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tions couenneuses , comme l'acide hydroclilorique. Taihii les gargarismes excitans qui ont une espèce d'action spécifique, on fait quelquefois usage des sucs frais des plantes crucifères et des teintures 5 préparées avec quelques-unes d'elles, tels que le raifort et le cochlcaria. Ces sucs ou ces teintures sont employés pour combattre avec succès les fongosités sanguinolentes des gencives chez les scorbutiques. Les gargarismes préparés avec une solution très-affaiblie de deutocblorure ou de nitrate de mercure ne sont pas ànégligerdans certains ulcères syphilitiques du voile du palais et du pharynx ; c"est souvent même le meilleur moyen d'empêcher la destruction de ces parties, et de favoriser la cicatrice des ulcères.
On a recommandé , dans certaines paralysies de la langue et du pharynx, des gargarismes irritans avec la pyrèthre, l'hydrochlorate d'ammoniaque , et même l'ammoniaque liquide à doses très- fractionnées , dans un véhicule approprié ; mais ces stimulans ne peuvent être de quelque utilité que dans les paralysies incomplètes de ces parties, ou lorsque la cause première ne réside pas essentiellement dans l'appareil cérébral.
Dans toutes les affections morbides de la bouche et du pharynx, où il y a plus de douleur que d'inflammation, comme dans les névralgies dentaires et la salivation mercurlelle, les gargarismes préparés avec les décoctions des plantes narcotiques opiacées, ou avec le laudanum de Sydenhara ou de Rousseau, émoussent souvent la douleur; mais l'influence de ces moyens est toajours très-bornée, parce qu'il ne peut y avt)ir% d'absorption sufisante pendant le peu de temps que dure cette opération. ( guersent. )
GARGOUILLEMENT, s. m. Ce mot est cmjjloyé comme synonyme de borborygme. On désigne aussi par cette expression le bruit particulier que produit l'air en traversant les bronches ou la trachée artère remplies de crachats, ou les excavations formées dans le poumon, et dans lesquelles se trouvent du pus ou des matières tuberculeuses ramollies ; le même phénomène est également désigné par M. Laennec, sous le nom de râle rauqueux.
Voyez AUSCULTATION, TUBERCULES PULMONAIRES.
GAROU, s. m., vulgairement i'rt/wi/w/i, cortex gnidii. On appelle ainsi, en pharmacie, l'écorce d'un petit arbuste fort commun dans les lieux incultes des provinces méridionales de la France, en Italie, en Espagne, etc., et qui fait partie de la famille des
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Tliymelées et de l'octandrie nionogynie. Le Daj:hnc gnidium n des tiges tiroites effilées, longues de deux à trois pieds, portant des feuilles linéaires étroites, très -entières et fort rapprochées les unes contre les autres. Ses fleurs, blanches et soyeuses en dehors, sont légèrement roses en dedans; elles forment des espèces de petits corymbes au sommet des ramifications de la tige. Les fruits sont de petites baies pisiformes et noirâtres.
Toutes les parties de ce végétal , comme celles des autres plantes de la même famille, sont d'une extrême âcreté. Ses feuilles et particulièrement son écorce, mâchées pendant quelques instans, déterminent dans toute la bouche et dans le pharynx un sentiment d'ardeur brûlante qui dure pendant fort long-temps. Appliquées sur la peau, elles en déterminent la rubéfaction, le soulèvement de l'épiderme, et la formation d'ampoules plus ou moins volumineuses. Telle qu'on la trouve dans les pharmacies, l'écorce de garou est en lanières menues, difficiles à rompre, d'un gris plus ou moins foncé , ridées transversalement et couvertes d'un duvet soyeux ; l'intérieur est jaune. On l'apporte des provinces méridionales de la France. M. le professeur Vauquelin a reconnu que l'âcreté des Thymelées, en général, était due à un principe particulier qui paraît être de nature alcaline, et à une matière résineuse verdâtre. Voyez daphnine.
Ge n'est guère que vers le milieu du siècle dernier que l'usage de cette écorce s'est introduit dans la thérapeutique. En 1767,1e docteur Leroy publia une dissertation intéressante qui appela sur ce médicament l'atlention des praticiens. Jusqu'alors uniquement employé par les habitans de quelques contrées méridionales de la France, le garou acquit bientôt une très-grande vogue , surtout comme moyen vésicant. Une petite plaque de son écorce, ipacérée pendant quelques heures d.ms du vinaigre, appliquée sur la peau, recouverte d'une feuille de lierre et maintenue en place par quelques tours de bande, ne tarde pas à la rougir et à l'enflammer. Si l'on renouvelle cet appareil pendant quelques jours, on obtient un exutoire à peu près de la même largeur que la feuille de lierre dont on a recouvert la plaque d'écorce de garou. Ce moyen agit lentement, ce qui peut êlre quelquefois avantageux. Il doit dans quelques circonstances être préféré à l'usage des cantharides , lorsque l'on redoute leur action irritante sur les organes genilo-urinaires. Cependant ce médicament n'est pas lui-même exempt de quelques inconvénicns : ainsi, comme
son action est lente et que son application doit être long- temps prolongée, il occasione fréquemment des démangeaisons insupportables auxquelles les malades ne peuvent résister, et donne souvent lieu au développement de boutons et de pustules aux environs de la partie sur laquelle il est appliqué. On remédie à ces accidens en enlevant la plaque d'écorce et en lavant la partie avec de l'eau de guimauve ou simplement avec de l'eau tiède. Aujourd'hui on emploie moins fréquemment le garou ; on lui préfère généralement le taffetas épispastique ou l'usage du vinaigre radical et du savon ammoniacal. Cependant on fait avec l'écorce de garou une pommade épispastique, fréquemment employée pour entretenir la suppuration dans les différens exutoires. Elle se prépare en faisant fondre ensemble douze parties d'axonge, une de cire, et y faisant bouillir pendant quelque temps quatre parties d'écorce de garou bien humectée ; on passe, on laisse déposer; et quand le mélange est refroidi, on racle la pommade et on la triture pour qu'elle ne contienne pas de grumeaux. Cette pommade est moins active que celîe que l'on prépare avec les cantharides. On lui donne la préférence toutes les fois que l'on craint d'irriter les organes génitaux et urinaires , ou chez les femmes et les enfans.
Quoique le garou soit un médicament essentiellement acre et irritant, on l'a néanmoins administré à l'intérieur. C'est parti,txilièrement contre certaines maladies chroniques que l'on en a fait usage. Ainsi on l'a préconisé contre les dartres , contre les scrofules , les douleurs ostéocopes , etc. ; mais dans toutes ces circonstances on l'a fort rarement donné seul , presque toujours on lui associe d'autres substances, principalement des sudorifiques, en faveur desquelles on pourrait raisonnablement revendiquer la plus grande partie des résultats avantageux que l'on a quelquefois obtenus : aussi l'emploie- 1- on très-peu de nos jours dans ces diverses circonstances.
Les baies de garou et des autres espèces de daphné sont violemment purgatives ; on cite même plusieurs cas d'empoisonnement par ces fruits irritans.
Une autre espèce du genre daphné, qui croît dans le nord de la France, le daphné rnezereuin , L. , ou bois j^^e/?/^'/, jouitrab^ solument des mêmes propriétés que le garou; elle lui est même préférée en Allemagne et dans quelques autres parties du nord de l'Europe. Nous ne croyons pas nécessaire d'entrer dans au-
Clin détail à son égard, et nous nous contenterons de répéter, en terminant cet article, que toutes les espèces du genre daphne, possédant les mêmes propriétés, peuvent être sans aucun inconyénient substituées les unes aux autres. (a. richard.)
GARROT, s. m. On donne ce nom à un petit instrument en bols, cylindrique, destiné à tordre les laqs avec lesquels on comprime circulairement un membre afin d'y suspendre le cours du sang dans les cas d'hémorrhagie, d'anévrysme, d'amputation , etc.
Voyez HÉMOSTASE.
GASTRALGIE, ^<7i7/rt/^/a (7«î7-;?p, estomac, «Ayof, douleur) douleur d'estomac. L'estomac est le siège de souffrances plus ou moins vives dans des circonstances diverses. Le sentiment de la faim qui n'est point satisfaite assez promptement, la présence dans l'estomac d'une trop grande quantité d'alimens, l'ingestion de substances alimentaires indigestes pour certains individus , l'action de corps étrangers sur la membrane muqueuse de l'estomac , tels que vers intestinaux, poisons, etc. ; le vomissement, un coup porté à l'épigaslre, l'influence sympathique de quelques organes , les maladies de l'estomac et probablement celles de plusieurs appareils nerveux, telles sont les principales causes de la gastralgie. Mais ce qu'il importe surtout d'examiner ici, c'est la question de savoir si toutes les gastralgies peuvent être rapportées à un état connu de l'estomac. On sait que presque tous les auteurs admettent que tantôt les douleurs gastriques sont syinptomaliques des différentes lésions de l'ertomac, telles que plilegmasie aiguë ou chronique, cancer, etc., et que dans d'autres cas, elles ne sont point liées à ces mêmes lésions, et sont dépendantes d'un état particulier communément appelé nerveux. On sait aussi que M. Eroussais s'est élevé contre cette distinction, et a prétendu que toutes les gastralgies dites nerveuses ne sont que des symptômes de gastrite chronique développée chez des sujets doués d'un tempérament nerveux et irritable. Quelques faits pourront éclairer la discussion : i° en général la douleur dans les phlegmasies, même aiguës, des membranes muqueuses est obtuse , et souvent elle ne se développe que par la pression exercée sur l'organe; ce fait est surtout remarquable dans la plupart des gastro - entérites : dans la gastrite chronique il faut comprimer l'épigastre pour faire souffrir le malade; cette manœuvre est toujours douloureuse. Les gastralgies dites nerveuses sont souvent d'une violence extrême, et, cliose
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digne de remarque, la pression sur l'épigaslre, loin de les augmenter, les calme souvent, et quelquefois les fait cesser entièrement. 2° Dans les gastrites chroniques, l'ingestion d'une petite qii-iuitité d'alimens réveille les souffrances, excite le mouvement fébrile, et la digestion est presque toujours incomplète; il survient des vomisseraens ou de la diarrhée. Dans beaucoup de cas de gastralgie, les malades font cesser les douleurs de l'estomac j)ar l'ingestion d'une grande quantité d'alimens, quelquefois même par l'ingestion des substances les plus indigestes; souvent la digestion se fait parfaitement et avec une rayndité étonnante. 3" Les gastrites clironiques, quelle que soit la lenteur de leur marcJie, ne tardent pas à exercer une fâcheuse influence sur la nutrition , à produire une fièvre hectique , et finissent par conduire le malade au tombeau, lorsque les ressources de l'art ne sont d'aucune efficacité. On voit, au contraire, des personnes se plaindre pendant dix, quinze et vingt ans, toute leur vie, de maux d'estomac, sans éprouver de fièvre, sans perdre de leur embonpoint. La gastrite chronique est donc toujours dangereuse, et les gastralgies dites nerveuses ne présentent presque jamais aucun danger. 4° Le traitement des gastrites chroniques se compose surtout de boissons délayantes, d'évacuations sanguines ménagées et répétées , et d'une diète plus ou moins sévère ; nous avons vu dans ces derniers temps des médecins et des étudians qui se croyaient atteints d'une gastrite chronique, condtàts par un tel régime long-temps prolongé , à un état de débilité et de maigreur extrême , avec affaiblissement des facultés intellectuelles, sans aucune diminution dans les souffrances gastriques. Mais ce qui a pu en imposer sur la nature des gastralgies dites nerveuses, c'est quele.plus souvent on leur oppose des moyens qui suffiraient seuls pour occasioner une gastrite aux individus les mieux portans. Nous ferons encore observer que les maladies des nerfs de la huitième paire et des plexus ganglionnaires nous sont tout-à-fait inconnues, et qu'il n'est pas invraisemblable d'admettre que ces appareils nerveux puissent être affectés de névralgies ainsi que les nerfs de la face, du bras , de la cuisse , etc. : et l'on n'ignore pas que dans ces sortes de maladies la douleur se propage à toute la partie où se distribuent les filets du nerf affecté. Des considérations qui précèdent , nous croyons que l'on peut conclure que l'opinion de M. Broussais, sur la natui'e des gastralgies dites nerveuses, est
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loin d'être démontrée ; que dans l'état actuel de la science , on doit admettre des douleurs d'estomac indépendantes d'une gastrite, dont la cause est inconnue, et que l'on peut appeler nerveuses , faute d'uue meilleure expression, parce que, comme les autres affections ainsi qualifiées , ces douleurs sont liées à un état apyrétique, chronique et peu dangereux par lui-même. {^Kojez NÉVROSE.) C'est de cette espèce de gastralgie seule que' nous allons nous occuper dans cet article.
La gastralgie est beaucoup plus fréquente chez les femmes que chez les hommes : on trouve dix des premières contre un des derniers qui se plaignent de douleurs nerveuses de l'estomac. Les femmes y sont particulièrement sujettes lors de l'établisse ■ ment difficile de la menstruation , pendant la grossesse lorsqu'elles sont en butte à des contrariétés journalières, à des chagrins prolongés , ou qu'elles sont affectées de migraines périodiques et de flueurs blanches abondantes. Parmi les hommes, les gens de lettres en sont le plus souvent affectés. Les chaleurs de l'été, la masturbation et les excès vénériens sont des causes fréquentes de la gastralgie chez les personnes naturellement douées d'une constitution nerveuse. Cet état de l'estomac est très-ordinaire dans l'hystérie et l'hypocondrie , et on l'observe quelquefois dans l'épilepsie et dans l'aliénation mentale. Les auteurs admettent encore au nombre des causes de la gastral^^ie , les excès dans le boire et dans le manger, l'usage de certains alimens insalubres , de quelques substances qui ne conviennent point à des idiosyncrasies particulières ; mais les excès dans le boire et le manger nous paraissent causer plutôt des gastrites que des gastralgies. La gastralgie n'est pas ressentie de la même manière par tous les individus. Dans beaucoup de cas , surtout chez les femmes, les malades éprouvent des besoi/is qui simulent parfaitement le sentiment de la faim ; ils se plaignent de tiraillement d'estomac , de faiblesse générale ; seulement ils n'ont point l'appétit qui accompagne ordinairement la faim réelle. Cette espèce de gastralgie est presque toujours calmée, momentanément du moins, par l'ingestion d'une certaine quantité d'alimens, ou par des boissons excitantes; mais aussitôt que la digestion en est faite au bout de quelques heures, la douleur revient, et c'est encore à l'aide du même moyen qu'on la fait cesser. Les femmes sont aussi plus particulièrement sujettes à cette autre espèce de gastralgie , qu'on désigne communément sous les noms de soda , de
pyrosis ou àe fer-chaud , et qui consiste dans un sentiment d'ardeur, de brûlure naissant dans l'estomac, et se propageant le long de l'œsophage. Une troisième espèce, plus commune chez les hommes, se décèle par un sentiment obscur de chaleur, de douleur, de pesanteur et quelquefois de gonflement dans la région de l'estomac. Lorsque la douleur ne se manifeste qu'à des intervalles plus ou moins éloignés, et avec une grande violence, on lui donne plus particulièrement le nom de crampe d'estomac. Suivant les auteurs , la gastrodynie diffère de la cardialgie, en ce que la première existe sans menaces de lipothymie, et la seconde avec un sentiment de défaillance. Nous ne parlons de cette division que pour faire connaître tout ce qu'on a dit sur la gastralgie. La gastralgie peut être unie, i° au pica ou perversion du goût , surtout chez les jeunes filles ; 2° à la boulimie ou faim excessive et insatiable ; S'' à la dyspepsie, ou digestion lente , difficile et douloureuse. Dans le premier cas, les malades mangent souvent avec avidité et non sans plaisir, de la craie, du muriate de soude , des fruits verts , etc. ; dans le second , ils avalent d'énormes quantité d'alimens, qu'ils digèrent ou qu'ils rendent en partie par le vomissement; dans le troisième, aussitôt que l'estomac a reçu les alimens, le malade sent, pendant plusieurs heures , comme un poids considérable sur ce viscère ; il se plaint de bouffées de chaleur qui lui montent à la tête, il est incommodé par un développement de gaz, il a de fréquentes éructations , il est oppressé ; la sensation de gonflement qu'il ressent dans la région épigastrique , et qu'il attribue au dégagement du gaz , n'est point toujours en rapport avec la quantité de ces gaz, et doit dépendre d'une autre cause, d'une anomalie des organes sensitifs. Presque tous les malades opposent à ces accident l'usage de quelques boissons excitantes , telles que le thé, le café, une liqueur spiritueuse : la digestion est réellement accélérée et rendue moins pénible par ces moyens. La langue est en général naturelle dans l'affection qui nous occupe. Les phénomènes de la dyspepsie sont attribués , ainsi que ceux de la gastralgie, par M. Broussais, constamment à une gastrite chronique. Nous avons donné les raisons qui nous font adopter une opinion contraire. Nous répéterons que nous ne concevons pas que la phlegmasie de l'estomac puisse persister pendant vingt ou trente ans sans causer de fièvre ni d'accidens graves, sans porter atteinte à la nutrition, ce qu'on observe souvent dans beaucoup
de gastralgies et de dyspepsies. La plupart des gastralgies ne sont point continues , il en est qui sont régulièrement périodiques : la durée de cette affection est, pour ainsi dire, indéfinie.
Les recherches cadavériques n'ont rien appris sur la nature de la gastralgie ; elle est rangée par le plus grand nombre des auteurs dans la classe des faiblesses ou des débilités ; nous avons déjà dit qu'elle est considérée par M. Broussais comme l'un des effets de la gastrite chronique. Ce qui n'a pas dû peu contribuer à fortifier l'opinion des premiers , opinion généralement partagée par le vulgaire , c'est que l'ingestion des alimens dans certains cas , l'usage des boissons excitantes , des substances toniques et mêmes irritantes, dans d'autres, calment et font quelquefois cesser momentanément la douleur de l'estomac , et que des guérisons ont été obtenues par de pareils moyens. Mais ce qu'il y a de bien certain , c'est que ces moyens , dont on fait journellement un abus très-grand, ne sont que des palliatifs qui aggravent plus souvent le mal qu'ils ne produisent une amélioration réelle. Nous ne rangerons donc la gastralgie ni dans les phlegmasies , ni dans les faiblesses , et nous nous contenterons d'exposer le traitement que l'expérience a démontré être le meilleur pour en obtenir la guérison.
Trois sortes d'indications peuvent se présenter à remplir: 1*^ combattre l'influence des causes de la maladie; 2° traiter la maladie elle-même ; 3° diminuer momentanément la violence des douleurs. La première indication est souvent difficile ou même impossible à remplir; de là la difficulté ou l'impossibilité de faire cesser la gastralgie. Ainsi , malgré ses souffrances d'estomac, l'homme de lettres continuera ses occupations, le mastcrbateur se livrera à ses funestes habitudes; les contvariétés, l'ennui, les chagrins, ne cesseront point d'exercer leur fâcheuse influence tant que la cause qui les produit subsistera : aussi , les gens de lettres qui font des excès d'étude, les femmes qui sont en proie à des contrariétés et à des chagrins permanens, et les jeunes gens adonnés avec excès à la masturbation, ont-ils généralement des gastralgies presque continuelles. Le vulgaire met surtout en usage, pour guérir les douleurs d'estomac, les eaux spiritueuses, appelées élixirs, liqueurs stomachiques, etc. La plupart des médecins conseillent les antispasmodiques , l'oxyde de zinc, celui de bismuth, les éthers , les toniques, ,Ies amers; ces différens moyens produisent souvent en effet
une amélioration momentanée ; mais , loin de guérir la maladie, ils en jjrolongent la durée et l'aggravent presque toujours. Les évacuations sanguines locales , conseillées par les médecins (jui ne voient , dans la gastralgie , que le résultat de la gastrite, pourraient être nuisibles, si elles étaient trop abondantes ou souvent renouvelées. Après avoir combattit, autant que possible, les causes de la maladie, le principal moyen à mettre en usage est un régime alimentaire convenable. Les viandes noires, celles d'animaux âgés, sont difficiles à digérer , ne passent qu'avec beaucoup de peine ; les malades feront bien de s'en abstenir. Les légumes farineux développent des gaz qui fatiguent extrêmement; les viandes blanches, les fécules, les bouillons maigres, le laitage, les compotes de fruits, sont des alimens dont la digestion est souvent assez facile. Ce n'est pas sans quelque étonnement que l'on voit des malades digérer avec une grande promptitude et sans malaise certains légumes crus , tels que plusieurs espèces de salades , du céleri , des artichauts, etc. La boisson habituelle des malades se composera d'eau simple , si le malade y consent , ou d'eau rougie avec du vin vieux. Les personnes qui ne veulent pas se passer de prendre du café mêleront cette liqueur avec du lait, ou, au moins, elles le feront faire extrêmement fiùble. Dans quelques cas oîi la susceptibilité de l'estomac est extrême, on est obligé de tenir Les malades, pendant des semaines et même des mois, exclusivement à l'usage du lait d'anesse , du lait de vache coupé avec l'eau sucrée, d'eau gommée et sucrée, de panades trèsclaires , etc. ; le bain tiède pris pendant le repas , et continué jusqu'à ce que la digestion soit terminée dans l'estomac , est quelquefois alors foi't utile. Les paroxysmes gastralgiques méritent souvent de fixer l'attention. Les malades qui éprouvent ce qu'ils appellent dos besoins, des tiraillemens et des faiblesses d'estomac simulant la faim , ceux qui sont affectés de boulimie , se garderont d'ingérer de grandes quantités d'alimens ; ce sont des besoins factices, sans cesse ren.iissans, qu'il faut tromper, et non satisfaire. Une boisson prise en abondance, des fruits aqueux, du lait coupé avec de l'eau, quelquefois une infusion très-légère de thé, quelques cuillerées d'eau de menthe, un peu d'eau de fleurs d'oranger dans un verre d'eau, etc. , remplacent avec avantage les alimens. Lorsque les douleurs sont très-vives , dans les crampes d'estomac, on ne doit pas hésiter à prescrire des re-
mèdos opiacés , en potion ou en lavement. Dans certains accès très-violens, les dérivatifs à l'extérieur, l'application de sinapismes aux extrémités, peuvent être indiqués. (ceorget.)
