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dans les mêmes cns, les décoctions de gélatine sous forme de lavement. On fait également entrer la gélatine dans les compositions des bains et des douches lorsqu'on veut modérer l'effet irritant des préparations sulfureuses, et notamment du foie de soufre. ( Voyez potassium ( sulfure de ). On sait que la gélatine a été prônée contre les fièvres intermittentes ; il est même certain que , chez plusieurs des malades soumis à l'usage de cette substance , la fièvre a perdu de son intensité , de sa longueur , «u même qu'elle n'a point paru ; mais on est parfaitement couvaincu aujourd'hui que l'efficacité de ce médicament est loin de pouvoir être comparée à celle de plusieurs autres substances qu'on lui préfère à juste titre.
Indépendamment des usages dont nous venons de parler, la gélatine, et la colle de poisson en particulier, est employée à la préparation des gelées de table. On se sert de colle forte pour clarifier les vins, pour faire de forts cartons, pour faire adhérer de petites pièces de bois, etc. ( orfila. )
GELEE, s. f . , gclu\ froid intense qui détermine la congélation de l'eau. Par analogie, on a donné le nom de gelée (/'«.? gelatum ) aux préparations composées de substances végétales ou animales , qui liquides à tin certain degré de chaleur , se transforment par le refroidissement en masses molles , homogènes et tremblantes. Les gelées animales ne sont autre chose que des dissolutions concentrées de gélatine, auxquelles on ajoute diverses substances pour leur donner un goût agréable, ou qui en contiennent naturellement; telles sont les gelées de viandes qui conservent de l'osmazôme. Ces gelées sont trèsutiles dans les convalescences et dans les maladies où il faut donner une nourriture peu excitante et assez abondante sous un petit volume. La gelée de corne de cerf est particulièrement employée ; mais elle n'a pas de propiétés plus grandes que les autres gelées, puisque la gélatine est la même, quelle que soit la substance d'où elle est tirée. ( Voyez gélatine.) — La gelée végétale ( matière muqueuse ou gélatineuse végétale ) se trouve dans presque tous les fruits acides parvenus à leur reattirité. Elle est incolore à l'état de pureté ; mais elle retient presque toujours un peu de la matière colorante des substances qui l'ont fournie. Elle a une saveur agréable ; peu soluble dans l'eau froide , elle se dissout très - bien dans l'e/iu bouillante ; mais elle se dépose par le refroidissement. Si l'on fait bouil-
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lir pendant long - temps cette dissolution , la substance qu'elle conticui devient analogue au mucilage, et ne peut plus so pi-endre en gelée par le refroidissement. Mélangées au sucre qui leur donne la propriété de se conserver long -temps, un grand nombre de gelées végétales forment des confilures extrêmement agréables, dont les usages sont très-connus. Quelques-unes conservant plusieurs principes actifs des substances d'où elles sont tirées, forment des raédicamens dont l'administration peut être utile ; telles sont les gelées de mousse de Corse, de lichen d'Islande.
GENCIVE, s. f. , gingiva; tissu dense, fibro-niuqueux , qui revêt le bord alvéolaire de l'une et de l'autre mâc?-oires et embrasse le collet de chaque dent. (a. b. )
GÉNÉPI, s. m. On donne ce nom au mélange des sommités fleuries de plusieurs plantes de la famille des Coryrabifères qui croissent dans les Alpes ; tels sont les Achillœa nana , Jrtemisia atrata , Art. rupestris , Art. glacialis , etc. Ces divers végétaux, dont l'odeur est aromatique, la saveur amère et chaude, sont employés en infusion théifornie. Ils sont excitans et sudorlfiques. On ne les emploie guère que dans les Alpes. (a. r.)
GÉNÉRATION, s. f. , ge ne ratio , yivia-tç; fonction par laquelle les corps organisés et vivans se reproduisent, donnent naissance à des individus nouveaux, semblables à eux, et par lesquels ils perpétuent à jamais leur espèce.
La génération est exclusive aux êtres vivans; on ne peut appeler de ce nom la manièie dojit les minéraux se forment les uns des autres. Un minéral cesse d'être, en fournissant pour la production d un autre les élémens qui le forment; l'être vivant, au contraire, ne donne qu'une partie de lui-même, qui, à la suite de plusieurs développemens, devient un individu nouveau semblable à lui ; il se reproduit sans mourir. Cette faculté de reproduction, du reste, était absolument nécessaire à ces êtres ; la nature les ayant condamnés à mourir , il fallait bien qu'ils eussent le pouvoir de revivre en d'autres ; c'est par cette faculté des êtres vivans que le Créateur a assuré la conservation de l'univers. Aussi lui semble -t- elle plus chèieque la faculté de nutrition elle-même? il paraît ne faire vivre l'individu que pour son accomplissement ; dans les derniers animaux , beaucoup ne naissent que pour se reproduire, et meurent aussitôt après : dans les animaux supérieurs, avant l'âge auquel la reproduction est
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possible, l'individu ne^t pns p;irt;iit, et il cesse de rêtfe et commence à mourir , si l'on peut parier ainsi, dès que Cette faculté ne peut plus s'accomplir. Qui ne sent d'ailleurs que l'individu n'est qu'un infiniment petit dans le grand ensemble, et que c'est à l'entretien de celui-ci (ju'a trait la génération ? Cette fonction , destinée à réparer les pertes que cause la mort, à son tour impose L'inexorable nécessité de celle-ci; elle aurait bientôt surchargé de trop d'êtres vivans l'univers. Son accomplissement n'est pas possible pendant toute la vie; généralement elle ne peut s'effectuer que lorsque la croissance est achevée; et, impossible au premier âge, elle l'est également au dernier. Cela sans doute est plus évident chez les êtres vivans, dans lesquels la vie est longue et partagée en âges distincts; elle n'est possible chez les animaux supérieurs qu'à partir de l'âge de puberté, et chez les végétaux supérieurs qu'à l'époque de la floraison; mais cela est de même en tous.
