‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 124 sur 316 · LOU · texte numérisé non relu

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tudes causées par les affaires commerciales , la viande étant une substance de première nécessité, sa consommation est assurée.

Malgré toutes les circonstances favorables où se trouvent placés les bouchers, la longévité n’est pas plus grande chez eux que dans les autres professions dans lesquelles les ouvriers sont pauvres et toujours exposés au gaz délétères; ainsi nous avons connu un égouttier et un vidangeur qui travaillaient à l’âge de 80 ans.

Les bouchers sont sobres ; ils boivent très-peu en comparaison des ouvriers des autres états. L'habitude d’avoir les mains dans le sang ne les rend pas cruels, comme quelques théoriciens Font prétendu, et comme les lois anglaises le supposent.

S. Furnari et Chevallier.

boue minérale ( thérap .) On donne ce nom a des terres imprégnées des matières que contiennent certaines eaux minérales , et qui sont dans un état de demi-liquéfaction. Ces boues sont ordinairement produites par une source minérale qui vient se mêler à un terrain tourbeux, formé en grande partie de débris de végétaux ; l’eau entre dans la composition des boues minérales pour au moins moitié de leur poids, et elles ne renferment point d’autres principes actifs que ceux qui existent dans les eaux minérales qui servent à les délayer. Beaucoup de sources thermales ont des boues minérales dans leur voisinage; de ce nombre sont: Saint- Amand, Bagnères-de-Luchon, Bagnols, Barbotan , Baréges , Bourbonne , Cauterets , Dax , Néris, Nîmes, Ussat, etc.

On remarque généralement que ces boues ont une action plus vive et plus marquée que les eaux minérales qui leur communiquent leurs propriétés. Cette différence tient certainement à ce que la plupart des principes actifs des eaux minérales se concentrent par l’évaporation dans ces vastes bourbiers ; car chaque portion de l’eau qui se perd par l’évaporation laisse dans la masse bourbeuse les principes non volatils dont elle était chargée. Les boues, comme on le voit , peuvent être considérées comme renfermant d’une manière plus énergique une partie des principes contenus dans les eaux minérales. L’expérience vient confirmer ces faits ; car on remarque que les bains de boues minérales ont une action beaucoup plus vive que celle des eaux, et souvent leur emploi est suivi d’éruptions qui ont lieu à la peau: c’est même sur cette énergie, beaucoup plus grande, qu’est basée leur efficacité.

Toutes les boues minérales dont on fait usage sont thermales ; la chaleur qu’elles doivent à l’eau minérale , qui les détrempe , est un des plus puissants éléments de leur action ; elle ajoute à leur activité , et l’on comprend que l’on ne peut faire usage de celles qui ne sont pas thermalisées; car, indépendamment des difficultés que l’on rencontrerait pour faire chauffer des portions de ces boues, la chaleur artificielle déterminerait sans doute quelques changements dans leur composition, tels que le dégagement des gaz et de nouvelles réactions dans les principes qui les constituent.

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Les cas dans lesquels on emploie les boues minérales sont surtout ceux dans lesquels les eaux ont échoué; c’est dans les anciennes paralysies, dans les rhumatismes chroniques, dans les engorgements squirrheux , dans les tumeurs blanches , les maladies des articulations , les contractures des membres, les douleurs qui persistent dans les membres après des blessures ou des fractures guéries. On les a essayées aussi dans les affections scrofuleuses. Au reste, on doit être très-circonspect dans la prescription des boues minérales; on ne doit les indiquer qu’avec réserve aux personnes qui sont douées d’un tempérament nerveux et irritable , et surtout aux femmes et aux enfants. Souvent on associe à leur emploi l’usage des eaux minérales en boisson et en douches.

Parmi les boues minérales, celles qui jouissent de plus de célébrité sont celles de Saint- Amand; l’antiquité et la réputation de ces boues ne nous permettent pas de les passer sous silence.

Sawt-Amand est une petite ville du département du Nord, à trois lieues de Valenciennes et à six lieues de Lille. Des autels, des statues de bronze et des bas-reliefs, qui ont été trouvés dans la ville et près des bains, ne permettent pas de douter que ce lieu n’ait été fréquenté, à cause de ses thermes , parles Romains. Saint - Amand possède plusieurs sources minérales dont les eaux sont peu employées aujourd’hui.

Les boues sont situées sous un grand bâtiment , en forme de hangar; leur température est de 25°. centigrades, la température de l’air étant à 21». Elles sont épaisses, noires, douces au toucher, onctueuses, et elles exhalent une odeur sulfureuse, mêlée à une odeur marécageuse ; leur profondeur est assez considérable. On a trouvé qu’il entrait dans la composition de ces boues de l’acide carbonique, de l’hydrogène sulfuré, de l’eau, 55 parties pour 100, une matière extractive et végéloanimale , du carbonate de chaux et de magnésie, du fer, du soufre et de la silice. Ces boues son t employées dans les cas dont nous avons déjà parlé; on les administre en plongeant la partie malade dans la masse bourbeuse, et en l’y laissant séjourner un temps plus ou moins long. La température peu élevée de ces boues ne permet pas de les prendre en toute saison, car ce n’est seulement que pendant les chaleurs de l’été que leur température s’élève jusqu’à 25°. A toute autre époque de l’année, elles sont trop froides pour que l’on puisse y plonger les malades. La saison des eaux à Saint- Amand dure pendant les mois de juin, juillet et août. (V. Barbotan.)

J.-P. Beaude ,

Inspecteur des établissements d'eaux minérales.

bougie (Chir.,), s. f .{Candelula, cereolus, etc. Tige lisse, flexible, cylindrique ou conique, arrondie à son extrémité la plus mince, destinée à combattre plusieurs maladies de l’urèthre et notamment les rétrécissements de ce canal, dans lequel on l’introduit à cet effet.

Sa longueur est en général de 10 à 12 pouces; son volume est plus variable, et on en distingue,

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comme on le fait pour les sondes, les diverses dimensions par des numéros : la bougie n° 1 a une ligne de diamètre, la bougie n° 2 une ligne un quart, la bougie n° 3 une ligne et demie, et ainsi de suite de quart de ligne en quart de ligne. Il n’est peutêtre pas inutile d’avertir ici que les sondes diffèrent des bougies, en ce que ces dernières sont pleines et ne présentent pas comme les premières un canal à leur centre. (V. Sonde.)

On a employé un grand nombre d’espèces de bougies; nous citerons 1° les bougies de corde à boyau. Ce sont tout simplement les cordes de grosseurs différentes qui servent à nos instruments de musique. Il faut avoir soin seulement d’en amincir et d’en arrondir une des extrémités avec un canif, une lime douce ou de la pierre-ponce. Elles ont pour avantage d’être sous la main, de ne jamais nuire et de pouvoir être introduites par le malade lui-même. Aussi rendent-elles de grands services dans les cas de rétrécissement de l’urèthre.

2° Les bougies ordinaires sont improprement nommées bougies de gomme élastique , puisque trèsrarement cette dernière substance entre dans leur composition. Elles ont été inventées en France en 1779 par un orfèvre nommé Bernard. On les prépare en étendant sur un cordonnet de fil ou de soie tressée, en forme de cylindre creux, plusieurs couches d’une espèce de vernis, formé avec de l’huile de lin épaissie au feu et rendue siccative au moyen de la litharge ; on y ajoute quelquefois un tiers de succin et d’essence de téréhenthine ; on les polit ensuite : bien préparées, ces bougies sont très-solides et très-souples ; on les emploie généralement. Quelques médecins pensent qu’il est utile de terminer par un petit renflement en olive l’extrémité qui doit pénétrer dans le canal, mais le plus souvent l’extrémité est conique ou simplement cylindrique, ces dernières formes sont préférées.

3° Les bougies emplastiques , bougies à la Bar an; elles sont destinées à exercer une action médicamenteuse sur l’urèthre ; on les fabrique ordinairement avec des bandelettes de toile qu’on roule convenablement, et qu’on enduit d’un mélange de l’emplâtre de diachylon vieux, avec un quart de cire et une certaine quantité d’huile d’olive, on ajoute à ce mélange une faible portion de mercure ou de minium. Elles sont peu usitées aujourd’hui; quelques bougies emplastiques sont faites seulement avec de la cire jaune.

On emploie encore quelquefois les bougies à ventre , les bougies coniques et les bougies armées ; nous renvoyons pour plus de détails aux mots Rétrécissement et Urèthre. J. P. Beaude.

Bonuis. Mélange de lait et de farine combiné par la cuisson et sucré que l’on donne aux jeunes enfants. (V. Allaitement.)

BOÜIEÆ.OET ( hyg . et mat. méd.), s.m. ( sorbitio ). On appelle ainsi un liquide que l’on prépare en faisant bouiilir des substances animales ou végétales dans de l’eau, et les assaisonnant convenablement. Suivant les indications, ces liquides sont alimentaires ou médiciuaux ; il n’est personne qui ne con-

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naisse le bouillon alimentaire par excellence, le bouillon de bœuf. Toutes les ménagères savent trèsbien que pour qu’il soit bon, il est nécessaire de le préparer à petit feu, de manière que l’ébullition ne soit pas sensible ; il est vrai qu’elles ne se rendent guère compte de ce qui se passe alors, et qu’elles ignorent que l’albumine, au lieu d’être coagulé brusquement, ce qui arriverait si le liquide était porté rapidement à l’ébullition, se dissout au contraire peu à peu, et se rassemble lentement à la surface en formant l’écume. On ajoute au bouillon quelques légumes, le plus souvent des carottes, des navets, des poireaux et de l’oignon brûlé; ces substances fournissent peu de matières nutritives , elles agissent surtout en cédant un principe aromatique qui n’est pas sans influence sur la bonne saveur et la facile digestion du bouillon. Cet aliment, convenablement préparé, est en effet sain et nourrissant; il se digère en général bien, mais il faut pour cela qu’il contienne très-peu de graisse, les substances grasses et huileuses étant réfractaires à l’action de l’estomac. Les diverses qualités du bouillon font qu’on le donne volontiers aux malades et aux convalescents ; mais on ne doit pas oublier que, précisément à cause de ses qualités nutritives, il peut être nuisible dans certains cas. On ne doit donc pas, comme on le fait trop souvent, l’administrer saas le conseil du médecin, lorsque celui-ci a prescrit une diète rigoureuse.

Pour compléter ce que nous avons à dire sur le bouillon, nous devons ajouter que, dans ces derniers temps, M. Darcet a voulu le préparer en substituant à la viande la gélatine des os. Nous sommes forcé d’avouer que le succès n’a pas toutà-fait couronné les vues du philanthrope éclairé, qui possède au reste tant de titres assurés à la reconnaissance publique. Cependant lorsque ce bouillon est préparé avec quatre parties d’os et une cinquième de viande, il est d’assez bonne qualité et peut être employé avec avantage. Cette proportion est maintenant indiquée par M. Darcet, et des résultats avantageux ont été obtenus par ce moyen dans des établissements publics et dans quelques villes pour la nourriture de la classe indigente.

Les bouillons médicinaux sont ceux qui, possédant quelques propriétés particulières, sont spécialement destinés aux malades. Nous allons en parcourir et énumérer les principaux. Depuis un temps immémorial, on est dans l’usage de favoriser l’action des purgatifs en faisant prendre, après l’ingestion du médicament, plusieurs tasses de bouillon aux herbes, qu’on prépare en se procurant des feuilles fraîches d’oseilie, de poirée et de cerfeuil, une poignée de chaque, et les plaçant dans deux litres d’eau bouillante ; on peut y ajouter un peu de sel et de beurre ; après un quart d’heure d’ébullition modérée, on tire à clair et on donne au malade.

