‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 123 sur 316 · BOL · texte numérisé non relu

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seille ; les émulsions , les jus d’herbes, le café , le thé, le chocolat, etc. La plupart de ces boissons sont des objets de luxe, mais plusieurs d’entr’elles sont devenues des objets de première nécessité ; il y en a qui peuvent remplir des indications thérapeutiques , leur action sur notre corps est trèsvariée. Pour leur préparation, voir chacun de ces mots.

Classe. — Boissons dont le principe actif est V alcool. Cette classe renferme le vin, le cidre, la bière, le poiré, les ratafias, l’eau-de-vie, le kirsch, etc.

Chaque peuple, en raison de ses besoins, de son climat et des produits de son sol, fait usage de plusieurs boissons spiritueuses et fermentées dont la préparation est propre à chaque pays . Ainsi la bière , le cidre et le poiré pour les peuples du Nord ; les liqueurs enivrantes pour les Orientaux, telles que le chosaf des Turcs, et le coconar des Perses; en outre Yarack des Arabes, qui est un produit delà distillation du riz fermenté. Le kirsch-wasser , préparé avec des cerises sauvages ou merises; 1 e marasquin et Yamarène , qu’on fait en Italie avecdes petites cerises qu’on nomme marasca et amarena; le cachiri, qu’on retire à Cayenne delà racine d & manioc, qui a le goût de poiré; cette liqueur est enivrante, et, prise avec modération, jouit des propriétés diurétiques ; le ouicou, qui se prépare en Amérique avec le manioc , les patates, les bananes et la canne à sucre, et qui remplace le vin avec avantage; le yoldtole et le chicoha, que les Indiens composent avec l’épi de maïs , et qui enivrent plus promptement que le vin; le sakki, boisson fermentée que les Japonais font avec le riz; la sapinette, que l’on prépare avec les sommités et les branches dusapin noir; le lipet, ou vin de miel de Pologne, qui jouit des mêmes propriétés que le vin blanc de Champagne; enfin le zamiu des Siciliens, qui est un véritable alcoolé d’anis , préparé avec les semences de fenouil et de l’alcool. Aux environs du mont Etna et dans les parties méridionales de la Sicile, les habitants, pendant l’été, sont souvent si échauffés, qu’il n’y a pas de boissons suffisantes pour étancher leur soif; les gens riches font usage de glaces et de limonades glacées ; mais dans les classes pauvres on se sert de zamiu , qu’on mélange avec de l’eau glacée ; dans ce mélange, l’alcool s’empare de l’eau, et une portion d’huile essentielle d’anis, en se précipitant, blanchit la liqueur qui devient très-agréable et fait perdre à l’eau glacée sa saveur fade et insipide. Cette boisson a tous les avantages des liqueurs spiritueuses sans en avoir les inconvénients; elle agit sur la muqueuse de la bouche et sur les organes salivaires, sollicite une action modérée de salive , étanche la soif et modère les sueurs successives.

Les liqueurs spiritueuses et fermentées ont presque toutes des effets communs qui dépendent de l’alcool qu’elles contiennent en plus ou moins grande proportion. Prises en quantité modérée, elles sont toniques , donnent de la gaité , aident et accélèrent la digestion ; en quantité plus forte, elles étourdissent , et cet effet est suivi de faiblesse et de somnolence; si la digestion n’est pas

accomplie, elle finit par être troublée par des ai greurs et des rapports désagréables. Enfin, l’excès de ces liqueurs, après avoir étourdi, fait perdre la raison, cause une véritable fureur; la marche ne se fait plus avec des mouvements réguliers, et les facultés intellectuelles sont abruties : l’action de l’estomac étant suspendue , il s’en suit un vomissement de matières crues d’une odeur aigre , le dégoût des aliments, et le désordre dans toutes ses fonctions. (Y. Ivresse.)

L’ensemble de ces phénomènes ne se présente ordinairement que dans la populace, qui, étant blasée, ne trouve plus de goût au vin , et a recours à l’eau-de-vie qui est la cause de son ivresse. (Y. Alcooliques.)

5e Classe.— Boissons alimentaires. Il y a des boissons qui peuvent aussi être considérées comme aliments; en effet les substances nutritives tenues en dissolution dans un liquide sont plus facilement digérées, puisqu’elles se présentent dans un grand état de division et de mobilité, circonstances qui rendent l’assimilation très-facile sans qu’il y ait besoin d’une très-grande énergie des organes digestifs : ces boissons alimentaires quelquefois peuvent seules suffire à la nutrition1 et sont d’un grand secours dans les affections chroniques, quand les voies digestives sont dans un état d’épuisement et de faiblesse.

Ces espèces de boissons sont souvent employées dans des maisons d’aliénés, toutes les fois que les malades refusent les aliments pour se laisser mourir de faim. (V. Bouillon, Lait, etc.)

S. Fürnari,

Docteur en médecine , membre de l'Académie de médecine de Palerme.

bol (pharm.) , s. m. (du grec bôlos , morceau , bouchée). On donne ce nom à un composé de médicaments qui est ordinairement un mélange de poudre, d’extraits de sirops, etc. , auquel on donne la forme et le volume d’une petite olive , et qui est destiné à être avalé en une seule fois. Le bol est plus volumineux et plus mou que la pilule ; il est d’une consistance plus solide que l’électuaire.

On donne aussi le nom de loi alimentaire à la masse que forment les aliments après avoir été broyés par la mastication. Ils sont réunis par la langue et placés sur la base de cet organe, pour ensuite être avalés ; ce qui constitue la déglutition. (V. Digestion.) J. B.

bol D’arménie ( mat. méd.) C’est une argile rouge et ferrugineuse qu’on trouve spécialement en Arménie et aussi dans diverses contrées de l’Europe , telles que la Sicile , la Toscane et même la France. Cette substance se trouve en masses terreuses , à cassures conchoïdes, d’un rouge plus ou moins brun, grasses au toucher, et se délayant facilement dans l’eau ; elle est composée de silice, d’alumine , de carbonate de chaux et de magnésie et d’oxide de fer. Ce médicament, qui est tonique et astringent , était employé autrefois dans les diarrhées et les hémorragies; il est inusité aujourd’hui. J. B.

BOLE3 Ilot.), s. m. (V. Champignons).

