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pareil poids d’eau bouillante, agissant en tout avec une égalité parfaite; j’ai goûté ce café et l’ai fait goûter par les plus gros bonnets; l’opinion unanime a été que celui pilé était évidemment supérieur à celui moulu. »
Le principe aromatique du café s’exhalant trèsfacilement et étant d’ailleurs altérable à une chaleur au-dessus de 50 à 55 degrés, on doit abandonner l’usage , encore trop général en France , de le préparer par ébullition; l’infusion en vase clos doit être préférée , et mieux encore (lorsqu’il s’agit d’ajouter le café au lait ou à la crème J la macération à froid , opérée de la veille au lendemain, ou du matin au soir; on introduit à cet effet le café pilé ou moulu dans un long tube de verre , et on verse l’eau froide, qui se charge de tous les principes en traversant cette sorte de filtre-presse.
On nomme café à la sultane l’infusion aqueuse des semences ou fèves non torréfiées; on attribue à cette boisson une action diurétique fort contestable , attendu son peu de sapidité. Les Arabes font usage de la pulpe desséchée en infusion théiforrne. L’arôme du café est souvent mis à profit pour aromatiser et rendre plus savoureux certains mets d’office.
Le café n’est pas seulement une boisson agréable, c’est en outre un agent thérapeutique assez puissant; il est stimulant , tonique et jouit de la singulière propriété , lorsqu’il est pris assez abondamment, de neutraliser, pour ainsi dire, l’appétit, ou du moins de le dissimuler. C’est vraisemblablement à cette propriété qu’il doit la dénomination arabe de kawa, qui signifie dégoût. On a, dans ces derniers temps, administré le café avec succès comme succédané du quinquina et notamment dans les fièvres typhoïdes; enfin, on i’a préconisé comme antidote de l’opium. Il résulte des observations du célèbre auteur de la Toxicologie generale, que si l’on ne doit pas regarder l’infusion et la décoction du café comme des coDtre-poisons de l’opium, parce qu’elles n’ont pas la propriété de le décomposer dans l’estomac, ou du moins , parce qu’elles ne le transforment pas en une substance qui soit sans action nuisible sur l’économie animale ; cependant l’infusion du café , bien préparée et administrée à plusieurs reprises, diminue sensiblement les accidents et souvent les fait cesser. Couverchel ,
Membre de l’Académie de médecine.
cafsikte ( chim .). Y. au Supplément.
caille-lait ou Gaillet {bot.) , s. m. {galium vcrum L. (C’est une plante de la famille des rubiacées J. Tétrandrie Monogynie L. Sa racine est vivace, ses liges sont grêles et quadrangulaires, ses feuilles sont linéaires, ses fleurs sont petites, jaunes et disposées en panicules à la partie supérieure des tiges. Cette plante est fort commune dans tous les lieux stériles de la France et elle fleurit tout l’été : ses fleurs ont une odeur aromatique très prononcée, leur saveur est un peu astringente ; ce sont les parties que l’on emploie en médecine , elles ont été autrefois conseillées dans les maladies de la peau, celles des mamelles, la jaunisse, et surtout l’épilepsie elles faisaient aussi par tie des
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antilaiteux. Aujourd’hui cette plante est complètement abandonnée en raison de son peu d’action. On croyait qu’elle avait la propriété de cailler le lait; mais des expériences ont démontré qu’elle n’avait point cette action. Il paraît que les fermières du comté de Chester la mêlent au lait pour donner à leur fromage sa belle couleur jaune-rougeâtre. J. B.
caillot. Y. au Supplément.
cainça ou Cahinça {mat. méd.). V.au Suppl.
cajepüt (Huile de), {mat. mécl.). Y .au Supp.
