HAR
I.c bassin exécule , tantôt sur les deux fémurs, tantôt sur un seul, (les inouvcinens de flexion, de redressement ou d'extension, d'inclinaison latérale , de rotation et de circuinduction , qui ont lieu par un mécanisme à peu près semblable à celui dos mouvemens dont nous venons de parler, avec cette seule différence que 1« fémur est fixe , et c[ue c'est la civité cotyloïde qui est la partie mobile.
Les maladies les plus fréquentes de l'articulation de la hanche sont les luxations , les affections improprement désignées sous le nom commun et vague de luxation spontanée , l'ankylose , la fracture du col du fémur , etc. ( a. béclard. )
HA-RICOT , s. m. phaneolus vulgaris. L. Plante annuelle de la famille des légumineuses et de la diadclphie décandrie, que l'on présume être primitivement originaire de l'Inde, et que l'on cultive depuis un temps immémorial dans toutes les contrées de l'Europe, où elle s'est si bien naturalisée qu'elle semble en être originaire. Nous ne parlerons point ici des propriétés médicales que l'on a jadis attribuées aux graines de celte plante, que l'on regardait comme emménagogues, diurétiques et apéritives. De semblables assertions n'ont pas besoin d'être combattues sérieusement. Nous nous contenterons de dire que , cuits dans l'eau , et réduits en bouillie , les haricots peuvent être utilement employés pour faire des cataplasmes émolliens. Quant à leur usage comme aliment , il esft fort étendu, ainsi que chacun sait. Les haricots sont fort nourrissans, mais d'une digestion assez pénible et donnant lieu à la formation d'une grande quantité de gaz intestinaux. Ils sont plus agréables et plus faciles à digérer, quand ils sont frais que quand ils sont secs. On mange aussi les jeunes gousses, quand elles sont encore très-petites. C'est un aliment fort agréable et qui n'a aucun des inconvéniens que l'on a justement reprochés aux haricots secs. (a richard.)
HARMONIE , s. f. , hannonia, de «p^oV, ùp/novîei, union , jonclion ; Galien et tous les autres anotomistes qui l'ont suivi ont donné ce nom à un genre d'union des os qui se fait par simple juxta -position, ou par des dentelures" très -peu prononcées, comme cela a lieu pour la plupart des os de la face. L'harmonie est considérée aujourd'liui comme une variété de la suture, sous le nom de suture harmonique ou superficielle , parce que, en effet, les os ainsi articulés sont toujours engrenés par des inégalités sensibles. Bichat a commis une légère erreur , sous ce
rapport, en établissant comme deux genres séparés l'articulation immobile à surfaces engrenées, et celle à surfaces juxta -posées.
Voyez ARTICULATION, SUTURE. ( A. B. )
HAUT-MAL, s. m., nom vulgaire de l'épilepsie. Voyez ce mot.
HECTIQUE, adj., hecticus , de Uriy.o?, habituel, qui est dans l'habitude du corps; fièvre hectique. On a donné ce nom à un mouvement fébrile continu, d'une durée toujours incertaine. La fièvre hectique est le plus souvent l'effet d'une suppuration lente et profonde , et elle tient , en quelque sorte , le milieu entre l'état aigu et l'état chronique. Cette fièvre , qui n'avait pu trouver place dans la classification des fièvres essentielles de M. Pinel, a été l'objet d'une description particulière dans les dernières éditions de la Nosographie philosophique.
tin état de pâleur générale, jointe à la coloration partielle des joues, à la maigreur et à la flaccidité des chairs, est le trait extérieur le plus frappant de tous les individus chez lesquels la fièvre hectique est depuis quelque temps développée. Cependant les fonctions digestives continueut à s'exercer dans leur intégrité , lorsque les organes chargés de les exécuter ne sont pas eux-mêmes le point de départ de la maladie ; l'appétit se conserve alors , et peut même être augmenté; mais, dans tous les cas, il existe un sentiment de chaleur et de sécheresse à la gorge, avec soif; le pouls est dur et constamment fréquent, surtout vers le soir et après le plus léger repas. La respiration s'accélère au moindre mouvement, et elle est souvent difficile, surtout à une époque avancée de la maladie. On observe souvent une petite toux sèche, surtout après le repas, lors même que les organes pectoraux ne sont pas le siège primitif de la ' maladie. La chaleur générale est augmentée, sèche, acre au toucher, inégale, plus forte surtout à la paume des mains et à la figure ; les yeux sont brillans et humides , les pommettes rouges : la transpiration est d'abord supprimée; mais, à une époque avancée de la maladie, on observe une sueur abondante, inégale, paraissant surtout à la tête, au cou, à la poitrine, à i'épigastrc , augmentant la nuit, et surtout le matin. L'urine , peu abondante et colorée , dépose souvent un sédiment blanc ou rougeâtre. A la constipation qui avait eu lieu dans le commencement, succède plus tôt ou plus tard la diarrhée, qui devient bientôt colliquative et amène rapidement la perte complète des forces : alors amaigrissement général et
progi'essif , œdème des extrémités inférieures , excavation des tempes, enfoncement des yeux dans les orbites, affaissement des parties musculaires , chute des cheveux et des poils, courbure et lividité des ongles, sommeil presque nul ou interrompu par des rêves et non réparateur , sentiment continuel de lassitude et de faiblesse générale, qui n'empêche pas quelquefois les organes génitaux de jouir de toute leur activité. Au milieu de ce dépérissement giaduel et progressivement accéléré de toutes les facultés physiques , se fait remarquer l'intégrité des sens et de toutes les forces morales jusqu'au moment même de la mort.