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bonbons ( hyg .) s. m. pl. Ce sont des sucreries préparées de diverses manières, et que les confiseurs aromatisent ordinairement avec différentes huiles essentielles ou des eaux distillées, telles que celles de rose, de menthe, de citron, d’orange, etc.

Les bonbons simples, c’est-à-dire ceux qui ne sont faits que de sucre, ne présentent aucun inconvénient; il n’en est pas de même de ceux qui sont fortement aromatisés ; les principes excitants qu’ils peuvent contenir déterminent quelquefois des irritations de l’estomac ou des intestins ; souvent aussi de véritables indigestions sont la suite d’une ingestion considérable de sucreries préparées avec des amandes, des pistaches ou des fruits confits dans le sucre. Mais les plus graves accidents que peuvent occasionner les bonbons sont certainement dus aux substances colorantes qui sont quelquefois employées pour peindre ceux dans lesquels le sucre est cristallisé, et que l’on nomme, à cause de leur aspect, bonbons candis. La couche de couleur est ordinairement placée dans ces sucreries sous une couche superficielle de sucre, de manière que ce n’est qu’après avoir enlevé cette première couche que l’on peut juger de la qualité de la matière colorante.

Les substances minérales qui ont été employées pour cette coloration sont, le chromate de plomb qui donne une belle couleur jaune opaque , le minium qui donne une couleur rouge, le carbonate de plomb qui donne une couleur blanche et que les confiseurs désignent souvent sous le nom de blanc d’argent, l’arsénite de cuivre qui donne une belle couleur verte; toutes ces substances, qui sont vénéneuses, ont souvent donné lieu à des empoisonnements qui, dans quelques cas, ont été mortels.

II arrive quelquefois que les sucreries ne sont pas coloriées, mais qu’elles sont enveloppées dans des papiers teints et recouverts par l’une des substances que nous venons d’indiquer; dans cette circonstance, quoiqu’il y ait moins de danger, on ne doit pas cependant le considérer comme éloigné ; car il peut se faire, et cela même s’est remarqué plusieurs fois, que, le bonbon venant à se briser, la liqueur sucrée qu’il renferme se répandant et se séchant sur le papier, les enfants, dans le but de la recueillir, mettent ce papier dans leur bouche, et l’on a vu des accidents assez graves déterminés par ce mode d’empoisonnement. La quantité de substances colorantes qui sont sur ces papiers est même assez abondante; car nous avons recueilli près d’un décigramme d’arsenic métallique d’un de ces carrés de papier vert, enveloppant un bonbon, que nous avions fait brûler dans un tube.

La gomme-gutte a aussi été employée pour la coloration des bonbons, et son action purgative n’est pas sans danger chez les enfants qui sont souvent disposés aux irritations intestinales. Le minium oxyde de plomb, et le sulfure de mercure, cinabre, ont été surtout employés pour colorer les pralines grillées ; mais ce n’est que pour celles qui sont communes et de bas prix qu’on mettait en usage ce procédé. Les pastillages qui représentent des fruits, des légumes, etc., qui sont faits avec un mélange de sucre et d’amidon, étaient souvent colorés avec des substances minérales.

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Les plaintes nombreuses et les graves accidents qui avaient été signalés par suite de l’usage de certaines sucreries colorées ont éveillé l’attention de l’autorité, et depuis l’année 1830, des ordonnances de police ont été rendues à Paris; elles prescrivent aux confiseurs de ne point faire usage de substances minérales, excepté le bleu de Prusse et l’outremer , et elles indiquent les substances colorantes dont ils peuvent faire usage, ce sont : pour la couleur bleue, l’indigo, le bleu de Prusse et l’outremer; pour la rouge , la cochenille, le carmin, la laque du Brésil et l’orseille; pour la jaune, le safran, la graine d’Avignon, le quercitron, le curcuraa, le fustet et les laques alumineuses de ces diverses substances. Les couleurs composées se font par les mélanges des couleurs ci-dessus.

Des visites annuelles sont également faites par des membres du conseil de salubrité chez tous les fabricants et débitants de bonbons; nous avons pendant trente années été chargé de cette surveillance, et nous avons remarqué tout le bien qu’elle a produit. Lors des premières visites, presque tous les fabricants, dans le but de donner plus d’éclat à leurs bonbons, faisaient usage de substances minérales; aujourd’hui, au contraire, ces infractions sont rares. Nous pensons que ce serait rendre un service à la santé publique que d’engager les maires des grandes villes à faire procéder annuellement à la visite des confiseurs.

S’il arrivait qu’un enfant ou une autre personne fût indisposée pour avoir mangé une trop grande quantité de bonbons, ou bien des bonbons de mauvaise nature, on devrait s’empresser de provoquer le vomissement par de l’eau tiède ou par l’émétique; après le vomissement on donnerait une boisson mucilagineuse et tiède, si l’on supposait les bonbons colorés par une substance malfaisante. Un thé léger ou une infusion légère de camomille serait suffisante dans le cas où ce ne serait qu'une indigestion.

J. P. Beaude.

bonnes (Eaux minérales). Bonnes est un petit village qui n’est guère habité que pendant la saison des eaux, situé dans la vallée d’Ossan, département des Basses-Pyrénées, à 800 mètres au-dessus de la mer. Sa position à l’extrémité d’un vallon et dans une excavation triangulaire formée par la montagne lui donne un aspect très-pittoresque; il est défendu de tous les côtés, excepté vers le nord, de l’action des vents par de hautes montagnes calcaires et taillées à pic. Le vent du nord, qui souffle seul dans le vallon, rend l’air vif et pur et surtout tempère les chaleurs de l’été; aussi * est-on obligé de se couvrir avec soin et de ne point prolonger la saison des eaux au delà de la fin de septembre.