GASTRICITÉ, s. f. ; expression dont quelques auteurs se sont servis pour désigner l'état de l'estomac et les symptômes compris sous le nom à' emban-as gastrique. Vnj'-ez ce mot.
GASTRIQUE, v^à!]. ., gastricus ; qui appartient, qui a rapport à l'estomac. Ce mot est d'un usage fréquent en anatomie.
i" GASTRIQUE (artère ) inférieure droite. Voyez gastro-
ÉPIPI,0ÏQUE„DR0ITE, COELIAQUE et HEPATIQUE.
a** GASTRIQUE (artère) INFÉRIEURE GAUCHE. /^'OJ £-3 GASTRO- ÉPIPLOÏQUE GAUCHE, et COELIAQUE et SPLÉNIQUE.
3** GASTRIQUE (artère) supérieure. C'est Varté/e coronaire stomachique des auteurs. Voyez coronaire.
4° GASTRIQUES (uerfs). On nomme ainsi les deux cordons par lesquels se terminent les nerfs de la huitième paire. Voyez pneumogastrique.
5** GASTRIQUE (plcXUs), OU CORONAIRE STOMACHIQUE. Voje.Z COELIAQUE, SOLAIRE, SYMPATHIQUE.
6** GASTRIQUE (suc). /^OJfZ DIGESTION et ESTOMAC.
y** GASTRIQUES /veines). Elles suivent la même marche que les artères de leur nom et se tei'minent dans la veine-porte abdominale, (h. cloquet. )
GASTRITE, s. f . , gastritis, inflammation de FestomaC. La gastrite est une des affections qui depuis quelques années ont particulièrement appelé l'attention des médecins, et donné lieu à un grand nombre d'écrits, la plupart polémiques. Si les discussions étaient de nature à beaucoup éclairer l'histoire dfis maladies, celle de l'inflammation de l'estomac aurait fait de grands progrès. Mais l'expérience des siècles a prouvé que les sciences d'observation marchent avec les faits , et que les disputes scolastiqucs leur sont rarement d'une grande utilité. Au lieu de rassembler avec soin et sans autre intention que celle de parvenir à connaître la vérité , de nombreux exemples de cette maladie , la plupart des médecins se sont livrés à des discussions théoriques, ont négligé presque entièrement de recueillir des faits , ou ne les ont vus qu'au travers du prisme dangereux de la prévenlioii. Qu'en est-il résulté ? que l'inflammation de l'estomac, embarrassée d'un nombre presque rnfini d'écrits inutiles , obscurcie par des observations inexactes ou tronquées, est encore aujourd'hxii
l'une des phlegmasies dont on ne connaît qu'imparfaitement les symptômes et la lésion anatomique : cette assertion pourra paraître fausse à beaucoup de personnes , mais elle ne surprendra pas ceux qui ont suivi beaucoup de malades et ouvert beaucoup de cadavres. En effet, si, d'une part, il est souvent impossible de déterminer positivement , pendant la vie , quel sera après la mort l'état de l'estomac; et si, d'autre part, l'examen anatomique de ce viscère ne suffît pas ordinairement pour déterminer d'une manière certaine s'il y a eu ou non pendant la vie des symptômes de gastrite, ne doit- on pas reconnaître que cette phlegmasie est du nombre de celles dont la connaissance est encore très -imparfaite Le grand nombre d'écrits dpnt elle a été le sujet depuis un certain nombre d'années, et la dissidence même des médecins, suffiraient presque pour démontrer cette assertion.
Toutefois nous n'avons pas prétendu dire que la gastrite fût constamment, et dans toutes se.» nuances, une affection obscure; nous verrons, au contraire, que dans quelques-unes de ses formes , elle se dessine avec des symptômes presque aussi tranchés que ceux de la pleurésie et de la pneumonie.
Le rôle important que l'estomac est appelé à remplir dans l'acte de la digestion, paraît devoir le rendre plus sujet à l'inflammation que les autres parties du canal alimentaire. En effet, les substances de toute espèce que la déglutition introduit dans le tube digestif n'ont encore subi , lorsqu'elles pénètrent dans l'estomac, presque aucune élaboration , et elles y séjournent en général plus long-temps que dans aucune autre partie de ce conduit : à la vérité, l'estomac a reçu une organisation et un degré de sensibilité appropriés à ses fonctions ; mais toutes les fois que des agens délétères sont portés dans le canal digestif, l'estomac est presque toujours l'organe qui en ressent le plus fortement l'impression.
Parmi les agens morbifiques qui sont portés dans l'estomac par la déglutition, et qui peuvent directement donner lieu à l'inflammation de ce viscère, les uns , tels que les acides et les alcalis concentrés, les sels corrosifs, ont une action chimique en vertu de laquelle ils altèrent le tissu de cet organe ; il en est à peu près de même de quelques substances désignées sous les dénominations de poisons acres et narcotico-âcres , qui n'ont rien de chimique dans leur action, mais qui produisent aussi certainement
l'inflammation de l'estomac que les acides et les alcalis concentrés. D'autres causes agissent physiquement : telles sont , les corps anguleux et pointus avalés par mégarde , des fragmens d'os , par exemple, des morceaux de verre, qui traversent quelquefois impunément les voies digestives, et qui ne sont pas, comme les agens chimiques , des causes spécifiques de cette affection ; l'ingurgitation d'une énorme quantité d'alimens ou de boissons quelconques, la distension qui en est l'effet, peuvent être rangées parmi les causes qui ont une action physique dans la production de la gastrite. Il faut y joindre encore l'usage des boissons stimulantes, des vins alcoholiques , des liqueurs spiritueuses , des assaisonnemens de haut goût, tels que le poivre, la moutarde, lespimens, surtout chez les personnes qui n'en usent pas habituellement ; les médicamens stomachiques , et particulièrement les teintures et les élixirs, les vomitifs; mais l'action de ces dernières causes a été singulièrement exagérée , et l'observation journalière prouve que l'inflammation de l'estomac succède si rarement à leur usage, que dans les cas où elle a lieu y on est obligé d'admettre le concours d'une prédisposition spéciale. Il en est à peu près de même des boissons très -chaudes ou très-froides , à la glace , par exemple : il faut que la température des substances portées dans l'estomac soit beaucoup au-dessous de o**, ou élevée à un point tel qu'elle produise la phlogose de la bouche, pour donner lieu à la gastrite; encore n'est-il pas rare de voir le premier effet produit sans que le second ait lieu. Enfin , pour terminer l'exposition des causes déterminantes de la gastrite, nous indiquerons les plaies de l'estomac , les contusions sur la région épigastrique , surtout lorsqu'il est rempli d'alimens ; l'extension vers l'estomac de l'inflammation des organes voisins et particulièrement de l'œsophage et des intestins grêles.
L'inflammation de l'estomac , comme celle de la plupart des autres organes, survient souvent chez des sujets qui n'ont été soumis à l'action d'aucune des causes que nous venons d'examiner. On a cherché dans la chaleur atmosphérique, dans l'abondance de la matière électrique, dans le tempérament des individus , dans leurs habitudes, la raison du développement de cette maladie, et l'on s'est perdu dans des explications plus ou moins spécieuses. Un médecin qui n'avait encore pratiqué que dans les camps, a prétendu que les femmes et les enfans en étaient à l'abri. Mais toutes ces assertions sont tellement en opposition avec les faits, quelles
n'ont pas besoin d'être réfutées. La gastrite, qu'on peut appeler spontanée , non parce qu'elle survient sans cause, mais parce que les causes qui la produisent nous échappent , se montre dans toutes les saisons, attaque indistinctement les deux sexes, ne respecte aucune constitution , aucun tempérament, aucun âge. Une émotion vive , un écart de régime , l'impression du froid, la disparition d'un rhumatisme ou d'un exanthème peuvent en être les causes occasionelles, comme ils peuvent être celles de toutes les autres maladies.
L'inflammation de l'estomac se montre sous des formes trop variées pour qu'il soit possible de les comprendre toutes dans une même description. Nous la distinguerons à raison de sa marche et de son intensité , en gastrite aiguë et chronique , légère et grave.
PREMIÈRE FORaiE. Gastrite aiguë , très -intense. — Cette affection est le plus souvent produite par l'introduction de substances caustiques ou vénéneuses dans l'estomac ; elle survient quelquefois aussi sans cause spécifique. Dans le premier cas, les symptômes locaux précèdent le trouble général des fonctions ; dans le second , un appareil fébiile , plus ou moins violent, annoncé t|uelquefois par im frisson, précède la douleur épigastrique.
Une douleur aiguë, constante, produisant une anxiété extrême, s'étendant de l'épigastre vers le dos , l'ombilic et quelquefois dans toute la longueur de l'œsophage , augmentant par la pression la plus légère de la main , par la contraction des muscles abdominaux, par l'abaissement du diaphragme, et surtout par l'introduction des boissons dans l'estomac et par les efforts de vomissement ; une chaleur plus ou moins forte, quelquefois un sentiment de brûlure dans la région épigastrique, une sorte de résistance due à la raideur permanente ou à une contraction convulsive passagère des muscles qui recouvrent le viscère affecté ; des nausées presque continuelles, et, à des intervalles rap- ])ix)chés, des renvois gazeîix et liquides, des vomiturilions , des vomlsseraers très-douloureux, soit des boissons, soit d'un mucus blanchâtx'e mêlé quelquefois de sr.ng ou débile, et qui ne sont suivis d'aucun soulagement; le désir de boissons fraîches, çt une répugnance extrême pour toutes celles qui sont chaudes; ailleurs une soif pressante, et une crainte égale de satisfaire à ce besoin, soit parce que les boissons augmentent les efforts de vomissement et les douleui-s qui en sont inséparables, soit parce
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que l'estomac refuse de les admettre ; quelquefois une sorte d'hydrophobie symptomalique : tels sont les symptômes locaux de l'inflammation la plus aiguë de l'estomac. Il faut y joindre, dans le cas où la maladie est due à l'introduction dans ce yiscère d'un acide ou d'un alcali concentré, les escarres sur les lèvres et sur la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx , et les qualités chimiques des matières vomies , qui tantôt verdissent le sirop de violettes, et tantôt rougissent la teinture de tournesol etfont effervescence sur le carreau.
Les phénomènes généraux qu'on observe dans cette espèce de gastrite sont très- intenses. La physionomie est profondément altérée, exprimant dans le plus grand nombre de cas le découragement extrême et l'anxiété. La face est communément pâle, grippée, et offre par intervalles les contorsions des grandes douleurs : le malade s'agite, change fréquemment d'attitude, soutient péniblement sa tête , l'incline alternativement d'un côté et de l'autre , porte souvent ses mains à l'épigastre ; sa voix est faible, quelquefois étçinte; ses mouvcmens difficiles; sa respiration gênée, petite, entremêlée de soupirs, de gémissemens obscurs ; le pouls est fréquent , petit; la chaleur, augmentée dans les cas ordinaires , est presque toujours diminuée quand l'inflammation est très-violente; quand elle est due, par exemple, à des sels corrosifs ou à d'autres caustiques , le corps est souvent alors couvert d'une sueur froide et visqueuse.
Cette espèce de gastrite a une marche très-rapide; elle peut déterminer la mort en quelques jours, en vingt-quatre heures, et même dans un espace de temps plus cc-irt encore. Le hoquet, les défaillances, la cessation des vomissemens, puis des mouvejnens et des pulsations arlérielks, annoncent prochainement cette terminaison. Dans les cas où la guérison a lieu, la durée est beaucoup plus longue, surtout lorsque l'affection reconnaît pour cause l'ingestion d'ime substance vénéneuse. Il n'est pas rare de voir survenir, dans ce dernier cas, douze à vingt jours après, des hémorrhagies qui paraissent dues à la séparation des escarres , et qui peuvent être assez abondantes pour compromettre actuellement l'existence du malade. Dans cette espèce de gastrite , les symptômes diminuent d'intensité suivant une progression si lente , qu'il se passe souvent plusieurs mois , et, dans quelques cas , plusieurs années, avant que l'estomac ait repris le libre exercice de ses fondions.
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Cette gastrite, la plus intense de toutes, peut- elle se terminer par suppuration? Jamais jusqu'ici l'anatomie pathologique n'a montré d'estomac contenant du pus dans l'épaisseur de ses parois, et il n'est guère vraisemblable que ce genre de suppuration ait jamais eu lieu. Toutefois, il n'est pas sans exemple que des sujets aient vomi du pus en certaine abondance, pendant le cours, ou au déclin d'une gastrite. Où ce liquide avait-il été formé? i'' Il est possible que dans quelques cas, on ait pris pour du pus un liquide puriforme exhalé à la surface libre de l'estomac , mode d'exhalation assez commun dans d'autres membranes muqueuses, mais fort rare dans celle de ce viscère; 2° Il est plus vraisemblable que dans la plupart des cas où les malades ont vomi du pus, ce liquide a été le produit d'une inflammation circonscrite du péritoine; qu'un abcès formé entre l'estomac et quelqu'un des organes contigus se sera ouvert dans le premier, et aura provoqué le vomissement : ce qui me confirme dans cette opinion , c'est que le pus évacué par les selles a presque toujours une origine semblable.
L'examen cadavérique des sujets qui succombent à cette espèce de gastrite, fait reconnaître des lésions importantes : 1° dans les cas où la maladie reconnaît pour cause l'introduction d'un poison acre ou corrosif, le désordre porte principalement sur la membrane muqueuse, qui est rouge, livide, brune] ou ecchymosée, souvent épaissie, quelquefois détruite par la gangrène, ou comprise dans une escarre qui peut s'étendre jusqu'au péritoine; 2" Dans le cas où le développement de la maladie est dû à d'autres causes, on trouve dans la membrane muqueuse de l'estomac des lésions analogues : cette membrane est rouge, tuméfiée, quelquefois parsemée de mamelons analogues aux bourgeons charnus d'une plaie en suppuration ; quelquefois on a trouvé la capacité de ce viscère diminuée , au point qu'il n'offrait plus que le volume d'un intestin, et que ses parois, presque partout en contact avec elles-mêmes, étaient presque sèches et enduites d'une matière blanchâtre et pultacée. M. Broussais ajoute que dans quelques cas il a trouvé la membrane muqueuse coriace. Depuis quinze ans que je suis attaché aux hôpitaux de Paris, et que j'ouvre chaque anuée plusieurs centaines de cadavres, je ne me rappelle pas d'avoir une seule fois rien observé de semblable.
Celte première forme de la gastrite aiguë ne se présente guère,
comme nous l'avons dit , que dans les cas d'empoisonnement. L'auteur de l'Histoire des Phlegmasies chroniques a rapporté plusieurs observations qui feraient croire qu'elle survient assez fréquemment par d'autres causes; mais les observations qu'il a données ne sauraient porter conviction : ï° parce qu'elles sont incomplètes, sous le rapport des symptômes, et surtout des lésions anatomiques; 2° parce que chez presque tous les malades, le cerveau et les poumons présentaient des lésions aussi graves que celles dont l'estomac était le siège , et que dans les cas où ce dernier viscère a seul paru malade, les autres n'avaient été qu'imparfaitement examinés, ainsi que l'auteur luimême prend soin de nous l'apprendre dans les notes de sa troisième édition.
I3EUXIÈME FORME. Gastrite aiguë légère ; gastrite érythématique de quelques auteurs. — Il est fréquent de rencontrer des sujets chez lesquels, soit à la suite d'un ou de plusieurs écarts de régime, soit sans cause évidente , il survient une douleur épigastrique et un trouble dans les fonctions de l'estomac, qu'on attribue généralement à une inflammation de ce viscère, bien que la lésion anatomique qui la constitue n'ait pas été constatée par l'ouverture des cadavres.
Les principaux symptômes de cette affection sont une douleur ordinairement sourde, souvent passagère, dans l'épigastre, oùelle ne se fait sentir que par la pression, par l'introduction ou la présence d'alimens dans l'estomac, par les secousses delamarche; des battemens dans la région supérieure du ventre ou derrière le sternum, plutôt incommodes pour le malade qu'appréciables pour le médecin ; la diminution de l'appétit, quelquefois l'accroissement de ce besoin; la difficulté de la digestion stomacale, qui est accompagnée de pesanteur , de malaise général , de frissons qui alternent avec la chaleur, d'un mouvement fébrile qui persiste pendant plusieurs heures , et quelquefois d'une petite toux sèche, revenant par secousses et sans quintes. Ces phénomènes se reproduisent après chaque repas , avec une intensité proportionnée à la quantité et à la qualité des alimens qui ont été pris ; ils disparaissent lorsque la digestion stomacale est achevée ; ils sont quelquefois suivis du vomissement des alimens.
Chez quelques sujets , l'inflammation se propage de l'estomac nu pharynx et aux instestins ; la gastrite alterne avec l'angine ci
la diarrliée. Chez presque tous, les symptômes s'adoucissent et s'exaspèrent selon que le malade observe ou néglige les règles de la diète. Elle passe souvent à l'état chronique, et peut déterminer alors une diminution Icntc de l'embonpoint et des forces.
TROISIÈME FORME. Gastrite chronique. — Elle succède le plus ordinairement à la précédente, quelquefois à la première : elle est par conséquent due, dans la plupart des cas, aux mêmes causes ; lorsqu'elle est primitive , les causes qui la produisent agissent, en général, avec moins de force et pendant un temps plus long. Dans un grand nombre de cas, la gastrite chronique n'est autre chose qu'une phlegmasie aiguë fréquemment renouvelée par des causes excitantes, et surtout par des écarts de régime; dans d'autres , elle se prolonge et même s'aggrave sans le concours d'aucune cause extérieure manifeste. ■
Voici, dans le plus"grand nombre de cas, les symptômes qui la signalent : le malade éprouve une douleur transversale à la base de la poitrine , quelquefois derrière le sternum ; cette douleur est continuelle, fatigante, souvent comparée par les malades à une constriction pénible, ou à la sensation produite soit par un corps rond qui s'élèverait dans le trajet de l'œsophage, soit par une barre immobile qui serait placée transversalement dans la région épigastrique. L'appétit est faible, la digestion laborieuse, accompagnée de malaise, d'agitation, troublée par des nausées, des flatuosités, des rapports, par des vomissemens qui sont quelquefois suivis d'un soulagement marqué. Quand cette gastrite est peu intense , elle ne produit pas une diminution sensible dans les forces et l'embonpoint; mais lorsqu'elle est portée à un certain degré et qu'elle dure depuis quelques mois, la physionomie devient triste et souffrante ; la face se ride , l'embonpoint et les forces diminuent ; l'amaigrissement porte, spécialement sur le tissu cellulaire; la peau devient Irès-sèche et très-adhérente, et prend quelquefois dans plusieurs régions, mais plus particulièrement à la face, une couleur d'un rouge vineux. A une époque plus avancée encore, le dévoiement peut succéder à la constipation, la fièvre hectique s'établir, et le malade succomber dans le dernier degré du marasme. Les désordres observés à l'ouverture des cadavres diffèrent peu 'de ceux qu'on rencontre dans les gastrites aiguës; seulement la membrane muqueuse de l'estomac est plutôt brune que rouge : elle offre souvent de petites ulcérations. Cette espèce de
gastrite se termine souvent d'une manière heureuse, surtout dans les cas où elle est produite et entretenue par des causes évidentes.
