‹ Dictionnaire de médecine; ou, Répertoire général des sciences médicales considérées sous les rapports théorique et pratiqueChapitre 6 sur 62 · GAN G · texte numérisé non relu

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nientations avec le lait tiède , et dans l'application de cataplasmes émolliens, qui enveloppent le pied et la partie inférieure de la jambe; et il recommande d'attendre la chute spontanée des parties gangrenées.

M. Kirkland, qui a aussi observé les bons effets de l'opiura dans cette espèce de gangrène, regarde cependant les topiques émolliens comme dangereuE. J'ai plusieurs fols employé utilement, pour calmer la douleur, les fomentations émoUientes rendues anodines par l'addition d'une certaine {[uantlté de laudanum.

Fabrice de Hilden et, à son exemple, IMorgagni, ont conseillé, pour les malades faibles et chez lesquels l'affection gangreneuse a une marche chronique, l'usage intérieur du lait de femme ou d'ânesse, et, à leur défaut , l'usage du lait de vache.

Nous terminerons l'histoire de cette gangrène par la note suivante, qui nous a été remise par M. le professeur Dupuytren.

« Une femme, âgée de soixante et quelques années, vint à l'Hôtel-Dieu, il y a près d'un an , pour y être traitée de gangrène sénile qui affectait les orteils du pied gauche. De vives et longues douleurs avaient précédé cette gangrène, et avaient, pendant plusieurs mois, privé la malade de tout sommeil. La maladie avait en outre pour caractères la mortification , la dessiccation, et , en quelque sorte , la momification du sommet des orteils indiqués , la tuméfaction violacée de la partie voisine des orteils et du pied, et une odeur vive, pénétrante et très- difficile à supporter.

« Pendant les premiers mois de son séjour à l'Hôtel-Dieu , on eut recours , successivement et sans le moindre succès , aux opiacés et au quinquina administrés à l'intérieur et appliqués à l'extérieur : loin de s'amender, la raahidie fit des progirs: le reste des orteils, le dos et la plante du pied, h^s parties molles et les parties osseuses furent fraj)pées assez rapidement, d'abord de gonflement violacé très - douloureux , ensuite ,,de g;ingrène sèche, toujours accompagnée d'une odeur très -forte; l'état du coeur, des poumons et des principales artères fut étudié, on n'y découvrit aucun signe de lésion. A cette époque , tourmente par les douleurs de la malade, et fatigué que j'étais de l'inutilité que j'avais si souvent éprouvée des remèdes caïmans, antispasmodiques, toniques, antiseptiques, etc., conseillés et employés par tous les auteurs et par tous les praticiens , je résolus

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