HUILE DE CADE
Enfin la sahcne est une autre espèce de genévrier [Juniperus .sabina). Voyez ss.bi'sv.. (a. richard.)
GÉNIE, ingenium, genius. Cette expression qui, dans son acception la plus commune , n'a pas d'analogue dans la langue latine et qui par conséquent n'est pas exactement rendue par les mots latins qui l'accompagnent ici, désigne le plus haut degré d'activité de l'une ou de plusieurs des facultés intellectuelles, susceptible de donner lieu à de grands résultats. Cette signification est un peu restreinte ou entièrement modifiée, lorsqu'on emploie le mot génie en médecine. Ainsi le génie médical ou chirurgical consiste dansla faculté de saisir avec promptitude et d'exécuter avec talent les indications thérapeutiques ou chirurgicales. On a appliqué la dénomination de génie aux maladies elles-mêmes, elle a servi à désigner leur caractère spécial ou leur nature, surtout quand il s'agissait de maladies épidéraiques. Ainsi l'on a dit que telle épidémie avait un génie inflammatoire, bilieux, rauqueux, etc. C'est dans d'autres articles de cet ouvrage qu'on devra rechercher jusqu'à quel point il existe un génie inflammatoire, bilieux, etc., imprimant un caractère commun à toutes les malaladies qui se développent dans une saison, dans un pays. Voyez
ÉPID'iMIE, ENDÉMIE. ( R. D. )
GENIEN, ENNE, adj. , genianus. Quelques anatomistes appellent l'apophyse ç^êni, apophyse génienne. Voy. géni. (h. c. )
GENIÈVRE, s. m. Voyez genévrier. (a. r.)
GÉNIO-GLOSSE, adj. , genio-glossus ; qui appartient à l'apophyse géni et à la langue.
Les anatomistes ont donné le nom de muscle génio-glosse , musculus genio-glossus , à un muscle qui est aplati transversalement, triangulaire, rayonné, placé entre la langue et l'os maxillaire inférieur. Il s'insère au tubercule supérieur de l'apophyse géni par un petit tendon qui se prolonge plus en dehors qu'en dedans, et d'où partent les fibres charnues en divergeant et en suivant diverses directions. Les supérieures, qui sont les plus courtes , d'abord horizontales , étant parvenues: à la partie infé-
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rieuie de la langue, se courbent de bas en haut et d'arrière en avant pour aller à la pointe de cet organe. Les moyennes, moins courbées , se confondent sur le côté avec le muscle lingual; les inférieures, beaucoup plus longues, descendent obliquement en arrière et vont se perdre à sa base , ou même se fixer en partie au sommet de la petite corne de l'os hyoïde, ou se continuer avec le muscle constricteur moyen du pharynx. Il résulte de cette disposition que le muscle génio-glosse représente un triangle dont la base est attachée à la langue, où ses fibres s'entrelacent avec celles des muscles lingual, stylo-glosse, constricteurs supérieur et moyen du pharynx, et hyo-glosse. A l'endroit où les deux muscles génio-glosses se touchent en arrière , on voit un petit trousseau de fibres qui monte vers le ligament raoven del'épiglotte, pour s'insérer à la face dorsale de cet organe.
lua /ace externe du muscle génio-glosse est couverte par la glande sublinguale, par les muscles stylo-glosse , hyo-glosse, lingual et mylo-hyoïdien. Sa /ace interne est en contact avec celui du côté opposé , et se confond même avec lui en bas et en arrière. Son bord in/érieur répond au muscle génio-hyoïdien ; le supérieur, à la membrane muqueuse de la bouche.
La contraction des fibres inférieures de ce muscle porte la langue et l'os hyoïde en avant, après avoir préliminairement élevé ce dernier : les supérieures la tirent en arrière et la ramènent à la position naturelle; les moyennes creusent sa face dorsale en gouttière. Voyez déglutition, digestion, langue, (h. cloquet.)
GÉNIO-HYOIDIEN, enne, adj., genio-hjoïdeus ; qui appartient à l'apophyse géni et à l'os hyoïde.
Les anatomistes ont donné le nom de muscle génio-hyoïdien , à un muscle de la région hyoïdienne supérieure.