Le cours de cette fièvre peut se diviser en trois périodes. Dans la première, un léger mouvement fébrile avec augmentation de chaleur, paraissant le soir et se terminant le matin, est le seul symptôme qui marque son existence. Plus tard, le mouvement fébrile devient continu, et s'accompagne de plusieurs des symptômes que nous venons de rapporter. Eiifin, ce n'est ordinairement que dans la troisième période que s'observent la sueur et la diarrhée colliquatives, la chute complète des forces , le marasme, et l'œdématie des exti'émités inférieures. Mais, de tous ces symptômes mortels , la diarrhée, qui estgénéralement regardée comme le plus caractéristique et le plus funeste, n'est pas aussi indispensable qu'on le croit généralement, et présente beaucoup de variétés qui tiennent à l'état du tube intestinal et au régime alimentaire des malades. J'ai vu plusieurs fois d'infortunés plithisiques terminer leur courte carrière avec îa constipation ; d'autres , après avoir éprouvé seulement une légère diarrhée pendant quelques jours : j'ai même observé que ces deux dernières circonstances se rencontrent plus fréquemment dans les hôpitaux , où les malades , arrivçs au dernier degré de la fièvre hectique , sont tenus à un régime sévère, tandis que chez les gens aisés , qui obéissent à tous les caprices de la gourmandise et qui sont l'objet de plus de complaisances médicales, la diarrhée , qui accompagne le troisième degré de la phthisie pulmonaire précède souvent la mort de plusieurs mois.
La fièvre hectique affecte ordinairement le type continu avec exacerbation; assez souvent le type rémittent, soit quotidien^ soit double tierce; très-rarement le type intermittent, c'est-àdire que dans l'intervalle des accès les malades ne jont presque jamais exempts d'une petite fièvre dorit ils ne s'aperçoivent pas
eux-mêmes , mais que le praticien reconnaît à raccéléralion du pouls. Les paroxysmes ont lieu le plus ordinairement le soir , quelquefois il y en a deux dans les vingt-quatre heures. Ils se suspendent quelquefois pendant un temps plus ou moins long pour reparaître ensuite avec plus d'intensité. La durée de cette fièvre est toujours longue et indéterminée ; sa fin est le plus souvent celle de la vie. Elle amène ordinairement, par l'extinction graduelle de toutes les forces vitales, une mort douce, facile, inattendue , dont les approches sont couvertes du voile de l'espérance et des plus agréables illusions.
L'infatigable nosograplie A^inceslas Trnia a recueilli et publié un nombre considérable d'observations particulières de fièvres hectiques produites par des causes diverses. Mais si l'on se reporte au temps auquel il a écrit ( 1788 ) et à la nature de son talent qui le portait plus aux travaux d'érudition qu'à la critique sévère des opinions médicales , on ne sera pas étonné de lui voir confondre sous la même dénomination symptomatique des affections organiques de nature fort différente , et de trouver placées sur la même ligne les causes éloignées de cette fièvre, les excès d'étude , le chagrin ou des passions violentes et concentrées, etc. , et les causes organiques cpii ne sont que l'effet des premières , et qui deviennent la véritable cause prochaine des symptômes fébriles. En général les idéps des observateurs à ce sujet ont été confuses comme tout ce qui a été écrit pendant long-temps sur les fièvres, par la raison que la maladie était tantôt caractérisée par ses symptômes extérieurs et tantôt par sa cause prochaine quand elle était connue. M. le professeur Pinel lui - même n'a pas su éviter cette faute , tout en la reprochant à M. Broussais, jeune alors; mais il n'en est pas moins curieux de voir l'auteur de la Nosographie philosophique ( dans sa Ge édition), prendre sa revanche vis-à-vis l'auteur de l'examen , et battre en brèche \v. fièvre hectique morale sans cause matérielle appréciable et sans siège déterminé, Ici comme dans les autres parties de la pyrétologie, on s'aperçoit que l'absence d'une véritable analyse philosophiqiie des causes et du siège des maladies a obscurci l'idée qu'on doit se former de leur nature , et rendu aussi Incertain qu'arbitraire le nombre et la détermination des espèces nosologiques ; on eu demeure convaincu en lisant les auteurs. Hoffmann rapporte . tomme un exemple de fièvre hectique guérie par l'usage d'ui^
55o HEC
vomitif, après une durée de plusieurs semaines , l'iiistoire d'une fièvre lente qui dépendait évidemment d'une gastrite clironique provoquée par des habitudes vicieuses dans le régime alimentaire, chez une femme délicate âgée de trente ans. Un grand nombre d'observations analogues nous montre cette prétendue fièvre hectique produite par une lésion chronique des organes digestifs , avec les symptômes ordinaires de l'hypochondrie. Lorry cite plusieurs exemples de fièvre hectique de cette sorte, qu'il désigne sous le nom de phthisie sèche des mélancoliques. Morton a vu aussi la fièvre hectique survenir à la suite d'une intermittente tourmentée par des fébrifuges autres que le quinquina. M. Pinel regarde la diarrhée comme une cause fréquente de la fièvre hectique, et déclare en avoir vu des exemples multipliés à l'infirmerie des femmes aliénées de la Salpêtrière. Ce savant professeur assure avoir observé un fait de cette nature sur son propre fils , à la suite d'-une dysenterie très-intense. N'est-il pas évident dans tous ces cas que la fièvre hectique était le symptôme de l'inflammation d'une portion quelconque du tube digestif? et n'est-ce pas même alors la circonstance la plus favorable à sa guérison ?
