‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 104 sur 316 · AUR · texte numérisé non relu

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nous apprendre de loin, par la notion qu’elle nous donne du bruit de la marche, des cris, de la voix , l’approche d’un ennemi à éviter, ou d’une proie à saisir , d’amis à rechercher ou de malheureux à secourir; elle forme une sorte de chaîne qui nous unit à la voix et à la parole de nos semblables , et qui nous met rapidement en communication avec leurs pensées les plus intimes et leurs émotions les plus fugitives. Par elle, nous saisissons les idées les plus légères, les sentiments les plus profonds,comme parla vue nous lisons parfois sur la physionomie les émotions les plus secrètes. Et cette communication est si précieuse et si favorable au penchant de l’homme pour la société de ses semblables, que sous ce rapport elle l’emporte de beaucoup sur celle de la vue et rend dans la société les sourds beaucoup plus tristes que les aveugles , à moins qu’ils ne puissent, par des gestes conventionnels, converser avec les personnes qui les entourent et rétablir par cet artifice la chaîne qui unit les intelligences les unes aux autres. Gerdy,

Professeur à la Facolté de médecine de Paris, chirurgien de l'hôpital de Saint-Louis.

aunée (bot.) ou enula campana.Y . Inule.

aura ( physiol . et path.), s.f., mot latin qui signifie vapeur. On a employé ce mot »en médecine pour désigner une partie subtile que l’on supposait émaner de certains fluides du corps ; ainsi des I physiologistes ont pensé que la portion active et fécondante de la semence était un principe volatil, vaporeux qu’ils ont nommé aura seminalis. Quelques-uns o-nt donné à l’odeur qui se dégage du sang le nom d’aura sanguinis, et ils croyaient que cette vapeur jouait un grand rôle dans les phénomènes de la vie. Van-Helmont,qui regardait le principe vital comme un gaz ou une vapeur subtile,lui avait donné le nom d’aura vitalis. Enfin dans certaines maladies nerveuses et convulsives, telle que l’hystérie etl’épilepsie,souventles accès sont précédés dusentiment d’une vapeur qui parait partir d’un membre et remonter vers la gorge et la tête: cette sensation, qui précède et annonce les accès, a recule nom d ’auraepileptica ou hysterica. On a vu quelquefois cet aura partir de l’extrémité d’un membre , comme le bout d’un doigt ou d’un orteil; d’autrefois cette sensation part d’une articulation, ou d’une des parties du ventre ou de la poitrine (V. Hystérie, Epilepsie.)

auriculaire ou oriculaire ( anat .), adj., se dit de certaines parties qui ont rapport à l’oreille; il y a des muscles, des nerfs et des vaisseaux auriculaires. (Y. Audition.)

auricule ou oricule (anat.), s. f. C’est le nom que l’on a donné au pavillon de l’oreille. Voyez sa description au mot Audition.

auriculo - ventriculaire ( anat. ) , adj. On donne ce nom aux ouvertures qui font communiquer les oreillettes du cœur avec les ventricules. Les valvules qui servent à fermer momentanément ces ouvertures ont aussi reçu le nom de valvules auriculo -ventriculaires. (V. Cœur.)

auscultation (path.), s. f. vient du mot lahn, auscultare , écouter. Ce nom a été donné , en médecine, à l’emploi de l’ouïe, pour reconnaître les différentes maladies de la poitrine.

L’auscultation peut être immédiate ou médiate ; elle est immédiate lorsqu’on applique directement l’oreille nue sur les parois thoraciques ; elle est médiate quand on se sert, pour percevoir les phénomènes , d’un instrument appelé stéthoscope. Cet instrument consiste en un cylindre de bois de 8 à 12 pouces de longueur et de 15 à 18 lignes de diamètre ; ce cylindre est percé dans toute son étendue d’un trou rond de 9 lignes de circonférence ; il, est creusé en entonnoir à l’extrémité , qui doit être appliqué sur la poitrine , et cette cavité peut être remplie à volonté par un cône du même bois nommé embout. L’embout est laissé à l’instrument pour l’examen de la voix et de quelques affections du cœur, il en est retiré pour l’examen de la respiration.