Mince, court , aplati , plus étroit en haut qu'en bas , situé derrière le muscle mylo-hyoïdien, ce muscle se fixe par une espèce de petit tendon aux tubercules inférieures de l'apophyse géni, et descend en arrière pour s'insérer à la partie moyenne de la face antérieure du corps de l'os hyoïde.
Sa face antérieure, inclinée en bas , est couverte par le muscle mylo-hyoïdien. La postérieure est appliquée contre les muscles génio-glosse et hyo-glosse. Son bord interne, contigu à celui du côté opposé, se confond souvent avec lui.
Les usages de ce muscle sont d'élever l'os hyoïde en le porlant en avant, ou d'abaisser la mâchoire inférieure. ( h. ci.oqukt. )
GÉNIO-PHARYNGIEN , exne , adj. , genio-pharjngœus ; qui appartient à l'apophyse géni et au pharynx.
Winslow et Sabatier ont donné le nom particulier de muscles génio-pharyngiens à des trousseaux de fibres charnues qui font véritablement partie du muscle constricteur supérieur du pharynx, ^ojez constricteur, (u.c.)
GÉNITAL, adj., genitalis ; qui appartient à la génération.
GENOU, s. m.,genu, du mot grec y'cvu; partie formée par la jonction de la cuisse avec la jambe. En devant, ou dans le sens de l'extension du membre , le genou forme une saillie due principalement à la présence de la rotule; en arrière, il présente le creux du jaret, d'autant- plus profond, que là flexion est plus grande, et à peine marqué dans l'extension complète. Les os sont presque à nu dans le premier sens , et l'on distingue facilement sur le côté antérieur du genou la forme de la rotule , la saillie de ses bords, plus grande pour l'interne, la partie antérieure des condyles du fémur, dont la paulie se découvre dans la flexion de la jambe j de sorte qu'alors la rotule, située plus bas, et les bords de cette poulie, constitueut trois éminences qui donnent au genou un tout autre aspect; latéralement, la peau est soulevée par les tubérosités des condyles du fémur, au-dessous desquelles on trouve les tubérosités du tibia, et en dehors la tête du péroné. Trois saillies musculaires, bien apparentes seulement dans l'état de contraction , surmontent ces saillies osseuses; elles sont formées par l'attache des muscles extenseurs de la jambe, à la rotule par celle du grand adducteur à la tubérosité interne du fémur, et de l'jiponévrose crurale à la tubétosié externe. La partie postérieure du genou n'offre que la saillie des muscles qui bornent de chaque côté le creux du jarret, et qui déterminent ce creux.
La peau du jarret est mince , fine , ridée en travers et pourvue de follicules sébacées; celle de la partie antérieure du genou a un peu plus d'épaisseur. Le tissu cellulaire sous-cutané contient du tissu adipeux, plus abondant en arrière qu'en avant, souvent ferme et comme granulé dans ce dernier sens , et composé de lobes moins consistans dans le premier; Il existe, en outre, au devant de la rotule, une bourse mucilagineuse plus ou moins marquée. Quelques veines rampent dans cette cotiche cellulo-
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graisseuse ; les plus apparentes sont du côté du jarret ; elles se rendent dans la veine sapliène interne qui est située sous ce tissu cellulaire, derrière la tubérosité du condyle interne, accompagnée du nerf du même nom. Plus profondément, on trouve la terminaison de l'aponévrose crurale , au-dessous de laquelle le genou présente, sur le devant de l'articulation, le tendon des muscles triceps et droit antérieur de la cuisse, ses expansions aponévrotiques et les rameaux des artères articulaires formant un réseau placé en grande partie immédiatement sur la membrane synoviale.
