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pressée par une constriction circulaire, et c’est en vain que le malade commande à ses muscle? respirateurs d’en opérer la dilatation; ils se contractent, se relâchent, frémissent, indépendants de la volonté dont ils ont secoué le joug. Bientôt la poitrine devient immobile, et le jeu interne du diaphragme prête seul , en quelque sorte, quelque secours à la respiration, qui est sifflante, ronflante, inégale, entrecoupée, mêlée de toux, et extrêmement embarrassée. Au milieu des anxiétés, des vives angoisses qui retracent une imminence d’asphyxie, de suffocation, l’asthmatique, pour qui le décubitus horizontal, ou faiblement incliné, n’était pas supportable, s’est hâté de se placer sur son séant; sa figure tour à tour pâle ou injectée, l’abattement de ses traits, la saillie de ses yeux, la sueur qui mouille son visage et sa poitrine, l’agitation impatiente de ses membres ou de tout son corps, annoncent un profond malaise. Enfin la toux fatigante et stérile commence à s’humecter, et l’expectoration, qui marque le déclin de l’accès, soulage beaucoup le malade, qui bientôt respire et parle plus facilement, et se livre à l’espoir d’un prochain repos, après une crise alarmante pour des assistants inexpérimentés , pour lui profondément pénible, et non exemple de dangers. Ces redoublements d’une intensité variable, selon la constitution des individus , la durée et les complications de la maladie, durent communément de deux à quatre heures, et se reproduisent à des intervalles plus ou moins éloignés. 11 est des sujets pour lesquels ces retours sont quotidiens , hebdo madaires, mensuels, annuels, vagues, ou régulièrement périodiques. L’accès est tantôt unique, d’autres fois composé d’un certain nombre de paroxysmes, à distance de quelques heures, et séparés par un état de calme très-imparfait.
L’asthme est une maladie commune aux deux sexes , et qu’on observe dans tous les âges eltous les pays ; mais il est plus fréquent chez l’homme , dans la vieillesse et l’âge mûr, et dans les climats froids et humides. Nous avons dit que sa marche chronique était rémittente ou intermittente. On compte parmi les circonstances qui rapprochent les accès, l’intempérance de toute espèce, les transitions fortes et les excès de température, une atmosphère brumeuse ou chargée d’électricité, l’air échauffé et altéré dans les nombreuses réunions, l’exercice forcé du corps ou de la voix, les émotions , et plus particulièrement celles qui sont tristes. Les accès sont plus fréquents l’hiver que dans toute autre saison. Quant aux causes qui prédisposent ou donnent naissance à la maladie, elles sont généralement vagues, obscures, mal déterminées, et leur mode d’action mal conçu. Nous pensons néanmoins que la recherche et la découverte de ces causes doit être comme la pierre angulaire du traitement , et que l'on ne saurait, auprès de chaque asthmatique, se livrera cette investigation avec trop de soin et de persévérance. C’est surtout au début de l’affection , avant qu’elle ait pris droit de domicile, ou que, par ses complications , elle se soit mise au-dessus des ressources de l’art, qu’il importe de l'approfondir, de peser avec attention les circonstances commémo-
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ratives, et de bien analyser les symptômes présents. C’est une méthode bien étroite et bien malheureuse de philosopher en médecine, que de considérer les maladies internes, en général, comme les lésions anatomiques ou chirurgicales, qu’il suffit de traiter pour ce qu’elles sont présentement , sans nécessité de remonter aux causes déterminantes , attendu qu’elles ont cessé d’agir. Dansl’asthme, au contraire, c’estsouventlamême influence qui l’a déterminé , qui lui donne de la persévérance, par sa continuité d’action; et c’est en vain qu’alors on adressera la médication au système nerveux ou à d’autres altérations organiques; on ne fera que pallier des symptômes, en laissant subsister la cause du mal. Expliquons-nous par des exemples. Cet homme, qui avait des hémorrhoïdes , un cautère , une dartre , les a fait disparaître par un traitement inconsidéré , et il a été pris, peu de temps après , d’un asthme, dont cette suppression est la cause. D’où fera t-on dériver l’indication curative en