Le bouillon de veau se prépare avec quatre onces de chair de veau pour un demi-litre d’eau ; on coupe la chair en petites parties, et, après l’avoir lavée, si elle est sanguinolente, on la fait bouillir dans un vase fermé, à très-petit feu, et pendant a peu près deux heures. Le liquide est ensuite passé et conservé.

On prépare de même les bouillons de poulet , de

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grenouille et de tortue, qui sont, comme le premier, légèrement relâchants et rafraîchissants; pour ce dernier bouillon on coupe la tête de la tortue, et, après avoir séparé la carapace du plastron, au moyen d’un ciseau qu’on introduit au point de l’insertion sur les côtés, on détache les chairs en rejetant les intestins.

Pour composer le bouillon dit pectoral, prenez un demi-poulet maigre, une poignée de raisins secs, une douzaine ou deux d’amandes douces concassées, une cuillerée de salep , huit dattes et huit jujubes, une pincée de cerfeuil pour un litre d’eau, et faites bouillir convenablement.

Quelques médecins emploient encore contre la phthisie pulmonaire le bouillon de colimaçons ou escargots. Pour sa préparation on fait cuire à un feu très-doux vingt colimaçons de vigne dans un litre d’eau pendant 2 ou 3 heures. D’après le Codex, on peut y ajouter deux écrevisses. On tue les colimaçons en les plongeant dans l’eau bouillante, et on les retire ensuite des coquilles ; on ne les emploie qu’après leur avoir enlevé les intestins et les avoir lavés à l’eau bouillante pour séparer l’humeur gluante dont ils sont imprégnés. On peut couper ce bouillon avec du lait ou avec une légère infusion aromatique, avec celle du lierre terrestre, par exemple.

On prépare le louillon d'ècrevisses en pilant six de ces crustacés et les faisant bouillir à un feu très-doux dans un demi-litre d’eau. Pour les tablettes de bouillon, Y. Gélatine. J. P. Beaude.

bouillon-slanc ( Mat. méd. ), s. m. ( verlascum , altéré , dit-on, de Barbascum, barbu, à cause des poils dont presque toutes les parties de cette plante sont couvertes ). Elle est aussi connue sous les dénominations de Molène, de Bon-homme, d 'herbe de Saint-Fiacre, et l’était sous celui de Verbace, du temps de F. Rabelais. Dans le langage botanique, on l’appelle VerbascumThapsus.L. Pentandrie monogynie, naguère de la famille des solanées, mais rangée depuis dans celle des scrophulariées.

Cette plante bisannuelle est, selon toute apparence, originaire des pays chauds, où elle s’élève jusqu’à la hauteur de huit, neuf et même dix pieds, tandis que dans nos climats froids et humides il est bien rare qu’elle atteigne à la moitié de cette grandeur. Elle croît dans toute l’Europe, et est on ne peut plus commune en France, particulièrement aux environs de Paris. On l’y voit partout ; sur les terrains incultes, au bord des chemins, le long des haies, auprès des décombres, dans tous les endroits pierreux, sablonneux, etc.

Une description détaillée du bouillon-blanc nous paraît ici superflue, et, en effet, il fleurit tout l’été, et nous ne saurions faire la moindre promenade à la campagne sans qu’à chaque pas il s offre à nos yeux. Nous nous bornerons donc à rappeler que sa tige grosse , droite et ferme, est revêtue d’un duvet grisâtre serré, dense et comme cotonneux ; que les feuilles qu’elle porte sont décurrentes , blanchâtres , épaisses , lanugineuses • que ses fleurs jaunes, disposées en un long épi sur la partie supérieure de la tige, lui donnent quel-

que ressemblance avec le thyrse , entouré de pampre et de lierre, que les Bacchantes avaient coutume d’agiter dans leurs mains; enfin, que l’odeur et la saveur de ce végétal sont extrêmement faibles.

Employé depuis un temps immémorial dans l’intérieur des familles, le bouillon-blanc est devenu un de ces remèdes domestiques dont les qualités, en quelque sorte négatives, font qu’on peut les administrer sans inconvénient en toutes occasions. C’est ainsi qu’on donne l’infusion édulcorée des fleurs dé bouillon-blanc dans les ardeurs de poitrine, contre la toux, le rhume, l’hémoptysie ( crachement de sang ), le mal de cœur ( irritation gastrique ), les tranchées, la colique, la dyssenterie, les douleurs hémorroïdales, la dysurie, etc.; ses feuilles servent à préparer des cataplasmes adoucissants, qu’on applique sur les abcès , les furoncles ( clous ), les érysipèles, les brûlures, les hémorroïdes enflammées, etc. On en fait également usage en bains, lotions, fomentations, lavements, injections vaginales, etc.

Long-temps on a cru que cette plante était légèrement narcotique: on a même avancé que ses semences jetées dans un étang en étourdissaient promptement le poisson , au point de se laisser prendre avec la plus grandefacilité. Nous pensons, nous, que ces opinions tenaient plus à la famille où était placé le genre verbascum qu’à des vertus réelles ét bien observées. Quant au sentiment de ceux qui accordent à cette plante des propriétés anti- goutteuses et anti-scrofuleuses spéciales, c’est une manière de voir toute gratuite et si en opposition avec la palpable inertie de ce végétal, que c’est à peine si nous devrions prendre le soin de relever cette absurdité.

L’espèce molène, dont nous venons de nous entretenir, est chez nous l’espèce officinale; mais dans d’autres contrées on lui préféré bien souvent d’autres espèces ou leurs variétés, qui sont trèsnombreuses, car il est digne de remarque qu’aucun genre en botanique ne donne plus fréquemment naissance à des hybrides que le genre verlascum. C’est ainsi que la molène noire, la molène lychnite ou petit bouillon-blanc , le V. phlomoides ( phlomos ou phlonos des anciens Grecs), le F. Pulvcrulentum , le F. Sinuatum, etc., sont tous plus ou moins recherchés , suivant les localités. Ajoutons, pour terminer, qu’il est faux que la blattaire, ou herbe aux mites (V. Blattaria.L.), jouisse de la propriété insectifuge qu’on lui attribue généralement, car, loin de chasser les blattes, mites, pucerons , teignes , elle les attire au contraire et favorise leur multiplication.

F. E. Plisson.

BOULANGERS (MALADIES DES), ( püth ., hyg. pub.) La profession de boulanger est une des plus importantes, puisque, dans l’état actuel de nos mœurs, elle est absolument nécessaire, ceux qui l’exercent s’occupant de la préparation de l’aliment le plus nécessaire, de celui dont les hommes ne peuvent se passer.

La préparation du pain a dù subir de nombreuses modifications , et il y a loin du pain préparé avec

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de la farine délayée dans de l'eau et cuite , soit sur des briques chauffées , soit sur des grils , soit dans des poêles , au pain que l’on mange aujourd’hui, surtout dans les grandes villes.

Si on consulte l’histoire , on voit que ce sont les Hébreux qui eurent les premiers fours. L’art de convertir la farine en pain passa des Orientaux chez les autres nations voisines; et en Béotie, on éleva des statues à Mégalarte et à Megalomaze, qui avaient introduit ce mode d’alimentation , si utile à l’humanité.

L’art du boulanger passa ensuite , mais beaucoup plus tard , en Italie ; cependant on trouve qu’en 365 delà fondation de Rome, le pain y était connu , qu’on en faisait usage , et que cet état fut d’abord exercé par des femmes , puis par des esclaves.

De l’Italie, cet art se répandit dans toutes les autres parties de l’Europe, et l’on peut démontrer qu’en France, l’art du boulanger existait à l’origine de la monarchie. En effet, on voit que, sous Dagobert II, il fut rendu des ordonnances sur les gens exerçant cette profession, et qui étaient nommés pistores. Plus tard , ils furent nommés talmeliers ; mais les boulangers de cette époque préparaient la farine , la vendaient et ne faisaient du pain que pour ceux qui ne savaient ou qui ne voulaient pas avoir la peine de faire le pain chez eux. La profession de boulanger , d’abord très-restreinte , se répandit ensuite, de façon qu’à présent, il n’est pas en France de commune un peu considérable qui n’ait sa boulangerie.

Les affections auxquelles les boulangers sont sujets sont très-nombreuses : la température au milieu de laquelle les ouvriers se trouvent placés, la nécessité de dormir le jour et de travailler la nuit, la séparation de la farine d’avec le son , au moyen des bluteaux ; le transport et les secousses des sacs, et les particules de farine qu’ils sont obligés d’avaler avec l’air qu’ils respirent, le pétrissage de la pâte, etc., sont les causes principales des maladies auxquelles les boulangers sont sujets.

Pour avoir des renseignements exacts sur l’hygiène et les maladies des boulangers , nous nous sommes adressés à M. Maurel , inspecteur de la boulangerie, qui a eu l’extrême complaisance de consulter les maîtres et ouvriers les plus anciens dans le métier, pour répondre aux questions que nous lui avions adressées.

Les maladies les plus fréquentes qui affectent les boulangers sont les affections de poitrine: cette région se trouve assez souvent affectée par l’imprudence de ces ouvriers qui , ayant chaud , sortent de leur fournaise sans prendre la précaution de se vêtir, boivent de l’eau de puits, qu’ils ont sous la main, et vont souvent au cabaret en cet état de nudité. La péripneumonie est moins fréquente chez eux que la pleurésie , et surtout cette espèce de pleurésie que les auteurs désignent sous le nom de sèche , parce qu’il n’y a pas d’expectoration; la douleur est superficielle, mais très-vive; il y a de la fièvre et une toux très-sèche. Si les ouvriers se soignent régulièrement, cette affection n’est pas d’une très-longue

durée ; mais s’ils s’exposent une seconde fois aux mêmes causes sans être guéris, l’affection passe à l’état chronique, et alors elle se termine le plus souvent par un épanchement séreux ou purulent qui simule tantôt l’hydrothorax , tantôt la phthisie pulmonaire. Dans cette circonstance, les saignées générales et locales et les irritants dérivatifs , sous toutes les formes et dans toutes les parties du corps, ne doivent pas être négligés , si l’on ne veut pas s’attendre aux suites le plus souvent funestes de cette affection.

Les boulangers sont affectés d’une toux chronique qui n’est pas le résultat d’une maladie de la poitrine , mais de la poussière de farine qui s’introduit dans les organes de l’arrière-bouche ; une portion de cette farine se mêlant avec la salive, forme une espèce de pâte qui s’attache au gosier , tandis que l’autre portion descend avec l’air dans les voies aériennes. Pour se préserver de cet inconvénient, les boulangers, comme les amidonniers, ont l’habitude de s’attacher un mouchoir à la figure: M. Pâtissier ne croit pas ce moyen suffisant pour empêcher la farine de s’introduire dans la bouche , et il conseille aux boulangers de se laver souvent le visage avec de l’eau tiède , de se gargariser la bouche avec l’oxicrat, de faire usage d’oximel , de se purger de temps en temps, ou de provoquer les vomissements quand ils éprouvent de la difficulté à respirer; nous croyons que l’on pourrait employer à la fois l’un et l’autre moyen.

