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encore plus précises. Dans les premières heures qui suivent l'accouplement, rien, dit-il, n'est encore apparent; les cornes de -la matrice paraissent seulement un peu plus rouges; à la sixième heure, les enveloppes des ovaires semblent elles-mêmes acquérir une rougeur qui augmente par degrés. Au bout d'un jour, évidemment, trois vésicules à' l'un des ovaires, cinq à l'autre, paraissent altérées, sont devenues opaques, rouges. Après vingt-sept, quarante, cinquante heures, les cornes de la matrice et leurs conduits ont acquis beaucoup de rougeur , et l'un des conduits s'est appliqué à l'ovaire correspondant. Après ti'ois jours, une des vésicules est dans le condciit, et deux sont déjà dans la corne droite de la matrice; ces vésicules sont dix fois 'plus petites que lorsqu'elles étaient attachées à l'ovaire ; grosses comme des grains de moutarde , elles sont formées de deux membranes concentriques, et remplies intérieurement d'une liqueur limpide. Au quatrième jour, l'ovaire n'offre plus qu'une espèce d'enveloppe que De Graaf appelle yb/Z/cw/e , et qu'il considère comme la cupule, le péricarpe de l'ovule qui a passé dans la matrice : celui-ci y a déjà grossi, mais y reste flottant jusqu'au septième jour; alors il contracte adhérence avec elle. Au neuvième jour, dans un point de la liqueur claire qui remplit l'œuf, commence à se montrer un petit point nuageux qui se prononce de plus en plus; au dixième, ce point a la figure d'un petit ver, et au onzième, on distingue nettement en lui l'embryon. Malpighi, Valisnieri, dans de semblables expériences, reconnaissent de même, qu'à la suite d'un coït fécondant, un corps se développe à la surface de l'ovaire, grossit, puis se rompt pour laisser échapper un corps plus petit que saisit la trompe, et que ce canal conduit dans l'utérus. Selon Haller , observant sur des brebis, une demi-heure après la copulation, une des vésicules de l'ovaire semble saillir, offrir sur sa convexité une tache rouge, sanglante, et être prête à se rompre. Après une heure et plus, la vésicule est rompue, et son intérieur est comme saignant, enflammé; ce qui reste d'elle à l'ovaire, s'épaissit graduellement , prend une couleur jaune, laissant voir et sa cavité intérieure, et la fente par laquelle s'est échappé l'ovule : c'est ce débris que Haller appelle le corps jaune. Vers le huitième jour, on ne voit déjà plus dans ce corps jaune ni fossette intérieure, ni fente. Au douzième, il pâlit et commence à diminuer; et, dès lors, continuant de le faire jusqu'à la Tin de la gesta-
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lion, il se réduit en un petit corps dur> jaunâtre ou noirâtre, qui se laisse toujours distinguer dans l'ovaire , ou au moins laisse dans cet organe l'empreinte d'une cicatrice. Il ne provient que d'une seule vésicule; et, dans les animaux multipares, il y a autant de corps jaunes que de fœtus. Enfin, les expérimentateurs les plus distingués de notre époque, et particulièrement MM. Dumas et Prévost, ont aussi reconnu les mêmes faits. Selon ces derniers, rien ne parait encore dans les ovaires, le premier jour qui suit la copulation; mais dès le deuxième jour, on voit que plusieurs des vésicules qui les composent augmentent en dimension. Ces vésicules continuent de grossir pendant les quatre à cinq jours suivans ; de deux à trois millimètres de diamètre qu'elles avaient , elles arrivent à eu avoir huit. Du sixième au huitième jour, elles se rompent et laissent échapper un ovule, qui le plus souvent a été inaperçu parce qu'il n'a qu'un demi-millimètre de diamètre, mais que le microscope a fait nettement voir aux expérimentateurs dont nous rapportons les travaux. Ils appellent cette partie ovule par opposition à la partie qui s'est développée dans l'ovaire, et qu'ils ajjpellent vésicule : celle-ci à sa surface extérieure offre alors une petite fente sanglante; en glissant dans cette fente un stylet, on peut constater que cette vésicule offre alois une cavité intérieure considérable , vide qu'a laissé l'ovule qui a passé dans la trompe et la matrice. C'est au huitième jour, dans la chienne, que se fait le passage de l'ovule dans la matrice. Chez les animaux multipares, ce passage ne se fait pas pour tous les ovules en même temps, mais chaque ovule passe l'un après l'auti'e , et cela comporte un intervalle de trois à quatre jours. Ces ovules sont d'abord flottans et libres dans les cornes de la matrice : examinés à un miscroscope qui grossissait douze fois les objets, ils ont paru être une petite vésicule rem})lie d'un liquide albumineux transparent; et celle-ci observée dans l'eau, offrait à sa surface supérieure une apparence mamelonnée, avec une tache blanche sur le côté qui était la cicatricule. Bientôt cette vésicule a grossi, et le douzièrae jour ou a pu reconnaître en elle le fœtus.