L’auscultation est la plus importante découverte médicale de notre siècle. Honneur immortel au génie qui en a doté la science ! Grâce à Laënnec , la connaissance des maladies de la poitrine a acquis une certitude presque mathématique ; en présence de si prodigieux résultats on ne peut concevoir qu’il ait suffi de trois années d’investigations et de recherches , pour la création d’un moyen de diagnostic aussi parfait.

La nature de cet ouvrage nous interdit de donner à cet article tous les développements scientifiques intéressants dont il est susceptible; nous tâcherons , néanmoins , de le rendre aussi complet que possible.

Aujourd’hui tout médecin instruit doit , au moyen de l’auscultation , facilement reconnaître et apprécier, dans toutes leurs périodes, les diverses affections des poumons, des plèvres et du cœur. Voyons d’abord pour le poumon.

La respiration , la voix , la toux, ont des caractères normaux. Lorsqu’on applique l’oreille sur la poitrine d’un individu bien portant , qu’on le fait respirer , qu’on le fait parler ou tousser , on perçoit les bruits propres à chacune de ces actions. Il est d’autant plus important de bien se pénétrer de ces caractères , que c’est dans les modifications qu’ils présentent qu’on trouvera les signes de telle ou telle maladie.

Les poumons sont des organes celluleux expan- I sibles , composés presque uniquement de deux crï dres de vaisseaux se divisant à l’infini, les uns portant de l’air , les autres contenant du sang , et réunis entre eux par un tissu cellulaire dense , de sorte que les poumons constituent une espèce d’éponge imprégnée sans cesse d’air et de sang. Les vaisseaux aérifères sont les bronches, qui d’abord assez amples pour contenir l’extrémité du petit doigt , vont ensuite en se divisant à l’extrême et finissent par ce qu’on nomme vésicules pulmo- * monaires.

Le stéthoscope appliqué sur le trajet des grosses bronches fait percevoir le bruit du passage de l’air dans ces tubes ; ce bruit est très-différent i de celui que l’on perçoit lorsqu’on met l'oreille sur une autre partie, du poumon ; ici l’on entend

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un bruit léger résultant de la pénétration de l’air > dans le tissu de l’organe et de son expulsion , tan- 1 disque sur le trajet des bronches on entend l’air passer, avec une certaine force, dans le tube et donner lieuàunbruitde souffle. Cette dernière respiration s’appelle respiration bronchique , l’autre respiration vésiculaire. La respiration bronchique peut se rencontrer dans les points où , dans l’état sain , l’on trouve la respiration normale ou vésiculaire ; cela a lieu lorsqu’à la suite d’une inflammation, le poumon augmente de densité , s’endurcit , s’hépatise. Alors le passage de l’air dans les tuyaux bronchiques est transmis , par continuité , d’une manière plus bruyante, et le murmure respiratoire qui s’opère dans les vésicules pulmonaires n’a pas lieu. Le même phénomène se passe, lorsqu’un épanchement dans la plèvre comprime le poumon et empêche l’air de pénétrer ailleurs que dans les grosses bronches. Ainsi , lorsque dans un point des poumons où l’on devrait entendre la respiration vésiculaire , on entend la respiration bronchique , ou tubaire , c’est un signe que cette partie du poumon est imperméable à l’air , et en général , qu’il existe une pneumonie ou une pleurésie, etc. , maladies que les autres signes existants servent à différencier.

La respiration peut aussi être plus forte que dans l’état sain ; elle prend alors le nom de respiration puérile. Ce phénomène s’observe lorsqu’un poumon, par une cause quelconque , est imperméable ; dans ce cas, celui du côté opposé augmente, pour ainsi dire , ses fonctions pour suppléer à celui-là : c’est, par conséquent, dans le poumon sain ! qu’a lieu la respiration puérile.

Tant que les bronches sont libres , la respiration ' faible ou forte , vésiculaire , trachéale ou bronchique , est toujours pure ; mais aussitôt qu’une sécrétion quelconque s’opère dans les tuyaux aérifères ou que tout autre état pathologique des poumons survient, l’on perçoit pendant la respiration des bruits appelés râles.