Ainsi l'irritation chronique des muqueuses produit souvent la fièvre hectique; et il en est de même, soit que cette irritation ait son siège dans le larynx ou les bronches, simulant alors une phthisie laryngée ou pulmonaire, ou que ce siège soit fixé dans la vessie, l'utérus , l'estomac ou les intestins. Les inflammations chroniques des membranes séreuses peuvent aussi produire les symptômes de la fièvre hectique, comme on le voit dans certaines pleurésies chroniques, péritonites chroniques , etc., etc.
L'irritation chronique de la peau est une cause de même nature, et les exemples n'en sont pas très-rares à la suite des dartres très- étendues et très -opiniâtres accompagnées d'un prurit continuel, et des autres maladies cutanées, telles que la teigne, les ulcères anciens , l'éruption dégénérée de la rougeole , de la scarlatine, de la variole, etc. M. Broussais cite une observation de ce genre , suite d'une affection psorique.
Le plyalisme,le diabète , l'habitude de l'onanisme ou l'abus du coït , la nymphomanie, etc., démontrent également que la fièvre hectique, produite par ces causes, est le résultat d'une irritation chronique fixée sur les glandes salivaires j les organes urinaires ou génitaux. L'hydropisie, le rachitis, les scrofules, le cancer,
HEC 55r
la syphilis, la mélancolie elle-même et l'hypochondrie étant des maladies dans lesquelles les symptômes, quels qu'ils soient, et la fièvre hectique, quand elle en est la suite, sont les résultats d'une altération organique plus ou moins facile à constater, il s'ensuit dans tous ces cas que la cause matérielle de la fièvre ne saurait être niée.
L'introduction et le séjour prolongé d'un corps étranger dans la trachée-artère ont produit également une fièvre hectique , guérie par l'expulsion de ce corps. Borelli en cite un exemple remarquable. On a vu la même chose pour les bronches et d'autres cavités naturelles, et l'on conçoit qu'une cause de celte nature , quel que soit le point de l'économie où elle porte son action, déterminera un effet semblable. La présence d'un calcul dans les reins ou dans la vessie fait périr les malades avec les symptômes ordinaires de cette fièvre. Mais c'est principalement dans rinflammation lente et dans la suppuration des viscères situés profondément , qu'il faut chercher la cause la plus commune et la plus funeste des symptômes de la fièvre hectique. Au premier rang des causes de cette espèce se montre la véritable phthisie pulmonaire, résultant de l'inflammation et de la su[)purafion des tubercules du poumon. Les suppurations lentes du foie, des reins, des glandes du mésentère, etc., donnent lieu à des phénomènes généraux semblables , et qui pour cette raison ont reçu le nom de phthisies hépatique, rénale, mésen-^ tériqiie , etc.
Quand on nous dit que des hém.orrhagies excessives peuvent occasioner la fièvre hectique , on n'entend pas parler sans doute de l'écoulement du sang en lui-même, comme pouvant produire un semblable effet; car la cause n'en peut être raisonnablement attribuée qu'à l'état particuher dans lequel se trouvent les vaisseaux d'où le sang est exhalé. Une remarque de même nature s'applique aux fièvres lentes qu'on a supposées être le résultatde la suppression d'une hémorrhagie habituelle. Cette suppression , incapable de produire immédiatement la fièvre hectique , a dû déterminer, en premier lieu, une affection locale quelconque , dont la fièvre aura été l'effet.
Quant aux excès d'étude et aux passions violentes qu'on n'a pas cru moins propres à déterminer la fièvre heciique, nous ne saurions voir en cela qu'une de ces causes générales de maladies qui peuvent en produire de toute espèce, suivant les
circonstances particulières dans lesquelles s'exerce leur action, et qu'on n'a jamais confondue, sans de graves inconvéniens pour la netteté des -idées et la précision qu'il est temps d'introduire dans les notions de pathologie, avec la cause prochaine des maladies , c'est-à-dire avec la lésion matérielle ou organique qui les produit et les entretient. Or toute cause morale de la nature de celles que nous venons de signaler, portant une action directe et primitive sur l'encéphale , qui est le siège organique des phénomènes de celte nature, il nous est impossible de voir, dans ces prétendues fièvres hectiques par cause morale, autre chose que les résultats d'un état inorbide d'une portion quelconque de l'encéphale, ou bien d'une irritation sympathique fixée consécutivement sur xin viscère quelconque, par suite d'une cause morale qui aurait agi primitivement sur le cerveau. Tout aussi facile à concevoir que les gastro- entérites et les encéphalites qui sont le résultat si fréquent d'une cause morale manifeste , la fièvre hectique n'a pas plus que ces deux maladies une existence indépendante des causes matéi'ielles et prochaines , et ne mérite pas plus qu'elles la dénomination de morale , fondée sur la cause éloignée dont elle est le produit local.
Nous avons pensé que cet examen détaillé des causes prochaines de la fièvre hectique était nécessaire pour donner une juste idée de sa nature. Tous les pyrétologistes , et M. Pinel luimême, en admettant l'essentialité des autres groupes de fièvres, se sont accordés à reconnaître que celle-ci était le plus souvent symptomatique, et que rarement on était dans l'impuissance de lui assigner une cause locale. Il nous restait donc à faire voir que, dans les cas même où l'absence d'une lésion organique manifeste avait pu faire penser qu'une semblable cause n'existait pas , l'analogie la mieux fondée nous porterait à l'admettre et à supposer l'existence d'une irritation chronique profonde et obscure dont-le siège nous serait inconnu. Mais grâce à une observation plus exacte des phénomènes morbides, e^: à une connaissance plus complète et plus générale del'anatomie pathologique, les cas où cette cause matérielle de la fièvre hectique peut se dérober à l'investigation médicale deviennent de plus en plus rares. Nous pensons donc que le moment n'est pas éloigné où le siège anatomique de l'irritation permanente qui est la cause prochaine de la fièvre hectique ne pourra plus être méconnu par un observateur attentif.
