‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 126 sur 316 · BRE · texte numérisé non relu

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gomme élastique ou d’une canule introduite par la bouche ou le nez , exposer les malades à l’air libre, leur jeter sur le visage de l’eau fraîche mêlée à du vinaigre et faire sur la poitrine de douces frictions.

Pour prévenir les accès d’asphyxie, il faut conseiller aux ouvriers de sortir de temps en temps des cuves pour aller respirer l’air extérieur et de ne jamais visiter seuls des celliers peu aérés.

Aujourd’hui , les brasseries sont si bien organisées que ces accidents funestes sont moins fréquents; ces établissements, en effet, sont disposés de manière à avoir des courants d’air qui emportent presque tout l’acide carbonique qui se dégage des cuves.

Outre les affections dont nous venons de parler, nos recherches nous ont démontré que les brasseurs sont sujets à une espèce d’apoplexie que nous désignons sous le nom de coup de sang , ou simple congestion de l’encéphale. Depuis les idées de Wepfer et Pechlin et les travaux importans de MM. Brichetau, Lallemand, Cruvelhier et Rochoux , aucun médecin au courant de la sience ne confond plus cette simple affection avec l’hémorrhagie du cerveau.

Les brasseurs , les fabricants de bière et de cidre , les fouleurs de vendanges , les vignerons et tous ceux qui se trouvent dans une atmosphère chargée d’acide carbonique , sont sujets au coup de sang qui est plus ou moins intense en raison de la demeure dans les cuves , de l’époque de la fermentation , de l’âge et de la constitution des ouvriers.

Le coup de sang commence par des vertiges et par la perte de connaissance ; la face est d’un rouge brun , le pouls est plein et très-fort ; après ces premiers accès les malades se plaignent de douleurs de tête accompagnées d’obscurcissement delà vue, de gêne dans l'articulation des mots, d’hémiplégie et quelquefois de paralysie dans tous les membres. La terminaison du coup de sang est rarement funeste , malgré les grandes ressemblances qu’à son début il offre avec l’apoplexie. Sur un grand nombre de brasseurs attaqués de coup-desang , nous n’avons pas pu connaître un seul cas de terminaison mortelle. Cette observation vient à l’appui des idées de M. Rochoux : quand il n’existe aucun désordre dans l’organisme, quand il ni a ni hypertrophie du cœur , ni ramollissement, ni aucune autre altération de la substance cérébrale , et qu’il ne s’agit que d’une simple congestion , ou engorgement des vaisseaux du cerveau , par la suite de la compression de cet organe, il s’établit un collapsus général sous l’influence duquel l’engorgement des vaisseaux ne tarde pas à se dissiper ; le cerveau revient bientôt à ses fonctions et exerce sans obstacle son action sur les autres organes.

Voici selon nous la cause du coup de sang chez les brasseurs ; l’acide carbonique est antiphlogistique; chez les sujets qui sont sous l’influence de ce gaz la circulation dans la tête se fait avec lenteur, et par conséquent le retour du sang au cœur éprouve des difficultés ; et nous avons remaraué que le coup de sang chez les brasseurs présente

quelque analogie avec l’apoplexie des vieillards.

Le traitement du coup de sang est à peu près celui de l’apoplexie; on pratiquera une ou plusieurs saignées, selon l’intensité de l’affection; on fera usage de lavements purgatifs un peu drastiques, de frictions sur la tête et d’une tisane délayante donnée abondamment.

Les ouvriers brasseurs sont généralement sobres ; ils boivent de la bière à discrétion et sont nourris dans les brasseries , ou aux frais de l’établissement; la plupart de ces ouvriers sont aisés. Plusieurs fabricants de bière prétendent que les brasseurs sont gras , lourds et ont de l’embonpoint à cause de leur bonne nourriture et de leur régime; nous sommes persuadés que la bonne nourriture et le régime sont pour beaucoup dans cela, mais nous sommes aussi convaincus que les gaz qui se dégagent pendant le travail ainsi que le métier en lui-même ont beaucoup d’influence sur les qualités morales et physiques des brasseurs , et nous pensons avec Bichat, que le sang chargé d’acide carbonique , et par conséquent plus veineux qu’artériel , qui se porte au cerveau , exerce sur les organes une action stupéfiante, ralentit l’activité de l’esprit et de l’imagination parce qu’il n’a pas les qualités ordinaires et vivifiantes du sang artériel. S. Furnari et A. Chevallier.