cal ( chir .) , s. m. Lorsqu’après la fracture d’un os les fragments déplacés sont mis en rapport, et maintenus ainsi pendant un temps suffisamment long, la nature intervient et opère la soudure de ces fragments, en suivant une marche que nous indiquerons. La cicatrice qui en résulte porte le nom de cal; pendant longtemps le mécanisme de cette réunion a été peu connu, et c’est aux travaux récents deDupuytren etde MM. Breschet etViltermé que l’on doit les idées acquises sur ce point de la science. En supposant les fragments de l’os fracturé bien maintenus en rapport par un appareil convenable, et le sujet de l’âge adulte, exempt d’ailleurs des maladies chroniques qui retardent la consolidation des fractures, on peut partager la marche de la formation du cal en cinq périodes :
La première période, ou période inflammatoire, s’éte.ud du moment de l’accident au dixième jour environ. Dans cet intervalle une légère inflammation se développe ; la moelle , la membrane médullaire , le périoste , le tissu cellulaire et les autres tissus ambiants rougissent, s’engorgent en formant une tumeur qui entoure le lieu de la fracture; de nombreux vaisseaux, remarquables par leur couleur rouge et leur ténuité, pénètrent ces divers tissus épaissis et confondus. En même temps une matière onctueuse, filante comme du blanc d’œuf, quelquefois cependant gélatineuse ou tomenteuse, s’épanche entre les fragments, et paraît destinée à jouer un rôle important dans la formation du cal définitif.
La seconde période ou période de réunion cartilagineuse s’étend du dixième jour au vingt-cinquième environ. Alors la tuméfaction diminue , les organes environnants sont distincts de la tumeur dite tumeur du cal , qui persiste autour du lieu de la fracture et qui parait formé surtout par le périoste épaissi et adhérent à l’os. Cette tumeur de nature cartilagineuse, c’est-à-dire d’un tissu flexible et élastique quoique assez résistant, enveloppe les deux fragments de l’os et les Maintient en place; un cylindre également cartilagineux, formé aux dépens de la membrane médullaire engorgée, occupe l’intérieur du canal de la moelle et passe d’un fragment à l’autre; en sorte que l’os au point de sa fracture se trouve compris entre deux espèces de viroles cartilagineuses , l’une externe due au périos te gonflé et soudé, l’au tre interne, formée par la membrane médullaire engorgée et réunie, le cylindre qui constitue ordinairement la virole interne est quelquefois plein et forme alors une espèce de bouchon. A la fin de cette période, le membre est encore iîexibie jusqu’à un certain point au niveau de la fracture ,
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mais les fragments ne se déplacent pasordinairement.
La troisième période ou période d’ossification du cal provisoire s’étend du vingt-cinquième jour au quarantième. Durant ce temps, les deux viroles ou la virole externe et le bouchon dont nous avons parlé s’ossifient; la virole externe est en même temps recouverte d’un périoste distinct; mais les deux fragments de l’os ne sont pas encore soudés entre eux, et le cal porte le nom de cal provisoire. Après que cette période s’est écoulée, l’os est ordinairement assez consolidé pour permettre de supprimer les appareils contentifs.
La quatrième période, période d’union des fragments , s’étend environ du quarantième jour au cinquième ou sixième mois. Dans cet intervalle les fragments se réunissent et le cal définitif est ainsi formé.
La cinquième période, ou période de disparition du cal provisoire s’étend du cinquième ou sixième mois au dixième mois environ. Pendant ce temps les deux viroles ou la virole et le bouchon , qui formaient le cal provisoire , s’effacent et disparaissent peu à peu. Le membre enfin revient complètement à son état primitif.
On sent que la longueur des époques indiquées n’est qu’une moyenne, très-variable suivant l’âge, le tempérament, l’état de santé, l’os fracturé et le iieu de la fracture.
La marche du cal n’est plus la même lorsque les fragments ne sont pas mis en rapport , ou qu’il existe des esquilles, des plaies. Dans ces cas, lorsqu’il y a consolidation, ce qui n’a pas toujours lieu, il se forme des espèces de jetées osseuses qui vont d’un fragment à l’autre, ou bien, s’il y a plaie , le tissu des fragments se ramollit, se couvre de bourgeons vasculaires et, après un temps toujours trèslong , il y a réunion comme dans les plaies ordinaires qui suppurent. (V .Fractures.) J.-P.Beaude.
Calamine. Y. au Supplément.
calcanéum ( anat .), s. m. (de calx talon); os court faisant partie du tarse; il s’articule à sa partie antérieure avec l’astragale et le cuboïde; en arrière, il forme la saillie du talon et donne attache, par sa face postérieure, à ce fort tendon que l’on sent en arrière et au bas de la jambe, et que l’on connaît sous le nom de tendon d’Achille. (V. Pied.) J. B.
calcium. y. au Supplément.
