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tance, le pouls devient plus large et plus souple, et s'accompagne d'une moiteur générale. Celte réaction générale est d'autant plus sensible (jue l'individu est plus fort.
L'application extérieure de la glace sur la peau détermine donc d'abord une action tonique et astringente, quelquefois même irritanle, suivant les forces de l'individu, et le lieu où on l'appiique ; ce premier effet tonique, astringent ou irritant , est plus ou moins promplement suivi d'une sorte de sédation locale et générale, à liiquelle succède un mouvement général de réaction, qui est en raison de l'état des forces du malade et de la durée de l'emploi de la glace. Cette dernière considération est très -importante à noter; car, indéi)endamment des circonstances pliysiologi(|ues dans lesquelles le malade est placé, la durée seule de cette application suffit souvent pour en changer entièrement les résultats; si en effet l'application de la glace est instantanée et souvent répétée à de courts intervalles , on n'obtiendra de ce moyen ihérapedtique qu'un effet tonique et excitant, tandis qu'au contraire, si on prolonge beaucoup son application , on mettra partit ulièremcnt en jeu son action sédative, et on n'aura presque aucune réaction. On conçoit donc maintenant pourquoi les applications extérieures de la glace peuvent dans beaucoup de cas donner des résultats entièrement différens.
Les effets immédiats de la glace, des boissons et des sirops glacés , à l'intérieur, ont beaucoup d'analogie avec ceux de la glace appliquée extérieurement; mais cependant, comme ces liquides congelés , étant introduits dans l'estomac , sont environnés de toutes parts de corps chauds qui les élèvent promplement au degré de chaleur de nos organes , il en résulte que l'action Ionique primitive est presque la seule qui ait lieu, et que la séJalion est alors presque nulle, excepté chez les individus très-faibles. Aussi, lorsque les organes digestifs ne sont pas trop débilités, le refroidissement momentané que cause la glace et les boissons glacées dans l'estomac est promplement sul\i d'une réaction qui se manifeste par une douce chaleur, un accroissement de l'énergie vitale de l'estomac et de tous les autres organes, qui facilite la digestion et les autres fonctions. Mais, chez les individus dont les organes digestifs sont très-affaiblis ou altérés depuis long-temps, l'action tonique est trop pass;!gère ; il n'y a point de réaction, et l'effet sédatif seul persislc. Aussi les glaces et les boissons glacées sont - elles
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en général nuisibles aux convalesccns, nux vieillards et aux femmes débiles, qui ont un estomac très -irritable ou sans énergie. Elles déterminent en général , chez ces individus, des coliques \iolentes et de véritables indigestions; et ces mauvais effets ont surtout lieu chez ces individus, lorsque ces boissons très-froides sont prises pendant le travail même de la digestion, parce qu'elle est alors suspendue par l'effet sédatif qu'elles produisent; elles sont, par cette raison, moins dangereuses quand l'estomac est vide ou pendant le repas. Certaines personnes suppoz-tent mieux les glaces, lorsqu'elles sont associées à des excitans, et se trouvent très-bien de l'usage du vin et du punch à la glace, quoiqu'elles ne puissent pas digérei les sirops glacés.
Il est facile maintenant, d'après l'exposé des propriétés immédiates de la glace et des boissons glacées, de voir que ce moyen, qui peut èlre ou Ionique ou débilitant, suivant le cas et la manière dont on l'applique, exige beaucoup d'attention et de précaution dans le traitement des maladies.
La glace convient, comme tonique, dans certains relàcliemens de l'estomac, à la suite d'une gastrite chronique, lorsque l'inflammation de l'estomac a été long-temps combattue par les antiphlogistiques , et qu'il ne reste plus qu'un état de débilité qui ne s'accompagne plus de vomissemens ; elle redonne alors de l'énergie à cet organe, et au système vasculaire qui s'y distribue. On peut croire même qu'elle réprime quelquefois l'inflammation, et agit comme le font ordinairement les lotions froides dans les inflammations chroniques de la conjonctive. La glace appliquée instantanément à l'extérieur sur la région épigastrique j)arait agir aussi à peu près de la même manière, et a été également utile à la fin de certaines gastrites aiguës adynamiques, qui tendaient à se terminer par gangrène. Sarcone prétend aussi avoir tiré un grand parti de l'application de la glace sur la légion épigastrique dans certaines hépatites peu aiguës, et qui tendaient a se terminer par gangrène ; mais il est probable que ces prétendues inflammations du foie n'étaient le plus souvent que des gastrites, qui sont, comme on sait, plus communes que les hépatites.
Tous les praticiens savent avec quels succès on fait usage des propriétés réfrigérantes et toniques de la glace dans les flux hémorrhagiques des organes digestifs. La glace pure et les
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boissons glacées sont un des plus puissans moyens pour combattre les liématémèses et les mœlena , qui sont étrangères à des lésions organiques. Les applications extérieures de la glace ne sont pas moins recommandables dans certaines hémorrhagies passives , ou même actives , lorsque le malade a perdu une très-grande quantité de sang , et est tombé dans une extrême faiblesse. C'est particulièrement dans les épistaxis et dans les ménorrhagies que ce moyen est utile. Il est plus rarement employé avec raison dans les hémoptysies essentielles , à cause de la susceptibilité du poumon et des inconvéniens de l'application du froid sur la poitrine. Les boissons glacées offrent alors plus d'avantages , mais elles sex'aient aussi nuisibles que les applications extérieures de la glace elle ■- même dans les hémoptysies symptomatiques de quelques lésions organiques. L'action astringente et réfrigérante de la glace appliquée à l'extérieur a produit des résultats très-utiles dans certains anévrysmes des membres, et même de l'aorte.
On a recours aux propriétés astringentes et réfrigérantes de la glace dans certaines hernies par engouement. On applique alors la glace, soit sur le ventre , soit encore mieux sur le scrotum , à nu ou dans une vessie ; mais ce moyen serait très-dangereux dans les étranglemens inflammatoires.
C'est toujours à l'extérieur que la glace a été employée, quand on a voulu mettre en jeu sa propriété sédative. On s'en est servi de cette manière avec succès dans certaines névroses de l'estomac avec ou sans vomissemens; je l'ai vue réussir, particulièrement dans un exemple de crampe d'estomac, où tous les moyens antiphlogistiques et antispasmodiques avaient été épuisés sans succès. Les douleurs très-aiguès se calmèrent par l'application extérieure de la glace sur l'épigastre.