Les procédés par lesquels la génération s'accomplit sont trèsdivers dans la généralité des êtres vivans. D'abord, peut-être en est-il quelques-uns qui se forment de toutes pièces par la réunion de leurs élémens constituans , à la manière d'un minéral , mais consécutivement à une force autre que l'attraction moléculaire, puisqu'elle a pour résultat de former un corps vivant. C'est ce qu'on appelle génération spontanée. Les anciens en avaient considérablement étendu le domaine. Voyant les débris mortels des corps vivans enfanter des insectes, des vers , ils croyaient à une génération par putréfaction , putrefacùo unius, generatio alterius. Ils avaient poussé cette idée au point de croire que les grenouilles naissaient du limon des eaux, et les rats de la terre des champs. Mais les progrès de l'histoire naturelle ont fait justice de si grossières erreurs. Redi, Swammerdam, ont prouvé que les animaux nouveaux qui apparaissent dans les chairs qui se pourrissent, proviennent d'œufs d'insectes et de vers qui préalablement y avaient été déposés, et qui y ont éclos ; et, en effet, si ces chairs sont placées dans des vases hermétiquement clos , on ne voit plus se former en elles d'animaux nouveaux. Spallanzani a montré que les animalcules microscopiques se multiplient par une scission de leur corps , et que c'est à 'ces scissions que sont dus ces milliers d'animaux nouveaux qui apparaissent dans les liqueurs. Sur l'autorité de ces grands noms , beaucoup de naturalistes de notre temps nient
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toute génération spontanée , et croient que les faits qu'on peut citer à l'appui sont illusoires , et tiennent à la faiblesse de nos sens qui ne nous permettent pas de voir des œufs ou des germes aussi ténus que le sont ceux de ces petits animaux. Cependant cette assertion est peut-être trop absolue, et quelques faits semblent devoir faire admettre une génération spontanée, au moins pour les derniers degrés de l'échelle végétale et animale. Des animaux infusoires se sont montrés dans des liqueurs après que ces liqueurs avaient été exposées à la chaleur de l'ébullition : dira-t-on avec Spallanzani que les germes qui leur ont donné l'être ont résisté à celte forte chaleur ? Plusieurs être vivans, comme des nostocs , des tremelles dans le règne végétal; le rotifère , l'anguille des toits dans le règne animal, après des années d'immobilité, pendant lesquelles ils semblent n'être que des cadavres desséchés, sont tout à coup rendus à la vie si on les humecte, et cela plusieurs fois de suite. Spallanzani a fait ainsi sécher et revive onze fois le rotifère. Dira-t-on qu'ils avaient conservé , lors de leur dessiccation , une vie latente? ou plutôt n'est-ce pas qu'ayant conservé la trame matérielle qui est propre à recevoir la cause excitatrice de la vie, quelle qu'elle soit, ils ont, à chaque fois, subi une nouvelle animation ? Parmi les vers intestinaux , beaucoup sont placés en des lieux où rien n'a pu pénétrer du dehors, comme les Jilaires , qui sont situés le long de la colonne vertébrale; les ç^ordyles , qu'on trouve dans les chairs des muscles ; les hydatidex , qu'on observe dans les parenchymes des viscères. Aussi, Rudolplii, Bremser , qui sont d'imposantes autorités sur ce sujet, croient à leur génération spontanée. Dans de certains temps , lors des pluies, par exemj)le, on voit tout à coup apparaître des myriades d'êtres vivans, dont il est difficile d'indiquer l'origine. Enfin on a, dans des expériences, tenté de faire des êtres vivans de toutes pièces, et on dit avoir réussi. Wiegmand a mis dans un vase un demi-gros de corail blanc ou rouge avec six onces d'eau distillée ; il a exposé le vase aux rayons du soleil, ayant soin de l'agiter plusieurs fois par jour, et de décanter de temps en temps; après quinze jours , il a vu se former la matière verte de Priestley, puis des conferves , et enfin cellesci , après deux ou trois mois , donnèrent naissance aux cjprides détecter. Ayant fait l'expérience dans un étroit et long cylindre, il a vu se former des espèces d'alvcs , qui , après un certain
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temps, se sont converties en daphniœ longispinœ. M. Frey, en France, a fait de semblables essais. Nous ne nous dissimulons pas les objections qu'on peut faire à ces expériences : l'eau , quoique distillée et ayant éprouvé une ébullition , ne contenaitelle plus de germes ou d'œufs ? peut-on l'assurer de même de la matière mêlée à l'eau? l'air extérieur n'a-t-il pas pénétré dans le vase , et n'y a-t-il pas porté quelques graines ? Mais il nous semble toutefois que cet ensemble de considérations est suffisant pour commander le doute, et justifier les naturalistes de nos jours, MM. Lamarck, Geoffroy-Saint- Hilaire, qui croient probables les générations spontanées aux derniers degrés de l'échelle vivante.
Au delà de ces premiers êtres, la génération ne s'accomplit plus qu'à l'aide d'une partie fournie par un corps vivant, et qui devient an individu nouveau semblable à celui qui la portait : dès lors tout individu provient nécessairement d'un autre j Mais de nombreuses différences sont possibles. Tantôt l'être, à une certaine époque de la vie, se partage en plusieurs fragmens qui forment autant d'individus nouveaux : c'est ce qu'on appelle la gcnérntlonfissipare, dont les animaux infusoires nous offrent un exemple. Tantôt l'être pousse, à un certain endroit de son corps, de petits bourgeons, des gemmes, qui, à une époque déterminée aussi, se détachent pour former les individus nouveaux : c'est ce qu'on appelle la génération gemmipare,(\m. est diteexterne ou interne, se]on que c'est à la surface externe du corps ou dans un lieu intérieur et spécial que se développent les bourgeons. Les polypes nous présentent la génération gemmipare externe, et les vers intestinaux la génération gemmipare interne. Enfin, dans le reste du règne vivant, la génération s'accomplit à l'aide d'organes spéciaux, appelés org-^/ze* jcarue/^, les uns /emelles , les autres mâles , et fournissant, d'après l'opinion la plus universellement reçue, les premiers un germe contenant les rudimens de l'individu nouveau, et les seconds un fluide qui avive le germe, et en détermine le développement et le détachement.