Lorsqu'une inflammation de l'estomac , quels qu'aient été son intensité et son type, s'est terminée favorablement , elle peut être reproduite par le plus léger écart de régime, et cette circonstance, qui réclame de la part du praticien une attention scrupuleuse, forme en mên\e temps un des traits caractéristiques des phlegmasies de cet organe.
Tels sont les trois principaux types sous lesquels se montre l'inflammation de l'estomac. Il est encore deux autres maladies de cet organe, dont nous croyons devoir présenter ici la description, bien qu'il ne soit pas démontré qu'elles appartiennent aux phlegmasies; nous voulons parler du ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse et du catarrhe chronique de cette membrane.
i** Ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse. — L'ouverture des cadavres nous a souvent montré dans l'estomac une lésion particulière , qui semble avoir été aperçue par plusieurs médecins , mais qui n'a été décrite avec exactitude et rattachée par des observations précises à une série déterminée de symptômes que par M. Louis , dans un mémoire récemment présenté à l'Académie royale de Médecine. Bien qu'il ne nous paraisse pas démontré cjue cette lésion soit de nature inflammatoire , et que l'insuffisance des moyens antiphlogistiques , dans le plus grand nombre des cas , soit propre a nous confirmer dans ce doute; cependant, comme cette lésion est la plus fréquente que nous ayons rencontrée, que dans plusieurs circonstances elle s'est formée avec rapidité, et qu'il serait difficile de la placer dans un autre article de cet ouvrage, nous croyons devoir l'exposer ici.
Le ramollissement de la membrane muqueuse de l'estomac dans une certaine étendue, la diminution d'épaisseur, et quelquefois sa destruction complète , en forment les principaux caractères. Voici au reste l'analyse succincte des lésions qu'on rencontre. L'estomac n'a que très -rarement la capacité qui lui est naturelle. A l'extérieur il offre quelquefois un changement de couleur vis-à-vis la portion de la membrane muqueuse altérée. A l'intérieur, il présente dans l'endroit affecté une couleur d'un blanc bleuâtre , continue , ou disposée par bandes longues et
«troites, ou même par plaques plus ou moins rapprochées. Dans tous ces points la membrane muqueuse est d'une ténuité, d'une mollesse extrêmes, quelquefois légèrement opaque, grise ou rosée, le plus souvent transformée en une espèce de mucus glaireux, pâle et demi-transparent , quelquefois entièrement détruite dans une petite étendue, très-rarement dans un espace considérable; dans les trois quarts, par exemple, oumême dans la moitié de son étendue. Dans presque tous les cas, les vaisseaux qui rampent à la surface de la Uinique sous -muqueuse sont trèsapparens , larges , ordinairement vides, et frappent autant au premier aspect que la couleur bleuâtre dont il a été question. Le plus souvent les tuniques sous-jacentes sont saines; mais quelquefois elles participent au ramollissement de la membrane muqueuse; dans quelques cas même, elles sont détruites; le péritoine reste seul intact. Cette lésion n'occupe pas indistinctement toutes les parties de l'estomac : elle se montre ordinairement dans la moitié gauche ; elle est rarement bornée au grand cul-de-sac, elle s'étend ordinairement à la petite courbure, et existe quelquefois en même temps aux environs du pylore et du cardia.
Dans les poipts qui ne sont pas occupés par l'altération qui vient d'être décrite, la membrane muqueuse a rarement la couleur qui lui est naturelle ; elle est quelquefois rosée , ou même d'un rouge assez vif, souvent grisâtre : elle est quelquefois épaissie et bourgeonnée.
Les causes de cette affection sont fort obscures. Dans un des cas qui s'est présenté à notre observation , la maladie a succédé à des excès de vin et d'eau-de-vie; dans un autre, elle s'est déclarée chez une femme qui , depuis six mois , vivait dans la misère. Nous ignorons quelles causes ont concouru à son développement chez les autres malades ; nous observerons seulement que, sur douze faits observés sur un égal nombre de malades de l'un et l'autre sexes , il s'est trouvé huit femmes. La plupart des sujets sur le cadavre desquels nous avons trouvé le ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse de l'estomac, étaient atteints d'une maladie chronique très- avancée , de phthisie pulmonaire, de cancer de l'utérus; quelques-uns n'offraient que quelques tubercules non suppures dans les poumons , et l'on pouvait chez eux considérer la maladie de l'estomac comme simple.
L'invasion a été prompte chez quelques sujets ; chez d'autres, elle a été presque insensible, ou précédée, pendant plusieurs semaines, ou même plusieurs mois, d'un trouble léger dans les fonctions digeslives. Qu'il y ait eu ou non trouble dans ces fonctions, pendant un certain temps; que l'affection de l'estomac fût simple ou compliquée, les malades ont éprouvé, à une époque quelconque, une diminution plus ou moins considérable, ou même une perte complète d'appétit, des douleurs à l'épigastre, des frissons entremêlés de chaleur, de la soif avec prédilection pour les boissons fraîches; et, après un temps variable depuis quelques jours jusqu'à un mois et plus, des nausées, des vomissemens : chez quelques sujets, les douleurs à l'épigastre ne se sont manifestées qu'une ou plusieurs semaines après les vomissemens et le mouvement fébrile , tandis que chez d'autres tous les symptômes ont débuté à la fois. Dans tous les cas, ils ont persisté avec plus ou moins de violence jusqu'à la mort, ordinairement avec des rémissions plus ou moins marquées. Du reste , chaque symptôme ne s'est montré chez les différens sujets ni avec la même constance , ni avec la même intensité; la soif a été tantôt médiocre, tantôt insatiable; les nausées ont existé chez tous les malades, les vomissemens chez les trois quarts environ. 'A une époque quelconque de la maladie, et dans les derniers temps surtout , les vomissemens ont été provoqués par les causes les plus légères, les boissons les plus douces, l'eau sucrée, l'eau pure elle-même; ils ont résisté à tout, même aux moyens les plus propres en apparence à les combattre ; et ceux de ces moyens qui avaient paru les calmer pendant quelques jours, ont perdu promptement leur efficacité. Les douleurs à l'épigastre ont existé chez les onze douzième des malades; obtuses chez les uns, pulsatives , très- aiguës, accompagnées de chaleur chez d'autres, elles ont été exacerbantes chez le plus grand nombre. La pression les augmentait à tel point, que quelques malades ne pouvaient supporter le moindre poids à l'épigastre, et tenaient leur ventre découvert : aucun des malades que nous avons observés , n'a présenté cette couleur rouge de la langue à laquelle , dans ces derniers temps , on a attaché une si grande importance.
Au milieu de ces désordres, les facultés de l'intelligence et les organes des sens n'ont offert aucun trouble. Il n'y a point eu de céphalalgie r,i de douleurs dans les membres. Les traits n'ont
rien présenté de remarquable, si ce n'est une expression de malaise et de souffrance dans les momens où la douleur épigastriqiie s'exaspérait ; la diminution des forces a été si lente chez quelques sujets, qu'ils n'ont suspendu leurs occupations que huit jours, quelquefois même trois jours avant leur mort ; et , dans un cas de ce genre , nous avons trouvé la membrane muqueuse de l'estomac détruite dans les trois quarts de son étendue. Ainsi , en rapprochant la lésion de l'organe malade des symptômes observés, on voit, d'une part, la membrane muqueuse de l'estomac amincie , ramollie, détruite, dans une plus ou moins grande étendue; de l'autre, du dégoût, de l'anorexie, des nausées, des vomissemenf, des douleurs ordinairement très-vives à l'épigastre ; mais aucun de ces phénomènes sympathiques, regardés par quelques auteurs comme l'effet inévitable des affections graves de la membrane muqueuse de l'estomac. Ici le désordre des fonctions et le lieu de la douleur indiquent clairement l'organe lésé. Le malade auquel on parle de ses maux ne lépond pas qu'il n'éprouve que du malaise, qu'il ne souffre nulle part; il indique positivement l'estomac comme le siège de sa maladie; c'est là, suivant son expression, qu'est tout son mal. Peu importe que l'affection soit simple ou compliquée, qu'elle devienne promplement mortelle , ou que , se montrant sous une apparence bénigne, elle se prolonge pendant un temps considérable; les accidens sont toujours les mêmes, et ne diffèrent que par leur intensité ; la douleur -vient presque constamment révéler l'organe malade. Pourrions-nous croire désormais que la membrane muqueuse de l'estomac fût si insensible, ou qu'elle n'exprimât ses douleurs que par des phénomènes sympathiques? et ne devient -il pas évident, au contraire, que l'estomac obéit à la loi commune, et témoigne ses souffrances , comme les autres organes , par la douleur , et le désordre plus ou moins marqué de ses fonctions ?
La durée de cette affection est fort variable : elle est le plus souvent d'un à plusieurs mois; elle peut se prolonger au delà , ou être, au contraire, fort courte. Plusieui's malades ont succombé en quelques semaines, en quelques jours même.
La terminaison, sans être nécessairement fâcheuse, paraît l'être au moins dans le plus grand nombre des cas.
Parmi les phénomènes xiovnbreux qui se rattachent à la lésion qui nous occupe, il en est quelques-uns qui en forment les signes (listinctifs, et que nous croyons devoir présenter ici réunis; ces
signes ne sont pas les mêmes lorsque la maladie marche avec lenteur et lorsqu'elle parcourt ses périodes avec rapidité. Dans le premier cas, elle sera souvent méconnue; l'amaigrissement léger, la diminution de l'appétit, quelques nausées, une douleur épigastrique faible, mais continue , peuvent bien exciter des craintes dans l'esprit du médecin , mais sont insuffisans pour caractériser le mal. Mais quand après Tin dérangement plus ou moins long des fonctions digestives , on voit tout à coup se montrer les symptômes indiqués précédemment, tels que nausées, vomissemens, douleurs à l'épigastre, soif, anorexie, mouvement fébrile, même léger; si le malade se trouve en même temps atteint d'une maladie chronique, comme la phthisie pulmonaire, le cancer de l'utérus, etc.; si ces accidens ne sont calmés que momentanément , et résistent aux moyens les plus propres en apparence à les combattre, l'existence du ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse de l'estomac est à peu près démontrée. Il en serait encore de même , si , la maladie débutant avec plus de lenteur, et étant accompagnée à son début de symptômes moins prononcés , ceux-ci acquéraient néanmoins chaque jour plus de violence, malgré l'emploi méthodiqTie des moyens propres à suspendre le cours d'une inflammation franche : dans ce cas, le diagnostic serait presque aussi assuré que dans le précédent.
1°. Catarrhe chronique de l'estomac. — On peut donner ce nom à une affection assez fréquente, bien que peu conn.ue, dont le principal symptôme consiste en des vomissemens faciles ou laborieux , de mucus insipide ou d'une matière analogue an blanc d'œuf , qui ont lieu tous les jours , une ou plusieurs fois, ordinairement à jeun, ou immédiatement après le repas. Cplte affection , qui me paraît appartenir aux sécréllnns mor])!(]rs plutôt qu'aux inflammations , se montre ordinairement cliez des individus replets, sujets aux écoulemens muqueux, accoutumés à manger beaucoup, et adonnés à l'usage des liqueurs alcoholiques. Au reste , ces causes ne sont pas tellement nécessaires :; son développement , qu'elle ne survienne quelquefois dans des conditions très-différentes et même opposées.
Chez un certain nombre d'individus les vomissemens de mucus
sont presque le seul symptôme de la maladie : on observe alors
cette particularité remarquable, que presque jamais les alimens
ne sont rejetés, lors même que les vomissemens ont Heu pendant
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ou peu après le repas. Beaucoup de sujets conservent leur appétit , leur embonpoint et leurs forces, et considèrent l'affection dont ils sont atteints comme une incommodité plutôt que comme une maladie. D'autres , sans avoir de dégoût pour les alimens , n'ont pas d'appétit , et cherchent à l'exciter par le moyen des mets épicés ou des assaisonnemens de haut goût; ils ont , dans leur physionomie , dans leur attitude , dans leur démarche, une expression de langueur. Cette maladie a une marche généralement inégale : d'un jour à l'autre la fréquence des vomissemens et l'abondance du mucus rejeté offrent des variations; quelquefois même les symptômes disparaissent entièrement pendant des intervalles assez longs , plusieurs semaines, par exemple. Chez quelques sujets, ces variations et ces intermittences sont subordonnées à la quantité et au choix des alimens et des boissons , à l'exercice , à l'élévation de la température et à l'humidité de l'air ; mais , chez le plus grand nombre, l'observation ne donne pas de résultats satisfaisans relativement à l'influence de ces diverses causes sur la marche de la maladie. Sa durée est ordinairement très -longue , de plusieurs mois, de quelques années, par exemple. Chez certains sujets^ elle se prolonge pendant une partie de la vie ; chez d'autres , elle semble n'être que la première période d'une affection beaucoup plus grave, d'un cancer de l'estomac. Ailleurs, et le plus ordinairement, elle diminue peu à peu, et cède par degrés, soit au temps, soit aux moyens thérapeutl(iues.
Le diagnostic des phlegmasies de l'estomac est facile dans plusieurs cas; dans d'autres, il offre une grande obscurité. Dans ces derniers temps, quelques médecins ont vu des gastrites dans toutes les maladies dans lesquelles les fonctions de l'estomac sont troublées : quelques-uns ont été plus loin encore : ils ont admis des gastrites dont le seul symptôme serait un surcroît d'énergie dans les forces digestives de cet organe , et même des gastrites qui ne s'annonceraient que par le trouble sympathique des autres fonctions. Les principales maladies que l'on pourrait confondre avec la gastrite sont, i'* l'embarras gastrique; 2° les vomissemens sympathiques produits par une hernie de la ligne blanche , ou par une affection du rein ; S'* le trouble des fonctions de l'estomac qui a lieu à la suite d'une longue abstinence, et celui qu'on observe dans presque toutes les maladies fébriles ; /j*^ enfin quelquefois le choléra-morbus.
L'observation ne permet pas de douter qu'il n'y ait des malades chez lesquels la présence de certaines matières dans l'estomac ne soit la cause de tous les phénomènes qu'on observe ; car ces phénomènes se dissiperont aussitôt après l'expulsion de ces matières. Toutes les fois qu'un individu est pris soudainement d'une affection aiguë peu de temps après le repas, l'estomac cesse d'être en état de digérer les aliniens qu'il contient; et, si le vomissement spontané ou provoqué ne l'en délivre pas, un véritable embarras gastrique se joint à l'affection principale. Quel est le médecin qui n'a pas vu souvent le vomissement, soit de bile ou de mucus , soit de résidus d'alimens , être immédiatement suivi de la disparition complète des symptômes préexistans, dont le plus grand nombre portait sur les fonctions de l'estomac ? Dans la plupart des cas, l'absence de douleur a l'épigastre et de fièvre, les rapports amers ou fétides, les envies de vomir , le soulagement qui a lieu chaque fois que le malade vomit, l'enduit plus ou moins épais de la langue, la saveur désagréable dont la bouche est le siège , la fétidité de l'haleine , la céphalalgie sus-orbitaire, la disposition aux défaillances , sont les principaux signes qui font reconnaître l'embarras gasli-ique.
La difficulté des digestions , la fréquence des vomissemens, et plus tard l'amaigrissement progressif, ont plus d'une fois fait prendre une petite hernie de la ligne blanche pour une phlegmasie chionique ou pour une lésion ])lus grave de l'estomac. Mais la cessation des douleurs et des vomissemens dans la position horizontale, et surtout l'exploration attentive des parois du ventre laissent rarement dans l'incertitude. Il en est de même dans les cas où l'affection d'un rein donne lieu à des vomissemens sympathiques. L'ordre dans lequel les symptômes se sont montrés , d'abord dans la région rénale , puis dans l'estomac , les changemens que présente l'urine , l'excrétion antécédente d'un ou de plusieurs graviers, font connaître au médecin le véritable siège du mal.
La susceptibilité qu'acquiert l'estomac à la suite et par l'effet d'une longue abstinence en a souvent imposé pour une gastrite. Il en est de l'estomac comme des autres organes : une inaction prolongée, lors même qu'elle n'est jointe à aucun état pathologique, le rend inhabile à remplir ses fonctions. Après un long repos des muscles, les mouvemens ne reprennent que peu à peu leur régularité et lenr force. On voit fréquemment
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aujourd'hui des sujets citez lesquels on a développé arlificiellement celte extrême susceptibilité de l'estomac , en cherchant à les guérir d'une gastrite qu'ils n'avaient point, ou en insistant indéfiniment sur la diète lorsqu'elle n'était plus nécessaire , à la suite d'une gastrite véritable. Le rapprochement des symptômes actuels et des circonstances commémoratives conduit ordinairement le médecin à fixer son jugement.
La gastrite très intense produite par l'ingestion dans l'estomac de substances irritantes, a quelquefois donné lieu à des symptômes semblables à ceux du choiera -morbus. L'examen des an técédens , l'époque de l'année où cette affection se montre, et dans quelques cas, l'analyse des matières rejetées , suffisent généralement pour dissiper toute espèce de doute.
Quant au dérangement des fonctions digestives qui a lieu dans les i7jaladies fébriles, et qui est joint au trouble de toutes les autres fonctions, il. est le plus ordinairement indépendant de toute phlegmasie gastrique. Placer dans l'estomac et les intestins , mais surtout dans le premier, le siège de toutes les fivères continues et intermittentes est une supposition gratuite , tellement en contradiction avec les faits, qu'on a droit de s'étonner que quelques hommes, d'ailleurs instruits, aient pu l'accueillir.
Nous ferons observer, en terminant ce qui a trait au diagnostic, que la rougeur générale ou partielle de la langue, à laquelle les partisans du système de l'irritation attachent une si grande importance, n'est qu'un signe fort équivoque de la gastrite. La langue n'est jamais plus rouge que dans quelques fièvres éruptives , dans lesquelles l'estomac n'offre point de dérangement spécial de ses fonctions.
Quant au pronostic, l'inflammation de l'estomac se présente sous des former si variées relativement à son intensité, à ses causes, etc., qu'on ne peut donner sur ce point que quelques règles générales sujettes à beaucoup d'exceptions.
L'inflammation aiguë de l'estomac est plus dangereuse que l'inflammation chronique : celle-ci est d'une guérison plus difficile que la première. Les signes les plus graves sont, i" dans la gastrite aiguë : les douleurs atroces, ou l'absense de douleurs, le hoquet, les défaillances, une faiblesse extrême, le refroidissement du corps; a** dans la gastrite chronique, la diminution progressive de l'embonpoint et des forces ; dans l'une et l'autre, la fréquence et l'opiniâtreté des voraissemens.
Toutes choses égales d'ailleurs, une gastrite développée ou entretenue par des causes externes nianit'esles, et notamment par des erreurs de régime, offre plus de cliances de guérison que celle dont la production a eu lieu sans cause appréciable. Toutes les fois que, malgré i'emi)loi des moyens de traitement les plus méthodiques, la maladie s'aggrave ou seulement persiste avec la même intensité , pendant un certain temps, le pronostic ne peut être que fâcheux. Lorsque des substances vénéneuses ont donné lieu à la maladie, le pronostic est subordonné, d'une part , à la qualité, à la quantité, à la concentration de ces substances j de l'autre, à l'état de plénitude ou de vacuité de l'estomac au moment où elles y ont été introduites; il varie encore selon que ces matières ont été conservées ou vomies, en partie ou en totalité , plus ou moins de temps après leur ingestion.