On a plus particulièrement employé la glace comme sédative dans les maladies de l'encépliale ; son application sur la tête est surtout très - utile dans les délires qui accompagnent les paroxysmes des fièvres ataxiques. On obtient dans ce cas une sédation plus puissante en appliquant, pendant l'effet de la glace sur la tête , des sinapismes aux pieds , qui délerminent une forte révulsion. La glace appliquée sur la tête n'est pas moins ulile dans certaines phlegmasies des membranes du cerveau , et du cerveau lui-même. Lorsque les saignées ont été convenablement employées , mais qu'il y a toujours de
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l'excitation cl de la chaleur vers l'enccpliale, la glace agit évidemment en diminuant l'inflammalion du cerveau et les congestions qui pourraient avoir lieu vers cet organe. Mais, pour que la glace puisse produire cet effet, il faut qu'elle soit appliquée sur la tête, presque sans interruption; autrement l'action irritante qu'elle ])i'oduit d'abord sur la peau, étant trop fréquemment répétée, réagirait sur l'encéphale, et irriterait cet organe, au lieu de le calmer. La glace sur la tête serait nuisible dans les délires tranquilles et sans réaction. Son application doit être proscrite chez les très-jeunes enfans dont les fontanelles ne sont pas encore ossifiées, et toutes les fois qu'il y a une exsudation croûteuse sur le cuir chevelu , ce qui est trèsordinaire chez les enfans du premier âge : l'application de la glace, dans ce cas, déterminerait nécessairement une répercussion dont les conséquences pourraient être très -funestes, (guersf.nt. )
GLAIRE, mucus viscosus. On donne ce nom , peu usité dans le langage médical , aux mucosités visqueuses, i-essemblant assez à du blanc d'œuf qui aurait subi un commencement de coction. Cette humeur, sur laquelle se fonde en grande partie la théorie médicale du vulgaire ev de ces charlatans qui exploitent sa crédulité, est le produit d'une inflammation aiguè ou chronique, et chez quelques personnes, d'une irritation habituelle de certaines membranes muqueuses. Les glaires sont donc l'effet et non la cause des maladies. II ne faut donc pas chercher à les produire et à les évacuer, mais à en prévenir la formation en traitant l'état morbide qui y donne lieu, (^oje^, pour ce point de pathologie générale , l'article humorishe ). — Les accoucheurs désignent aussi communément sous le nom de glaires les mucosités de même nature que celles que nous avons décrites ci-dessus, et qui, probablement sécrétées par les cryptes muqueux du col de l'utérus irrité, se manifestent dans les derniers temps de la grossesse , et sont le plus souvent mélangées de quelques filets de sang ou entièrement colorées en rouge à mesure que le travail avance , et que par conséquent l'irritation augmente, (r. d.) GLAND, s. m., g/ans, halanus. Fruit du chêne. Voyez ce mot.
GLAND, s. m. , glans , halanus ; extrémité du pénis, formée par le tissu spongieux de l'urètre, et contenant la fin de ce canal. Voyez PÉNIS. i a. k.)
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GLANDE, s. m., f^Iandula , Aê-^v. Ce nom vient, snivnnt Nuck, de la comparaison, faite par les anciens, entre les ganglions ou glandes lymphatiques et les fruits du chêne. Des objets si différens ont été compris sous le nom de glande , qu'il en est résulté beaucoup de difficulté d'en donner la définition. Hippocrate avait dit que les glandes étaient formées d'une chair particulière, grenue, spongieuse, point dense, de couleur de graisse, de consistance de laine, s'écrasant sous la pression, pourvue de beaucoup de veines , et rendant, quand on la coupe, du sang blanchâtre et séreux. Il comprenait un grand nombre de parties sous ce nom, et notamment le cerveau. On a eu long- temps une idio aussi vague des glandes, l'on y a joint ensuite celle d'une forme arrondie; on a compris alors avec les glandes et les ganglions vasculaires sanguins et lymphatiques ,1e conarium et l'hypophyse du cerveau , les paquets adipeux synoviaux , et même la langue. Une autre définition, fondée sur la texture, et dans laquelle on faisait entrer l'idée d'un amas de follicules ou d'un ensemble de vaisseaux avec une enveloppe membraneuse particulière, comprenait encore beaucoup de parties différentes, et supposait la connaissance exacte de la texture intime. On a aussi essayé de définir les glandes par leur fonction, en disant qu'elles sont des organes sécrétoires; mais confondant ensuite la nutrition et la sécrétion, on y a compris la plupart des organes ; ou bien distinguant ces fonctions, mais ne séparant pas les sécrétions intrinsèques des sécrétions excrétoires, on a confondu avec les glandes les membranes séreuses et synoviales.
Il faut, pour distinguer les glandes de toute autre partie analogue par la forme, par la texture apparente, et même jusqu'à un certain point par les fonctions , avoir particulièrement égard à leurs connexions ; Bichat et Chaussier ont pris cette considération pour base d'une définition des glandes; Haase l'a adoptée aussi, mais il a supposé des conduits excréteurs aux ganglions vasculaires. Los glandes sont des organes de forme obronde , lobuleux, entourés de membranes ayant beaucoup de vaisseaux et de nerfs, et pourvus rie conduits excréteurs ramifiés |ui aboutissent aux membranes tégumentaires et y versent un liquide sécrété, en un mot, ce sont des organes de sécrétion extrinsèque, pourvus de conduits excréteurs. Considérées ainsi, les glandes sont des dépendances ou des prolongemens des membranes tégumentaires. Dans les animaux pourvus de vaisseaux
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et de cœur, les seuls qui aient des glandes massives , elUs résultent d'une réunion intime de ces deux genres d'organes. Elles tiennent cependant encore plus au système tégumentaire qu'au système \asculaire, car dans les animaux dépourvus do vaisseaux, les glandes existent, mais à un état rudimentaire ; le foie, la plus constante de toutes les glandes, si ce n'est cependant le rein, existe en effet dans les insectes sons forme d'un canal excréteur ramifié , aboutissant au canal intestinal , mais libre et flottant d.ins l'abdomen. Il est encore assez difficile et peut-être impossible d'établir une ligne de démarcation bien tranchée entre les follicules ou cryptes et les glandes. Parmi les follicules, il y en a de simples et solitaires; d'autres sont groupés, agminés ou aggrégés; d'autres sont composés, soit par leur réunion dans un orifice commun ou une lacune , soit en même temps par l'agglomération de plusieurs follicules, soit enfin par un canal excréteur commun et ramifié; c'est ici que la difficulté existe, car il n'y a pas de raison valable pour ne pas ran'^er les amygdales, qui ont des lacunes composées, les glandes molaires , la ])rostate et les glandes de Cowper, qui ont des conduits ramifiés , parmi les glandes, aussi bien que les glandes sublinguales , lacrymales , etc.
Les glandes les plus parfaites et les moins équivoques sont : les lacrymales, les salivaires, au nombre de trois de chaque côté, savoir la parotide, la maxillaire et la sublinguale; le pancréas, le foie, les reins, les testicules et les mamelles. Lei ovaires doivent être , comme les testicules , rangés dans ce genre d'or^ranes.
La forme des glandes est irrégulièrement arrondie et présente beaucoup de variétés. Les unes impaires , comme le fuie et le pancréas, sont asymétriques; les antres sont paires et assez exactement semblables des deux côtés. Elles sont toutes situées au tronc; et toutes, quelle que soit la diversité apparente de leur situation, aboutissent par leurs canaux à la membrane muqueuse ou à la peau. Leur volume diffère beaucoup : le foie est un des organes les plus volumineux du corps; les glandes lacrymales, sublinguales et les ovaires, ont à peine au contraire le volume de la moitié du pouce. A l'intérieur, les unes sont lobées et lobulées, comme les lacrymales, les salivaires et le pancréas; les mamelles le sont moins distinctement ; les testicules le sont d'une autre manière; les reins le sont seulement dans le fœtus; le foi'e Ji'ost lobé qu'à l'extérieur. Dans les premières, les Inbides p-l-
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raissent formés de particules très-petites , mais semblables et blanchâtres; dans le foie et dans les reins, on trouve deux substances de couleur différente, disposées par couclies dans les reins, et mêlées à la manière du granit dans le foie.
