G ES
possèdent des propriétés énergiques que l'on ne saurait contester. Administrés, même à de faibles doses, ils déterminent tous les phénomènes de la médicalion stimulante : accélération de la circulation, augmentation de la chaleur animale et des sécrétions, eîc. Mais on doit être fort réservé sur la dose à laquelle on les prescrit. En effet l'huile essentielle qu'ils contiennent en si grande (|uantlté les rend irritans lorsqu'on les donne a dose un peu élevée. Ainsi on pourra prescrire cinq à six grains de la poudre mélangée avec autant de sucre. Le vin et l'alcoliol se chargeant également des principes actifs du gérofle , oa en prépare une teinture et un vin. On donnera vingt à trente gouttes de la première sur un morceau de sucre ou dans une tasse d'un véhicule convenable , et un à deux gros du vin, lorsqu'on voudra réveiller l'action du tube digestif ou de l'estomac, citez les personnes qui ont besoin d'être fortement stimulées. Néanmoins, nous le répétons, l'usage des gérofles dans la tliérapeutique est peu répandu. Quant à son hude volatile, on est communément dans l'usage d'en imbiber une petite boulette de coton que l'on place dans l'Inlérleur des dents cariées, afin d'opérer la cautérisation du filet nerveux mis à nu. Mais outre que ce moyen ne réussit pas toujours, qu'il augmente fréqiiemment la douleur au lieu de la calmer, Il frappe quelquefois de carie les dents voisines : on doit donc s'en abstenir.
Les fruits de géroflier qui sont des baies presque sèches de la grosseur d'une aveline, couronnées par les dents du calice, possèdent à peu près les mêmes propriétés. On les emploie aussi comme aromates, ou bien on les fait confire dans du sucre, et les maiins s'en servent avec avantage dims les voyages de long cours, pour prévenir le développement du scorbut. Quanta son écorce, elle est d'une couleur fauve , d'une odeur et d'une saveur aromatiques. On la trouve quelquefois dans le commerce mélangée avec celle du inyrtus caiynphjllala L., sous le nom de canelle giinjlce. Cette écoi'ce est beaucûn[) moins aromaTique et moins recherchée que la candie de Ceylan. (a. RicuARn.)
GESTA, part., pi., n.., neut. , pris substanilveiuent; mot latin transporté dans noire langue, par lequel on désignait une classe d'agens hygiéniques. C'était parmi les gesta qu'étaient rangées les Influences produites sur l'économie animale par toutes les es]>èces d'exercices. Voyez gymnastique. (rostan.)
GESTATION, s. t prcgnutio , i^raviditas. Ce mol, dérivé de
gestare {geatare in utero), est employé pour désigner l'état d'une femelle qui a conçu, ^t porte dans son sein le produit de la conception. La gestation, considérée dans l'espèce humaine, s'appelle grossesse; et comme dans ce Dictionnaire nous nous occupons spécialement de l'homme, c'est au mot grossesse que tout ce qui a rapport à cet état sera exposé. (d.)
On a aussi désigné sous le nom de gestation les divers mouvemens communiqués au corps dans un but d'exercice. J^oy. ctm-
KASTIQUE.
GESTE , s. m. , gestus. On appelle ainsi les divers mouvemens du corps qui ont pour but d'exprimer, de peindre aux yeux nos sentimens et nos idées. Les mouvemens des différentes parties de la face pourraient être également considérés comme des gestes ; on les désigne plus communément sous le nom à'exprcssion de la physionomie. Dans le langage ordinaire, les gestes ne sont que l'expression aciuelle de sensations momentanées. On doit étendre la signification de cette dénomination, et l'appliquer aux mouvemens perraanens ou fugitifs qui décèlent l'existence des affections qui nous sont habituelles, comme de celles qui ne durent que quelques instans. Ce sujet, qui contient la théorie de tous les genres d'expressions muettes, peut être X
compris et sera traité sous le terme de muteose. Voyez ce i
mot.
GIBBOSITÉ, gibbositas, de gibbus , bosse; saillie anormale que forme la colonne vertébrale, les côtes, le sternum, et qui est déterminée particulièrement par la déformation de la colonne vertébrale. Cette déformation est elle-même un symptôme de la carie ou du ramollissement des vertèbres. Voyez carie, f,
RAMOLLISSEMENT, RACHITIS , VERTÈDUES.