HEM 55:î
Ce n'est pas au moment où la la doctrine de l'essentialité des fièvres a subi de si rudes atteintes, que nous pourrions consentir à appliquer le nom à'essejitiellek la fièvre hectique, regardée par les classiques comme syinptomatique dans le plus grand nombre des circonstances. Dans l'ctat actuel de la science , la fièvre l;ectique doit donc être considérée comme Je symptôme d'une irritatioa chronique, dont le siège , le plus souvent manifeste, reste quelquefois caché dans la profondeur des viscères. Celte origine explique clairement la gravité de cette fièvre dans tous les cas, sa léthalilé dans un certain nombre, et particulièrement dans le troisième degré des phfliisies : elle explique également les variétés qui s'observent dans les sujets qui en sont atteints , dan» le pronostic dont elle est susceptible, et le traitement qu'oa doit lui appliquer. On conçoit ainsi qu'elle ne peut jamais êlre que sporadique; qu'elle peut attaquer des individus de tout âge, de tout sexe, et se montrer dans toutes les saisons; mais qu'elle s'établira avec plus de facilité et de promptitude chez les personnes jeunes on douées d'une constitution très- irritable ; et: n'attendra pas, chez elles, pour se développer, que la cause irritante ait produit la désorganisation des tissus. L'apparition de la fièvre hectique chez ces individus, annonçant un degré moins avancé de la lésion organique dont elle est le produit , est, par cette même raison, un signe moins fâcheux, et offre plus de ressources à un praticien habile. (coutanceau. )
HÉLIX, s. m., hélix, de îhl%, enveloppe, contour, circonvolution, dérivé ixla-a-w, j'entoure, j'enveloppe; éminence conîournée que forme le pavillon de l'oreille, en se repliant sur lui - même dans le haut de sa circonférence. On l'appelle aussi le grand rvph de /'oreille. Voyez ce mot. (a. b. )
HELMINTHAGOGUE , helminthique , adj., helminthagogus , de (Xfiivs, ver, et de uyai , je chasse ; médicament propre à détruire et expulser les vers intestinaux. Voyez vermifuge
et VERS.
HELMINTHIASE, s. f. , helmimhiasis ; élais morbides déterminés par la présence des vers dans les voies digestives. Voyez VERS.
HÉMAÏÉMÈSE , s. f., hœmatemesis , de uiy.», sang, et <\ù if/Aa, je vomis. Ce mol, employé aujourd'hui pour désigner l'hémorrhagie de la membrane muqueuse de l'estomac^ esprimaiÉ
554 HÉM.
autrefois le vomissement de sang qui est le phénomène le plus remarquable de cette liémorrliagle, à laquelle, dans ces derniers temps, on a proposé de donner le nom plus convenable degastroirhagie.
L'hémorrhagie de l'estomac est une de celles qu'on observe le plus rarement : quelques médecins même pensent qu'elle est la plus rare de toutes celles qui ont lieu par les membranes muqueuses ; mais celte assertion me pai-aît inexacte, et les exemples d'hématurie sont, je crois, moins nombreux encore que ceux d'iiématémèse. Du reste , ce qui vient d'êlre dit de la rareté de l'hématémèse s'applique surtout à l'hématémèse idiopathique; car cette hémorrliagie n'est pas rare dans les cas où l'estomac est le siège d'une lésion organique.
Les causes de l'hématémèse idiopathique sont fort obscures. On l'observe particulièrement dans l'âge mûr, depuis trente jusqu'à cinquante ans ; elle n'a presque jamais lieu chez les vieillards, et peut-être ne l'a-t-on jamais rencontrée chez des enfans. Le tempérament nerveux -sanguin et nerveux-bilieux, une constitution maigre , le caractère mélancolique , irascible , la vie sédentaire et contemplative, sont les conditions dans lesquelles" on a le plus souvent observé l'hématémèse. Les femmes y sont plus exposées que les hommes, ce qui paraît tenir moins à la différence même du sexe, qu'à la suppression et à la déviation des menstrues. On a vu quelquefois l'hématémèse survenir chez des sujets atteints d'une lésion organique de la rate , du poumon , du foie ou de quelque viscère plus ou moins rapproché de l'estomac ; et l'on a supposé entre cette lésion et cette hémorrhagie des rapports dont il serait assez difficile de démontrer rigoureusement l'existence ; il n'en est pas de même de l'hématémèse qui , chez quelques femmes, se produit constamment pendant toutes les grossesses; elle est évidemment liée à l'état de l'utérus.
Quant aux causes occasionelles de cette affection, celles dont l'action est le mieux constatée sont, d'une part, les passions tristes, telles que la terreur , la colère concentrée , un chagrin violent, et, d'autre part, la suppression, la déviation et quelquefois la diminution ou l'insuffisance des hémorrhagies constitutionnelles, et spécialement des règles chez les femmes et des hémorrhoïdes dans les deux sexes. Dans la plupart des ouvrages de pathologie, ou indique comme causes occasionelles de l'hémorrhagie de l'cbiomac les excès d'alimens et de boissons, les
vomitifs et les purgatifs administrés mal à propos, les substances vénéneuses introduites dans l'estomac , les coups sur la région épigastrique, les contractions violentes des muscles abdominaux, et particulièrement celles qui ont lieu dans le travail de l'accoucliement; mais ces causes agissent tous les jours sans donner lieu à l'hémorrhagie de l'estomac, et dans le très -petit nombre de cas où cette hémorrliagie est primitivement survenue après l'action de quelqu'une d'entre elles, cette action semble n'avoir été que très-incertaine, ou tout au moins que fort accessoire. Il en est autrement lorsque l'hémorrhagie a déjà eu lieu : ces causes ont une influence non équivoque dans sa prolongation et sa reproduction.