pareil cas? Ne sera-ce pas d’une circonstance commémorative , et nullement des apparences actuelles de l’organisation qui n’apprennent rien du tout? Cet autre est devenu asthmatique , parce que sa profession , qu’il continue, exige de sa part de grands efforts de la respiration, de la voix, parce qu’il vit au milieu d’une atmosphère raréfiée, chargée de vapeurs et de poussière. Allez donc conseiller la saignée ou les anti spasmodiques à celui-là, le spécifique ne découle certes pas de l étal anatomique de l’individu, mais bien de la circonstance hygiénique de sa profession ; il faudrait avant tout qu’il l’abandonnât. Mêmes remarques pourraient être faites relativement à d’autres causes qui produisent l’asthme, quand elles rencontrent une prédisposition particulière, dont il faut bien admettre l’existence, quoiqu’elle n’ait pas été encore caractérisée d’une manière satisfaisante. Et pourtant c’est cette prédisposition mise enjeu qui constitue la spécificité de l’asthme , car les causes provocatrices ou occasionnelles, dont nous recommandons l’étude scrupuleuse, ne déterminent point cette maladie par une action directe, ou en vertu d’une corrélation préétablie; mais seulement par hasard, par accident, parce que l’organisation y était disposée. Voilà pourquoi nous n’eu relaierons pas le catalogue,qui comprendrait la vague énumération de tous les usages insalubres et de tous les principes maladifs que peut recéler l’organisation; c’est au médecin à les rechercher attentivement dans chaque cas particulier.
Autant que l’analyse physiologique rigoureuse, à défaut d’altérations cadavériques spéciales, qui manquent le plus souvent , peut fonder une opinion à cet égard , l’asthme a son siège à l'origine ou dans le trajet des nerfs qui, du cerveau et de la moelle épinière , vont se distribuer aux muscles de I la poitrine et aux poumons. Ensuite cette modifi- j cation nerveuse , maladive et spéciale , peut être ! précédée ou compliquéed’une foule d’autres lésions parfaitement appréciables sur le cadavre comme j sur le vivant. Ainsi , par exemple, il est très-com- j mun que l’asthme coexiste avec un catarrhe pul- ! raonaire chronique, un anévrisme du cœur ou des
gros vaisseaux, des lésions pulmonaires de plusieurs genres, etc. Il serait trop long d’exposer les variétés symptomatiques de l’asthme, qui correspondent à ces altérations organiques diverses, envisagées tour à tour comme causes immédiates ou seulement comme complications de la maladie qui nous occupe. Disons toutefois qu’il serait trèsimprudent de ne pas leur accorder une attention suffisante, soit pour asseoir le. pronostic, soit pour baser le traitement. Du reste, il n’est pas besoin d’admettre , ainsi que quelques auteurs l’ont fait, autant d’espèces d’asthmes que de prédominances, de symptômes incidentels.
L'asthme essentiel ou nerveux se distingue de la dyspnée simple, en ce que celle-ci est liée ordinairement à la faiblesse générale, ou à une mauvaise conformation des voies aériennes, ou à quelque maladie de poitrine , sans accès spasmodique suffocants. Ces paroxysmes caractéristiques de l'asthme manquent aussi dans le catarrhe pulmonaire chronique, qui est en outre accompagné d’une toux plus fréquente et d’une plus abondante expectoration. Dans les redoublements qu’offrent les anévrismes du cœur, ses battements sont étendus et violents, et l’on n’observe pas de spasmes aussi prononcés des muscles respiratoires. Enfin cette particularité de l’asthme d'exister sansfièvre, le distingue de tou es les inflammations aiguës et chroniques de la poitrine. Nous n’avons pas besoin de dire que lorsqu’il est compliqué avec ces diverses affections anciennes ou récentes, il doit nécessairement présenter une combinaison des symptômes des unes et des autres. La coqueluche nous paraît avoir, avec l’asthme, quelques analogies qu ii ne nous souvient pas d’avoir vu analysées comparativement, et d’où jailliraient peut-être d’intéressants aperçus théoriques et pratiques. Toutefois on ne les confondra pas en songeant que la coqueluche est presque exclusive à l’enfance, taudis que l’asthme est à peine connu des enfants ; car celui qu’on a dit leur être spécial est trèssujet à controverse en ce qui concerne , non point sa nature spasmodique bien évidente, mais son point de départ, etc.