GINGEMBRE, s. m., radix zingiberis ; racine du zingiber officinale, Rich. , ou amomurn zingiber, L.; plante vivace de »-
la famille des Balisiers ou Amomées, et de la ?tIonandrie mono- ^8
gynie. Le gingembre est originaire des Grandes-Indes , de la ''
Chine et des Philippines. On l'a naturalisé dans les Antilles et à Cayenne, d'où l'on en tire aujourd'hui une assez grande .
quantité par la voie du commerce. Cette racine est en mor- 9
ccaux irréguliers aplatis, plus ou moins ramifiés, gris et striés à l'extérieur, d'un blanc jaunâtre intérieurement, où elle se compose d'un tissu fibreux , rempli d'une substance amilacée très abondante, blanche et parsemée de petits points rougeàtres
ou jîiunes. Son odeur est aronialuitic el tomme t'Jrébenlliacée. Sa saveur est acre et très-piquante; elle est extrêmement développée dans )a partie corticale et dans les fibres peu nombreuses qui forment son réseau intérieur. Elle est à peine marquée dans la partie amilacée qui en constitue presque toute la masse. On doit cho'sir cette racine bien pesante, et non piquée des vers , ce qui arrive très-fréquemment, malgré la précaution que l'on prend généralement de la plonger dans une lessive alcaline pour éviter ce grave inconvénient.
La racine de gingembre, outre l'amidon qui en forme presque toute la masse, contient une grande quantité d'une huile volatile plus légère que l'eau, et d'une âcreté extraordinaire, qui lui communique la saveur poivrée que nous y avons signalée. Dans rinde, oa emploie surtout cette racine comme aromate pour l'assaisonnement des viandes. Autrefois cet usage s'était même répandu dans plusieurs contrées du nord de l'Europe ; mais on y a presque entièrement renoncé. On prépare avec cette racine fraîche, dans les régions où croît le gingembre, une sorte de confiture très-agréable et très-utile dans plusieurs circonstances. On choisit de belles racines, et, après les avoir bien lavées, on les laisse macérer pendant huit jours dans un vase, en ayant soin de renouveler l'eau deux fois par jour. Par ce procédé , on les prive de la plus grande partie de leur àcreté. On les fait ensuite cuire dans un sirop, que l'on fait convenablement réduire, et dans lequel on les conserve pour l'usage. Cette confiture, que l'on apporte aussi en Europe, est d'un goût agréable et aromatique. Elle est excitante, et, dans le nord de l'Europe, on s'en sert après les repas pour favoriser la digestion. Elle est aussi fort utile dans les voyages de long cours pour prévenir le développement du scorbut.
En Europe on se sert très- peu du gingembre comme niétli cament; car, à l'exception de quelques préparations Irès-coin pliquées, telles que le diascordium et la thériaque dont il fait partie, on le voit rarement figurer dans les prescriptions médicinales. Ce n'est pas qu'il ne soit un excitant fort énergique, et que son usage ne puisse être quelquefois avantageux dans plusieurs circonstances. Ainsi, les uns l'ont conseillé daii-> les débilités de l'estomac, pour exciter les fonctions de cet organe;- les autres l'ont prescrit contre les fièvres intcrmir lentes; mais rarement on voit les praticiens y avoir rccour?
a.i3 GIN
Quelquefois cependant on l'associe aux préparations purji[agalives, moins pour en augmenter les effets que pour en mas- (juer la saveur désagréable. En Angleterre, on prépare une bierre au gingembre, qui est une boisson agréable, et dont l'usage est avantageux dans le scorbut et les scrofules. En France, on se sert quelquefois de la conserve ou confiture de gingembre, comme slomacliique. Mais il faut bien distinguer les cas où l'estomac digère mal par suite d'une véritable faiblesse, de ceux où une inflammation chronique de cet organe l'empêche d'exercer ses fonctions, et où l'usage du gingembre augmenterait les accidens, au lieu de les diminuer. On peut aussi employer l'infusion d'un gros de racine de gingembre grossièrement concassée dans une livre d'eau, pour activer la sécrétion des reins. Ce moyeu réussit généralement chez les vieillards.