Les sources de Bonnes sortent d’un terrain calcaire qui recouvre le terrain granitique qui j forme la base de la vallée ; elles sont au nombre de trois. La source vieille se divise en deux courants : l’un fournit l’eau des bains, et sa température est de 32° C.; l’autre se rend à la buvette, et sa température est de 30°. Cette source est peu abondante, et le courant qui est destiné pour les bains

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peut à peine en fournir 50. La source à’Ortech sort du marbre primitif, sa température est moins élevée que celle de la source vieille ; elle est située sur le bord du Gave. La source de la Montaye, dont la température n’est que de 11°, et dont M. Léon Marchant a parlé l’un des premiers. L’eau de ces sources est limpide, pétillante, et contient des flocons blanchâtres qui sont sans doute de la barégine. Elle est douce au toucher, savonneuse, son odeur est sulfureuse, mais peu prononcée, sa saveur est légèrement vineuse, quelques personnes même s’y habituent et finissent par la trouver agréable. Cette eau s’altère facilement à l’air et par la chaleur.

La meilleure analyse que l’on ait eue jusqu’à ce jour des Eaux-Bonnes est due à M. Henri fils, mais elle ne saurait être complètement satisfaisante, car elle a été faite loin de la source, et sur des bouteilles envoyées à Paris. M. Henri a reconnu l’existence du gaz azote, de l’acide carbonique, de l’hydrogène sulfuré, des hydrochlorates de soude, de magnésie et de potasse, des sulfates de chaux et de magnésie, du carbonate de chaux, de la silice, de l’oxyde de fer, de la barégine, des traces de soufre. Il est probable que les gaz que cette eau contient à la source, et surtout l’acide carbonique, sont dans une proportion assez notable.

Les Eaux-Bonnes, sans remonter à une antiquité reculée, sont cependant connues depuis longtemps, car l’ancienne cour de Navarre les fréquentait souvent. On dit qu’après la bataille de Pavie, on y envoya les soldats béarnais qui y avaient été blessés, et que les bons effets qu’ils retirèrent de ces eaux leur fit donner le nom d’eaux à'arquebusade. Henri IV, dans sa jeunesse, se plaisait aux eaux de Bonnes.

Depuis quelques années, les fouilles entreprises par M. François, ingénieur des mines, ont fait découvrir de nouvelles sources, et elles sont maintenant au nombre de sept et donnent une quantité d’eau plus considérable. Des travaux importants sont en cours d’exécution. L’analyse des eaux a été faite de nouveau par M.Filhol, qui atrouvé les eaux sulfurées par le sulfure de calcium, avec seulement des traces de potasse et de soude. La saison commence au premier juin et finit au premier octobre; souvent dès le mois de septembre il n’y a plus personne à Bonnes, et les buveurs sont allés à Bagnères jouir des plaisirs de cet endroit, le plus agréable des établissements thermaux des Pyrénées.

Les Eaux-Bonnes se prennent rarement en bain ; leur température n’est pas assez élevée, et l’on est obligé de faire chauffer l’eau, ce qui l’altère et la décomposé toujours. La quantité d’eau que l’on boit est assez considérable : cinq, six, et même huit verres, suivant les personnes : on doit toujours séparer ces prises par quelques tours de promenade: par ce moyen on peut facilement boire une plus grande quantité de liquide. Souvent on coupe les eaux avec quelque tisane amère ou aromatique, ou bien avec du lait, des boissons mucilagineuses,etc. La réputation de ces eaux est principalement due a Théophile Bordeu, qui en vanta les propriétés et qui les signala même avec une espèce d’exagération ; il les regardait comme propres à guérir toutes

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Aujourd’hui c’est principalement dans les affections de poitrine, telles que la pleurésie et la pneumonie, les catarrhes, et même la phthisie chronique; dans l’épuisement causé par les maladies longues, que l’on prescrit le régime de ces eaux. On les emploie aussi dans les engorgements chroniques des viscères du bas-ventre, chez les femmes épuisées par les affections nerveuses. Les Eaux- Bonnes ont quelquefois été employées pour remplacer les eaux de Baréges chez les sujets qu’une trop grande susceptibilité nerveuse ou une trop grande faiblesse empêche de supporter l’activité de ces dernières eaux , quoique leur composition ne soit pas la même. Les thermes de Bonnes sont loin de produire tous les miracles que leur attribuait Bordeu ; on doit cependant dire avec justice qu’il» jouissent d’une efficacité réelle et spéciale; leurs eaux sont surtout, en raison de leur bénignité, utiles dans les affections que nous avons signalées.

Médecin-inspecteur des établissements d’eaux minérales.

borate de soude (V. Borax).

borax ( chim .), s. m. On a donné ce nom au sous-borate de soude du commerce ; on le trouve dans les eaux de plusieurs lacs de l’Inde, au Pérou, dans l’île de Ceylan, dans la Transylvanie : ce sel se recueillait sur le bord des lacs où on le trouvait cristallisé par l’action de l’évaporation des eaux ; aujourd’hui presque tout le borax se prépare de toutes pièces avec l’acide borique que l’on trouve dans les eaux des Lagoni de Toscane, et la soude du commerce. Ce sel est employé en métallurgie comme fondant ; en médecine on en fait usage dans quelques gargarismes et collutoires que l’on emploie pour combattre les angines chroniques, les aphthes et les ulcérations chroniques de la muqueuse de la bouche. J. B.

borborygmes ( physiol .), s. m. pl. (du grec Borborygmos, murmure, bruit sourd). On donne ce nom au bruit que font les intestins lorsqu’un gaz se déplace dans leur cavité. Chez quelques personnes nerveuses, ce bruit a souvent lieu dans l’état de santé et sous l’influence d’une émotion morale; dans l’état de maladie, il se manifeste souvent dans les affections du ventre et il précède ordinairement les évacuations alvines. J. B.

borgne ( anal .), adj., qui n’a qu’un œil. On se sert souvent de ce mot en anatomie pour indiquer un conduit qui n’a qu’une ouverture. En pathologie on dit aussi une fistule borgne, interne ou externe, pour désigner un conduit fistuleux qui n’est ouvert qu’en dedans et en dehors. J. B.

bosse ( path .), s. f. On donne ce nom à la saillie formée par la déviation de la colonne vertébrale. (V. Gibbosité, Orthopédie .) On donne aussi le nom de bosse aux épanchements sanguins qui se forment sous les téguments qui recouvrent le crâne, à la suite d’une contusion. (V. Contusion.) J. B.

bodcre ( anat .), s. f. (du latin bucca, en grec stoma ) ; première cavité du canal digestif renfermant la langue, les dents, etc. ; dans le langage

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vulgaire ce mot désigne seulement l’orifice de cette cavité. Considérée dans son ensemble , la bouche présente une forme à peu près ovalaire et allongée d’avant en arrière ; son diamètre vertical varie beaucoup , suivant que les mâchoires sont plus ou moins écartées.