Dans les deux premiers cas, un individu peut seul se reproduire. Dans le dernier, cela est quelquefois possible encore , quand les deux sexes sont réunis dans un même être, qui est, comme on dit , hermaphrodite, ainsi que cela est , par exemple, dans presque toutes les plantes et dans plusieurs mollusques. Cependant il est aussi quelques être» qui , quoique possédant les
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deux sexes, ne peuvent piis se féconder seuls, et qui exigent le concours d'un autre; par exemple , le colimaçon, qui offre même un double accouplement, chaque individu remplissant à la fois le double office de mâle et de femelle. Mais, dans les animaux supérieurs , chaque sexe est porté par lui individu différent; l'espèce animale est composée de deux individus, le raàle et la femelle; et le concours de ces deux individus est absolument nécessaire pour la reproduction.
Dans ce dernier cas, qui est celui de l'homme, deux nouvelles différences se présentent. Quelquefois le fluide fécondant du sexe mâle n'est appliqué à l'œuf du sexe femelle que lorsque celui-ci a été rejeté par la femelle, comme dans les poissons. D'autres fois , au contraire, l'œuf ne pourrait plus être fécondé après la ponte , et le fluide du sexe mâle lui est appliqué quand il est encore renfermé dans l'intérieur de la femelle, comme dans les oiseaux , les mammifères ; alors l'individu mâle est pourvu d'un organe propre à pénétrer les parties de la femelle, et il y a nécessairement dans la génération ce qu'on appelle rapprochement, copulation , accouplement.
Enfin, quand il y a accouplement , il peut exister encore les variétés suivantes : i'' ou bien l'œuf, une fois fécondé, est aussitôt pondu par la femelle , et ce n'est qu'après la ponte qu'il éclot et que parait l'individu nouveaii ; c'est ce qui constitue les ow/7flrei- ; a° ou bien l'œuf fécondé, quoique pondu aussitôt, chemine avec tant de lenteur dans les voies de son excrétion, qu'il y éclot , et que l'individu nouveau sort du sein de sa mère avec sa forme propre ; c'est ce qui fait les ovovivipares , comme la vipère ; 3° ou bien enfin l'œuf fécondé se détache aussitôt de l'ovaire; mais, au lieu d'être pondu en dehors, il va se placer dans un réservoir appelé matrice ou utérus , v prend attache , en tire des sucs qui sont utiles à son développement, et croissant ainsi aux dépens de sa mère , il éclot dans ce réservoir, de manière que l'individu naît sous sa forme propre. De plus, après sa naissance , ce nouvel individu reçoit d'une des sécrétions de sa mère son premier aliment, le lait. C'est ce qui constitue les vivipares, dans lesquels la génération comprend dès lors , outre la. copulation , ce qu'on appelle la gestation ou grossesse, et l'allaitement.
Il y a aussi beaucoup de différences dans les soins d'éducation qric les pères et les mères donnent à leurs petits. Par exemple ,
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parmi les ovij)ares, beaucoup se contenlent de placer par instinct leurs œufs dans des circonstances favorables à leur éclosion, et les abandonnent après, de sorte qu'ils ne connaissent jamais leurs petits ; tels sont les insectes. D'autres , au contraire , les oiseaux , soumettent leurs œufs à une incubation , et après l'éclosion , subviennent à la subsistance de leurs petits dans les premiers temps de leur vie. Enfin, dans les vivipares, ces soins sont encore plus étendus, puisque les mères tirent d'elles-mêmes la nourriture qui convient, dans les premiers momens , à leurs petits, c'est-à-dire les allaitent. En général , ces soins d'éducation sont d'autant plus grands que l'individu est plus élevé dans l'échelle animale.
Quelques diverses que paraissent être toutes ces dispositions, il y a des formes qui sont comme autint de passages d'un de ces degrés aux autres : c'est ainsi que la génération gemmipare interne conduit évidemment à la génération par sexes ; que les animaux qui , bien que possédant les deux sexes, ont besoin du concours d'un autre pour leur reproduction, conduisent à ceux chez lequels les sexes sont séparés. C'est encore ainsi que certains batraciens , qui , se cramponnant à leurs femelles , arrosent leurs œufs au moment où ceuX'^^ont pondus, forment évidemment le passage des animaux jwBpn'ont pas d'accouplement à ceux qui en ont un. Mais ce nWl pas ici le lieu de traiter de toutes ces différences : nous devons nous borner à ces généralités, et nous restreindre à l'exposition de la génération chez l'homme, à l'étude duquel est surtout consacré le livre dans lequel nous écrivons. Disons cependant encore que la faculté de reproduction peut, ou n'être effectuée qu'une fois pendant la vie de l'être, ou être plusieurs fois répétée; que quelquefois un accouplement ne féconde qu'un individu, et d'autres fois, au contraire, féconde plusieurs générations successives, comme da"ns les pucerons; qu'enfin, les petits naissent , tantôt avec les formes qu'ils auront toujours , ayant subi d'avance toutes leurs métamorphoses, tantôt au contraire avec des formes qu'ils dépouilleront, leurs métamorphoses se faisant plus tardivement.
Au milieu de toutes ces différences , voici ce qui est de la génération de l'espèce humaine : elle se fait à l'aide de sexes : ces sexes sont séparés, et portés chacun par un individu distinct, l'homme et la femme : c'est lorsque l'œuf est encore intérieur, qu'est porte sur lui le sperme qui le féconde, de sorte qu'il y a
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dans l'espèce humaine, rapprochement des deux Individus qtii concourent à la reproduction, copulation : l'œuf fécondé se développe intérieurement, mais dans un organe-de dépôt, un utérus, et aux dépens de la mère, de sorte qu'il y a grossesse : à la naissance, l'enfant est allaité; et enfin son éducation est en raison de la place élevée que tient l'homme dans l'échelle animale.