Le pronostic de l’asthme se fonde sur la considération de plusieurs circonstances qui oui besoin d’être appréciées. D’abord le tempérament et l’âge. Si le sujet est naturellement bien constitué, jeune, très-valide dans l’intervalle des accès ; si ceux-ci sont éloignés et modérés , les chances de viabilité , de longévité sont rassurantes. Le contraire motivera un tout autre pronostic. L’asthme est notamment redoutable aux poitrines délicates, aux constitutions faibles, chaque accès n’est pas pour eux une simple épreuve souffrante, mais une maladie qui en prépare d’autres. Les paroxysmes sont quelquefois mortels en amenant des engorgements pulmonaires, l’asphyxie ou des congestions cérébrales. 11 est rare aussi que les poumons, le cœur , les gros vaisseaux ne finissent pas par être affectés profondément de ces crises qui troublent si violemment chaque fois les organes respiratoires et circulatoires; de là, la fréquence des maladies consécutives de ces appareils. Lorsqu’on en a constaté l’existence , le pronostic de l’asthme
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devient plus complexe et plus sérieux, les affec- i tions incidentes qui l’ont compliqué sont plus j inquiétantes qu’il ne l’était lui-même. La transmission héréditaire est d’un fâcheux augure, relativement aux chances de guérison. Du reste, elle est généralement difficile lorsque l’asthme est invétéré; mais les ressourcessont nombreuses pour éloigner les accès, pour en diminuer la violence , en abréger la durée et prévenir de fatales terminaisons. L’asthme dont on découvre la cause, etqui n’est pas gravement compliqué, compte beaucoup de probabilités de guérison.
Le traitement comprend les soins à donner pendant l’accès et dans les intervalles. On peut comparer l’accès à une maladie aiguë , entée sur une affection chronique, et comme tel, il ne saurait persévérer toujours le même , il aurait une marche et une terminaison spontanées. Conséquemment, s’il est modéré, le mieux est d’attendre sa solution naturelle en se bornant à placer l’asthmatique dans un lit bien dégagé, sur son séant, la tête haute, les épaules bien fixées, le cou et la poitrine libres de compression; au milieu d’une atmosphère tempérée, pure, dans une chambre spacieuse , bien éclairée , sans encombre, en même temps repos de l’esprit et du corps , diète tant que dure les symptômes de l’accès ; pour boisson , on servira de l’eau sucrée gommée ou mucilagineuse. Mais lorsque les accès sont violents , qu’ils menacent de suffocation , aux soins que nous avons indiqués il devient nécessaire d’en ajouter d’autres; parfois même il faut agir avec beaucoup de promptitude et d’énergie; la présence du médecin est alors nécessaire , lui seul , appréciant toutes les circonstances , peut prescrire et graduer une potion anli spasmodique avec la confiance de ne pas se méprendre sur l’indication , et de ne pas ordonner des stimulants lorsque des évacuations sanguines seraient de nécessité première. En attendant son arrivée il sera, utile de faire prendre un bain de pieds, de pratiquer des lotions chaudes ou piquantes ou des frictions sur les extrémités inférieures. Si le corps n’était pas libre, un lavement laxatif remédiera à la constipation. Communément les asthmatiques , dans le paroxysme, se trouv nt bien des petites doses réitérées d’eau fraîche, sucrée et agréablement aromatisée à la fleur d’oranger , au baume de Tolu , ou bien acidulée à la framboise, l’orange, le vinaigre, etc. Il en est qui sont sensiblement soulagés par la vapeiade l’encens qu’on fait brûler dans la chambre , un peu déiher qu’on laisse volatiliser, ou quelque autre arôme qui se dégage du musc, des fleurs, etc. ‘Au déclin de l’accès on donne avantageusement des expectorants doux, comme de l’eau de gomme, ou des infusions légères d’hysope , de lierre ter- ?'ec ].e sinaPle oxymeI- On ne se hâte point d otiurdes aliments au malade, et l’on commence par les plus légers à plus petite dose.
C est dans 1 intervalle des accès qu’il faut attaquer l’asthme par l’hygiène surtout, et par des I agents thérapeutiques qui la secondent. L’aslhma- : tique fera à son médecin l’histoire de sa maladie , ! en insistant sur l’origine , c’est-à-dire sur les cir- : constances saillantes qui ont précédé ou coïncidé.