L’on attribue aussi la toux des boulangers â l’humidité d’une grande partie des travaux de caves ; à la fumée de l’huile des lampes dont on se sert dans les fournils obscurs et dans les dessus de four , où l’air qu’on y aspire est étouffant et très-mal sain.

Dans la boulangerie, l’ouvrier qui est chargé d’enfourner, a les yeux toujours incommodés par la vue continuelle des flammes et le reflet de la chaleur du four; aujourd’hui, les maux d’yeux devraient être plus communs par suite de la nouvelle invention d’un morceau de fonte que l’on appelle bavette, qui , en tombant sur la bouche du four, la rétrécit, et, par ce moyen, force le gindre (le premier ouvrier) à porter sa tête plus près du four pour pouvoir regarder dans l’intérieur; ce perfectionnement, à l’aide duquel on économise la chaleur du four, et qui donne une plus belle couleur au pain, gêne considérablement la vue de l’ouvrier.

Malgré toutes les conditions fâcheuses dans les- j quelles se trouvent les boulangers pour contracter les maladies des yeux, et malgré tout ce qu’en i disent les auteurs qui ont écrit sur les maladies > des artisans , les observations que nous avons re- j cueillies prouvent le contraire ; en effet, au dis- , pensaire ophthalmique de Paris, sur treize cents il malades appartenant à plusieurs métiers, nous p n’avons pas remarqué un seul boulanger. En ou- j tre, pendant que M. Sanson faisait à l’Hôtel-Dieule I

service des ophthalraiques, nous n’avons pas vu de j

boulangers affectés de ces maladies. M. le docteur Canon du Villard , qui s’occupe spécialement de maladies des yeux, nous a confirmé dans cette

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opinion; il n’a observé que quelques cas très-rares d’amaurose chez quelques vieux boulangers.

Les ouvriers qui pétrissent la pâte, en raison des efforts qu’ils font sur les jambes pour pétrir , ont les membres inférieurs variqueux et souvent ulcérés. Quand les ouvriers se mettent trop jeunes au pétrin, leurs jambes se déjettent, et ces ouvriers deviennent bancals par les efforts qu’ils font, en s’appuyant contre le pétrin , pour s’aider à soulever de fortes masses de pâte pour la fraser (battre).

On a prétendu que les boulangers étaient sujets à des maladies de cœur ; mais nous avons observé que ce qu’on appelle maladies de cœur, ce n’est qu’une simple indisposition produite par la cha- ! leur excessive des fours, et que cette indisposition se termine souvent par des vomissements; enfin , qu’elle n’a jamais de suites fâcheuses.

M. Pâtissier prétend que les boulangers ont j tous les mains d’une grosseur prodigieuse et sou- ! vent douloureuses et enflées , il attribue ce phénomène à l’absorption de la pâte qu’ils manient, et surtout à l’exercice continuel des mains et des bras; cette particularité n’est pas générale, et nous croyons que l’on a pris un accident passager pour une affection principale. Ce que nous avons pu constater , c’est que ces ouvriers ont des varices sur les mains, que les tendons des muscles sont très-apparents, et qu’ils sont sujets à une espèce de foulure , à laquelle ils donnent le nom de rossignol. Cet accident, déjà observé dans les mêmes cas chez les ouvriers imprimeurs (les pressiez), ne cause aucune douleur, et se manifeste lorsqu’ils sont pendant quelque temps sans travail; mais dès qu’ils reprennent l’ouvrage , ce mal disparaît.

Il n’est pas exact de dire que l’odeur et la fumée du pain chaud causent souvent une perte d’appétit aux ouvriers qui cuisent le pain.

Les ouvriers boulangers sont presque tous pâles, maigres et d’une très-faible santé, et tout cela par défaut de sommeil, par le travail forcé des nuits, et toujours dans un air étouffant et malsain ; enfin, par les excès auxquels ils se livrent dans la journée, qu’ils devraient consacrer au repos.

Les maladies vénériennes sont très - fréquentes chez les boulangers , ainsi que les rhumatismes : cette dernière affection est produite par la suppression de la transpiration, et Ramazzini conseille à ceux qui en sont atteints d’habiter une chambre chaude, de boire des infusions de bourrache ou de sureau , et de recourir aux saignées si ces moyens sont insuffisants et si le rhumatisme est très-intense.

M. Thacrah dit que dans un rapport de l’Institut de Hambourg , on voit que la fièvre rhumatismale attaqua un sixième des boulangers et seulement un quatorzième des ébénistes et un quinzième des tailleurs.

Les femmes de boulangers sont sujettes aux maladies inflammatoires, aux affections de la gorge et de la poitrine, auxquelles elles succombent ordinairement. Nous avons reconnu que la cause de ces affections était due à la poussière des pains, et à celle plus insupportable encore de la braise,

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qui est d’une ténuité et d’une volatilité extraordinaire.

Les ouvriers boulangers ne sont pas sobres ; ils ne suivent aucun régime, se nourrissent mal, bien qu’ils aient de bonnes journées , parce qu’il faut qu’ils économisent pour gagner l’argent perdu, se livrant pour la plupart à la boisson; jouant toujours au billard et aux cartes, s’adonnant aux filles publiques et à tous les excès; ils ne songent pas même à se vêtir, n’ayant généralement sur le corps que leur simple cotte de travail, encore elle est souvent à leurs maîtres, tout leur habillement consiste en de mauvaises savates qu’ils ont aux pieds.

Cadet-Gassicourtdit que si l’on consulte les registres de la police, des tribunaux et des prisons , on reconnaît bientôt qu il se commet beaucoup moins d’actes de violence parmi les bouchers, qui sont toujours habitués à égorger des animaux, que parmi les boulangers, auxquels on n’est pointporté à supposer des inclinations vicieuses. On prétend qu’ils sont vindicatifs; mais les maîtres boulangers nous ont assuré le contraire ; il est possible qu’il y ait eu changement dans leurs mœurs depuis l’époque à laquelle Cadet-Gassicourt a écrit.

Les ouvriers boulangers peuvent travailler depuis l’âge de seize ans ; l’ouvrier pétrisseur ( aide) , travaille jusqu’à quarante-cinq ans, et le brigadier ou fourneur peut supporter le travail du four jusqu’à cinquan te-cinq ans. Ces époques passées, ils ne peuvent plus trouver à travailler chez les maîtres boulangers , et finissent la plupart par tomber dans la misère, parce qu’ils n’ont pas pu se créer une existence assurée pour le temps du repos forcé.

Arrivés à cet âge de la vie que nous venons d’indiquer, la plupart des ouvriers boulangers, qui n’ont pas su ou pu s’amasser un petit pécule, changent de profession , et ils exercent les fonctions souvent les plus minimes et les plus abjectes, mais qui peuvent s’accommoder avec leurs forces et leur santé.

Nous terminerons cet article en indiquant quelques conseils hygiéniques dans le but de préserver les boulangers des affections auxquelles ils sont sujets; ces conseils nous ont été suggérés par M. ünspecteur de la boulangerie et par les maîtres boulangers eux-mêmes.

1° 11 faudrait que l’ouvrier boulanger se vêtît, se nourrît mieux qu’il ne le fait; 2» qu’il fut moins intempérant; 3° qu’il changeât son genre de vie; 4° il faudrait songer à l’assainissement des fournils, des caves et du dessus des fours.

Anciennement les ouvriers boulangers étaient nourris dans leurs boutiques ; ils s’en trouvaient mieux; ils étaient plus robustes et moins maladifs, parce qu’ils avaient une nourriture réglée et saine; ils étaient tenus à se rendre aux heures du repas et ne sortaient presque point. Cette coutume n’existe plus , les maîtres ne s’en soucient pas , et les ouvriers aiment mieux être libres.

Quant à l’assainissement des fournils , on a remarqué que le défaut d’air est très-nuisible à la santé des ouvriers, surtout dans les travaux de cave , d’autant plus que ces hommes prennent leurs repas sur des lits qui y sont établis. Pour

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rendre ces endroits pins salubres et aérés , on pourrait faire des fenêtres ouvrantes pour les dessus des fours, et des soupiraux plus grands pour les travaux des caves. Il est à regretter qu’une amélioration bien utile ne puisse avoir lieu, celle de prohiber les fournils et caves, pour n’avoir que des rezde-chaussée. Cette amélioration emporterait celle des dessus de fours, encore aussi malsains, et, par leur construction, si peu éloignés des plafonds, que les travailleurs peuvent à peine se tenir debout. Cette réforme est presque impossible, par la raison que les boulangers seraient forcés de chercher des locaux spéciaux à leur profession ; cela augmenterait le prix de leurs loyers, déjà trop élevé , parce que les propriétaires leur font payer Yincommodo de leur industrie. On pourrait cependant recommander à ces industriels de ménager la construction de leurs fours, de manière à ce que les dessus de ces fours fussent plus éloignés des plafonds et plus aérés.

S. Furnari et A. Chevallier.

boule DE MARS , ou boule de nancy, médicament fort usité dans la médecine populaire, et dont la base et la partie active est le tartrate de fer. Différents modes ont été indiquéspour sa préparation; le meilleur de tous est celui donné par MM. Henry etGuibourt, comme employé à Nancy, ville où ces boules paraissent avoir été préparées pour la première fois, et d’où les tirent encore les personnes oui tiennent à la forme et au nom primitifs.

Le procédé dont nous venons de parler consiste à traiter à trois reprises la limaille de fer par une forte décoction d’espèces vulnéraires et une certaine quantité de tartre rouge. La première fois , on dessèche immédiatement le mélange et on le pulvérise; la seconde fois, on évapore en consistance de pâte; on laisse la réaction s’opérer pendant un mois ; la masse se dessèche et se solidifie, alors onia pulvérise encore; enfin, la troisième fois, lorsqu’elle est parvenue à une consistance convenable , on la divise par parties, du poids d’environ deux onces, qu’on arrondit en forme de boules, auxquelles on fixe un petit cordon. Celles qui sont fabriquées àNancy même sont aplaties et paraissent avoir été pressées dans un moule qui leur a laissé l’empreinte d’une croix et de quelques lettres ou signes particuliers.

Dans cette opération, le fer s’est combiné à l’acide du tartre en s’oxidant aux dépens de l’eau , dont l’hydrogène se dégage en grande quantité ; l’extrait de plantes vulnéraires , privé de la plupart de ses propriétés par une longue ébullition, qui en dissipe toutes les parties aromatiques, sert ici à donner à la masse un liant qui permet de la mouler et de la conserver plus facilement; d’ailleurs, ses principes astringents réagissent sur le fer et communiquent ainsi à la préparation une belle couleur noire.

La manière ordinaire de faire usage de ces boules consiste à les suspendre dans l’eau au moyen du cordon qui y a été fixé à cet effet; on l’y laisse jusqu’à ce que la liqueur soit suffisamment colorée. Elle prend alors le nom d’eau débouté, et !

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s’emploie en applications extérieures sur les contusions et les foulures, soit seule, soit mêlée avec partie égale d’eau-de-vie ; à l’intérieur, elle est donnée contre l’aménorrhée , la chlorose et les autres affections qui nécessitent ordinairement l’emploi des préparations ferrugineuses; mais, nous l’avons dit en commençant, c’est surtout un remède populaire , et presque toujours appliqué dJune manière absolument empirique. On sait d’ailleurs tout ce que l’eau de boule, telle qu’on la prépare le plus souvent , offre d'irrégulier et d’incerlainrelativement aux proportions des matières actives en dissolution ; il arrive même que lorsque la boule a été plongée plusieurs fois dans l’eau , elle ne lui fournit plus rien ; il faut alors pour en faire usage de nouveau gratter les parties insolubles qui forment croûte à sa surface et défendent l’intérieur de l’action du liquide. Le mode le plus rationnel à suivre serait de pulvériser les boules et d’en dissoudre chaque fois dans l’eau un poids déterminé ; mais, quoique ce médicament jouisse de propriétés actives, les médecins lui préfèrent généralement les autres préparations de fer, dont les proportions et le dosage sont plus connus et plus certains.