Ces généralités sur la génération nous tracent elles - mêmes l'ordre dans lequel nous devons traiter de cette fonction. Il est évident que tous les acies qui la composent peuvent être rapportés à cinq groupes ; le rapprochement ou la copulation , qui a pour but d'appliquer le principe fécondant de l'homme au germe fourni par la femme; la conception ou la. fécondation qui en résulte; la grossesse, qui s'entend du séjour que fait l'œuf fécondé dans l'utérus, et des premiers développemens qu'il y subit; Y accouchement , qui consiste dans le détachement de l'œuf, son excrélion et la naissance de rin<lividu nouveau; enfin Y allaitement et la nourriture de l'enfant par sa mère, à l'aide du lait qu'il puise dans son sein. Il est évident aussi que c'est dans cet ordre que se succèdent ces divers acfes. Telle serait donc la matière que nous aurions à exposât Mais ici nous ne parlerons que de la copulation et de la corflnion, des articles particuliers étant consacrés aux mots grossesse, accouchement et allaitement. Nous allons seulement commencer par rappeler en quelques lignes quels sont les organes génitaux dans l'homme et dans la femme, afin de répandre plus de clarté sur les faits que nous avons à exposer.
Le rôle des deux sexes n'est pas également important dans la génération. L'homme n'a qu'à fournir le fluide destiné à effectuer la fécondation, et à porter ce fluide dans les parties intérieures de la femme; il ne concourt qu'à la copulation et à la fécondation. Aussi son appareil génital ne se compose que de deux sortes de parties; celles qui fabriquent , conservent le fluide fécondant; et celles qui accomplissent le rapprochement. Les premières sont : i** deux glandes paires, les testicules, qui sécrètent du sang le fluide fécondant, le sperme; 2'* les conduits excréteurs de ces glandes, appelés canaux déférens ; 3° les vésicules séminales, qui font suite aux canaux déférens et sont des réservoirs où le fluide est mis en dépôt; 4** enfin deux autres conduits, dits éjaculateurs, qui portent le sperme des vésicule»
séminales dans le canal de l'urètre, d'où il sera ensuite projeté au dehors. Les secondes sont le pénis, ou la verge, organe formé essentiellement par un tissu érectîle susceptible d'acquérir beaucoup de raideur, appelé corps caverneux, et traversé dans toute sa longueur par le canal de l'urètre.
La femme fournit le germe, et c'est dans son sein que doit s'en faire la fécondation ; à ce double titre , elle a part aussi à la copulation et à la conception : mais de plus elle fournit asile au fœtus, le porte un certain nombre de mois, l'excrète, et enfin allaite l'enfant après sa naissance. Son appareil génital doit donc se composer d'un plus grand nombre de parties, savoir : outre celles qui font le germe, et qui accomplissent le rapprocliement, celles qui servent à la grossesse, à l'accoucliement et à l'allaitement. Il se compose : 1° des ovaires, organes pairs, analogues des testicules du sexe mâle, et qui fournissent les ovules ou les germes; a** des trompes , canaux excréteurs, qui saisissent les germes aux ovaires, et les conduisent à l'utérus; 3" de Vutérus ou de la matrice, qui reçoit l'ovule fécondé, le conserve pendant toute la grossesse , fournit à ses premiers développemens, et l'excrète lors de l'accoucliement; 4° les mamelles qui sécrètent du SMig le lait nécessaire à l'allaitement; 5° enfin du canal , appelâiB<7^/« , ou vuh'o - utérin, étendu de la vulve à l'utérus , et qui reçoit le pénis dans l'acte du rapprochement. Ce qu'il importe de savoir de la structure de toutes ces parties sera indiqué, à l'occasion des phénomènes dont ils sont les agens. Entrons donc en matière, en commençant par l'étude de l'acte de copulation.
§. L Copulation, — Son but, avons-nous dit, est de faire porter dans l'intérieur des organes de la femme le fluide qui doit aviver le germe. Il faut étudier en lui la sensation qu'il y excite , et la part qu'y a chacun des deux sexes.
De même qu'une sensation interne est attachée à toutes celles de nos fonctions qui exigent pour leur accomplissement un rapport avec Textérieur ; la faim, par exem])le, à la fonction de la digestion : de même , un instinct plus ou moins impérieux, sollicite au rapprochement des sexes. Il est impossible de le nier. Nul dans l'enfance, à l'âge auquel l'homme ne peut encore se reproduire, cet instinct apparaît tout à coup à la puberté, se fait sentir avec énergie pendant toute la jeunesse, se prolonge dans l'âge adulte, et disparaît dans la vieillesse. Ma-
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nifesie surtout dans les animaux cliez lesquels la génération n'est possible qu'à une époque déterminée de l'année, à ce qu'où appelle le rut , il les domine alors au point de constituer un penchant irrésistible.
Les physiologistes ne sont pas d'accord sur son siège et sa nature. Les uns, voyant que son apparition coïncide avec l'âge auquel l'appareil génital entre en action, remarquant que son énergie est généralement proportionnelle au degré d'activité de cet appareil, en font une sensation interne siégeant dans cet appareil , et étant pour lui ce qu'est la sensation interne de la faim à l'estomac. Ils citent comme preuves, que, lorsque la vieillesse glace les organes génitaux , on cesse de l'éprouver, et que la castration, pratiquée dans le jeune âge, en prévient à jamais Je développement. Les autres, objectant que la sensation qui nous occupe n'est pas aussi nettement rapportée , soit aux testicules, soit aux ovaires, que l'est la faim à l'estomac, en font un phénomène cérébral, une faculté affective, une dépendance de la psycologie de l'être. Tels sont , par exemple , Cabanis , M. Broussais , qui , seulement dans leur théorie des impressions internes, en font provenir les matériaux des organes génitaux. Tel est surtout M. Gall qui admet parmi les facultés primitives de l'âme un instinct de la repr(iducti»n, et qui lui assigne pour siège dans l'encéphale le cervelet. ( Voyez faculté. ) S'il est vrai que ce sentiment ait été observé en des individus chez lesquels, par une monstruosité originelle, les principaux des organes génitaux manquaient, et chez les ennuques qui n'ont élé châtrés qu'après l'âge de la puberté, on ne peut que se ranger à l'avis de M. Gall.