Le traitement de la gastrite est soumis à des modificalions nombreuses, à raison de la forme particulière de la maladie, des causes qui y ont donné lieu, etc. : i° dans la gastrite aiguë trèsintense, on doit placer l'estomac dans le plus grand repos possible, prescrire une abstinence complète d'alimens, n'accorder même qu'en très-petite quantité les boissons rafraîchissantes. On doitaussi éloignerdela région épigastrique toute pression quiaugmenterait la douleur, et renoncer même aux topiques, qui , à raison de leur poids , offriraient cet inconvénient. On a recours eu même temps aux saignées générales et locales : la petitesse des pulsations artérielles ne s'oppose pas à l'emploi des piemières, surtout lorsque la douleur est très-vive; l'ouverture de la veine rend souvent alors au pouls sa grandeur naturelle. L'application de sangsues à répigastre est surtout indiquée, lorsque la sensibilité de cette région à la moindre pression porte à croire que le péritoine participe à la i)hlegniasie : leur nombre doit être proportionné à la force du sujet , et à l'intensité du mal ; on peut en appliquer depuis douze et quinze jusqu'à trente et quarante, et y revenir lorsque la ])ersistance des symptômes l'exige. La même règle est applicable aux saignées générales , qu'il peut êti'e nécessaire de répéter plusieurs fois dans un temps très- court, en vingt-quatre heures, par exemple. Les topiques auxqiiels on a recours doivent, comme nous l'avons dit, ne pas incommoder le malade par leur ])oids : les fomentations avec la llanelle ou le linge imbibés d'un liquide émollicnt, les snchels remplis de fleurs de sureau ou de mauve offrent, à raison de leur légèreté, un
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grand avantage sur les cataplasmes. Dans les cas où le malade accuse dans le lieu affecté une chaleur brûlante , les topiques froids lui sont génëi'alement agréables et utiles ; des compresses trempées dans l'eau de puits, dans l'eau même à la glace, et renouvelées très-fréquemment, apportent un grand soulagement, surtout dans les saisons chaudes, époque où il est moins à craindre qu'elles ne donnent lieu à un catarrhe des voies aériennes. Les boissons auxquelles on a le plus souvent recours, sont : la solution de sirop d'orgeat, de guimauve, de gomme; l'eau gommée ou miellée, l'infusion de graine de lin, la décoction de racine de guimauve, de mie de pain; l'émulsion arabique, les sirops de groseille, d'oranges , de citron et de vinaigre sont encore utiles lorsque la bouche est pâteuse ou amère. et que le malade désire des acides. Toutes ces boissons doivent en général être prises en très-petite quantité à la fois, à une température fraîche ou même très-froide , quelquefois lièdes, selon que l'estomac s'en accommode mieux. Lorsque la soif est très-vive, et que la susceptibilité extrême de l'estomac ne permet pas de satisfaire ce besoin, on doit chercher à le calmer en faisant prendre des lavemens fréquens, en couvrant une grande partie de la surface du corps de fomentations aqueuses , en plaçant une ou plusieurs fois chaque jour le malade dans un bain tiède ou légèrement frais. Lorsque l'état des forces ne permet pas de pratiquer la saignée , on applique des sinapismes ou des vésicatoires, d'abord sur les membres, puis sur la région épigastrique elle-même. Dans les cas où la chaleur est diminuée aux extrémités , il importe d'autant plus de l'y rappeler, que ce phénomène, qui paraît être l'effet de la violence de l'inflammation, devient, à son tour, une cause qui tend à l'augmenter. En conséquence on enveloppera les parties refroidies de linges ou de flanelles bien chaudes, qu'on renouvellera aussi souvent qu'il sera nécessaire. Quand la maladie se termine par suppuration , ou , pour parler un langage plus exact, lorsqu'après avoir offert les symptômes d'une gastrite, le malade vomit du pus, on a recommandé, comme moyen propre à favoriser le rapprochement et la cicatrisation des parois du foyer, l'usage du lait d'anesse coupé avec l'eau de Seltz et des jaunes d'œufs dissous dans le bouillon. Rien ne s'oppose à l'usage de ces boissons, et comme elles ont paru être de quelque utilité dans plusieurs cas, il est rationel de les employer préférablcmcnt à d'autres. Quand la gastrite se termine
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par gangrène, la promptitude avec laquelle elle détewuine la mort ne laisse pas au médecin le temps d'y opposer d'utiles remèdes.
Dans les cas où la gastrite est causée par l'ingestion de substances vénéneuses , elle offre des indications spéciales : celles de favoriser ou de provoquer le vomissement des matières contenues dans l'estomac , de les neutraliser par des réactifs choisis , ou d'en émousser l'énergie par l'introduction dans l'estomac d'une grande quantité de boissons mucilagineuses ,de lait, d'albumine, etc. ( Voyez empoisonnement. ) Les hémorrhagies qui surviennent lors de la séparation des escarres qui ont été produites par le poison, doivent être combattues par les boissons très-froides, auxquelles on ajoute, s'il est nécessaire, une dose convenable d'alun ou d'acide sulfurique.
tP Lorsque la gastrite se montre avec une intensité médiocre, les moyens antiphlogistiques doivent être employés avec moins d'énergie. Il est rarement nécessaire de revenir plusieurs fois à la saignée générale, et dans beaucoup de cas la seule application de sangsues à l'épigastre ou à l'anus suffit pour dissiper l'inflammation : je dis à l'épigastre ou à l'anus , car jusqu'ici des essais comparatifs assez nombreux que j'ai faits, soit chez les mêmes individus et dans le cours de la même affection, soit chez différens sujets, ne m'ont pas fourni des résultats assez positifs pour que je puisse donner la préférence à l'une de ces deux évacuations sanguines. Dans cette seconde forme de la maladie , les mêmes boissons conviennent , et peuvent être prises en plus grande quantité ; l'abstinence ne doit pas être aussi rigoureuse ; le lait de vaehe ou d'ânesse, pur ou coupé, les fécules à l'eau, les bouillons de poulet, de grenouilles, d'écrevisse , la chair de ces animaux , certains fruits bien murs ou cuits avec le sucre , les gelées végétales et animales sont des alimens qu'on peut permettre aux malades, en en déterminant la quantité. Les vésicatoires employés comme révulsifs ou comme dérivatifs sont particulièrement indiqués à l'époque où la maladie tend à passer à l'état chronique. Nous avons fait connaître l'insuffisance de tous ces moyens dans les cas de ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse; nous ne faisons que le rappeler ici.
3** La gastrite aiguë légère reconnaît le plus souvent pour causes des erreurs de régime. Le seul éloignement de ces causes suffit dans la plupart des cas pour en procurer la guérison. On a
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trop souvent aujourd'hui l'habitude de combattre par l'application de sangsues des maladies qui, comme celles dont il est ici question, cèdent en peu de jours au simple repos de l'organe malade, et l'on attribue à l'émission sanguine un changement auquel elle n'était pas nécessaire, et à la production duquel elle n'a eu, le plus souvent, aucune part. Toutefois la suppression d'une hémorrhagie habituelle , une douleur aiguë , une chaleur vive dans l'épigastre, l'accroissement progressif, quoique lent, des principaux symptômes, l'insuffisance reconnue du régime , sont autant de circonstances qui réclament dans la gastrite , même légère, l'emploi des évacuations sanguines. Dans les cas où les phénomènes inflammatoires offrent une mobilité analogue à celle que présente à la peaul'érysipùle, lorsqu'ils se portent alternativement de l'estomac aux intestins ou à l'œsophage et au pharynx, ou de ceux -ci à l'estomac , l'application d'un vésicatoire , entretenu pendant quelques mois , a souvent produit un soulagement trèsprompt, et prévenu des rechutes que la marche de la maladie devait faire craindre.
La gastrite aiguë, quel que soit son degré d'intensité, peut offrir encore plusieurs autres indications relatives aux causes connues ou présumées qui l'ont produite, ou à quelques symptômes prédominans. Parmi ces derniers, les vomissemens opiniâtres et une douleur très-aiguë appellent principalement l'attention du médecin. Ces deux symptômes cèdent le plus ordinairement aux saignées locales ou générales, aux rnbéfians ou aux vésicans appliqués loin ou près de l'organe affecté , et quelquefois aux narcotiques introduits dans l'estomac lui-même; quant aux vomissemens en particulier , un des moyens les plus propres à les suspendre est une abstinence absolue de toute espèce de boissons pendant un certain nombre d'heures. On ne doit pas non plus négliger, dans le cas de vomissement opiniâtre, de provoquer les évacuations alvines à l'aide de lavemeas purgatifs. Quant aux indications fournies par les causes , elles sont les mêmes que dans toutes les autres phlcgmasies. Voyez i-hleg-
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4° Quelques médecins regardent comme chronique toute phlegmasie qui dure depuis long-temps : cette manière de voir n'est pas juste ; il y a des maladies qui sont chroniques après quelques jours de durée, dès leur invasion même; il en est d'autres qui sont encore aiguës après une durée de plusieurs
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mois : cette distinction est spécialement applicable à la gastrite.
En effet, parmi les sujets affectés de ce qu'on nomme communément gastrite chronique, quelques-uns ont, presque tous les jours ou à de courts intervalles, commis de graves erreurs contre les lois du régime , et reveillé en quelque sorte une inflammation prête à s'éteindre. Leur maladie n'est pas une i.'iflammation chronique de l'estomac , c'est une succession d'inflammations aiguës, déterminées par des causes nouvelles, et réclamant encore l'abstinence sévère et même les évacuations sanguines, indiquées dans les gastrites aiguës. Cette forme de maladie se montre surtout chez les jeunes sujets, chez qui l'appétit est plus pressant , et chez qui la raison a moins de force pour y résister : c'est celle qu^ M. Broussais a eu le plus souvent occasion de rencontrer, et d'après laquelle il a établi la méthode de traitement qu'il propose pour toutes.
J'ai eu de fréquentes occasions d'observer cette espèce de gastrite , encore aiguë, malgré sa longue durée. La plupart des malades accusent de la chaleur à l'estomac, une douleur qui est constamment exaspérée par les alimens échauffans, par le vin pur, par la simple pression de la main, et qui diminue dans les conditions opposées. Le moyen qui m'a pa-^i'u le plus efficace, et qui m'a souvent réussi dans des cas où l'ancienneté du mal et l'insuffisance de beaucoup de remèdes pouvaient faire craindre qu'il ne résistât opiniâtrement à toutes les ressources de l'art, est la diète lactée à laquelle j'ai soumis les malades pendant un temps proportionné à la durée de la maladie , quelquefois pendant plusieurs mois.
Mais l'expérience et le raisonnement prouvent que cette méthode ne saurait être appliquée avec avantage aux inflammations 'véritablement chroniques de l'estomac, c'est-à-dire à celles qui se prolongent sans cause évidente , et surtout sans erreurs de régime qui les entretiennent. Dans celles - ci les évacuations sanguines diminuent les forces sans apporter aucun amendement aux symptômes dont l'estomac est le siège : les boissons adoucissantes n'ont aucun effet avantageux; tandis que l'établissement d'un vésicatoire ou d'un moxa à l'épigastre , l'usage des eaux gazeuses, de Seltz en particulier, des boissons amères, des extraits dits stomachiques, tels que ceux de genièvre , de gentiane, de quinquina ; des alimens sapides , mais pris en trèspetite quantité à la fois, tels cpie le bouillon chargé d'osinazômc ,
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le jus des viandes rôties, nn peu de vin généreux, sont souvent d'une grande utilité, surtout lorsque la digestion est aidée par l'exercice du corps, la distraction, par des frictions générales pratiquées avec de la laine ou une brosse douce. Il est encore à observer, relativement au régime que l'on prescrit aux individus atteints de gastrite chronique , que quelquesuns digèrent les alimens solides avec plus de facilité que les substances liquides : il faut ici céder au caprice de l'organe affecté, et lui accorder les alimens qu'il élabore moins difficilement.
5" Lorsque la maladie se présente sous la forme de vomissemens muqueux ou de catarrhe chronique , les indications sont généralement obscures et le choix des moyens thérapeutiques difficile. Dans le cas où l'on peut parvenir à connaître la cause de la maladie, il faut, avant tout, chercher à l'éloigner ou à la combattre. Si, par exemple, un changement dans le régime a précédé le développement de cette affection , il faut conseiller au malade de se rapprocher de ses anciennes habitudes. Si l'affection se reproduit dans les saisons froides et disparaît complètement ou en partie dans les saisons chaudes, il faut diminuer l'impression du froid en conseillant au malade de se couvrir de flanelle, de faire matin et soir des frictions aromatiques sur tout le corps; d'habiter une chambre chaude, exposée au midi. Si ces moyens étaient insuffîsans et si la condition du malade le lui permettait , on lui conseillerait de passer pendant quelques années l'hiver dans un climat beaucoup plus chaud que celui qu'il habite. On prescrirait l'application d'un vésicatoire et l'usage des bains chauds , des bains de vapeurs, aux individus chez lesquels la disparition d'une dartre ou d'un rhumatisme aurait précédé les vomissemens glaireux, etc. Dans les cas où la cause du nul est inconnue, on a proposé divers moyens , tels que les vomitifs , les purgatifs amers comme la rhubarbe, les poudres absorbantes, les boissons amères , quelques eaux minérales, et en particulier celles de Vichy, de Spa et de Seltz. Les vomitifs sont rarement nécessaires : la nature fait elle-même avec beaucoup de facilité , chez la plupart des sujets, ce que feraient les vomitifs; et ceux-ci ne sont indiqués que dans les cas où l'accumulation du mucus dans ce viscère donne lieu à des symptômes qui ne cessent qu'après son expulsion. C'est communément alors l'ipé-
cacuanha en poudre, ou mieux en sirop ou en décoction qu'on emploie dans ce but. Les purgatifs amers , qui exercent à la fois une action révulsive sur les intestins , et une action légèrement tonique sur tout le conduit digestif, doivent être particulièrement recommandés chez les sujets liabituellement constipés et d'un tempérament lymphatique. Les boissons amères, les eaux minérales ferrugineuses ou gazeuses , prises chaque matin à la dose de quelques verres, sont, de tous les moyens conseillés contre ces affections , ceux auxquels on a le plus généralement recours. Quant aux poudres absorbantes , elles conviennent spécialement dans les cas où les matières vomies sont acides. Peut-être obtiendrait-on de l'emploi des substances balsamiques des effets analogues à ceux qu'on en retire dans le catarrhe chronique de la vessie , de l'urètre et des bronches ; c'est ce que l'expérience seule peut apprendre.
Nous avons vu précédemment combien les rechutes sont faciles à la suite des phlegmasies de l'estomac ; la convalescence exige en conséquence les plus grands soins : le plus léger écart de régime, ou seulement une augmentation trop rapide dans la quantité des alimens qu'on accorde au convalescent, peuvent réveiller une inflammation presque terminée ou récemment éteinte. 11 importe donc bien de ne permettre d'abord que les alimens les plus légers et en quantité si petite, que, dans le cas où l'estomac ne serait pas encore apte à les bien digérer , il n'en éprouvât que très-peu de souffrance. On doit mettre ici presque autant de circonspection dans l'emploi des alimens , qu'on en met dans l'administration d'un poison dont on veut apprécier l'action sur l'économie. Toutefois cette circonspection elle-même doit avoir des bornes : elle produirait inévitablement cette susceptibilité morbide que nous avons signalée, et qui, à son toxxr, exigerait un traitement particulier aussi long que celui de la gastrite. ( chomel. )
GASTROCÈLE, s. {., gastrocele , de yu(^)lf>, l'estomac, et de XK^^l, tumeur. On a donné ce nom aux hernies de l'estomac, qui se font à travers la paroi antérieure du ventre ou par une ouverture accidentelle du diaphragme. Voyez HERNIE.
GASTROCNÉMIENSjadj., gastrocnemicus ; qui appartient au mollet. Ce mot est tiré du grec yeta-r^s ( ventre), et Kv>)'j«9 (jambe). Beaucoup d'anatomistes ont appelé muscles gastrocnérnicns les muscles jumeaux de la jambe. Voyez jumeau, (h. c. )
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GASTRO-COLIQUE , adj. ,g-astro-colicui , de yui^e> estomac, et Kc^o), colon; on nomme ainsi le grand épiploon, parce qu'il est fixé à l'estomac et au colon.
GASTRODYNIE, s. f. gastrodynia ^ de y««î-ri;ç, estomac et de ad*'wv;?, douleur. On a désiiijné sous ce nom une affection marquée par un sentiment d'anxiété et de constricfion à l'épigastre, mais sans menace de lipothymie; ce dernier caractère distingue la gastrodynie de la cardialgie. On sent combien ces distinctions sont peu fondées; aussi ne sont- elles nullement admises aujourd'hui. D'après les acceptions différentes que quelques auteu^ ont voulu donner aux mots dont la terminaison est formée par les mots grecs «oVv;; et «Ay«?, la gastrodynie devrait exprimer la douleur rhumatismale de l'estomac, et gastralgie , sa douleur nerveuse. Mais peut -on raisonnablement établir une différence dans la nature de ces douleurs, parce qu'elles se manifestent dans des circonstances diverses? Cette opinion est assez généralement rejetée. Voyez gastralgie. ( r. d. )
CASTRO -ENTÉRITE, s. f . , gastro - entends ; dérivé de yuirry.f , estomac, et d'Evrepav, intestin : dénomination proposée par M. Broussais pour désigner l'inflammation siraidtanée on successive de l'estomac et de l'intestin grêle. C'est , de toutes les phlegmasies , la plus fréquente et celle dont l'existence a été le plus souvent méconnue. Vous ne là trouverez Indiquée dans aucun cadre nosologique. La gastrite elle-même était naguère assez généralement regardée comme une maladie trèsrare, puisque, sur vingt-huit mille deux cent quatre-vingt-dixneuf malades admis dans les hôpitaux civils de Paris, en 1807, six d'entre eux seulement ont été désignés , dans les bulletins définitifs, comme atteints d'une inflammation de l'estomac; tandis que six mille cent quarante-trois ont été traités pour des fièvres continues ou rémittentes. Un semblable résultat ne peut être compris qu'en admettant que, d'après les principes de Brown , on ne donnait alors le nom de gastrite qu'aux inflammations de l'estomac produites par des poisons ; à moins qu'on n'aime mieux supposer avec Hufeland et plusieurs médecins français que , par suite de changemens occultes survenus dans les constitutions atmosphériques, \^^ Jièvrcs bilieuse, muqueuse, adynamique , etc., se sont vues remplacées , dans ces derniers temps, par des pliles^masles j/aslro-lntestinales, dont le fréquent développement n'est plus aujourd'hui contesté.
Un examen rigoureux des observations particulières publiées par les auteurs classiques sur la gastrite et V entérite, conduit inévitablement à reconnaître que ces dénorainatioiis nosologiqucs ont été le plus souvent imposées à des inflammations simultanées ou successives de l'esiomac et de l'intestin grêle. Sur neuf cas mortels, intitulés gastrite , consignés dans l'excellent ouvrage de M. Broussais sur les phlegmasies chroniques , huit étaient évidemment des gasLro- entérites, piusque l'ouverture des cadavres démontra des traces non équivoques d'inflammation dans l'estomac et l'intestin. Je dois même ajouter qne, dans l'observation unique oii l'estomac est indiqué comme siège exclusif de l'inflammation ( Observ. 7 ) , les recherches anatomiqnes me j)araissent avoir été faites d'une manière incomj)lète. D'un auti'e côté , sur dix-sept obsei'vations, accompagnées de nécropsies, consignées, sous le nom d'entérite ^ dans le même ouvrage , on trouve treize cas d'inflammation de l'estomac et du petit intestin; deux cas de dysenterie ; un autre dans lequel l'estomac et le gros intestin étaient phlogosés ; un d'inflammation du petit et du gros intestin, et pas un seul exemple d'inflammation bornée à l'intestin gréle.-De même encore, sur onze cas mortels d'inflammation de la portion sous- diaphragmatique du canal intestinal chez des enfans à l'époque du sevrage, et sur vingt -quatre observations analogues faites sur les nouveau-nés, publiés par MM. Cruveilhier et Denis, je n'ai pas compté un seul cas de gwitriie simple, tandis que l'existence de la f^astro- entérite est constatée par trente-quatre observations de ces auteurs. Consultez la Dissertation de M. Tartra sur l'empoisonnement par l'acide nitrique ; interrogez la Toxicologie de M. Orfila; parcourez les autopsies des observations i, 2, 3, 4,6, 7,0, 1 3, 1 5, 17, 18, 20, 21 , 23, 26, 37, 38, 39 , 45, Go', 62, 64 , 69, 73, rapportées dans l'ouvrage de M. Prost [Médecine éclairée jxir les ouvertures des corps); faites plus encore, ouvrez un grand nombre de cadavres d'individus de tous les âges, qui ont succombé à la suite de phlegmasies des organes digestifs, et vous ne tarderez pas à être convaincu que l'inflammation, s'aslreignant difflcileraent aux divisions des anatomistes , ne; se borne presque jamais exclusivement k l'estomac ou à l'intestin grêle.
