\ah\e [gastrite boulimique, M. Broussais), mais ils ne digèrent jamais, sans difficulté et sans douleur, ou du moins sans pesanteur à l'épigastre, une grande quantité d'alimens, quoique leur présence dans l'estomac calme quelquefois momentanément l'état de malaise qu'ils éprouvent. Chez le plus grand nombre, au contraire, l'appétit est diminué; et à moins que des idées erronées sur la nécessité de prendre en abondance des alimens ne fassent illusion aux malades, un dégoût pour toute espèce de nourriture ne tarde pas à se manifester. Chez quelques - uns, l'appétit est inégal ; d'un jour à l'autre, ou même du matin au soir, ils éprouvent des alternatives d'une faim très - difficile à satisfaire ou d'une inappétence complète, et sont rassasiés lors-
qu'ils ont à peine goûté des alimens qu'ils avaient désirés en grande abondance. Si l'on en excepte le moment des digestions , la soif est rarement augmentée. La chymification est lente, laborieuse, accompagnée de malaise, d'agitation, de pesanteur, de frissons qui alternent avec de la chaleur, d'un mouvement fébrile qui persiste quelquefois pendant plusieurs heures , d'une petite toux sèche, ou bien encore troublée par des nausées, des flatuosités, des rapports, des vomissemens suivis d'un soulagement momentané, et d'un sentiment de chatouillement à l'épigastre. Quelques malades se plaignent d'un goût aigre ous^lé qui augmente même après l'ingestion de substances sucrées. L'haleine est fétide. Il survient des éructations sans odeur, plus souvent nidoreuses, acides et même acres. Un mouvement de rumination fait revenir à la bouche une eau claire, douceâtre, aigre , ou bien des portions d'alimens à demi digérés. Lorsque la maladie est à un plus haut degré d'intensité , les alimens sont vomis quelques heures après le repas, ou immédiatement après leur ingestion. Des vomissemens peuvent même avoir lieu tous les jours, ou à des époques plus ou moins éloignées, lorsque l'estomac ne contient pas d'alimens ou de boissons. Un mucus insipide, une matière analogue au blanc d'œuf [catarrhe stomacal des auteurs), ou des humeurs bilieuses, glaireuses, acides ou noirâtres, semblables à de la suie délayée dans de l'eau [squirjiie , cancer de l'estomac ), du sang en plus ou moins grande quantité {ulcères de V estomac'), sont alors ordinairement rejetés, le matin, à jeun, ou plusieurs heures après le repas. Une constipation sou'vent opiniâtre, des coliques, et très- rarement une diarrhée toujours fétide, glaireuse ou sanguinolente, accompagnée du dégagement d'une quantité plus ou moins considérable de gaz dans la cavité de l'intestin grêle, sont les principaux symptômes de l'inflammation chronique de cette portion des organes digestifs.
Ces désordres fonctionnels de l'estomac et de l'intestin se reproduisent chez quchîues malades après chaque repas, avec une intensité proportionnée à la quantité et à la qualité des alimens; disparaisssent lorsque la digestion stomacale est achevée ; s'exaspèrent pl'us ou moins, suivant que les règles de la diète sont observées ou négligées ; offrent souvent des intermissions de plusieurs semaines, de plusieurs mois; apparaissent ou persistent en nombre inégal ; de sorte qu'on n'observe quelquefois qu'un ou deux de ces symptômes , et que sur un grand nombre de malades, l'un se plaint d'une digestion longue et pénible^ d'une
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faiblesxe d'estomac; l'autre, de rapports habituels après le repas; un troisième, de glaires , àa pituites ; un quatrième, de -vomissernens périodiques, etc.
Si quelque malades atteints de gastro-entérite chronique, tels que ceux qui abusent des liqueurs alcoholiques, conservent leur' embonpoint, le plus souvent la nutrition , complément des fonctions dige-jtives, est altérée. Le tissu cellulaire s'affaisse, et l'amaigrissement fait de rapides progrès, surtout chez les enfans. La peau devient brune ou d'un jaune paie; les traits altérés, sillonnés par des rides précoces, impriment à la physionomie des adultes une expression de langueur et de tristesse; à celle des enfans et des nouveau-nés, un aspect particulier que l'on désigne ordinairement sous Je nom àeface de petit vieillard. Chez l'adulte et à un âge plus avancé, la circonférence de l'abdomen est dominée par les parties osseuses et cartilagineuses qui en forment les limites ; le ventre est concave et rentré en lui-même de manière que sa paroi antérieure, avoisinant de très-près la colonne vertébrale, laisse apercevoir les battemensde l'aorte, et permet quelquefois de reconnaître par le toucher les altérations profondes de texture de ces viscères, dont les membranes offrent une résistance insolite, ou dessinent sous la peau et les muscles des tumeurs plus ou moins considérables. Chez les enfans, au contraire, l'existence simultanée du carreau ou d'une cœco-colite rend le plus souvent l'abdomen saillant et volumineux, f^ojez CkSCEw, carreau.