De tous ces travaux, on a généralement conclu que le sperme , porté par la trompe à l'ovaire, a touché une ou plusieurs des vésicules de cet organe; que par suite ces vésicules se sont gonflées d'abord , puis ont brisé leur enveloppe pour laisser échap-
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per un corps quelconque qu'on a considéré généralement comme un œuf, et qui a été conduit dans l'utérus, pour y être le rudiment de l'individu nouveau. A l'ovaire est resté le débri de la vésicule, ce qui était la cupule, le péricarpe de l'ovule. Puisque en effet c'est à l'ovaire que se fait la conception , et dans l'utérus qu'a lieu la grossesse, et qu'il n'y a que la trompe qui puisse conduire d'un de ces organes à l'autre, il faut bien admettre que ce canal porte, dans le premier temps, le sperme de l'utérus à l'ovaire, et dans le second temps, l'ovule de l'ovaire à l'utérus : on en a d'ailleurs des preuves directes. Dans le spasme de la génération , toujours le pavillon de la trompe s'applique à l'ovaire : De Graaf , dans ses expériences , l'y a trouvé adhérent vingt -sept heures encore après l'accouplement. Pourquoi cette application, si ce n'est pour porter et prendre tour à tour quelque chose à l'ovaire ? M. Magendie a vu l'extrémité de la trompe appliquée à une vésicule. Les grossesses abdominales et tubaires sont surtout un fort argument. Si le pavillon de la trompe laisse échapper l'ovule qu'elle a saisie , il y a grossesse abdominale; si l'ovule s'arrête dans !a trompe, il y a grossesse tubalre : nous avons cité déjà cette expérience de Wuck , qui, ayant lié la trompe à une femelle de chien, détermina chez cet animal une grossesse tubaire. Haigton, ayant coupé la trompe d'un seul côté à des lapines, observa que ces animaux n'eurent de gestation que du côté sain. Ayant d'autres fois fait cette section après l'accouplement, il vit que, selon cjue la section avait eu keu quarante -huit heures seulement, ou soixante heures après, il avait dans le premier cas empêché la chute des ovules dans la matrice, tandis que, dans le second cas, cette descente avoit eu lieu. Enfin, on a une observation curieuse d'un chirurgien, appelé Bussières, qui a vu un ovule à moitié adhérent encore à l'ovaire, et à moitié engagé déjà dans la trompe
Mais ici plusieurs questions se sont présentées. D'abord , par quel mécanisme agit la trompe pour transmettre soit le sperme à l'ovaire, soit l'ovule à l'utérus? On a dit ce canal de texture nmsculeuse et contractile à volonté; mais ces deux assertions sont également fausses : il est plus probable que cet organe agit consécutivement à une action d'érectilité provoquée par l'orgasme dans lequel sont alors toutes les parties génitales. En second lieu, est-ce le hasard qui décide celle des vésicules de l'ovaire qui se développe, ou en est-il une qui, par une sorte de
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matui-ité, se préparc à la fécondation? Ce dernier fait parait cerlain des ovipares. MM. Dumas et Prévost ont reconnu que les vésicules des ovaires de grenouilles étaient de diverses grosseurs, et que les plus grosses étaient celles qui devaient être pondues immédiatement, tandis que celles qui étaient les plus petites ne devaient l'être que dans les années subséquentes. Dans tous les animaux chez lesquels les œufs ne sont fécondés qu'à l'extérieur et après avoir été pondus, ces œufs sont évidemment préparés pour la fécondation. Enfin si, dans les oiseaux, jamais les œufs ne peuvent être fécondes après la ponte, au moins celle-ci peut se faire d'elle-même, indépendamment de toute approche, car beaucoup d'oiseaux, quoique vierges, pondent. Mais se passe-t-il quelque chose d'analogue dans les vivipares? plusieurs physiologistes le croient; déjà Buffon avait dit que le corps jaune de Haller préexistait à la fécondation; et Cruiskanck dit l'avoir observé sur les ovaires de lapines vierges , et M. Home sur des ovaires de filles vierges. Selon ce dernier, à la puberté, apparaissent tout à coup à la surface des ovaires, des vésicules qui semblaient n'y pas exister d'abord. Dans les femelles des animaux, au temps du rat, et dans les femmes à des époques indéterminées, on voit tout à coup l'ovaire devenir vasculaire et développer un corps jaunâtre, arrondi, glandiforme, et qui saille à sa surface comme un mamelon; dans