Les glandes sont enveloppées d'une membrane, cellulaire dans la plupart d'entre elles, et fibreuse dans les autres, entourée dans quelques-unes par une membrane séreuse, et dans les autres par beaucoup de tissu cellulaire et adipeux. La face interne de cette membrane se continue avec le tissu cellulaire plus ou moins lârclie, qui existe abondamment dans les glandes.
Ces organes ont beaucoup de vaisseaux sangifins et lymphatiques, et peu de nerfs; plus cependant que la membrane muqueuse en général , mais moins que la peau. La plupart ne reçoivent que du sang artériel ; le foie seul dans l'homme et les mammifères, le foie et les reins dans les ovipares, reçoivent en outre du sang veineux , ce qui explique la nature des liquides , si différens du sang et tout-à-fait excrétoires, que fournissent ces glandes. Le nombre et le volume , ou la capacité totale des artères , sont très- divers dans les glandes, mais nulle part plus grands que dans les reins. La longueur, le trajet, le mode de distribution des vaisseaux , sont également très-variés. La différence de capacité entre les artères et les veines est trèspeu marquée dans les glandes; et, en effet, une grande partie de sang y est transformée en humeur sécrétée et emportée par les conduits excréteurs. Ces conduits commencent par des radicules très-fines , invisibles, et probablement closes , qui se réunissent entre elles à la manière des veines, pour former plusieurs troncs, comme dans les glandes lacrymales, sublinguales et mammaires, ou un seul, comme dans toutes les autres. Ces conduits, multiples ou uniques pour chaque glande, parcourent un trajet en général droit, tortueux dans les testicules seulement, et aboutissent aux membranes tégumc ntaires. Celui de l'ovaire est seul interrompu ; ceux des raaramelles présentent, avant leur terminaison, des renflemens olivaires; ceux du rein présentent d'abord un évasement ou bassinet , et puis viennent aboutir à une vessie unique pour eux deux ; celui du foie et de chaque testicule ont aussi un réservoir, mais situé latéralement et exigeant un cours rétrograde du liquide sécrété pour y arriver. Les conduits des autres glandes ne présentent ni interruption, ni renflemens , ni réservoirs. La composition des conduits excréa
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teurs résulte toujours essentiellement d'une membrane muqueuse dont l'épaisseur va en diminuant , à mesure qu'elle forme des divisions pluo fines dans la glande. Cette membrane est doublée à l'extérieur par du tissu cellulaire, par du tis§u élastique, dans quelques conduits par du tissu érectile, comme dans l'urètre, dans le mamelon, et peut-être dans quelques autres ; dans quelques parties des voies excrétoires, la membrane muqueuse est armée ou doublée de fibres musculaires.
La -texture intime des glandes est peu connue. Malpighi arait avancé que chacun des grains glanduleux , acini , devait être considéré comme un follicule , et chaque glande comme une conglomération de follicules aboutissans à un canal excréteur commun. Cette opinion fut reçue et admise sans contradiction jusqu'à Piuyscb , et de son temps défendue contre lui-même par Boërhaave. Suivant Ruysch , au contraire , ce qu'on a appelé grains glanduleux consisterait uniquement dans des entrelacemens de vaisseaux fins, dans lesquels les artères se continueraient en canaux excréteurs. Il y a dans chacune de ces deux opinions quelque chose de vrai qu'il faut admettre , et quelque chose à rejeter comme inexact. Il est vrai, comme le dit Malpighi, qu'une glande consiste, comme un follicule simple ou composé, en un canal fermé à l'extrémité; il est vrai aussi , comme le dit Ruysch, que chaque grain glanduleux, et que la glande entière, consistent dans le mélange et l'entrelacement des vaisseaux fins avec les origines du conduit excréteur ; mais il est inexact de dire , comme il l'a dit, que les conduits excréteurs sont la continuation des artères ; comme il serait inexact de dire avec Malpighi, que les racines des conduits excréteurs commencent par des renflemens ou follicules. Peut-être l'hypothèse de Malpighi aurait-elle plus de probabilités, appliquée aux glandes granulées, comme les salivaires, le pancréas et les lacrymales , qui ressemblent tant en effet à des follicules composés ; et celle de Ruysch, plus de vraisemblance en l'appliquant seulement au foie, aux reins et aux testicules, dont la texture est si évidemment vasculaire et canaliculée ; sans que cependant on puisse affirmer qu'il y a dans les premières de véritables follicules évasés , et dans les autres des continuations directes entre les artères et les conduits excréteurs. On pourrait encore apporter à l'appui de cette conjecture, la facilité avec laquelle, dins ces dernières glandes, les injections passent des vaisseaux dans les conduits excréteurs,
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ft récipi'oquenient ; la diffifulu'- avec laquelle on obtient les mêmes résultats dans les glandes lobulées et granulées. Quoi qu'il en solide celte opinion, la lexture des glandes paraît bien certainement résulter de la réunion inlime des conduits excréteurs ramifiés et clos à leur origine, avec des vaisseaux sanguins cl lynipliatiques et des nerfs situés dansleurs intervalles, divisés cl terminés dans leur épaisseur ; le tout réuni par du tissu cellulaire et enveloppé de membranes.
Les glandes ont pour fonction un mode de sécrétion que l'on r.ppelle glandulaire. Toute sécrétion en général consiste dans la formation d'une liumeur particulière, dont le sang fournit les matériaux. La sécrétion glandulaire ne diffère des autres (sécrétions folliculaire et pcrspiratoire), que par la complication plus grande de son organe. A une exception près, le même sang, lo sang artériel seul, est apporté dans foutes les glandes ; le nombre, le volume, la direction, le mode de distribution des vaisseaux , et le degré de ténuité auquel Ils arrivent par leurs divisions successives, ne peuvent guère influer que sur la quantité du sang qui arrive à la glande, et sur la rapidité de son cours; cependant une partie du sang éSant remportée par les veines, et un autre liquide par les vaisseaux lymphatiques, les glandes versent par leurs conduits excréteurs des humeurs aussi différentes entre elles que la salive, les lariiies, la bile, l'urine, le sperme et le lait. Quels sont donc la nature et les causes du changement du sang en humeur sécrétées ? On a cru que le changement et sa cause étaient purement mécanl-ques , et dépendaient de la grandeur et de la figure des ouvertures par où les humeurs sortent des vaisseaux ; on a supposé, avec beaucoup plus de vralseml)lance, que c'était un changement chimique, c'est-à-dire un changement de composition élémentaire; mais ce changement n'a lieu que dans les corps organisés, et que dans certains de leurs organes ; celte différence tient donc à des modifications de leur substance, tout comme on voit divers végétaux plantés dans le même sol, plongés dans la même atmosphère, produire les uns de la gomme, les autres un acide, les autres de la résine, etc. La sécrétion glandulaire, comme les autres, est donc une fonction de la substance organisée et vivante : les vaisseaux en apportent les matériaux contenus dans le sang, la production est probablement même disposée ou préparée par la disposition des vaisseaTix et le mode de circulation qui en résulte, mais c'est
dans le lissu qui forme les laeines des conduits excréteurs (|u'il faut en chercher l'instrument essentiel et immédiat. La sécrétion en général, et la sécrétion glandulaire en particulier, sont évidemment soumises à l'influence nerveuse ; les effets des passions sur les sécrétions en général, ceux des maladies, de l'hystérie, de l'hypochondrie, etc., sont assez connus; des expériences de M. Brodie sont venues aussi confirmer ce que l'observation directe avait appris. La ligature des veines d'une glande augmente beaucoup le prod.tit de sa sécrétion.