Les lésions et les phénomènes sympathiques sont ordinairement moins saillans que dans la gastro-entérite aiguë. La portion susdiaphragmatique du canal alimentaire participé plus rarement àrinflaramalion, à laquelle elle peut long-temps rester étrangère. La iliembrane muqueuse de la bouche , et en particulier sa portion linguale, conserve al<5rs sa teinte naturelle. Cependant la langue est le plus souvent rouge sur ses bords ou à sa pointe , et cou- ■verte d'un enduit blanchâtre, épais , qui se détache par pellicules membraniforraes. Les gencives sont quelquefois injectées , gorgées de sang, et les dents vacillantes dans leurs alvéoles. Un crachotement continuel avec expullion de la gorge d'une matière écumeuse, surtout an moment du réveil; des aplithes et quelques autres svmptômes de l'inflammation de la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx , accompagnent aussi assez fréquemment celle de l'estomac et de l'intestin. Le cœcum et le colon sont quelquefois eux-mêmes affectés. Les altérations phlegmasiques du rectum, indiquées par les auteurs sous le nom vague à'hémor-
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rhoïdes internes, ne sont sotivrnt qu'un des effets sympathiques d'une gastro - entérite chronique. Les inflammations lentes des annexes des organes digestifs, diversement dénommées par les anciens pathologistes, telles que les e?if^orgemens hcpatiques , les obstructions de la rate et du pancréas, les engorgcinens , les indurations et les tumeurs stéalomateuses des ganglions du mésentère, le carreau, les tubercules pcritonéaux, etc., compliquent aussi fréquemment la gastro - entérite chronique. Cette phlegmasie peut encore étendre son influence, dans une inégale proportion . à d'autres parties du corps. Ainsi le catarrhe pulmonaire et la phthisie sont une des complications les plus ordinaires de la gastro -entérite chronique. Et sans être aussi exclusif qu'un de nos pathologistes les plus distingués, sur le rôle tout -puissant de l'estomac dans la production des autres maladies, il est permis de penser que l'hypocondrie, la folie, les fièvres intei'mittentes, les névralgies, les dartres, la goutte, etc., sont quelquefois consécutives à l'inflammation chronique de l'estomac et de l'intestin , ])uis(;'ie les désordres fonctionnels de ces viscères se trouvent fréquemment indiqués dans les observations particulières, comme les prodromes, les signes précurseurs ou les symptômes accessoires de ces diverses affections.
Calculez les combinaisons possibles des altérations de l'estomac et de l'intestin que nous avons décrites (quatrième degré), avec ces maladies secondaires; tenez compte des nuances que chacune d'elles peut offrir; méditez les observations publiées par nos meilleurs auteurs; observez vous-mêmes, et ouvrez un gr-md nombre de cadavres ; et dites alors si les tableaux symjjtomatiques des nosologistes laissent entrevoir ces différences , souvent très-remarquables, que présentent entre elles les expressions physiologiques des gastro- entérites, qui se développent dans des conditions aussi variées; et s'il est au pouvoir des pathologistes de les faire exactement connaître autrement qu'à l'aide de faits particuliers?
Les altérations observées dans la gastro -entérite chronique sont toujours graves, quoiqu'elles ne soient pas également funestes. Celles que caractérisent les teintes brunes, grises, ou la pâleur morbide de la membrane muqueuse , les é])aississeniens partiels, les ulcères et les ramoUissemens superficiels , me paraissent seuls susceptibles d'une guérison radicale, dont la possibilité n'a pas encore été rigoureusement constatée pour plu-
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sieurs d'entre elles. Elle est annoncée, lorsqu'elle a lieu, par le rétablissement lent mais complet des digestions , par le retour de l'appétit, de l'embonpoint, etc. Les végétations gastriques ou intestinales lorsqu'elles ne sont pas volumineuses ou multiples , situées ou engagées dans les oi'ifices cardiaque ou pylorique; les épaississemens partiels , lorsqu'ils sont épars et circonscrits; les tnélanoses ,\cs tubercules, lorsqu'ils sont peu nombreux; V œdème du tissu cellulaire sous-muqueux , peuvent quelquefois exister sans nuire d'une manière appréciable à l'accomplissement des fonctions digestives et de la nutrition, s'ils ne sont pas accompagnés d'autres lésions phlegmasiques. Le marasme, l'adhérence de la peau aux parties sous-jacentes , le teint pâle et terreux, le rejet de tous les ingesta, et même des boissons froides et mucilagineuses; la fréquence, l'opiniâtreté des vomisseraens, l'expulsion de matières noires ou d'un sang pur, annoncent presque toujours le développement des tissus squirrheux et de la matière cérébriforme. ( Voyez cancer ). Plusieurs exemples de morts presque subites survenues chez des individus qui ne se plaignaient que d'une dyspepsie habituelle , publiés par Geoffroy, MM. Gérard, Rullier, Abercrombie , etc., établissent qu'une perforation de l'intestin ou de l'estomac peut être la suite d'un ulcère, d'un squirrhe ou de toute autre altération chronique. Enfin on a vu, dans quelques cas rares, la grande courbure de l'estomac contracter des adhérences avec la portion transverse du colon, une communication s'établir entre la cavité de ces deux portions du canal intestinal, et des vomissemens de matières fécales annoncer pendant la vie cette disposition morbide ; ou bien encore l'estomac et l'intestin adhérer aux parois de l'abdomen, déterminer le développement d'un abcès auquel succède ordinairement une fistule, le plus souvent incurable.