Quelques médecins, et Frank en particulier, ont indiqué comme phénomènes précurseurs de l'hématémèse les divers ti'oubles des fonctions digestives qui annoncent une lésion organique de l'estomac; mais l'hématémèse qui survient dans ces circonstances n'est elle-même qu'un symptôme du cancer stomacal : autant vaudrait considérer l'hématémèse, qui, chez certains sujets, se montre avant tous les autres symptômes, comme signe précurseur des aigreurs et des vomissemens. Cette hcmorrhagie symptomatique appartient d'ailleurs à l'histoire du cancer stomacal , et ne peut être confondue avec celle dont nous parlons. L'hématémèse idiopathique a quelquefois lieu sans phénomènes précurseurs : quelquefois les malades éprouvent pendant une ou plusieurs heures du refroidissement aux extrémités , de la chaleur et de l'oppi'ession à l'épigastre; mais ces phénomènes et plus encore la pâleur de la face, leséblouissemens, les vertiges, les défaillances, les syncopes, les nausées, sont souvent des indices de l'accumulation du sang déjà exhalé dans la cavité de l'estomac, plutôt que des signes d'une hémorrliagie imminente.
Le sang exhalé dans l'estomac peut en être expulsé, soit par le vomissement, soit par les selles, soit par ces deux voies successivement.
Chez quelques sujets le vomissement de sang est le premier symptôme qui survient; mais chez la plupart des individus le vomissement est précédé d'un sentiment de pesanteur et d'anxiélé dans la région épigastrique, et des phénomènes avant-coureurs de toute espèce de vomissement. JjO sang rejeté par flots ou par gros caillots s'échappe parla bouche et quelquefois en même temps par les narines. Sa quantité est toujours considérable , de huit à dix on-
^5a HEM
ces au moins, et quelquefois de plusieurs livres : cela ne prouve pas que la membrane muqueuse de l'estomac ne puisse fournir une quantité beaucoup moindre de sang; mais 11 est vraisemblable qu'alors ce liquide est transmis en totalité dans les Intestins, au lieu d'être rejeté par le vomissement. Le sang vomi est presque llonjours noir, disposé en grumeaux, en caillots, ou en une seule îi^asse de forme analogue à celle de l'estomac; quelquefois néanjnoins il est rouge et fluide : variétés qui dépendent sans doute ^e la lenteur ou de la rapidité avec laquelle le sang a été exhalé, çt du temps pendant lequel il a séjourné dans l'estomac avant d'élre expulsé. C'est encore à cette cause qu'il faut attribuer la formation de ces couennes ou concrétions membraniformes ou ;po,lypeuses qui sont rejetées avec le sang, et f[ui supposent la. séparation, dans la cavité même de l'estomac, des parties constituantes de ce liquide. Le sang qui provieut de l'estomac est presque toujours mêlé à des aliracns , à de la bile ou à du mucus. Plusieurs heures après le vomissement, quelquefois après un temps plus court ou plus long, le malade éprouve, à la. suite de coliques obscures, le besoin d'aller à la selle, et rend des matières noires, grumelées, souvent très - fétides , dans desquelles on reconnaît facilement le sang, malgré l'altération qu'il a subie en traversant tout le conduit intestinal. Ces évacuations de matières noires ont généralement lieu plusieurs fols dans l'espace de vingt-quatre heures ou de quelques jours. Le YOmissement de sang peut aussi se reproduire dans le cours d'une s,6ule hémorrhagie; mais le plus souvent il n'a lieu qu'une fols. Quant aux phénomènes généraux qui accompagnent l'hématéinèsc, ils sont analogues à ceux qu'on observe dans les autres liémorrhagies considérables. ( Voyez hémorrhagies. ) Les principaux sont la pâleur du visage , le refroldissemeut de tout le corps, la faiblesse, un sentiment d'effroi et de surprise que cause ..au inalade l'aspect du liquide rejeté par le vomissement, l'accélération du pouls.
La durée de cette affection est d'une évaluation difficile : 11 est impossible dé fixer l'instant où l'exhalation commence à s'opéreç dans l'estomac ; elle peut avoir déjà cessé lorsque le vomissement a lieu , et à plus forte raison lorsque les excrétions de matières noires surviennent. L'hémorrhagie de l'estomac ne détermine que très rarement la mort d'une manière prompte. Frank file un cas dans lequel la mort eut lien sans que le malade
HÉM a57
eût vomi le sang : l'ouverture du cadavre montra , dans l'estomac et les intestins distendus , un énorme caillot qui eu avait pris la foi'me. Dans un certain nombre de cas riiémorrhagie de l'estomac s'est terminée heureusement, et ne s'est plus reproduite. Mais ces deux modes de terminaison, soit par la mort) soit par le retour à la santé, ne sont pas les plus ordinaires; et chez le plus grand nombre des individus , que l'hématéjj^î'se se soit ou non répétée une ou {)lusieurs fois , il est resté , à la suite de cette alfeclion , un trouljle plus ou moins grand dans les fonctions de l'estomac, un état de faiblesse générale, une couleur pâle ou jaunâtre, quelquefois une demi-transparence des tégumens , phénomènes qui le plus souvent dénotent une lésion dil tissu même de l'estomac, lésion dont l'hématémèse a été le pre-^ mier indice.