la femme et les animaux unipares, ce corps est unique et gros comme la quatrième ou cinquième partie de l'ovaire; mais dans les animaux multipares, il est multiple et petit à proportion. A un certain degré de grosseur, il se crève et laisse échapper un ovule : réduit dès lors à une cupule pleine de sang qui se résorbe graduellement, à la fin il n'en reste sur l'ovaire d'autres traces qu'une cicatrice. Ces phénomènes se répètent à toutes les époques de rut chez les animaux, et dans tous les temps chez la femme jusqu'à l'âge critique. Pendant cette maturation des vésicules dans l'ovaire, les trompes sont en turgescence, ont leur pavillon attaché à l'ovaire , à tel ])oint qu'on le déchirerait plutôt que de l'en séparer. Ainsi les femelles des vivipares rejetteraient continuellement des œufs inféconds comme celles des ovipares, et la fécondilé dépendrait de la coïncidence des vésicules mûres avec la copulation. Ainsi ce que Haller a pris pour les effets de la fécondation n'en serait que la condition. Home assure avoir distingué dans des ovaires de femmes grosses deux
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espèces de corps jaunes, l'un ])rovenant de la fécondation qui avait donné lieu à la grossesse, les autres qui semblaient préparés pour les fécondations à venir, et qui différaient du premier en ce qu'ils n'offraient aucune déchirure dans leur intérieur. Haigton, dans son expérience de la section d'une des trompes, pour empêcher toute* gestation de ce côté, y a trouvé cependant des corps jaunes mais sans déchirure. Enfin l'ovule, en traversant la trompe, revét-ii quelques nouvelles parties? cela est sûr encore de l'œuf des ovipares. Celui des batraciens se revêt, dans la seconde partie de la trompe, d'une couche de mucus épaisse d'un millimètre. Celui des oiseaux , composé à l'ovaire du jaune et de la cicalricule seulement, se recouvre, dans l'oviductus et le cloaque, de l'albumen et de l'enveloppe crétacée. Mais le fait est douteux pour ce qui regarde les vivipares. Nous renvoyons, du reste, la discussion de ce qui a trait à cette question au mot OEuf.
Voilà les faits sur ce que la femme fournit dans l'acte de la génération, et sur ce qu'on a pu pénétrer du contact qui se fait entre le sperme et l'ovaire. Maintenant il faudrait savoir comment de ce contact résulte l'individu nouveau. Or ici nous devons avouer la plus comj)lète ignorance. D'abord l'action est toute moléculaire, conséquemmcnt échappe à nos sens, et son résultat seul est ce qui annonce qu'elle a eu lieu. Ensuite cette action exige l'intégrité, la vie des parties qui l'accomplissent , c'est-à-dire le bon état et du sperme et des vésicules de l'ovaire. Enfin cette action n'est, dans l'état actuel de la science , assimilable à aucune action physique et chimique de la nature , et doit conséquemmcnt être dite vi(ale, organique, c'est à-dire inconnue. Il n'y a, en effet, ici aucune application physique possible; soit qu'on admette la théorie dite de Vépigêncse , dans laquelle on croit (|ue l'individu nouveau se forme de toutes pièces par le mélange de ce que fournit l'un et l'autre sexe ; soit qu'on admette celle dite de V évolution, dans laquelle on veut que l'un des sexes seul fournisse le germe qui, à la suite de divers développeniens, constituera l'individu nouveau. Dans le premier cas, quelle force chimique pourra-t-on invoquer ? une précipitation , une cristallisation? Dans le second, peut -on davantage concevoir physiquement ou chimiquement et ce qu'est un germe, et ce qu'est l'avivement qui serait imprimé à ce germe ? 11 s'agit ici du passage de ce qui n'est pas vie à ce qui est vie, et
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ne connaisant de la vie que son opposition avec la matière générale, ignorant en quoi consiste la modification qu'ont subie les forces générales ])our produire les phénomènes vitaux , on doit iynorer ce qu'est le phénomène de la fécondation. Aussi , quelques efforts qu'aient faits les hommes pour le pénétrer, ils ne sont arrivés qu'à des conjectures plus on moins spécieuses. Nous allons terminer cet article par une exposition succincte des liypothèses qui ont été faites à cet égard ; elles occupent trop de place dans la science pour que nous les passions sous silence; et d'ailleurs elles nous serviront à approfondir davantage quelques faits.