Suivant la nature des causes qui l'ont produite ou qui l'entretiennent, la durée de la gastro- entérite chronique peut être de plusieurs mois, et de quelques années même, chez les vieillards. L'époque d'une terminaison funeste est souvent hâtée par la coexistence d'un catarrhe pulmonaire , d'une hépatite chronique, etc. , ou plus fréquemment encore par le développement d'une gastro-entérite aiguë, d'autant plus grave alors que la membrane muqueuse se désorganise avec plus de rapidité.
§ IV. Gastro - entérite intermittente. — 11 sera démontré.
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dans un autre article qu'on a décrit sous le nom dm fièvres intermittentes, des pldegmasies , des névralgies, et même des hémorrhagies de ce type, simples ou compliquées ; et que , sous celui de fièvre intermittente ordinaire ou bénigne , on a présenté les principaux symptômes (//-mo/z , chaleur et sueur) d'une affection du système nerveux encore peu connue , quelquefois précédée', et plus souvent suivie d'une inflammation des organes digestifs, mais qui peut en être indépendante. Il s'agit de déterminer ici , non pas si la gastro-entérite peut exister chez des individus qui présentent des phénomènes morbides intermittens, et en particulier des rtccèi' caractérisés par le frisson , la chaleur et la sueur ; mais bien si les désordres fonctionnels de l'estomac et de Vintestin observés dans l'inflammation aiguë et continue de ces viscères, se développent et se succèdent quelquefois sous la forme d'accès réguliers 5 car on ne peut constater l'intermittence de la gastro- entérite ellemême, ainsi qu'on le fait pour l'oplilhalraie , le coryza, l'éry thème , l'urticaire , etc. Or, des observations recueillies par Morton , Torti , Lautter, etc., tendent à établir qu'une vive douleur à l'épigastre, qu'un sentiment de morsure, de déchirure insupportable dans cette région, accompagné d'une soif ardente, de sécheresse de la langue, de nausées, de vomissemens, de douleurs intestinales, d'évacuations très-abondantes, soit de matières semblables à de la lavure de chair, soit de sang noirâtre liquide ou coagulé, etc., peuvent se manifester chez quelques individus sous la forme d'accès quotidiens , tierces, etc. Il importe peu sans doute que ces auteurs aient cru devoir appeler cette réunion de symptômes fièvre cardiaque ou atrabilaire. Une dénomination nosologique ne peut faire oublier les rapports bien connus de ces phénomènes avec les altérations phlegmasiques de l'estomac et de l'intestin , ni conduire un esprit exact à voir une maladie générale dans lés désordres fonctionnels d'un appareil : et, jusqu'à ce qu'on ait prouvé, par des recherches anatomiques , ce que Torti, Morton, etc., n'ont fait, ni même songé à faire , que les symptômes qu'ils appellent fièvre cardiaque et atrabilaire peuvent être indépendans d'une gastro - entérite intermittente , ils doivent en être considérés comme l'expression physiologique. Cette proposition suppose toutefois que ie groupe symptomatique admis par ces auteurs repose sur des observation 1 particulières dans
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]ei.qne\\esVifitermiile/n'c dei désordres fonctionnels des organes digestifs, et leur retour par accès périodiques, ont été bien constatés; ce qui n'est pas rigoureusement vrai : car je crois avoir acquis la certitude que la plupart des faits individuels consignés dans leurs ouvrages laissent beaucoup à désirer à cet égard. Il serait encore plus inexact de regarder, avec quelques médecins physiologistes, comme des gastro-entérites intermittentes quelques exemples de fièvre quotidienne, tierce , double-tierce, etc., dans lesquelles la douleur épigastriqiie, la rougeur de ia langue, la soif, etc., ont persisté pendant l'apyrexie. La lésion et les phénomènes qu'on a désignés collectivement sous le nom d'accès de fièvre, peuvent être provoqués ou entretenus, dans ce cas, par une gastro-entérite, comme ils le sont quelquefois par la présence d'une sonde dans le canal de l'urètre rétréci; mais l'affection sympathique qui constitue l'accès, distincte de celle qui la suscite, est souvent primitive, et n'a pas son siège dans l'estomac. Enfin , si l'existence possible de la gastro- entérite intermittente ne peut être mise en dotJte ; si les travaux de IMorton, Lautter, Torli, etc., sur les fièvres cardiaque et atrabilaire , tendent à l'établir, il me parait difficile de contester que la science réclame sur ce point de pathologie, encore très -obscur, de nouvelles observations cliniques, éclairées par des recherches anatomiques.