Ensuite il en exposera la marche en faisant ressortir toutes les influences qui se font sentir en bien ou en mal, et il terminera par le rapport de son genre do vie habituelle. Du reste, le médecin saura bien adresser les questions à cet égard, et nous ne donnons ces conseils aux gens du monde qu’afin qu’ils aient recueilli et ordohné plus convenablement leurs souvenirs, pour être mieux préparés à répondre ; car cet interrogatoire peut jeter le plus grand jour sur la cause de la maladie, et fournir les bases du traitement le plus rationnel et le plus efficace. Ce traitement varie trop selon une foule de circonstances , pour être exposé ici , et nous passons de suite à l’hygiène des asthmatiques , qui est un autre point non moins essentiel. Ils s’épargneraient bien des douleurs s’ils avaient le courage d’adopter invariablement une vie régulière et sobre. Régler les heures de repas, ne pas manger d’aliments suspects, éviter la satiété , et plus particulièrement le soir, se tenir en garde contre l’intempérance des boissons et des femmes, se préserver des fortes émotions, des passions , des contentions démesurées de la pensée comme des sentiments , se préserver, par des vêtements appropriés, contre les variations et les excès de température, attendre, s’il se peut, pour sortir, dans la saison froide et brumeuse, que le soleil soit élevé à l’horizon, et rentrer de bonne heure. Après avoir dit ce qu’il convenait d’éviter disons, en peu de mots, ce qu’il convient de faire.
La vie des asthmatiques est trop longue pour ne se composer que de calculs d’hygiène et de privations, et nous ne leur proposons pas les anachorètes pour modèles, Non-seulement la plupart des agréments de l’existence leur, sont permis, de plus ils leur seront salutaires , les sensations, les émotions agréables, non démesurées, sont d’excellents anti spasmodiques. En recommandant la sobriété nous n’avons pas prétendu interdire les plaisirs de la table ; les aliments pourront être trèsvariés , il ne faudra se défier que de leur dose, et surtout des assaisonnements. Plus de réserve est nécessaire dans l’usage des boissons fermentées, et plus particulièrement des liqueurs alcooliques qui , favorables à quelques sujets pituiteux , nui raient certainementau grand nombre. Il faut aussi du ménagement pour les infusions aromatiques, telles que le thé , le café , dont on use si généralement aujourd’hui après les repas ; elles ne procureraient qu’un bien-être momentané, et aggraveraient l’état maladif des personnes nerveuses. Celles qui sont lymphatiques auront besoin à cet égard de moins de circonspection. Nous conseillons fortement l’exercice à l’air libre, proportionné aux forces, paisible Journalier (quand le temps froid et humide, trop chaud, ou les vents impétueux ne s’y opposent pas ),à pied , à cheval , en voiture, en bateau ; l’air pur, le régime sain, l’existence calme de la campagne, conviennent au plus grand nombre. A. Lagasquie.
astragale ( anat .), s. m. (du grec astragalos, qui signifie talon); c’est un des os qui entrent dans la composition du pied; il fait partie du tarse; sa figure, très-irrégulière , a été comparée à celle
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d’un cube ; il se trouve comme enchâssé entre les deux malléoles ou chevilles du pied. Sa face supérieure présente une large facette articulaire en forme de poulie , qui s’articule avec le tibia ; ces deux os, en glissant l’un sur l’autre, permettent le mouvement dans lequel le pied est étendu ou fléchi sur la jambe, mouvement qui se produit à chaque pas pendant la marche. Outre le tibia et le péroné , l’astragale est encore en rapport avec le calcanéum, le scaphoïde et le cuboïde ; on conçoit que cet os étant enchâssé aussi solidement doit rarement éprouver de déplacement. On a cependant constaté des cas de luxation de cet os , cas qui sont fort graves. J. B.
astriction ( thérap .), s. f. C’est l’action d’une matière astringente sur l’économie vivante. (Y. Astringents.)
astringents [mat. méd.), adj.pl. (astringenti a, du verbe astringere, resserrer) , médicaments propres à augmenter la contraction fibrillaire des tissus , à remédier à leur laxité, et à s’opposer à l’excès de leurs sécrétions ou exhalations. Ce sont , en général, des substances inodores, d’une saveur âpre ou acerbe , et suffisamment uniformes dans leur nature intime et dans leurs effets physiologiques, pour constituer une classe distincte d’agents pharmacologiques. Employés à l’extérieur , ils reçoivent la qualification spéciale de styptiques.
