‹ Dictionnaire de médecine; ou, Répertoire général des sciences médicales considérées sous les rapports théorique et pratiqueChapitre 7 sur 62 · GA.N · texte numérisé non relu

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de tenter d'autres moyens , et prenant conseil de l'état du pouls qui était plein et dur, de l'état de la face qui était i-ouge et animée, je fis pratiquer à la malade une saignée de deux poêlettes : les douleurs furent calmées, le sommeil fut rappelé, et les progrès de la gangrène furent suspendus à tel point, que la malade ne s'était jamais trouvée aussi bien depuis le commencement de son mal. Cette amélioration dura pendant une quinzaine, au bout duquel temps les symptômes l'eparurent. Suivant encore la méthode àjuvaritihus indiratio , je fis pratiquer une nouvelle saignée qui eut les mêmes effets que la première : à dater de ce moment on y recourut chaque fois que la maladie menaça de rej)araître ; et, à la faveur de ce traitement, les retours de la gangrène sénile ont été prévenus, les parties gangrenées se sont séparées , la cicatrice s'est faite , et la malade est sortie de l'Hôtel- Dieu, emportant avec elle le conseil de recourir à la saignée chaque fois que quelque symptôme de son ancien mal pourrait en faire craindre le retour.

« Depuis ce temps, plusieurs individus affectés de gangrène sénile ont été traités par la saignée, et toujours avec le même succès. Ce traitement s'applique-t-il à toutes les espèces de cette maladie? Je pense qu'il peut s'appliquer toutes les fois que la maladie est accompagnée de douleurs vives , de tuméfaction considérable , de plénitude et de dureté dans le pouls, de coloration de la face. »

Gangrène de la bouche des enfans. — Cette maladie a été observée par Fabrice de Hilden qui en a signalé le danger; Sauvages l'a décrite sous le iilveàe Necrosis infantilis ; Saviard, Van Swielen, Underwood, Capdeville dans les Mémoires de l' Académie de Chirurgie ; M. Baron dans un mémoire particulier, et M. Isnard dans sa thèse inaugurale, en ont fait connaître exactement la marche et les différentes variétés.

C'est à tort que quelques médecins ont désigné cette affection sous le nom de pouriture scorbutique des gencives; car elle se déveloyipe très-souvent chez des sujets qui n'ont aucun symptôme de scorbut. La maladie décrite par Berthe, dans les Mémoires de l'Académie de Chirurgie^ sous cette dénomination, est bien une affection scorbutique, mais elle diffère essentiellement de la maladie dont nous traitons. On ne l'observe que trèsrarement chez les adultes, cependant ils peuvent en être atteints; une observation rapportée par M. Baron en fournit la preuve.

Cette maladie est très - commune dans les hospices et surtout dans les hôpitaux où les enfans sont réunis en grand nombre; on la rencontre encore assez souvent dans les quartiers populeux, malsains , habités par des gens peu aisés. On peut en outre ranger au nombre de ses causes prédisposantes la malpropreté, le défaut d'alimens salubres, les convalescences pénibles des inflammations extérieures ou intérieures, une disposition scorbutique ou scrofuleuse. Ajoutons cependant qu'elle peut se développer chez des enfans sains, et placés dans des conditions hygiéniques favorables.

La maladie commence tantôt sur la surface interne des joues ou des lèvres, tantôt sur les gencives, quelquefois dans les alvéoles, jamais par la peau. On remarque d'abord, dit Van Svv^ieten, une rougeur légère, peu douloureuse, accompagnée d'une chaleur assez vive, et bientôt après, au centre de cette rougeur, une tache blanche. La douleur augmente sous cette tache, et à son pourtour, qui devient très-rouge. L'érosion devient plus profonde, et la tache blanche, qui est une véritable escarre gangreneuse, tombe si le mal est peu considérable, ou s'il attaque un adulte ; mais si sa malignité est plus grande, ou s'il s'est développé chez un enfant, la tache blanche s'étend en tout sens; une odeur infecte et un écoulement de salive fétide s'échappent de la bouche, et si l'on n'emploie promptement des remèdes très^ efficaces , la gangrène fait des progrès rapides : non - seulement elle occasione la chute des dents déjà sorties, mais elle détruit encore les germes des dents dans les alvéoles. J'ai vu , ajoute Van Swieten, après la destruction des gencives, tomber presqu'en entier la mâchoire inférieure, la langue, les joues, les lèvres , le menton , entièrement rongés.