Pour plus de simplicité et plus de clarté, ne pouvant point faire ici l’histoire complète des râles, nous nous bornerons à caractériser ceux qui indiquent les affections les plus communes , et nous les diviserons en râles du catarrhe , râles de la pnlmonie , et râles dépendant de la désorganisation du poumon. Quelque fautive que soit peutêtre scientifiquement cette division, elle aura l’avantage de rendre plus palpables les phénomènes de l’auscultation , et de faire comprendre les déductions que le médecin en tire pour le diagnostic. I

Les râles du catarrhe sont le râle sibilant, le râle sonore, le râle muqueux. Le râle sibilant, le râle sonore , existent le plus souvent ensemble et marquent la période d’irritation des bronches; la membrane muqueuse des tuyaux aérifères est, à cette époque , gonflée , de sorte que l’air ne pé. nètre qu’avec un certain bruit de sifflement (râle

sibilant) ou de ronflementqui va quelquefois jusqu’à imiter le roucoulement de la tourterelle (râle sonore) . Mais lorsque les sécrétions commencent, que I les crachats s’accumulent dans les bronches, alors l’air en traversant ces liquides, plus ou moins

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épais, donne lieu au râle dit muqueux. Ces râles peuvent exister isolément où se trouver réunis , mais ils ne constituent que le catarrhe; néanmoins, les râles sibilant et sonore s’observent dans l’asthme.

Un seul râlé existe pour la pneunomie, mais il est caractéristique et ne s’observe que dans cette maladie , c’est le râle crépitant. Les râles sibilant, sonore, muqueux, ne se passent que dans les bronches, la substance du poumon y est étrangère; celui-ci a lieu dans les vésicules aériennes, et est occasionné par l’exhalation de sang et de lymphe plastique qui s’opère dans ces mêmes vésicules , dans le premier degré de la pneumonie. Laënnec, pour donner une idée de ce râle, le comparait au bruit que produit le sel qu’on fait décrépiter dans une bassine ; on s’en fera une idée plus exacte en froissant fortement une mèche de ses cheveux entre deux doigts. Le râle crépitant est plus ou moins fin, plus ou moins sec, suivant que l’air a à pénétrer un liquide plus ou moins plastique; ainsi il existe dans l’œdème du poumon, un râle nommé sous-crépitant, qui a beaucoup d’analogie avec le premier , mais qui cependant en diffère ; une oreille médiocrement exercée reconnaît facilement que dans ce cas , l’air traverse un liquide plus ténu et ayant moins de plasticité que le sang.

Le râle sous-crépitant se rencontre aussi dans l’apoplexie pulmonaire.

Quand nous avons parlé des râles dépendant des désorganisations pulmonaires , nous avons entendu ranger dans cette classe le bruit de craquement dépendant du premier ramollissement des tubercules, et le râle caverneux. L’oreille appliquée sur un point où les tubercules commencent à se ramollir perçoit de grosses bulles d’air qui , avec un bruit sec , viennent agiter des matières à moitié liquides, il y a là un véritable craquement; lorsque les masses tuberculeuses sont complètement ramollies et que déjà une partie a été expectorée , l’air pénètre au milieu de la matière , et donne lieu à un gros râle muqueux, abondant, circonscrit, ayant un caractère particulier; c’est le râle caverneux.

Les phénomènes fournis par la voix sont : la bronchophonie , la pectoriloquie et l’égophonie; les deux premiers se rapportent à des affections du parenchyme des poumons, le dernier est le signe d’une affection de la plèvre.

Si l’on applique le stéthoscope chez un individu bien portant, sur le trajet des grosses bronches, on aura par l’action de la parole une résonnance de la voix nommée bronchophonie, qui n’existera pas dans toute autre partie de la poitrine. Si donc on perçoit ce retentissement de la voix dans un endroit où il n’a pas lieu dans l’état sain, l’on aura dans ce point de la bronchophonie; ce sera l’indice qu’il y a là ou une masse de tubercules crus, ou un travail pathologique qui a hépatisé le poumon, ou un épanchement qui comprime cet organe ; circonstances propres à transmettre à l’oreille la résonnance de la voix dans les bronches.

La bronchophonie n’a rien de net, de parfaitement articulé; le son est à peu près confus; il

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