‹ Dictionnaire de médecine; ou, Répertoire général des sciences médicales considérées sous les rapports théorique et pratiqueChapitre 49 sur 62 · GUE · texte numérisé non relu

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qu'on préviendra ces avortemens accidenlcls ou provoqués el ces infanticides qui sont jiour la société des maux beaucoup plus grands que les grossesses illicites. L'on n'a que trop souvent à déplorer le zèle peu éclairé de quelques personnes charitables et religieuses que leur respect pour la morale entraîne à méconnaître les droits de l'humanité.

Il me resterait, pour compléter l'hygiène publique de la grossesse, à parler des mesures que l'on doit prescrire dans" les cas où une femme enceinte meurt à une époque plus ou moins avancée , pour chercher à conserver l'enfant qu'elle porte dans son sein. Ce sujet ayant été traité dans un autre article, je dois, renvoyer aux développemens qni lui sont donnés. Voyez césa- EiENNE ( opération ). ( raigk delorme. )

GRUAU, s. m., grutuin. On donne ce nom aux graines d'avoine que l'on a dépouillées de leur enveloppe extérieure oa balle floréale, par une espèce de mouture. Voyez avoi?îe.

GUEPE, s. f. , vespa. On appelle guépss des insectes à quatre ailes transparentes et non écailleuses, lesquels constituent un genre distinct dans l'ordre des Hyménoptères et dans la famille des diploptères. Toutes les espèces de ce genre, de même que les abeilles, dont nous avons déjà parlé, font des piqûres douloureuses et envenimées; mais parmi elles, on distingue surtout sous ce rapport, la guêpe commune ( vespa vulgaris), la guêpe des arbustes ( vespa gallica j , et \e frelon ( vespa crabro.) Ces trois insécTcs, qui sont indigènes d'ailleurs, ont un aiguillon construit d'après les mêmesprincipes que celui des abeilles, et sur la description duquel, par conséquent, nous ne reviendrons point ici. Le second est plus petit que les deux atitres; le dernier est souvent long de plus d'un pouce , et a les anneaux de l'abdomen d'un bru'n noirâtre , avec une bandé jaune, marquée de deux ou trois points noirs au bord ])OStérieur. L'aiguillon des guêpes, et surtout celuidu frelon, est constamment })]us fort et plus crénelé que celui des abeilles : il ressemble à une scie, et la vésicule à venin, dont il e>t le conduit excréteur, est plus grande et munie démuselés plus piiissans et capables , ainsi que l'a observé l'exact Réaumur , de chasser le liquide empoisonné à la distance de plusieurs pouces. La piqûre faite par cet appareil vulnérant est donc proportionnéuienl et plus douloureuse et plus dangereuse. On est généralement d'accord sur ce point de fait , basé sur une foule

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d'observations aulhentiques. C'est ainsi qu'en 1816, les journaux ont rapporté l'histoire d'un cultivateur et de son fils qui moururent dans la campagne, piqués l'un et l'autre par des guêpes, près de la demeure desquelles ils travaillaient; que Fabrice de Hilden a vu une piqiire de guêpe sur le carpe être suivie d'une lipothymie et de desquamation générale; qu'en 1776, les médecins de Nancy ont vu un jardinier qui, pouï avoir porté à sa bouche une pomme dans laquelle une guêpe s'était logée, en fut piqué près du voile du palais, et mourut de suffocation dans l'espace de ([uelques heures — Une femme s'étant assise au pied d'un arbre dont le tronc récriait un nid de frelons, fut piquée sur le sein droit, ce qui, selon le docteur Champneuf, occasiona un gonflement érysipélateux considérable, de fréquentes lipothymies, avec froid des extrémités, gêne de la respiration petitesse du pouls, et même développement d'un point gangreneux. Il est probable aussi c[ue les insectes dont il est parlé dans les Ephéinérldes des curieux de la nature, et qui, en 167g, affligèrent la Pologne, étaient des gîiêpes ou des abeilles-bourdons. Leur piqûre occasionait anx hommes et aux animaux une tumeur inflammatoire ([ui faisait des progrès rapides, et qui causait la mort si l'on ne pratiquait point sur-le^ champ des scarifications.