§ Y. Gastro-entérite épidérnique. — Au fur et à mesure que les moyens d'investigation s'élendent et se perfectionnent dans les sciences, les observations et les expériences acquièrent une exactitude et une précision qu'on chercherait vainement dans les travaux antérieurs. Aussi ai -je peine à comprendre limportance qu'on affecte d'attacher encore aujourd'hui aux relations épidémiques publiées par Hippocrate, Baillou, Sydenh.am, Finck,Roederer et'Waglerjetc. Témoins dés désordres fonctionnels dont le mobile leur était le plus souvent inconnu, étrangers aux recherches anatomico-pathologiques, ou se livrant à de fausses interprétations sur leurs résustats, embrassant dans un même cadre, sous le nom de constitution épidérnique, toutes les maladies qu'ils observaient dans l'espace de quelques mois ou de ])lusieurs années, cherchant un air de famille, ou supposant une filiation généalogique entre les affections les plus disparates, ces auteurs ont la plupart créé des tableaux symptoraatiques où figurent à la fois des phénomènes morbides propres aux
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phlegmasies cérébraîes , thorachiques et abdominales. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver, dans leurs ouvrages, même sous une autre dénomination, une description exacte de la gastroentérite épidémique. Cependant les épidémies de Rome ( lôgS, Lancisi); de Luxembourg ( i759,Lautter) ; de Gœttingen (1760 à i76i,Rœderer etWagIer);deNaples(i764, Sarcone); deLeyde ( 1770, deLeBoë); du Gros-Tlieil (1769 à 1770, Lépecq-de La- Clôture); de Mantes (1802, Navières) , etc., me paraissent devoir être rattachées à la gastro-entérite, plutôt qu'à toute autre maladie. Les auteurs de ces relations ont rapporté, il est vrai, des exemples de péripneumonie, de péritonite, de dysenterie, etc. , comme àç.?, formes , des modifications , des transformations , de ces maladies générales. Mais il est constant que, sur un certain nombre d'histoires particulières, prises au hasard dans leurs ouvrages , celui des cas de gastro-entérite est prédominant; que, dans leurs tableaux symptomatiques, ils ont toujours placé, en première ligne, les désordres fonctionnels de l'estomac et de l'intestin. Je suis toutefois loin de contester qu'on ne puisse élever des doutes sur le caractère de ces épidémies si imparfaitement décrites. J'avouerai même, contre l'opinion de quelques médecins physiologistes, qu'il me semble également assez difficile de déterminer d'une manière rigoureuse si, dans toutes les épidémies par empoisonnement miasmatique, décrites sous les noms de typhus, fièvre jaune, peste , etc. , hi gastro-entérile a toujours été la lésion primitive et principale. Dans un autre article ( typhus ) , nous examinerons si elle n'a pas, au contraire, été quelquefois consécutive à une autre phlegmasie, à celle du cerveau, par exemple, ou si son développement n'a pas été accompagné de celui de quelques autres inflammations plus ou moins graves. De même encore ce ne sera qu'après de nouvelles observations sur les épidémies qu'on pourra affirmer ai une forte chaleur réunie à l'humidité , ou une température froide et humide , donnent plus fréquemment lieu au développement de la gastro - entérite épidémique qu'à celui des autres maladies, et si cette phlegmasie est endémique dans tous les lieux où régnent habituellement l'une ou l'autre de ces constitutions atmosphériques. La science attend de la génération qui s'élève, et pour laquelle elle a multiplié les moyens d'investigation, des observations cliniques plus exactes, des recherches anatomiques plus précises , x. II
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des tableaux syuiptomatiques plus vrais, des considérations météorologiques moins vagues et moins hypothétiques. Et peutêtre qu'à l'aide de cette nouvelle expérience , on pourra découvrir quelques - unes des conditions qui font que , dans certaines épidémies , l'inflammation de l'intestin et de l'estomac s'annonce par une succession rapide de vomissemens et d'évacuations alvines très -abondantes ( épid. de choiera- morbus ) , ou par des vomissemens de sang pur ou altéré ( épid. vornito negro. Esp. ) ; que , dans quelques autres , cette inflammation se propage ordinairement à toute l'étendue de la membrane muqueuse des voies digestives, affecte spécialement la forme vésiculeuse ( aphthes épid. — maladie muqueuse), ou la terminaison par fausse membrane ( épid. de Naples, fièvre glutineuse ) ; qui font que la gastro - entérite est quelquefois précédée par une angine pharyngienne ( épid. àe gastro- entérite au village de Tacoigniers, 1823, M. Fourcault), ou suivie d'une phlegmasie cutanée vésiculeuse ( épid. de miliaire ) , ou huileuse ( épid. de pemphigus ] ; qu'elle s'associe , dans des cas plus graves, à une affection cérébrale ( épid. de gastro-entérite à Limoges, 1819, M. Cruveilhier ); à l'hépatite, à des hémorrhagies sous-cutanées ou des membranes muqueuses ( épid. de Jièi're jaune ), etc.; qui font enfin qu'elle affecte, lors de sa reproduction sur un même théâtre , sur une même population, et dans des circonstances en apparence analogues , une instabilité non moins inconcevable dans sa forme et ses complications.