brayer ( chir . et thérap.). C’est le nom d’un bandage destiné à contenir les hernies. (V. Hernie.)

bredouillement (path.), s. m. (seroonis tumultus). C’est un vice de la parole, qui consiste à prononcer confusément les mots, et avec tant de rapidité qu’ils sont coupés et articulés à demi. Cette affection , qui ne s’observe presque jamais chez les vieillards, ne prend son vrai caractère chez les enfants qu’à l’âge où leur langue est déliée et à l’époque où chez eux l’articulation des mots est ordinairement nette et facile. En remontant à l’origine du bredouillement , on remarquera presque constamment que le jeune sujet chez lequel il se manifeste joint à la vivacité d’esprit qui le distingue une espèce de négligence à prononcer les mots , qui tient d’une part à la paresse naturelle à tous les enfants pour tout ce qui sent la précision et le travail, et de l’autre à ce que ces derniers sont à cet égard gâtés par le tendre empressement de leurs parents à épier toutes leurs paroles. L’extrême attention qu’on apporte à tout ce qu’ils disent, jointe à la manie qu’on a de deviner ce qu’ils veulent en voyant bouger leurs lèvres, et même d’altérer la prononciation des mots , sous prétexte de la leur rendre plus facile, font que la plupart d’entre eux se dispensent de bien articuler et conservent un parler confus qui les rend presque inintelligibles.

Cette affection , à laquelle on porte ordinairement trop peu d’attention et qu’on abandonne presque toujours à elle-même, devient un vice habituel de la parole, qui quelquefois peut durer toute la vie. Il est donc de la plus grande importance de combattre de bonne heure cette infirmité qui pourra, dans un grand nombre de cas, cesser entièrement, si l’on a le soin d’accorder quelque attention à la prononciation des mots qui

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devra être toujours lente et surtout mesurée. On préviendra le bredouillement chez les enfants en les faisant lire à haute voix et déclamer de telle façon que toutes leurs syllabes soient mesurées par un rhythme musical comme nous l’indiquons pour le bégaiement. ( Voy. ce mot. )

Les parents devront aussi recommander aux maîtres de forcer les enfants d’articuler distinctement lorsqu’ils récitent, et de leur défendre d’étudier autrement qu’à voix basse les leçons qu’ils sont obligés d’apprendre par cœur. Tous ces moyens seront encore plus efficaces, si on y joint l’étude des langues étrangères , et si on exige des jeunes bredouilleurs qu’ils s’exercent souvent dans une de ces langues. On les empêcherait ainsi de contracter et de conserver ces vices si fréquents de la prononciation qui ne sont presque toujours que le résultat de l’imitation ou d’une mauvaise habitude qu’on a laissé prendre.

Le bredouillement, quoique moins pénible que le bégaiement , est toujours plus long et plus difficile à guérir que ce dernier vice de la parole ; les bègues ayant plus de peine à s’exprimer que les bredouilleurs , qui le plus souvent ne se doutent pas de parler mal, font par cette raison avec plus de persévérance l’application des moyens curatifs qu’on leur a indiqués, et, appréciant mieux les avantages de parler distinctement , sont capables de faire des efforts plus soutenus et par conséquent plus efficaces. Voyez pour la gymnastique vocale et l’application de la mesure , l’article Bégaiement. Colomb at (de l’Isère),

Docteur en médecine, fondateur du Gymnase orthophonique, pour le traitement du bégaiement.

brome ( chim .). V. au Supplément.

bronches ( anat .) , s. f. pl. (bronchiœ) . Pendant une inspiration l’air pour parvenir de la bouche dans les poumons, traverse d’abord le larynx, puis un tube nommé trachée-artère , et enfin les diverses subdivisions de ce tube jusqu’aux vésicules pulmonaires. Ces subdivisions portent le nom de bronches. Lorsque la trachée-artère est parvenue dans la poitrine au niveau de la deuxième ou troisième vertèbre, elle se partage d’abord en deux rameaux secondaires; savoir : la bronche gauche qui est embrassée par l’aorte, et la bronche droite qui est un peu plus large , plus courte , plus horizontale et plus antérieure que la droite. Ces deux rameaux se subdivisent ensuite en pénétrant dans les poumons en des bronches de plus en plus ténues , qui se terminent enfin, d’après l’opinion de la plupart des anatomistes, par de petites vésicules arrondies formant autant de culs-de-sac : c’est dans ces derniers points que se passentles phénomènes de la révivification du sang (V. Respiration.) Les bronches sont formées essentiellement dans leur partie interne d’une membrane muqueuse, mince et rougeâtre, qui présente à sa face libre les orifices excréteurs d’un grand nombre de follicules muqueux sécrétant plus ou moins abondamment le fluide assez épais que l’on rejette par la toux. Les bronches sont entourées en outre d’un grand nombre de ganglions lymphatiques, qui sont rougeâtres chez les enfants et qui , par les progrès de l’âge,