Au jarret, l'aponévrose crurale, réunie à celle de la jambe, recouvre un grand nombre de parties musculaires, vasculaires et nerveuses. Les muscles sont sur les côtés; ils circonscrivent une espèce de lozange qui correspond au creux du jarret. Du côté de la cuisse, le biceps en dehors, le demi-tendineux et surtout le demimembraneux en dedans, forment les bords de cet espace, dont les deux autres bords sont représentés, vers la jambe, parles muscles jumeaux. L'angle supérieur est plus allongé et plus aigu que l'inférieur; vers les angles latéraux, les jumeaux sont embrassés par les muscles de la cuisse, sous lesquels ils passent pour arriver au-dessus des condyles du fémur. Deux autres muscles , le droit interne et le couturier, sont placés en dedans , au-delà du demi-membraneux, derrière la tubérosité du condyle interne. L'espace poplité se continue inférieurement sous les muscles jumeaux jusqu'à l'arcade aponévrolique du soléaire. Il contient, au niveau du lozange indiqué, du bord externe vers l'interne, 1° le nerf sciatique poplité externe, qui l'abandonne avec le biceps pour gagner le côté externe de la jambe ; 2" une branche de ce nerf qui concourt à la formation du saphène externe; 3° la veine saphène externe ou postérieure, passant , à sa terminaison , sous le nerf sciatique poplité interne, pour s'ouvrir dans la veine poplitée;/l° le nerf sciatique poplité interne, qui traverse l'espace exactement dans son milieu , de son angle supérieur à l'inférieur ; 5°la veine et l'artère poplitée, situées sur un plan plus profond et superposées l'une à l'autre, de manière c{ue la veine recouvre l'artère et la dépasse un peu en dehors : ces vaisseaux traversent obliquement le creux poplité , sortant de dessous son bord interne, et se rapprochant de son milieu à mesure qu'ils descendent; ils donnent dans cette partie de leur trajet les vaisseaux arliculaires supérieurs et moyens, qui sont les parties les plus
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profondément situées. Une grande quantité de tissu cellulaire graisseux entoure toutes ces parties; on y trouve quelques glandes lymphatiques en nombre variable depuis deux jusqu'à cinq, qui avoisinent les vaisseaux poplités, et des vaisseaux lymphatiques joints à ces derniers et à la veine saphène externe. La partie inférieure de l'espace , cachée par la rencontre des muscles jumeciux, renferme la continuation de l'artère et de la veine poplitées , celle du nerf sciatique poplité interne, qui se trouve alors plus rapproché de ces vaisseaux, les branches de ce nerf, de l'artère et de la veine , qui vont aux muscles jumeaux , l'origine des vaisseaux articulaires inférieurs , et le muscle plantaire grêle. Le fond de l'espace poplité est formé, supérieurement par le fémur, en bas par le muscle poplité, au milieu par le ligament postérieur de l'articulalion.
Le genou a un volume relativement plus grand dans les enfans que dans les adultes, par la grosseur des extrémités osseuses dans le premier âge. 11 ne diffère chez la femme que par l'angle plus marqué que forment les os latéralement , à cause de l'obliquité plus grande du fémur.
Des tumeurs enkystées formées par le développement de la bourse muqueuse sous-cutanée de la rotule , la rupture du tendon des extenseurs et l'anévrisme de l'artère poplitée , sont les principales affections propres aux parties molles qui entourent le genou.
GENOU ( articulation du }. On la nomme encore fémorotihiale , du nom des os qui la composent. Elle résulte du contact des condyles du fémur avec les cavités superficielles de l'extrémité supérieure du tibia et la face postérieure de la rotule. Ce dernier os est uni au tibia par un fort ligament, et suit tous ses mouvemens. Les condyles du fémur ont plus d'étendue que les surfaces opposées , et dépassent en arrière les cavités du jibia, quand les deux os sont sur la même ligne. Ces os forment dans leur jonction un angle saillant en dedans, à cause de l'obliquité du fémur.
Les cartilages articulaires sont épais sur le fémur et le tibia , surtout vers le centre des surfaces; celui de la rotule est plus mince.
Le ligament de la rotule est fixé à la tubérosité antérieure du tibia et à l'angle inférieur de la rotule ; il glisse sur la tubérosité du tibia, avant de s'y attacher, à l'aide d'une membrane sy-
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noviale assez lâche. Ce ligament a tout-à-fait l'apparence d'un tendon, et se continue devant la rotule, par quelques fibres, avec le tendon des muscles droit antérieur et triceps crural ; ses bords, ainsi que ceux du tendon et de la rotule elle-même , donnent naissance à des expansions fibreuses qui vont se fixer aux tubérosilés externe et interne du fémur et du tibia. Avant l'ossification de la rotule, le tendon et le ligament sont un seul et même organe.