§.I. Les altérations des organes digestifs sont, sans contredit, ce qu'il y a de plus positif dans l'histoire de leurs phlegmasies :
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c'est par conséquent ce qui doit les caractériser ou les spécifier. Je suis donc certain de faire mieux comprendre la variété des phénomènes qu'elles produisent pendant la vie, en commençant la description de la gastro-entérite par celle des altérations qui la constituent.
Toutes les formes et toutes les terminaisons de l'inflammation «/^«é' ou chronique^ observées sur les tégumens extérieurs ou sur divers points de la membrane muqueuse gastro-pulmonaire, peuvent se développer dans l'estomac et l'intestin grêle, mais avec une inégale fréquence. Indiquées ou incomplètement décrites par Bonet , Morgagni, Lieutaud, Rœderer et Wagler, M. Prost , etc. , signalées de nouveau par M. Broussais dans ses belles recherches sur les phlegmasies chroniques, elles ont depuis fourni à MM. Andral , Breschet, Denis, Louis, Scoutteten, etc., la matière d'observations neuves et importantes. Ces formes et ces terminaisons de l'inflammation de l'estomac et de l'intestin grêle étant très- variées, j'en traiterai successivement dans les paragraphes suivans.
Par suite des changemens que la membrane muqueuse des organes digestifs enflammée éprouve dans sa structure, sa couleur normale est diversement altérée.
Les teintes rouges accidentelles qu'on peut rapprocher des exanthèmes cutanés sont le premier et le plus constant des effets de l'inflammation. Elles se présentent, i° sous la forme à'arborisations vascidaires plus ou moins multipliées, dues à une forte injection sanguine des vaisseaux et de leurs anastomoses; i° sous celle de plaques plus ou moins étendues, qui semblent former comme autant de phlegmasies isolées à la surface interne de l'estomac et de l'intestin grêle. Tantôt ces plaques offrent une teinte uniforme qui varie depuis le rouge vermeil le plus intense jusqu'au brun le plus foncé, diminuant graduellement d'intensité vers leur circonférence, ou se terminant d'une manière brusque, comme on le voit fréquemment à l'union de la portion pylorique de l'estomac avec lasplénique, à la jonction de ce viscère et du duodénum, à la valvule iléo-cœcale , etc.; tantôt, au contraire, de larges plaques semblent formées par la réunion de plus petites , de nuances variées. Arrondies ou irrégulièrement dessinées, ces plaques forment souvent un anneau autour des orifices pylorique, cardiaque, cholédoque et pancréatique; enfin celles dont la teinte est la plus foncée ,
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placées entre l'œil et la lumière, interceptent complètement Je passage de ses rayons; 3** ces rougeurs morbides inflammatoires peuvent se présenter sous un troisième aspect : la membrane muqueuse gastro-intestinale paraît alors couverte de petits points rouges qui semblent résulter d'une injection partielle plus vive, comme dans l'inflammation des papilles de la langue, et plus rarement d'un léger épanchement sanguin très -circonscrit.
On rencontre principalement ces diverses colorations rouges au bas-fond de l'estomac et à sa grande courbure, vers ses orifices et sur les valvules intestinales. Constante dans l'inflammation aigur et récente, elles appartiennent également aux inflammations chroniques, et surtout à celles qui ont offert plusieurs retours à l'acuité. Leur nature ne peut être équivoque, lorsqu'elles coïncident avec d'autres altérations phlegmasiques ; mais, lorsqu'elles existent seules, il faut éviter de les confondre avec d'autres rougeurs dont nous allons parler. Lorsque, plusieurs heures avant la mort, le retour du sang veineux vers les cavités droites du cœur éprouve une gêne considérable par suite d'affections de cet organe ou des poumons ( anévrysme, pneumonie aiguë et chronique, asphyxie, etc. ), on trouve souvent les parois de l'estomac et de l'intestin plus ou moins injectées de sang. Morgagni assure qu'un obstacle au cours de ce fluide dans la veine -porte produit le même résultat. Dans le plus faible degré de cette injection mécanique, le tissu cellulaire sous-muqueux est parcouru par de grosses veines remplies de sang noir , qufi donnent un aspect marbré à la surface interne de l'estomac, et dessinent de nombreuses arborisations vasculaires dans les anses de l'intestin grêle. Portée à un plus haut point, cette injection imprime à la membrane muqueuse gastrointestinale une couleur rouge violacée et presque uniforme dans toute son étendue. Les vaisseaux capillaires qui rampent à la surface interne de l'estomac et de l'intestin grêle, sont remplis d'un sang noirâtre. Plusieurs fois nous avons trouvé des infiltrations sanguines, de véritables ecchymoses, dans le tissu cellulaire sous-muqueux, et même du sang épanché dans la cavité de ces viscères. Toutefois on ne doit pas oublier que ces colorations morbides par injection mécanique, loin de s'opposer an développement de la gastro-entérite, finissent par le provoquer, ainsi que l'a judicieusement observé M. Guersent,
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*>t comme le prouvent souvent, pendant la vie, les désordres fonctionnels des organes digestifs,et, après la mort, l'altération du mucus gastro-inlestinal, ou JVxistence simultanée de plusieuis autres lésions plilegmasiques.
A la suite d'une gastro- entérite aiguë qui a produit une désorganitation rapide, ou d'une inflammation clironique qui a amené à la longue le même résultat, la membrane muqueuse de l'estomac et de l'intestin grêle offre souvent une teinte brune plus ou moins foncée, disposée en points, en stries ou en plaques de grandeur variée. Portez da>ns l'estomac d'un animal un poison énergique, tel que l'acétate de cuivre, l'acide arsénieux , le deutochlorure de mercure, elc. , et vous trouverez quelquefois, ru bout d'une heure, la muqueuse d'un rouge cerise dans plusieurs points, d'un gris brunâtre dans quelques autres, ou présentant uniquement cette dernière teinte. D'un autre côté , les observations de M. Broussais attestent combien cette teinte brune est fréquente à la suite de la gastro -entérite chronique, et nous l'avons vue plusieurs fois coïncider avec le ramollissement de l'estomac ou de l'intestin grêle.
Le sang épanché ou accumulé dans les vaisseaux capillaires de l'estomac ou de l'intestin donne lieu à des teintes noires que d'anciens auteurs ont décrites sous le nom de gangrètie. M. Orfila a constaté que les petites taches noires observées à la surface de l'estomac, dans l'empoisonnement par le muriate d'étain, le sulfate de zinc , le garou , etc. , étaient formées par du sang veineux extravasé entre les membranes muqueuse et musculaire de ce viscère. Dans ses recherches sur îa gastro -entérite des nouveau-nés, M. Denis rapporte que deux fois seidement il a remarqué une douzaine de taches noires, ou plutôt de ces ecchymoses du tissu cellulaire sous-muqueux , à la sui'ff.ce interne de l'estomac fortement phlogosé; tandis qu'il n'est pas rare de voir l'injection inflammatoire de la membrane muqueuse de l'intestin grêleaccompagnée d'une foule d'ecchymoses noirâtres, situées sur les points correspondant à l'attache du mésentère. Enfin, ainsi que l'ont judicieusement observé Rœderer etWagler, on trouve aussi chez l'adulte de ces ecchymoses avec d'autres lésions phlegmasiques de la membrane muqueuse gastro-intestinale, et de petits points noirs épars à sa surface, qui ne sont très - probablement que les plus petites d'entre elles , ou des papilles extrêmement injectées.
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L;t membrane muqueuse de l'Intestin giéle est quelquefois couverte, dans l'étendue de plusieurs pieds , d'une outre espèce de petits points noirs qu'on peut assez justement comparer aux poils de la barbe récemment faits. Ces points, que nous avons observés surtout à la suite des gastzo-entérites chroniques, paraissent être formés par la matière des follicules muqueux sécrétée plus abondamment que dans l'état normal.
Après avoir exactement enlevé par le lavage les matières contenues dans l'estomac et l'intestin, on observe fréquemment dans les cadavres des individus succombés aux progrès de l'inflammation chronique de ces organes, que la membrane muqueuse qui revêt leur surface intérieure présente, au moins en quelques points, une teinte d'un gris ardoise ; disposition morbide qui n'a été bien connue que depuis les travaux de M. Eroussais et de ses élèves. On ne peut également se refuser à considérer comme un résulat de l'inflammation chronique les teintes d'un gris ver- (Idtre de la membrane muqueuse gastro-intestinale , puisqu'elles n'ont jamais été rencontrées qu'avec les pi'écédentes ou avec quelque autre altération phlegmasique de l'estomac et de l'intestin.
Enfin je dois rappeler que certaines substances ^' acides sulfurique, nitrique, bleu de composition, etc.) ingérées dans les organes digestifs, les enflamment et leur impriment , en se combinant avec leurs tissus , des teintes noires , jaunes , bleues, etc. ; et qu'une observation citée par M. Orfila tend à prouver qu'une forte infusion de coquelicot, prise pendant la vie, peut donner à l'œsophage, à l'estomac et à l'intestin grêle une couleur rouge assez solide pour résister, après la mort, à beaucoup de lotions répétées, et simuler une altération phlegmasique aux yeux d'un observateur superficiel.
§ II. L'altération des tuniques de l'estomac ou de l'intestin avec pâleur morbide de leurs membranes , indiquée par Th. Bonet, n'a réellement fixé l'attention des paîhologistes que depuis les nouvelles observations faltespar M. Guersent,à l'hôpital des Enfans. Il la regarde comme une maladie distincte des inflammations intestinales. Mais par cela seul qu'on aura trouvé les membranes de l'estomac et de l'intestin décolorées , presque transparentes , f.omrne macérées, ou réduites en un ramollissement tel qu'on peut les comparer à de la colle d'amidon , chez des enfans qui, ]>endant la vie, auront présenté les symptômes suivans : langue sèche, soif ardente, flux diarrhélqtie extrêmement abondant,
ventre tendu, ballonné, sonore ; éructations, nausées, vomisse mens précédés d'une toux sèche, etc.; faudra -t- il conclure que cette altération, souvent accompagnée de rougeurs morbides, est une maladie très-différente d<3 la gastro-entérite ? le mot inilammation entraîne- t-il nécessairement l'idée d'un tissu rouge ou injecté de sang? les ramolllssemens de l'estomac ou de l'intestin, les plaques gaufrées intestinales, dont. la nature phlegmasique n'est plus aujourd'hui contestée, ne présentent-elles pas, dans leur second état, une teinte d'an blanc mât? Si, d'un autre côté, l'excellent observateur dont je combats ici l'opinion, a reconnu lui-même que la diète la plus sévère, les boissons adoucissantes et gommeuses , les cataplasmes et les bains mucilagineux, les fomentations et les douches émollientcs, etc., étaient les seuls moyens propres à conibattre ou à prévenir cette altération, sa nature non-phlegmasique est-elle donc si rigoureusement établie? ne serait-ce pas plutôt une variété de la gastroentérite chronique ?
§ III. Rainollissenient. — Vaguement indiquée par Rœderer et Wagler , qui parlent d'intestins dissous et gangrenés; entrevue par M. Broussais, dans ses recherches sur les phlegmasies chroniques; signalée d'une manière moins équivoque dans les observations antérieures publiées par J. Hunter, Balme, MM. Chaussier, etc., cette altération n'est bien connue que depuis les travaux plus récens de iVIM. Jœger, Fleischmann , Lallemand, Cruveilhier, Louis, Denis, etc., qui l'ont étudiée sur les nouveau-nés , les enfans , les adultes et les vieillards. Le mécanisme du ramollissement de la peau au sommet des phlegmons érysipélatenx, celui de la cornée et. de la conjonctive à la suite de certaines ophthalmies chroniques, celui de la vessie, dans la cystile produite par les sondes introduites trop profondément et fixées dans sa cavité, seraient autant d'argumens en faveur de la nature phlegraasique de cette altération, lors même qu'elle ne serait pas établie par des observations plus directes. En effet, les causes du ramollissement de l'estomac et de l'intestin sont celles de la gastro - entérite. Il survient, le plus ordinairement, dans la plus tendre enfance , à l'époque du sevrage, au plus fort de la dentition, ou chez les enfans qui ont de mauvaises nourrices, ou dont l'allaitement artificiel est mal dirigé ; chez ceux qu'on a sevrés de trop bonne heure ou brusquement; qu'on nourrit d'alimens qui ne sont pas en rapport
avec la délicatesse des organes digestifs ; qu'on abandonne à leur voracité ; auxquels on administre des purgatifs de précaution pour les préserver des accidens de la dentition , des vers ou des glaires, etc. En outre M. Cruveilhier a observé cette maladie particulièrement dans les chaleurs du mois d'août et de septembre, et à une époque oîi il existait de- dévoiemens chez les adultes. Des expériences faites, dans ces derniers temps, sur les animaux vivans, démontrent également que le ramollissement gélatiniforme de la muqueuse peut s'opérer très -rapidement, pourvu que l'inflammation soit intense. Une demi -heure après que quelques grains de deuto - chlorure de mercure eurent été injectés dans l'estomac d'un chien, M. Brodie reconnut que la muqueuse gastrique de cet animal avait subi un ramollissement remarquable. Toutefois les observations que nous avons recueillies, celles rassemblées par les auteurs dont nous avons invoqué le témoignage, prouvent que ce mode de terminaison appartient spécialement aux gastro -entérites chroniques, qui, sous l'in^ fluence de certaines causes, ont passé à l'état aigu , et déterminé la mort. Très- rare chez le fœtus et le vieillard, fiéquent chez les nouveau-nés et les enfans à l'époque du sevrage, observé plusieurs fois chez les adultes, et spécialement sur les nouvelles accouchées, le ramollissement atteint indistinctement les individus des deux sexes.
La grosse extrémité de l'estomac est le plus souvent le siège principal de cette altération , probablement parce que cette partie du ventricule est pourvue dun plus grand nombre de ^aisseaux et de nerfs, et surtout parce qu'elle est le foyer le plus ordinaire des inflammations de ce viscère : néanmoins on peut renconlrei ces ramollissemens près du pylore et de la petite courbure de l'es tomac, dans l'intestin grêle, dans le gros intestin et même dan,>. la portion sus-diaphragmatique du canal intestinal. Si le ramollissement est superficiel et n'attaque que !a surface ou toute l'épaisseur de la membrane muqueuse gastro -intestinale, on découvre fréquemment dans le tissu cellulaire sous-muqueux des vaisseaux très-injectés. Mais quelquefois le ramollissement a lieu d'abord dans le tissu cellulaire sous-muqueux, et plus rarement encore dans celui interposé entre les autres membranes de l'estomac et de l'intestin. La matière ramollie paraît alors renfermée comme dan» une espèce de poche, et traversée dans plusieurs directions par des filamens vasculaires. Le ramollissement peut aussi s'étendre
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à toutes les tuniques de ces viscères, dont les parois se déchirent par la plus petite traction , ou se réduisent en une sorte de pulpe par le plus léger frottement entre les doigts : disposition qui amène \es perforations ài\.e?, spontanées, qu'on observe plus fréquemment dans l'estomac que dans tout autre point de la portion sous -diaphragmatique du canal intestinal. Dans quelques cas rares, on a même vu une partie voisine du mésentère ou des épiploons être également ramollie. Cette altération affecte des teintes et des dimensions variées. Circulaire ou ovale, blanche ou fauve, brune ou rouge, très-injectée ou privée de sang, elle peut encore se présenter sous d'autres aspects. Tantôt l'estomac a subi le ramollissement gélatiniforme dans les trois quarts de sa portion splénique, devenue demi-transparente et séparée par une ligne bien dessinée de la portion pylorique restée saine : souvent aussi nous avons trouvé le grand cul-de-sac de l'estomac et une anse plus ou moins considérable de l'intestin grêle convertis en une matière gélatiniforme assez analogue aux tissus à peine ébauchés de l'embryon : plus rarement les membranes muqueuse , cellulaire et musculaire du tube digestif étaient converties en une espèce de matière tout- à -fait semblable à une solution épaisse de colle de Flandre. La membrane péritonéale seule conservait quelquefois sa texture , ou n'était altérée que dans une très-petite étendue : les autres membranes paraissaient confondues les unes avec les autres, et offraient une épaisseur double de celle de l'état normal.
L'examen d'un grand nombre de cadavres qui présentaient ce mode de terminaison de l'inflammation des organes digestifs, et l'étude comparative des divers ramollissemens observés sur un même individu, m'ont conduit à penser, avec plusieurs auteurs, que les nuances de cette altération devaient être rattachées à des époques différentes de son développement. Il paraîtrait qu'à son début, la membrane Tauqncuiie se gonjle et rougit, et qu'une semblable tuméfaction avec rougeur existe dans les couches cellulaires subjacentes; disposition qu'on retrouve constamment à la circonférence des ramollissemens développés sur une membrane saine, et parvenus au plus haut degré, mais <ju'on n'aperçoit pas lorsqu'ils se sont formés dans les parois des organes digestifs altérés et décolorés à la suite d'une inflrammatiou chi'onique. La durée de ce premier degré du ramollissement est extrêmement variable. L'injection sanguine
dispar.ilt ensuite progressivement, à partir du centre de la surface épaissie et injectée ; mais la tuméfaction persiste , augmente même dans quelques cas , au fur et à mesure que le sang paraît se retirer. Les parties prennent une demi- transparence, et semblent quelquefois, au premier coup d'œil , dépourvues de sang. Par la pression , on en fait ordinairement sortir un peu de sérosité, et on trouve, dans la matière ramollie, de petits })oints bruns qui semblent être du sang altéré. Le point le plus épaissi, le plus infiltré, et qui est communément le plus dépourvu de sang, acquiert bientôt une mollesse diffluente. Si on enlève avec le manche d'un scalpel la substance ramollie, ou si elle s'est détachée j)endant la vie, la muqueuse qui cerne cette altération forme un bord irrégulier, découpé en dentelures inégales sur plusieurs points , plus épais et coupé à pic dans quelques autres, et quelquefois garni de franges comme filamenteuses. Suivant que ce ramollissement est plus ou moins profond, l'ulcération qui lui succède met à découvert la couche cellulaire sous-muqueuse, réduite en une espèce de duvet mollasse ^ la membrane muqueuse décolorée et ramollie, ou ses fibres disjointes, converties en une substance gélatinlforme, toutà-fait méconnaissables ou comme macérées ; enfin la membrane péritonéale : et si cette dei'nière elle-même est ramollie , il peut exister une ou plusieurs perforations.
Diverses teintes morbides inflammatoires de la muqueuse gastro-intestinale, ou d'autres aJtérations phlegmasiques, telles que des pustules, des planues gaufrées, des ulcères et des indurations blanches partielles accompagnent toujours le z'ainoUissement, dont elles auraient certainement décelé la nature aux premiers observateurs, s'ils avaient été j)lus attentifs dans leurs recherches anatomiques. J. Hunter n'aurait pas alors attribué le ramollissement, l'érosion et même la perforation de l'estomac à l'action dissolvante du suc gastrique, après la mort; cette étrange hypothèse , victorieusement réfutée par MM. Chaussier, Broussals, etc., n'aurait pas été adoptée par Math. Eaillle, Alph. Leroy, Jos. Adams; d'autres n'auraient pas admis , avec M. le professeur Chaussier , une irritation spéciale et primilive des solides, augmentée peut-être par l'ichor qui s'écoule des surfaces d'abord enflammées, puis ulcérées; ou avec Jœger, que cette alléraiion était ùue à une quantité excessive d'acide acétique libre, sécrétée par l'estomac : plusieurs médecins allemands
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ne l'auraient pas considérée, avec Fleischmann, comme une gangrène humide; et M. Cruveilhier n'eût pas invoqué un moâe spécial d'irritation, en ajoutant que ce mot n'offrait pas de sens précis et déterminé. C'était encore à M. Broussais qu'il était réservé de prouver le premier, dans son Examen des doctrines , que le ramollissement gélatiniforme n'était qu'un mode de terminaison de l'inflammation des organes digestifs. Son opinion, fondée sur l'étiologie de cette altération, sur l'expression physiologique qui lui était généralement assignée, sur un judicieux rapprochement des lésions intestinales concomitantes, sur les heureux effets du régime et du traitement antiphlogistiques , est aujourd'hui presque généralement adoptée par les pathologistes français.