Celle hémorrhagie se montre rarement soûs la forme propre aux hémorrhagies actives ; néanmoins on en trouve quelques exemples «lans les obsei'vateurs. Dans !a plupart des cas, i'état de faiblesse générale , la pâleur, le refroidissement du corps,.la petitesse du pouls , qui précèdent et accompagnent cette hémorrhagie, la rapprochent des hémorrhagies passives, sans néanmoins la placer nécessairement dans cet ordre. L'hématémèse idiopathique est le plus souvent supplémentaire ou auxiliaire d'une hémorrhagie constitutionnelle supprimée ou diminuée, et spécialement des menstrues : on l'a vue dans ces conditions se reproduire pendant plusieurs mois , pendant une année et plus, à des intervalles semblables à ceux auxquels l'hémorrhagie primitive se serait reproduite. Stahl a rapporté l'observation d'une jeune fille chez laquelle une hématémèse, produite par la siïppression des règles , reparut , pendant treize mois consécutifs , aux époques menstruelles. Hoffmann a vu , chez une même femme, les règles précédées successivement, d'abord d'une épistaxis pendant huit ans, puis pendant six aiis, d'une hémoptysie, puis d'une hématémèse qui cessait lorsque l'hémorrhagie utérine était établie, et qui s'était déjà reproduite à six époques consécutives lorsque Hoffman écrivait ce fait. L'hématémèse A succédé quelquefois au flux périodique des hémorihoïdes, et s'est terminée, comme dans le casprécédent, loi'sque l'iiémorrhagie constitutionnelle a reparu.
Quelques auteurs, et en particulier Salmuth et Langlus, ont tapporté quelques ob'^ervations d'hématémèscs ptrlodiques qjù
survenaient sans plicnomènes précurseurs , et paraissaient nécessaires à l'entretien de la santé : toutes les fois, en effet, qu'on chercha à les prévenir par d'autres saignées, il survint des accidens qui firent repentir de l'avoir tenté. Ces faits et quelques autres ont porté BI. Pinel à considérer l'hématémèse comme pouvant se présenter sous la forme des hémorrhagies constitutionnelles (-yqy. hémorrhaoies), et comme pouvant être liée à la santé des sujets, comme le sont les règles chez les femmes ; mais hors le cas où elle remplace une autre hémorrhagie , l'hématémèse est une maladie grave , et dont on doit chercher à prévenir le retour. On a encore considéré comme une variété de l'hématémèse le vomissement des matières noires , connu sous le nom de inelœna ; mais cette affection est presque constamment liée à une affection organique ; elle appartient à l'histoire du cancer stomacal plutôt qu'à celle de l'hématémèse.
Le diagnostic de l'hémorrhagie de l'estomac est souvent facile; mais dans plusieurs cas il est enveloppe d'une grande obscurité. En effet, i° lorsque le sang exhalé dans l'estomac n'est pas vomi, qu'il n'est transmis au-dehors que par l'anus, qu'après avoir parcouru tout le conduit intestinal , il peut être assez altéré pour que sa nature soit facilement méconnue; lorsqu'il a encore l'aspect ordinaire du sang , il est toujours difficile et quelquefois i^mpossible de déterminer de quel point du conduit digestif il provient. Mais dans la plupart des cas une partie du sang exhalé dans l'estomac a été rejetée par le vomissement , et celte circonstance ne laisse guère de doute sur la nature et le siège du mal.
a'* Dans les cas où le malade vomit du sang il peut se faire ou bien que le sang rejeté provienne réellement de l'estomac , mais qu'il ne soit pas le produit d'une hémorrhagie de ce viscère ; ou bien qu'il paraisse provenir de l'estomac tandis qu'il sort des bronches. Il est à peine nécessaire de faire remarquer que du sang avalé soit comme aliment, soit dans un autre but , peut être vomi peu après avoir été pris , et donner lieu à un vomissement de sang très - différent de celui qui nous occupe : quelques individus ont pu simuler ainsi une hématémèse. On a vu dans quelques tas , et spécialement dans le premier âge de la vie, le sang exhalé dans la bouche, dans l'arrièrebouche ou dans les fosses nasales, porté dans l'estomac pendant le sommeil surtout, parun mouvement instinctif de déglutition,
HÉM 559
provoquer le vomissement et pouvoir ainsi faire croire à une hémorrbagie stomacale. Mais l'âge du sujet, l'examen de la bouche, des fosses nas:iles et du pharynx, la présence de quelques caillots de sang dans ces parties , une héraorrhagie récente de la membrane qui les tapisse , sont autant de signes propres à éclairer le diagnostic. Dans ime hémoptysie assez abondante pour provoquer une contraction convulsive des muscles du thorax, le sang s'échappe de la bouche par flots comme dans l'héraatémèse, et il est souvent nécessaire de rapprocher du vomissement de sang les phénomènes qui l'ont accompagné , précédé et suivi, pour fixer son jugement sur le siège de l'hémorrhagie. La douleur ou la pesanteur épigastrique et les nausées précèdent le vomissement de sang; la dyspnée , la toux , et une sensation de bouillonnement annoncent l'hémoptysie : dans celle-ci, il arrive souvent que quelques crachats de sang sont rojetés avant que des flots de liquide s'écliappent de la bouche. Le sang qui vient des bronches est vermeil et mêlé d'air ; celui qui vient de l'estomac est le plus souvent noir, et presque toujours mêlé à des aliraens, à de la bile ou à des mucosités. A la suite d'une hémoptysie abondante , le malade rend par expectoration manifeste quelques crachats de sang : après une hématémèse,une certaine quantité de ce liquide est excrété avec les selles. Il est un cas plus embarrassant encore que ceux dont il vient d'être question ; c'est celui d'une hémoptysie abondante dans laquelle le chatouillement de l'arrière-bauche par le sang qui sort des bronches , ou le reflux de ce liquide dans la partie inférieure du pharynx, provoquent le vomissement des alimens et des autres matières contenues dans l'estomac , qui se mélenf avec le sang. Mais la couleur rouge de ce liquide , son mélange intime avec de l'air, les phénomènes qui ont précédé, et surtout ceux qui ont suivi l'hémorrhagie, suffisent presque toujours pour dissiper toute espèce de doute.