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acquièrent une couleur noire, sans qu’on connaisse la cause de cette coloration.

Bronches (Maladie des). Ces maladies sont l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse les bronches à l’intérieur et que l’on a nommée bronchite, ou catarrhe pulmonaire; cette affection peut être aiguë ou chronique, et constitue deux variétés distinctes d’une même maladie. Cette membrane est aussi le siège d’une maladie bien funeste surtout dansl’enfance, c’est le croup; il est le résultat de la production de fausses membranes ou d’un endroit plastique qui oblitère les ramifications des bronches, et qui , empêchant l’air de pénétrer dans les cellules des poumons, détermine ia mort par suffocation. La rupture des dernières ramifications des bronches produit les hémorrhagies qui ont lieu par la bouche, que l’on a nommées hémoptysie , et dans lesquelles le sang est rouge, vermeil et écumeux. L’on observe aussi quelquefois la carie du cartilage des bronches dans la phthisie laryngée. Nous renverrons pour toutes ces maladies aux articles spéciaux qui leur sont consacrés dans ce dictionnaire.

Nous dirons un mot de la dilatation des bronches, qui s’observe souvent chez des individus affectés depuis un certain temps de catarrhe chronique. Cette affection coïncide tantôt avec l’atrophie, tantôt avec l’hypertrophie des parois bronchiques. Bornée à un point des bronches, cette dilatation donne au stéthoscope les mêmes signes que fournissent les cavernes du poumon dans la phthisie pulmonaire. Il est donc bien essentiel, afin de ne pas commettre une erreur très-grave, que le praticien ne s’en tienne pas à ces signes seulement pour établir le diagnostic d’une de ces affections. (V. Phthisie.) Pour remédier à la dilatation des bronches, il est nécessaire de combattre la cause même, qui est le catarrhe ; les infusions toniques et aromatiques telles que celles du teucrium chamœdrys , de l’hysope, de la sauge, du lierre terrestre, etc., sont quelquefois employées avec avantage. J. P. Beaude.

bronchite ( path .), s. f. (V. Catarrhe pulmonaire.)

bronchophonie ( mèd .). V. au Supplément.

bronchorrhée (méd.). V. au Supplément.

bronchotomie ( chir .), s. f. (du grec bronchos, qui ne signifie pas seulement bronche, mais qui sert à indiquer toute lalongueurduconduit aérien, et de temno , je coupe). Opération chirurgicale dans laquelle on ou v re une portion du larynx ou de la trachéeartère, ou ces deux parties à la fois : dans le premier cas, l’opération porte plus particulièrement le nom de laryngotomie, dansle second celui de trachéotomie , et dans le troisième elle prend le nom de trachéolaryngotomie. Le but qu’on se propose, en la pratiquant, est de permettre à l’air de pénétrer dans les poumons par une ouverture artificielle lorsqu’un obstacle, situé au gosier, en empêche l’accès, comme, par exemple, le gonflement inflammatoire produit par une angine ou une esquinancie, la tuméfaction de la langue, l’œdème de la glotte, la présence d’un corps étranger arrêté sur l’épiglotte, etc. Dès que la suffocation est imminente, on doit se hâter d’opérer. Il faudrait avoir recours à la même opéra-

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tion lors même que le corps Étranger aurait pénétré jusque dans les bronches. Le larynx , en effet, qui offre une partie rétrécie très-sensible et trèscontractile s’oppose souvent à ce que ce corps étranger soit rejeté par la toux, et ce n’est qu’en pratiquant une ouverture artificielle au-dessous de cet organe qu’on peut espérer de retirer le corps étranger, ou de le voir s’échapper à la suite d’un effort de toux. La science possède un assez grand nombre d’observations d’enfants qui, en jouant avec des haricots ou d’autres substances, les avaient laissés s’engloutir dans le tube aérien, et qui sont morts après un temps plus ou moins long, ou n’ont dû la vie qu’à la bronchotomie.