Ces boules portent aussi sur les prospectus des charlatans le nom de Boules d'acier et Boules vulnéraires.

VÉE

Pharmacien , Membre de la Société de pharmacie.

boulimie [palh.), s. m. (du grec bou, particule augmentative et limos, faim, ou bien de bous, bœuf, et limos, faim, faim de bœuf; on dit aussi faim canine); besoin impérieux de prendre une quantité d’aliments beaucoup plus grande qu’à l’ordinaire. Celle affection reconnaît différentes causes; tantôt elle est liée à un état nerveux particulier de l’estomac ; on voit alors le malade se gorger d’aliments, qu’il est bientôt contraint de rejeter par le vomissement; d’autres fois elle n’est que le symptôme d’une autre maladie , et on l’observe surtout chez quelques femmes hystériques, chez des jeunes filles chlorotiques, pendant certaines fièvres d’accès, chez quelques aliénés, etc. Elle caractérise quelquefois la présence du ténia ou ver solitaire dans le tube digestif. On a vu aussi des femmes enceintes avoir une voracité extraordinaire au commencement de leur grossesse. Après la mort de gros mangeurs, il n’est pas rare de trouver leur estomac d’une amplitude démesurée; d’autres fois on ne rencontre pas de vésicule du fiel, en sorte que la bile devait être versée continuellement dans l’intestin duodénum. Dans quelques circonstances, et surtout par l’impression du froid sur la peau , des personnes ont été prises tout à coup d’un accès de boulimie qui les portait à dévorer tout ce qui se trouvait sous leur main.

La boulimie est en général une maladie rare ; elle s’accompagne fréquemment d’une maigreur excessive, due à la mauvaise digestion ou à la rapidité avec laquelle les aliments, à peine introduits, franchissent toute la longueur du tube intestinal, La gravité de la boulimie varie suivant

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les causés qui l’ont produite : c’est aussi d’après celles-ci qu’il faut se baser pour établir un traitement rationnel. Ainsi on combattra la maladie par des antispasmodiques chez les femmes hystériques , on tâchera de faire évacuer le ténia , si ce ver était la cause de la voracité, etc. Mais quand la boulimie est due à un vice de conformation de l’estomac ou de ses annexes, elle est incurable.

bourbillon ( chir .), s. m. On donne ce nom à un corps blanchâtre, qui est formé par une portion de tissu cellulaire gangrené, et que l’on rencontre dans le centre des clous ou furoncles, ainsi que dans les anthrax. On sait que les clous ne guérissent que lorsque le bourbillon est sorti, aussi doit - on se hâter de provoquer sa sortie. (V. Furoncle.) J. B.

bourbon-l’archambault (Eaux minérales de) Bourbon-l’Archambault est une petite ville du département de l’Ailier, de deux mille huit cents habitants, à sept lieues de Moulins et à soixante cinq de Paris. Elle est située dans une position agréable, et on y arrive par de belles routes. Le soi est calcaire, argileux, mélangé de silex.Des mines de fer et de charbon existent dans les environs. On pense que l’eau de Bourbon-1’ Archambault provient d’une source unique qui se divise ensuite en diverses branches ; sa température prise au grand puits est de 51° centigrade; cette eau se rend dans un grand bassin découvert qui est sur la place, là sa température n’est plus que de 49°, la température de l’air étant de 19°.

L’eau est claire, limpide, elle laisse dégager en bouillonnant une assez grande quantité de gaz qui est de l’acide carbonique mêlé d’un peu d’hydrogène sulfuré, elle est douce et onctueuse au toucher, exposée à l’air elle présente à sa surface un dépôt onctueux qui est formé parla barégine; son odeur est hydro-sulfurique et sa saveur acidulé et hépatique. Elle forme dans les puits un dépôL qui est composé de sulfate de chaux, d’une matière verdâtre, que l’on a prise pour des conferves, et qui n’est sans doute que la barégine de M. Lonchamps. Cet auteur dit que les eaux de Bourbon-l’Archambault ne contiennent que de l’acide carbonique libre, du sel marin, du sulfate de soude, un peu de carbonate de chaux et de la silice; mais M. Faye, médecin inspecteur des eaux, y a rencontré des muriates de chaux, de magnésie et de soude, du sulfate de soude, du sulfate de magnésie, du sulfate de chaux, du carbonate de fer, de la silice, un savonule "végétal, du gaz acide carbonique trois volumes et demi, et de l’hydrogène sulfuré un demi-volume. On voit par cette analyse que ces eaux doivent être considérées comme sulfureuses acidulés.

Bourbon-1’ Archambault avait des thermes du temps des Romains, et on y a trouvé les restes de | grandes et belles constructions. Aujourd’hui il y 1 a un hôpital pour les pauvres qui fut fondé en 1650; ! l’é tablissement thermal renferme maintenant seize ■ cabinets de bains avec douches. La source produit deux raille quatre cents mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures, ce qui peut permettre de donner dans cet espace de temps cinq à six mille

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bains ou douches. On a découvert aussi une autre source que l’on a nommée source de Jonas, du nom d’un Suisse qui la découvrit en creusant dans le sable. La température de cette source est froide ; elle contient de l’acide carbonique et les mêmes sels que l’eau de l’autre source, moins les sels de magnésie et l’hydrogène sulfuré : c’est une eau saline acidulé froide. Les eaux se prennent en bains, douches, lotions et en boisson. La saison commence le 15 mai et finit le 1°«" octobre. On peut recevoir dans la ville environ trois cents étrangers , le nombre des personnes qui fréquentent les eaux est d’environ cinq cents par année.

Les eaux de Bourbon-1’ Archambault ont une action très-marquée sur l’écouomie, surtout en raison de leur haute température. Prises en boisson elles ont une action stimulante très -prononcée, elles activent la transpiration, et la sécrétion de l’urine ; elles déterminent quelquefois la constipation, et l’on est obligé de les mêler avec les eaux de la source de Jonas pour rendre au ventre sa li berté. On emploie ces eaux dans la paralysie, lorsque la période aiguë est passée, dans les affections goutteuses et rhumatismales, dans les engorgements du foie et de la rate, qui sont le résultat d’anciennes fièvres intermittentes, dans les contractures et l’atrophie des membres, dans les affections glanduleuses, rachitiques, dans les anciens catarrhes de la vessie, dans les maladies des articulations, dans les écoulements vaginaux anciens, les affections chroniques de l’utérus ; on les emploie aussi dans les affections de la peau. On doit surtout ne faire usage de ces eaux que lorsque la période aiguë des maladies est passée, car leur activité , qui est fort grande , tendrait à réveiller l’état inflammatoire.

On coupe quelquefois ces eaux avec d’autres eaux minérales telles que celles de Saint-Pardoux, qui sont ferrugineuses et qui se trouvent à trois lieues de Bourbon, d'autrefois on y ajoute des sels purgatifs; on fait aussi usage dans les repas et dans la journée de l’eau de Jonas, que l’on coupe avec d’autres boissons. Il y a aussi à Bourbon des boues minérales qui jouissent d’une assez grande activité, et que l’on emploie surtout comme résolutives dans les engorgements indolents.

Bourbon-Lancy (Eaux minérales de). Bourbon- Lancy est une petite ville du département de Saôneet-Loire, sur la route de Moulins à Autun, à quatrevingts lieues de Paris. La ville est dans une situation agréable, les communications sont faciles, et la vie à bon marché. Les eaux sortent par plusieurs ouvertures rapprochéesles unes des autres, ce qui a permis de penser qu’elles provenaient sans doute d’une source unique. La température varie à ces diverses ouvertures; elle est de 57 degrés centigrades à la source du Lymbe, de 60° à celle de Dense, de 40° au Ram-Royal, et de 42° à la fontaine Saint- Léger. Ces eaux contiennent du sel marin, des sulfates de soude et de chaux, un peu d’oxide de fer et de la magnésie.

Les sources produisent environ trois cents mètres cubes d eau en vingt-quatre heures, et l’on peut donner jusqu’à six cents bains par jour. L’éta-

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blissement renferme huit cabinets de bains, plusieurs appareils de douches et deux piscines. Les eaux se prennent en bains, douches et boisson. La saison commence le 15 mai et finit le 15 octobre. Ces eaux s’emploient dans la plupart des cas que nous avons énumérés pour Bourbon-l’Archambault ; on doit cependant se rappeler qu’elles ont moins d’activité, et qu’elles doivent être préférées aux premières chez les personnes faibles et irritables : comme elles ne contiennent pas de principe sulfureux , il est probable qu’elles auraient peu d’efficacité dans les anciennes maladies de la peau. J.-P. Beaude.

bourbonne- les-bains ( Eaux minérales de). Bourbonne-les-Bains est une petite ville du département de la Marne, a huit lieues de Langres et à soixante- dix lieues de Paris; elle est située sur une hauteur à deux cent quatre-vingts mètres au-dessus du niveau de la mer; la ville, qui est agréable, renferme environ huit cents maisons et trois mille cinq cents habitants. On pourrait dans la saison des eaux recevoir jusqu’à mille deux cents étrangers à la fois. Le pays est riche, et la vie y est excellente et à bon marché. De très-belles promenades sont jointes à la ville, et sa situation élevée y rend les variations atmosphériques assez communes : la température pendant la saison des bains y est ordinairement de vingt degrés.

Bourbonne possède des thermes depuis la plus haute antiquité : on y a trouvé des débris de constructions romaines, et, entre autres, un conduit en ciment romain à plus de quarante et un pieds au-dessous du sol, qui contenait de l’eau aune température de soixante degrés. En 1732, Louis XV fit construire un hôpital militaire qui depuis a reçu une assez grande extension; il existe aussi un hôpital civil.

Les sources de Bourbonne sont au nombre de trois, et leur température varie entre 52° et 37 degrés G. ; deux des sources, celle du Grand-Puisard et celle de la Fontaine, donnent réunies 81 m. cubes. L’eau est limpide, incolore, sa saveur est salée ; c’est une des eaux minérales les plus chargées de sels, car elle marque deux degrés à l’aréomètre de Baumé : elle contient, d’après l’analyse faite par MM. Desfosses et Roumier, en 1827, du bromure et du cholure de potassium, des chlorures de calcium et de sodium (muriates de chaux et de soude), du sulfate de chaux et du chlorure de magnésium, des traces d’une matière extractive, du gaz oxigène, de l’azote et de l’acide carbonique. M. Lonchamps nie l’existence de l’acide carbonique dans ces eaux.

L’établissement thermal est moderne et bien construit; il renferme trente-deux cabinets de bains, seize douches, deux bains de vapeur et deux piscines; la saison des eaux commence le 1er mai et finit le 1" octobre : ces eaux sont employées en bains, en douches et en boisson. La dose, en boisson, est d’un demi-litre à deux litres que l’on prend à jeun. Les malades supportent d’abord difficilement la chaleur des eaux; mais ils finissent par s’y habituer. Les bains doivent être pris à diverses

températures; ordinairement on les fait précéder par l’eau prise en boisson ; il faut, à cet égard, suivre les conseils du médecin chargé de l’inspection des eaux. Il existe aussi à Bourbonne des boues minérales qui sont sulfureuses et ammoniacales; elles doivent ces deux propriétés à la décomposition des matières organiques avec lesquelles elles sont mêlées. Analysées par Vauquelin, ces boues ont donné pour résultats : une matière organique abondante, de la silice, du fer oxidé, de la chaux, de la magnésie et de l’alumine.