Les glandes commencent à se former par leur canal excréteur. Dans l'embryon, ce canal est libre et flottant, corame dans les insectes. Les glandes sont ensuite lobées, par exemple les reins, comme elles le sont dans les arachnides et les. crustacés. Elles sont en général très -volumineuses dans le fœtus et l'enfant. Elles diminuent proportionnellement à mesure que les organes des fonctions animales se développent. Quelques-unes changent de place \ers l'époque de la naissance, ce sont les testicules et les ovaires. Ces glandes et les mamelles se développent beaucoup à l'époque do la puberté, et se flétrissent dans la vieillesse.
Les glandes présentent beaucoup de variétés individuelles et de vices de conformation. Quelques-unes manquent quelquefois entièrement ; ce sont celles de la génération qui sont le plus sujettes à manquer. Une des glandes paires peut manquer ou être moins volumineuse que l'autre. Quelques-unes restent quelquefois lobées, ou très-volumineuses comme dans le fœtus. D'autres sont quelquefois réunies, comme les deux l'eins en un. D'autres peuvent conserver leur situation primitive , comme les testicules et les ovaires; ces derniers sont quelquefois, au contraire, entraînés au dehors de l'abdomen. Les reins peuvent auâsi être situés beaucoup trop bas, ou dans le bassin.
On observe quelquefois l'atrophie des glandes, soit par une pression extérieure, soit par une production accidentelle développée dans leur épaisseur; elle a aussi lieu parle défaut d'action, ou même sans cause appréciable. L'hypertrophie a lieu quelquefois par suite de la cessation d'action d'autres organes , et surtout d'une glande paire. Assez souvent elle est accoznpagnée de quelque altération de lissu.
L'inflammation des glandes est fréquente et souvent se dévelo;jpe , en se propageant le long du conduit excréteur, depuis son orifice jusqu'à ses racines dans la glande. L'iaflamin:;tion y est
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souvent suppuratoire , et quelquefois plastique, d'où résulte
l'oblitération des conduits et l'induration du tissu.
Les productions accidentelles, soit analogues soit morbides , sont très-ccmniunes dans les glandes. Les ovaires y sont le plus sujets, mais surtout aux productions analogues; les testicules, le foie et les mamelles sont très-sujets aux productions morbides ; les glandes lacrymales , salivaires, et le pancréas, sont au contraire très-peu sujets, soit aux unes, soit aux autres productions accidentelles.
Le tissu glanduleux ne se produit point acjidentellement. Quand il est entamé, les racines ou le tronc du conduit excréteur étant divisés , la matière sécrétée est versée dans la plaie, qui a beaucoup de tendance à devenir et à rester fistuleuse.
Quelques personnes donnent le nom impropre de glandes à l'engorgement des ganglions lymphatiques. (a. béclard.)
GLA.ND1F0RME, adj.; qui ressemble à une glande. On a donné ce nom et ceux d'adénoïdes et de ganglions vasculaires, de glandes aveugles, de glandes aporyques, d'organes parencliymateax, etc., à des organes long-temps confondus avec les glandes , avec lesquelles ils ont quelque ressemblance de forme , tandis que par leuKS connexions et leurs fonctions ils sont avec elles dans une sorte d'antagonisme.
Ces organes , formés de tissu cellulaire modifié, de vaisseaux sanguins et lymphatiques, et de nerfs, le tout renfermé dans une enveloppe celluleuse qui envoie des prolongemens à l'intérieur, sont tous placés sur le trajet de la circulation lymphatique et veineuse, et semblent tous destinés à faire subir une élaboration aux substances absorbées, et à préparer leur assimilation au sang; les glandes, au contraire , formées de pîolongemens ramifiés de la membrane muqueuse, de vaisseaux sanguins et lymphatiques, et de nerfs , le tout rassemblé et enveloppé par du tissu cellulaire, sont toutes placées aux confins de la circulation artérielle, et sont destinées toutes à faire subir une dépuration au sang; les ganglions vasculaires, organes d'absorption et d'assimilation, et les glandes, organes de dépuration et d'excrétion, ont donc des fonctions opposées , et ne doivent donc pas être confondus les uns avec les autres.
Les ganglions vasculaires ou glandiformes diffèrent les uns des autres par la quantité et l'espèce de tissu qui en forme la masse , par la proportion des vaisseaux et des nerfs, par le mode do
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communication des vaisseaux, et on peut les distinguer en deux sortes : i" les ganglions ou glandes lymphatiques , et "iP les ganglions vasculaires sanguins, savoir : la rate, les capsules surrénales, la thjTOïde et le thymus. ( a. béclard. )
GLANDULAIRE , adj., qui est relatif aux glandes; la sécrétion glandulaire est celle qu'opèrent les glandes : on la nomme ainsi par opposition à la persplration et à la sécrétion folliculaire, (a. b. )
Sous le nom de maladie glandulaire des Barbades , on décrit l'élépliantiasis. Foyez ce mot.
GLANDULEUX, adj, , qui est formé de glandes ; on donne le nom de membrane glanduleuse à la membrane tégumentaire, à cause des follicules ou glandes simples qu'elle contient dans son épaisseur. (a. b. )
GLAUCOME , s. m., glaucoma , de yXavKoç , vert de mer, vert blanchâtre. On employait autrefois cette expression pour désigner l'opacité du cristallin ou de la cornée transparente. On donne maintenant le nom de glaucome à l'obscurcissement de l'humeur vitrée, avec paralysie de la rétine et perte plus ou moins complète de la vue. M. Béer, qui s'est occupé avec tant de succès des maladies des yeux , traite, dans le même chapitre, du glaucome et de la cataracte verte. Il a remarqué que ces maladies se manifestent, dans quelques cas, à la suite de l'oplithalmie, tandis que, dans d'autres, elles ne sont nullement précédées de l'inflammation de l'œil. Le glaucome n'attaque le plus ordinairement qu'un œil à la fois. Il peut exister seul pendant long- temps avant que la transparence du cristallin soit troublée. M. Béer n'a jamais vu la maladie commencer par le cristallin, et se développer ensuite dans l'humeur vitrée; ce qui semblerait indiiiuer que l'obscurcissement du cristallin n'est qu'une suite de l'altérai ion de cette dernière humeur.
Les causes du glaucome sont fort obscures, et ordinairement les mêmes que celles de l'amaurose. La maladie survient quelquefois après des contusions du globe de l'œil ; dans d'autres cas, elle se montre sans causes connues. Son développement se fait tantôt sans douleur, tantôt il est accompagné d'un sentiment de gêne pénible dans tout le globe de l'œil et les parties adjacentes , de douleurs plus ou moins aiguës dans la tête, etc. Le malade aperçoit d'abord un brouillard qui disparaît à des intervalles de temps variables, et se manifeste quelquefois sous
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l'Apparence d'une poussière répandue dons la chambre. La lumière d'une bougie semble couverte d'un nuage léger, représentant une sorte de vapeur bordée par les couleurs de l'arc -cntlel. La vue s'affaiblit et finit par disparaître. Quelques malades? avant de devenir aveugles, voient les objets plus petits qu'ils ne sont i-cellement.