§ VI. Traitement. — On préviendra le développement des inflammations gastro- intestinales, chez les nouveau -nés, par le choix d'une bonne nourrice , par un allaitement artificiel bien dirigé, en ne hâtant point l'époque du sevrage, et en prémunissant les mères contre les funestes effets des purgatifs , des vomitifs et des vermifuges. Cette maladie deviendra plus rare , chez les vieillards, lorsqu'ils renonceront aux élixirs de longue vie, aux teintures et aux pilules stomachiques, et aux purgatifs de précaution : elle sera peut-être moins commune, dans toutes les classes de la société, lorsque les médecins, plus réservés dans l'emploi des médicamens énergiques, compteront un peu moins sur la tolérance de l'estomac.
Dans le traitement de la gastro -entérite, il faut avoir égard à la fois, à la nature des causes qui l'ont produite ou l'entretien-
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nent, au degré et à l'étendue des altérations qui la constituent, au nombre et à l'intensité des lésions qui la compliquent. La première indication est quelquefois , en effet, d'extraire, d'expulser par le vomissement ou les garde- robes, ou de neutraliser les corps étrangers solides ou liquides, introduits dans les organes digestifs (voyez corps étrangers, indigestion, empoisonnement); de rappeler une inflammation primitive, dont la disparition subite a été suivie du développement de la gastro- entérite ( goutte inétnstatlquc , etc. ) ; de la combattre , au contraire, lorsque l'inflammation de l'estomac et de l'intestin n'exif-te que sous son influence ( gastro -entérite symptomatique des brûlures , àes larges plaies , àes phlegrnasies articulaires , etc.).
Un grand nombre de moyens ont été proposés pour ramener la sensibillé des organes digestifs enflammés à son type naturel, pour diminuer l'injection sanguine de leurs membranes, et même pour remédier à des altérations plus profondes de ces viscères. Les saignées , les délayans , les bains ou les laveraens mucilagineux, les applications froides, ou tièdes et émollientes, et le régime sont , de tous ces moyens, ceux dont l'utilité est le plus généralement admise, dans le traitement de la gastro -entérite aiguë.
La saignée est rarement employée en France, au début d'une gastro-entérite, à moins que l'inflami lation ne soit très-intense , ou associée à quelque phlegmasie du poumon ou du cerveau , ou survenue à la suite d'un empoisonnement par les acides concentrés, les sels corrosifs, etc. Dans les pays chauds, la saignée générale, répétée quatre à cinq fois, dès le début d'une gastroentérite, est cependant, suivant Pouppée - Desportes , M. Rochoux , etc. , le remède sur lequel on doit le plus compter. Pour mon propre compte, je suis convaincu qu'on observerait plus rarement, en Europe, les phlegmasies sympathiques qui compliquent et aggravent les inflammations gastro- intestinales, , et que les cas de gastro - entérite chronique seraient moins nombreux, si la saignée générale était plus fréquemment employée. L'utilité des saignées locales est tellement reconnue aujourd'hui que l'application des sangsues est un remède presque populaire. Suivant le siège spécial et l'étendue de l'inflammmation ,1,2, 3 sangsues chez les nouveau-nés; 4? 6, 8, 10 chez les enfans; 10, 20, 3o, 40 ou 5o chez les adultes, et un plus petit nor-bre chez les vieillards, appliquées sur l'épigastre, l'ombilic ou la fosse iliaque droite, suffisent ordinairement pour .-".rrëter les
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])rogrès de la gastro-entérite, à son invasion. L'expérience peut seule apprendre jusqu'à quel point on peut étendre ou répéter l'application des sangsues, ou entretenir l'écoulement des piqûres par des cataplasmes , des fomentations émollientes : mais , en général , il ne faut pas laisser ignorer aux malades que, lorsqu'on a appliqué, dès le début de l'inflammation, un nombre de sangsues proportionné à son intensité, les guérisons sont plus promptes et plus certaines, lors même que l'évacuation sanguine qu'elles déterminent est momentanément suivie d'une grande faiblesse. Les ventouses scarifiées sur l'épigastre et la région ombilicale, conseillées par plusieurs médecins, peuvent être également d'une grande utilité, malgré la douleur qu'entraîne leur application. Ce serait surfout le cas d'y recourir si les sangsues manquaient, comme cela arrive fréquemment sous les régions équatoriales et sous d'autres latitudes. Mais il importe de remarquer que, lorsque dans le cours d'une gastro -entérite l'inflammation semble renaître sans cesse et que les désordres fonctionels des organes digestifs persistent malgré l'emploi répété des évacuations sanguines, cette résistance du mal indique le plus souvent l'existence d'une altération chronique antérieure à l'état d'acuité, ouïe développement à'épaississemens , d'amiricissemens , de ramollissemens , A' ulcérations , etc., que les saignées locales ou générales ne peuvent guérir.