Les eaux de Bourbonne sont stimulantes et purgatives, quelquefois cependant elles déterminent la constipation : comme toutes les eaux ther males, elles sont employées dans le traitement d’un grand nombre de maladies, dans les rhumatismes, la paralysie, les engorgements du foie et de la rate, dans l’hydropisie, dans les fièvres quartes rebelles, dans les catarrhes chroniques. Ou les emploie surtout dans les anciennes plaies d’armes à feu dont la guérison est incomplète, dans les fistules et dans beaucoup d’autres affections chirurgicales, telles que les rétractions des membres, les engorgements des articulations, les fractures, les luxations; dans ies anciennes éruptions de la peau; quelques médecins les ont ordonnées dans les affections nerveuses. Mais on doit se garder de les prescrire dans les maladies fébriles, dans les irritations gastriques, dans les phthisies pulmonaires, dans les congestions cérébrales et dans les affections du cœur.

J.-P. Beaude.

bourdonnement ( path .), s. m. Perception illusoire par l’oreille d’un bruit semblable à celui que font entendre en volant certains insectes, et particulièrement les bourdons. Nous comprendrons aussi, comme ayant la même signification, les sensations désignées sous les noms de sifflement, tintement, tintouin, etc. Il n’est pas rare de les observer dans l’état de santé ; elles ne durent le plus souvent que quelques secondes, et sont alors sans danger. D’autres fois elles sont plus intenses, et deviennent les symptômes d’une maladie sérieuse; elles peuvent être occasionnées par une inflammation de l’oreille, par la pléthore, par une accumulation de la matière cérumineuse, ou par la présence d’un corps étranger quelconque, d’un insecte, par exemple, dans le conduit auditif, par uu rétrécissement de ce même conduit, quelle qu’eu soit la cause , par l’engorgement ou l'occlusion du canal qui fait communiquer avec la bouche la cavité du tympan, et qui est connue sous le nom de trompe d’Eustache. Le bourdonnement e.st encore lié aune modification particulière du nerf auditif; tel est l’ébranlement produit par une violente détonation, ou même par une forte commotion morale, le commencement d’une syncope ou d’unfl attaque de nerfs; enfin il parait être un des symptômes constants de l’agonie. Dans quelques circonstances cette sensation a une persistance et une netteté remarquables qui lui donnent tous les caractères d’une véritable hallucination. (Y. ce mot.) Le bourdonnement persistant d’une manière incommode se combat d’après la cause qui

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l’a produit ; s’il était lié par exemple à un état de pléthore générale, on aurait recours à la saignée ou à une application de sangsues à l’anus. Localement, on peut aussi employer des injections émollientes rendues narcotiques par l’addition d’une petite quantité d’opium. J. B.

bourgeons charnus {chir.), s. m. p. On donne ce nom à des granulations rougeâtres, coniques, charnues en apparence, qui se développent à la surface des plaies et des ulcères en suppuration : ces bourgeons, qui sont formés par le développement du tissu cellulaire et des vaisseaux capillaires, précèdent la cicatrisation et sont même indispensables à sa production; souvent ils acquièrent un développement trop considérable, et l’on est obligé de les réprimer par les caustiques, tels que le nitrate d’argent ou l’alun calciné. (V. Cicatrices.)

bourrache ( bot . et mat. méd.), s. f. ( Borago ou Borrago, modification ou altération évidentes de Côrrago, Corago, cor ago, je réjouis le cœur: « Dicit borrago, gaudia cordis ago.») Cette plante, que le peuple appelle quelquefois Bouroche, est connue dans les officines et en botanique sous le nom de borrago officinalis. L. Penlandrie monogynie. Famille naturelle des boraginées.

Originaire du Levant, et jadis transportée d’Alep en Europe, la bourrache s’est tellement bien naturalisée et répandue chez nous, qu’on la peut en quelque sorte considérer comme plante indigène. Elle se sème d’elle-même, et notre territoire lui convient si bien, qu’elle y est même devenue sauvage dans plusieurs provinces. On la cultive aussi dans nos jardins pour la longue durée et l’agrément de ses fleurs, dont les cuisinières se plaisent, en les mêlant à celles de la capucine, à enjoliver les salades. Ces fleurs, d’abord de couleur purpurine dans les jeunes, passent successivement au plus bel azur. Il y a une variété qui se distingue des autres par des fleurs entièrement blanches; et l’on voit parfois sur le même pied des fleurs roses et des fleurs blanches, ou des roses et des bleues. C’est du sommet de la tige et de ses rameaux que naissent ces jolies fleurs attachées à un long pédoncule incliné vers le sol. La plante entière, dont la tige est rameuse, cylindrique, épaisse, charnue, creuse, hérissée de poils courts, rudes et piquants, est haute d’un pied et demi à deux pieds. Sa racine, d’à peu près la grosseur du doigt, est tendre, blanchâtre, longue , pivotante , garnie de fibres. Toutes les parties de la bourrache contiennent un suc mucilagineux et nitré très-abondant, mais qui l’est beaucoup moins dans la fleur.

Les infusions, le suc , l’extrait , etc. , que l’on prépare avec les feuilles et les fleurs de ce végétal, sont usités en médecine depuis si long-temps, et dans un si grand nombre de circonstances, qu’ils ont fait de la bourrache un remède populaire qu’on prend, sans consulter , à la première indisposition. On en fait surtout usage , sous forme de boisson aqueuse, pour rappeler la transpiration supprimée , quand on est pris de courbature, de douleurs rhumatismales, d’un accès de goutte, et aussi contre la toux, le rhume,

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la douleur de côté (point pleurétique), la fluxion de poitrine (péripneumonie), les irritations des voies urinaires, la gravelle, etc., etc. On s’en sert également dans les premières périodes des fièvres dites éruptives, comme la variole (petite vérole), la rougeole, la scarlatine (fièvre rouge), l’érysipèle, la milliaire, l’urticaire, en un mot dans toutes les éruptions cutanées aiguës. L’extrait et le suc dépuré ont été recommandés contre les dartres, la gale, et la plupart des maladies chroniques de la peau , ainsi que dans celles des viscères abdominaux, par exemple, pour le traitement del’hypochondrie et de la mélancolie; mais ces états morbides présentent des lésions si différentes, et par conséquent des indications si diverses, qu’il faut toute la sagacité d’un praticien exercé pour en démêler toutes les nuances et bien saisir le cas où ces préparations peuvent être avantageuses. Quant à l’eau distillée de cette plante, elle est complètement inerte. Elle a encore un autre inconvénient, c’est qu’elle se gâte en quelques jours, à moins qu’elle n’ait été confectionnée qu’à l’aide des fleurs seulement.

F. E. Plisson.

bourse ( anat. ), s. f. Deux applications trèsdifférentes ont été faites de cette expression ; ainsi les couches successives des enveloppes des testicules sont appelées bourses; et l’on désigne également par le mot bourse de petites poches très- lisses à leur intérieur et que l’on rencontre revêtant les deux faces contiguës de deux parties destinées à glisser l’une sur l’autre.

Les bourses , ou les enveloppes des testicules, sont constituées par plusieurs membranes qui s’emboîtent de l’extérieur vers ces organes.

La première de ces enveloppes est la peau, qui se nomme aussi scrotum. Cette peau se continue en haut et en devant avec celle du pénis et du devant du pubis ; en arrière avec celle du périnée; sur les côtés avec celle de la partie interne et supérieure des cuisses. Le scrotum présente, sur la ligne médiane , un raphé ou trait indiquant le point par lequel les deux moitiés du corps se confondent. Cette peau est plus brune que celle du reste du corps ; on y voit des rugosités, des rides, des aspérités , celles-ci formées par les follicules qui la pénètrent. Elle porte des poils peu serrés , mais médiocrement longs. La saillie et le rapprochement des rugosités ou rides du scrotum et l’état de cette enveloppe sont généralement des indices de vigueur. Le raphé que l’on remarque sur le milieu est plus enfoncé que les moitiés latérales, qui le dépassent de chaque côté. Celle de droite est ordinairement plus remontée que celle de gauche. Chacune de ces moitiés est semblable à l’autre ; on peut le reconnaître à travers le testicule, et c’est parce que le testicule droit descend moins bas que le gauche, que la moitié droite du scrotum est plus relevée que celle du côté opposé. L’enfoncement qui partage en deux le scrotum est l’indice d’une cloison qui divise plus profondément en deux côtés, l’un droit et l’autre gauche , la profondeur des bourses, pour loger un testicule dans chaque moitié.

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Au-dessus du scrotum on trouve une couche celluleuse; le tissu qui la forme est lamelleux, sans graisse. Sous cette couche on trouve un feuillet comme aponévrotique qui se continue avec le feuillet fibreux sous-cutané du tronc et des cuisses. Au-dessus de celui-ci on rencontre une nouvelle couche de tissus cellulaires.

La couche celluleuse est doublée, de chaque côté de la ligne médiane, par une tunique fibreuse blanche, douée de la propriété de se rétracter quoique non musculaire ; ce sont les dartos. Chacun des dartos est , de chaque côté , la première tunique qui devienne spéciale pour un testicule. Les dartos s’attachent chacun à la paroi abdominale, en dedans du pilier interne de l’anneau; ils se perdent sur la partie interne des cuisses et vers le périnée ; puis ils se fixent au pubis , à l’ischion , et se terminent en s’adossant pour former une cloison mitoyenne sur la face inférieure du pénis. Les dartos sont pénétrés à leur côté interne parles diverses enveloppes qui s’étendent de l’anneau, dans leur cavité pour envelopper plus ou moins médiatement le testicule.

Sous le dartos estun prolongement aponévrotique du contour de l’anneau inguinal. Puis vient une couche celluleuse. Sous celle-ci sort de l’anneau une membrane musculeuse , expansion du petit oblique, qui décrit des arcs à convexité supérieure et se fixe aux enveloppes sous-jacentes qu’elle revêt incomplètement. C’est le muscle crémaster dont la fonction est de relever les enveloppes des testicules et de les tirer vers l’anneau.

Concentriquement au crémaster , on rencontre une couche celluleuse qui se confond avec la précédente au point où le crémaster cesse d’être interposé entre elles. Dans celle-ci est contenu un prolongement aponévrotique qui provient du fascia transversalis , conséquemment de l’abdomen , et traverse l’anneau profond, prend la forme d’un tube dans le canal inguinal et qui, au-delà de l’anneau cutané , se développe et forme une tunique fibreuse destinée encore au testicule. Sous cette tunique existe la lame celluleuse intermédiaire. Puis vient une enveloppe d’un tissu intermédiaire pour la résistance au tissu cellulaire serré , et au tissu aponévrotique : c’est la tunique propre du cordon. Sous celle-ci existe le tissu cellulaire qui unit entre eux les vaisseaux testiculaires. Ces deux dernières couches s’arrêtent aux testicules.