Le règne minéral fournit de très-puissants astringents , tels que les acides sulfurique ou vitriolique, chlorhydrique ou muriatique, azotique ou nitrique, etc., étendus d’eau; le fer et ses nombreux composés; plusieurs préparations de zinc, de cuivre, de plomb, etc.; l’alun ou sulfate acide d’alumine et de potasse ou d’ammoniaque , et divers autres produits de la nature ou de l’art chimique.
Parmi les végétaux , il faut citer en première ligne, les acides tannique, gallique, acétique, tartrique, citrique, etc., et toutes les productions qui en renferment une quantité un peu notable. C’est surtout au premier de ces acides (qui n’est autre chose que le tannin) , qu’une multitude de matières végétales doivent leurs propriétés aslrictives. Les principales et les plus employées sont: la noix de galle , le tan (écorce de chêne réduite en poudre) , les écorces de saule, de marronnier d’Inde , de sumac, de lamarisc, de codaga pâle qualifiée d'écorce au dévoiement , les écorces et fleurs de grenadier, etc.; le bois de Campêehe, le cachou ou terre du Japon, le sang-dragon, le kino, improprement appelé gomme ki.no, l’acacia vrai ou acacia d Egypte, l'acacia-noslras, le suc d’hypocisle, la résine d’eucalyptus , etc.; les racines de tormenlille, de historié, de ralanbia, d'aya-pana , de fraisier, de garance, etc. Les feuilles de thé , d'orties , de ronces , d’aigremoino, d'argentine et de quintefeuille , de millefeuille, de salicaire, de plantain, d’euphraise, etc.; les pétales de roses rouges, dites de Provins, les cynorrhodons , les coings , etc., etc.
Nous ne connaissons pas d'astringents dans Je règne animal , du moins qui soient usités»
On prescrit les substances que nous venons d’é-
numérer dans le relâchement des membranes muqueuses, par exemple : contre les ophthalmies chroniques , les catarrhes humides , les diarrhées atoniques, les leucorrhées, les blennorrhées et tous les écoulements blancs, sans douleur ni chaleur, contre les prolapsus ou chutes du rectum et du vagin , etc. Si l’on juge à propos de s’en servir contre l’angine ou mal de gorge, il faut que l’inflammation soit très-légère et ne fasse que débuter, ou bien qu’elle tire vers satin. Dans les aphthes et dans l’angine couenneuse, il est urgent, au contraire, de faire de hardies applications des plus forts astringents et même des cathérétiques , comme l’azotate d’argent fondu ou pierre infernale.
Lorsqu’on les conseille pour arrêter des hémorrhagies, il convient d’y mettre beaucoup de prudence et de ménagement , dans la crainte que cette médication active n’empire l’état du malade, au lieu de le soulager; il importe donc, avant d’y avoir recours , de bien s’assurer que l’évacuation sanguine ne dépend pas ou ne dépend plus de la suractivité vilaie de l’organe , non plu- que de l’irritation des vaisseaux qui versent le liquide; sans quoi, nous le répétons, l’administration de ce genre de médicaments pourrait devenir très-nuisible et même funeste. Il est essentiel aussi de se convaincre par les circonstances qui ont précédé, et par l’examen attentif du malade , que l’on n’a point affaire à une hémorrhagie utile, salutaire, et qu’il serait dangereux de supprimer; auquel cas il est indispensable , non-seulement de s’abstenir de rien faire qui puisse diminuer ou arrêter l'écoulement critique, mais encore de le favoriser. Ainsi, et pour toutes ces raisons, le médecin devra être extrêmement circonspect dans l’emploi des astringents contre l’hémoptysie, l'hématémèse et le mœléna, l’hématurie, les hémorroïdes. On trouve plus d’occasions de les appliquer avec succès dans la ménorrhagie ou perte utérine; mais encore est-il nécessaire d’y apporter le plus grand discernement. Il est rare, au contraire, ainsi que nous venons de le faire pressentir il n’y a qu’un instant , qu’on en doive faire usage contre les hé- I morrhagies du poumon, de l’estomac, des voies urinaires , et des vaisseaux hémorrhoïdaires. Ce n’est que dans la dernière période de la dyssenterie,et lorsque la douleur a entièrement cessé, qu’on peut s’en permettre quelquefois l’emploi. Il n'y a en un mot que les hémorrhagies passives, que les llux véritablement asthéniques, qui puis- j sent être combattus avaietageusemenl par les re- j modes de la classe des astringents.