Comme on le conçoit , les théories diverses sur la génération ont dû dépendre des idées adoi)tées sur la nature du sperme et sur celle de la matière fournie par l'ovaire. Relativement au sperme, on l'a dit tour à tour : un fluide formé des élémens de chacune des parties du corps humain , et destiné conséquemnient à reformer chacune de ces parties : le véhicule d'animalcules devenant, à la suite de plusieurs métamorphoses, l'individu nouveau, ou en constituant l'élément principal, le système nerveux; enfin, un fluide d'avivement, destiné à imprimer à un germe le mouvement dévie et de développejnent. Pielalivement à la matière fournie par l'ovali'e, mêmes dissidences ; c'est une vésicule pleine d'un sperme formé, comme celui du mâle, des élémens de chacune des parties du corps, disent les uns : c'est une vésicule destinée à servir de nid à l'animalcule sperraatlque, ou à lui fournir de la matière nutritive, disent les autres : ceux-ci en font une substance amorphe, mais ayant cette nature gélatineuse qui la rend apte à recevoir la cause de la vie, le mouvement vital : ceux-là en font un germe, un œuf préexistant dans la femelle , et ayant l'aptitude à former , sous l'influence fécondante du sperme , tin individu semblable à celui qui l'a fourni. Dé là tant de systèmes divers sur la génération : on en compte plus de deux cents; tous cependant peuvent être ramenés à deux , le système de Vcpigénèse et celui de Vé^'ohaion.
1° Epigénèse. — Dans ce système, on admet que l'individu nouveau est formé de toutes pièces par le rapprochement de molécules qui avaient d'avance la disposition propre à le constituer, ou qui l'ont reçue soudain. Une force inconnue en ellejnême , mais différente des forces générales de la matière, puisqu'elle a pour résultat la création d'un être vivant, appelée tour
à tour force cosmique , plastique , essentielle , nisus formati- V us , force de formation , etc. , non- seulement a présidé au rapjirochement , mais a donné aussitôt à l'être nouveau toutes ses parties avec leur coordination et leurs propriétés. Du reste, les auteurs ont varié dans la manière dont ils ont conçu l'épigénèse , ayant fait l'application de ce système, non- seulement à la reproduction journalière des êtres vivans actuels, mais encore à leur origine première.
Aussi, pour commencer par ce qui est de ce dernier objet , rappellerons nous cette théorie des philosophes grecs, Leucippe et. Empédocle, que l'univers avait été primitivement un composé d'atomes errans dans un vide infini, et que tous les corps qui existent aujourd'hui ont été formés par la réunion fortuite de ces atomes? A raison du nombre infini de oes atomes et des combinaisons qu'ils ont dû former, furent produits sans doute beaucoup d'êtres incapables de prolonger leur existence ; mais il s'en forma aussi quelques-uus capables de pouvoir continuer de vivre, et ce sont ceux-ci que nous voyons aujourd'hui. Malgré l'absurdité de cette hypothèse, des modernes l'ont accueillie; Bourguet, par exemple, qui dit que les cristaux décèlent un commencement d'organisation, et que les premiers êtres organisés ont été formés comme des cristaux par une sorte de cristallisation, de précipitation chimique. Parlerons-nous des savans qui, par la supposition d'une force occulte, croient avoir surpris le secret du Créateur, et avoir franchi l'abîme qui arrête ici notre raison.'' de Needham, qiii, sous le nom de force vêgétatrice, admet une puissance chargée de la formation et du gouvernement du monde organique? de Wolf, de Blumenbach, qui, sous les noms de force essentielle ,■ de nisus formativus , admettent de semblables forces ? Il est trop évident qu'étant aussi ignorans de la chose, ils n'ont fait que se payer d'un mot. Dans ces derniers temps, M. Lamarck a abordé aussi cette question,et voici les idées de ce naturaliste. « Les premiers êtres organises qui existèrent furent formés de toutes pièces par une véritable génération si)ontanée;ils durent l'existence à l'influence d'une cause excitatrice de la vie, probablement fournie par le milieu ambiant, et probablement aussi tenant à la lumière ou au fluide électrique. Dès que cette cause rencontra une matière de consistance gélatineuse assez dense pour pouvoir retenir des fluides, elle l'organisa en tissu cellulaire, et un être \ivan( fut
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fait, comme cela arrive encore tous les jours à l'extréinité de chaque règne végétal et animal. Dès lors cet «ître manifesta les trois facultés de la \ie, nutrition, accroissement et reproduction, mais il ne les manifesta que dans les modes les plus simples. Bientôt il se compliqua , car le propre du mouvement vital est de tendre toujours à composer davantage l'organisation, à créer des organes particuliers, à diviser et multiplier les divers centres d'activité; et la reproduction ensuite conservant constamment tout ce qui avait été acquis, de cette manière se formèrent successivement des espèces nombreuses et diverses , jouissant de facultés de plus en plus étendues. » Ainsi , selcn M. Lamarck, la nature ne crée directement que les premières ébauches de la vie, et ce n'est qu'indirectement qu'elle participe à l'existence des êtres vivans plus composés : ceux-ci proviennent des premiers à la suite' d'un temps énorme', de changemens infinis et d'une composilioii dans l'organisation toujours croissante,lareproductionconservant toutes les modifications acquises, tous les perfectionnemcns obtenus. Ainsi , un seul et même acte aurait suffi au Créateur pour produire toute la série si variée des êtres vivans, et même pour y ajouter encore. Il n'est pas de notre sujet de nous égarer dans ces profondeurs, et nous arrivons aux applications faites de l'épigénèse à la reproduction des êtres vivans actuels.