Si on l’examine lorsqu’elle est largement ouverte, on voit d’abord que son intérieur est tapissé d’une membrane rouge et molle qui se continue aux lèv res aveclapeau;cette membrane, qui porte le nom de muqueuse buccale , renferme dans son intérieur une grande quantité de petites glandes qui sécrètent une matière muqueuse ( follicules mucipares); elle est recouverte d’une espèce d’épiderme très-fin nommé épithélium , En allant ensuite d’avant en arrière, on aperçoit les lèvres ( labia ), sortes de voiles mobiles composés de dix-neuf muscles , d’où leur vient leur extrême mobilité en tous sens. Elles renferment en outre des vaisseaux sanguins en assez grand nombre pour donner lieu à une légère hémorrhagie dans le cas de blessure. Des deux lèvres, la supérieure est un peu plus saillante que l’inférieure; elle offre en même temps au milieu une gouttière verticale qui semble se continuer avec la cloison du nez. Les deux lèvres se réunissent de chaque côté en formant un angle aigu qu’on appelle leur commissure.

En haut se présente le palais ( palatum ), sorte de voûte parabolique formant la partie supérieure de la cavité buccale ; sur son milieu et d’avant en arrière règne une ligne enfoncée qu’on peut sentir en appliquant le bout de la langue ; le palais n’est pas le juge du goût comme semblent l’indiquer les expressions usitées généralement, telles que celles- ci : aliments qui flattent le palais; on peut s’en assurer en promenant sur cette voûte un petit pinceau trempé dans de l’eau sucrée ; on ne percevra alors nulle sensation de saveur. Les os maxillaires supérieurs et palatins en constituent la partie osseuse. On y remarque encore , ainsi qu’à la mâchoire inférieure , l’arcade alvéolaire où sont implantées les dents ( V. ce mot où nous renvoyons pour les détails), nous dirons seulement ici, que ces petits os sont au nombre de seize à chaque mâchoire, savoir en allant d’avant en arrière quatre dents incisives , deux canines, quatre petites , et six grosses molaires. La membrane muqueuse qui recouvre les arcades alvéolaires porte le nom de gencives; elle revêt quelque caractère particulier; ainsi elle es t plus ferme , elle reçoit une plus grande quantité de vaisseaux sanguins, et ne renferme aucun follicule dans son épaisseur; elle se prolonge dans les alvéoles des dents qu’elle tapisse , et de là envoie un prolongement dans la petite cavité centrale que présente chaque dent; cette circonstance explique pourquoi on peut calmer certaines douleurs de dents en appliquant comme révulsifs des substances irritantes sur les gencives.

Les parties latérales de la bouche sont formées par les joues ( genre), dont la disposition est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en parler; Elles sontmolles, extensibles et, indépendamment

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de la peau à l’extérieur et de la muqueuse à l’intérieur, elles sont formées des muscles buccinateur, masséter, grand et petit zygomatique et d’une portion dupeaucier. Le petit conduit dit deSténon, chargé de porter la salive de la glande parotide dans la bouche , les traverse de chaque côté dans leur épaisseur , et s’ouvre obliquement au dedans de la bouche par un orifice situé auniveau de la seconde petite dent molaire supérieure à trois lignes environ de la réunion de la joue avec les gencives correspondantes.

En examinant la bouche lorsqu’elle est grandement ouverte, on aperçoit dans son fond le voile du palais , sorte de cloison très-mobile , molle , appendue à l’extrémité de la voûte du palais. Ce voile est surtout remarquable par le petit appendice conique qu’il présente à son milieu, qu’on connaît sous le nom de luette ( uvula ), et par la faculté qu’il possède de se lever et de s’abaisser instinctivement. Son bord inférieur a la forme d’une arcade à double cintre et se termine | de chaque côté par deux prolongements qu’on . nomm epiliers du voile du palais; l’un, antérieur, se continue avec la langue; l’autre, postérieur, avec l’arrière-bouche. Entre eux se trouve la glande nommée amygdale. (V. ce mot.) Le voile du palais est formé par la membrane muqueuse buccale ; repliée sur elle-même et comprenant neuf petits ! muscles dans son épaisseur. Son feuillet antérieur est moins rouge et contient plus de follicules que ' le postérieur. Le voile du palais a des usages importants dans la déglutition, comme on le verra; j il sert en outre à séparer la bouche de l’arrièrebouche ou pharynx.

Cette dernière cavité est située derrière les fosses nasales , la boucle et le larynx , et on peut à la vue en apercevoir le fond , surtout lorsque le voile du palais est relevé : ce fond correspond à la colonne vertébrale.

Le pharynx a une forme très-irrégulière: c’est une espèce de sac ou de canal, ayant quelque ressemblance à un entonnoir dont la petite ouverture correspondrait en bas avec l’œsophage ( conduit servant au passage des aliments dans l’estomac). Il est intéressant de connaître les diverses communications de l’arrière-bouche : en haut cette cavité communique avec l’ouverture postérieure des narines ; il résulte de cette disposition que les aliments, au moment où ils sont avalés, pourraient sortir par le nez si le voile du palais en se relevant en arrière ne faisait l’office de soupape pour empêcher ce reflux ; en bas et en avant s’ouvre aussi le larynx, organe destiné à la production de la voix et au passage de l’air dans les poumons; les aliments pourraient s’introduire de même dans cette ouverture si une espèce de soupape nommée épiglotte ainsi qu’un mouvement par- ' ticulier du larynx ne s’y opposaient d’une manière efficace (Y. Déglutition.) Lorsque par accident une.; parcelle d’aliment ou quelques gouttes de liquide! viennent à s’y introduire, on est pris de toux avec suffocation; on dit alors qu’on a avalé de travers; enfin lepharynx communique encore, comme nous l'avons vu, en bas avec l’œsophage et en avant avec la bouche. La membrane muqueuse qui la

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tapisse est d’un rouge très-prononcé et présente surtout à sa partie supérieure un assez grand nombre de follicules; dix muscles, savoir, six constricteur,, deux stylo-pharyngiens et ùeuxpharyngostaphylins , forment la partie charnue de l’organe et lui permettent d’exécuter les divers mouvements nécessaires à la déglutition.