§ IV. \! amincissement des parois du canal intestinal, décrit d'abord par M. Scoutetten, et depuis par M. Louis, est une autre disposition morbide qu'on rencontre plus ordinairement vers le bas-fond de l'estomac, et plus rarement dans l'intestin grêle enflammé. Alors la membrane muqueuse est d'un blanc grisâtre, d'un gris sale, ou de couleur lie de vin, et peut être facilement détruite avec l'ongle, ou semble réduite en une sorte de bouillie. Souvent elle présente des sillons étroits et superficiels dans la direction des vaisseaux qui sont ou paraissent être devenus variqueux. Ces vaisseaux , bleus quand ils sont pleins , bruns? quand ils sont vides, forment souvent par leur réunion des plaques brunes» violettes ou noires , et des réseaux qui étonnent par leur disposition singulièrement compliquée. L'amincissement peut s'étendre jusqu'aux membranes musculaire et péritonéale de l'intestin, de telle manière que le centre de la partie amincie des trois tuniques offre à peine l'épaisseur d'une pelure d'ognon. Quelquefois même on y Tems.TC[u.e une peiforation , dont les bords , non frangés et excessivement minces , peuvent être adhérens aux parties voisines. Les plaques grises ardoisées ou rouges, situées autour des surfaces amincies de l'estomac ou de l'intestin, l'existence simultanée de quelques autres lésions phlegmasiques de ces viscères, ne permettent pas de douler de la nature de l'affection à laquelle cet amincissement doit être attribué.
§ V. Epaiasissement. — La membrane muqueuse des organes digestifs enflammée acquiert le plus souvent une épaisseur supérieure à celle de son état normal. Ces épaississemens morbides peij-
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vent être circonscrits, présenter des dimensions consid«^rables, ou s'étendre à la totalité de l'intestin, ainsi que M. Huilier en a vu un exemple. Ils sont très-marqués dans les inflammations chroniques, à la suite desquelles la membrane muqueuse peut présenter une épaisseur égale à celle qu'offrent primitivement les quatre tuniques de l'intestin. L'épaississement circonscrit de la muqueuse gastro- intestinale a été noté par tous ceux qui ont étudié ses phlegmasies, et en particulier par MM. Prost, Petit, Serres, Broussais, etc. Il se montre sous la forme de plaques de dimensions variées, arrondies ou oblongues, faisant, au-dessous du reste de la face interne du canal intestinal , une saillie de deux ou trois lignes. La surface de ces plaques est lisse ou rugueuse, leur circonférence parfaitement blanche et transparente, ou plus ou moins vivement injectée. Les plus grandes de ces plaques ont au moins l'étendue d'une pièce de cinq francs, et les plus petites la largeur d'une pièce de dix sous. Cet épaississement s'étend quelquefois à toute l'épaisseur de l'intestin grêle , qui offre à sa surface externe des taches elliptiques plus ou moins rapprochées, répondant à des plaques intérieures de même couleur et de même forme. Autour de plusieurs de ces plaques, on trouve quelquefois des granulations formées par le développement de quelques follicules muqueux ou d'éruptions papuleuses. La membrane muqueuse qui couvre ces plaques, den^e et indurée, adhère plus fortement aux tuniques celluleuse et musculaire , et résiste sous le scalpel, à la manière d'un tissu fibreux. Très - rares dans l'estomac, plus communs dans le gros intestin, et surtout dans le colon transverse, ces épaississemens partiels sont plus fréquens encore dans la portion inférieure de l'intestin grêle, où nous avons pu en compter environ une cincjuantaine chez quelques sujets. Plusieurs d'entre elles affectent la forme de bandelettes. Les unes sont rouges , et paraissent être de formation récente, ou être devenues le siège d'une nouvelle inflammation; les autres, d'un blanc plus mât que le reste de la membrane muqueuse, sans doute produites par une ancienne phlegraasie, présentent quelquefois un aspect particulier, qui, dans ces derniers temps, leur a fait donner le nom de plaques gaufrées. L'épaississement appartient donc à la fois à l'inflammation aiguë ou chronique, et plus particulièrement à cette dernière.
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§ VI. Diminution ou augmentation du calibre de l'estomac et de l'intestin. — La diminution partielle ou totale du calibre de l'estomac et de l'intestin grêle peut être le résultat d'une contraction, d'un resserrement des parois de ces viscères, ou d'un rétrécissement ■^\\\9, oumova?, considérable. Dans !e premier cas, l'insufflation rend à ces organes leurs dimensions normales , ce qui n'a pas lieu, au moins complètement, dans le second. M. Broussais ( Phleg. car., tome II, Obs. 19, p. 5 14) rapporte que, dans un cas de gastrite chronique, l'estomac était tellement rétréci, qu'il parut sans aucune cavité. A la suite d'une gastro-entérite, M. Tartra a trouvé le canal digestif réduit à un si petit volume, qu'on l'aurait, pour ainsi dire, tenu dans le creux de la main, et qu'il n'avait, dans toute sa longueur, que le calibre à' un tuyau de plume : sa cavité, en grande partie desséchée, offrait une oblitération presque absolue; et l'estomac, en particulier, avait à peine les dimensions de l'intestin grêle. Nous n'avons jamais vu le rétrécissement porté à, un aussi haut degré; mais il est certain que des réti'écissemens moins considérables sont une disj)Osition très -fréquente dans la gastro-entérite aiguë, et surtout dans la gastro-enlérite chronique. Les rétrécissemens partiels des orifices cardiaque et pyloriquc de l'estomac et de quelques points de l'intestin grêle , ordinairement produits par l'induration des parties correspondantes des membranes de ces viscères, sont quelquefois la conséquence du développement de certains tissus accidentels. A la suite d'un rétrécissement considérable, d'une oblitération plus ou moins complète du calibre de l'intestin , d'un étranglement, etc., la portion du canal digestif, située au-dessus de l'obstacle, distendue par des corps solides ou gazeux, présente ordinairement des dimensions supérieures à celles de l'état normal. L'estomac et l'intestin paraissent également plus volumineux lorsque la gastro-entérite est accompagnée, pendant la vie ou après la mort, du dégagement d'une très-grande quantité de gaz, dans la cavité de ces viscères. Voyez pneumatose.
§. VII. Pustules. Les 'mï[AmmaiX\ons pustuleuses , si nombreuses et si variées à la peau , se retrouvent également dans les organes digestifs. Après l'injection phlegmasique de la membrane muqueuse , c'est même l'altération le plus fréquemment observée chez les nouveau-nés. Indiquées sous le nom de pustules, comme varioliques , par Lccat, Ilcvson, Pringle, Lieu-
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faud, etc.; signalées par MM. Serres et Petit, qui ont évité ce rapprochement; décrites comme une maladie nouvelle par M. Cruveilhier, qui l'a reproduit; elles ont été bien étudiées par M. Andral chez les adultes, et mieux encore par MM. Breschet et Denis sur les nouveau-nés. Communément elles occupent la portion splénique de l'estomac, quelquefois la totalité de l'intestin grêie,et plus rarement le grosintestin. Elles apparaissent souvent à travers les parois de ces viscères sous la forme de taches jaunâtres. Leur nombre, dans un seul estomac, peut être borné à deux ou trois, ou s'élever jusqu'à quatre-vingts. J'en ai quelquefois rencontré un très-grand nombre dans l'intestin grêle. Rarement isolées, elles sont le plus ordinairement groupées sur la membrane muqueuse, qui est tantôt rouge ou à peine injectée dans les intervalles qu'elles laissent entre elles. Examinées à l'œil nu, ou mieux avec une bonne loupe , lors de leur formation, elles^ se montrent sous la forme de pustules blanchâtres ou jaunâtres, lenticulaires, déprimées à leur sommet, ayant d'un sixième de ligne à une ligne de diamètre. Au premier coup d'œil, on les prendrait pour le produit d'un épaississement local très -circonscrit ; mais, en les incisant, on en fait sortir quelques gouttes d'un fluide blanc - jaunâtre et opaque, silué dans l'épaisseur même de la tunique muqueuse, ou entre cette dernièi'e et la musculeuse. Le centre de ces pustules est quelquefois rompu ; et , lorsqu'elles sont vidées ,, le bord circulaire de l'ouverture parait coupé à pic. Ces petites ulcérations, qui conservent la teinte jaune que le pus leur avait communiquée, ont ordinairement depuis une jusqu'à deux lignes et demie de diamètre , et leurs bords sont minces et souvent décollés; enfin, suivant que l'inflammation ulcérative a fait plus ou moins de progrès en profondeur , les membranes celluleuses , musculaires et péritonéalesde l'estomac ou de l'intestin, peuvent être successivement détruites.
Déjà plusieurs variétés de pustules intestinales ont été signalées ; les unes (apipeïves Juroncles ou exanthème interne, par M. Lerminicr), à base large, d'une teinte ronge -cerise, terminés par un sommet pointu , se développent spécialement dans l'épaisseur de la membrane interne du colon , qui , dans ce cas, est ordinairement peu injectée. Les autres paraissent être de véritables pustules varioliques, et ont été observées, par Lieutaud et plusieurs médecins anatomistes , à la surface in-
terne de l'estomac et de Tintestin, dans des cas mortels de variole
confluente.
§ VIII. Vésicules. — Quelquefois il se forme des vésicules dans plusieurs points de la membrane muqueuse gastro-intestinale enflammée. Leurs dimensions -varient, depuis celles d'un grain de chènevis jusqu'à celles d'une noisette. Ces vésicules ne tardent pas à se rompre; la sérosité qu'elles contiennent s'écoule et met à nu une petite ulcération qui s'étend en largeur et en profondeur. Cette forme de l'inflammation constitue les aphthes; elle est souvent accompagnée d'une exsudation crémeuse. Rares chez les nouveau-nés, ces vésicules ne se manifestent guère, à cet âge, que sur-Ies lèvres, et plus particulièrement vers leur commissure. Fréquentes, chez les enfans, à l'époque de la deuxième dentition . on les observe chez les adultes , et surtout chez les femmes pendant la grossesse ou à la suite des couches. Presque toujours le développement de ces vésicules est borné à la portion sus-diaphragmatique du canal intestinal ,. et leur existence n'a été que très- rarement constatée dans l'estomac et l'intestin, qui présentent d'autres formes ou d'autres terminaisons de l'inflammation. Aussi, Rœderer, Wagler et Ketelaer, etc., qui paraissent avoir observé ces vésicules fréquemment dans la bouche, rarement dans le pharynx et l'œsophage , ne disent point les avoir rencontrées dans les autres parties du canal intestinal, ( Vo;fez aphthes et fièvre muqueuse. ) Je regarde en outre comme une disposition morbide très-rare le développement de bulles ou. phlrctènes que M. Gilibert dit avoir constaté à la surface interne de l'estomac et de l'intestin grêle, dans les gastro-entérites qui accompagnent ordinairement le pemphigus. Voyez pemphigus.
§ IX. Papules. — Les granulations miliaires décrites par quelques auteurs, les élevures dont parle Lieutaud , la fièvre entéro-mésentérique boutonneuse , dont M. Petit rapporte trois observations, ne seraient-elles pas des inflammations papuleuses analogues à celles qu'on observe à la peau ? Nous croyons avoir quelquefois rencontré, dans diverses portions de l'intestin grêle, de semblables papules, faciles à leconnaître en promenant le doigt sur la surface interne de cet organe. Leur semitransparence , leur densité , les distinguaient des tubercules proprement dits, qui sont mous et opaques. Elles se développent, en outre, dans le tissu même de la muqueuse, cl non
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au-dessous, comnie les tubercules, ainsi qu'il est facile de s'en convaincre en isolant cette membrane avec laquelle elles s'enlèvent. Ces papules sont disposées en petites traînées , ou plus clair-semées à la surface de la membrane muqueuse dont la teinte est quelquefois d'un rose pâle. Plusieurs anatomistes attribuent les plaques gaufrées , dont nous avons parlé, à la réunion d'un grand nombre de ces papules , dans un petit espace.
§ X. Exsudation memhraniforme . — Ce mode de terminaison de l'inflammation des membranes muqueuses de l'estomac et de l'intestin est un des plus rares. Les exsudations couenneuses se présentent tantôt sous la forme d'une couche membraneuse accolée à la surface interne de l'intestin dont elle revêt toute la circonférence, ou sous l'aspect de plaques ou de bandelettes plus ou moins nombreuses, au-dessous desquelles on trouve la membrane muqueuse de ces viscères rouge et enflammée , tandis qu'elle conserve quelquefois sa couleur normale dans leurs intervalles. Plus ou moins adhérentes à la membrane qui leur est conliguë, elles sont molles, minces, jaunes ou jaunâtres, et ne nous ont jamais présenté de prolongemens vasculaires qui annonçassent une organisation commençante. Elles peuvent être expulsées par le vomissement, rendues avec les selles, et peutêtre résorbées; mais j'ai peine à croire qu'elles contractent jamais entre elles des adhérences comme les fausses membranes des séreuses , et qu'elles puissent donner lieu, ainsi que quelques auteurs l'ont supposé, à des oblitérations partielles de l'intestin. Dans ses recherches sur la gasfro- entérite des enfans nouveaunés, M. Denis a plusieurs fois rencontré de ces productions couenneuses à l'extrémité inférieure du petit intestin, dans le cœcum et le colon; et il est peu d'anatomistes qui ne les aient vues dans l'estomac enflammé chez l'adulte. M. Broussais, en particulier ( Phleg. chr. , tome II, page ^487, troisième édition) , a rapporté un cas très-remarquable de gastrite aiguë, imitant la fièvre ataxique intermittente, dans lequel il a constaté l'existence d'une exsudation membraniforme très -blanche et très -solide, étendue à la surface de la merrtbrane muqueuse gastro- intestinale, à laquelle elle adhérait assez fortement depuis le cardia jusqu'à l'anus. M. Rullier a vu un cas à peu près semblable. Dans une autre observation de gastrite aiguë compliquée d'arachnoïdite et d'apoplexie. M. Rroiissais ( ouvrage cité, tome II, page 5o4), a également trouvé la muqucubc de l'es-
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tomac d'un rouge foncé, épaissie, désorganisée, et revêtue, dan» quelques points, d'une exsudation blanche, ferme et membraneuse. M. Andrai fils a vu la surface interne de la portion pylorique du ventricule tapissée par une couche membraniforme grisâtre, tenaôe, s'enievant par lambeaux, et simplement apposée sur la muqueuse , dont elle avait au moins l'épaisseur. Enfin M. Guersent et M. Louis ont rencontré de ces exsudations membraniformes dans les estomacs enflammés d'enfans ou d'adultes qui avalent succombé aux progrès du croup ou de l'angine couenneuse; et s'il est constant que, dans certaines épidémies d'angines pharyngienne et laryngée , l'inflammation affecle plus fréquemment le mode de terminaison par exsudation membraneuse que dans d'autres conditions, il nous paraît aussi que celte circonstance fut un des caractères particuliers de l'épidémie de gastroentérite qui régna à jVaples en 1764, et dont Sarcone a donné la description. Voyez fièvre muqueuse.
§ XI. On a également observé dans les inflammations de la portion sous-diaphragmalique du canal alimentaire le mode de terminaison de l'inflammation du pharynx , auquel M. Guersent a donné le nom d'angine crrineuse. Beaucoup plus fréquente chez les enfans que chez l'adulte et le vieillard, cette sécrétion morbide a fixé l'attention de M. Breschet et de M. Denis, son élève, qui en ont donné une bonne description. L'exsudation crémeuse se rencontre le plus souvent dans l'extrémité supérieure de l'intestin grêle ; l'estomac l'offre plus rarement : dans cette forme de l'inflammation comme dans toutes les autres, la portion splénique de ce viscère est le plus fréquemment affectée. Au premier abord , les personnes peu habituées aux recherches anatoraiques pourraient penser que cette couche crémeuse , assez adhérente à la membrane muqueuse qu'elle recouvre , n'est que du lait caillé concrète à sa surface; erreur d'autant plus facile, que la rougeur morbide de la membrane couverte de cet enduit, d'abord assez prononcée , diminue progressivement au fur et à mesure que l'inflammation i)asse à l'état chronique. Souvent accumulée sous forme de grumeaux, cette matière simule sur les parois de l'intestin une couclie blanche, ])lus ou moins consistante, qu'on peut parfois enlever sous forme de lambeaux membraneux. Examinée par M. Denis et mise en contact avec quelques réactifs , elle a paru être principalement composée d'albumine. Si on lave soigneusement une portion de membrane muqueuse de l'estcmac
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ou de l'intestin enduite de cette exsudation, elle devient souvent d'un blanc raat très-remarquable. Cette pâleur de la membrane muqueuse, suite de la continuité de l'irritation, annonce une altération de texture qui, si elle est large et profonde, est constamment incurable. Souvent la membrane muqueuse paraît être parsemée dune foule de petits points blancs, dont on peut, par la pression , faire suinter une substance pareille à la matière crémeuse; circonstance qui porterait à croire que les follicules sont le siège spécial de cette phlegraasie. L'exsudation crémeuse se rencontre quelquefois dans un même cadavre avec d'autres terminaisons de l'inflammation, telle que le ramollissement, les ulcérations , les plaques gaufrées , etc.
Un article particulier devant être consacré , dans ce Dictionnaire, à la variété de l'inflammation de la portion sus-diaphra»roatique du canal intestinal, connu sous le nom de muguet , je me bornerai à remarquer ici qu'une semblable phlegrnasie , avec exsudation de matière pultacée et lenticulaire, a été plusieurs fois rencontrée chez les enfans, vers la fin du jéjunum ou dans le gros intestin.
§ XII. LHcérations. — Cette altération phlegmasique, bien connue des médecins analomistes, spécialement étudiée dans ces derniers temps par MM. Jules Cloquet, Abercrombie, Andral, etc., peut se développer dans toutes les portions du canal intestinal , depuis le cardia jusqu'à l'anus. Rares dans l'estomac e-t dans le jéjunum, beaucoup plus rares encore dans le duodénum, ces ulcérations sont très -communément observées dans le tiers -inférieur de l'intestin grêle. Suivant M. Scoutetten , les ulcéi-aticns de l'estomac naissent plus particulièrement vers le cardia et le pylore; tandis que l'amincissement s'opère, le plus souvent, vers le bas-fond de ce viscère. Le nombre des ulcérations est presque toujours multiple, si ce n'est dans l'estomac, où l'on n'en observe ordinairement fju'une ou deux. Séparées constamment par de grands intervalles dans la partie supérieure de l'intestin grêle, beaucoup plus rapprochées dans sa partie inférieure , elles se touchent et se confondent souvent près de la valvule iléo-cœcale, de manière à ne plus former qu'une large ulcération dont la surface et les bords sont irréguliers. Ces ulcérations succèdent aux plaques rouges circonscrites , aux pustules , au ramollissement, etc., et sont quelquefois aussi le résultat de la chute a'escarres de la membrane muqueuse gangrenée. Lorsqu'elles s'établissent sur
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les phuiues rouges, et qu'elles n'en ont pas envahi toute la surface , elles apparaissenl entourées d'un cercle rouge plus ou moins étendu; si l'ulcération a détruit toute la plafjue , la muqueuse parait blanche à toute leur circonférence, comme elle l'était autour des plaques elles-mêmes; disposition qu'il est devenu important de noter depuis que la blancheur parfaite du pourtour de certaines ulcérations a fait penser à quelques modernes qu'elles pouvaient naître sans inflammation préalable. Leur grandeur est extrêmement variable. Il en est d'assez petites pour admettre à peine la tête d'une épingle ordinaire ; d'autres ont plusieurs pouces de diamètre en tout sens, occupent tout le pourtour d'un anse d'intestin, ou de larges surfaces dans l'estomac ou le cœcum. Les unes sont oblongues , et offient leur {)lus grand diamètre selon la longueur ou la largeur de l'intestin ; les autres sont circulaires ou linéaires. Leurs bords rouges, épais, élevés de deux a trois lignes au-dessus du fond de l'ulcère, ou blancs, minces et presque de niveau avec sa suiface , paraissent souvent irrégulièrement découpés, et présentent des franges nombreuses qui s'avancent de leur circonférence vers leur centre. La membrane muqueuse , souvent décollée dans une étendue plus ou moins considérable autour de ces ulcères, est quelquefois entièrement séparée du tissu cellulaire sous jacent , lorsque les ulcérations sont très-nombreuses et très-rapprochées les unes des autres.
