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AUS
n’en est pas de môme de la pectoriloquie. Lorsqu’elle est parfaite, la voix au-dessous du stéthoscope est nettement articulée et semble sortir directement par le point de la poitrine où l’instrument est appliqué en traversant toute l’étendue du trou central jusqu’à l’oreille. On peut en avoir une idée satisfaisante en appliquant le cylindre , muni de l’embout, sur le larynx du premier sujet venu et 3n le faisant parler. La pectoriloquie est le signe certain d’une caverne pulmonaire; suivant que l’excavation est grande ou petite, vide ou pleine, la pectoriloquie est parfaite , imparfaite ou douteuse.
L’égophonie est une résonnance de la voix aigre, tremblotante, nasillarde, comparable à la voix du polichinelle, c’est comme une espèce de pectoriloquie chevrottante ; elle est l’indice d’un épanchement médiocre dans l’une des plèvres; lorsque l’épanchement devient très-considérable , elle disparaît , et elle reparaît lorsqu’il diminue de nouveau; on la trouve à l’angle de l’omoplate ou à son bord interne ou externe.
Les phénomènes fournis par la toux se bornent à la toux caverneuse et au gargouillement; l’un et l’autre de ces signes indiquent une excavation pulmonaire : l’air en pénétrant largement et avec force, dans ces cas , dans la caverne, agite la matière puriforme qu’elle contient, et amène un véritable gargouillement caractéristique; la toux donne aussi dans ces circonstances un son particulier qui lui a fait donner le nom de caverneuse.
Il est un phénomène curieux dont nous ne disons qu’un mot, et qui est fourni à la fois par la respiration et par la voix , c’est la résonnance et le tintement métalliques. Dans ces cas la voix retentit sous le stéthoscope, et résonne comme si le malade parlait dans une citerne ; à la fin de la phrase où dirait un écho. Dans quelques cas , par la parole , ou seulement par le moindre mouvement , on entend , en appliquant l’oreille sur la poitrine du malade , un bruit analogue à celui que produit une goutte d’eau tombant dans une carafe aux trois quarts vide. Ces phénomènes font connaître une communication fistuleuse de la cavité de la plèvre avec les bronches, et un épanchement d’une certaine quantité de liquide et d’air dans cette cavité.
Il nous est impossible d’entrer dans des détails suffisants pour faire apprécier, au moyen du stéthoscope, les diverses affections du cœur, nous nous bornerons à en dire quelques mots. Lorsqu’il y a dilatation d’une des cavités , le son que détermine la contraction de l’oreillette ou du ventricule affecté est beaucoup plus éclatant, et les battements s’entendent dans un plus grand espace de la poitrine. Lorsqu’au contraire il y a hypertrophie , il y a peu de son , mais une impulsion plus ou moins forte dans la contraction de l’organe , c’està-dire que l’oreille appliquée sur le cylindre est repoussée par les battements.
On observe dans les contractions du cœur quelques bruits particuliers qui sont les signes de certains états pathologiques; ce sont : 1° le bruit de soufflet; 2° le bruit de râpe, de lime ou de scie; 3® le bruit de cuir. Le bruit de soufflet est l’indice
d’un état de spasme de l’orifice aortique ; le bruit de râpe , de lime ou de scie , sont des signes certains du rétrécissement des orifices du cœur, par des ossifications , végétations , etc. ; l’on peut apprécier par le lieu où l’on entend ce bruit, quel est l’orifice affecté.
Si ce court aperçu peut donner une idée du moyen immense de diagnostic appelé auscultation, notre intention est remplie. Quant à préciser les nuances, à déterminer d’une manière complète tous les cas où elle est utile , nous n’avons pu le faire ; ainsi dans la grossesse, par son aide, l’on peut distinguer le bruit de la circulation placentaire et les battements du cœur du fœtus. Ainsi dans les fractures douteuses , l’on peut, avec le stéthoscope , percevoir la crépitation des fragments , etc.
Nous le répétons , l’auscultation est une précieuse découverte , et tout médecin doit nécessairement la connaître aujourd'hui.
Miquel
Rédacteur en chef Au Bulletin de Thérapeutique , ancien chef de clinique à l'hôpital de la Charité.
austère ( mat. mëd. ), adj. ; saveur austère, c’est une saveur acerbe très-prononcée. J. JB.
autoteastie. Voy. Néoplastie.
autopsie [anat. path.), s.f. (du grec, autos , soi-même, et opsis, vue) . Ce mot, dont l’étymologie est à peu près insignifiante , sert à désigner l’ouverture et l’examen d’un cadavre, fait surtout dans le but de découvrir la cause de la mort. Tantôt l’autorité provoque cette mesure pour s’assurer si un décès est le résultat d’un accident , d’un suicide ou d’un crime ; d’autres fois, c’est dans l’intérêt de l’art et des familles qu’on procède à une ouverture. Chez les anciens , un respect superstitieux pour la dépouille des morts empêcha presque cons tammentlesmédecins d’interroger les organes malades sur le cadavre; ce ne fut gnère qu’au seizième siècle , à l’époque de Vésale , que les autopsies commencèrent à devenir fréquentes; de nos jours, elles ont été de plus en plus multiplées, surtout dans les hôpitaux de Paris, où elles ont puissamment contribué au progrès qu’a fait dans ces derniers temps l’art de guérir; l’ouverture d’un cadavre éclaircit bien des doutes, et révèle bien des faits qui intéressent non-seulement le médecin , mais souvent encore la famille du défunt; l’observation, en effet , a appris que les dispositions maladives de nos organes sont très-fréquemment héréditaires , et que la même affection qui a occasioné la mort chez le père , la détermine plus d’une fois aussi chez le fils ; pour ne citer ici qu’un exemple célèbre , on sait que la même maladie a dévoré une partie de la famille de Napoléon. D’après ces considérations, nul doute que la connaissance du siège du mal, et des altérations qu’il a produites sur nos organes , ne soit d’une grande utilité pour combattre plus tard une affection analogue. C’est donc un préjugé nuisible que celui qui fait repousser une autopsie jugée utile par le médecin, pour ne voir dans cette opération qu’un objet de vaine curiosité; en vain alléguerait -on le respect dû aux morts, mais quel outrage fait- on à un cadavre