Quoi qu'il en soit, ce sentiment ne peut pas j)lus être défini que tout autre ; il faut en appeler sur lui à la conscience de chacun. Ainsi que toute faculté affective, il es{ plaisir quand on lui obéit, peine quand on lui résiste. Il se fait sentir en mille degrés : il est même susceptible de revêtir un caractère opposé, celui du dégoût , d'où résulte Xanaphrodisie. On ne peut préciser son degré d'énergie : cela varie selon les tempéramcns , les constitutions individuelles, l'état de santé, de maladie, les circonstances extérieures de climats, de saisons, d'alimens, les habitudes, etc. Les hommes sont généralement plus ardens que les femmes, et cela était nécessaire, leur part dans la copulation étant plus grande que celle des femmes, comme nous allons le voir.
Dans l'acte du rapprocliciiient , le rôle de l'iionime est d'in- Iroduire dans les parues de la femme l'organe chargé de projeter le fluide de la fécondation , c'est-à-dire le pénis, et d'excréter pendant cette introduction ce fluide. Mais pour que ce double objet puisse être rempli, il faut que le pénis acquière par un phénomène, .ippelé érection^ une raideur suffisante; et c'est conséquemment ce phénomène de l'érection cjue nous avons à décrire en premier lieu.
D'abord, en voici les traits extérieurs : quand on est sollicité par le désir de la génération, le pénis change d'état; il devient raide, gros et relevé contre l'abdomen : ses artères battent avec plus de force , ses veines sont plus gonflées ; la peau qui le revêt est plus colorée; sa ch.ileur est augmentée; de rond qii'il était, il est devenu triangulaire; enfin , une légère sensation de plaisir marque ce grand changement qui se fait en lui, et qui se produit, tantôt d'une manière soudaine, tantôt avec lenteur et graduellement.
D'ordinaix'e, c'est consécutivement au désir de la génération que le pénis revêt cet état particulier; et, si quelque chose peut ' justifier M. Gall d'avoir placé le siège de ce désir dans le cervelet, c'est de voir toute irritation quelconque de ce cervelet provoquer des érections. Ainsi s'explique pourquoi les érections sont im symptôme constant des apoplexies cérébelleuses; pourquoi on les observe chez les pendus; pourquoi l'opiurn les provoque; pourquoi elles surviennent si souvent dans le sommeil, etc. Mais elles s'établissent aussi par le fait d'irritations directes appliquées au pénis, ou à quelques autres parties de l'appareil génital.
Cette érection est indispensable à l'accomplissement de la génération, et cependant elle est un phénomène indépendant de la volonté; tantôt elle éclate contre notre vœu, et tantôt elle ne lui obéit pas; mais, plus qu'aucun autre phénomène, elle veut l'exclusion de tout autre acte et ne souffre aucune distraction. Par la même raison, elle est un phénomène fort mobile , et le même instant la voit tour à tour s'établir, cesser et revenir. En général peu durable , elle cesse après quelques minutes, et laisse l'organe revenir à sa flaccidité première. Elle est aussi susceptible de degrés divers, depuis l'érection extrême, dans laquelle le pénis a acquis une très -grande raideur , jusqu'à celte érection comme passive dans laquelle cet organe n'a fait
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qu'augmenter de volume sans devenir résistant, et ne peut ni vaincre les obstacles qu'opposent à l'approche les parties extérieures de la génération de la femme, ni projeter le sperme assez loin pour effectuer la fécondation.
Qu'est cette érection ? et quelle en est la cause ? Évidemment elle consiste en une congestion de sang dans le tissu éreclile du corps caverneux , de l'urètre et du gland. Nous avons vu, en effet, les artères du pénis battre avec force, ses veines être plus gonflées, sa peau être plus colorée. Swammerdam et de Graaf, ayant coupé la verge d'un chien dans le temps de l'érection, en ont trouvé le tissu tout gorgé de sang, et ils virent l'organe revenirà sa petitesse, à sa flaccidité, à mesure que le sang en coulait. Enfin Pechlin, de Graaf, M. Chaussier, ont, par des injections dans les corps caverneux, provoqué artificiellement des érections dans des cadavres. Certainement donc, le pénis n'est devenu plus gros et plus raide qu'à cause de la plus grande quantité de sang quia pénétré son tissu. Mais, qu'est-ce qui a déterminé cette congestion sanguine ? Ici il y a eu plusieurs hypothèses.
Les anciens accusaient une cause mécanique , la compression de la veine honteuse interne contre la symjjhyse du pubis , lors du redressement de la verge vers l'abdomen : comme c'est à cette veine honteuse qu'aboutit la veine caverneuse, il devait résulter de sa compression la stagnation du sang dans les corps caverneux, et par conséquent le gonflement du parenchyme de ceux-ci. Les muscles ischio- caverneux, dont l'action redresse la verge, étaient à cause de cela appelés muscles érecteurs. Mais, d'après cette hvpolhèse, la congestion serait passive; et tout annonce, au contraire, qu'elle est active, et le battement des artères du pénis, et le sentiment de plaisir qui précède et accompagne le phénomène, et l'augmentation de la chaleur de l'organe, etc. En second lieu, dans les autres parties du corps où s'observent des érections, on ne voit aucune compression propre à les produire. Enfin, quel que soit le redressement de la verge contre l'abdomen, jamais la veine honteuse interne n'est assez comprimée pour entraver la circulation veineuse dans le corps caverneux.