Dans le glaucome, suivant 31. Becr, l'iris paraît plutôt contractée que dilatée; la pupille n'est point égale, mais s'étend davantage transversalement, de sorte qu'à la longue l'iris devient à peine visible vers les angles de l'œil, surtout vers l'externe, et prend l'apparence qu'elle a dans les a'nimaux ruminans. Cependant l'agrandissement de la pupille n'est pas un symptôme constant du glaucome. MM. Lawrence et S! Cooper ont vu un cas dans lequel il n'avait point lieu. J'ai été à même de faire plusieurs fois la même observation. Ei| même temps que l'iris se relire vers la circonférence de la cornée , le bord de la pupille se renverse en arrière, vers le cristallin, et le petit cercle de l'iris disparait. On apperçoit, à travers la pupille ainsi dilatée, une couleur opaque, grise jou verdâtre, qui parait profonde , et due à la perte de transparence du corps vitré. A celte période , le cristallin commence à s'obscurcir , à prendre une couleur verte; alors le glaucome paraît faire saillie dans la chambre antérieure de l'œil. Les douleurs deviennent continuelles et très -vives; l'iris perd entièrement sa mobilité; les vaisseaux du globe de l'œil , déjà dilatés, deviennent de plus en plus variqueux; la vue s'affaibit de jour en jour, et finit par se perdre.
Quelquefois, bien que la cécité soit complète, les malades croient encore distinguer le jour; ils ont la sensation d'un cercle lumineux, semblable à un arc -en -ciel, qui paraît se produire dans l'œil même, et se fait sentir, surtout lorsqu'on comprime légèrement cet organe. L'œil perd aussi son aspect brillant, et devient terne comme il est après la mort. Quand la maladie est parvenue à son dernier degré, le globe de l'œil diminue de volume, devient mou, s'atrophie, et les douleurs s'apaisent ou cessent même entièrement. Après un laps de temps variable, l'autre œil, selon M. Béer , s'enflamme ; à son tour il est affecté de glaucome , et le malade est tourinentc d'une violente céphalalgie. Suivant le même auleur, le g'.aucômp et In cataracte verte reconnaissent toujours pour cause
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l'inflammation qu'il nomme arthritique, et quand ces deux affections sont compliquées d'un état variqueux général des vaisseaux de l'œil , il les considère comme entièrement au-dessus des ressources de l'art. Les moyens qu'on emploie contre Te glaucome sont, les collyres avec la teinture d'opium , la vapeur d'ammoniaque, les sachets aromatiques camphrés, appliqués sur le globe de l'œil , etc. ; mais l'action de ces différens moyens est le plus souvent sans effet contre une maladie aussi grave que le glaucome. On a aussi employé, mais presque constamment sans succès, les sétons, les moxas , les vésicatoires, les cautères, les frictions avec la pommade stibiée ; à l'intérieur , la ciguè, le caîomélas, et la plupart des autres moyens qui ont été indiqués à l'article amaurose. Ployez et mot. ( j. cloquet.)
GLÉNOIDAL et glénoïdien, ailj. ; qui appartient aux cavités glénoïdes, comme la fissure ou fente giénoidale , située dans la cavité glénoïde du temporal, le ligament ou bourrelet glcnoïdien , attaché autour de la cavité glénoïde de l'omoplate. (a. b.)
glénoïde, adj., glénoïdes, de y>i>;»)j, prunelle, et aussi cavité articulaire des os, et de it^af, forme; celte épithète s'applique aux cavités articulaires peu profondes, comme celles du temporal, du scapulum. (a. b. )
GLL'VDINE, s. f. 11 existe, suivant Einhof, dans les pois, dans les lentilles et les fèves, un principe immédiat particulier, auquel on a. donné le nom de gliadine : d'après Taddei, cette substance serait un des principes conslituans du gluten. Elle est solide, d'un brun-clair, transparente, semblable à de la colle forte, insoluble dans l'eau et dans l'éther, soluble dans l'alcohol, dans les alcalis et dans les acides sulfurique et hydrochlorique. Elle est formée d'oxvgène, d'hydrogène .; de carbone et d'azote. On l'obtient en broyant dans l'eau, les pois, les lentilles ou les fèves, et en décantant la. liqueur qui tient en suspension, la fécule et la gliadine; la fécule se dépose la première, il suliit alors de décanter de nouyeau le liquide, et de le laisser reposer jusqu'à ce que la gliadine se soit précipitée. (orfila.)
GLOBE, s. m. Ce nom, qui désigne un corps spherique, a été employé en médecine pour exprimer divers objets : on appelle globe de l'œil [bulbiis , globus ocularis), l'ensemble des parties conlenues dans la sclérotique et la cornée, en y comprenant ces jiiembranes elles-mêmes, à cause de la forme globulaire qu'elles présentent. I
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GLOBE HTSTiniQUE, gîobus îiysterlcus , c'est la sensation d'une boule qui , chez les hystériques , semble s'élever de l'abdomen jusqu'au cou, où elle produit un sentiment de suffocation.
GLOBE utérin; c'est la tumeur arrondie que forme l'utérus revenu sur lui-même immédiatement après l'accouchement.
GLOBULAIRE, globularin, s. f . ; genre de plantes delà tétrandrie monogynie, d'abord placé par Jussieu dans la famille des Lysimachiées, mais qui est devenu ensuite le type d'un nouvel ordre naturel auquel M. de Candolle a donné le nom de Globulariëes. Les espèces de ce genre, qui sont des plantes herbacées ou de petits arbustes, se distinguent à leurs fleurs violettes, petites , réunies en une tête globuleuse sur un réceptacle convexe garni d'écaillés : de là le nom générique de glohularia qui leur a été imposé. Leur calice est tubuleux à quatre dents; la corolle est également lubuleuse à quatre lobes inégaux , disposée en deux lèvres; les étamines, en même nombre que les lobes de la corolle, sont libres et saillantes ; le style est terminé par un stigmate simple; le fruit est un akène renfermé dans l'intérieur du calice qui l'enveloppe complètement. Les feuilles sont alternes, quelquefois toutes radicales.
Parmi les espèces de ce genre, une seule mérite quelque intérêt, c'est la GLOBULàiRE ALYPON OU turbith, glohularia alypum L. , arbuste de quatre à cinq pieds d'élévation, croissant dans les lieux rocailleux des provinces méridionales de la France, en Italie, en Espagne, etc. Ses feuilles sont alternes, coriaces, d'un vert foncé, glabres, obovales , acuminées, offrant parfois quelques dents latérales. Les fleurs sont violettes, et forment au sommet des ramifications une tête globideuse , environnée d'un involucre polyphylle.
