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rhématëmèse , chercher à rappeler une hémorrhagie habituelle qui a été supprimée; établir une autre hémorrhagie à laquelle, par son âge, sa constitution, son genre de vie, son origine, le sujet paraît avoir quelque disposition, ou recourir périodiquement à des évacuations sanguines.
Si, malgré l'emploi de ces moyens, on voyait survenir des signes qui indiquassent le retour imminent d'une hématémèse, il faudrait tâcher encore de la détourner en prescrivant une saignée générale , en excitant aux extrémités une chaleur vive , en faisant prendre au malade des boissons très-fraîches. ( chomel. )
HÉMATINE, s. f., de «I^«, sang; nom donné par M. Chevreui à ime matière colorante azotée | qu'il a retirée du bois de campèclie {^hœmatoxylurn cainpechianum) , et qui est sous forme de petites écailles d'un blanc rosé, et d'un aspect métallique. On doit la regarder comme un excellent réactif pour découvrir les acides. En effet, elle passe ^u jaune et au rouge lorsqu'on la met en contact avec cette classe de corps. ( orfila. )
HÉMATITE, s. f . , hœmatites , de ouf^.cty sang (fer oxydé , hématite rouge, ou fer oligiste concréfionné de Haiiy ). Les minéralogistes distinguent deux sortes d'hématite, savoir, l'hématite rouge , désignée sous le nom de sanguine , de pierre à brunir, eX. l'hématite brune ou noirâtre : la première est sous forme de concrétions mamelonnées, d'un tissu fibreux, d'une couleur rougeâtre, susceptibles de prendre un aspect métallique gris lorsqu'elles ont reçu le poli, et offrant dans leurs cavités des groupes de cristaux plus ou moins réguliers. La poudre qu'elles fournissent est d'un rouge brun ; on les trouve dans un trèsgrand nombre d'endroits, mais surtout à l'île d'Elbe, où elles forment des masses considérables. Les pharmaciens s*en servent pour préparer l'emplâtre styptique et les fleurs ammoniacales hcmalilées. Elle est tonique et astringente : on l'emploie aussi pour polir certains corps, et en particulier les métaux. L'hématite brune ou noirâtre fournit une poudre d'un brun jaunâtre , ce qui la distingue de la précédente ; elle est formée de beaucoup d'oxyde de fer, d'une certaine quantité d'eau, et d'un peu d'oxyde de manganèse et de silice. ( orfila. )
HÉMATOCÈLE, s. f. hœmalorele , de aifA», sang et x;;A^ , tumeur. On donne ce nom à une tumeur formée par du sang infiltré ou épanché dans les enveloppes membraneuses du testicule et du cordon spermatique. Richter, et avec lui plusieurs
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auteurs, admettent trois espèces d'iiématocèle, suivant que le sang est épanché dans la tunique vnginale , dans la tunique albuginée, ou infiltré dans le tissu cellulaire du scrotum.
Suivant Pott, quand la tunique vaginale a été long -temps distendue par de la sérosité, les vaisseaux sanguins deviennent variqueux et font saillie, spécialement à sa sxirface interne. Dans la ponction qu'on pratique pour extraire le liquide, ces vaisseaux peuvent être blessés par l'inslrument dont on se sert , et le sangs'épanclier dans la cavité de la tunique vaginale. Ordinairement l'hémorrhagie cesse dès que les enveloppes de l'hydrocèle s'affaissent et reviennent sur elles-mêmes, et il n'en résulte aucun accident, La petite quantité de sang épanché finit par être absorbée, et les malades guérissent tout aussi bien que s'il n'y avait pas eu d'iiémorrhagie. Dans quelques cas il arrive que le sang s'amasse en assez grande abondance pour reproduire la tumeur et nécessiter une nouvelle opération, qui consiste à ouvrir la tunique vaginale afin d'évacuer le liquide qu'elle renferme, et à réprimer l'hémorrhagie par des lotions résolutives faites sur la plaie. M. S. Cooper a vu plusieurs fois ce mode de traitement suivi d'une prompte guérison. On pourrait nommer cette première variété de la maladie hcmatocèle par épancheinent.
