‹ Dictionnaire de médecine; ou, Répertoire général des sciences médicales considérées sous les rapports théorique et pratiqueChapitre 25 sur 62 · A. RICHARD · texte numérisé non relu

A. RICHARD

GINGLYME , s. m.,giiigljmus , du mot grec yiyyXufcoç; articulation en charnière ou à mouvemens alternatifs en deux sens opposés. De ce genre sont : les arliculations du coude , du genou , du coude-pied , des secondes et troisièmes phalanges des doigts et des orteils, de la première phalange du pouce, celles du radius avec le cubitus, de la première vertèbre du cou avec la seconde. Les mouvemens que présente le ginglymesont des mouvemens de flexion et d'extension , quand les os se touchent par leur extrémité, de manière à s'incliner et à se redresser alternativement l'un sur l'autre; ce sont des mouvemens de rotation , lorsque les os sont joints par le côté, de telle sorte que l'un tourne sur lui-même ou autour de l'auli'e. Dans îe premier cas, leginglyme est àitangulaiiea cause de l'angle que les os forment dans la flexion ; il est latéral ou trochoïde dans le second. Le niouveiuent se réduit dans l'un comme dans l'autre à la rotation d'une saillie dans une cavité, ou au glissement d'une cavité autour d'une saillie, quelle que soit d'ailleurs la configuration des surfaces. On a divisé le ginglyme angulaire en parfait et imparfait, et le ginglyme latéral en simple et double : ces distinctions sont superflues. ( a. béclaru. )

GINGLYMOIDE et gingltmoïdal, adj. , de yiyyX\>f^àç , ginglyme , et iièos, forme; se disent des articulations en ginglyme, quoique , d'après leur étymologie , ces expressions signifient seulement qui ressemble au ginglyme. ( a. b. )

GINSEWC, s. m. , radix ginseng. Si la haute réputation d'un

médicament, la vogue dont il a joui et le grand nombre d'écrits dont il a élé l'olijet , étaient toujours un signe certain de son utilité, nul autre ne pourrait le disputer sous ce rapport à la racine de ginseng. En effet, en Chine, au Japon et dans toute la Tartarie, il n'est pas de médicament en qui l'on ait une aussi grande confiance, et pour lequel on professe autant de vénération que pour celui qui nous occupe dans ce moment. Tout le ginseng qu'on y récolte appartient à l'empereur, qui seul a le droit d'en faire le commerce. Aussi s'y vend -il au poids de l'or. Les ambassadeurs chinois , qui vinrent à la cour de Louis XIV, apportèrent à ce monarque des racines de ginseng en présent, comme une des productions les plus précieuses de leur pays. Cette racine, à en croire les habitans de l'Asie orientale, jouit du pouvoir de ranimer les forces épuisées par l'âge ou les maladies : il n'en est aucune que son usage ne parvienne à faire cesser. Tant qu'elle a été rare en Europe, on y a presque partagé cette opinion avantageuse ; mais, depuis que le ginseng a été découvert dans le nord de l'Amérique septentrionale, et qii'on a pu le soumettre à un grand nombre d'essais, on a moins exalté les propriétés de celle substance.

Le ginseng est la racine du panax quinqucfolium de Lamarck, pelile plante vivace qui croit en Chine, ou Japon, en Tartarie et dans l'Amérique boréale. Sa tige a environ un pied de hauteur; elle est nue inférieurement, et porte vers sa partie supérieure trois feuilles péfiolées, verlicillées, composées chacune de cinq folioles digitées et inégales. Les fleurs sont blanchâtres, et forment une petite ombelle simple, terminale au sommet de la tige. A ces fleurs succèdent des fruits comprimés, charnus, à deux loges monospermes. Le genre Panax appartient à la famille des Araliacées et à la Polvganùe diœoie de Linné.

Nous croyons inutile de décrire ici en di'tail toutes les précautions prises en Chine pour la récolte de cette rac<ne;nous nous contenterons de faire connaître les caractères qui la distinguent. La racine de ginseng" est fusiforme, de la grosseur du doigt, ordinairement bifurquée à son extrémité inférieure, de manière à représenter grossièrement la foi me d'un homme , image à laquelle fait allusion le noM chinois de ginseng, et tous les autres noms (^ue porte celte racine tn Tartarie, au