Il ne faut pas confondre, ainsi que l'ont fait plusieurs auteurs, la glohularia alypum avec la plante qui poite ce dernier nom dans les ouvrages de Dioscoride et de Pline. Ce végétal que l'on a rapporté au convoh'ulus turpethum de Linné , mais qui en définitive n'est pas encore bien connu, est signalé dans les écrits des médecins de l'antiquité, comme un violent purgatif: de là l'opinion oîi l'on a été jusqu'en ces derniers temps , que la globulaire turbith était un puissant drastique. Mais cependant quelques botanistes, tels que Clusius, Garidel, avaient annoncé depuis long -temps que dans le midi de l'Europe les feuilles de cette plante étaient fréquemment employées par les habitans des
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campagnes, et qu'elles étaient simplement purgatives, mais sans occasioner aucune sorte d'accidens. Cette vérité a ensuite éternise dans tout son jour par les recherches des docteurs Ramel et Loiseleur-Deslongchamps, auxquels on doit des observation s curieuses sur le mode d'action de ce végétal.
Les feuilles de globulaire turbith ( glob. alypum L. ), ont une saveur amère et désagréable. L'analyse chimique n'a pas encore fait connaître la nature de leurs principes cônslituans. Trois à quatre gros de ces feuilles desséchées que l'on fait bouillir pendant un quart d'heure dans dix à douze onces d'eau, forment une boisson qui purge efficacement, mais sans occasioner aucune douleur d'entrailles. Cette tisane doit être édulcorée avec une ou deux onces de sucre , de miel ou d'un siroyi quelconque, partagé en trois ou quatre tasses, que l'on boira de demi -heure en demi-heure. Cette dose pent être augmetitée ou diminuée suivant l'âge, le sexe ou la susceptibité individuelle. On peut aussi préparer un extrait dont la dose est de deux scrupules à un gros. Ce médicament agit à peu près à la manière du s«né, mais il doit être administré à une dose deux fois plus considérable. On l'emploie rarement en France, si ce n'est dans les départemens du midi. ( a. richard.)
GLOBULARIÉES, s. f . ; famille de plantes Dicotylédones raonopétales à étamines hypogynes, qui ne se compose encore que du seul genre glohularia , dont toutes les espèces sont plus ou moins amères et jouissent de propriétés analogues à celles que nous venons de signaler dans lu gloùularla alypum. Voyez
GLOBTJI-AIRE. ( A. R.)
GLOSSANTHRA.X, s. m., de yA^?î«, langue, et de av0ç4, charbon. Charbon de la langue. Voyez charbon.
GLOSSIEN , ENNE, adj. , glossianus. Voyez lingual.
GLOSSITE, s. f., glossitls; inflammation de la langue. On doit en distinguer deux espèces différentes parleur siège ; l'une est superficielle, bornée à la membrane muqueuse; l'autre est profonde , et occupe le parenchyme de l'organe. La première est très-fréquente , la seconde est assez rare ; cependant elle était connue d'Hippocrate ; Galien , Arétée, Aétius, Avicenne, Paré, Forestus , Schenkius, Sauvages, Vogel, Van Svvieten , Louis, Delamaile , Lassus , Frank et plusieurs autres, l'ont décrite , ou en ont rapporté des observations. Dans la plupart des ouvrages , cette affection n'est pas désignée sous le nom de
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glosiite , raais sous les diverses dénominations de paragioxsa , glosso-megista , inflado, tumorcs , ahcessas luiguœ, gonflement , inflammation de la langue, etc.
La glossite est bien plus souvent syraptomatiqiie o,u'idiopatique. Celle qui est symptomatique reconnaît quelquefois pour cause la petite vérole confluente, qui s'est propagée dans l'intérieur de la bouche. La glossite svniploma tique et superficielle existe fréquemment chez les individus affectés d'inflammation du pharynx, de l'estomac. Van Swieten, Delamalle et Louis ont vu la glossite profonde à la suite d'esquinancie ; ils l'ont aussi observée sur des individus convalescens de fièvres réputées malignes ; ils ne relatent pas quels étaient les symptômes de ces fièvres. J'ai vu , à l'Hôtel-Dieu, la langue se tuméfier rapidement, et au point que la suffocation était imminente sur deux individus: l'un était un homme de soixante ans, très - gros , pléthoi'ique , affecté d'une apoplexie légère; l'autre, une fernme d'environ quarante ans, traitée dans cet hôpital pour une fièvre que le médecin désignait sous le nom de putride. Ces malades furent saignés sans succès à la veine jugulaire, et durent leur salut à deux incisions profondes que M. Epurdier me fit pratiquer sur la face dorsale de la langue , depuis sa base jusqu'à sa pointe. La promptitude avec laquelle le dégorgement se fit me rappelle l'opinion d'Alex. Benedictus, qui attribue le gonflement de la langue soit à l'accumulation du sang dans ses vaisseaux , soit à un véritable phlegmon. La langue reçoit des artères assez grosses pour être exposée à ces congestions sanguines, aussi bien que le cerveau, le foie, la rate, dans lesquels on les a si souvent observées.
L'usage. intérieur ou extérieur des préparations mercurielles , à trop haute dose, occasione fréquemment des gonflemens très- «onsidérabies à la langue, qu'il est facile de distinguer des autres espèces de glossite, parce que la langue reste humide , que la surface interne des joues, les gencives et les glandes salivaires sont tuméfiées, et qu'il existe en même temps une salivation abondante et fétide.
Parmi les causes de la glossite idiopathique ,11 faut ranger les blessures de la langue par les dents ou par des corps étrangers , les brûlures , l'application sur sa surface de substances trèsiiritantes, telles que le piment, les sucs acres des plantes laiteuses, les poisons minéraux ; le contact des substances délé-
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Unes, e\ celui du venin de quelques animaux. Paré rapporte que deux hommes ayant bu du vin dans lequel ils avaient fait infuser de la sauge sans la laver, éprouvèrent des vertiges, des défaillances, des vomisseniens , des sueurs froides; leurs lèvres et leur langue devinrent gonflées, noires; ils enflèrent et moururent. On attribua leur mort à de la bave de crapaud qui infectait la sauge qu'ils. avaient cueillie. Dupont a vu un jeune paysan de seize ans, qui après avoir, à la suite d'un pari, mâché à deux reprises un ci-apaud, éprouva des accideus analogues : la langue devint très- brune; elle sortait de la bouche de plus de deux doigts et demi; elle en avait au moins trois d'épaisseur. La respiration était si laborieuse par le gonflement des parties qui avoisinent le larynx, que M. Dupont pensait déjà à pratiquer la bronchotomie. Cependant il parvint à sauver le malade en pratiquant , sur toute la longueur de la langue, deux incisions profondes, et ensuite deux saignées à la jugulaire , dans l'espace de quatre heures. Au bout de six heures, on pizt faire avaler de l'eau émétisée , qui procura d'abondantes évacuations par le vomissement et par les selles ; les accidens se dissipèrent ensuite en peu de temps.