Deux fibro- cartilages ou ménisques inter - articulaires, que leur forme fait appeler semi-lunaires , deux ligamens latéraux, un postérieur, deux ligamens croisés, une membrane synoviale très-étendue, composent, avec le ligament rotulien, les moyens d'union et de mouvement de cette articulation.
Les ligamens cartilaginiformes semi -lunaires , placés entre les condyles et le tibia , entourent les cavités articulaires de ce dernier os , et en augmentent un peu la profondeur : ce sont des lames flexibles et compressibles, élastiques, recourbées Tune Ters l'autre, épaisses du côté convexe , qui forme le bord de chaque cavité, et s'amincissent graduellement du côté concave, de manière que leur face supérieure se continue avec la surface articulaire. Leurs extrémités sont attachées devant et derrière l'épine du tibia; leur bord convexe est fixé par son adhérence en dessus et en dessous avec la membrane synoviale. Le ligament semi-lunaire externe est presque circulaire, et ses extrémités sont très-rapprochces ; l'interne est plus allongé, ce qui dépend de la forme différente des deux cavités, en rapport avec celle des condyles. Les fibres de ces ligamens sont assez apparentes dans leur partie épaisse, et surtout à leurs extrémités ; p^ distinctes au contraire vers leur bord libre, où leur tissu semble homogène comme celui des cartilages. Ils sont unis L'un à l'autre, dans leur partie antérieure , par un petit faisceau fibreux transversal , qui se détache de leur convexité.
Les ligamens latéraux s'attachent supérieurement aux tubérosités des condyles du fémur, d'où l'interne descend se fixer à la face interne du tibia, tandis que l'externe va à la tête du péi'oné. Le ligament interne est aplati et élargi au-dessus de son insertion inférieure ; l'externe a la forme d'un cordon arrondi. Leur direction est à peu près verticale : cependant l'externe descend un peu obliquement en arrière. Ils sont plus rapprochés de la partie postérieure de l'arliculatiou que de l'anlé-
rieure. Leurs fibres sont longitudinales et serrées ; elles adhèrent aux expansions qui se fixent à la rotule, et aux ligamens semi-lunaires qu'elles recouvrent.
Le ligament postérieur est une sorte de membrane fibreuse qui s'attache derrière les condyles du fémur et les tubérosités du tibia , ainsi qu'à la tête du péroné. Il est principalement formé de fibres obliques, étendues du condyle externe du fémur à la tubérosité interne du tibia , et confondues en partie avec le tendon du muscle demi- membraneux ; mais il présente aussi des fibres longitudinales vers sa partie moyenne, et en dehors un faisceau de même direction, par lequel il tient au péroné, et qui forme le ligament externe postérieur ou court de quelques anatomistes.
Les ligamens croisés sont situés profondément entre les os , vers la partie postérieure de l'articulation, séparés du ligament postérieur par beaucoup de graisse. Ils s'attachent dans l'échancrure qui est entre les condyles du fémur et dans l'intervalle des cavités articulaires du tibia , en se croisant obliquement, de manière que l'un, antérieur et externe, se fixe devant l'épine du tibia, et au condyle externe du fémur, près de son extrémité postérieure, et l'autre, postérieur interne, derrière l'épine du tibia et au condyle interne, vers la partie antérieure. Le ligament croisé antérieur se continue on partie avec le ligament semi- lunaire interne, dont l'attache antérieure se fait devant la sienne; le ligament croisé postérieur envoie un faisceau considérable au ligament semi-lunaire externe. Ces ligamens sont très-forts et composés de fibres parallèles , rassemblées en faisceaux distincts.