Selon Hippocrate, chaque sexe avait deux semences qui étaient l'une et l'autre des fluides constitués par des matériaux provenant de toutes les parties du corps, et surtout des parties nerveuses. De ces deux semences, la plus forte engendrait les mâles , la plus faible les femelles. Dans la génération, ces semences se mélangeaient dans l'utérus, et, par l'influence delà chaleur de cet organe, formaient par une sorte de cristallisation animale le nouvel individu. Celui-ci était un garçon ou une fille , selon que c'étaient les semences fortes ou faibles qui prédominaient. Hippocrate ne dit pas ce qui arrivait quand il y avait prédominance de la semence forte de l'un des sexes avec la semence faible de l'autre. Les faits sur lesquels repose cette tTîéorie sont faux : U n'y a pas deux semences dans l'homme; l'existence d'une semence dans la femme est justement ce qui est en question; la conception n'a pas son siège dans l'utérus, mais dans l'ovaire : on ne voit dans cette théorie que les efforts impuissans de l'imagination.
Arislote est aussi peu positif : « Ce n'est pas par une semence que la femme sert à la génération, mais par le sang de la menstruation; ce sang est ce qui fait la base de l'individu nouveau; et c'est le sperme qui le façonne et lui imprime le mouvement vital. Dans un style mélapliorique, Aristote dit que le sang menstruel est le marbre, le sperme le sculpteur, et le fœtus la statue. » Si ces deux grands hommes, Hippocrate et Aristote, n'avaient jamais procédé que de cette manière dans les sciences, ils n'auraient pas acquis les droits éternels cju'ils ont à notre reconnaissance et à notre admiration.
Beaucoup de modernes cependant ont adopté la théorie d'Hippocrate , en la modifiant seulement d'après les doctrines scientifiques de leur temps. C'est consécutivement à un mouvement de fermentation qui s'établit, dans les semences de l'un et l'autre sexe, que se forme, dit Descartes, Fmdividu nouveau. Les deux semences, dit Pascal, ont une nature chimique diverse; l'une, celle du mâle, est acide ; celle de la femelle, alcaline; et de leur combinaison, commandée par cette diversité de nature, résulte l'individu nouveau. Dans chaque semence, dit Maupertuis, existent des parties propres à former chacun des organes du corps; et lors du mélange de ces semences dans la génération , chaque partie similaire s'attire et s'aggrège par une sorte de cristallisation. Buffon lui-même, par son fameux système des molécules organiques , ne fit que ressusciter les idées d'Hippocrate. Selon cet éloquent naturaliste, il existe dans la nature deux sortes de matières , une vivante et une morte : la première, à jamais permanente dans son état de vie, consiste dans une infinité de petites particules incorruptibles , qu'il appelle molécules organiques. Ces molécules, en se combinant en plus ou moins gi'ande quantité avec la matière morte, forment tous les corps organisés, et, sans jamais se détruire, elles passent sans cesse des végétaux aux animaux par la nutrition de ceux-ci, et retournent des animaux aux végétaux par la mort et la putréfaction des premiers : leur quantité dans l'univers est à jamais déterminée. D'autre part, ces divers végétaux et animaux forment comme autant de moules divers dans lesquels se rassemblent les molécules organiques. D'abord les êtres ne font servir celles-ci qu'à se nourrir et se développer; mais, quand ils ont acquis tout leur développement, ils renvoient en dépôt, dans leurs organes génitaux , les molécules organiques superflues ; molécules qui
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ont dans chnque partie du corps revêtu la forme de cette partie. Ainsi sont formées les semences de l'un et l'autre sexe, et ces semences sont des extraits de toutes les parties. Enfin, lors du mélange de ces semences dans la génération, la même force qui assimilait ces molécules organiques aux parties du corps pour le nourrir et le faire croitre, les fait s'aggréger pour constituer un être nouveau : selon que dans le mélange prédominent les molécules du mâle ou celles de la femelle, le fœtus est de l'un ou de l'autre sexe. Ainsi, dans ce système, se nourrir , se développer et se reproduire, sont des effets d'une seule et même cause. On s'explique pourquoi la génération n'est ])ossible qu'après l'âge de développement, pourquoi son abus maigrit et épuise; pourquoi , au contraire, les eunuques et les animaux mutilés sont plus gras. Ces fœtus enfin ressemblent au pcre ou à la mère, selon que chacun de ces deux individus a fourni plus de molécules organiques ; et si généralement, dans l'espèce humaine, il y a plus de garçons que de filles, c'est que les femmes , plus faibles , fournissent une semence plus faible aussi, ou en fournissent une moindre quantité. Malgré tout le talent que Euffon mit dans l'exposition de ce système , il est trop contraire aux faits pour être adopté. Les molécules organiques sont une supposition gratuite; il n'y a pas deux matières dans la nature; la matière organisée n'est que la matière générale que la vie a modifiée ; et sans cesse on voit la matière organisée se détruire, et au contraire la matière générale s'organiser. D'autre part , quelle idée vague que celle des moules formés par les divers végétaux et animaux ? La vésicule de l'ovaire est-elle une capsule i)leine de semence ? cette semence est-elle formée d'autant de molécules diverses qu'il y a d'organes particuliers dans le corps humain ? Où est la preuve d'une telle assertion? Si elle est vraie, pourquoi des parens mutilés engendrent-ils des enfans bien conformés ? D'où viennent , dans ce cas, les molécules dont les parens étaient privés ? d'où viennent celles qui forment les parties annexes du fœtus?