Nombre de praticiens ont préconisé ces sub- I stances dans les faiblesses de l’estomac, et contre I les fièvres intermittentes; mais comme dans ce I dernier cas on est forcé de les donner à hautes ï doses, il arrive souvent qu’elles occasionnent de 5 la cardialgie , des vomissements même , et d’au- 1res accidents. On y remédie en les associant aux f amers, aux aromatiques, aux opiacés.
Les astringenlselleurspréparationspharmaceu- ij tiques sont encore recommandés et usités en ap- | plicalions externes , sur les membres infiltrés , les œdèmes, les varices, les hernies des jeunes en-
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fants , les coups , les brûlures superficielles , les engelures , les engorgements mous, les bouffissures locales, et une multitude d’autres états maladifs, que le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas d'énumérer plus longuement.
F. E. Plisson.
ataxie (path.), s. f. (du grec a privatif, et de iaxis, ordre); désordre, irrégularité. Ce mot est employé pour caractériser le désordre qui accompagne l’irrégularité des symptômes dans les affections nerveuses: cet état d’ataxie se développe aussi à la suite des inflammations aiguës ou chroniques du cerveau ou des membranes qui l’enveloppent. Les principaux symptômes sont une perversion complète , ou l’abolition des fonctions des organes des sens ; des mouvements convulsifs ou bien la paralysie des muscles, des membres et des diverses parties du corps; enfin tous les désordres nerveux qui se manifestent dans l’état maladif peuvent compliquer l’état ataxique. Une chose importante à noter dans ces affections, c’est que les symptômes que l’on observe ne sont pas toujours en rapport avec la nature de la lésion des parties malades. Le siège de l'affection ataxique est presque toujours dans le cerveau , soit que la maladie affecte directement cet organe , soit que les symptômes ne se trouvent que le résultat d’un effet sympathique de la lésion d’un autre organe; en général cet état est grave, et il est une trèsfâcheuse complication lorsqu’il se manifeste pendant le cours d’une autre affection. J. B.
ataxique ( path. ), adj., qui a rapport à l’ataxie. Pinel a donné le nom de fièvre ataxique à la maladie désignée autrefois sous le nom de fièvre maligne; c’est une fièvre ou une phlegmasie dans laquelle se manifestent les symptômes que nous avons signalés au mot ataxie. Les fièvres typhoïdes présentent souvent ce caractère. (Y. Fièvre.) J. B.
athérome ( chir .), s. m. C’est une tumeur qui a été classée par les chirurgiens dans le genre des loupes; elle est formée par un kyste ou sac fermé qui se développe sous la peau et qui contient un liquide trouble et blanchâtre. Ces sortes de tumeurs se développent ordinairement à la tête et sous le cuir chevelu. (V. Loupes.) J. B.
athlétique (physiol.), adj. Nom donné au tempérament qui est principalement caractérisé par la prédominance du système musculaire et par l’extrême force de ces organes. L’Hercule peut être considéré comme un type imaginaire de ce tempérament. (V. Tempérament.) J. B.
atlas ( anat .), s. m. On a donné ce nom à la première vertèbre du cou, parce qu’elle supporte la tête comme le géant Atlas supportait le ciel, suivant les mythologistes. Cette vertèbre , qui présente peu de rapports avec celles qui forment le cou , ressemble à un anneau élargi sur ses deux côtés pour former une surface articulaire oblongue et concave, qui s’articule avec deux surfaces analogues qui sont à la partie inférieure de l’occipital. Ces deux surfaces sont les seuls
points qui unissent la colonne vertébrale avec la tête, et l’articulation est consolidée par des ligaments très-forts qui partent de l’apophyse odontoïde de l’axis, qui est la deuxième vertèbre du cou ; cette apophyse est une espèce d’axe ou de pivot qui passe par le centre de l’atlas qui est largement percé, et qui reçoit la tête à peu près comme la tige d’un bilboquet en reçoit la boule. Le centre de l’atlas , qui est loin d’être rempli par cette apophyse , donne passage à la naissance de la moelle épinière qui remplit la cavité de la colonne vertébrale. L’articulalion de la tête, indépendamment des moyens d’union que nous venons d’indiquer, est consolidée par les muscles nombreux et puissants qui forment le cou. J. B.