Pour ne pas scinder la description anatomique des parties qui se rencontrent dans la bouche nous parlerons ici de la langue.

Cet organe a pour usage principal de nous donner la sensation des saveurs ; il concourt en outre à la prononciation , à l’action de mâcher , d’avaler, de cracher, etc. Il occupe à la fois la bouche et le pharynx ; tout le monde connaît sa forme pyramidale , ses faces aplaties, sa pointe , etc. Son extrême mobilité lui permet de se porter dans tous les sens; et grâce aux muscles dont il est composé, il peut s’allonger et se raccourcir à volonté. Les anatomistes ont distingué dans la langue une face supérieure , une face inférieure , deux bords latéraux, une pointe ou sommet, et une base.

La face supérieure, recouverte par la membrane muqueuse comme le reste de l’organe, est plate; elle est divisée en deux parties égales de chaque côté, par un petit sillon qui se prolonge jusque dans la partie la plus reculée, point où il se termine par un petit enfoncement nommé trou borgne de la langue. En examinant cette face de la langue on voit qu’elle n’est pas unie et lisse; elle offre en effet , outre des gerçures qui existent souvent d’espace en espace, une foule de petites éminences qu’on a nommé papilles ; on peut en distinguer de trois espèces : 1° des papilles coniques : ce sont les plus nombreuses de toutes ; elles ont la forme de petits cônes plus gros en arrière qu’en avant ; on les aperçoit du reste trèsfacilement, les nerfs qu’elles reçoivent viennent du lingual; elles paraissent être le siège principal du goût; 2° Des papilles fongiformes ( en forme de champignons), leur tête arrondie et aplatie est soutenue par une portion plus rétrécie, de manière à imiter une tête de ou; ces papilles, moins nombreuses que les précédentes, sont irrégulièrement disséminées près des bords de la pointe de la langue. On ignore leur véritable nature ; 3° Des papilles lenticulaires ou folliculeuses. Celles-ci , au nombre de neuf à quinze, sont disposées sur deux lignes qui se réunissent en forme de Y au trou borgne. Chez quelques personnes elles sont trèssaillantes , et on peut les apercevoir assez facilement en faisant tirer le plus possible la langue en dehors delà bouche; elles sont formées par des follicules dont les orifices excréteurs sont trèsvisibles ; les filets nerveux qui les animent viennent surtout des nerfs glosso-pharyngiens.

La face inférieure de la langue est libre, comme on peut le voir, d ns son tiers antérieur et sur ses côtés; mais dans le reste de son étendue, elle est adhérente, et tient à l’os hyoïde par le muscle hyoglosse et à la mâchoire inférieure) derrière le menton, aumoyen dugénio-glosse. Dans sapartie libre cette face delà langue est lisse et présente au milieu un repli triangulaire de la muqueuse qui porte

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le nom de filet ou frein de la langue ; on peut le voir très-facilement en élevant la pointe de la langue vers la voûte du palais; c’est ce même filet qui, gênant chez les enfants la succion ou la prononciation lorsqu’il est trop développé, exige une petite opération, qui a pour but de le couper. De chaque côté du frein existent deux petits replis frangés et à leur base deux veines assez grosses, faciles à reconnaître à leur couleur bleuâtre; on les nomme veines ranines; en opérant la section du filet chez le nouveau-né, on a vu ces veines être blessées et déterminer une hémorrhagie mortelle, celle-ci étant entretenue par la succion continuelle du sang par l’enfant.

Les bords de la langue sont arrondis, épais en arrière, minces en avant. La pointe de cet organe, d’une largeur variable, est libre et arrondie; sa base tient à l’os hyoïde, espèce de demi-cercle osseux, que l’on sent au-dessus de cette saillie connue sous le nom de pomme d’Adam (larynx) ; elle s’amincit au moment où elle se fixe sur cet os.

Quatre paires de muscles, les stylo-glosses, les hyoglosses, les génio-glosses et les linguaux, servent à exécuter les mouvements si variés de la langue. Cet organe reçoit ses artères de la linguale. Trois nerfs s’y distribuent avec des attributions différentes, le nerf grand hypo-glosse préside aux mouvements de la langue , le glosso-pharyngicn aux diverses sécrétions; enfin le nerf lingual qui provient de la cinquième paire est le nerf sensitif.

Telles sont les différentes parties qui composent la bouche; il serait trop long d’énumérer ici les diverses branches nerveuses et artérielles qui s’y distribuent; nous dirons seulement que ces dernières naissent de l’artère carotide externe.

bouche. ( séméiotique .) L’examende la bouche fournit aux médecins plusieurs signes importants pour reconnaître les maladies ; nous allons en indiquer rapidement quelques-uns : le tétanos, affection presque toujours mortelle, débute par un serrement des mâchoires , qui ne permet pas au malade d’ouvrir la bouche. Au contraire dans la luxation de la mâchoire inférieure, la bouche est ouverte sans qu’on puisse la fermer. Elle est déviée dans l’apoplexie. — La quantité de salive secrétée est augmentée lorsque le malade a fait pendant quelque temps usage de préparations mercurielles, ou pendant les accès d’hydrophobie. — L’haleine peut acquérir une fétidité due soit à des ulcères de la bouche soit à d’autres maladies des gencives, des dents, de la gorge et des poumons. — La rougeur anormale de la muqueuse de la bouche annonce un état d’inflammation de cet organe; il faut pourtant se rappeler que dans la scarlatine, il existe une rougeur framboisée très-intense, qui peut n’être nullement en rapport avec le peu d’intensité des symptômes inflammatoires. — L’existence d’aphthes chez les jeunes enfants, sans qu’il y ait de la fièvre ni de graves dérangements dans la santé tient souvent à la mauvaise qualité de la nourriture ou à d’autres oublis des préceptes de l’hygiène.—Le grincement des dents chez les enfants est quelquefois habituel et sans danger, d’autres fois il présage des convulsions. — Dans la gastrite et

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les inflammations intestinales, la langue est trèsrouge, surtout à sa pointe; il existe de la soif en même temps. Elle est chargée d’un enduit jaunâtre ou blanchâtre, et la bouche est amère , dans cet état particulier du tube digestif connu sous le nom d’embarras gastrique et intestinal , état qui exige souvent l’emploi des vomitifs et des purgatifs. — Dans les fièvres de mauvaise nature , la langue est sèche, noirâtre, fendillée, et comme rôtie. — Elle est froide dans le choléra morbus.

bouche (maladies de la). Plusieurs de ces maladies ont été ou seront décrites à part. Nous renvoyons donc le lecteur aux mots Angine (inflam- j mation du pharynx), Aphthes, bec de lièvre, dents (i maladies des), grenouillette , luette [maladie delà), Filet ( section du ), etc. , nous réservant de parler ici des affections communes à plusieurs parties de la bouche , ce qui comprendra les plaies et ulcérations et enfin la stomatite ou l’inflammation de la bouche.