2° Évolution. — Dans cet autre système, on admet que l'individu nouveau préexiste sous une forme quelconque dans l'un des sexes, et qu'avivé par l'autre dans la génération, il commence dès lors la série des dcveloppemens qui doivent l'amener à former un être indépendant. Les fauteurs de ce système se parla";cDt en deux sectes : les ovoristes et les ardmalculistes.
Les ovaristes professent que ce que fournit l'ovaire est un œuf; et ils définissent l'œuf, une partie organisée , formée d'un embryon et d'organes particuliers destinés à servir à la nutrition et aux premiers développemens de cet embryon , et apte à devenir, après une série de développemens , un individu semblable à celui dont elle provient. Tandis que les partisans de l'épigénèse disaient les deux sexes également iraportans dans la génération , les ovaristes attribuent le principal rôle à la femelle. Ce système des œufs a dû être inspiré par l'observation des animaux ovipares : chez eux, en effet, ce que fournit la femelle, pour la génération , est évidemment un œuf; et chez beaucoup cet œuf est pondu avant le rapprochement des deux sexes, et est fécondé à l'extérieur. Il était naturel d'étendre par analogie cette disposition aux vivipares, et c'est ce que Harvey fit le premier quand il dit : Omne vivuiii ah ovo. Plus tard, Sténon adoptant cette analogie, donna le nom à'oi'aires aux testicules des femelles; et ensuite, les travaux successifs de De Graaf , de Malpighi , Valisnieri, Bonnet, Spallanzani, etc., sur la vésicule formée par l'ovaire, et le trajet de cette vésicule à travers la trompe dans l'utérus, parurent donner de ce système une démonstration directe.
On invoquait d'ailleurs à son appui les considérations suivantes : 1° la préexistence du germe à la fécondation en beaucoup d'êtres vivans. Dans les plantes , par exemple , la graine existe en rudiment dans la fleur, bien avant que le pollen, destiné à effectuer la fécondation , soit arrivé à sa maturité. Dans les oiseaux l'œuf préexiste si évidemment, cjue ces animaux , quoique vierges, pondent. Cela est plus évident encore en beaucoup de poissons et dans les batraciens , chez lesquels l'œuf n'est fécondé qu'après avoir été excrété. Spallanzani et Haller disaient avoir vu, le premier, le rudiment du têtard dans des œufs de grenouille non fécondés, et le second ceux du petit poulet dans l'œuf de la poule. 2° La particularité qu'ojfrent quelques espèces animales de voir une seule copulation féconder chez elles plusieurs générations. Ce fait extraordinaire est réel en certaines espèces : par exemple, cbez les pucerons, l'effet d'une fécondation s'étend jusqu'à neuf générations, et chez les monocles jusqu'à la quinzième. Or, pour que diverses générations puissent ainsi être fécondées, ne fallait-il pas que les germes dont elles proviennent préexistassent dans la première ? 3" Les emboiteinens naturels et accidentels. L'ognon do la ja-
cinthe offre déjà les rudlniens de la fleur qu'il doit fournir ; dans les bourgeons des arbres on signale, mais repliées sur ellesmêmes et plus petites, les branches, les feuilles et les fleurs; dans les mâchoires de certains animaux, se voient les germes de plusieurs séries de dents ; le volvoce, animal transparent, laisse voir dans son intérieur plusieurs peîits emboîtés les uns dans les autres; qui n'a vu un œuf contenu dans un autre? enfin, n a trouvé plusieurs fois des fœtus hum^iins dans des corps d'homme. !^" Les méiamorphoses. Dans les batraciens et les insectes, animaux qui nous offrent les métamorphoses les plus saillantes , on voit que les formes qu'ils nous présentent successivement sont évidemment emboîtées les unes dans les autres ; la grenouille se laisse voir déjà sous la peau du têtard; dans la chrysalide se distinguent déjà les linéamens de la forme future du papillon, et dans la chenille ceux de la chrysalide. 