atloibe {anat.), s. f. (Y. Atlas.)
atmosphère ( phys .), s. f. C’est le nom que l’on donne à la couche d’air qui environne la terre. (Y. Air , Climat.)
atonie (path.), s. f. (du grec a priv., et tonos , ton, force). Défaut de force, faiblesse des organes; on se sert principalement de ce mot pour désigner le défaut d’énergie vitale dans un organe : c’est un état de langueur dans les fonctions de la partie affectée. On a nommé certains ulcères des jambes, qui ont lieu chez les vieillards et les personnes faibles, ulcères atoniques . J. B.
atrabiie (physiol.), s. f., (de air a, noire, et de bilis, humeur). Les anciens entendaient par ce mot une humeur noire et épaisse, qu’ils supposaient sécrétée par le pancréas ou par les capsules surrénales : cette humeur n’existe point, et tout ce qui a été dit de l’atrabile ne peut que s’appliquer à la bile qui, dans certaines maladies des organes du ventre, prend une couleur plus foncée, et acquiert souvent des propriétés très-irritantes. Les anciens supposaient que cette humeur avait une grande action dans la production de l’bypochondrie et de la mélancolie. On la regardait comme la cause des affections tristes ; de là le nom atrabilaires que l’on a donné aux individus affectés de ces maladies, qui ordinairement ne sont que des symptômes d’une affection profonde et chronique d’un des organes contenus dans l’abdomen. On avait fait aussi une constitution et un tempérament de cette disposition individuelle. (V. Tempérament.) J. B.
ATRAHEStTAiRE, adj. (saveur), qui a la saveur de l’encre.
atrophie (path.), s. f. (de a privatif, et de trophè , nourriture); privation dénutrition. L’atrophie , qui est le même état que le marasme , est l’effet le plus prononcé de l’action qui décompose incessamment les parties vivantes , à l’exception de la disparition complète de celles-ci.
Lorsque l’absorption interstitielle aproduit tout l’amaigrissement possible, et qu’elle continue d’agir, elle atrophie. Les liquides et la graisse in terraédiaires ayant disparu, le tissu propre étant atteint, l’atrophie commence. A ce point de conlact il est difficile d’établir une distinction bien tranchée entrel’araaigrissement et l’atrophie; mais si cette action continue, le tissu propre de 1 organe est diminué dans une proportion notable; il est altéré dans ses qualités et dans sa masse. Ces
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caractères sont ceux de 1 atrophie. L’effet de la décomposition porté plus loin met à nu la trame celluleuse commune, qui devient alors la seule trace subsistante de l’organe; enfin plus loin encore l’action décomposante fait disparaître tout vestige.
Sous quelles influences survient-elle et quels en sont les effets?
Dans les êtres d’une organisation quelque peu compliquée, et en particulier dans l'homme à l’état de développement déjà avancé, trois conditions sont nécessaires pour qu’un organe parcoure l’accroissement auquel l’appelle sa desiinanation normale : 1° l’abord du sang dans des proportions, à un état de composition et durant un temps donnés ; 2° l’influence nerveuse; 3° l’action du modificateur qui met en jeu les fonctions de l’organe. Si l’on interroge les diverses conditions qui empêchent l’abord du sang, comme l’obstruction ou la dérivation des canaux conducteurs des liquides, par exemple à la suite de ligatures de plaies , de compressions des vaisseaux qui l’amène ut , ou même de solutions de continuité des canaux qui l’emportent et qui dès-lors ne lui permettent pas le séjour suffisant, enfin par l’effet d’un foyer d’attraction voisin ; celles qui en altèrent la composition , comme les affections de poitrine , les maladies des voies et organes digestifs qui charrient les matériaux nutritifs depuis le tube digestif jusqu’aux veines (il s’agit ici des glandes et des vaisseaux du mésentère) : si l’on recherche les effets des maladies qui atteignent les facultés dévolues au système nerveux, l’apoplexie, les inflammations et autres affe étions de l’axe cérébrospinal, la compression des nerfs, leur solution de continuité, etc.; si enfin on étudie les résultats du défaut d’excitation d’un organe par l’absence d’exercice, comme lorsque i’œil a été trop longtemps privé de lumière, les bras condamnés à l'inaction , etc., on trouvera toutes les causes d’atrophie; on pouvait les concevoir par le raisonnement, on les peut vérifier par l’observation. Les effets de l’atrophie sont aussi variés que sont multipliées les fonctions dont se compose la vie. L’effet de l’atrophie est d’autant plus général que l’airophie atteint des parties dont les fonctions sont d’une importance plus grande pour l’ensemble... Ce qu’elle produit constamment c’est l’inaptitude plus ou moins complète de l’organe, et cette inaptitude est toujours à un haut degré.