Pott a admis une autre espèce d'hématocèle qui a son siège— dans l'intérieur même de la tunique albuginée , peut simuler l'hydrocèle, et pour laquelle il conseille la castration. Mais cette maladie, n'étant autre chose que l'épanchement sanguin qui accompagne assez souvent le sarcocèle, ne doit pas être regardée comme une hématocèle proprement dite ; elle n'appartient pas plus aux dégénérescences carcinonïateusesdu testicule qu'à celles des autres organes. On ne pourrait réellement regarder comme hématocèle de la tunique albuginée qije l'épanchement de sang qui a lieu dans cette membrane fibreuse, à la suite des blessures du testicule, épanchement qui doit toujours être peu consiilérable à raison de la résistance qu'elle offre à l'écoulement du sang.
La seconde espèce d'hématocèle, par infiltration, est la plus fréqueiite; elle dépend de la lésion des vaisseaux qui rampent flexueux dans le tissu cellulaire du scrotum et dans les enveloppes membraneuses du cordon spermatique et du testicule. On l'observe après de violentes contusions du scrotum, après les opérations de la hernie inguinale , de ia castration , etc. Bien que les vaisseaux qui se distribuent au scrotum et viennent ù.e
l'artère de la cloison , des arrières génitales externes , des rameaux génitaux de l'épigastrique , soient peu volumineux, on conçoit facilement que le sang qu'ils fournissent , quand ils ont été divisés, s'infiltre avec beaucoup de facilité dans le tissu lamineux , lâche , de cette poche membraneuse ; aussi la tumeur acquiert -elle souvent et en peu de temps des dimensions fort considérables. Après les opérations que l'on pratique dans H région inguinale, l'hématocèle dépend presque toujours de ce qu'on n'a pas fendu le scrotum assez bas . et de ce qu'il reste dans l'angle inférieur de l'incision un cul -de -sac où le sang s'amasse pour s'infdtrer ensuite dans le dartos.
L'hématocèle par infiltration se reconnaît aux symptômes suivans : la tumeur formée par la distension du scrotum est égale, lisse, polie, pâteuse, peu douloureuse au toucher, d'une couleur rouge , violacée, marbrée de taches noires plus ou moins foncées, telles qu'on les observe dans les fortes ecchymoses. Les rides qui couvrent habituellement les bourses ont enlièren)ent disparu : la tuméfaction et la coloration en noir s'étend ordinairement à la verge jusqu'au prépuce, aux tégumens du périnée et de la partie inlerne et supérieure des cuisses.
Si l'infiltration du sang est moins considérable, ce liquide peut être repris par absorption, la tumeur s'affaisser peu à peu, changer de couleur, devenir violette, puis verdàtre , jaunâtre, et enfin les parties revenir à leur état naturel. Mais l'ecchymose estelle étendue, la contusion considérable, le sang agit comme un corps étranger sur les tissus qu'il abreuve, y étouffe la vie et les fait tomber en gangrène. De nouveaux phénomènes se manifestent alors : la tumeur augmente de volume, devient ballonnée, rénitente ; des phlyctènes se forment sur divers points du scrotum; celui-ci ne tarde pas lui-même à se détacher par lambeaux gangrenés , et les testicules sont mis à découvert. Dernièrement nous avons été témoin de semblables désordres chez un charpentier qui fut apporté à l'hôpital Saint -Louis pour une énorme hématocèle provenant d'une chute sur le périnée. D'autres fois , dans ce cas, l'hématocèle n'est pas suivie de gangrène, mais donne lieu à de vastes abcès qui peuvent s'étendre au périnée et jusque dans les réi^ions inguinales.
Le pronostic de l'hématocèle est, d'après ce qui précède, soumis a la quantité de snng infiltré , et à l'étendue du désordre qui a occasioné la rupture des vaisseaux du scrotum.
Quant au traitement, si l'infillrarton banguine est peu considérable, des applications résolutives sur la tumeur, les saignées , la diète , le repos suffisent pour faciliter la résorption du sang épanché , et ramener les parties à leur état naturel. Quand il y a une grande quantité de sang infiltre* et qu'on craint la gangrène ou la formation d'abcès, il faut fendre le scrotum longitudinaleraent, plus près du périnée que de la racine deJa verge, afin que le sang puisse s'écouler par la partie la plus déclive de la tumeur, sur laquelle on applique ensuite, soit des cataplasmes émolliens, soit des compresses trempées dans quelque solution résolutive, suivant les indications. Le sang s'échappe par caillots noirâtres, poisseux; les parties se dégorgent et s'affaissent; la suppuration s'établit dans les lèvres de la plaie ; le peu de sang qui reste dans le tissu celluhiire du dartos est absorbé et la guérison ne tarde pas à se faire. J'ai vu deux cas dans lesquels cette méthode de traitement a été suivie d'un plein succès.