Aujourd'hui on reconnaît pleinement que la congestion de sang qui fait l'érection est active, et on l'attribue à l'irritation qu'éprouve le corps caverneux du pénis, ronsérufivement à l'in-
fliiencede l'instincl reproducteur, ou d'une slîinulation directe ou sympathique. C'est en effet l'irritation qui commence le phénomène, comme le prouve la sensation de plaisir qui le précède et l'accompagne; la dilatation du tissu et l'afflux du sang viennent ensuite coïncidemment; et, par exemple, l'afflux du sang est si peu la cause de la dilatation du tissu, que souvent celle-ci le précède. D'ailleurs, toute irritation n'a-t-elle pas pour effet d'appeler plus de sang dans l'organe qui en est le siège ? On peut presque considérer l'érection comme une sorte de phlegniasie, mais qui n'est que passagère, et qui permet au sang dont l'afflux a produit la congestion, de retourner sans désordres dans le torrent circulatoire. Nous n'avons pas besoin de dire que l'enveloppe fibreuse du corps caverneux est étrangère au phénomène qui se passe exclusivement dans le parenchyme intérieur. Jadis on croyait le sang qui fait l'érection épanché dans des cellules , et par conséquent hors de ses vaisseaux ; mais c'est lorsqu'on avait mal saisi la disposition anatomique des corps caverneux , et méconnu qu'ils consistent spécialement en des plexus veineux. ( Voyez érectile. ) Aujourd'hui on reconnaît que ce sang est seulement accumulé dans ces plexus veineux: M.C»vier,pardesinjectionssurIa verge de l'éléphant, MM.Chaussieret Béclard, par de semblables injections sur celle de l'homme, s'en sont assurés. La congestion tient-elle, ou à un afflux plus grand de sang par les artères , ou à un spasme et une diminution d'action des veines qui conséqiiemment en exportent moins, ou à ces deux causes à la fois ? M. Cuvier croit que les veines y ont la plus grande part , parce qu'elles prédominent dans Ja structure des corps caverneux , et que c'est surtout à elles que se terminent les nerfs qui sont les conducteurs de l'irritation mentale. Sans doute, il est probable que ce sont les plexus de ces veines qui font l'appel au sang; mais cet appel lui-même prouve que le sang artériel afflue en plus grande quantité, et tous lesautres phénomènes qui accusent dans celte érection une exaltation de vitalité le démontrent aussi.
Toutefois, le résultat de cette érection est de donner au pénis la solidilé qui lui est nécessaire pour effectuer son introduction dans le canal vulvo-utérin , malgré les résistances physiques que peut présenter ce canal.
Mais le rôle de l'homme n'est pas borné à cette introduction ; il faut que pendant la durée de r.npproche , il excrète le sperme
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qui doit effectuer la fécondation, et voici le mécanisme de celte excrétion. L'irritation qui a déterminé dans le pénis l'érection, non-seulement se continue pendant tout le temps que dure le rapprochement, mais elle se propage au reste de l'appareil génital. D'un côté, les testicules augmentent leur sécrétion, comme le font les glandes salivaires , quand la présence d'un aliment dans la bouche les excite ; ils envoient plus de sperme dans les vésicules séminales. D'autre part, l'excitation saisit les vésicules séminales elles- mêmes, et ces réservoirs entrant en contraction projettent par les canaux éjaculateurs le sperme dans l'urètre. Est-ce une contraction brusque et énergique, ou une rétraction lente qu'effeciuent ces vésicules ? On l'ignore ; mais comme ces réservoirs n'ont rien de musculeux dans leur texture , qu'on ne peut par art déterminer en eux aucune contraction forte , et qu'enfin la sensation voluptueuse qui accompagne cet acte augmente progressivement et semble ainsi marquer le passage graduel du sperme dans l'urètre , le dernier fait paraît plus probable. Le sperme arrivé dans l'ui-ètre, porte par sa présence le canal au ] lus haut degré d'orgasme; non-seulement il le fait se l'élracler avec énergie, mais il excite la contraction convulsive des muscles ischio et bulbo-caverneux, transverse du périnée et releveur de l'anus; et en même temps que les premiers de ces muscles tiennent le pénis redressé et dans une direction qui met en rapport l'orifice externe de l'urètre avec celui de l'utérus dans le fond du vagin, ils concourent à exprimer de l'urètre le sperme que l'action des vésicules séminales y a porté : par le concours de toutes ces puissances, ce fluide est dardé et projeté assez loin. L'urètre a revêtu une sensibilité qui lui est nouvelle , et l'homme épruuve alors un sentiment de volupté tel, qu'il est comme jeté dans une convulsion générale. L'excrétion ne se fait pas d'une manière continue, mais par jets, par saccades. La quantité de sperme projetée a été évaluée à deux gros ; mais on sent que cela doit varier selon le degré d'exaltation avec laquelle l'acte s'accomplit, selon la constitution individuelle, le temps qui s'est écoulé depuis la dernière approche. On s'est demandé si les vésicules séminales se vident en entier , ou conservent encore un peu do sperme : on l'ignore ; mais une seconde excrétion peut, chez l'homme sain et bien constitué, suivre d'assez près la première. Avec le sperme, sont aussi excrétés les sucs de la prostate et des glandes de Cowper; la projection de ceux-ci
s'observe même dès les premiers temps de l'érection, et précède l'éjaculation proprement dite. Toute celte scène s'accomplit assez rapidement, l'excrétion spermatique surtout, du moins chez l'homme , car chez les animaux qui n'ont point de vésicules séminales, comme les chiens, la copulation se prolonge. L'éjaculation spermatique effectuée, l'éréthisme du pénis cesse , cet organe revient à son état ordinaire, et le rôle de l'homme dans la génération est accompli; cet être éprouve un sentiment de langueur, d'abattement, et souvent de tristesse, comme s'il sentait qu'il vient de donner l'existence à un nouvel être à ses dépens, et de diminuer son fonds de vie.