Capdeville rapporte que chez un enfant, âgé de six ans, la gangrène envahit successivement , en huit jours, la lèvre supérieure , la gencive correspondante , les os maxillaires supérieurs , ceux du nez, et le coronal même qui était ramolli en entier.

La description que M. Isnard donne de la maladie diffère sous quelques rapports de celle (jue nous avons extraite de Van Swieten : nous allons la transcrire presque littéralement.

11 admet deux périodes dans sa marche : une première caractérisée par l'ulcération de la membrane muqueuse et le gonflement oîdémateux de la joue; une seconde, par le développement de la gangrène. « La premiène période s'annonce par une ulcération su-

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perficicllc seule, rarement multiple, de la membrane muqueuse des joues ou des lèvres, blanchâtre, peu étendue, nullement douloureuse , n'incommodant en rien les enfans, qui continuent à manger et à &e livrer aux amusemcns de leur âge. L'ulcère, dont la surface est inégale, raboteuse, s'agrandit, devient d'un gris sale , se recouvre d'un matière purulente , tenace ; la bouche exhale une odeur forte, la joue se tuméfie. Cette tuméfaction augmente rapidement, s'étend aux paupières, aux lèvres; la^ peau de ces parties est luisante, infiltrée d'un rose pâle, rénitente; une salive sanieuse s'écoule involontairement, pendant la nuit surtout. Cependant toutes les fonctions suivent encore leur cours régulier ; il n'y a aucun dérangement dans les digestions. Cette affection peut, pendant un temps assez long, se borner à l'ulcération de la membrane muqueuse et au gonflement de la joue. Dans la deuxième période, l'infiltration de la joue, des paupières, des lèvres du côté malade augmente, une tache jaune se manifeste sur un point de la joue correspondant à l'ulcération intérieure; cette tache circulaire peu étendue devient noire. Dès ce moment toute l'épaisseur des parties qui lui correspondent est gangrenée : la maladie étend proraptement ses ravages , elle convertit en trois , six ou huit jours au plus , la joue, les lèvres, les paupières, en une masse putride mollasse, se détachant par lambeaux et exhalant une odeur des plus infectes; les gencives sont détruites, les dents tombent ainsi que des lambeaux de la joue gangrenée. Les os dénudés sont recouverts d'un enduit noirâtre qui s'enlève facilement et laisse voir au-dessous le tissu osseux -sain , non altéré. Il est fort rare que les os soient ramollis. Les symptômes généraux de cette affection ne sont pas constans : quelquefois ils sont à peine sensibles; les enfans boivent, mangent jusqu'à leur mort. Dans quelques cas la respiration est gênée, le pouls petit, fréquent. On observe rarement des symptômes cérébraux.... Ordinairement, vers la fin de la maladie, les enfans sont tourmentés par une diarrhée coUiquative que rien ne peut apaiser, et qui contribue sans doute à avancer le terme de leurs jours.

n Cette gangrène suit la même marche lorsqu'elle al taque les parties génitales externes des jeunes filles : ainsi une idcération parait à la face interne de l'une des grandes lèvres; les parties voisines t'engorgent, et cet engorgement présente le même caractère que cfli'i qui se développe aux joncs. L'ulrère s'agrandit, passe à

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l'état gangreneux, et onvaliit en peu de jours toutes les parties externes de la génération, et les parties voisines. Quel que soit son siège , cette affection a une marche assez rapide : la mort a lieu ordinairement du troisième au huitième jour à dater de l'apparition de la tache livide. »

Nous ferons observer qu il arrive assez souvent que les joues et les gencives se trouvent: affectées en même temps, et dans quelques cas la gangrène survient si promptement que les phénomènes précurseurs, tels que la tache blanche, indiquée par Van Swieten , ou l'ulcération de la membrane muqueuse, signalée par M. Isnard, échappent à l'observation.

Ou ne peut confondre cette maladie avec la pustule maligne qui commence toujours en dehors , et se propage de dehors en dedans. Il serait plus facile de la confondre avec le charbon, avec lequel elle a d'ailleurs plusieurs analogies. La méprise serait, d'ailleurs peu fâcheuse , puisque les indications curatives de ces deux affections sont à peu près les mêmes.