5° Les deux considérations précédentes ne fondaient que des analogies plus ou moins spécieuses; il n'en est pas de même des expériences de fécondations artificielles; elles semblaient constituer une démonstration directe, d'autant plus que la quantité de sperme, employée dans ces expériences, paraissait trop petite pour former l'individu nouveau, et être autre chose qu'un fluide d'avivement. 6° Enfin, les ovaristes arguaient des reproductions partielles qu'offrent plus ou moins tous les êtres vivans : pour expliquer comment les lézards reproduisent leur queue, les crustacés leurs pattes, les étoiles de mer leurs rayons, etc., ils disaient que chaque partie avait en elle-même des germes destinés à la reproduire, et n'attendant pour cela que des circonstances favorables; et ils appuyaient cette singidlère idée sur ce qu'on voit quelquefois ces parties perdues se reproduire doubles. 3îais cet argument est bien loin d'avoir la force des précédens, et peut même , à meilleur droit , être invoqué par les sectateurs de l'épigénèse.
Cependant on faisait aussi à ce système quelques objections : 1° la ressemblance d^ fœtus avec les pères. Les ovaristes l'attribuaient à l'influence qu'exerce le sperme fécondateur, influence qu'il était, disaient-ils, impossible de limiter. IMais il est de ces ressemblances qui semblent contredire l'idée d'un germe préexistant, celles qui portent sur quelques monstruosités, par exemple. On a vu des hommes sexdigitaires donner le jour constamment à des enfans sexdigitaires : faudra -t- il alors admettre, avec les
ovarisles, des germes originairement monstrueux? Certaines grossesses composées, doubles ou triples, ont paru l'être par l'influence paternelle. 2° On objecta le mélange possible des diverses espèces vivantes, mélange qui donne lieu, dans le règne végétal , à ce qu'on appelle les plantes hybrides, et dans le règne animal, à ce qu'on appelle des mulets, des meVi.v. Dans notre économie rurale, on connaît le mulet et le bardot, qui sont des {jroduits du cheval et de l'ânesse, de l'àne et de la jument. Si on marie une femme blanclie avec un nègre, l'enfant est déjà un peu nègre; et si les générations successives de cette femme sont continuellement unies à des individus de la race nègre, leurs produits s'éloignent de plus en plus de leur souche primitive , et finissent par être des nègres parfaits. Ces faits, qui prouvent la grande influence qu'ont les pères sur les qualités des fœtus, semblent autant de contradictions au système des œufs préexistans. Les ovaristes répondaient d'abord que ces accouplemcns irréguliers ne sont guère possibles qu'entre des individus d'espèces fort rapprochées; en second lieu, qu'ils ne sont pas dans le vœu de la nature, et exigent toujours, pour être obtenus, les efforts de l'homme; on ne voit pas en effet dans nos bois le lièvre et le lapin s'accoupler, malgré le rapprochement qui existe entre ces espèces; enfin, que si ces métis sont laissés à euxmêmes, dans les générations subséquentes, ils reviennent à la tige maternelle. Cette objection d'ailleurs rentrait dans la précédente, étant relative aussi à l'influence exercée sur les produits par les pères; et cette influence, les ovaristes l'expliquaient par l'action du sperme fécondateur. 3" Enfin, à ce système des œ'ufs préexistans, on opposa et on oppose encore aujourd'hui les changemens que la suite des siècles apporte sans cesse dans le.-, espèces végétales et animales qui vivent à la surface de notre globe. Déjà Linneus avait émio l'idée hardie que de son temps il existait plus de végétaux que du temps des anciens, et qu'ainsi il s'était formé de nouvelles espèces végétales. Bonnet ensuite, quoique sectateur zélé du système des œufs, admit quiles espèces vivantes se modifient avec le'^'iemps. Enfin, M. La nu'irck professe aujourd'hui que tous les végétaux et animauv changent conlinuellement par les influences des climats, des saisons, les effets de la domesticité, le croisement des rare. ; si les espèces actuelles nous paraissent constantes , c'est que , dit -il, les climats, toutes les ■- irconstances qui les modifient.