Il y a souvent un choix à tuire entre les boissons délayantes et antiphlogistiques. L'estomac, très -irrité, supporte difficilement l'eau de poulet , le bouillon de veau , les émulsions , le petit-lait, etc. , et préfère l'eau pure ou gommée , une légère décoction d'orge ou de chiendent, de mie de pain, etc., donnée par petites gorgées et quelquefois par cuillerées à bouche, administrée tiède, ou mieux froide, lorsque la chaleur abdominale est très- considérable. En général il faut choisir les boissons parmi les délayans insipides, les gommeux et les mucilagineux, en proportionner la quantité aux besoins de l'estomac ; lorsqu'elles répugnent aux malades , essayer prudemment de les rendre agréables par l'addition des acides végétaux , ou en les administrant froides ou à la glace ; enfin si l'irritation de l'estomac persiste ou augmente après l'ingestion de ces boissons, s'en abstenir et cl.ercher à apaiser la soif par les bains, les lavemens émoiliens, ou par de petits morceaux de glace que les malades laissent fondre dans la bouche.
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A !a suite des empoisonnemens par les acides, les alcalis, les oxydes et les sels métalliques, etc., les bains tièdes sont un auxiliaire puissant des émissions sanguines. Dans toute autre circonstance, ce moyen semble procurer un soulagement plus marqué chez les enfans que chez les adultes, où il a paru quelquefois exaspérer la gastro - entérite aiguë. Leur nombre doit être proportionné à l'intensité du mal et au soulagement qu'ils procurent. La sensibilité de l'épigastre , aggravée par le poids le plus léger, oblige souvent de renoncer à l'action des cataplasmes émolliens, des fomentations tièdes et mucilagineuses. Mais ces topiques, appliqués sur l'ombilic et l'hypogastre, diminuent toujours les douleurs intestinales ; tandis que, dans les saisons chaudes , les applications froides ou fraîches sur l'épigastre calment plus siirement la douleur et la chaleur de l'estomac. Les lavemens émolliens ou huileux, répétés à des intervalles plus ou moins rapprochés , sont bien préférables aux purgatifs et même aux suppositoires trop fréquemment employés, chez les enfans, pour combattre la constipation. Toutes les fois que des évacuations séreuses très-abondantes ont lieu, et, en particulier, lorsque la cœco-colite complique la gastro - entérite, des quarts de lavement avec addition de quelques gouttes de laudanum, répétés plusieurs fois par jour, arrêtent la diarrhée, et procurent un soulagement très-marqué.
Quels que soient le nombre et l'intensité des phlegmasies qui compliquent l'inflammation de l'estomac et de l'inteslin, le fond de la méthode curative reste le même. L'habileté du médecin consiste à prévenir les affections secondaires en combattant activement l'inflammation primitive. Elles cèdent, à leur début, à une nouvelle application de sangsues à l'abdomen ; mais, si leurs symptômes ont déjà quelque dur»ée, on doit les attaquer directement par les moyens variés que réclame chacune d'elles. Voyez \sG\TiE, dysenterie , péritonite, hépatite, pneumonie , encéphalite , etc.
L'action de ces remèdes doit être secondée par un régime approprié. Le sein ou le biberon seront plus rarement présentés aux enfans à la mamelle. Il est rare qu'ils prennent beaucoup de lait, lorsque l'estomac et l'intestin sont fortement enflammés; et ils rejettent si facilement cette boisson, difficile à remplacer par une meilleure , qu'il y aurait de la dureté à leur faire éprouver le tourment de la faim et de la soif, ainsi qu'on
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l'a proposé dans ces derniers temps. A tout .lulre âge, on suspend les aliraens pendant a, 3, 4, 6, 7,8, 10, i5 et 20 jours, suivant l'intensité de l'inflammation; les malades sont réduits à leurs seules boissons. On donne ensuite, à de longs intervalles, quelques cuillerées de crème de riz ou de pain trèslégères, ou des bouillons coupés; et, lorsque la convalescence est confirmée , on accorde successivement de légères panades , de petites soupes maigres, de riz, de vermicelle, de semoule, avec des herbages bien cuits et passés dans un linge; et plus tard, du pain, des légumes, un peu de poisson, et rarement de la viande. Je n'ajouterai plus qu'une remarque , c'est que, s'il se développe, même momentanément, de la céphalalgie, du malaise , et même de la fréquence dans le pouls, après ces légers repas, il faut, sur-le-champ, retrancher tous les alimens pour un jour, et revenir aux décoctions féculentes, aux bouillons légers, etc. Tel doit être le traitement de la gastro-entérite aiguë, débarras£.é des accessoires nuisibles dont on l'a souvent surchargé. Il me reste à faire connaître quelques autres moyens thérapeutiques qui, pour avoir été les remèdes u;uels de plusieurs médecins célèbres, n'en sont pas moins aujourd'hui repoussés par l'expérience.