Si l'ulcération est récente et survenue à la suite d'une pustule, le fond en est souvent occupé par du tissu lamineux , blanc comme dans l'état normal ; mais , lorsqu'elle est plus ancienne, le tissu cellulaire devient ronge, inégal et granulé, acquiert ordinairement une épaisseur assez considérable, et peut même présenter une couleur grise ou brune, ou prendre une teinte tout-à-fait noire. Les progrès de l'inflammation ontils été plus considérables, le fond de l'ulcération est alors formé par la membrane musculaire, qui se ramollit, devient rouge ou grisâtre, et se détruit à son tour, laissant à nu la membrane péritonéale. Dans quelques cas , on a pu presque suivre de l'œil la destruction des tuniques , de dedans en dehors, et du centre de l'ulcération vers sa circonférence. L'ulcère présente alors comme plusieurs cercles concentriques. Le premier, le plus éloigné du centre, est formé parla muqueuse ràince ou épaissie, rouge ou décolorée; le second, plus intérieur, par le tissu lamineux enflammé; le troisième, encore
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plus rapproché du centre, par la tunique charnue : enlin, au centre lui-même, la membrane péritonéale paraît mince el transparente, et queUpiefois perforée. Plus rarement ces ulcères iont disposés de telle manière, qu'ils semblent être produits \>Ar un emporte-pièce ; disposition bien décrite par M. Gérard, et observée depuis par plusieurs médecins anatomistes.
Quelques auteurs ont pensé que la plus grande fréquence des ulcérations dans la piirtie inférieure de l'iléon était en rapport avec un plus grand nombre de follicules dans cette partie; ils ignoraient sans doute que le duodénum , garni de follicules extrêmement nombreux, gros et très-apparens , était cependant une des divisions de l'intestin où les ulcérations sont le plus rares. Cette particularité me paraît plutôt être la conséquence du développement plus fréquent de l'inflammation pustuleuse dans l'extrémité cœcale de l'intestin grêle.
MM. Serres et Petit assurent avoir reconnu, cliez deux malades dont ils rapportent l'histoire ( Obs. 63 et 64 ), des ulcérations intestinales cicatrisées. Ils décrivent même les divers changemens qui arrivent successivement dans les ulcères avant leur cicatrisation complète; et M. Broussais a fait depuis de semblables observations. Dans le lieu que ces ulcérations avaient occupé, on ne distingue plus alors, sur la membrane muqueuse, qu'une ligne grisâtre, dont la longueur indique leurs anciennes limites, décelées, en outre, par un léger froncement de la membrane péritonéale. Quelques auteurs affii'ment également avoir observé, après l'action des poisons corrosifs, des perles de substances de la membrane muqueuse gastro-intestinale entièrement cicatrisées.
§ XIII. Inflammation du tissu cellulaire sous-muqueux. — Non-seulement le tissu cellulaire interposé entre les tuniques de l'estomac et de l'intestin s'enflamme à la suite des ramollissemens, des ulcérations, etc., mais encore, lors même que la membrane muqueuse qui le recouvre est intacte. Quelquefois on trouve ce tissu assez fortement injecté , offrant le plus souvent une certaine fragilité que ne permet pas de détacher la membrane muqueuse dans l'étendue de plusieurs pouces, sans le déchirer. Lorsque l'inflammation du tissu cellulaire sous-muqueux s'est terminée par suppuration, une sérosité purulente, infiltrée dans ses mailles ou ses aréoles, forme une foule de petits foyers dans les points où l'irritation a été la plus vive. Le pus peut
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même se ramasser en quaiitlt'" plus considérable, constituer de véritables abcès, le plus souvent sous -muqueux. Dans un cas rapporté par M. Andral tîis, un semblable abcès, forme par un liquide blanc, inodore, de consistance crémeuse, offrant toutes les qualités du pus dit de bonne nature , était situé à deux travers de doigt au-dessous du pylore; il apparaissait sous la forme d'une tumeur molle fluctuante, de la grosseur d'une cerise; soulevait la muqueuse non enflammée, et faisait saillie dans la cavité de l'intestin. Si quelques observations intitulées Abcès formés dans l'estomac et rendus par le vomissement , sont exactes, elles doivent être rattachées, sans doute, à ces abcès sous- muqueux , assez fréquens dans d'autres points du canal intestinal, et , en particulier , à l'extrémité du rectum. Dans les gastro-entérites chroniques , le tissu cellulaire sousmuqueux, plus dense et d'une dureté comme squirrheuse, ou ramolli et comme pulpeux, surpasse queîijuefols en épaisseur celles de toutes les membranes intestinales réunies.
§ XIV. Emphysème du tissu cellulaire sous - muqueux. — Déjà Rœderer et Wagler, J. Hunter, Bailiie, ' etc., avaient noté que, dans les inflammations gastro-intestinales, la tunique cellulaire, intermédiaire aux antres membranes, était quelquefois distendue par un air raréfié, lorsque de nouvelles observations sont venues confirmer l'existence de ces emphysèmes. M. Laennec a rapporté un cas semblable d'emphysème très -étendu , occupant plusieurs parties du tissu cellulaire sous - muqueux d'un intestin qui offrait de larges ulcérations tuberculeuses. J'ai vu plusieurs fois de ces emphysèmes, entourés ou avoisinés par des lésions phlegmasiques , dans un assez crrand nombre de cadavres d'individus qui avaient sTiccombé à la gastro- entérite simple ou compliquée. La membrane muqueuse apparaissait soulevée par un fluide élastique , dont la nature n'a pas encore été constatée, et formait des bosselures inégales de plusieurs lignes de hauteur. Ce gaz, comprimé, passait dans les cellules voisines , les distendait de la même manière, et s'échappait rarement par une simple incision de la membrane muqu3use. Il n'est point le résultat de la putréfaction, ainsi que quelques auteurs l'ont pensé. M. Scoutetten l'a rencontré dans un cadavre ouvert six heures après la mort, et n'a jamais pu le produire en faisant putréfier l'estomac ou l'intestin. Ces emphysèmes me paraissent devoir être rapprochés de ceux qui
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ont lieu sous la peau dans quelques plilegmasies aiguës de cette membrane. Enfin , Baillie assure avoir trouvé de Vair, ou plutôt un fluide élastique dans les a aisseaux de l'intestin; disposition fréquemment observée dans les artérioles ou les vénules des méninges, lors des inflammations cérébrales.
§ XV. OEdèine du tissu cellulaire sous-muqueux. — Depuis qr'on apporte plus d'exactitude dans les reclierches d'anatomie pathologique, on a plusieurs fois observé un œdème circonscrit dans le tissu cellulaire sous-muqueux , chez des individus qui ont succombé à des gastro- entérites chroniques. L'emphysème, dont nous avons parlé dans le paragraphe précédent, appartient, au contraire, plus spécialement à la gastro-entérite aiguë.
§ XVI. Gangrène. — Aujourd'hui que la rareté de cette tei'minaison de la gastro -entérite est incontestablement établie, il est permis de supposer que si M. Broussais assure qu'il a souvent observé le sphacèle des intestins à la suite de leur inflammation, c'est qu'il s'en est laissé imposer par certaines colorations noires ou brunes, non gangreneuses. Comme les anciens auteurs d'anatomie pathologique, il n"a pas rigoureusement assigné les caractères de la gangrène ; et c'est un nouveau motif pour ne pas admettre son opinion d'une manière absolue. Très-rare dans l'estomac, hors les cas d'empoisonnement, la gangrène est plus fréquente dans le cœcum et l'intestin grêle. Dans ses recherches sur la gastroenlérite de nouveau-nés, M. Denis l'a observée une seule fois dans l'estomac, et cinq à six fois dans l'extrémité inférieure de l'iléoii. La portion gangrenée est d'une couleur noire , livide, ou d'un brun foncé, et répand une odeur de putréfaction. Elle se déchire facilement sous le doigt, et semble macérée par un fluide de couleur lie de vin. Si la gangrène n'intéresse que la membrane muqiieuse, elle apparaît quelquefois sous la forme d'escarres superficielles, libres ou adhérentes par un mince pédicule, et au- dessous desquelles le tissu lamineux enflammé s'ulcère , s'il n'est pas ultérieurement détruit par les progrès du mal qui peut même s'étendre à toutes les tuniques de l'estomac ou de l'intestin, entraîner une perfoiation , une péritonite consécutive , etc. Certains poisons corrosifs impriment aux escarres une couleur particulière don! il sera fait mention dans quelques autres articles, ^'o^ez empoisonnement, poisons.
§ XVII, Perforations. — Si les perforations de l'estomac et de l'intestin peuvent être le résultat d'une lésion physique
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(voyez nicHiRUKE, rupture, corps étranger», etc.), il est constant aussi qu'elles sont le plus ordinairement la suite d'une inflammation qui a détruit toute l'épaisseur de leurs parois. Ces perforations, uniques on multiples, survenues à la suite des phlegmasies gastro-inlestinales , se présentent sous cinq formes principales : i° le plus ordinairement elles ont lieu dans la cavité du péritoine, ainsi qu'il conste des observations rapportées par Stoll, MM. Chaussier, Gérard, etc.; les matières liquides ou solides contenues dans l'estomac et l'intestin , quelquefois des vers intestinaux, pénètrent dans la cavité du péritoine, y déterminent une inflammation qui , sous le rapport de sa marche , de sa durée et de ses symptômes , offre de nombreuses différences individuelles. On a cité, il est vrai, quelques exemples de semblables perforations de l'estomac et de l'intestin sans péritonite concomitante ; mais on a négligé d'établir qu'elles n'avaient pas été produites après la mort, par le développement d'une grande quantité de gaz dans le canal intestinal atteint de ramollissement , ou par la maladresse de l'anatomiste. a" Plusieurs médecins, et en particulier M. le professeur Chaussier, ont vu, dans d'autres cas, la rate, le foie ou le pancréas exactement appliqués contre l'estomac perforé, s'opposer à tout épancheraent, ou bien encore les perforations s'ouvrir entre les deux lames du mésentère, hors de la cavité de la membrane péritonéale. 3° Tantôt, au contraire, une communication s'est formée entre l'estomac ou l'intestin et une autre partie de ce conduit. C'est ainsi qu'on a vu une semblable communication établie entre l'arc du Qolon et l'estomac, être accompagnée pendant la vie, de vomissemens de matières fécales. 4° Willis, Van-Swieten , M. le professeur Chaussier, etc., ont trouvé le diaphragme détruit dans un point correspondant à une perforation de l'estomac qui s'ouvrait par une large ouverture dans la cavité de la plèvre. 5° Enfin, un autre mode de communication peut s'établir entre le tube digestif et l'extérieur, des adhérences se former entre l'estomac ou l'intestin perforés et les parois abdominales, sans qu'aucun épanchement puisse avoir lieu dans le péritoine. C'est ainsi qu'on a vu un couteau avalé sortir par un abcès à l'épigastre (Obs. de Diemerbroeck, de M. Paul Dubois) , des abcès, et plus tard des fistules, se manifester dans les régions épigastrique, ombilicale (Wenker, Corvisart), lombaire, iliaque, etc.
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§ XVIII. Vi'gètations. — L'intérieur de l'estomac ou de l'intestin enflammés peut quelquefois présenter des espèces de végétations de couleur rouge ou brune, de forme conique, d'une mollesse extrême, pressées les unes contre les autres, et faisant une saillie de quatre à cinq lignes au - dessus de la surface de la membrane muqueuse. M. le professeur Orfila a trouvé un grand nombre de semblables végétations dans l'estomac d'un homme qui mourut deux mois après avoir avalé de la poudre de cantharides.
Nous sommes portés à croire que les petites tumeurs fongiformes ou pédiculées qui , dans quelques circonstances, naissent dans l'épaisseur de la membrane muqueuse gastro-intestinale, sont aussi le résultat d'une phlegmasie chronique. M. Rullier nous a fait voir à l'Académie un grand nombre de semblables tumeurs à la surface interne d'un estomac dont la membrane muqueuse était évidemment enflammée dans plusieurs points. Suivant M. Ferrus, cette altération organique , déjà observée à la Salpêtrière par Schwilgué et Sera in , est même une de celles qu'on rencontre le plus fréquemment à la suite de la gastro-entérite, chez les vieillards. Ces petites tumeurs, rondes ou oblongues, de couleur brunâtre, fixées aux parois de l'estomac par un pédicule large ou étroit, ont, terme moyen, les dimensions d'une noisette. Incisées et pressées entre les doigts , elles laissent souvent découler du sang noir et liquide. Soumises ensuite au lavage, elles paraissent formées par une foule de filamens qui s'entrecroisent en sens divers , et laissent entre eux des intervalles de grandeur variée. Voyez polype.
§ XIX. Tissu squirrheux et matière céréhi-i forme. — Déjà Pujol avait signalé comme Une des terminaisons de la gastrite Xétat squirrheux, Y engorgement an pylore; mais cette vérité ayant été méconnue ou contestée par nos classiques, ils ont détaché de l'histoire de la gastro-entérite celle du squirrhe ou du cancer de l'estomac et de l'intestin, dont le lecteur trouvera la description dans un autre article de ce Dictionnaire. Voyez
CANCKE.
§ XX. Tubercules. — S'il est constant que , sur cent cas de développement de tubercules dans le canal intestinal , il y en a quatre-vingt-dix dans lesquels on a observé des symptômes de gastro-entérite chronique, ou rencontré des traces non équivoques d'inflammation, telles que de la rougeur, des ulcérations, etc., suffira-t-il d'affirmer qu'on a trouvé de ces tuber-
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cilles dans l'estomac ou Tinlestin, sans autre lésion, pour en conclure qu'ils ne pouvaient constituer, dans ce cas particulier, une altération plilegmasique ? Est-il donc impossible que la rougeur qui accompagne leur développement ait disparu, puisqu'un semblable phénomène a lieu dans la production des épaississemens partiels, des ramoUissemens, etc.? De toutes les parties du tube digestif, la fin du jéjunum et de l'iléon sont celles où se développent le plus fréquemment ces tubercules, qui sont trèsrares dp.ns l'estomac. Situés le plus ordinairement au milieu des mailles du tissu cellulaire sous-muqueux , ils apparaissent à travers la membrane interne des organes digestifs, pâle ou médiocrement injectée. Les plus petits se montrent sous la forme de points blancs, ayant à peine le volume d'une petite tête d'épingle : les plus volumineux acquièrent les dimensions d'un pois, qu'ils surpassent rarement. Ces petites masses arrondies, d'un blanc mat, presque toujours isolées les unes des autres, et rarement agglomérées, s'enflamment, et donnent lieu à des ulcérations de forme et de grandeur variées, séparées par des brides irrégulières, et au fond desquelles on trouve souvent des débris de matière tuberculeuse. Quelquefois les fibres de la membrane muqueuse de l'estomac ou de l'intestin sont écartée» par un tubercule qui finit par rompre la membrane péritonéale, et donner lieu à une perforation mortelle.
§ XXI. Autres tissus accidentels. — Suivant M. Broussais, le tissu érectile, les kystes séreux, le tissu adipeux, accidentels, les mélanoses , les vers intestinaux mêmes, développés dans les organes digestifs, doivent être regardés comme des conséquences de la gastro-entérite chronique. Si l'analogie, moyen d'investigation souvent trompeur , parle en faveur de quelques points de cette proposition, on ne peut dissimuler que ce qui a trait aux vers intestinaux est en opposition avec les connaissances acquises sur le mode de production de ces animaux. Voyez
TISSUS ACCIDENTELS, VKRS, CtC.
Les matières qu'on peut tiouver dans l'estomac et l'intestin grêle enflammés sont, des boissons ou des alimens plus ou moins élaborés, des substances médicamenteuses, des poisons, du suc gastrique, du mucus intestinal, du fluide bilieux ou pancréatique, du sang, des corps étrangers animés ou inanimés, du pus ou des fluides élastiques. Les divers aspects de la masse alimentaire, les moyens de reconnoitre la présence et la nature
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d'un poison, d'une substance médicamenteuse, ou d'un giut; les altérations de la bile ou du fluide pancréatique sous le double rapport de la quantité et de la qualité : les caractères des corps étrangers, animés ou inanimés , contenus dans les organes digestifs, ont été déjà ou seront ultérieurement exposés. ( /^ojez
CHYME, CHYLE, EMPOISONNEMENT, BILE , PANCREATIQUE ( fluide), CORPS ÉTRANGERS, VERS INTESTINAUX, PNEUMATOSE, ClC. ) J'iu-
diquerai seulement ici les principales modifications appréciables que présentent les fluides sécrétés par4'estomac ou l'intestin grêle enflammés. Alors le mucus gastrique ou intestinal est visqueux,, épais, filant, et adhère aux parois de l'estomac ou de l'intestin ; ou bien , devenu plus fluide et plus abondant que dans l'état sain , semblable à de la sérosité ou à un mélange de mucus et de sang, il baigne la. surface interne de l'estomac, et le plus souvent celle de l'extrémité inférieure de l'intestin grêle.
Dans cette esquisse des altérations phlegmasiques de l'estomac et de l'intestin, il n'a pas été fait mention de la prétendue sécheresse, de Vétat coriace des tuniques de ces viscères : nous ne rappelions même ces expressions, échappées à M. Broussais, que parce qu'elles ont été employées par d'anciens auteurs pour désigner vaguement quelques-unes des formes de la gastro - entérite chronique.
En résumé, sous le rapport anatomique, la gastro-entérite, soit qu'elle n'affecte que la membrane muqueuse ( Gastr.-ent. érjthérnateuse), ou qu'elle s'étende aux autres membranes (Gastr.-ent. /'Â^^g'mowfMic), présente c'nqimances ou degrés principaux , qui en comprennent une foule d'intermédiaires. Dans le premier, qui consiste seulement dans l'iiijection sanguine , l'inflammation peut se résoudre rapidement pendant la vie , ou disparaître à la mort, comme certaines phlegraasies réventes de la peau ou de la conjonctive : au moins est-il constant (|ue des individus enlevés par une mort rapide , après avoir éprouvé de violens désordres fonctionnels des organes digestifs, et en jiarticulier des animaux empoisonnés par l'acide arsénieux , n'ont présenté aucune altération phlegmasique appréciable. Le deuxième de*gFé, qu'on peut considérer comme une ternjinaison «lu premier, est caractérisé par diverses sécrétions morbides \exudalioiis muciforme , foUincéc , lainelleusc, crémeuse, pscudomembraneuse, etc.). Quelques formes spéciales de l'infininiiialion
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[pustules , vésicules, ramollissement^ , auxquels succèdent ordinairement des ulcérations plus ou moins étendues, constituent un troisième degré. Au quatrième, doivent être rattachées des altérations profondes de texture {^épaississe ment ^ amincissement, et quelques formes de l'induration) et la production de tissus accidentels ( squirrheux , cérébriforme , vasculaire , etc. ). Enfin la gangrène ou la destruction des parois de l'estomac ou de l'intestin , est le degré le plus grave de la gastro- entérite. C'est en vain qu'on voudrait assigner rigoureusement des périodes, ou une durée déterminée à ces dilférens degrés de l'inflammation gastro-intestinale. Si leur formation est plus ou moins rapide, suivant la nature, l'intensité, la continuité, l'intermittence d'action des agens morbifiques ou des moyens thérapeutiques , leurs transformations successives , ou le retour des tissus affectés vers l'état sain, sont eux-mêmes subordonnés à l'étendue plus ou moins considérable des surfaces enflammées , à la gravité des complications , etc. Cependant les premier , deuxième , troisième et cinquième degrés de l'inflammation , pouvant se développer avant le quarantième jour, à partir de son invasion, nous les désignerons collectivement, d'après les auteurs , sous le nom de gastro-entérite argué. Les altérations du quatrième degré, et en particulier les tissus accidentels, survenaint à la suite d'un travail moibide plus prolongé, appartiennent exclusivement à la gastro-entérite chronique. Si cette dernière a présenté, pendant la vie, quelques retours à l'acuité, ou si elle a provoqué le développement d'une phlegmasie aiguë dans quelque autre point de la membrane interne des organes digestifs, ils offrent alors après la mort des lésions appartenant à ces deux modes de l'inflammation.