Que dirons-nous de l’emploi de cette opération dans le croup? C’est que son moindre inconvénient est d’être inutile. Le bon sens indique, en effet, de n’avoir recours à ce moyen souvent mortel par lui-même que dans les cas graves et presque désespérés ; or l’expérience a appris qu’alors la bronchotomie n’a fait qu’accélérer la mort. Si, après avoir été employée dans des circonstances moins dangereuses, quelques malades n’ont pas succombé, il est probable que, sans l’opération, ils eussent guéri plus sûrement. Nous ne saurions trop prémunir le public contre le charlatanisme de certains groupeurs de chiffres qui font sonner bien haut la liste de quelques malades échappés à la mort, en ayant soin, comme dans les bulletins de batailles , de dissimuler le nombre bien plus considérable de ceux qui ont succombé.

Lorsqu’il s’agit seulement, dans l’opération de la bronchotomie, de donner accès à l’air dans le poumon , ou de retirer un corps étranger engagé dans un des ventricules du larynx, c’est à la laryngotomie qu’on a recours. On incise la peau et le tissu cellulaire jusqu’àla membrane qui unit le cartilage thyroïde au cartilage cricoïde (membrane crico-thyroïdienne ); on plonge alors le bistouri dans cette membrane, et, s’armant ensuite d’un bistouri boutonné ou de ciseaux mousses et forts, on divise le cartilage thyroïde exactement sur la ligne médiane. On peut se borner, dans quelques circonstances, à inciser seulement la membrane crico-thyroïdienne ; mais le plus souvent l’ouverture obtenue ainsi est insuffisante pour livrer passage à l’air.

Lorsqu’on veut retirer un corps étranger engagé dans la trachée-artère ou dans les bronches, c’est à la trachéo-laryngotomie qu’on a recours, et plus souvent encore à la trachéotomie ; dans cette première opération, aujourd’hui peu employée, on incise la membrane crico-thyroïdienne, le cartilage cricoïde et les trois ou quatre premiers anneaux de la trachée. En pratiquant la trachéotomie, on n’ouvre que la trachée dans l’étendue de quatre ou cinq anneaux ; le sang qui s’écoule des veines thyroïdiennes rend souvent l’opération pénible et laborieuse.

Toutes ces incisions sont faites de haut en bas, et doivent avoir une étendue convenable pour permettre d’y placer soit une canule métallique, soit une pince à ressort, afin de tenir écartés pendant un temps plus ou moins Ion g les bords de la Piaie* J. P. Beaude.

brucine ( chim .) , s. f. On a donné ce nom à une substance que l’on retire de la fausse angusture ou hrucea anti-dyssenterica ; celte substance est blanche, cristallisée en prisme; elle a une couleur nacrée ; sa saveur est amère, âcre et légèrement styptique ; elle se dissout dans l’eau et l’alcool ; combinée avec les acides, elles forme des sels.

La brucine possède à un très-haut degré les propriétés de l’écorce dont elle est tirée , son action sur l’économie est très-vive , mais moins que celle de la strychnine; la proportion entre l’énergie de ces deux substances est comme un à dix; quatre grains de brucine ont suffi pour tuer un lapin; c’est comme on le voit un poison assez violent et dont l’action est analogue à celle de la strychnine; on l’a conseillé comme médicament dans les cas où l’on administre cette dernière substance ; ce sont ordinairement les cas de paralysie. Il faudrait en la prescrivant tenir compte des proportions que nous avons indiquées pour son action. J. B.

brûlure ( path s. f., Maladie fréquente et accidentelle, qui frappe plus souvent l’enfance vive et imprévoyante ; funeste quelquefois, toujours à redouter, puisqu’elle peut laisser de flétrissantes marques , résultat ordinaire de conseils erronés , de pratiques absurdes, employées au détriment de moyens simples, d’un facile et salutaire emploi.

La brûlure est produite par le contact d’un corps en combustion , ou chargé à un degré plus ou moins élevé de calorique libre , avec un être vivant ; cependant quelques substances étrangères à ces conditions produisent des accidents analogues aux brûlures ; ainsi les acides minéraux concentrés , les alcalis caustiques, divers oxydes, développent, par leur séjour sur les corps animaux vivants , des accidents semblables à ceux qui accompagnent certaines brûlures. La foudre aussi détermine quelquefois des phénomènes analogues.

