‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 132 sur 316 · CAD · texte numérisé non relu

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cru que cetle substance était une terre, qu’on | connaissait sous le nom de terra japonica, terre du Japon; plus tard, Linné, a aussi commis un erreur en avançant que le cachou provenait d’un espèce de palmier, qu’il avait appelé areca catechu. On trouve actuellement dans le commerce trois espèces de cachou : 1° celui du Bengale terne et rougeâtre , sous forme de pains pesant trois à quatre onces ; 2° celui de Bombay, brun et plat, ayant la forme de pains très-aplatis et du poids de deux à trois onces ; 3° le cachou en masses, qui est en fragments irréguliers , provenant de masses d’un poids plus considérable. Les deux dernières espèces sont plus estimées que la première.

Le cachou est solide, cassant, soluble dans l’eau, surtout dans l’eau chaude ; il a une saveur astringente particulière suivie d’un arrière-goût sucré, qui rend cette substance moins désagréable à prendre que les autres astringents. Il renferme une très-grande «ulné de cette espèce de tannin qui jouit de la prjélé de précipiter en vert les sels de peroxi r de frr. S 's propriétés médicales sont d’être astringent et légèrement tonique. On l’emploie avec succès dans les diarrhées anciennes et non inflammatoires, dans les hémorrhagies par faiblesse, dans certains écoulements muqueux, etc. Son usage en gargarismes ou sous forme de tablettes, pour remédier au relâchement des gencives et à certaines ulcérations de la muqueuse buccale, est très-fréquent. Voici la formule de quelques-unes de ses préparations.

La décoction, usitée dans les diarrhées et les hémorrhagies ou flux de sang chroniques, se prépare en faisant dissoudre à chaud un à deux gros de cachou dans un litre d’eau ; on édulcore avec une once ou deux de sirop de coing.

On conserve, dans les pharmacies, une teinture de cachou simple ou composée (teinture japonaise') qu’on emploie avec succès, en l’étendant d’eau , pour raffermir les gencives qui sont molles, gonflées et saignantes au moindre contact. Cette teinture dont la composition est connue doit être préféréepour la toilette aux préparations secrètes que vendent les parfumeurs, et dont le moindre inconvénient est souvent de n’être pas utiles. On emploie dans les mêmes affections des gencives et surtout afin de remédier à la fétidité de l’haleine les tablettes ou pastilles de cachou(cachou une partie; sucre quatre parties) : pour qu’elles remplissent ce dernier but, il est nécessaire d’y ajouter une certaine quantité de poudre de vanille et une teinture odorante quelconque, celle d’ambre, par exemple.

J. P. Beaude.

cacochymie [path .), s. f. (du grec cacos, mauvais, et de chimos, suc, humeur, dépravation des humeurs). Les anciens médecins humoristes désignaient sous ce nom un état dans lequel ils supposaient que les humeurs étaient altérées, ils avaient même admis diverses cacochymies suivant la nature des humeurs qu’ils supposaient altérées; ainsi il y avait des cacochymies bilieuse, pituiteuse, atrabilaire sanguine, etc. Aujourd’hui on rejette cette désignation et la cacochymie est classée avec la cachexie , qu’elle était supposée amener d’après

les idées des anciens. On désignait sous le nom de cacochymes les individus chez lesquels on supposait que les humeurs étaient profondément viciées.

cadavre ( physiol . et méd. lég.), s. m. On désigne sous ce nom le corps d’un animal privé de vie; mais cette qualification s’applique spécialement au corps humain. Nous ne nous étendrons pas sur les signes qui caractérisent la mort, et sur ceux qui font distinguer la mort apparente de la mort réelle; ce sujet sera traité à l’article Mort : ici nous considérons la mort comme étant constante,

! et nous allons examiner les phénomènes que présente le cadavre après que la dernière étincelle de ! vie a cessé de l’animer.

j Le phénomène que l’on observe d’abord c’est un relâchement complet de tous les tissus; les muscles sont mous et flasques , les membres sont flexibles et se laissent facilement déplacer, la peau est molle et comme amincie, les yeux sont secs et pulvérulents , quelquefois ce dernier phénomène précède la mort dans quelques genres de maladie.

Tant que le corps conserve sa chaleur, les membres conservent leur souplesse; mais bientôt, avec le refroidissement, se manifeste une grande rigidité dans toutes les parties, les articulations deviennent immobiles, les muscles sont durs, la peau devient ferme, les parties graisseuses contractent de la dureté. On a pensé que cet état était, en partie , le résultat de la coagulation des liquides, qui s’opère par la soustraction de la chaleur; cependant, comme cette rigidité s’est souvent observée avant le refroidissement, et qu’on l’a remarquée notamment sur les cadavres des individus qui avaient succombé au choléra, fl en résulte que cette dernière explication ne saurait être admise d’une manière absolue, et que l’on doit rechercher cette cause dans un reste de force tonique , dont sont encore douées les parties, même après la mort. Cette rigidité est quelquefois si considérable, que l’on ne peut ployer les membres sans de grands efforts, et souvent même elle a permis de soulever un cadavre d’une seule pièce , comme on pourrait le faire pour une statue de bois.

Le relâchement succède ordinairement à cetle rigidité qui dure plus ou moins longtemps , suivant les sujets et la cause de la mort; elle est toujours d’autant plus longue que l’individu a été j durant sa vie plus fort ou moins épuisé parla ma- | ladie ; on a remarqué que cet état se prolongeait ! pendant trois et quatre jours chez les individus qui avaient succombé à une mort violente, lorsqu’ils étaient dans de parfaites conditions de santé. Le relâchement que nous signalons est un des premiers indices que le cadavre abandonné aux lois physiques va subir la décomposition; car telle est la puissance des forces vitales, qu’elles peuvent tenir réunis et assimilés des corps entièrement hétérogènes, et qui n’ont aucun point de contact par l’affinité. Aussi après la mort, Ir# forces physiques reprennent leur empire, et la décomposition cadavérique n’a pour objet que de

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