Lorsque la glossite est superficielle, la langue esta peine tuméfiée : sa surface est sèche, dure, rouge , raboteuse ou trèslisse, quelquefois fendillée. Dans d'autres cas, elle est recouverte, dans quelques parties de son étendue, d'aphtes ou bien de plaques blanchâtres qui y adhèrent intimement, et qui paraissent de fausses membranes. Lorsqu'elles viennent à se détacher, les papilles semblent être à nu; la langue paraît dépouillée; elle est très -douloureusement affectée p.T>4e contact des substances les plus douces. Quand cette espèce de glossite est accompagnée d'une légère tuméfaction, la langue présente sur ses bords des enfoncemens et des saillies qui correspondent aux dents et aux intervalles inter-dentaires. On doit signaler aussi comme un symptôme constant de celle inflammation la diminution ou la perversion du goût. La plupart des malades éprouvent sur la langue une sensation analogue à celle qui pourrait résulter de l'impression d'une substance chaude, acre, poivrée. Cette glossite n'est pas ordinairement dangereuse par elle-même; mais elle existe souvent avec des inflammations aiguës ou chroniques très-graves, qui occupent en même temps le pharynx, l'œsophage, restoniac et le reste du canal alimen-
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taire. Cependant elle n'est pas toujours exemple par elle-même de danger , car elle peut se terminer par gangrène, surtout dans Ja petite-vérole confluente. On combat cette glossite par l'usage des boissons adoucissantes , des bains , des gargarismes émoiliens, des fumigations émollientes , des collutoires préparés avec les sucs de laitue, de joubarbe. Dans quelques cas, il est avantageux d'appliquer des sangsues au-dessous de la base de la mâchoire.
La glossite profonde aiguë a souvent une marche très- rapide; dans l'espace de quelques heures , quelquefois dans un temps un peu plus long, la langue se tuméfie tellement qu'elle remplit la bouche, refoule le voile du palais en haut et en arrière, et repousse l'épiglotte sur l'ouverture supérieure du larynx. Sa partie antérieure écarte les mâchoires, franchit l'ouverture de la bouche, et fait à l'extérieur une saillie plus ou moins longue et volumineuse. La surface de cet organe est ordinairement sèche, rouge, quelquefois brune ou noirâtre. L'inflammation peut se propager au plancher de la cavité buccale, et alors on remarque un gonflement douloureux au - dessous de la mâchoire. La déglutition, la respiration, deviennent difficiles; le visage enfle et prend, chez quelques sujets, une teinte violette; on observe chez quelques malades des symptômes qui annoncent une compression symptomatique du cerveau plus ou moins forte.
Cette glossite est dangereuse, puisqu'elle pent occasioner la suffocation ou l'apoplexie ; et le péril qui l'accompagne est encore bien plus grand, lorsqu'elle a été produite par le contact immédiat d'un venin ou d'une substance délétère, telle , par exemple, que le sang provenant d'un animal mort d'une maladie charbonneuse. Elle peut se terminer par résolution, par la formation d'un abcès dans le tissu de la langue , par gangrène, ou par la mort. On trouve, dans les auteurs, des exemples de ces différens modes de terminaison.
La rapidité avec laquelle marche cette inflammation, le danger dont elle menace le malade en peu d'instans, demandent l'emploi de remèdes prompts et actifs. Aussi ne doit- on pas hésiter à pratiquer sur-le-champ une saignée générale copieuse à la jugulaire, aux veines du pied ou du bras. On y revient aussi souvent que la force du malade et l'intensité de l'inflammation rindlquent. Mais souvent cessaignées générales ont été suivies de
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peu d'effet , et, dans bien des cas, on n'a vu le mal diminuer qu'après les avoir fait suivre de la saignée des ranines , ou de l'application de sangsues nombreuses au cou, au menton ou même à la langue. On doit être averti que la saignée des ranines est quelquefois impraticable, à cause de l'accroissement trop considérable du volume de la langue, et qu'elle expose à la lésion des artères ranines , qu'on devrait cautériser avec le fer rouge si cet accident arrivait.
On seconde l'usage de ces moyens par la diète absolue , les boissons rafraîchissantes nitrées, qu'on peut rendre laxatives par l'addition de crème de tartre, de tamarins. Galien et Van Svï^ieten ont retiré beaucoup d'avantages des purgatifs drastiques, des pilules d'aloës , de scammonée et de coloquinte, et des lavemens irritans. Quand la tuméfaction de la langue est très-considérable, la déglutition est quelquefois impossible. On calme alors la soif dont le malade est tourmenté par des bains , des lavemens , et en promenant sur l'organe enflammé quelques tranches de citron ou d'orange.
On prescrit en outre l'usage de gargarisraes ou d'injections adoucissantes, auxquelles on ajoute quelques gouttes d'un acide végétal. Galien a beaucoup vanté le suc de laitue ; Louis en a aussi retiré de bons effets. On a recommandé les applications émollientes au cou et sous le menton , les pédlhives , les bains.
Mais dans quelques cas, malgré tous ces remèdes, la tuméfaction de la langue fait des progrès , la respiration s'embarrasse , et la vie est en danger si on n'en vient à un remède plus prompt et plus certain , qui consiste à pratiquer deux scarifications profondee dans le tissu de l'organe, depuis sa base jusqu'à sa pointe. On voit , bientôt après cette opération , sortir un sang épais, noir, coagulé; la langue diminue de volume à vue d'œil ; la respiration et la déglutition deviennent plus libres, et l'inflammation se dissipe. Il paraît que ce moyen a d'abord été employé par .Tob à Mec'kren , en i656 , puis par plusieurs autres chirurgiens , qui l'ont toujours vu réussir. Delamalle l'a plusieurs fois mis en usage, et beaucoup recommandé. Il plaçait un coin entre les dents pour en faciliter l'exécution. Il suffit ordinairement d'une scarification de chaque côté de la ligne médiane. On pourrait , à l'exemple de Delamalle, en faire trois , si le cas l'exigeait; mais on se gardeia d'i-
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miter Pimprenelle, qui retrancha la moitié de la langue. On ne doit pas craindre de leur donner trop d'étendue et de profondeur, car elles se réduisent de beaucoup lorsque le gonflement diminue. Louis cite un cas où les scarifications n'eurent aucun succès pour avoir été trop superficielles. Si, malgré celte opération, la suffocation devenait imminente, il ne resterait d'autre parti à prendre que d'ouvrir la membrane crico-tliyroïdicnne.
Quand la glossite a été produite par le traitement mercuriel , Plenk donne le conseil de scarifier la langue, d'y appliquer des sangsues, de faire prendre des bains savonneux, des diurétiques, des sudorifiques et des purgatifs. Louis, qui a vu beaucoup de ces accidens , assure qu'une ou deux saignées, quelques lavemens purgatifs , le changement de linge, le transport des malades dans une autre atmosphère, les faisaient cesser irès-promptement , et que jamais ils n'ont été funestes. Pour l'individu qui avait mâché un crapaud, nous avons vu que M. Dupont, après avoir scarifié la langue, prescrivit avec succès l'éméllque.
Si la glossite s'est terminée par suppuration, il faut donner issue au pus avec le pharyngotome, ou inciser avec le bistouri; prescrire des gargarismes avec les infusions de fleurs de camomille, de sureau, d'arnica, de mauve, auxquelles on ajoute de l'oxymel simple ou du miel rosat. Quand la suppuration dure depuis quelque temps, on substitue aux gargarismes des injections avec la décoction de quinquina, la teinture de myrrhe , le baume du Perrou et le miel rosat.
Si la langue est gangrenée, on a recours au gargarisme de décoction de quinquina avec additiond'acides minéraux. On peutaussi les prescrire à l'intérieur : on retranche les portions gangrenées avec des ciseaux. Nous ferons remarquer que , quand les escarres sont entièrement détachées , il arrive souvent que la perte de substance se trouve réellement très- peu considérable, quoique Ja mortification ait paru très-étendue en largeur et en profondeur.