Dans les pays chauds, entre les tropiques, les guêpes sont évidemment plus à craindre que sous le ciel tempéré de l'Europe. A rile de France, il en est une espèce qui se fait redouter de tous les autres insectes, et dont la piqûre est des jdus fâcheuses, au rapport de Charpentier de Cossigny. A la Guadelo'upe, selon le P. Labat, il en existe une autre qui, pendant que le soleil est dans toute son ardeur, fait des piqûres dont la douleur est horrible, et que suivent de vives démangeaisons et un grand gonflement.

Le traitement de ces divers accidens étant absolument le même • que celui qui convient dans les cas de jiiqûres d'abeilles et d'autres insectes hyménoptères , nous renvoyons ce que nous avons à en dire aux articles insectes venimeux et piqûres d'insectes , et nous terminerons ce qui concerne la guêpe par l'exposé des préjugés médicaux auxquels elle a donné naissance. On dirait, en effet, que, par une suite de la tendance qu'a la superstition à venir s'emparer de la place de la médecine, on ait voulu, pendant \\\\ certain temps , attribuer à tous les insectes

les vertus diurétiques et iithontriptiques dont ou reconnaissait l'existence au plus liaut degré dans les cantharides. C'est sans doute pour cette raison qu'on a prétendu que les guêpes pouvaient dissiper les obstructions des reins, et briser la jnerre dans la vessie ; et les charlatans qui avançaient ceâ absurdités ont trouvé, des sots assez crédules pour faire l'essai des médicauicns frivoles ou dangereux dont avec une impudente audace ils vantaient l'infaillible efHcacilé. ( hipp. cloquet. )

GUÉRISON, s. f. , sanntio , valetudinis restitutio; rétablissement de la santé; terminaison de la maladie par la réintégration des organes lésés , dans leur état naturel. La guérison est le but principal de la médecine. C'est pour l'atteindre , que sont recommandés l'étude de l'organisme humain, l'observation des lésions auxquelles cet organisme est exposé et la recherche des moyens qui peuvent les faire cesser. Voyez mal.vdie , médecine.

GUI, viscurn album. L. Famille naturelle des Loranthées; Diœcie tétrandrie. Ce singulier végétal, qui vit en parasite sur le tronc des autres arbres , est beaucoup plus remarquable par les phénomènes de son développement et les idées superstitieuses que les anciens y attachaient, que par ses propriétés médicales. On sait que les druides allaient tous les ans recueillir avec des serpes d'or le gui qui se développait .sur les chênes, et que cette cérémonie était accompagnée d'hymnes en Thonneur de la divinité. Plus tard, les médecins ont cherché un remède dans une plante qui avait été pendant si long- temps l'objet d'une aussi grande vénération.

Le gui se développe très-rarement sur le chêne : quelques auteurs ont même prétendu qu'il n'y vient jamais, et que le gui de chêne. des anciens était une espèce de Loranthus . Mais nous ferons remarquer, i" que , s'il est vrai que le gui soit très-rare sur le chêne, tandis qu'il est si commun sur les pommiers, les poiriers, les peupliers, être, il s'y développe cependant quelquefois, puisqu'il en existe un très-bel individu sur un tronc de chêne dans les collections du Muséum de Paris; 2" que le J.oranthus europœus , la seule espèce de ce genre qui croisse en Europe ne vient pas en France, et que par conséquent les druides de la Gaule allant cueillir le gui dans les forêts de leur pays, ce nom doit s'appliquer ^nviscum albmn^f^ox y croît naturellement, et non au Loranthus , qui y est étranger. Le gui a une odeur faible,

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