§ I. Les individus de tous les âges, des deux sexes, de toutes les constitutions, de toutes les professions, sont exposés aux inflammations de l'estomac et de l'intestin. Des fœtus morts nés ont présenté des traces non équivoques de ces maladies, que M. Broussais suppose pouvoir être transmises p.ar sympathie, de la mère à l'enfant, pendant la grossesse. Souvent observées à la première et à la seconde dentition , les gastro-entérites aiguës ou chroniques se montrent à peu près avec une égale fréquence, à toutes les époques de la vie. Toutes les substances irritantes, telles que les alimcns solides, les viandes noires, certains poissons fermentes, les ragoûts épicés , les champignons , les viandes gà-
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tées , etc. ; les repas copieux , l'abus des fruits verts , la privation de végétaux frais; les boissons stimulantes, comme l'alcoliol, le punch , les vins chargés de sels ou d'oxydes métalliques ; les eaux non potables, etc. : chez les enfans, l'allaitement artificiel ou mal dirigé, le lait d'une nourrice malsaine , le sevrage prématuré : les rnédicamens réputés stomachiques; les teintures antiscorbutiques ou toniques; les émétiques ; les drastiques, etc.; les poisons corrosifs , acres , astringens , acres et narcotiques , etc. ; certains corps étrangers piquans ou contondans , provenant du dehors, des balles de plomb, des noyaux de cerises ou d'abricots, des lames de couteau, etc. ; des corps animés (vers intestinaux , tœnia , lombrics , sangsues , etc. ) ; les matières fécales accumulées à la suite d'une oblitération ou d'une occlusion congéniale du rectum; une intussuscep»'ion , un étranglement interne ou externe, ou un pincement de l'intestin; un coup , une violence quelconque exercée sur l'épigastre ou la région ombilicale; V absorption du mercure, de quelques substances purgatives administrées en frictions; celle des oxydes ou des sels métalliques appliqués sur des surfaces ulcérées (Pibrac , M. Roux ) ; celle des miasmes répandus dans l'atmosphère des lieux infectés ; l'injection de toute espèce de poisons , d'une sanie purulente dans les veines , ou l'introduction de substances animales putréfiées dans les chairs vives d'un animal , etc. ; peuvent donner lieu au développement de la gastro- entérite. Stoll , Rœderer et Wagler, M. Pinel, etc., supposent qu'elle peut être produite par l'impression du mucus gastrique ou intestinal , des fluide? biliaire et pancréatique diversement altérés. Elle est quelquefois due à l'impression de l'air froid et humide, ou d'une température trop élevée, à une affection morale vive, à un emportement de colère, etc. Les observations de Pozzi et de J. Hunter, les expériences de Dumas et de M. Magendie, qui ont trouvé l'estomac enflammé et même ulcéré chez des animaux qu'ils avaient fait périr de faim, conduisent à penser que V abstinence ^ principal remède de la gaslro-entérite, peut devenir elle-même une cause occasionelle d'infliimmation lorsqu'elle est trop rigoureuse ou trop prolongée. Mais de toutes les causes de celte maladie, la plus remarquable peut-être, celle dont l'étude a été le plus négligée jusque dans ces derniers temps, est sans contredit V inflammation des autres organes , qui tend toujours à se répéler dans l'estomac et l'inlestin. Depuis que ?»î. ï)uj)uytren
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a signalé l'influence des larges brûlures, MM. Abernelby, Broussais , Baron et Breschet , ont successivement appelé Tattenlion sur celle qu'exercent les plaies enflammées provenant des opérations chirurgicales , l'encéphalite , et l'inflammation vaccinale , chez les nouveau-nés. J'ai moi-même constaté que les phlegmasies des articulations, des membranes séreuses, de la plèvre, du péritoine, des reins, de la vessie, de l'utérus, des poumons, etc. , avaient une action non moins puissante, qui, suivant qu'elle était plus ou moins prolongée, provoquait le développement d'une gastro-entérite aiguë ou chronique. Enfin l'inflammation de l'estomac et de l'intestin grêle, subordonnée au caractère particulier et au mode d'action des causes qui la produisent , peut précéder certaines phlegmasies , exister simultanément avec quelques autres, survenir à une époque variable de leur durée , alterner avec elles , disparaître pendant quelque temps , pour se reproduire ensuite , ou succéder à d'autres inflammations plus ou moins graves.
§ II. Gastro-entérite aiguë. — Si le nombre, la forme , l'étendue et la profondeur des altérations pMegmasiques de l'estomac et de l'intestin sont très-variables , même à l'état aigu ; si les phénomènes locaux et les désordres fonctionnels qui les accompagnent, continus ou rémittens, n'apparaissent point dans un ordre déterminé; si quelques-uns d'entre eux peuvent persister, cesser ou se renouveler, sans que les conditions de ces différences soient connues ou appréciées ; si la marche de ces altérations et de leurs phénomènes est inconstante; si la gastro-entérite aiguë s'associe toujours à d'autres lésions symptomatiques des organes digestifs, de leui's annexes, et même de la peau, du cerveau, etc., lorsqu'elle n'a pas une durée éphémère , etc., n'est-il pas trop évident qu'il est difficile de donner une idée exacte même des principales expressions physiologiques que ces différences de l'affection primitive et la variété des lésions secondaires entraînent inévitablement. Leur connaissance ne peut s'acquérir que par la lecture attentive des histoires particulières, ou mieux encore par l'observation clinique d'un grand nombre d'individualités morbides ; et si le plan de ce Dictionnaire ne m'eût pas obligé à me renfermer dans des généralités, j'avoue que j'aurais préféré en rapporter quelques exemples choisis, que de créer des /ormes ou des groupes artificiels, à la manière des nosologistes.
Des quatre phénomènes locavix assignés à ri.nfl.mimation par
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les patbologistes , douleur, chaleur, rougeur et tumeur, deux seulement sont appréciables, pendant la vie, chez les individus atteints de phlegmasies gastro -intestinales. La douleur est communément d'autant plus forte, que l'inflammation est plus vive, plus étendue et plus profonde; c'est elle qui révèle le plus souvent le siège du mal que les malades rapportent à l'épigastre, àla région ombilicale, à la fosse iliaque droite , et quelquefois à toutes ces régions, suivant que l'inflammation affecte spécialement l'estomac , l'intestin grêle , la fin de l'iléon , le cœcum , on qu'elle s'est propagée également dans toutes ces portions du canal intestinal. L'étendue de la douleur n'est pas cependant toujours en rapport exact avec celle de l'inflammation ; et les souffrances sont moins vives , lorsque l'irritation ne prédomine pas dans l'estomac ou le duodénum. D'un autre côte, si la douleur est plus profonde dans la gastro -entérite que dans les inflammations de la portion épigastrique du péritoine, des muscles de l'abdomen ou du tissu lamineux qui les environne, tous les malades ne s'expriment pas avec une égale justesse sur le siège de Ct j.i.'^nomène. Nous en avons vu rapporter les souffrances moins à l'intérieur de l'estomac ou de l'intestin, qu'aux muscles qui forment les parois de l'abdoraen, et derrière lesquels ils sont placés; tandis que d'autres, analysant mieux leurs sensations , ont pu nous indiquer jusqu'aux points de l'estomac ou de l'intestin spécialement affectés. Ln malade qui, pendant la vie, s'était plaint d'une douleur fixe, peu étendue, profonde, vers le cardia, et du sentiment d'une soupape, d'un échappement, lorsque les boissons passaient de l'œsophage dans l'estomac, :iie présenta, à l'ouverture du cadavre, une vive inflammation de l'orifice supérieur de ce viscère. Quelques autres individus, dans les cadavres desquels nous avons trouvé des pustules et des ulcères nombreux , et Irès-rapprochés vers la fTn de l'iléon, avaient désigné très-distinctement la fosse iliaque droite et l'ombilic comme le siège du mal. Le caractère de la douleur stomacale est extrêmement variable. Suivant que l'inflammation est plus ou moins intense , leà malades accusent un poids, une gêne, un sentiment de constriction douloureuse, de tension, d'ardeur, d'anxiété, etc. ; ou bien les douleurs sont obtuses , pulsatives , très-aiguës , exacerbantes , accompagnées de crampes , etc. Elles augmentent par la pression la plus légère de la main , par le poids des cataplasmes , des topiques ou des couvertures dont les malades clicrolicnt à se débarrasser; par
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la contraction des muscles abdominaux, par rabaissement du diaphragme, par les efforts du vomissement ; dans les quintes de toux, par l'introduction des alimens ou des boissons, et surtout par celle des préparations irritantes ; par un grand dégagement de gaz dans la cavité de l'estomac , au moment des paroxysmes du soir ou de ceux qui plus rarement se répètent dans la journée ou dans la nuit. Sourdes lorsque le cerveau est le siège d'une lésion lymphatique plus ou moins grave , les douleurs deviennent aussi plus aiguës et plus intenses, à la suite d'une diminution des symptômes cérébraux. Elles diminuent par l'influence des boissons antiphlogistiques et narcotiques, et quelquefois par la privation complète de boissons ; par les émissions sanguines, et dans la même proportion que l'inflammation qui les produit, etc. l^a.- douleur intestinale est, en général, moins aiguë que celle de l'estomac : j'ajouterai même que jMorgagni s'est trompé lorsqu'il a avancé que la souffrance de l'intestin grêle était plus vive que celle du gros intestin ( Lettres XXXIV et XXXV ). Il attribua à l'entérite les symptômes de la péritonite simple ou compliquée avec l'inflammation de l'intestin. En rappelant cette erreur, reproduite dans quelques ouvrages modernes , je dois en signaler une autre , commise par plusieurs physiologistes, qui refusent à l'intestin grêle enflammé la faculté de développer de la douleur lorsque sa tunique péritonéale n'est point affectée. Des individus qui ont succombé à l'empoisonnement par les acides concentrés , après avoir témoigné de violentes souffrances dans la région ombilicale, ne m'ont présenté, après la mort, aucune trace de péritonite. Les coliques , les tranchées ombilicales, intermittentes ou rémittentes , avec constipation et sans tenesme, sont même un des principaux caractères de l'inflammation de l'intestin grêle, lorsque les symptômes de la péritonite n'existent pas. Toutefois , dans l'évaluation comparative de la douleur de l'estomac et de l'intestin , comme signe diagnostique de l'inflammation de ces viscères , on ne doit pas oublier que les phlegmasies du premier sont, toutes choses égales d'ailleurs, beaucoup plus douloureuses que celles du second; et qu'un même degré de souffrance ne décèle pas toujours un même degré d'altération phlegmasique. Chez les ouvriers livrés à des professions rudes et pénibles, chez les manœuvres, les maçons, etc., atteints d'une inflammation gastro- intestinale des plus graves, la douleur est souvent obtuse; tandis que les souffrances plus légères sont exa-
gérées par d'autres individus très-irrilables. Une autre circonstance peut rendre la douleur de Testomac ou de l'intestin enflammé obscure ou difficilement appréciable : c'est la coexistence d'une ou de plusieurs lésions lymphatiques d'organes dont la souffrance est plus facilement perçue par le cerveau. Les malades les indiquent toujours comme le siège spécial de l'inflammation. La douleur stomacale légère ou obscure peut être rendue plus sensible par une ou plusieurs inspirations profondes et rapprochées; mais il faut éviter alors de la confondre avec une douleur thorachique, hépatique ou péritonéale. Dans les inflammations gastro- intestinales les plus intenses et compliquées d'affections cérébrales , la douleur peut être nulle par cela même qu'elle n'est plus perçue. Confusément exprimée par les aliénés et par les nouveau -nés, par les adultes et les vieillards atteints d'une phlegmasie cérébrale, elle est quelquefois décélée par l'altération de la physionomie ou par quelques actes provoqués par la souffrance des viscères enflammés. Souvv-^a face exprime une douleur que le malade dément par ses paroles, ou dont il ne peut rendre compte. M. Jadelot a depuis long -temps appelé l'attention de ses élèves sur le caractère particulier de la physionomie des enfans atteints de gastro-entérite. Un sillon (trait nasal ) commence à la partie supérieure de l'aile du nez, et embrasse, dans un demi-cercle plus ou moins complet, la ligne entière de la commissure des lèvres. L'inflammation est d'autant plus grave, en içénéral , que celte expression des traits est plus constante, ou qu'elle se renouvelle plus fréquemment. Chez l'adulte, à la suite des empoisonnemens ou dans les gastro - entérites très - intenses, la physionomie, profondément altérée, exprime à la fois l'anxiété et l'abattement. La face , pâle et grippée , offre par intervalles la contraction qui accompagne les grandes douleurs; le malade" s'agite, porte souvent les mains à l'épigastre et vers l'ombilic, surtout au moment des paroxysmes. Un cri plaintif, chez les nouveau -nés ou les enfans, des géraissemens même pendant le sommeil, chez les aliénés, joints à une respiration abdominale, sont également des expressions fréquentes de la douleur. Enfin, pour terminer tout ce qui a trait à ce phénomène important de la gastro - entérite aiguë, je dois rappeler qu'une pression plus ou moins forte, exercée d'une manière égale et comparative sur les divers points de l'abdomen, peut ccntiibuer à faire connaître l'étendue et le siège principal de l'inflammalioi?. Éveillée ou activée
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par cette Jnanœuvre dans les points irrités , la douleur est bientôt témoignée par les malades ou révélée par l'expression souffrante de leur physionomie. Mais ce moyen d'exploration , sur lequel M. Petit a naguère appelé l'attention , employé avec peu de discernement, peut être lui-même la source d'erreurs graves, en développant à l'épigasîre, dans la région ombilicale, ou dans la fosse iliaque droite, des douleurs momentanées propres à simuler celles de la gastro-entérite aux yeux d'un observateur superficiel. Le second phénomène appréciable de l'inflammation gastrointestinale est la chaleur morbide des organes affectés. Le médecin la reconnaît par l'exploration comparative des régions de l'abdomen et des autres parties du corps, et par le rapprochement de ces diverses températures avec celles de l'état sain. Les nouveau-nés , les aliénés , les individus atteints d'une encéphalite , etc., ne pouvant rendre com})te de ce symptôme d'après leur propre sensation , l'exploration comparative que nous venons d'indiquer mérite une attention toute particulière. Si la chaleur est bornée à l'épigastre, à la région ombilicale, à la fosse iliaque dioite, ou si elle se dégage de toutes ces parties, et qu'il n'existe pas de péritonite, cette circonstance peut déjà faire soupçonner que l'inflammation affecte spécialement l'estomac , l'intestin grêle , ou qu'elle s'est établie à peu près également dans ces deux viscères. Le sentiment de la clialeur est ordinairement d'autant plus prononcé que l'infla'nmation est plus intense et plus aiguë. Comme la douleur, ce symptôme augmente ou diminue dans la même proportion que l'inflammation dont il accompagne le développement. La chaleur, rarement continue au même degré, présente le plus souvent, à des intervalles irréguliers, des remis sions et des exacerbations , et offre une foule de nuances intermédiaires, depuis le degré placé immédiatement au-dessus de la température normale jusqu'au sentiment de la brûlure. Une forte chaleur dans les entrailles, coïncidant avec le froid des extrémités et ime soif inextinguible , indique , en général , un des plus hauts degrés de l'inflammation gastro-intestinale. Les phlegmasies les plus violentes de l'estomac et de l'intestin, celles produites par les acides concentrés, sont néanmoins accompagnées, à leur débiit , d'un abaissement de la température du corps , et même de celle de l'abdomen ; mais, sept à huit heures après l'ingestion du ]>oison , les malades tombent dans un état d'affaiblissement et de chaleur insujjporlable. Cependant l'augmentation de la tempéra-
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ture de l'abdomen n'est pas toujours en rapport exact avec l'intensité de l'inflaramatiori. Lorsque la gastro-entôrite est compliquée avec une phlegmasie cérébrale , non-seulement les malades n'ont plus la conscience de ce phénomène , mais il peut manquer réellement: et nous avons vu des enfans succomber à la gastroentérite , ou plutôt aux désordres lymphatiques qu'elle avait suscités, sans présenter d'augmentation appréciable dans la lempératui-e de l'abdomen à divei'ses époques de leur maladie, et surtout dans les momens qui précédèrent l'agonie. Toutefois, si les changemens dans la température de l'estomac et de l'intestin ne sont pas appréciables à toutes les périodes de la gastro- entérite aiguë ; s'ils sont obscurs au début ou vers la terminaison fatale de cette maladie ; si une augmentation générale de la température du corps rend quelquefois difficile l'appréciation de la chaleur stomacale ou intestinale, il est constant aussi que le point d'où la chaleur morbide irradie peut être le plus souvent reconnu au début des paroxysmes , et que la gastro-entérite ne parvient jamais à son summum de développement , sans qu'il ne soit possible de reconnaître que le foyer de la chaleur est dans l'abdomen. Une diminution de la chaleur dans quelques points du canal intestinal, la persistance de ce phénomène cLins quelques autres, indiquent qu'il en est de spécialement affectés; tandis qu'un degré uniforme de chaleur morbide annonce une répartition plus égale de l'inflammation dans les organes digestifs.
Si la douleur et la chaleur développées dans l'estomac etl'intestin peuvent être quelquefois confondues avec de semblablesphénomènes produits par l'inflammation de leur membrane péritonéale, l'exposé des désordres fonctionnels de ces viscères enflammés rend moins obscur ou moins équivoque le tableau symptomatique delà gastro-entérite aiguë. L'«/'/-'6'V/;/o« est modifiée : tantôt défaut d'appétit sans aversion pour les alimens, ou répugnance pronpn« cée pour toute nourriture , et en particulier pour les ingesta stiînulans, pour les alimens de haut goût, pour le vin, le bouillon , les substances animales, etc. Ce^pendant la faim peut être momentanément augmentée au début d'une gastro-entérite; mais lorsque l'inflammation occupe une certaine étendue, ce sentiment est bientôt diminué, et souvent aboli. liCS enfans à la mamelle recherchent le sein avec moins d'empressement, lorsqu'ils ne sont pas tourmentés parla soif; et si ceux qui sont plus avancés en âge, si les adultes et les vieillards réclament quelquefois des alimens.
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c'est moins l'efTet d'un besoin que celui d'une habitude ou d'un faux calcul. La soif, que M. Broussais attribue à l'extension de rinflamraation dans le duodénum , est en général augmentée. Elle se reconnaît, chez les adultes, par l'appétence pour les boissons froides, aqueuses , acidulés et peu nourrissantes, et par une répugnance extrême pour les boissons chaudes oulièdes; chez les enfans , par l'avidité avec laquelle ils avalent toute espèce de boissons. J'en ai vu qui, plongés dans le bain, portaient souvent dans la bouche leurs doigts humides , et cherchaient à étancher la soif qui les dévorait. Lorsque la gastro - entérite est compliquée d'une inflammation cérébrale , le sentiment de la soif, comme celui de la douleur ou de la chaleur, n'est plus perçu. La chylification est affaiblie , syspcndue , viciée ou aî>olie. D'autres phénomènes qui peuvent être indépendans de la présence des alimens, décèlent encore le trouble des fonctions de l'estomac et de l'intestin : ce sont les nausées, les vomit lii-i lions , les régurgitations, les vo/nissemens , les gargouiîlernens , les pulsations insolites à l'épïgastre , les borborygme s , la diarrhée ou la constipation. En appliquant la main à plat sur l'épigastre, on reconnaît quelquefois des battemens insolites dont les malades ont conscience. Plus prononcées au moment des paroxysmes, isochrones à celles du cœur, indépendantes de cet organe ou de l'aorte, ces pulsations sont évidemment déterminées par les artères gastriques. Dans les gastro - entérites très - aiguës , ou produites par les acides concentrés , l'estomac peut être tuméfié , sonore et distendu par des gaz dont l'existence est décelée par un bruit particulier, une sorte de gargouillement , lorsque les malades introduisent une certaine quantité de boisson? dans sa cavité, ou par leur expulsion par la bouche , ordinairement suivi d'un soulagement momentané. Après l'ingestion d'une trop grande quantité de boissons, les malades éprouvent souvent le besoin de vomir. Quelquefois l'estomac ne peut ni admettre de nouvelles substances, ni cxpnlser celles qu'il contient, malgré les efforts des malades ot les secousses comme convulsives qui lui sont imprimées ( soubresaut épigastrique ) ; ou bien des gaz , des liquides , rarement des solides, remontent sans efforts, par gorgées, dons l'œsophage ou dans la bouche. Les gaz ou rapports sont sans odeur , exhalent celle de l'hydrogène sulfuré , ou deviennent nidoreux, comme dans les indigestions. Les liquides on renvois, ta-