n'agissent sur elles qu'après un temps énorme , et qu'ainsi l;i vie d'un seul homme est trop courte pour assister à ces modifications et les constater; mais les effets bien avoués des climats, des alimens, sur les végétaux et les animaux, prouvent théoriquement la continuelle instabilité des espèces; et probablement que ce qu'on appelle espèces perdues , ne sont que ce qu'étaient jadis nos espèces actuelles. Cette opinion de M. Lamarck est d'ailleurs en harmonie avec celle qu'il a émise relativement à l'origine des êtres organisés; le mouvement vital ayant, selon lui, pour attribut de compliquer toujours de plus en plus l'organisation , il y a nécessité que les espèces aillent en changeant sans cesse. Or ce fait, s'il est vrai, est contradictoire à l'idée d'un œuf préexistant. Mais les ovaristes répondent que ce fait de la mutabilité des espèces est loin d'être rigoureusement démontré ; qu'évidemment on peut reprocher à M. Lamarck quelque exagération, comme quand on le voit faire provenir de l'exercice presque toutes les parties de l'organisation des animaux ; et qu'enfin en admettant même cette mutabilité des espèces, on peut concevoir que l'œuf préexistant se modifie aussi avec le reste du corps.
Tel est toutefois le système des œufs, à l'égard duquel les physiologistes offraient encore trois principales dissidences. Les uns professent que les œufs ou germes sont disséminés dans tout l'espace, et ne se développent que quand ils pénètrent en des corps capables de les retenir et de les faire croître, c'est-à-dire semblables à eux. L'univers actuel n'est que le développement de beaucoup de germes primitifs, qui sont dans leur ensemble un univers en petit : c'est là ce qu'on appelle le svstème de la panspermie ou dissémination des germes , que son absurdité a fait universellement rejeter. Les autres établissent que les œufs sont renfermés les uns dans les autres , et successivement tirés de leur torpeur à chaque génération, de telle sorte que non-seulement l'ovaire de la première femme contenait les œufs de tous les enfans qu'elle a faits, mais encore qu'un seul de ces œufs contenait la race humaine toute entière. C'est ce qui constitue le système de V emboîtement des germes , dont Bonnet a été le plus ardent défenseur. Mais l'esprit, avec raison , doit s'effrayer de cet emboîtement prétendu ; oh. en sera le terme ? Cela suppose la matière divisible indéfiniment; et, si pour échapper à cette objection, on dit que les êtres vivans actuels doivent
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finir un jour, et qu'ainsi on doit à la fin arriver à des œufs qui n'en contiennent plus d'autres, il reste toujours à dire comment s'est faite la première production. Enfin les plus judicieux des ovaristes établissent que chaque individu fait ses œufs par une sorte d'action sécrétoire; et le fait des générations gemmipares, dans lesquelles on voit la surface externe du corps pousser des bourgeons reproductifs, ainsi que celui des nombreuses reproductions de parties dans les divers êtres vivans, leur semblent confirmatifs de leur idée.
En 1674, Ham et Leeuwenhoek, d'un côté, et Hartsœker de l'autre, découvrirent dans le sperme des animaux une quantité j)rodigieuse de petits corps exécutant des mouveniens spontanés; et ces petits corps leur semblant être des animaux, cette découverte donna naissance à un nouveau système sur la génération, celui des anirarJcules spermatiques. On admit que ces animalcules, à la suite de plusieurs métamorphoses, formaient l'individu nouveau. Tandis que dans Je sv-stème d'emboîtement , la première femme contenait tout le genre humain, ici c'était le premier homme qui contenait toutes les générations futures, l'animalcule spermatique étant le germe préexistant, le petit homoncule organisé, dans lequel étaient renfermés tous les autres. Des faits et des raisonnemens étaient employés à justifier ce système. Il existe des animalcules spermatiques dans le sperme de fous les animaux , et on ne trouve de ces animalcules dans aucune des autres humeurs du corps. Ces animalcules diffèrent d'espèce à espèce animale, mais ils sont toujours semblables dans le sperme d'un même animal. Ils ne se montrent dans le sperme de tout anira.1l qu'à l'âge où la génération est possible, et manquent dans le premier âge comme dans le dernier. Leur nombre est si considérable, que, dans une goutte de sperme de coq, égalant à peine en volume un grain de sable , ils s'élèvent à cinquante mille, ce qui, pour les sectateurs du système, était en rapport avec la prodigalité que déploie généralement la nature pour la reproduction des espèces vivantes, et un moyen d'expliquer pourquoi Spallanzani avec des atomes de sperme avait pu effectuer des fécondations artificielles. La petitesse des animalcules ne leur paraissait pas être non plus en disproportion avec la stature de l'être qui doit en provenir; car ils voyaient plus de différences encore entre une graine et l'arbre qui en provient. L'animalcule spermatique fut donc présenté comme étant le rudiment de l'in-