Les observations cliniques consignées dans les Recueils de nos auteurs , sous des dénominations variées , ne peuvent faire méconnaître l'existence d'une gastro - entérite aiguë , dont les symptômes et les caractères anatomiques sont fortement exprimés, attestent les funestes effets des émétiques employés pour expulser de t estomac et de V intestin de la bile acre , du mucus altcré^ etc. Sous ce rapport, l'ouvrage de M. Prost serait, sans contredit, un des plus instructifs, s'il n'eût omis de parler du traitement du plus grand nombre des malades dont il donne les autopsies. Vous remarquerez cependant dans une observation ( obs. XV ), qu'après une première dose d'émétique, le malade éprouva une exacerbation ; qu'une seconde détermina une laideur tétanique; et rme troisième des ?,-^m\i\.omes fuligineux , rapidement suivis de la mort; que dans une autre ( obs. XX ), le délire s'accrut, l'agitation devint extrême après une limonade éméto-cathartique ; que dans une troisième enfin ( obs. LKIV ), dès le deuxième jour du traitement, après l'administration d'un émétique , l'agitation devint extrême et la langue sèche et rouge. Si ce moyen est quelquefois salutaire au début des gaslro - en-
téritcs légères, elles guérissent plus sûrement par les émissions sanguines ou l'abstinence : lorsque l'inflammation est plus intense, il aggrave toujours les souffrances des organes digestifs; le soir ou la nuit qui suit l'administration de ce remède, les malades éprouvent plus d'agitation, de chaleur, d'accablement; la langue est plus sèche, le pouls plus vif, etc.; et souvent, dans cette nuit même, l'inflammation se répète dans le cerveau ou ses membranes ( état adynatnique ou ataxique des fièvres bilieuse ou muqueuse ). J'insisterai moins sur les inconvéniens de la décoction de casse ou de tamarin, du petit- lait tartarisé, de l'huile de ricin, du calomel , et des purgatifs en général. Déjà les pathologistes anglais n'emploient ces moyens qu'après des émissions sanguines abondantes , et depuis longtemps, l'école de M. Pinel les avait ajournés à l'époque delà convalescence , dans le traitement Ae?, fièvres. Le quinquina, la canelle , l'arnica , la serpentaire de Virginie , le simarcuba , l'acétate d'ammoniaque , l'eau vineuse , etc. , ont été prodigués pour combattre un symptôme, V apparence aclynamique , compagne ordinaire des gastro-entérites les plus intenses, et surtout celles qui sont compliquées d'une affection cérébrale. L'application de ces moyens prit une noTxvelle extension , lorsque M. Peîit crut devoir traiter les gastro-entérites pustuleuses oufuronculaires(^è('/e<vétéro -mésentérique), dès leur début , par le quinquina sous forme d'extrait ou associé aux spiritueux , par les lavemens de camomille camphrés, les frictions alcoholiques, les vésicatoires, etc. Mais à peine l'étiologie des inflammations gastro-intestinales et des lésions sympathiques qu'elles provoquent a-t-elle été mieux connue, qu'un grand nombre de médecins ont singulièrement restreint l'usage de ces médicamens , que quelques autres ont entièrement abandonnés. Il en est cependant encore aujourd'hui, qui conseillent dans les gastro-encéphalites de recourir à l'emploi des 7;!?>i<:a?oi>ei' appliqués aux membres inférieurs , non plus, comme autrefois, pour reveiller la puissance vitale engourdie , mais pour opérer une révulsion, qu'on obtient rarement, même à la suite des émissions sanguines les plus abondantes. Souvent, au contraire, vingt -quatre heures après l'application des cantharides, la langue devient plus rouge, le délire plus prononcé, et bientôt l'agitation des muscles, les plaintes ou les cris qui interrompent la stupeur, sont remplacés par une langueur plui profonde que celle à laquelle on avait voulu remédier.