Pour éviter l'hématocèle après les opérations de la hernie, de la castration, on doit prolonger assez bas l'incision des tégumens afin de ne point formt^r un cul de-sac dans l'angle inférieur de la plaie , et avoir soin de lier avec une scrupuleuse exactitude les petites artères dès qu'elles sont ouvertes et donnent du sang.
En pratiquant la castration, suivant le procédé de M. Aumont, c'est-à-dire en incisant le scrotum par sa partie inférieure après avoir relevé les testicules sur le ventre, on évite l'infiltiution sanguine du dartos. (j. cloquet.)
HÉMATODE, adj. Hœmatodes, sanguineus-sAî^guïn. — Cette expression a été introduile depuis peu de temps dans le langage médical par les chirurgiens anglais, qui, sous le nom de fungus hœmatocles , ont cru ajoutera la science une description de maladie qui lui manquait. Mais, en comj)arant tous les faits rattachés à ce titre nouveau avec les observations beaucoup plus anciennes rapportées au cancer ou au carcinome, avec les faits publiés d'abord par Bonnet , et ensuite par Lassus, sous la dénomination de tumeur fongueuse du périoste, avec une observation de Ruisch de Tumore spongioso , on s'aiiercnit que la science ne s'est enrichie ou plutôt surchargée que d'un mot , et que le fongus hématode n'est autre cho.'^.e que notre cancer mou, dont l'apparence fongueuse, et les hémorrhagies fréquentes ne forment qu'un accident, qu'un caractère d'un ordre secondaire. Le professeur Pelletan décrivait celte maladie , dans ses leçons cli-
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niquea, sous le nom île cancer fongueux. M. Roux , auquel on a fait voir ia maladie dans les hôpitaux de la Grande-Bretagne, assure que ce n'est autre chose que notre cancer mou. Ce qui prouve encore que l'état fongueux et saignant de ces tumeurs n'est pas essentiellement ce qui constitue cette affection , ce sont les dénominations de sarcome pulpeux ou médullaire , choisie par Abernethy j)our la désigner, et de tubercules non circonscrits adoptée par l'arre, cjui en a donué une description très -détaillée. Cependant Wasdrop a cru leur devoir conserver le nom de fongus hematodes , comme servant mieux à caractériser les apparences de la tumeur ; il a donné sur cette maladie une monographie très-estimée. Il la considère comme spéciale et distincte du cancer, et il fonde particulièrement son opinion sur ce cpie les fongus hematodes de l'œil sont plus communs chez les cnfans que chez les sujets plus avancés en âge. Cette circonstance nous paraît insuffisante pour établir une ligne de démarcation entre cette affection et le cancer proprement dit.
Le fongus hématodc peut affecter tous les tissus, à l'exception du cartilagineux ; le plus communément il se développe d'abord dans le tissu cellulaire. Il n'est pas rare de le voir dans plusieurs organes différens chez le même sujet , de le trouver à la fois à l'extérieur et dans les cavités splanchniques. Mais son siège le plus ordinaire est aux membres , aux testicules, aux yeux, aux glandes mammaires. Presque particulier à l'âge adulte , on ne voit guère que l'œil et le testicule qui en soient affectés chez les jeunes sujets.
Il s'annonce par une petite tumeur dure qui devient ensuite molle et élastique , plus ou moins régulièrement arrondie , s'affaissant par la compression, et revenant sur elle-même lorsqu'on cesse de la comprimer. Indolente à son origine, elle ne tarde pas à faire éprouver des douleurs vives et lancinantes , passagères d'abord, et bientôt sans aucune rémission. Son volume augmente plusou moins promptement, et à mesure qu'il s'accroît, elle perd sa forme régulière , s'étend en divers sens entre les muscles et les autres organes , suivant qu'elle éprouve plus ou moins de résistance, soulève de plus en plus la peau, qui est sillonnée de veines variqueuses. Alors la main qui la presse éprouve divers degrés de résistance , de la dureté dans un point , de la mollesse en d'autres, quelquefois une sorte de fluctuation, assez trompeuse dans plusieurs cas pour avoir déterminé les