Les plaies de la bouche présentent peu d’indications particulières. Lorsqu’elles ont quelque étendue, l’extrême mobilité des parties et l’importance que l’on doit attacher à ce que la réunion soit exacte font que dans ce but l’on a trèssouvent recours àla suture (V. ce mot); le malade doit donc se soumettre à cette petite opéra- | tion, quoiqu’elle soit un peu douloureuse. Il est j aussi nécessaire qu’il évite tout mouvement de j mastication; il faut en conséquence qu’il ne prenne que des aliments liquides pendant plusieurs jours. !

Les ulcérations de la bouche sont assez fréquen- j tés : comme les causes qui les produisent sont variées et que ces causes, ainsi que les ulcérations qui en sont la suite, varient aussi sous le rapport de la gravité et des conséquences , il n’est pas sans intérêt de connaître les caractères qui ser- ; vent à en distinguer les différentes espèces. Ces ulcérations peuvent être occasionnées par une simple inflammation locale, par la maladie vénérienne, par l’usage du mercure, et par le vice ; scorbutique. Nous ne parlons pas ici des aphthes, petites ulcérations superficielles se présentant sous la forme de points blanchâtres arrondis, ré- , pandus çà et là, et de la grosseur d’un grain de millet ou de chanvre. ( Y. ce mot. )

L’ulcère simple le plus commun de tous reconnaît pour cause l’application de substances irritantes , l’usage d’aliments stimulants, ou bien une cause mécanique, très-souvent le frottement d’une dent qui avance trop ; d’autrefois le mal survient sans qu’on puisse en assigner la cause ; ces ulcérations sont en général bénignes et superficielles , elles ont peu d’étendue et se dissipent assez facilement par l’usage de gargarismes émollients auxquels on associe quelques substances astringentes telles que le miel rosat, l’eau de Rabel, etc.; elles sont quelquefois plus tenaces lorsque la cause qui les a produites persiste toujours; c’est à éloigner cel- j le -ci, que l’on doit alors s’attacher; ainsi l’on fera limer ou arracher une dent, qui entretiendrait une ulcération dans la bouche.

Toutes les fois qu’après avoir éloigné la cause 1 irritante le mal persiste, on doit s’en défier, et exa-

miner s’il ne rentre pas dans la classe des ulcérations dont il nous reste à parler.

Les ulcères vénériens ou chancres de la bouche ont leur siège le plus fréquent sur les lèvres, la langue , le voile du palais, à la gorge et au fond de la bouche ; ordinairement les parties voisines participent peu à l’inflammation : leur caractère, en général, est d’être arrondis, d’avoir des bords durs, et comme coupés à pic, tandis que le fond de l’ulcération présente une couleur blanchâtre ; ils sont le plus souvent en petit nombre , un ou deux, à moins qu’ils ne se développent sur la langue ; ils sont alors plus nombreux, mais très- exactement ronds, petits et développés sur des espèces de tubercules aplatis. Les ulcères vénériens sont primitifs ou consécutifs, c’est-à-dire qu’ils sont le résultat de l’application directe d’un liquide virulent, de la salive ou du mucus sur une partie de la bouche, ou bien qu’ils se développent plus ou moins de temps après que la maladie vénérienne a été contractée par une autre partie du corps. Les ulcères vénériens primitifs ont presque toujours leur siège sur les lèvres, surtout sur l’inférieure ; il est inutile de dire pourquoi : six à dix jours et plus après le contact impur , le malade éprouve udc légère démangeaison ou cuisson, et bientôt apparaît une petite ulcération blanchâtre, qui tend à s’étendre en largeur et en profondeur avec les caractères que nous avons indiqués ; d’autres fois, et plus souvent peut-être, le mal est précédé d’une petite tumeur assez dure, arrondie, accompagnée ou non de douleur, et d’engorgement des glandes du cou; au bout d’un certain temps, le sommet de la tumeur s’ulcère et le mal fait des progrès, mais toujours plus en largeur qu’en profondeur. Cette forme a quelquefois été prise par quelques médecins pour un cancer de la lèvre.

Les ulcères vénériens consécutifs sont beaucoup plus fréquents que les ulcères primitifs; leur siège le plus ordinaire est à la gorge, surtout au voile du palais, à la luette, aux amygdales. Ils succèdent souvent aux chancres des parties génitales, aux blennorrhagies négligées, ou à d’autres, symptômes de la syphilis plutôt palliés que guéris, et cela tantôt immédiatement, tantôt au bout de plusieurs mois, sans qu’il y ait rien de constant à cet égard; on a vu même le virus syphilitique ne se réveiller et n’exercer ses ravages qu’après un an ou deux. Les ulcères de la gorge s’annoncent par une douleur sourde ou par un léger sentiment de gêne dans le gosier; à l’examen, quelques-unes des parties du pharynx paraissent seulement rouges et enflées, mais bientôt des ulcérations se montrent arrondies, taillées à pic, à fond grisâtre, etc., avec tous les caractères indiqués comme appartenant à la syphilis. Nous devons cependant remarquer, pour éviter des erreurs préjudiciables, que les ulcères simples des amygdales ressemblent souvent, pour la forme, aux ulcères syphilitiques; ils en diffèrent par l’inflammation plus prononcée, et par la profondeur de l’ulcère qui est aussi plus douloureux. La circonstance commémorative d’une infection antérieure, l’amélioration du mal par l’usage des remèdes mercuriaux, peuvent aussi éclairer le diagnostic.