A l'ouverture des cadavres des sujets qui ont succombé à cette affection, on trouve quelquefois des affections gangreneuses dans les viscères, et notamment dans l'estomac et dans les poumons. Le pronostic de cette gangrène est en général fâcheux; presque tous les enfans qui en sont atteints dans les hôpitaux de Paris y succombent; mais il est probable que beaucoup d'entre eux guériraient s'ils pouvaient être isolés, placés dans des lieux plus salubres , et recevoir de la pai t de leurs parens les soins difficiles qu'exige leur état. Ce qui m'engage à adopter cette opinion, c'est que Van Swieten assure avoir souvent guéri celte maladie , et que je l'ai vue moi-même trois fois, dans ma pratique particulière, céder aux moyens qui échouent dans les hôpitaux.

Le traitement de cette espèce de gangrène, soit qu'elle existe dans la bouche, soit qu'elle occupe les parties génitales, offre d'assez grandes difficultés résultant du siège du mal, de sa fétidité, de la rapidité de sa marche, et de l'indocilité des enfans. Quoiqu'il ne soit pas démontré cjue cette gangrène soit contagieuse, nous pensons qu'il est nécessaire d'isoler les enfims qui en sont atteints des autres enfans sains ou attaqués d'autres maladies , à cause de l'excessive puanteur des miasmes qui se dégagent des parties mortifiées. Dès que la nature du mal est reconnue, et sans allendre que la gangrène ait fait des progrès, il faut, comme le conseille Van Swieten, toucher très -snii.vei)t les lâches blanches

ou les ulcérations grisâtres avec un pinceau de charpie trempé dans un mélange à parties égales de miel et d'acide muriatique. Si la maladie continue à faire des progrès, on doit employer l'acide muriatique pur. Ce caustique est infuffisant lorsqu'il existe des escarres gangreneuses, molles, épaisses. Dans ce cas, après les avoir excisées avec le bistouri ou avec les ciseaux, il ne faut pas hésiter à appliquer profondément le cautère actuel rougi à blanc. MM. Jadelot, Guersent, Baron, l'ont employé avec succès, et probablement il eût réussi plus souvent entre leurs mains , s'ils l'eussent appliqué, dans tous les cas où ils y ont eu recours, à une époque plus rapprochée de l'invasion de la gangrène. Des trois malades que j'ai vus, hors des hôpitaux, atteints de cette maladie, l'un était une petite fille de quatre ans : la gangrène occupait la surface interne de la moitié supérieure d'une grande lèvre de la vulve. Ses parens s'opposèrent à l'application du fer rouge. J'enlevai une grande partie de l'escarre , et je remplis l'excavation résultant de son excision avec de la charpie fortement saupoudrée de pierre infernale. Trois heures après, je levai l'appareil parce que l'enfant paraissait éprouver de vives douleurs , et après avoir fait une lotion avec du vin chaud, je pansai avec un plumasseau enduit de styrax et des compresses imbibées d'eau-de-vie camphrée. Cette cautérisation a suffi pour borner la gangrène. Le second malade était un petit garçon de cinq ans : la gangrène existait à la jonction de la lèvre avec la gencive, vis-à-vis les petites molaires; la cautérisation avec le fer rouge, faite dès que l'affection gangreneuse fut reconnue , eut les mêmes résultats. Chez le troisième enfant , auquel M. Rey donnait des soins, la gangrène occupait toute l'épaisseur de la joue, et l'escarre avait plus d'un pouce de diamètre. On n'avait pas jugé convenable de cautériser; cet enfant fut pansé avec des bourdonnets imbibés de chlorure de soude étendu dans de l'eau. Dans le moment où l'on touchait les chairs avec cette substance, elles prenaiei^t une couleur blanche, et l'odeur gangreneuse était détruite; les pansemens étaient renouvelés très-souvent : ce petit malade a également recouvré la santé, et la plaie, malgré son étendue, a guéri sans qu'on ait été obligé d'employer la suture. Je ne peux assurer, d'après ce fait seul, que le chlorure de soude puisse suffire dans tous les cas pour arrêter les progrès de cette gangrène ; mais il est certain qu'il détruit instantanément l'odeur fétide qui s'en exhale.

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La salive imprégnée des sucs , des miasMies putrides que fournissent les parties mortifiées, et avalée par les enfans malades , a été considérée , avec raison , comme une des causes des symptômes généraux qui se développent souvent vers la fin de la seconde période de cette affection. C'est pour prévenir autant que possible la déglutition de cette salive, qtte l'on a donné le conseil de faire coucher les enfans sur le côté affecté, pour qu'elle puisse s'écouler au dehors. On a également recommande, avec raison, de faire, dans la bouche, des injections fréquentes avec un mélange de décoction de quinquina , de miel et d'acide muriatique, et d'administrer pour boisson la même décoclion pure ou légèrement acidulée. La précaution de faire laver la bouche et d'y faire des injections antiseptiques ne doit jamais être négligée chaque fois que les malades doivent boire ou prendre quelques alimens. Le gonflement pâteux , luisant, peu douloureux que l'on observe autour des escarres est essentiellement atonique. Les topiques émoUiens ne pourraient que favoriser son accroissement. Les parties tuméfiées seront recouvertes avec des compresses légères, souvent renouvelées, imbibées de fomentations aromatiques, amères, alcoholiques.