Plus bas, séparée seulement du prolongement formé par le fascia transversalis par la lame cellulaire sous-jacente à celui-ci , une membrane séreuse, la tunique vaginale, recouvre d’une part la couche précédente et se continue d’autre part sur la tunique albuginée des testicules , renfermant une capacité , dont les faces opposées sont contigües et qui, lubrifiée par une vapeur séreuse , permet le glissement des testicules dans la cavité de ces enveloppes. Enfin la substance testiculaire est elle-même enveloppée d’une membrane propre, blanche, insistante, qu’on nomme albuginée.

Les bourses sont, dans l’embryon de trois mois, encore indistinctes; à quatre mois de conception, le scrotum est clos , mais vide. Ce n’est qu’à huit

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mois que le testicule franchit l’anneau et entraîne avec lui la tunique vaginale , dépendance du péritoine qui l’accompagne , et qui se sépare de cette membrane vers l’époque de la naissance pour former une enveloppe à part, par l’oblitération et la transformation celluleuse du canal péritonéal qui se prolonge avec elle et avec le cordon dans les bourses. C’est seulement au neuvième mois que le testicule a pris sa place dans son enveloppe extérieure.

Des vaisseaux, artères, veines, lymphatiques, et des nerfs se distribuent aux bourses, c’est-àdire aux enveloppes. Ces derniers ont des rapports de connexion avec les téguments de la cuisse, de l’abdomen et du bassin. Il en est autrement du testicule dont les vaisseaux et les nerfs sont continus aux troncs renfermés dans la profondeur du ventre et de la cavité pelvienne.

bourses (maladies des). ( Path .) Rappelons une vérité établie par bien des faits dans la science : les tissus différents et superposés tendent en général à être malades isolément, plutôt qu’à communiquer leurs affections aux tissus voisins, dans certaines limites du moins. La maladie est souvent presque aussi habile que le scalpel pour isoler les parties autrement organisées. La structure des bourses consistant en un grand nombre de poches disposées concentriquement est favorable à mettre au jour cette loi pathologique.

C’est ainsi que le scrotum a ses maladies distinctes de celles du tissu aponévrotique sousjacent. Telle est la présence de certains insectes, tels sont l’érysipèle, les dartres, l’éléphantiasis des Grecs, celui des Arabes, qui jette déjà des racines plus profondes, et le cancer des ramoneurs.

C’est dans le tissu cellulaire qu’ont d’abord lieu le phlegmon et les infiltrations ; dans le muscle crémaster a lieu le spasme de la colique néphrétique, etc.

Les progrès de certaines maladies atteignent bien aussi les tissus sous-jacents, mais c’est lorsque déjà la peau et le tissu cellulaire, immédiatement recouverts par cette membrane, ont déjà subi de notables altérations.

La totalité des enveloppes est fréquemment tout entière lésée, désorganisée, mortifiée sans que le testicule y participe. On a pu enlever des tumeurs du poids de soixante livres formées par le scrotum et les premières couches sous-jacentes, sans qu’il fût nécessaire de toucher aux testicules, parfaitement sains au milieu de cette dégénération générale. Fréquemment les infiltrations d’urine ont pour résultat la gangrène de la totalité des bourses. Lorsque les escarres se détachent, il est presque merveilleux d’apercevoir, au fond de toutes ces chairs en dissolution, la couleur blanche , nacrée , pure de la tunique propre du testicule, suspendue et préservéede cette mortification effrayante par le cordon de ses vaisseaux et de ses nerfs.

Outre cette ligne de démarcation existant entre le testicule et ses enveloppes, les dartos en établissent une autre moins tranchée pourtant, entre les affections qui se manifestent d’un côté et

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celles du côté opposé. L’une des maladies les plus ordinaires des bourses est l’infiltration ou l’épanchement séreux, c’est-à-dire l’hydropisie ou l’œdème.

Si l’infiltration a lieu au-dessous du scrotum, ou sous l’enveloppe aponévrotique générale, elle se répandra des deux côtés; mais si elle a lieu en dedans des dartos, elle pourra n’affecter qu’un côté, dans le cas où la cause n’est pas générale. L’épanchement dans la tunique vaginale, ou l’hydrocèle proprement dite,estpresque constamment simple. Enfin les maladies du testicule luimême sont ordinairement bornées à un seul. L’inflammation phlegmoneuse de cet organe, celle qui se prolonge , contre le cours du sperme , de l’urèthre, parle canal déférent, jusques à l’épididyme et même au testicule (lachaudepisse tombée dans les bourses), les sarcocèles scrofuleux, squirrheux, cancéreux, etc., toutes ces maladies n’affectent généralement qu’un testicule. Il y a une raison pour laquelle la gonorrhée tombée dans les bourses atteint assez souvent encore les deux testicules, c’est que le point de départ de l’affection est presque commun ; c’est sur les côtés du vérumontanum que s’ouvrent les orifices des canaux déférents, qui, à travers le bassin, le canal inguinal et les enveloppes testiculaires, livrent passage à la sécrétion du testicule.

Pour le phlegmon sous-cutané, il peut aussi facilement, comme l’infiltration séreuse, se porter aux deux moitiés.

L’urine, en frappant de mort tout ce qu’elle touche, mais cependant en respectant davantage les aponévroses, rencontrera dans celles-ci une barrière incomplète qui déviera le cours de ses ravages, sans les limiter entièrement, à moins que l’action délétère de son contact ne soit amortie.

La délimitation est tout-à-fait tranchée si l’on remonte avec le cordon testiculaire, à moins que l’affection ne dépende d’une disposition partagée par toute l’économie. C’est ainsi que les varices du cordon, ou le varicocèle, l’hydrocèle de la tunique du cordon, les phlegmons, les abcès froids et les hernies auxquelles le canal inguinal donne issue, sont généralement des maladies bornées à un seul côté.

Les hernies inguinales descendent quelquefois dans les bourses, soit logées dans le tissu cellulaire sous-jacent au prolongement fibreux qui provient dufascia transversale, soit pénétrant dans la cavité même de la tunique vaginale, lorsque celle-ci n’est pas encore séparée du péritoine. Ces dernières sont des hernies inguinales, externes, congéniales; comme, lorsqu’il existe une hydrocèle avec la même disposition, c’est-à-dire la conservation du canal péritonéal, on appelle cette espèce hydrocèle congéniale. Voyez au reste , Syphilis, Erysipèle, Dartres, Phlegmon, Hydrocèle, Varices, Varicocèle, Hernies, Rétentions d’urine, Testicule, Sarcocèle.

Les plaies des bourses n’ont rien de grave , si elles n'atteignent pas le testicule.

Sanson- Alphonse ,

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris.

bouton (path.), s. m. Dans le monde on donneen général ce nom à toutes les élevures qui surviennent à la surface de la peau, qu’elles soient pleines et solides ou remplies de liquide, cependant on désigne plus particulièrement par là ces petites saillies coniques qu’on remarque si souvent dans l’état de santé sur le visage, le dos et la poitrine des jeunes gens et qui appartiennent à l’acné ou varus, (V. ces mots.) Les médecins ont rejeté l’expression de bouton, comme ayant un sens trop vague, et ont adopté différents noms pour désigner les diverses éruptions de la peau. Ils ont nommé papules et tubercules les élevures pleines et solides, vésicules celles qui contenaient un liquide clair , pustules celles qui renfermaient du pus, etc. (V. ces mots.)

On nomme bouton de feu un instrument en fer dont l’extrémité, en forme de bouton, sert à cautériser après avoir été chauffé au rouge. (V. Cautères. ) J. B.

bouton d’alep [path.), s. m. ( pyrophlictis endemica) -Cette maladie qui est aussi connue sous les noms de pustule d’Alep, pustule de Bagdad, pustule de Bassora, excite singulièrement la curiosité. Il n’est pas de voyageur dans les contrées où elle est endémique qui ne s’étonne de ses phénomènes , et qui n’en tienne note dans ses relations. On cherche depuis long temps à s’éclairer sur celte affection singulière, dont les accidents sont inexplicables , et qui paraît néanmoins prendre son rang dans le groupe des dermatoses eczémateuses, à côté de la pustule maligne , ou pustule dite de Bourgogne , si bien décrite par Thomassin , Enaux et Chaussier , ou la pustule de Hongrie, dont on doit l’histoire à M. Schraud. Le célèbre John Russel est du reste le médecin qui s’est le plus occupé du bouton d'Alep.

Non seulement j’ai eu occasion d’observer par moi-même la pustule dont il s’agit sur deux individus qui avaient séjourné longtemps sur les rives du Tigre et de l’Euphrate, mais un de mes studieux élèves , qui pratique notre art en Syrie, m’a communiqué des faits dont j’ai déjà publié les résultats , du moins en partie , dans ma Monographie des dermatoses. J’ai , en outre , donné naguère mes soins à un jeune étranger, qu’on élève dans l’un des Collèges de Paris, pour la cicatrice indélébile de la plus bizarre des éruptions. Cette cicatrice a beaucoup d’étendue; elle a, pour ainsi dire, labouré une grande portion du tégument. Cet élève a trois sœurs stigmatisées comme lui , mais dans d’autres partie de la peau. Il a de plus un jeune frère chez lequel la pustule était encore en pleine vigueur le jour où il me fut présenté.

M. le docteur Guilhou deCahors, digne compagnon de voyage de notre honorable collègue M. Pariset, a soutenu récemment une fort bonne thèse sur cette dermatose déjà décrite par moi ! sous le nom de pyrophlictis endemica. Les détails ! fournis par ce jeune observateur offrent le plus j grandintérêt, et je saisis avec empressement cette I occasion pour rendre une éclatante justice à son excellent travail.

| U est donc constant que dans les pays d’Alep , de Bagdad, de Bassora, etc., des individus sans nombre se trouvent atteints de cette espèce d’é-

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ruption ; dans tous les lieux publics, dans ies marchés, sur les grandes routes, on ne cesse de rencontrer des personnes plus ou moins défigurées par ce mal formidable; les femmes surtout qui portent ces disgracieuses cicatrices ont grand soin de les dissimuler à l’aide de leur longue chevelure, qu’elles font descendre des deux côtés de leurs joues.

La pustule d’Alep attaque les étrangers aussi bien que les indigènes; personne n’est à l’abri de ses sinistres atteintes; hommes, femmes, enfants, les pauvres dans leurs chaumières, les riches dans leurs palais, tout le monde paie ce fatal tribut. On dirait qu’il suffit d’avoir respiré l’air de ces funestes contrées pour en contracter le germe et pour devenir désormais susceptible de la voir éclore sur soi partout où l’on va^ souvent même , après un long espace de temps. Quelquefois des hommes ne font que traverser ce pays ; après peu de jours, ils partent, et de retour dans leurs foyers, ils aperçoivent le point rudimentaire de la fatale pustule. Je connaissais déjà l’histoire d’un ancien consul dans le Levant, qui , ayant obtenu sa retraite depuis plus de vingt ans , vivait tranquillement à Paris , sans avoir jamais rien ressenti dans le pays qu’il avait jadis habité. Il fut fort surpris de voir arriver dans sa vieillesse la pustule qui suivit régulièrement ses périodes. On peut rapprocher de ce fait curieux les deux cas que cite M. le docteur Guilhou. « Un voyageur anglais , dit-il, qui n’avait fait que passer par Alep, éprouva, un certain nombre d’années après, à Londres où il faisait sa résidence, une éruption cutanée, dont lui-même et les plus habiles médecins ignoraient la nature. Rebelle à tous les traitements, l’ulcère donnait beaucoup d’inquiétude au malade, lorsqu’on réclama les soins du docteur Russel , alors octogénaire, qui reconnut le bouton tant observé par lui, en prédit la marche, la durée et la terminaison; ce que l’événement justifia. M. Guilhou fait aussi mention d’un négociant français, qui, ayant habité plus de vingt ans Alep , en fut atteint à Marseille longtemps après son retour de Syrie.