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Abondonnées à elle-même les ulcérations de la gorge ont quelquefois une marche assez lente ; d’autres fois leurs progrès sont terribles , elles rongent, trouent, et détruisent en quelques jours le voile du palais, la luette, l’épiglotte même; il en résulte l’altération de la voix, la gêne de la déglutition et d’autres infirmités telles, qu’on a vu des malheureux se donner la mort plutôt que de les supporter. Pour guérir cette affection, le malade aura recours à l’emploi d’un traitement antisyphilitique dirigé par un médecin éclairé. Il se rappellera que la simple cautérisation par la pierre infernale peut bien guérir momentanément des ulcères , mais qu’on doit s’attendre fréquemment à une récidive tant qu’on n’aura pas subi un traitement dont le mercure et les sudorifiques ou l’iodure de potassium doivent être la base. (Y. Syphilis.) I Les ulcérations mercurielles, presque toujours ac- I compagnées ou précédées de salivation, sont dues ; à l’usage intérieur des préparations mercurielles; elles sont superficielles, larges et blanches; toutes les parties de la bouche sont tuméfiées, mais surtout les gencives , qui sont recouvertes ainsi que les dents d’un enduit fétide particulier qui communique à l’haleine une odeur insupportable : ces ulcérations, qui sont quelquefois très-nombreuses, se manifestent principalement en arrière des dents molaires; on leur oppose des gargarismes chlorurés, adoucissants ou légèrement astringents.

Les ulcérations scorbutiques ont très- souvent leur siège sur les gencives, qui sont violacées, engorgées et qui saignent au moindre contact; ces ulcérations assez rares , excepté à bord des bâtiments, ont pour caractère d’être superficielles, livides et irrégulières. Chez les vieillards et même chez les adultes, diverses maladies des dents s’accompagnent d'ulcérations aux gencives qui se rapprochent des ulcères scorbutiques; ainsi, l’haleine est fétide et les gencives tuméfiées saignent au moindre contact; le mal siège à la base des dents; l’arrachement de celles-ci est alors le meilleur traitement à opposer. (V. Scorbut.)

Stomatite ou inflammation de la membrane muqueuse de la bouche. Cette inflammation, comme celle des autres membranes muqueuses, peut revêtir divers caractères particuliers ; les symptômes sont tantôt franchement inflammatoires, et alors la maladie tout-à-fait locale, non précédée de fièvre , reconnaît presque toujours pour cause l’action d’un corps irritant, télle par exemple que l’ingestion d’aliments trop chauds , âcres ou rances; et chez certaines personnes l’usage du froonage, des noix vieilles, des saumures, des épices, etc. Dans ces cas, la membrane muqueuse de la bouche est rouge et douloureuse ; elle peut présenter çà et là de petites élevures rouges aussi très-sensibles au moindre frottement; au palais , ces saillies sont plus larges , leur surface est inégale, aplatie et ridée; sur la langue, les papilles se gonflent , rougissent et deviennent douloureuses : mais toutefois l’inflammation est trop peu intense pour se compliquer de fièvre. Celte maladie cède facilement à l’usage de quelques gargarismes émollients et légèrement astringents.

Dans d’autres circonstances , la stomatite sur-

vient spontanément et se trouve presque toujours liée à une cause interne ; tantôt alors il se produit une éruption caractérisée par de petites taches blanches, arrondies , disséminées çà et là, affection qui a été décrite sous le nom d’aphthes. (Y. ce mot.) Tantôt aux symptômes inflammatoires se joint l’exsudation d’une matière blanchâtre albumineuse , tout-à-fait analogue à celle qui est sécrétée dans le croup et l’angine couenneuse: cette substance forme par place un enduit à la membrane muqueuse. Mais cette inflammation revêt alors un caractère de spécificité particulier; ainsi elle est contagieuse, elle est précédée de fièvre et accompagné de symptômes particuliers graves, de gangrène même; enfin elle n’attaque guèresque les enfants ; on la connaît sous le nom de millet , de blanchet ou de mw^wef.Nous en traiterons à part comme nous l’avons fait pour l’angine et le croup. (V. Aphthes.) Pour les maladies de la langue , voyez ce mot.

J. P. Beaude.

bouchers ( Maladies des ) ( Path. etHyg. pub. ) En tous temps et chez toutes les nations, les individus chargés de tuer les bestiaux, et de vendre les chairs au peuple, ont fixé l’attention de l’administration et de la police médicale.

L’emploi des bouchers en France date de l’occupation de la Gaule par les Romains, et les lois et les règlements pour les bouchers étaient à peu près semblables à ceux de Rome. Les bouchers, pendant la domination de ces grands peuples, formaient un corps composé d’un certain nombre de familles, chargées du soin d’acheter les bestiaux, d’en fournir la ville et de les vendre eh détail ; ces familles étaient réunies en un corps dans lequel les étrangers n’étaient point admis. Les enfants succédaient à leurs pères, et les collatéraux à leurs parents ; les mâles seuls avaient droit aux biens qu’elles possédaient en commun, et, par une espèce de substitution, les familles qui ne laissaient aucun hoir en ligne masculine n’avaient plus de part à la société; leurs biens étaient dévolus aux autres jure crescendi. Ces familles choisissaient entre elles un chef à vie sous le titre de maître des bouchers, un greffier et un procureur d’office ; ce petit tribunal était subordonné au prévôt de Paris; il décidait en première instance des contestations particulières et faisait les affaires de la communauté. Ce privilège, confirmé par Henri II, en 1550, ne fut aboli qu’en 1673. Les bouchers depuis cette époque ont été tantôt réunis en corps, tantôt séparés, à mesure des changements que dans différentes époques ont subis les boucheries, les tueries et les abattoirs.

Quand les tueries étaient dansla ville, etque chaque boucher avait la sienne, comme cela se pratique encore dans la plupart des petites villes d’Europe, les bouchers étaient exposés à une foule de. maladies et leur voisinage, surtout dans l’été, était infecté par les émanations des excréments des animaux tués , et par celles des substances animales et particulièrement du sang, qui entraient en putréfaction. Les plaintes répétées des habitants voisins des bouchers forcèrent l’autorité de

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transporter les tueries d’abord au bord de l’eau et dans nos derniers temps près des barrières.