Le rôle de la femme, dans l'accomplissement de cet acte génital , est moindre ; les parties sont disposées chez elle de manière à recevoir mécaniquement l'intromission du pénis ; il n'y a pas besoin chez elle de ce phénomène d'érection que nous avons vu être un préalable indispensable pour l'homme ; c'est à celui-ci à vaincre les difficultés physiques qu'opposent à l'approche l'étroitesse des parties , la présence de la membrane hymen, la turgescence survenue dans le tissu érectile qui garnit l'intérieur de la vulve et du vagin; ces difficultés, qui quelquefois sont fort grandes , surtout lors de la première copulation , ne sont pour la femme qu'une occasion de douleurs ; et encore les mucosités qui suintent alors de la surface interne du vagin sont un moyen qu'a pris elle-même la nature pour les diminuer. Cependant la femme participe à l'orgasme voluptueux qu'éprouve l'homme ; le tissu érectile qui tapisse l'intérieur du vagin , ainsi que celui qui forme le clitoris , développent une érection semblable à celle que présente le pénis ; et le spasme voluptueux , augmentant graduellement, arrive enfin à un degré aussi extrême, et qui jette également la femme dans un état convulsif et extatique. Il se fait probablement alors dans les ovaires et les trompes quelques mouvemens que nous chercherons à caractériser ci-après en parlant de la fécondation, et qui sont les analogues de ceux qu'ont présentés chez l'homme les vésicules séminales et l'urètre. Il est certain du moins que la volupté vive qu'éprouve alors la femme ne tient pas au contact du sperme que projette l'homme, mais au jeu de ses organes propres, car il est possible que les momens auxquels les deux individus éprouvent le plus grand spasme ne coïncident pas. Il est certain encore qu'il n'y a pas chez la femme d'éjaculalion spermatique, et les fluides que quel- X. i3 '
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ques femmes excrètent alors ne sont que de simples mucosités vaginales.
Voilà riiistoire de la copulation; elle est le seul acte génital qui soit laissé à la volonté; tous ceux qui vont le suivre se produisent irrésistiblement et sans que nous en ayons la conscience. Elle n'est en outre qu'un acte préparatoire de la génération , amenant la fusion , le rapprochement des matières , quelles qu'elles soient , que fournissent l'un et l'autre sexe pour la formation de l'individu nouveau. Celle-ci, qu'on appelle conception , fécondation , est la chose vraiment importante. Cela est si vrai qu'en beaucoup d'animaux, ceux chez lesquels l'œuf n'est fécondé qu'après avoir été pondu, il n'y a pas de copulation; et qu'en ceux chez lesquels un accouplement est nécessaire, souvent il y a conception , bien que l'accouplement n'ait pas eu lieu, ou n'ait été effectué que d'une manière incomplète. Arrivons donc à l'histoire de la conception.
§ II. Conception ^ fécondation. — L'histoire de ce phénomène est, en quelque sorte, celle de la génération tout entière; et, pour l'approfondir , il faut rechercher successivement : quelles sont les matières fournies par l'un et l'autre sexe, comment ces matières sont mises en contact , et comment de leur contact résulte l'individu nouveau.
D'abord, la substance que fournit l'homme, et par laquelle il concourt à la génération, est évidemment le sperme; c'est, en effet, ce qu'il projette dans la copulation. Il excrète bien aussi les sucs de la prostate et des glandes de Covrper; mais ces sucs n'effectuent pas la fécondation , car ils n'existent pas dans tous les animaux. Il est probable qu'ils ne servent qu'à la lubréfaction des parties, ou à la dilution du sperme ; au moins , dans les fécondations artificielles que divers expérimentateurs ont faites et dont nous allons parler ci-après, on a observé que le sperme, pour jouir de toute sa puissance fécondante, avait besoin d'être délayé, d'être étendu dans une liqueur. Au contraire, les testicules existent dans tous les animaux, et l'ablation de ces organes suffit pour produire la stérilité , bien que le reste de l'appareil génital subsiste et puisse effectuer la copulation. On peut d'ailleurs en appeler sur ceci aux animaux dans lesquels la fécondation se fait à l'extérieur; on voit qu'évidemment en eux le sperme est projeté sur les œufs; que, sans l'influence du sperme, il n'y a pas de fécondation, et que c'est par ce fluide
seul cfue le mâle y a j^art. Spallanzani examine comparativement tlans de l'eau très-limpide et hors de l'eau, des grenouilles pendant qu'elles sont accouplées ; il voit qu'au moment où la femelle pond ses œufs, le mâle lance sur eux une liqueur transparente qui les arrose et qui les féconde. Pour avoir la certitude que c'est la liqueur projetée par le mâle sur les œufs qui en a effectué la fécondation, il habille le mâle avec une culotte de taffetas ciré, et il observe alors, d'une part, que les œufs ne sont plus fécondés, et de l'autre que la culotte est remplie d'assez de sperme pour qu'il puisse en recueillir. Enfin , à l'appui de ce premier fait , nous citerons les expériences de fécondations artificielles faites par diffcrens expérimentateurs. Spallanzani imprègne un pinceau du sperme recueilli dans l'expérience précédente, et tous les oeufs qu'il touche avec ce pinceau sont fécondés. Cette fécondation artificielle lui réussit, soit qu'il opère sur des œ^ufs déjà pondus, soit qu'il agisse sur des œufs pris dans l'oviductus ; soit qu'il emploie le sperme pur , soit qu'il l'emploie mêlé à d'autres liqueurs, du sang, de l'urine, de la bile, du vinaigre, etc. Trois grains de ce sperme lui ont suffi pour spermatiser et rendre fécondante une livre d'eau; un globule de cette eau, qui ne devait contenir qu'un 2,994,687,500 de grain, suffisait pour féconder un œuf. Cependant , au delà d'un certain degré d'extension du sperme, le pouvoir fécondateur avait diminué à mesure qu'il avait augmenté la quantité du véhicule. Pour prévenir l'objection de la grande différence qui existe entre les batraciens et l'homme, Spallanzani opéra sur un animal plus rapproché de notre espèce; il choisit une chienne de la variété des barbets, et qui avait déjà engendré plusieurs fois; il l'enferma quelque lemns avant l'époque du rût , et attendit qu'elle en présentât les signes ; ce ne fut qu'après vingt jours de réclusion ; alors, à l'aide d'une seringue chaude à trente degrés, il injecta dans ses parties dix-neuf grains de sperme qu'il avait retiré d'un chien , et, au terme ordinaire, la chienne mit bas trois petits qui ressemblaient à la fois à elle et au chien qui av.^it fourni le sperme.