3" Un dernier point relatif au diagnostic est de déterminer si le sang rejeté de l'estomac provient d'une simple exhalation de la membrane muqueuse, ou s'il est l'effet de quelque lésion organique appréciable, en im mot , si l'hématémèse est idiopathique ou symptomatique. Nous ferons d'abord observer que dans le plus grand nombre des cas l'iiémorrhagie de l'estomac est symptomatique; toutes les fois donc qu'un vomissement de sang aura lieu, le médecin sera porté à croire qu'il dépend d'une autre maladie, qu'il s'ef-
56o HÉM
forcera de découvrir partons lesmoyens que la seDaéiotlque lui fournit. Les maladies qui peuvent donner lieu au vomissement de sang sont l'ulcération de l'estomac, soit par l'introduction de poisons caustiques, soit par les progrès d'une affection cancéreuse; la rupture , dans l'estomac, d'un anévrysme de quelque grosse artère voisine; lescorbut,la fièvre jaune; mais de toutes les maladies qurpeuvent produire cette liémorrliagie, le cancer commençant de l'estomac est à la fois celle qui la produit le plus souvent, et celle dont le diagnostic offre le plus de difficulté. En effet, le vomissement de sang qui survient chez un sujet scorbutique, celui qui a lieu à une période avancée d'un cancer stomacal , celui qui survient soit aussitôt après l'ingestion d'une substance caustique , soit plus tard , lorsque les escarres qu'elle a produites viennent à se détacher [vojez gastrite), ne peuvent point être confondus avec l'hématémèse idiopathique. Le temps depuis lequel le sujet est malade , les symptômes qu'il présente actuellement soit du côté de l'estomac, soil dans toute sa consti-~ ution , suffisent pour éloigner toute espèce de doute. Il en est de même du vomissement qui succède à la rupture d'un anévrysme dans l'estomac : le plus souvent l'hémorrliagie est assez considérable pour produire subitement la mort; dans le cas où le malade survit , la présence dans la région épigastrique d'une tumeur qui offre des mouvemens d'expansion isoclirones aux battemens des artères , les troubles qu'elle a apportés depuis un certain temps dans les fonctions digestives, laissent rarement le médecin dans l'incertitude.
Il est des cas aussi, mais en très-petit nombre, dans lesquels l'hématémèse est évidemment idiopathique; lorsque, par exemple , elle survient tout à coup, sans mouvement fébrile, sans douleur, chez un sujet qui jusqu'alors jouissait d'une santé parfaite, et surtout lorsqu'elle succède à quelque hémorrhagie constitutionnelle qui a été supprimée, et qu'elle se reproduit aux mêmes époques, ainsi qu'on l'observe quelquefois chez les femiues pendant le cours d'une aménorrhée. Mais, lorsque le vomissement de sang survient chez un sujet dont les digestions ont offert depuis un certain temps quelque dérangement, ou dont l'embonpoint a din\inué. Je médecin est souvent obligé de suspendre son jugement jusqu'à ce que le cours ultérieur de la maladie lui fournisse de nouvelles lumières. Le rétablissement complet de la santé porte à conclure, lorsqu'il est stable , que
HEM 5fii
i'héraorrhagie était idiopathique. Lorsqu'au contraire, à la suite d'un vomissement de sang, il survient , soit immédiatement, soit après quelques semaines, quelques mois même d'intervalle, du dérangement dans les fonctions digestives, lorsque ce dérangement persiste malgré le régime et les autres moyens propres à le dissiper, il est, non pas démontré, mais très- vraisemblable que l'estomac est le siège d'une lésion organique, à laquelle il faut attribuer, au moins en partie , l'hématémèse qui a eu lieu.
Quant au pronostic , il est généralement grave ; il n'est que bien peu de cas où une liématémèse ne soit pas une maladie sérieuse ; il en est bien moins encore, dans lesquels cette hémorrhagie puisse être regardée comme salutaire. Les cas les moins fâcheux sont ceux où il est bien démontré que l'iiémorrliagie est idiopathique et où elle est supplémentaire de quelque autre hémorrhagie. Il est à peine nécessaire d'ajouter que le pronostic est d'autant plus grave que la quantité de sang est plus considérable, et que l'hémorrhagie s'est reproduite plus souvent. Le danger est rarement prochain.
L'anatomie pathologique n'a , jusqu'à présent, que fort peu éclairé l'histoire de l'hématémèse; la raison en est évidente: c'est la rareté extrême des cas dans lesquels cette hémorrhagie a produit immédiatement la mort. La seule altération observée est la rougeur de la membrane muqueuse de l'estomac; rougeur qui, comme on le sait, pe#t être l'effet de la présence du sang diuis la cavité de ce viscère, comme elle peut aussi avoir piécédé l'hémorrhagie , et être l'indice d'une lésion à laquelle on pourrait attribuer l'exhalation du sang dans l'estomac. Quelques auteurs ont cru reconnaître une dilatation des vaisseaux sanguins , soit veineux , soit même artériels. Ils ont avancé que les liquides injectés dans les artères pleuvaienl avec facilité de la surface intérieure de l'estomac, quand les malades avaient vomi du sang rouge , et que le même phénomène avait lieu par l'injection dans les veines, lorsque le sang rejeté pendant la vie a\'ait présenté une couleur noire ; mais ces assertions sont loin d'être démontrées. Une chose bien positive, c'.'après plusieurs faits observés ou rapportés par Morgagni , c'est que , chez quelques sujets morts peu de jours après avoir vomi du sang, la membrane de l'estomac n'a offert aucune lésion apparente, ft que, dans quelques cas où l'hémorrhagie avait été très- X. 3(1
5r;2 HÉ M
abondante, l'estomac et les autres viscères offraient une pâleur remarquable.