Japon, elc. Elle est à peu jrès de la grosseur du doi^t, longue de trois à quatre pouces, blanchâtre extérieurement, avec des stries circulaires très- rapprochées, également blanches à l'intérieur. A son sommet elle se termine par une sorte de mamelon irrégulier j qui est le collet de la racine. Quelquefois elle est double, c'est-à-dire que deux racines partent en divergeant de la base d'une même lige ; mais le plus souvent elle est simple. Son odeur est faible ; sa saveur est d'abord assez douce, puis un peu araèrc et légèrement aromatique. Rien dans les qualités physiques de ce médicament ne justifie la haute réputation dont il jouit en Chine. Lorsqu'on l'a fait quelque temps bouillir dans l'eau, il perd sa saveur amèie et aromatique, il devient nourrissant et analeptique. C'est sous ce rapport seulement que l'on peut le considérer comme propre à ranimer les forces. Mais, comme le glnseng est fort rare dans le commerce, et que le plus souvent il y est en mauvais état , les médecins l'ont depuis long - temps banni de leur pratique. Nous possédons, en effet, un grand nombre de médicamens indigènes qui jouissent des mêmes propriétés, et que nous pouvons nous procurer plus facilement et à un prix moins élevé, (a. richard.)

GLACE , s. f. ,gincies. L'eau congelée et solide, la neige, la glace fondante et l'eau à la glace étant presque au même degré de température , jouissent à peu près des mêmes propriétés, à des degrés différens; et ce que nous dirons ici de la glace seulement peut également s'appliquer aux autres états de l'eau au-dessous de zéro.

Les effets extérieurs et intérieurs delà glace sont très différens, suivant les degrés divers de la sensibilité des organes et la force de réaction qu'ils présentent, et surtout suivant le mode d'application ; c'est ce qui explique les résultats diamétralement opposés c[u'on a obtenus de ce moyen dans des maladies semblables. La différence dans l'action de la glace, suivant les idyosincrasies et les circonstances jiarticulières dans lesquelles l'individu est placé, n'appartient pas plus exclusivement à cet agent thérapeutique qu'à tout autre; mais cependant elleestplus apparente, parce que la glace agit instantanément et d'une manière trèsénergique sur les forces de la vie, et dans des sens opposés suivant qu'on prolonge plus ou moins son application.

Lorsque la sensibilité des organes est énioussée, que les forces sont épuisées, ou que l'individu est iKunc constitution peu sus-

GLA aSi

ceptible de réaction , l'application prolongée de la glace enlève promptement une grande quantité de calorique, cause une douleur passagère, et détermine bientôt l'engourdissement, l'insensibilité , et quelquefois même la gangrène de la partie avec laquelle elle est en contact; si l'application de l'eau très-froide est même long-temps prolongée, elle amène infailliblement la mortification des parties, surtout sur les sujets faibles; c'est ce que j'ai eu particulièrement occasion de remarquer en i8i3, sur les prisonniers espagnols qui, accablés de chagrin et de misère, arrivaient dans les hôpitaux avec des gangrènes du nez et des extrémités inférieures, quoiqu'ils eussent à peine été exposés à un refroidissement dun degré au-dessous de zéro. Le résultat secondaire de l'application de la glace ou de l'eau glacée sur l'étal général des hommes débiles, est d'augmenter l'atonie de la circulation : le pouls s'affaiblit , se concentre peu à peu à mesure que la chaleur du corps diminue ; la respiration devient moins étendue et moins fréquente , et tous les organes s'affaiblissent successivement de la circonférence au centre, en commençant par la peau qui cesse d'abord ses fonctions, tandis que les reins, qui se refroidissent plus tard, continuent encore leur fonction, et suppléent à celle du système cutané. Si enfin l'application prolongée de la glace a lieu sur une grande surface, elle jette promptement dans un engourdissement et dans un sommeil profond qui se termine par une espèce d'asphyxie et la mort.

Lorsqu'au contraire on applique la glace sur des individus qui jouissent de toute leur force et de beaucoup d'énergie, elle détermine une impression vive, cuisante, et une sorte d'astriclion à la peau, qui est d'autant plus douloureuse que les parties sur lesquelles on l'applique sont plus chaudes et plus sensibles à l'impression du froid. Ainsi cette application est plus douloureuse à la tête que sur les extrémités , et plus douloureuseencore sur la poitrine, sur le ventre, et surtout sur le scrotum : la douleur est même cjuelquefois tellement vive, qu'il est impossible de la supporter plusieurs minutes. Pendant cette application, le pouls se concentre, s'accélère, le malade frissonne, comme dans un accès de fièvre, et les forces vitales diminuent momentanément; mais dès que la glace est enlevée, la sensibilité, d'abord émoussée par le refroidissement et l'engourdissement de la peau , se l'anime par degrés ; un état d'excitation plus ou moins prononcé succède à la débilité momcn-

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