Toutes les parties de la peau sont du domaine de cette pustule , mais plus le siège qu’elle occupe est charnu et humide, plus elle acquiert d’étendue. Lorsqu’elle attaque l’œil, il est rare que le malade puisse conserver cet organe ; heureusement qu’elle se borne d’ordinaire au sourcil. Elle marque fortement le nez , sans prolonger ses ravages et sans intéresser les os. Le bouton d’Alep est surtout d’un tourment insupportable, quand il se place sur les lèvres du patient, parce qu’il l’empêche de rire et de manger.

On croirait avoir recueilli assez de faits pour démontrer qu’en général les étrangers sont attaqués dans les membres, tandis que les naturels du pays le sont toujours au visage. On a voulu en donner un8 preuve récente en citant l’évêque que nous avons à Bagdad, et qui vient d’en être atteint au petit doigt, précisément à celui où les prélats portent l’anneau épiscopal. Malgré cet exemple , on peut dire qu’une assertion aussi vague est journellement démentie par l’observation. Nous avons

vu arriver à Paris toute une famille française, dont trois filles et deux garçons , lesquels avaient éprouvé le bouton à la face. On connaît pareillement l’épouse d’un ancien envoyé, qui a été attaquée au bout du nez. C’est certainement une distinction bizarre que celle qui a été faite dans ce pays des boutons mâles et des boutons femelles. Tout se réduit à dire que la pustule d’Alep est tantôt unique , tantôt multiple. On dit qu’elle est mâle quand le pus qui en résulte ne s’échappe que par une seule ulcération ; mais on est aussi convenu de l’appeler pustule femelle, si son évacuation s’effectue par plusieurs points, et si on voit s’établir sur le tégument comme un assemblage de plusieurs pustules. Dans le deuxième cas, le bouton d’Alep offre parfois l’aspect du furoncle guêpier ( furunculus vesparius ), souvent entourés de petits furuncules secondaires, qu’on pourrait appeler ses satellites.

Le bouton d’Alep met d’ordinaire un an pour parcourir ses périodes ; parfois il dépasse ce terme. Il attaque souvent les enfants; mais on assure qu’il ne se montre jamais chez ceux qui sont encore à la mamelle. Au surplus, la pustule est plus grave dans l’âge adulte que dans les premiers temps de la vie. On a voulu établir une différence entre la pustule d ’Àlep et la pustule de Bagdad; cette différence n’existe pas , à moins qu’elle ne se prenne d’une plus grande activité dans l’inflammation qui caractérise cette dernière; encore faut-il que ce résultat se confirme par un plus grand nombre d’observations.

Voici, du reste, la marche de cette endémie : elle commence ordinairement par un point rosé, qui s’élève et devient plus rouge à mesure qu’il fait des progrès. Après quelques jours d’inertie et d’indolence, ce point devient un peu douloureux à la pression. Bientôt commence une suppuration qui , s’effectuant à l’air libre , donne lieu à la formation d’une croûte humide, semblable à une coquille par ses bords, et laissant jaillir par ses crevasses une humeur encore assez limpide, mais qui tache le linge d’un jaune insensiblement caractérisé. Vers le sixième mois, toute cette croûte tombe d’elle-même et découvre une plaie purulente autant que fétide; elle se recompose assez rapidement sous la même forme, etlaisse toujours échapper, par les bords seulement, la sécrétion périodique de l’ulcère, qui alors a acquis toute sa force. On peut compter jusqu’à cinq ou six chutes de croûtes , qui s’opèrent à peu près de trois semaines en trois semaines. Le pus n’est jaune que quand l’inflammation est très-active ; dans le cas contraire , il est grisâtre. 11 faut quelquefois plus d’une demi-année pour accomplir cette période ; ensuite le bouton décline graduellement jusqu’à une entière guérison qu’aucun moyen thérapeutique ne saurait hâter.

La pustule ayant terminé sa révolution , la peau se nettoie ; mais elle demeure déprimée et rouge, puis elle pâlit et reprend sa couleur normale. Parlerons-nous delà cicatrice? Le tégument, tel que je l’ai vu , était couvert de rugosités et traversé de quelques lignes proéminentes qui faisaient paraître la peau comme gauffrée. Quelques person-

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nés expérimentées auraient pu prendre ces altérations physiques comme le résultat d’une brûlure, à l’exception que , dans ce dernier cas , la peau conserve une sensibilité plus vive.

Voilà la description abrégée de la pustule d’Alep. Mais lorsqu’elle se complique d’un vice scrofuleux déjà existant dans l’économie, lorsqu’elle sévit sur des sujets atteints d’une faiblesse radicale du système lymphatique, elle prolonge sa durée; elle forme ce qu’on appelle un ulcère mixte. Ce n’est plus l’allure accoutumée d’une phlegmasie plus ou moins ardente dans la propre substance de l’appareil tégumentaire , c’est une inflammation très- lente, comme je l’ai particulièrement observé chez l’un des enfants mentionnés plus haut, et qui ont séjourné plusieurs années dans une maison d’éducation à Paris.

La pustule d’Alep a une sorte de ressemblance avec les exanthèmes ; elle ne récidive guère ; elle ne se montre qu’ue fois comme la variole. Elle présente néanmoins cette différence , que , selon la juste remarque de John Russell, elle ne produit jamais par le moyen du contact une maladie semblable à elle-même. Elle n’est donc pas contagieuse.

Je n’en sais pas davantage sur cette phlegmasie spécifique , qui se maintient depuis si longtemps dans les mêmes lieux et par des circonstances physiques qu’on n’a point encore bien appréciées. Les habitants s’accordent assez pour la rapporter à la qualité pernicieuse des eaux dont on fait usage. M. le docteur Guilhou a publié les considérations les plus intéressantes sur cette étiologie ; il a recueilli avec beaucoup de soin toutes les probabilités qui militent en sa faveur. L’examen particulier qu’il a fait du cours sinueux qu’affecte la petite rivière du Coiq et des eaux bourbeuses qu’elle charrie explique très-bien, ce nous semble, pourquoi la maladie se montre en certains lieux et ne paraît jamais dans d’autres. Il sera peut-être utile qu’on fasse un jour des recherches nouvelles sur ce singulier principe, qui donne lieu au développement du bouton d’Alep ou de Bagdad.

Il y a un rapprochement à faire entre la pustule dont nous traitons et la pustule maligne de nos contrées européennes; l’une et l’autre peuvent attaquer certains animanx domestiques. M. Guilhou affirme que les chiens sont susceptibles de la contracter. Il serait curieux de confirmer si , par ses rapports d’organisation avec l’homme, le singe , comme nous l’avons entendu dire, pourrait avoir le même sort.

On éprouve le plus grand embarras quand il s’agit de déterminer le traitement qui convient à la pustule d’Alep. A cet égard, rien n’est encore découvert. Les médecins expérimentateurs ont mis à contribution toutes les méthodes ; mais la nature, interrogée par divers procédés , est restée muette sur ce point comme sur beaucoup d’autres. On observe que la cicatrice est plus régulière , lorsqu’on s’abstient de la couvrir d’emplâtres et autres remèdes conseillés par un aveugle empirisme. Mon élève vit à Bassora une jeune dame qui, pour avoir fait usage d’un topique pré-

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conisé dans son pays , perdit le plus beau visage du monde.

Il est donc constaté de nos jours que , quel que soit le genre de médication que l’on emploie , la pustule marche , et qu’elle met d’ordinaire l’espace d’un an pour accomplir sa révolution. Naguère le vice-roi de Bagdad promit une grande récompense à un médecin anglais, s’il parvenait à guérir une des plus belles femmes de son sérail, qui s’en trouvait atteinte, et à laquelle il était tendrement attaché; celui-ci fit mille tentatives, épuisa toutes ses recettes et n’eut pas le moindre succès. Dans une matière aussi obscure , je me borne à l’exposition des faits qui sont parvenus à ma connaissance. Cependant, je dois dire que l’application du nitrate d’argent, réitérée plusieurs fois, a parfaitement réussi chez un élève du collège Henri IV, qui a été longtemps confié à mes soins. babon Alibert,

Professeur à la faculté de médecine de Paris, médecin en chef de l'hôpital Saint-Louis.

boyau (owaf.), s. m. motpopulaire. (N .Intestins.)

brachial ( anat .), adj. (de brachium, bras), qui appartient au bras : plusieurs des parties qui entrent dans la composition du bras ont reçu ce nom. Ainsi on a nommé aponévrose brachiale une extension fibreuse du tendon du grand dorsal et grand pectoral, et qui enveloppe ensuite le bras jusqu’à sa partie inférieure. Il existe un muscle brachial antérieur, qui s’attache à la partie antérieure et inférieure de l’humérus et à l’apophyse coronoïde du cubitus ; il fléchit l’avant-bras sur le bras ; un muscle brachial postérieur, qui a reçu le nom de triceps brachial; une artère et des veines brachiales, et un plexus brachial, etc. (V. Bras.)

brachio- céphalique (anat.), adj., qui appartient au bras et à la tète : c’est le nom donné par Chaussier à l’artère innommée, qui naît de l’aorte. (V. Aorte.)

bras (anat), s. m. (brachium). Ce mot, qui désigne souvent , dans le langage vulgaire , la totalité du membre supérieur, a un sens plus restreint pour l’anatomiste; le bras, pour lui , est la partie comprise entre l’épaule et l’avant-bras. Ainsi envisagée, cette portion a une forme à peu près cylindrique ; sa longueur , qui chez le fœtus est moindre que celle de l’avant-bras , dépasse plus tard celle-ci d’un cinquième environ. Un seul os, qu’on nomme l’ humérus, en constitue la partie centrale; il est long, cylindrique, et présente deux extrémités, l’une supérieure qui s’articule avec l’omoplate et qui contribue à former l’épaule; l’autre inférieure qui s’articule avec les deux os de l’avant-bras, cette dernière articulation forme le coude. Divers muscles entourent cet os et s’insèrent sur lui; mais quatre seulement appartiennent en propre au bras : ce sont les muscles triceps-brachial en arrière, coraco-brachial en dedans, brachial antérieur et biceps en avant. Ce dernier muscle est celui qui forme cette saillie si prononcée qui est située un peu en dedans et en avant du bras, à partir de son pli.

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Outre ces quatre muscles, il en est d’autres qui appartiennent à l’épaule, et qui recouvrent la partie supérieure de l’humérus seulement; nous ne citerons que le deltoïde , muscle triangulaire, comme son nom l’indique, qui, après avoir embrassé l’épaule et contribué au relief qu’elle forme, se termine en pointe et vient s’insérer sur l’os du bras, en formant une dépression que l’on peut facilement sentir à travers la peau. Cette dépression, située à la partie moyenne et en dehors du bras, est utile à connaître : c’est sur la peau qui la recouvre que les médecins placent de préférence les vésicatoires et les cautères; c’est aussi le lieu qu’ils choisissent pour vacciner. La raison de ce choix est dans l’abondance du tissu cellulaire placé au-dessous de la peau, ce qui permet d’entretenir une longue suppuration , et aussi dans l’absence de tout mouvement et de toute contraction musculaire en ce point.