Gangrènes iâiosyncrasiques. — Lapeyronie a observé une gangrène sèche qui récidivait assez fréquemment chez un homme adonné à l'usage du vin ; il le guérit en le privant de cette boisson , et en ne lui donnant que du lait pour nourriture.

Ségerus a vu deux fois la gangrène chez des fœtus; suivant lui, elle reconnaissait pour cause, dans un cas, un violent chagrin, et dans l'autre, une vive frayeur, éprouvés par la mère de ces enfans.

Schrader assure avoir observé une gangrène périodique aux doigts, aux orteils, au nez, aux oreilles, qui récidivait tous les mois , sur une fille âgée de vingt-trois ans.

M. CuUerier et plusieurs autres praticiens ont vu assez souvent la gangrène se déclarer au pénis chez les ouvriers qui travaillent dans les fosses d'aisance, lorsqu'ils sont affectés de blénorrhagie très intense accompagnée de fièvre.

Ces cas , et plusieurs autres analogues que l'on trouve dans les auteurs , ne se rapporteraient que difficilement aux genres de gangrènes que nous avons admis; ne peut-on pas en conclure que toutes les causes de la gangrène ne sont pas encore bien connues? (marjolin.)

GA.NGRÉNEUX, a^]. , gangrenosus ; qui a rapporta la gangrène, qui participe de la nature de la gangrène. Voyez ce mot.

GANTELET, s. m., chiroteca ,fascia digitalis ; bandage ainsi nommé parce qu'il enveloppe la main et les doigts comme un gant. On l'appelle gantelet proprement dit lorsqu'il recouvre les doigts dans toute leur étendue , et demi-gantelet lorsqu'il n'embrasse que la base de chaque doigt. Le premier de ces bandages exige une bande large d'un pouce, longue de dix aunes, et roulée à un seul globe. Deux circulaires pratiquées autour du poignet en fixent le chef; la bande est ensuite dirigée obliquement sur le dos de la main et entre le pouce et l'indicateur, pour venir embrasser, de dehoi's en dedans, l'extrémité inférieure de ce dernier doigt; après l'avoir entouré par des doloires, depuis le bout jusqu'au haut, on redescend par des rampans sur le dos de la main , et l'on fait une circulaire autour du carpe; les autres doigts sont enveloppés successivement et de la même manière. On termine l'application du gantelet par des circulaires autour du poignet. Le bandage peut se faire encore avec une bandelette pour chaque doigt.

Une bande roulée à Tm seul globe , longue de cinq aunes et d'une largeur égale à la première , est nécessaire pour le demigantelet; on la fixe comme dans le bandage précédent, puis on la ramène obliquement sur la base du doigt indicateur qu'elle embrasse; on la reporte diagonalement sur le poignet, autour duquel on fait une circulaire ; on embrasse successivement et de la même manière l'extrémité supérieure de chaque doigt. Des circulaires pratiquées autour du carpe terminent l'application de ce bandage.

On se sert du gantelet entier dans les luxations de la seconde rangée des os du carpe, dans les maladies du carpe et du métacarpe ; dans les fractures et les luxations des phalanges; dans les bi'ûlures, pour empêcher que les doigts ne se réunissent. Le petit gantelet convient dans la luxation des premières phalanges avec les os du métacarpe et dans les maladies qui ont leur siège sur le dos de la main. ( mcrat. )

GARANCE, s. m., ruhia tinctorurn. L. Plante vivace , de la famille des Rubiacées et de la tétrandrie digynie, qui croît naturellement dans les provinces méridionales de la France, où elle est l'objet d'une culture très-étendue, surtout aux environs d'Avignon tt de Montpellier. Sa racine est la seule partie dont

oa fasse usage , mais elle est beaucoup plus intéressante pour les arts que pour la thérapeutique. En effet, elle fournit un principe colorant rouge très-fréquemment employé dans la teinture ; tandis que ses propriétés médicales sont presque nulles. La racine de garance est rampante, cylindrique, de la grosseur d'une plume d'oie ; son écorce est assez épaisse et rouge , c'est la partie qui contient le principe colorant ; son intérieur est jaunâtre , son odeur est à peu près nulle , sa saveur un peu amère et astringente. Le principe colorant de cette racine est également soluble dans l'eau, dans l'alcohol et les huiles volatiles; il s'avive beaucoup par les alcalis.