Déjà Jacobi avait fécondé artificiellement des œufs de poisson, en exprimant sur eux la laite des mâles. Rossi de Pise et Buffolini de Cézène ont répété l'expérience de la chienne, et ont eu le même résultat. Enfin, MM. Dumas et Prévost, à la bienveillance desquels nous devons la communication de recherches
nombreuses qu'ils ont faites sur la génération , et dont nous pouvons, grâces à eux, enrichir cet article, bien qu'elles soient encore inédites, ont récemment fait des fécondations artificielles sur des œufs de grenouille. Ayant plongé des œufs de grenouille dans de l'eau dans laquelle il'J avaient délayé le suc exprimé de plusieurs testicules , ils ont vu ces œufs d'abord se gonfler beaucoup , puis se développer; tandis que, plongeant par comparaison d'autres œufs dans de l'eau ordinaire, ils ont vu ces œufs absorber l'eau , et se gonfler aussi, mais se pourir après quelques jours. Dans leurs expériences, ces savans constatent que le mucus dont les œufs de grenouille se revêtent dans la seconde partie de l'oviductus sert à absorber le sperme, et à le conduire à la surface de l'œuf; que , pour réussir dans ces fécondations artificielles, il importe conséquemment que le sperme soit délayé ; trop concentré , il perd de son action. Ils s'assurent enfin que ce n'est pas seulement sa partie aqueuse qui a été absorbée, mais sa partie principale, puisqu'ils retrouvent des animalcules mouvans dans l'épaisseur du mucus et jusqu'à la surface de l'œuf proprement dit. Il est donc certain déjà que le sperme est la matière fournie par l'iiomme pour la génération.
Maintenant jusqu'à quel point de l'appareil génital de la femme est-il projeté ? et par conséquent en quel lieu agit-il ? Les physiologistes ont ici émis des assertions différentes , selon le système qu'ils ont adopté sur l'essence de la généraiion. Selon les uns, le sperme ne parvient qu'à la partie supérieure du vagin, et c'est parce que les vaisseaux du vagin l'absorbent et le portent par les voies de la circulation jusqu'à l'ovaire, ou parce qu'il dégage une émanation spiritueuse qui se propage jusqu'à cet ovaire , qu'il accomplit la fécondation. Quel que soit ,• en effet, le trajet que parcoure le sperme, il faut qu'il agisse sur l'ovaire, pour ce qui est de l'homme et des mammifères au moins; car nous allons prouver tout à l'heure que, dans cette classe supérieure d'animaux, c'est à cet organe que se fait la fécondation. On arguait de ce qu'ayant ouvert des femelles d'animaux, poules, biches, lapines, immédiatement après la copulation, on n'avait pas trouvé de sperme dans l'utérus. On invoquait l'étroitesse des trompes,, leur immobilité, l'impossibilité dans laquelle est l'utérus d'exprimer de sa cavité intérieure un fluide qui y serait contenu. Selon d'autres , le sperme est dardé
jusque dans l'utérus , mais il ne va yas au delà ; et d'autre part ,irrive dans cet organe la matière , quelle qu'elle soit , que fournit la femme, pour que de leur mélange résulte l'individu nouveau, et que se fasse la fécondation. Enfin, dans une troisième opinion s une portion de ce sperme est conduite par une action propre de la trompe à l'ovaire, et va y effectuer la fécondation. De ces diverses opinions la dernière est la plus vraisemblable ])our ce qui est de l'espèce humaine au moins. Dans cette espèce, en effet, d'une part , c'est à l'ovaire que se fait la conception. Les grossesses extra -utérin es en sont la preuve : on a vu des fœtus se développer dans l'ovaire même ; ou en a vu se développer dans l'abdomen, les ovules ayant probablement échappé à la trompe , quand celle-ci par son pavillon les a saisis à la surface de l'ovaire pour les conduire à l'utérus ; on a vu enfin des grossesses de la trompe elle-même, les œufs s'y arrêtant et ne parvenant pas jusqu'à l'utérus. Nuck une fois a amené exprès cette dernière, en appliquant sur une chienne, trois jours après son accouplement, une ligature à l'une des cornes de la matrice. Ces cas insolites démontrent que c'est à l'ovaire même que s'est fait l'individu nouveau, car s'il s'était fait à des parties moins profondes, il aurait dû y être reporté , et cela n'est pas probable. On prétend d'ailleurs qu'il suffit qu'une poule soit cochée une fois pour qu'elle fasse vingt œufs féconds : or, ces œufs ne sont excrétés que l'un après l'autre; ils n'ont pu conséquemment être fécondés qu'au lieu où ils étaient réunis , c'est-à-dire à l'ovaire, A la vérité, MM. Dumas et Prévost croient devoir conclure de leurs derniers travaux que le siège de la fécondation est , non à l'ovaire , mais à l'utérus ; ils se fondent sur ce que , dans leurs oxpériences , ils ont trouvé les cornes de la matrice toutes pleines de sperme; ce fluide même n'était d'abord qu'au milieu de l'organe, et ce n'était qu'après vingt- six heures qu'il était parveyiu à son sommet ; ils pensent qu'on ne peut assigner d'au.tre siège à la fécondation que celui où le sperme est présent et a pu agir ; ils en appellent à l'exemple des animaux dont les œufs ne sont fécondés qu'après avoir été pondus, et chez lesquels conséquemment la fécondation se fait certainement à un lieu autre que l'ovaire. Ils disent enfin n'avoir jamais pu, dans leurs expériences, féconder d'œufs pris à l'ovaire. Mais aucun de ces faits ne fonde, ce me semble, une démonstration absolue : le premier n'est qu'un résultat négatif; dans une matière aussi délirnto, est - on