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ration. On a vu Dupuytren, dans un cas de ce genre, apostropher tout à coup un malade en lui adressant un reproche grave; l’individu resta interdit et la réduction s’opéra à l’instant même ; par suite du relâchement des muscles, la réduction s’opère facilement chez un homme ivre.
Il est urgent de ne pas trop attendre pour réduire une luxation du bras. Après quelques semaines l’opération présente de grandes difficultés et souvent même ne peut réussir; les suites sont alors moins graves qu’on pourrait le croire ; la douleur diminue insensiblement, le bras reprend peu à peu la plupart de ses mouvements; la déformation et un peu de gêne persistent seulement. Après la réduction, le malade doit porter son bras en écharpe, et s’abstenir de mouvements pendant trois semaines ou un mois, s’il ne veut pas rester exposé à une récidive. Dans la luxation de l’humérus, la tête de cet os peut se porter non-seulement en bas, mais encore en dedans, entre le mucle sousscapulaire et la fosse de ce nom ou bien en dehors, dans la fosse sous- épineuse. La première espèce porte le nom de luxation en avant ou en dedans, la seconde de luxation en arrière ou en dehors. Enfin, après ces premiers déplacements la tête de l’humérus peut encore consécutivement changer de place; elle peut même remonter jusqu’au-dessous de la clavicule. Nous ne traiterons pas de ces divers déplacements, rares au reste, et dont les détails nous entraîneraient trop loin; on peut d’ailleurs leur appliquer, sauf quelque modification, ce que nous avons dit de la luxation en bas.
Les autres maladies du bras, ne présentant rien de spécial , sont renvoyées aux articles généraux.
J. P. Beaude.
brasseurs, cervoisiers (maladies des) (path. et hyg. pub.) On a donné le nom de cervoisiers puis celui de brasseurs aux industriels qui s’occupèrent de la préparation de la bière ou cervoise , boisson très-anciennement connue, qui était usitée chez les Egyptiens , qui la nommaient xythum ; l’usage de la bière se répandit ensuite en Espagne , en France et dans les pays du nord.
La profession de brasseur est une des plus anciennes de Paris qui ait été érigée en corps de jurande; les premiers statuts signés de Boileau, prévôt de Paris , datent de 1268.
Dans les premiers statuts , ces brasseurs portent le nom de cervoisiers , et ils ont pour but l’hygiène publique , puisqu’il leur est défendu de faire la bière avec autre chose que de l’orge , du seigle , de l’avoine et du houblon, et d’y faire entrer du poivre long, des baies de laurier, de la résine, etc.
Ces statuts furent modifiés :
1» En 1489, par suite des abus qui se glissaient dans la fabrication de la bière ;
2° En 1515 ; puis sous le règne de Louis XIII.
Les derniers statuts, qui datent de 1630, établissent que des jurés nommés par élection visiteront les brasseries pour examiner les produits fabriqués; ils indiquent aussi le mode d’examen à subir pour être déclaré apte à exercer la profession.
La profession de brasseur, maintenant délivrée '
de toutes les entraves prescrites par ces statuts , est pratiquée par tous ceux qui veulent l’exercer, à la seule condition de se conformer à une ordonnance de police en date du 7 septembre 1813, qui dit qu’il ne peut être établi à Paris de nouvelles brasseries sans une permission du préfet de police.
Les recherches faites par divers auteurs , sur les maladies qui affligent les brasseurs , ont porté ces savants à établir:
1» Que les ouvriers sont souvent atteints d’ivresse parle transversement de la bière ;
2° Que les brasseurs acquièrent de l’embonpoint, deviennent lourds et languissants , sujets aux vertiges et perdent l’appé tit ;
3° Que leurs facultés s’anéantissent et qu’ils perdent de bonne heure l’activité d’esprit et d’imagination ;
4° Qu’ils sont menacés d’asphyxie par l’action de l’acide carbonique qui se dégage des cuves.
Cette dernière affection est plus fréquente chez les brasseurs , elle affecte aussi les fouleurs de vendanges , les fabricants de bière et de cidre. Le premier sentiment qu’éprouvent les ouvriers frappés de cet accident est, selon M. Pâtissier, celui d’un engourdissementdes bras et des jambes, d’un resserrement de la poitrine et du gosier, d’un étourdissement bientôt suivi de perte de connaissance et de suspension dans la respiration , puis dans la circulation, et même de leur cessation complète.
Zocatus Lusitanus rapporte qu’un courtisan, retiré à sa maison de campagne, étant entré par hasard dans une cave , fut frappé comme d’un coup de foudre par la vapeur du vin nouveau , tomba sur-le-champ et expira au bout de quelques heures.
Morgagni rapporte qu’à Vérone, en 1724, dix personnes furent asphyxiées pour être entrées les unes après les autres dans un cellier rempli d’exhalaisons fournies par le raisin en fermentation. 11 ne faut cependant pas croire que le gaz acide carbonique, dans la plupart de ces circonstances, provient de la fermentation ; MM. Lenormand , Chevallier et Lecanu , ont vu à Paris une cave ou l’acide carbonique était produit par des champignons qui végétaient sur les murs de cette cave où l’on ne pouvait librement respirer, et où les lumières s’éteignaient spontanément. On trouve aussi dans divers lieux, et particulièrement en Auvergne , des caves et des celliers où il y a dégagement d’acide carbonique sans qu’il y ait des liqueurs en fermentation. Quoiqu’il en soit , l’espèce d’asphyxie qui affecte ceux qui se trouvent en contact de ce gaz est le résultat du peu d’énergie dans la conversion du sang veineux en sang artériel ; et comme on a proposé de faire inspirer le gaz acide carbonique dans certains cas d’irritation pulmonaire où il serait utile de ralentir la conversion du sang veineux en sang artériel, on pourrait dans les asphyxies des brasseurs faire inspirer du gaz oxigène pour accélérer cette conversion ; mais à cause de la difficulté que l’on peut éprouver dans les fabriques pour se procurer l’oxigène, ou doit, aux ouvriers atteints d’asphyxie, insuffler de i l’air dans les poumons au moyen d’une sonde de
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