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C'est surtout dans la gastro-entérite chronique que le siiccès doit s'attendre du régime. Chez les nouveau-nés , le principal remède est souvent de substituer au biberon le sein d'une bonne nourrice; de la remplacer par une meilleure lorsqu'elle est mauvaise, et de revenir à la diète lactée ou à l'allaitement, lorsque les enfans dépérissent après le sevrage. S'il était possible de réduire les sujets d'un âge plus avancé , et même le» vieillards, à ne se nourrir, pendant quelques semaines, que de lait de chèvre, de vache avec ou sans sucre; de bouilloii de grenouille ou de tortue; d'eau de poulet; de crème de pain, de sagou, de salep , de gruau, de semoule, etc.; de les restreindre enfin dans le cercle étroit des adoucissans , dont le choix serait subordonné au goût , aux caprices et aux idio- Gyncrasies des malades, les guérisons seraient plus nombreuses et moins tardives. Ces effets salutaires de la diète s'annoncent presque tout à coup chez les individus accoutumés à de fréquens écarts de régime, que des habitudes plus sobres, ou une nourriture plus simple ont quelquefois suffi pour rétablir. Des boissons aqueuses, administrées par petites doses, depuis la première heure qui suit l'ingestion des alimens jusqu'au repas suivant ou jusqu'à l'heure du sommeil , secondent parfaitement l'action de ce régime , dont la sévérité doit être successivement diminuée au fur et à mesure que les digestions deviennent moins laborieuses.
Il est au moins incertain que les émissions sanguines puissent contribuer à ramener à leur structure primitive les membranes de l'estomac et de l'intestin, atteintes à'épaississernent, d'amincissement, de ramoiris sèment ^ de végétations ^de tubercules, etc. ; mais il est à peu près démontré que, lorsque ces altérations sont associées à de petites phJegmasies aiguës partielles et circonscrites, les saignées locales arrêtent les progrès de ces dernières. Et, comme cette disposition morbide est très- fréquente, il est presque toujours utile et souvent indispensable de débuter par l'application d'un petit nombre de sangsues ou de ventouses scarifiées sur l'abdomen, et de la renouveler lors des exacerbations ou des rechutes , c'est-à-dire toutes les fois qu'une inflammation aiguë est entée sur une inflammation chronique.
L'expérience seule apprend à mesurer l'intensité du traitement antiphlogistique. Une abstinence complète, des évacuations sanguines trop considérables affaiblissent pour long-temps les
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malades , et rendent quelquefois les rechutes plus faciles. Les fomentations, les lavemens, les cataplasmes émolliens, les bains tièdes et surtout les bains de siège , sont les moyens les plus efficaces pour combattre la constipation, la diarrhée, les douleurs sourdes et les inflammations consécutives du foie , des ganglions mésentériques, etc. Les indications se multiplient, sans changer de caractère, lorsque le catarrhe pulmonaire, la phthisie , le carreau , la métrite chronique, etc., s'associent à la gastro-entérite; mais, dans tous les cas, un léger exercice, la distraction, les voyages, l'habitation à la campagne, sont souvent utiles, et contibuent toujours à dissiper la tristesse ou l'hypocondrie, compagnes trop fréquentes des inflammations chroniques de l'abdomen.
Les altérations de l'estomac et de l'intestin sont si variées , et on a fait jusqu'à ce jour un si petit nombre d'expériences thérapeutiques comparatives dans des conditions bien déterminées, qu'il serait difficile d'indiquer, même d'une manière approximative, la somme des guérisons qu'il est permis d'espérer par ce traitement, dont la durée exige quelquefois des années. Cependant on ne peut contester que , s'il échoue contre des lésions profondes, il compte moins de revers que quelques autres moyens plus actifs, tels que les moxas, les vésicatoires, les sétons, etc. , dont l'application difficile explique l'empressement qu'on a mis tour à tour à les recommander ou à les proscrire. Enfin, si l'on voit aujourd'hui peu de praticiens faire, comme autrefois, la médecine du symptôme; combattre aveuglémeat les cardialgies par les narcotiques ( préparations opiacées , eau de laitue vireuse, de laurier cerise, extrait de ciguë); la dyspepsie et la faiblesse d'estomac par les amers, les toniques et les stimulans ( extraits de rhubarbe, de gentiane, de quinquina , de bile, de quassia, d'absinthe, etc.; poudres d'arnica et de noix mus-, cade , etc. ; élixirs acides de Haller, deMynsicht; eaux minérales deSeltz, de Spa, de Vichy, etc. ); les renvois par les absorbans ( magnésie décarbonatée et corne de cerf calcinée, etc. \\ les rapports et les borborygmes par les infusions de fenouil ou d'anis étoile ; le vomissement par la potion antiémétique de Rivière ; la constipation par le calomel , les sels neutres, l'alocs , etc.; la diarrhée par les astringens ( cachou, acétate de plomb, etc.) ; c'est qu'il est généralement reconnu, depuis les belles recherches de Pujol et de M. Broussais, quo