La membrane synoviale revêt, d'une part, les surfaces articulaires, en se prolongeant un peu au delà du cartilage sur les parties latérales et antérieures du fémur, et tapisse, de l'autre, toutes les parties qui entourent l'articulation, en embrassant par des replis celles qui avancent entre les os, comme les ligamens semi- lunaires et croisés. Entre le fémur et la rotule, elle est libre et forme un cul-de-sac tiès-làche, recouvert par le tendon des extenseurs de la jambe. Au-dessous de la facette articulaire delà rotule, elle est écartée de cet os et de son ligament par un paquet considérable de tissu graisseux, sur lequel elle forme plusieurs replis flottans; elle fournit au même endroit un prolongement qui traverse l'articulation, et va se fixer entre les
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condyles du fémur, ou plutôt se continuer avec la synoviale qui les revêt : ce prolongement contient un petit faisceau fibreux , et renferme du tissu adipeux à sa base ; on lui a donné le nom de ligament adipeux. Cette membrane est encore soulevée par du tissu adipeux au-devant des ligamens croisés, vers les bords des cartilages articulaires , devant et derrière l'épine du tibia , et à la circonférence des ligamens semi- lunaires. Elle reçoit beaucoup de vaisseaux dans tous ces points et dans les replis frangés tju'elle forme : c'est une des membranes qui sécrètent le plus de synovie.
L'articulation du genou offre des mouvemens de ginglyme angulaire, la flexion et l'extension ; et des mouvemens de rotation, qui n'ont lieu que dans l'état de flexion. Dans la flexion de la jambe sur la cuisse, le tibia glisse sur le fémur d'avant en arrière, et la rotule glisse de haut en bas , tandis que, dans la flexion de la cuisse sur la jambe, le fémur glisse d'arrière en avant sur le tibia , et de bas en haut sur la rotule ; dans l'un et l'autre cas, les cavités du tibia recouvrent la partie postérieure des condyles, qui se découvrent en devant. Le contraire arrive dans l'extension. 11 est aisé de voir que presque tous les ligamens, le postérieur , les latéraux, les croisés, sont relâchés dans le premier mouvement , qui n'est borné que par la rencontre des deux membres , et fortement tendus dans le second , de manière à s'opposer à toute inclinaison des os en devant. Les ligamens croisés, en particulier, sont fortement serrés l'un contre l'autre dans l'extension. La laxité de la membrane synoviale en avant, l'étendue de la surface articulaire des condyles en arrière, favorisent singulièrement la flexion. La rotation du tibia se fait autour de son axe, de sorte que ses deux cavités glissent en sens inverse sur les condyles du fémur. Dans la rotation en dedans, le ligament semi-lunaire externe est retenu par le ligament croisé postérieur , et les deux ligamens croisés sont fortement appliqués l'un contre l'autre; ce qui borne bientôt le mouvement. La rotation en dehors a plus d'étendue, les ligamens croisés étant écartés dans ce mouvement.
La solidité de cette articulation est très - grande , surtout dans le sens transversal; elle dépend principalement du nombre et de la force des ligamens, et beaucoup moins de la configuration des surfaces, qui n'offrent point cet enclavement que
l'on remarque au coude : aussi, les puissances capables de produire la rupture des ligamens opèrent-elles facilement le déplacement des os, malgré la largeur des surfaces par lesquelles ils se correspondent.
Les luxations du tibia, de la rotule, les fractures de ce dernier os, la rupture de son ligament, l'inflammation, les plaies, l'hydropisie de la membrane synoviale, les tumeurs blanches, les corps étrangers articulaires , l'ankylose, sont les maladies qui affectent l'articulation du genou. ( a. béclard. )
GENRE, s. m., genus. Collection d'objets qui ont certaines analogies et qui se réunissent par des caractères communs. C'est par abus que Ton se sert de ce mot comme synonyme de système anatomique dans cette locution : genre nerveux.
GENTIANE, s. f., gentiana lutea L. C'est la racine de cette plante que l'on trouve dans les pharmacies sous le nom de racine de grande gentiane , et que l'on emploie si fréquemment en médecine. La gentiane jaune est une plante vivace, croissant dans les lieux montueux en Auvergne, en Bourgogne, dans les Vosges, les Alpes et les Pyrénées. Sa tige est droite , simple, haute de dçux à trois pieds. Ses feuilles radicales sont ovales , larges , pétiolées , entières, aiguës, marquées à leur face inférieure de cinq à sept nervures parallèles et longitudinales. Celles qui naissent de la tige sont opposées, embrassantes et connées à leur base. Les fleurs sont grandes, jaunes, groupées à l'aisselle des feuilles supérieures qui sont de plus en plus petites ; elles représentent une sorte d'épi interrompu. Le calice est mince, scarieux à cinq dents, fendu latéralement jusqu'à sa base. La corolle est rotacée et à cinq lobes. La capsule est ovoïde terminée en pointe, à une seule loge, s'ouvrant en deux valves. Le genre Gentiane, dont le nom vient, selon plusieurs lexicographes, de celui de Gentius, roi d'Illyrie, qui le premier reconnut les propriétés de cette plante, est le type de la famille naturelle des Gentianées; il appartient à la Pentandrie digynie de Linné.