L’atmosphère des abattoirs ne semble pas être contraire à la santé. M. Thackrah prétend que l’atmosphère des abattoirs, mélangé de substances étrangères, est moins susceptible de ces variations qui produisent les épidémies. Cette circonstance, jointe au mode de vivre suivi par les bouchers, ainsi qu’à leurs habitudes , les rend , dit-il, moins susceptibles d’être attaqués du choléra et de la dyssenterie , que les personnes des autres professions; ils sont aussi moins sujets aux autres maladies contagieuses. Sur 250 malades admis à la maison de santé de la ville de Leeds dans le cours d’une année, il n’y a eu qu’un boucher et encore sa maladie n’était pas le typhus, mais une simple fièvre; cette assertion est corroborée parles observations du docteur Jweedie à l’hôpital des fiévreux de Londres. — The effects of arts, trades and professions, and ofcivic States etc.

Dans les fortes chaleurs d’été, les bouchers sont sujets à contracter une maladie que l’on appelle vulgairement charbon, surtout quand ils sont en contact avec la viande d’animaux morts d’épizootie. La pustule maligne se développe aussi dans les mêmes circonstances et souvent par les piqûres des mouches qui ont reposé sur des viandes putréfiées ou sur des animaux malades. (V. ces mots.)

Les bouchers maîtres et ouvriers, les garçons d’abattoirs, les écorcheurs, etc., sont, parmi les artisans, ceux qui jouissent d’une santé la plus parfaite. L’absorption des molécules nutritives qui se dégagent des viandes et des peaux des animaux que l’on écorche augmentent les éléments de la nutrition et sont la cause de l’extérieur fleuri, du teint rose, et de l’embonpoint dont jouissent les bouchers, leurs femmes et toute leur famille.

Les médecins peuvent souvent tirer parti des observations hygiéniques faites sur les bouchers, pour obtenir la guérison de leurs malades. Notre ami et confrère, le professeur Mojon, nous a rapporté l’observation suivante : Le fils aîné d’un prince italien à la suite des abus d’onanisme , était dans un état complet de marasme ; le pouls était petit; une maigreur extrême avait tellement flétri et desséché lés membres que leur mouvement était difficile ; la voix était aphone ; les voies digestives était si faibles, qu’elles ne pouvaient pas supporter la présence des aliments les plus légers; on attendait la mort d'un moment à l’autre. Le professeur Mojon eut l’heureuse idée de faire ccorcher tous les jours un animal en présence du malade , et de l’envelopper dans la peau encore chaude de cet animal ; au bout de quelque temps le malade commença à reprendre ses forces, la maigreur disparut , et il ne prit aucun autre aliment jusqu’à la guérison complète de sa maladie.

C’est ici le cas de dire que notre corps est comme une éponge , et d’appliquer la théorie de l'endosmose, et de l'exosmose de M. Dutrochet.

C’est une idée généralement connue, même chez le vulgaire , que les bouchers ne sont pas sujets à la phthisie pulmonaire : nous avons fait de minutieuses recherches sur ce sujet, et nous sommes convaincus de la vérité de cette asser-

tion, sans cependant pouvoir nous rendre raison de ce phénomène. Que l’état de boucher soit un moyen prophylactique contre la phthisie, et que les gens affectés d’une faiblesse extrême aillent chercher leur guérison chez les bouchers dans une atmosphère chargée de principes nutritifs , cela est tout naturel; mais comment expliquer la guérison de la phthisie tuberculeuse, surtout dans les cas où les malades ne trouvent de soulagement que dans les saignées répétées plusieurs fois, et dans un régime débilitant et révulsif? Malgré tout ce que nous venons de dire, on nous assure que l’on envoie souvent des personnes attaquées de phthisie chez les bouchers et près des abattoirs, et que la guérison de ces malades ne se fait point attendre. C’est à la suite de cette observation que le docteur A. Spilsbury fut conduit à entreprendre les expériences curieuses que nous allons rapporter ici.

M. Spilsbury prétend avoir obtenu depuis quinze mois des effets remarquables en recommandant à des malades, atteints de phthisie pulmonaire, de se frotter tous les jours pendant une demi-heure la poitrine, le dos , et les côtes avec autant de lard qu’il peut s’en absorber pendant ce temps. Les effets qu’il prétend avoir obtenus de ce traitement sont la stimulation des fonctions nutritives, l’augmentation rapide des forces du malade, la modération de l’action du cœur, le soulagement des douleurs de la poitrine et la diminution de la dyspnée. Les effets s’en faisaient déjà remarquer au bout de quinze ou vingt jours, et même plutôt.

Sur quatre cas très-prononcés de phthisie, deux malades qui en étaient atteints depuis neuf mois , et qui présentaient en même temps les signes les plus évidents de dyspepsie, ont été complètement guéris. Un troisième cas de tubercules avec affection catarrhale reste encore douteux. Un quatrième cas d’affection tuberculeuse compliquée, avec dilatation des cavités du cœur, et qui date de deux ans, présente une amélioration trèsmarquée. Dans le troisième cas cité, la malade fut pesée le 15 octobre; vêtements compris, elle avait le poids de quatre-vingt-trois livres. Elle commença alors l’usage des frictions lardacées et fut pesée de nouveau le 10 novembre, elle avait gagné sept livres; cette augmentation du poids s’est maintenue jusqu’au 21 novembre : le matin elle pesait de quatre-vingt-sept à quatre-vingt-huit livres, et la nuit invariablement quatre-vingt dix livres. Un autre médecin a imité l’exemple de M. Spilsbury, et a également employé les onctions dans un cas désespéré qui date de 19 mois. La toux et l’expectoration ont presque disparu ; la facilité de respirer et les forces sont revenues. {Gazette des Hôpitaux, 1836.)

En admettant que ces faits soient exacts, est-ce la quantité du lard absorbé qui a produit la guérison , ou plutôt l’action mécanique des frictions très-fortes sur la poitrine, sur le dos et sur les côtes, qui a déplacé l’irritation qui avait son siège dans les poumons ?

Les bouchers travaillent depuis l’àge de 14 ans jusqu’à 50 .- ils sont moins sujets aux inquié-

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