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renversement du cartilage xiphoïde, on met un coussin sous le dos du malade pour faire saillir l'endroit sur lequel on se propose d'opérer. On fait une incision cruciale d'une étendue suffisante sur l'épigastre; les tégumens. divisés , les angles dégagés et la ligne blanche à découvert , on pratique sur l'un ou l'autre côté de l'appendice xiphoïde une incision pénétrante dans la capacité de l'abdomen, assez grande pour y introduire un crochet plat et mousse qu'on porte au-dessous du cartilage, et avec lequel on ramène cet appendice à sa direction naturelle. La plaie est pansée très-simplement. On doit la connaissance de ce procédé à M. Billard , chirurgien en chef de la marine à Brest.
Après avoir pratiqué la gastrotomie, les soins qu'il convient de donner au malade se bornent, en général , à prévenir, à calmer les accidens et à faire en sorte de conduire la plaie à guérison. Lorsqu'on est parvenu à cet heureux résultat , il faut faire porter un bandage , dans la vue de maintenir les viscères et de s'opposer à leur sortie à travers les aponévroses et les muscles divisés dont la réunion n'est jamais assez solide pour empêcher la formation d'une hernie -ventrale. (murât.)
GATEAU, s. m. On donne quelquefois ce nom aux plumasseaux larges que l'on applique sur les plaies étendues. — Quelques auteurs ont aussi désigné sous le nom de gâteau fébrile ( plucenta fehriiis ) les tumeurs qui se développent dans les viscères abdominaux, et particulièrement dans la rate, pendant le cours des fièvres intermittentes; tumeurs plus connues encore sous les dénominations à! obstructions , engorgemens de bas-ventre. Voyez intermittentes ( fièvres ).
GAZ, s. m. On désigne sous ce nom les corps dont les molécules ont été assez éloignées par le calorique pour passer à l'état de fluide aériforme. Ou distingue des gaz permanens , et d'autres non perinanens. Les premiers sont ceux qui ne se liquéfient pas lorsqu'ils sont soumis à la plus forte pression que nous puissions produire, ou lorsqu'ils sont exposés à la température de 20° — o". Les gaz non permanens , connus plus particulièrement sous le nom de vapeurs , sont ceux qui passent à l'état liquide ou solide, lorsqu'on les place dans les mêmes circonstances que les précédens.
Les gaz , comme les vapeurs , sont simples ou composés. Les gaz regardés aujourd'hui comme élémentaires sont l'oxygène, l'hydrogène, le chlore et l'azote : les suivans sont, au contraire,
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composés de deux ou de trois élémens : le protoxyde et le deutoxyde de chloie, le protoxyde et le deutoxyde d'azote , l'oxyde de carbone et l'acide carbonique , l'acide sulfureux , les acides liydriodique , liydrochlori(}ue, hydrosulfurique et liydrosélénique, T'fiydrogène proto-phospboré , l'hydrogène deuto-pLosphoré, l'hydrogène proto-carboné , deulo-carboné et.percarboné, l'hydrogène arsénié, l'hydrogène tellure, et, suivant quelques chimistes , l'hydrogène potassié ; l'ammoniaque , le cyanogène, l'acide plitoro- borique, l'acide phtoro- sicilique et l'acide chloro-oxycarbonique.
Toutefois si l'on admet, avec MM. Faraday et Davy, que le chlore, le protoxyde de chlore , le protoxyde d'azote , l'acide sulfureux , l'acide hydrosulfurique , l'acide hydrochlorique l'acide carbonique et le cyanogène , peuvent être liquéfiés lorsqu'on les refroidit , et qu'on les comprime par leur propre atmosphère , il faudra ne plus les considérer comme des gaz, et les faire rentrer dans la classe des vapeurs.