Lorsque l'inflammation a passé à l'état squirrheux, on conseille les gargarismes de décoction de belladone, de ciguë, ainsi que les autres remèdes préconisés pour résoudre les squirrhes.
On rencontre des engorgemens chroniques de la langue qui ne paraissent pas être inflammatoires; ils dépendent le plus ordinairement d'un état de paralysie ou d'hypertrophie de cet organe; nous en avons traité au mot chute. de la langue, auquel nous renvoyons. ( marjolin.) "^
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GLOSSOCÈLE, s. f., glossocele, de yxZss» langue, .eur et fj^Xi}, tumeur. Saillie permanente de la langue hors de la bouci ces Voyez CHUTE de la langue. se
GLOSSOCOME , s. m., yXùûa-a-ùKOfiav. On donnait autrefois ce-nom à un appareil dont on se servait dans les fractures de la cuisse et de la jambe. Le glossocome se trouve décrit dans les Commentaires de Galien sur le livre d'Hippocrate de Fracturis. Ambroise Paré, Scultet, Garengeot, l'ont aussi figuré dans leurs ouvrages. C'était une sorte de longue caisse de bois , ouverte par sa partie supérieure et ses extrémités. On mettait dedans le membre fracturé; on appliquait au-dessus et au-dessous de la fracture , des laqs; de ceux- ci, les uns passaient dans des poulies fixées à la partie supérieure de l'instrument ; les autres s'attachaient à une traverse mobile, dont il était muni à sa partie inférieure. La traverse était mise en mouvement au moyen d'une manivelle , de sorte que , tirant sur les laqs inférieurs, elle faisait l'extension, tandis que la contre-extension était maintenue par les courroies supérieures. Les inconvt'niens attachés à l'emploi du glossocome, quelque ingénieuse que paraisse sa construction, l'ont fait généralement abandonner; et, dans tous les cas, il est préférable de le remplacer par les appareils décrits à l'article fracture. Voyez ce mot. (j. cloquet.)
GLOSSO-ÉPIGLOTTIQUE, adj. , glosso-epiglotticus ; qui appartient à la langue et à l'épiglolte. ^
On a appelé, dans quelques ouvrages, muscles glosso-épiglottiques, des trousseaux de fibres charnues, qui, plus apparen* dans la plupart des mammifères que chez l'homme, se portent de la base de la langue vers l'épiglotte, et paraissent avoir pour usages de soulever cette dernière et de l'éloigner de la glotte.
GLOSSO-PALATIN. Voyez glosso-staphylin, qui est plus employé. (h. c.) -
GLOSSO-PHARYNGIEN, enne , adj., glosso-pharyngœus. Certains anatomistes ont donné le nom de muscles glosso-pharyngiens à des trousseaux de fibres du muscle constricteur supérieur du pharynx, qui s'attachent sur les côtés de la base de la langue. Voyez constricteur.
On applique plus généralement le nom de glosso-pharyngien « Tm nerf que beaucoup d'auteurs regardent comme une portion de la huilième paire ou du nerf pncunio-gastrique, mais qui mé- X. 18
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rile d'en être totalement isolé. C'est le netf pharyngo-glossien
de M. Chaussier.
Les nerfs glosso-pharyngiens viennent des parties supérieures et latérales de la moelle vertébrale, entre les nerfs faciaux et pneumo-gastriques , mais plus près de ces derniers , dans le sillon qui sépare les éminences olivaires des corps rétiformes. Cette origine est composée de deux, trois, quatre ou cinq filamens, plus ou moins séparés , et quelquefois réunis en une seule racine qui est séparée du nerf pneumo-gastrique par des vaisseaux , par une apophyse lamellée de la circonférence du cervelet , ou par une petite portion du plexus choroïde du quatrième ventricule. Ces filets s'étant réunis , constituent un faisceau placé au-dessus et en avant du tronc du nerf pneumo-gastrique , et se portent directement en dehors vers la partie antérieure du trou déchiré postérieur. Là, le nerf glosso-pharjngien s'engage dans un canal isolé que lui donne la dure-mère , traverse le trou , et se trouve en sortant séparé du nerf pneumo-gastrique ppr le tronc de la veine jugulaire interne. Ensuite il se dirige en bas et en devant , passe sur l'artère carotide interne et sous le muscle stylo-pharyngien, puis entre lui et le muscle stylo-glosse, et descend obliquement en devant, en suivant sa direction jusqu'à la partie postérieure et inférieure de la langue, dans laquelle il pénètre.
Immédiatement à sa sortie du crâne, le nerf glosso-pharyngien jette une de ses ramifications dans le conduit auditif , puis il reçoit un filet qui vient du rameau stylo-hyoïdien du nerf facial, et un autre que lui envoie le tronc du pneumo-gastrique. Ensuite il fournit deux filets longs et grêles qui descendent sur l'artère carotide interne, laissant échapper dans leur trajet plusieurs filamens qui vont s'anastomoser avec le nerf pharyngien du pneumo-gastrique, ou se jeter dans le plexus du m.ême nom. Ces deux^îlets continuent à descendre en dedans de l'artère carotide primitive jusqu'à la partie inférieure du cou , où ils s'unissent à des rameaux des ganglions cervicaux , et particulièrement à quelques-uns des nerfs cardiaques. Après eux le nerf glosso-pharyngien en envoie deux autres dans le muscle stylopharyngien. Il fournit aussi deux rameaux considérables, isolés ou réunis au moment de leur origine, et qui en parlent au niveau du sommet de l'apophyse styloïde ou un peu j)lus bas : ceux-ci descendent en dedans et en arrière, et donnent en pas-
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sant des ramifications aux muscles constricteurs supérieur et moyen , et à la membrane muqueuse du pharynx : une de ces ramifications se jette dans l'amygdale; deux ou trois autres se perdent dans le muscle stylo-pharyngien, et quelques-unes gagnent la partie superficielle et postérieure de la langue : les rameaux, continuant ensuite à descendre, se dispersent dans le plexus pharyngien.
Après avoir fourni ces diverses bi'anches, le nerf lui-même s'engage sous les muscles stylo-glosse et hyo-glosse; il se divise alors en trois ordres de rameaux : l*s uns, supérieurs, se portent dans les muscles lingual et glosso-staphylin, et dans les cryptes muqueuses environnantes ; ceux-ci, conjointement avec un filet précédemment indiqué, forment ;«utour de l'amygdale un véritable plexus [circulus tonsillaris) , et lui fournissent des filets marqués; d'autres, inférieurs , descendent dans le muscle hyoglosse et dans les replis muqueux glosso-épiglotliques; ceux de cette dernière partie en envoient un ou deux qui tombent sur l'épiglotte , mais ne peuvent être suivis que très-difficilement dans le tissu de cet organe. Les rameaux du troisième ordre ou les moyens s'enfoncent dans les fibres de la langue, au-dessous du muscle hyo-glosse, remontent à la surface supérieure de cet organe , et se perdent dans les follicules muqueux , ne se répandant que très-peu dans son tissu charnu.
Le nerf glosso-pharyngien est placé, dans la langue, au-dessus du nerf hypoglosse et au-dessous du rameau lingual du nerf maxillaire inférieur; il est plus petit qu'eux deux, et ne parait point s'anastomoser avec leurs filets. Voyez enckphalk et