OPÉRATIONS
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Dans la quatrième espèce de grossesse estra-ulérine, la'cavîté qui renferme le fœtus s'est formée accidentellement dans l'épaisseur des parois de l'utérus. En lisant l'ouvrage de M. Carus , j'avais été frappé de la description d'un fait semblable , le premier qui fat venu à ma connaissance. Bientôt j'eus occasion d'en voir un sur la nature. M. G. Brescliet eut la bonté de me montrer une pièce qu'il disséquait et qu'il faisait dessiner, pièce qui lui avait été transmise par MM. Bellemain elLartet. Cette observation , qu'il a tracée avec grand soin , a été la base d'un fort beau mémoire qu'il a lu à l'Académie de Médecine , et qu'il se propose fie publier. Il serait indiscret d'abuser de la complaisance qu'il a eue de me confier son travail. Il suffit d'ailleurs au plan que j'ai adopté de faire connaître que dans les cas connus jusqu'à présent, la cavité s'est formée au voisinage de la trompe , dans l'épaisseur même du tissu de l'utérus, et non sous la membrane péritonéale; que la rupture de sa paroi externe et le passage du fœtus dans l'abdomen a eu lieu dès les premiers mois de la gestation, que les femmes sont mortes en peu de temps par suite des accidens que cette rupture a fait naître , que Ton ignore comment l'ovule , au lieu de suivre le canal de la trompe , a pénétré à travers son tissu dans celui de l'utérus. M. Cliet, chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité de Lyon , a publié, il y a quelque temps, un compte médico-chirurgical des observations recueillies dans la salle des filles -mères de cet hôpital. Parmi beaucoup d'observations curieuses et de réflexions judicieuses, ce compte contient l'observation d'une grossesse parvenue au terme de huit mois , et terminé par une rupture. Ce cas me paraît appartenir à l'espèce de grossesse extra -utérine dont je parle ; mais quelque opinion qu'on adopte à cet égard , il n'est pas moins un fait unique dans les fastes de l'art , et qui mérite d'être étudié dans tous ses détails. Cette dernière considération m'empêche d'en donner ici une analyse nécessairement incomplète.
Des maladies qui simulent la grossesse. — Ces affections ont été désignées collectivement sous le nom de fausse grossesse {falsa, spuria graviditas'), de grossesse apparente. M. Capuron [Diss. de spuria graviditale) établit trois genres de fausses grossesses : le premier comprend celles qui reconnaissent pour cause l'augmentation de volume de l'utérus , laquelle dépend de la conception ou lui est étrangère. A la première section se rapporte la fausse grosse'^se produite par une môle; à la seconde.
celles qui sont produites par l'hydropisie, la tympanile, les hydatides de l'utérus, le sang accumulé dans la cavité de cet organe , les polypes utérins , l'iiystérie, le squirrhe de l'utérus, ce qui constitue autant d'espèces. Le second genre renferme celles qui dépendent des changemens survenus dans les appendices de l'utérus , et est partagé en deux espèces qui reconnaissent j)our, cause le squirrhe et l'hydropisie de l'ovaire. Dans le troisième genre sont comprises les fausses grossesses dont la cause est le changement de l'abdomen. Une foule d'affections sont rassemblées sous ce chef, telles que l'ascite , la tympanite, les collections de pus, de sang, les tumeurs du niésenlère, de l'épiploon, des parois de l'abdomen. Ce tabieau nous présente l'énumération assez complète des affections qui peuvent simuler la grossesse. L'histoire de chacune de ces affections devant être Iracée dans des articles spéciaux, je me contenterai d'exposer les considérations communes qu'elles offrent dans leurs rapports de resseniblance avec la grossesse. Leur nomenclature seule montre combien elles diffèrent par leur siège et leur nature; elles n'ont: réellement de commun entre elles et avec la grossesse que l'intumescence de l'abdomen. Le plus souvent la progression , la forme de celte intumescence , et le lieu où elle commence à se faire remarquer , ne ressemblent pas à ce qui a lieu dans la grossesse; mais quelquefois aussi ces circonstances s'en rapprochent. D'un autre côté, nous avons vu que les phénomènes de la grossesse présentent des variations, des aberrations qui répandent beaucoup d'incertitude sur leur nature. Les affections dont il est ici question , coïncident souvent avec la suppression des menstrues, soit qu'elles en soient la cause ou l'effet, soit qu'il y ait une simple coexistence; et cette suppression donne lieu à des symptômes ordinairement produits parla grossesse, tels que le gonflement des mamelles, l'excrétion de lymphe laiteuse, les lésions de la digestion, etc. L'erreur est encore plus facile en pareil cas. Il n'est presque pas de livre de médecine qui ne contienne des exemples remarquables de méprises à ce sujet; ii.n'est i)as de médecin qui n'en ait été témoin, et très' ^ peu en ont été exempts eux-mêmes. Une femme du faubourg St-Marceau était enceinte ; d'effrontés charlatans prononcent qu'elle est atteinte d'ascite, lui plongent un trois quarts dans l'utérus, et causent sa mort. Je fus appelé, il y a quelques années, pour décider s'il fallait faire l'opération césarienne à une fcmnio, que l'on