Comme les gaz permanens, lesvapeurs sont simples ou composées: les premières sont les vapeurs d'iode, de soufre, de phosphore, d'arsenic, de tellure, de mercure, de zinc, de potassium, etc. Les principales vapeurs composées sont celle de l'eau , des acides sulfurique, nitrique, nitreux , chloro-phosphorique et hydrocyanique ; celle de l'oxyde d'arsenic , du sulfure de carbone , de l'alcohol, des éthers nitreux, sulfurique , hydrochlorique , hydriodique et chlorurique , de l'essence de térébenthine, de l'indigo, etc. Voyez, pour l'histoire des gaz en parliculiei- , les
mots OXYGÈNE , AZOTK, HYDROGÈNE , CARBONIQUE, etC.
Plusieurs des gaz dont nous venons de parler se développent dans le canal alimentaire , pendant la digestion , dans les veines ou dans d'autres parties des cadavres qui se putréfient. Il en est qui forment des collections connues sous le nom de tympanites , emphysèmes , etc. Ces objets ayant été traités, ou devant l'être plus tard , nous nous bornerons à ce simple énoncé. Voyez cadavre, niOESTioN, flatuosité,tympanite, etc. (ORFILA.)
GELATINE , s. f. Lorsqu'on fait bouillir dans l'eau la chair musculaire, la peau, les ligamens, les os, les tendons, les membranes, etc., on obtient une dissolution qui, étant concentrée par l'évaporation, se prend eu gelée par le refroidissement , et fournit une substance à laquelle on a donné le nom de gélatine. Cette matière existe-t-elle toute formée dans les
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parties des animaux d'où on la retire , ou bien est-elle le résultat d'un changement de composition que ces parties éprouveraient par l'action de l'eau bouillante? En admettant cette dernière opinion , qui paraît la plus plausible, on ne devrait plus ranger la gélatine parmi les principes immédiats des animaux.
Quoi qu'il en soit, la gélatine pure, préparée comme il sera dit plus bas, est composée de 27,207 parties d'oxygène , de j6,i)(jS d'azote, de li'],SSi de carbone, et de 7,914 d'hydrogène en poids ( Gay-Lussac et Thénard). Elle est solide et demitransparente, incolore, inodore, insipide, plus pesante que l'eau, sans action sur la teinture de tournesol et sur le sirop de violettes : sa dureté et sa consistance varient beaucoup. Chauffée dans des vaisseaux fermés , elle se décompose , et donne de l'eau, du gaz acide carbonique, du sous - carbonate d'ammoniaque, de l'acétate et de l'hydrocyanate de la même base , une huile épaisse , noire , du gaz hydiogène carboné , du gaz oxyde de carbone, du gaz azote et un charbon volumineux et léger. Exposée à l'air humide , elle absorbe un peu d'eau. Elle se dissout très bien dans l'eau bouillante , tandis que ce li(iuide froid la dissout à peine, quoiqu'elle en absorbe une portion qui la rend molle et élastique.
La dissolution aqueuse de gélatine pure est incolore , sans action sur les couleurs végétales, et susceptible de devenir acide, lorsqu'on l'abandonne à elle-même à une température de i5^ à 25° ; elle finirait même par se moisir et se décomposer entièrement. Les acides et les alcalis étendus d'eau ne la troublent pas ; il en est de même de la plupart des sels : toutefois les hydroclilorates d'iridium et de deutoxyde de mercure, le nitrate de mercure et le persulfate de fer la précipitent. Lorsqu'on fait arriver du chlore gazeux dans cette dissolution , il se forme de l'acide hydrochlorique aux dépens de l'hydrogène de la gélatine , et un produit blanc , floconneux , composé de filamens nacrés très -flexibles, très -élastiques , que l'on peut regarder comme de la gélatine altérée, combinée avec du chlore et avec de l'acide hydrochlorique. L'alcohol précipite la gélatine de sa dissolution aqueuse concentrée ; le précipité disparaît si l'on ajoute une assez grande quantité d'eau. L'hématine, la noix de galle et les diverses matières végétales astringentes, solubles dans l'eau, occasionent également des précipités dans le solutum aqueux de gélatine : cette propriété , considérée par