En se basant sur la connaissance que la physiologie fournit relativement au rôle dont chaque ressort organique est chargé dans l’accomplissement de l’acte complexe de la vie , on peut concevoir l’atrophie privant l’économie de chacune de ses facultés une à une ou plusieurs à plusieurs, jusqu’à l’anéantissement total.
Dans les évolutions que subissent les organismes compliqués, aux diverses périodes de leur existence qu’on appelle des âges, l’atrophie fait rétrograder l’accroissement de certaines parties dont la vie n’a plus d’utilité à tirer, tandis que la nutrition, dans son mouvement ascendant, développe les autres, celles qui sont nécessaires à l’existence ultérieure. Aussi, le thymus, plus loin encore en
deçà de l’époque de la naissance, en remontant dans la vie utérine, les membranes de l’œuf, etc., s’atrophient avec l’âge. Lorsque les insectes éprouvent leurs métamorphoses , il y a aussi là des effets d’atrophie; l’atrophie devient un moyen d’équilibre. Dans d’autres cas, l’airophie détruit le rapport d’action qui devrait exister normalement ; le strabisme est le résultat du défaut d’équilibre entre les muscles antagonistes de l’œil ; l’un peut être atrophié, l’autre ayant son volume normal, ou bien encore, l’un est hypertrophié, tandis que l’autre a son développement ordinaire. Sous des influences excitantes , quelques organes prédominent dans certaines circonstances, et par un effet contraire d’autres s’atrophient. C’est sans douie ainsi que l’éducation peut faire avorter certaines dispositions, et développer d’autres facultés.
Lorsque des causes excitantes ont augmenté le volume d’une partie, et qu’elle est devenue un foyer plus actif d’attraction, la thérapeutique en faisant usage d’un semblable procédé , en opposant force d’attraction à force d’attraction, par l’emploi d’un exutoire , neutralise la tendance première.
Dans d’autres cas , c’est à l’une des causes d’atrophie que la médecine a recours ; ainsi, lorsqu’on place un certain nombre de sangsues au voisinage d’une partie enflammée , il est évident que l’on ne permet pas au sang qui aborde dans la partie d’y exister en assez grande quantité , et d’y séjourner assez longtemps pour que les effets de sa présence puissent être produits sur la partie.
En diminuant la masse de la substance , l’atrophie diminue aussi ordinairement le volume. Les organes creux se soustraient dans quelques circonstances à l’évidence de ce résultat. Par exemple, le cœur prend fréquemment plus de capacité, tout en perdant réellement de la matière qui en compose les parois. C’est alors qu’existe ï anévrisme passif. Dans les artères, l’atrophie se manifeste par l’amincissement des parois, mais aussi par la disparition du tube artériel, ou sa substitution par un cordon fibreux ou celluleux.
Les cas d’atrophie anormale sont pour le physiologiste une source féconde d’observations intéressantes. L’un des raisonnements dont on use, en effet, le plus ordinairement en physiologie est celui-ci : un organe étant l’instrument d’une fonction, la fonction manquera si l’organe manque. Or, l’atrophie, en présentant ces cas d’absence ou de réduction d’organe , sert à vérifier les présomptions acquises sur les usages des parties.
Cette sorte de raisonnement est surtout employée pour le sujet si intéressant de la localisaion des facultés intellectuelles et morales. Là, l’observation peut seule conduire; point d’application â tirer des sciences accessoires.
L’atrophie et l’hypertrophie sont surtout le champ d’observation où se discutent ces hautes et importantes questions.
L’atrophie, tantôt à craindre, tantôt à désirer, devra s’obtenir ou se fuire suivant les besoins. En produisant artificiellement celles des causes qui sont à la disposition des médecins, ou combattant ces mêmes causes ou leurs effets , on obtiendra des résultats opposés.