L'usage interne de la racine de garance produitun phénomène physiologique extiêraement remarquable. Lorsqu'on en mélange une certaine quantité aux alimens d'un animal, au bout de quelques jours ses os prennent une teinte rouge analogue à celle que la garance communique aux étoffes de laine ou de coton. Ce phénomène sera produit d'autant plus promptement que l'animal sera plus jeune. Les humeurs excrétées tels que le lait, l'urine, prendront également une teinte rouge. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les autres tissus de l'économie restent étrangers à cette action de la garance, même le périoste , les tendons et les aponévroses. Cependant chez les oiseaux , le bec et les écailles qui recouvrent les pattes, participent au phénomène de la coloration.

Ce n'est pas seulement la racine qui possède cette propriété, les jeunes pousses de la plante peuvent aussi exercer la même influence sur le système osseux. Plusieurs autres plantes de la même famille , dont la racine contient aussi un principe colorant , agissant de la même manière, tels sont : Va.iperula tinctoria, les galium mnllugo ctgaUuin aparine , la valantia cruciata , etc. Les autres principes colorans sont loin d'exercer la même action sur les os. On a tenté des expériences à ce sujet avec la racine d'orcanette, la cochenille, le pastel, les fleurs de carthame, etc. ; dans Jiucun cas on n'a obtenu la coloration du tissu osseux. 11 paraîtrait donc que le principe colorant de la garance et des autres Rubiacées serait d'une nature toute particulière, puisqu'il est le seul qui jouisse de celle singulière propriété.

Nous n'avons rien à dire de l'action thérapeutique de la garance. Vantée tour à tour contre l'ictère et le rachitis ; administrée tantôt comme diurétique et tantôt conune emménagogue, elle s'est presque constamment montrée infidèle et sans action ;

aus^i aujourd'hui les médecins en ont -ils abandonné l'usage. Elle entre encore dans le sirop d'armoise composé, (a. richard) GARGARISME, s. m. , gargarisrnus, de ycteycccî^o), je lave la bouche. On donne ce nom à toute préparation médicamenteuse liquide, destinée à agir sur les parties internes de la bouche et du pharynx, pendant les mouvemens que la contraction de ces parties imprime aux liquides. Quand on gargarise ou qu'on rince seulement la bouche , les muscles des parois des joues, et en particulier les buccinateurs , se contractent alternativement et font circuler le liquide sur la face interne des joues et sur toutes les parties contenues dans la bouche. Lorsqu'au contraire on gargarise le pharynx, tous les muscles du cou sont en action et renversent la tête en arrière ; ceux du voile du palais et du piiarynx se contractent simultanément pour s'opposer à la déglutition, et supporter le poids du liquide qui tend à se précipiter dans l'œsophage , tandis que , d'une autre part, il est agité par les mouvemens que lui impriment les bulles d'air qui s'é(happent volontairement par la glotte et le rendent écumeux. Presque tous les muscles du cou, du pharynx et du larynx sont donc en action dans les mouvemens très-compliqués qu'on exécute en se gargarisant ; il en résulte que cette opération ne peut avoir lieu chez les Irès-jeunes enfans qui ne peuvent savoir comment on doit s'y prendre. Cette opération est également très-peu praticable chez les malades qui ont un gonflement considérable des muicles du cou , des amygdales et du pharynx , parce que les contractions multipliées de ces parties excitent beaucoup de douleurs, et peuvent quelquefois même augmenter le mal, au lieu de le diminuer. Il faut , dans ces cas , remplacer le gargarisme par des fumigations , ou se contenter de le garder dans la bouche ou l'arrièrebouche, ou de l'injecter dans le gosier avec une seringue à hydrocèle , en ayant soin de placer le malade à son séant, afin qu'il puisse facilement le rejeter en dehors, à mesure qu'il est poussé dans le pharynx. Cette précaution est surtout nécessaire, si les liquides qui servent de gargarisme sont de natuie à irriter les organes de la digestion.

Quoique la bouche et le pharynx soient revêtus d'une membrane muqueuse très-sensible et garnie de pores absorbans , ce- ])endant l'action du gargarisme étant presque instantanée , les liquides n'ont pas le temps d'être absorbés , et ne peuvent agir

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