Le calorique spécifique accumulé dans un corps agit sur les êtres vivants par un brusque abandon de ce calorique, en raison de la conductibilité du corps échauffé , et par les lois de l’équilibre ; la texture délicate de l’être organisé, ne pouvant résister à cet échange rapide, est promptement altérée. Les physiciens allèguent , pour prouver la vérité de leur opinion, que le froid à trente deux degrés qui détermine la congélation du mercure produit une sensation et des accidents analogues à la brûlure ; mais cette fois , c’est le calorique qui, en partant du corps vivant pour arriver à un corps inerte, s’amasse instantanément et développe localement tous les phénomènes et sensations de la brûlure.

Le calorique rayonnant brûle également, et si une partie du corps reste longtemps exposée à son action, elle peut en être vivement atteinte.

Tous les corps ne brûlent pas non plus aussi fortement les uns que les autres ; les liquides qui bouillent à une faible température , tels que l’alcool, l’éther et les flammes produites par la conflagration des poudres, produisent des brûlures étendues , mais peu profondes.

L’eau brûle moins que le bouillon , celui- ci

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moins que l’huile , celle-là moins que la résine en i fusion ; les dissolutions salines , qui demandent plus de calorique pour s’échauffer, brûlent davantage. Citons pour exemple les lessives , les solutions d’alun , de sel marin, etc. La vapeur d’eau comprimée à un degré élevé, si son contact est prolongé , produit de graves brûlures , ainsi que cela est journellement prouvé depuis l’emploi des machines à vapeur.

Les corps solides brûlent en raison du degré de chaleur auquel ils sont élevés , de leur densité et de leur faculté de conduire le calorique et la lésion est en raison de la durée du contact, avec le vivant, du corps brûlant et de son degré de température.

Le phosphore, le soufre, les résines enflammées , produisent des brûlures encore plus profondes que les métaux; car leur contact avec l’air développe la combustion et augmente d'instant en instant la somme du calorique.

Toutes les parties du corps ne sont pas aussi sensibles à l’action du feu les unes que les autres ; celles qui ont un épiderme épais y sont moins sensibles. Le contact gradué ou habituel du corps avec la chaleur amène à la supporter à un degré étonnant. Les forgerons, les verriers, les tuiliers , les potiers , les fondeurs de cristaux , sont habitués à manier des corps qui brûleraient vivement d’autres individus. Nous avons vu fréquemment des forgerons passer pieds nus sur des barres de fonte encore rouges, sans en être incommodés.

D’autres , par spéculation , s’accoutument graduellement , sans doute , à supporter un degré de température fort élevé. On se souvient d’avoir vu dans un jardin public, à Paris, un Espagnol qui restait dans un four où on pouvait faire cuire un poulet; enfin des jongleurs, en se frottant les mains avec des dissolutions d’alun , peuvent manier impunément , aux yeux de la foule ébahie , des métaux fortement chauffés.

L’exposition fréquente d’une partie du corps à l’action de la chaleur modifie l’épiderme d’abord et le derme après ; le premier se racornit , change de couleur , se marbre , ainsi qu’on peut le voir aux jambes des vieillards, qui n’ont souvent des ulcères rebelles aux jambes qu’à la suite de la fâcheuse habitude qu’ils contractent de se rôtir devant le feu ; l’épiderme s’écaille, il s’épaissit et se fendille , tandis que les vaisseaux superficiels de la peau, gonflés outre mesure, cessent leur action.

Divers degrés de la brûlure.hes pathologistes ont divisé la brûlure en plusieurs degrés ; les Anglais Heister et Callisen ont admis quatre degrés; notre savant chirurgien Boyer en admettait trois, tandis que l’illustre et à jamais regretté Dupuytren la distinguait par les six degrés suivants :

1° Inflammation superficielle de la peau , sans cloches ou phlyctènes;

2° Inflammation plus prononcée et plus profonde, avec phlyctènes;

3» Destruction de l’épiderme, tissu papillaire atteint , en partie détruit , escarre ;

4» Tissu papillaire anéanti , le derme détruit , peau profondément altérée , escarres profondes;

5» Tissus superficiels atteints et carbonisés, cou-

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