La racine de gentiane du commerce est presque simple, allongée, cylindrique, de la grosseur du pouce et un peu au delà , d'une longueur variable. Sa couleur est d'un jaune brunâtre à l'extérieur, avec des rides transversales , d'un jaune plus clair intérieurement. Son odeur est presque nulle ou un peu vireuse; sa saveur est d'une amertume franche, qui persiste fort long-temps dans la bouche. Plusieurs chimistes modernes se sont occupés
de l'analyse de la gentiane. IVous citerons particulièrement MM. Henry et Caventou, Giiillëmin et Jacquemin. Ils y ont trouvé un principe amer , que les deux premiers de ces chimistes considèrent comme de nature acide, mais qui nous paraît plutôt participer de la nature des alcalis organiques, puisque sa saveur amère est neutralisée par les acides, tandis qu'au contraire elle s'avive par les alcalis. Ce principe a reçu le nom de gentiamn. La racine de gentiane contient de plus une matière resino-oléagineuse analogue au caoutchouc, beaucoup de mucilage, et une très-petite quantité de sucre. Par la fermentation on en retire un alcohol très-abondant, mais qui conserve un goût désagréable. Cet alcohol parait provenir plutôt de la décomposition du mucilage, qui est en si grande quantité , que de celle du sucre, qui n'y est qu'en faible proportion. Dans les Alpes on en prépare une très- grande quantité , et la gentiane jaune y est devenue fort rare dans certains cantons, par suite de cette opération , pour laquelle on commence à employer également la racine des autres grandes espèces de ce genre, et en particulier celle des gentiane pourpre et gentiane ponctuée. D'après l'analyse de MM. Guillemin et Jacquemin, le gentianin existe en plus grande abondance et surtout plus pur dans les racines des petites espèces al])ines, que dans la gentiane jaune. Ce principe y est moins masqué par le mucilage qui abonde, comme on sait, dans cette dernière , tandis qu'il est en très-petite quantité dans les autres. Aussi leur amertume est-elle plus franche et plus intense. On pourrait donc, sous un plus petit volume, administrer avec la racine de gentiana acaulis , par exemple, un médicament plus énergique. Il est important de remarquer que les principes actifs de la gentiane sont également solubles dans l'eau, le vin et l'alcohol. On l'administre sous différentes formes : ainsi tantôt on la donne en poudre, tantôt on en prépare des infusions, un vin, un extrait ou un élixir. Ces diverses préparations sont colles que l'on emploie le plus souvent dans la pratique. Leur dose varie suivant l'indication que l'on veut remplir.
L'amertume franche et intense de la gentiane la place à la tète de nos médicamens toniques indigènes. Donnée à faible dose , telle que huit à dix grains de sa poudre, trois à quatre grains de son extrait, elle active les digestions et développe l'appétit. Si cette dose est augmentée, l'excitation finit , au bout d'un certain temps, par se communiquer aux autres organes de l'économie animale.
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Mais celte réaction n'est jamais brusque ni instantanée , elle s'opère lentement , et elle persiste avec la même force pendant long-leraps. Ce caractère appartient à toutes les substances amères et distinpfue la médication qu'elles développent de celle des substances aromatiques et stimulantes.
La gentiane se donne fréquemment aux personnes qui digèrent difficilement ou dont l'appétit a besoin d'être excité par quelque substance tonique. On a remarqué que l'usage de ce médicament , donné ainsi à faible dose, était surtout avantageux pour les individus tourmentés d'affections arthritiques. Chez eux, en effet, les fonctions digestives ne s'exécutent souvent que d'une manière lente et irrégulière.