L’artère principale du bras fait suite à l’artère axillaire, et porte le nom d’artère humérale ou brachiale. Située d’abord tout-à-fait en dedans du bras, au-dessous du creux de l’aisselle, elle descend vers l’avant-bras, en se dirigeant un peu en avant et en suivantle trajet d’une ligne qui s’étendrait obliquement du milieu du creux de l’aisselle à la partie moyenne du pli du coude; elle est ainsi appliquée le long du bord interne du biceps. On peut même souvent sentir ses battements au bras, en appliquant le doigt sur le côté interne de la saillie, que nous avons dite formée par le biceps ; maisil est un point où l’on sent toujours les battements de l’artère et dont la connaissance est très-utile , même aux gens du monde, puisque, comme nous le verrons plus bas, elle peut dans quelques circonstances leur permettre de sauver la vie à un de leurs semblables.

Ce point est situé en dedans du bras, et à environ deux pouces au-dessous du creux de l’aisselle ; en y appliquant le pouce , on sent un léger enfoncement et les battements de l’artère placée immédiatement au-devant de l’os, que l’on reconnaît à sa surface dure et arrondie. Cette position de l’artère au-devant d’une surface osseuse permet d’y exercer une compression efficace , et d’arrêter ainsi une hémorrhagie inquiétante qui résulterait de la blessure de quelques-unes des artères situées au - dessous. Cette compression peut s’opérer , soit avec le pouce , soit avec un simple nœud fait à un mouchoir, dont les bouts sont ensuite ramenés et attachés autour du bras; on serre en plaçant un petit bâton dans l’anse formée par les bouts réunis du mouchoir, et tordant, comme on le pratique dans le supplice du garot en Espagne. On doit placer une compresse épaisse ou une lame d’ivoire, de corne ou de carton audessous du petit bâton, pour ne pas léser la peau en tordant. (V. Hémorrhagie.) La condition essentielle pour réussir est que la puissance qui comprime soit dirigée bien perpendiculaire à la surface de l’os, et que l’artère soit entièrement comprise entre les deux, de manière à ce que son calibre puisse s’effacer complètement. Les branches que fournit au bras l’artère humérale sont peu nombreuses et perlent Se nom de coUaUrakê, Cette même artère

présente quelquefois une anomalie que le médecin doit connaître ; sa bifurcation en artères radiale et cubitale, au lieu de s’effectuer au pli du coude, comme à l’ordinaire, s’accomplit à une hauteur variable du trajet de l’artère sur le bras. On doit être prévenu de cette anomalie, et ne jamais saigner une veine au pli du coude, sans s’être assuré préalablement par le tact s’il n’existe pas quelques branches artérielles au-dessous. Parmi les veines du bras, deux accompagnent l’artère brachiale et sont placées au-devant d’elle; les autres, la basilique et la céphalique, sont isolées.

Les nerfs, au nombre de cinq, présentent quelques considérations. Le radial et le musculocutané sont destinés surtout aux muscles ; le cutané interne suit le trajet de la veine basilique , et peut être lésé lorsqu’on saigne celle-ci. Le médian accompagne l’artère brachiale; le cubital descend le long de la partie interne du bras et passe au coude, entre deux éminences osseuses nommées l’épitrochlée et l’olécrâne. Aussi la compression exercée entre ces deux saillies est-elle très-douloureuse ; de là encore la douleur et l’engourdissement que l’on éprouve souvent après un léger choc au coude.

Les aponévroses qui entourent le bras et qui séparent les muscles sont assez lâches ; enfin , la peau de cette région , très-mince en avant , plus épaisse en arrière, n’offre rien de remarquable.

bras (Maladies du). Fractures, — L’os du bras peut être fracturé à ses extrémités, ou bien dans sa partie moyenne. Cette distinction est importante à établir sous le rapport du traitement et du pronostic. Ces fractures peuvent encore être simples ou compliquées d’accidents, elles sont le plus souvent le résultat d’un choc direct, d’un coup, d’une chute; plus rarement elles ont lieu par contre- coup. La fracture simple de la partie moyenne de l’humérus est une maladie peu grave; la consolidation, lorsqu’un appareil convenable est appliqué, s’opère en 40 à 45 jours, sans accidents. Il est en général assez facile de la reconnaître; dans cette fracture, le plus souvent les fragments sont déplacés, et le membre est par conséquent déformé ; la douleur en un point fixe la crépitation, l’impossibilité de se servir du bras, et les autres signes des fractures rendent souvent le prognostic clair même pour les personnes étrangères à la médecine. Pour réduire cette fracture, un aide doit maintenir l’épaule immobile, pendant qu’un autre aide se sert de l’avant-bras demi fléchi pour tirer sur l’humérus; le chirurgien met alors en rapport les fragments déplacés ; on emploie ensuite un appareil assez simple; après avoir entouré préalablement le bras, l’avant-bras et la main , d’une bande roulée, on place trois attelles sur les faces antérieures, postérieures et externes du bras , et on les maintient par des tours de bandes convenablement serrés. Ces moyens ne peuvent être employés que par le médecin, et l’on doit condamner le malade et le membre au repos, en attendant l’arrivée de l’homme de l’art. Le séjour au lit n’est nécessaire que pendant quelques jours; le malade peut ensuite marcher

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en ayant soin de porter son bras en écharpe. Si la fracture de la partie moyenne de l’humérus était compliquée de plaies et d'autres accidents traumatiques, le séjour au lit serait de rigueur; on appliquerait le bandage de Scultet, et on panserait convenablement suivant les indications.

La fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus est plus grave et plus difficile à reconnaître: d’un côté la proximité de l’articulation du coude rend l’ankylose et l’inflammation de la jointure imminentes, de l’autre le gonflement peut masquer la fracture et faire croire à l’existence d’une luxation du coude. Pour le traitement il est indiqué de tenir l’avant-bras fléchi, parce que si l’articulation venait à s’ankyloser, le membre pourrait rendre dans cette position de plus nombreux services que s’il était étendu; on maintient les fragments réunis en plaçant en avant et en arrière de la jointure et depuis l’épaule jusqu’au poignet une lame de fort carton mouillé, sur les bords duquel on a eu soin de faire de petites incisions, afin qu’il se moule exactement sur le membre ; une bande préalablement roulée de la main à l’épaule , audessous des cartons, vient ensuite recouvrir ceuxci et en prévient le déplacement.

On nomme fracture du col de l’humérus la fracture de l’extrémité supérieure de cet os, que l’on distingue du sillon qui a reçu le nom de col anatomique , et qui est le rétrécissement qui soutient la tête de l’humérus. Le col chirurgical est l’espace compris entre les tubérosités en haut et l’insertion en bas des muscles grand pectoral , grand rond et grand dorsal. Ces derniers muscles forment la saillie qui limite en avant et en arrière le creux de l’aisselle. La fracture du col anatomique dans laquelle le fragment inférieur se porte en dehors peut se compliquer d’accidents graves et souvent même elle ne se consolide pas; dans la fracture du col chirurgical, le fragment inférieur de l’os se porte au contraire en dedans et s’enfonce dans l’aisselle ; le coude reste alors très- écarté du tronc. Malgré ces signes, l’épaisseur des parties molles rend quelquefois le diagnostic difficile et fait confondre cette fracture avec une luxation du bras. Nous donnerons plus bas les caractères de cette dernière maladie. On traite les fractures du col de l’humérus au moyen de l’appareil ordinaire, auquel on joint un coussin conique qu’on place dans le creux de l’aisselle, comme dans les cas de fracture de la clavicule. La guérison demande ordinairement de cinquante à soixante jours. ( Voyez pour les détails généraux le mot Fracture. )

Luxation de l’humérus. — Affection dans laquelle la tête de l’humérus abandonne la cavité articulaire de l’omoplate et se porte en divers sens. C’est ce qu’on désigne encore dans le monde sous le nom d’épaule ou de bras démis. Cet accident n’est pas rare et doit sa fréquence au peu de solidité de cette articulation, d’ailleurs si mobile, ainsi qu’à la forme plate et peu concave de la cavité glénoïde de l’omoplate. Sans nous arrêter aux discussions chirurgicales soulevées dans ces derniers temps j à l’occasion de ces luxations, nous ne parlerons ici avec détails que de la plus fréquente de toutes.

de la luxation en bas ; dans celle-ci la tête de l’humérus, après avoir quitté la cavité glénoïde, vient se placer au bas de celle-ci, sur la côte de l’omoplate; on nomme ainsi le bord externe de cet os. Cet accident reconnaît le plus souvent pour cause une chute sur la paume de la main, le bras étant étendu , et écarté du corps sur le côté ; certains efforts, une violence directe, peuvent dans quelques circonstances produire ce déplacement qu’on reconnaîtra aux signes suivants : le coude est écarté du corps et ne peut y être ramené; le bras affecté paraît plus long que l’autre ; et ne peut être ni tourné ni soulevé par le malade. Si on examine l’épaule et qu’on la compare au côté opposé, on voit que la première estdéformée, et qu’elle n’est plus arrondie en haut; on sent une saillie osseuse formée par Yacromion et au-dessous à la place de la tête de l’humérus on remarque une dépression; l’épaule interrompant brusquement sa courbure en ce point paraît comme taillée à pic. En portant la main sous l’aisselle, on y sent une tumeur dure, arrondie, située assez haut dans cette cavité et qui n’est que la tête de l’humérus elle-même. Un grandnombre de procédés ont été vantés pour réduire cette luxation. Nous ferons memion des deux seulement qui sont restés dans la science; l’un, remis en usage dernièrement par M. Malgaigne, consiste à élever le bras en l’éloignant du tronc et lui faisant décrire un arc de cercle jusqu’à ce qu’il soit devenu presque vertical ; en même temps qu’on élève le bras on doit tirer fortement sur lui ; on élude ainsi la résistance qu’oppose aux tractions le muscle deltoïde. Un bruit particulier annonce qu’on a réussi. Ce procédé est peu douloureux et n’exige pas de grands efforts, mais il ne réussit pas toujours; il faut alors avoir recours au procédé ordinaire. Pour exécuter celui-ci, on place une pelotte de charpie sous l’aisselle du côté malade et par-dessus on applique la partie moyenne d’un drap plié en cravate ; les extrémités du drap sont ramenées de manière à embrasser le tronc et sont fixées à un anneau ou à un autre corps solide; on place au poignet du malade une serviette pliée convenablement pour faciliter les tractions par un plus ou moins grand nombre d’aides. Le chirurgien placé commodément ordonne aux aides de tirer sur le bras; le tronc embrassé par l’anse du drap résiste ; et lorsque la tête de l’humérus commence à se dégager, le chirurgien place sous la petite pelotte son avant-bras gauche et s’efforce avec celui-ci de soulever de bas en haut l’humérus luxé, en même temps qu’il prescrit aux aides de ramener le bras en bas et en dedans et que lui-même maintient immobile, avec son bras droit, le coude du malade. Un bruit particulier et la cessation de la difformité indique que l’os a repris sa place.

Cette réduction n’est pas toujours sans difficulté, surtout si le malade est fort et vigoureux ; les muscles qui se contractent involontairement résistent avec énergie aux efforts des tractions, et on a vu la peau j se déchirer, sans que la tête de l’humérus ait cédé, j Le chirurgien doit dans ce cas tâcher d’affaiblir le ! sujet par des bains et des saignées , il doit s’efforcer ! également de détourner son attention pendant l’opé-

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