Le traitement de rhématémèse,bien qu'établi en grande partie sur les mêmes principes que celui des autres hémorrhagies , est soumis à quelques règles particulières.
On a cité quelques ca-s dans lesquels le vomissement de sang était suivi, chaque fois qu'il avait lieu, d'une améliorai ion sensible dans la santé; les saignées piatiquées dans le but de remplacer l'hématémèse produisaient, si l'on en croit les auteurs de ces observations, des symptômes plus ou moins graves, qui ne cessaient que par le retour de l'hémorrhagie de l'estomac. Nul doute que, si de semblables cas se renouvelaient, il ne fallût respecter une hématémèse de ce genre ; mais de tels faits sont si rares , qu'ils sortent presque du domaine de l'art, et qu'ils n'infirment pas cette règle générale, qu'on doit, quand cette hémorrliagie a lieu, chercher à la suspendre ou à la modérer, et s'efforcer, quand elle est suspendue, d'en prévenir le retour.
Les moyens qu'on oppose au vomissement de sang, dans le but de le suspendre ou de le modérer, sont dilférens , à raison de l'état des forces du sujet. Est-il d'une constitution pléthorique, conserve-t-il de la chaleur à la peau , son pouls a-t-il de la résistance, on doit ouvrir immédiatement la veine. Le malade offre-t-il, ce qui est le plus ordinaire, des conditions opposées, on cherche à réchauffer les exlrémités refroidies, en les enveloppant de linges bien chauds ; on exerce une prompte révulsion aux membres, à l'aide de bains de pieds sinapisés, de sinapismes ou d'eau presque bouillante. Dans tous les cas, on fait prendre au malade des boissons froides et acidulées, en trèspetite quantité à la fois, par cuillerées, et à des intervalles trèscourts , de cinq, de dix minutes, par exemple. Si, malgré l'emploi de ces moyens, l'hémorrhagie persiste, on rend les boissons plus froides et plus acides ; on prescrit , au lieu de la solution de jus de citron , la limonade sulfurique , l'eau de riz ou le petit -lait aiguisés avec l'eau de Rabel ou l'alun; on applique sur l'épigastre des compresses d'oxycrat froid , ou même de la glace pilée ou de la neige ; on piace un ou plusieurs vésicatoires aux membres. S'il survient une défaillance et surtout si la quantité de sang rejetée ne paraît pas suffisante pour l'expliquer , il convient d'examiner le pharynx par la vue et le toucher : la présence d'un caillot de sang dans cette partie a quel-
HÉM 563
quefois produit une espèce d'asphyxie mécanique que l'éloignement de l'obstacle peut faire immédiatement cesser , comme Frank l'a observé sur un religieux de Rastadt. Lorsque la distension du ventre, les coliques , le son mat rendu à la percussion indiquent la présence dans les intestins d'une certaine quantité de sang , et surtout lorsque le sang qui est rendu par l'anus exhale une odeur fétide et paraît avoir éprouvé un commencement de putréfaction, il faut, par des lavemens émolliens et par des laxatifs doux, en favoriser l'excrétion. Pendant tout le cours de cette hémorrhagie, quelles que soient sa forme et son intensité, le malade doit garder constamment la position horizontale, et ne la pas quitter, même pour uriner et pour aller à la selle; il doit ne pas se soulever lui-même et éviter tout mouvement actif. Toute espèce d'effort est essentiellement nuisible : aussi a-t-on recommandé, dans les cas où l'hématémèse surviendrait pendant le travail de l'accouchement, de hâter le plus possible la sortie du fœtus.
Quand l'hémorrhagie est suspendue, il faut insister pendant plusieurs jours sur le repos, la position horizontale, sur les boissons astringentes, mais plus spécialement encoi-e sur une diète sévère. On ne commence à laire prendre ([uelqîies alimens que plusieurs jours après la cessation de l'hémori'hagie; et on les choisit parmi ceux qui sont les plus faciles à digérer, tels que laits de poule, bouillons aux herbes, petit-lait acidulé, gelées végétales, etc. On ne revient que lentement et par des degrés insensibles aux alimens ordinaires.
L'individu qui a eu un vomissement de sang est par cela même menacé d'en avoir d'autres. Le médecin doit donc s'efforcer d'éloigner toutes les circonstances propres à ramener cette hémorrhagie. A la tête des moyens propliylactiques de l'hématémèse on doit placer un régime sévère, soit pour la quantité, soit pour la qualité des alimens; un exercice doux après le repas sera, chez la plupart des sujets, très -favorable à la digestion , et par conséquent très-utile; la méditation et vnême le sommeil seraient nuisibles, et seront alors scrupuleusement évités. Il est aussi très-important que le ventre soit tenu libre, condition doublement avantageuse, en ce qu'elle met le sujet à l'abri des efforts violens qu'occasione la constipation , et en ce qu'elle tend à prévenir la pléthore. ( Voyez hémorrhagies. ) Ici du reste, commr; dans les autres hémorrhagies, il faut quelquefois, pour prévenir