Les scrofules sont l'une des maladies contre lesquelles l'on prescrit le plus souvent la gentiane. Elle peut même en })révenir le développement, et être considérée comme un moyen prophylactique de cette maladie. Ainsi chez les enfans pâles, dont la figure est bouffie , les lèvres et le nez gonflés, en un mot qui offrent les caractères d'une constitution scrofuleuse, l'em- •ploi de la teinture de gentiane, aidée de l'usage de bosus alimens, de vêtemens chauds ^ de l'exercice et de l'habitation dans des lieux bien aérés et exposés aux rayons du soleil , en agissant lentement sur toute l'économie , préviendra le développement de la maladie. Il est vrai que dans cette circonstance, le régime aura eu une très-grande part au résultat obtenu, mais la gentiane y aura aussi puissamment contribué. Son usage est également avantageux , suivant un grand nombre d'auteurs , quand la maladie est déclarée, lorsqu'il y a gonflement et même suppuration des glandes lymphatiques du cou et de quelque autre partie. Néanmoins il faut en suspendre l'usage , quand il y a irritation des'voies digestives, ou que les glandes du mésentère sont enflammées et très-douloureuses. On a observé que les enfans qui font usage de la gentiane sont par le même moyen débarrassés des vers intestinaux. Ce médicament peut donc être regardé comme vermifuge.
Lorsque Jes fièvres intermittentes simples se prolongent au delà du temps où le plus souvent elles cessent d'elles-mêmes et par les seuls efforts de la nature, on peut recourir à l'emploi de la gentiane : l'infusion d'une demi- once à une once de cette racine dans une livre d'eau bouillante , le vin préparé avec sa teinture alcoholique , son extrait , sont alors prescrits avec
avantage et préviennent en général le retour des accès. Cependant, ainsi que Cullen l'a fort bien remarqué, ce médicament acquiert une énergie bien plus grande, si on lui associe quelque autre substance riche en tannin. Ainsi le mélange de parties égales d'écorce de chêne et de racine de gentiane forme un médicament essentiellement tonique qui, dans beaucoup de cir constances, a remplacé avec efficacité l'emploi du quinquina.
Enfin nous rappellerons que quelquefois les chirurgiens se servent de petits fragmens de racine de gentiane bien desséchée, qu'ils introduisent dans les ouvertures fistuleuses , pour s'opppser au rapprochement de leurs parois. Cette substance, en se gonflant par suite de l'humidité dans laquelle elle se trouve plongée, tient lieu de l'éponge préparée que l'on emploie d'ordinaire dans cette circonstance.
Il est important de remarquer , en terminant , que la gentiane jaune n'est pas la seule espèce du genre qui possède les propriétés que nous venons d'énumérer rapidement, mais que toutes les autres espèces du genre , et en particulier celles dont la racine est épaisse et vivace, peuvent parfaitement la remplacer, et s'employer aux mêmes doses et dans les mêmes circonstances. Ainsi dans la plus grande partie l'Allemagne on emploie la racine de la gentiana purpurea. (a. richard.)
GENTIANÉES , gentiaiieœ , s. f. ; famille naturelle de plantes Dicotylédones monopétales , dont la gentiane est le type et le genre principal. Une corolle monopétale régulière à cinq lobes, cinq étamines alternant avec ces lobes ; une capsule à une ou deux loges , s'ouvrant en deux valves et contenant un grand nombre de graines attachées à des placentas pariétaux, forment les caractères essentiels de cette famille , qui se compose de végétaux herbacés, dont les feuilles sont opposées. Une amertume franche et très-intense est la propriété caractéristique de toutes les 2,^rvtianées. Elle existe dans toutes leurs parties, dans les feuilles, la tige, et surtout la racine. Ainsi l'on emploie les feuilles et les sommités fleuries de plusieurs espèces à'erythrcea, sous le nom àe petite centaurée. Les tiges et les fcTiilles du menyanthes sont prescrites sous celui de trèjle d'eau. Enfin dans les espèces du genre Gentiane', c'est dans les racines que le principe amer, auquel on a donné le nom de gentianin , est plus développé. Aussi est-ce surtout cette partie que l'on emploie. Nous ne répéterons pas ici que toutes les espèces de ce genre jouissent des mêmes