calcul ( path .), s. m. ( calculus ). On donne ce nom à des concrétionsqui se forment au milieu de nos humeurs; ces concrétions ont aussi reçu le nom de pierres. On trouve des calculs dans un grand nombre de nos parties; celles où on les remarque le plus souvent sont les voies urinaires, surtout chez l’homme. Les calculs urinaires existent dans les reins, dans les uretères, mais dans la vessie le plus ordinairement : quelquefois ils sont engagés dans l’urètre. Les causes de cette affection, qui est le plus souvent héréditaire, sont encore assez obscures; cependant on a remarqué que les vieillards y sont plus sujets que les jeunes gens, les hommes que les femmes; les personnes goutteuses en sont assez souvent affectées, elles ou leur descendance. Le noyau de ces pierres est ordinairement de l’acide urique qui se concrète dans les reins, et quelque-
fois il se forme un sable fin qui constitue la maladie connue sous le nom de gravelle. (Y. ce mol.) Il suffit qu’un ou plusieurs de ces graviers restent dans la vessie, pour qu’il se forme autour de lui des couches successives et concentriques quisont produites parles sels que contient l’urine: les calculs qui ont acquis ainsi un certain volume finissent, en irritant la vessie, par causer des accidents qui obligent à avoir recours à l’opération de la taille ou de la lilhotritie. (V. ces mots.)
11 se forme aussi mais bien moins souvent des calculs dans les voies biliaires, et ces calculs ont reçu le nom de calculs biliaires. Ils se produisent aussi dans les articulations (V. Goutte) , dans la glande pinéale , au cerveau , dans les poumons , les glandes salivaires, les mamelles, les intestins, la prostate, les voies lacrymales, les vésicules séminales, etc., etc. La plupart de ces diverses concrétions , dont il sera parlé en traitant de chaque organe, ne sont point susceptibles de traitements particuliers , et il est souvent même fort difficile de reconnaître leur existence sur le vivant. Il n’en est pas de même des calculs de la vessie, le diagnostic de ceux-ci est ordinairement assez facile et il existe un assez grand nombre de méthodes pour leur traitement. (V. Pierre.) J. B.
calcule!! x {path.), adj. , qui est sujet aux calculs. Ce mot ne s’applique ordinairement qu’aux individus affectés de calculs de la vessie.
calenture ( méd .), s. f. (de calentura qui en espagnol veut dire fièvre) .On désigne sous ce nom une maladie qui se manifeste sous les tropiques chez les marins exposés à une chaleur très-vive à bord des vaisseaux ; elle s’observe ordinairement par une température de plus de 30 degrés centigrades : les individus qui en sont affectés sont pris d’un délire furieux qui les pousse à se jeter à la mer; lorsqu’on les retient, ils poussent des cris affreux et f ont souvent pris de convulsions. On a remarqué que cette maladie affecte plutôt les jeunes marins que ceux qui sont plus âgés. La sensation d’un feu dévorant â l’intérieur du corps, et quelquefois une illusion qui leur fait prendre la mer pour une prairie émaillée de fleurs ou pour des bosquets couverts de verdure , sont les causes qui les poussent à se jeter à l’eau où ils se noient infailliblement. Il paraît cependant que ce désir de submersion est plutôt instinctif qu’il n’est le résultat d’une hallucination , car ce n’est que rarement qu’il a été observé; tandis que dans tous les cas de calenture qui ont été remarqués , on a vu que ! c’était pour éteindre un feu dévorant, qu’ils sentaient à l’intérieur, que les matelots voulaient se précipiter dans l'eau. C’est toujours, comme nous l’avons dit , par une chaleur étouffante augmentée par le calme plat ou par une mauvaise disposition des localités à bord des vaisseaux, que l’on voit se manifester cette affection qui est souvent épidémique. M. Beisser , médecin de la marine, rapporte qu’en janvier 1829, pendant la station du Duquesne à Rio- Janeiro, il se manifesta, par une température de trente-quatre degrés, une épidémie de calenture parmi l’équipage qui était de plus de six cents hommes. Le premier jour il y eut
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vin^t malades et près de cent en furent affectés jusqu’au mois de mars , époque où cessa la maladie. Les naufragés de la Méduse placés sur le radeau ont offert l’exemple le plus terrible des effets de cette maladie.
Le traitement que l’on emploie contre cette affection, que des médecins ont regardée comme une inflammation des membranes du cerveau, consiste dans des saignées qui doivent être fort abondantes, surtout dans le début; il ne faut pas tirer moins de trente à quarante onces de sang : on emploie également les boissons délayantes et tout le régime antiphlogistique. Les dérivatifs offrent aussi quelques avantages.
Ordinairement il suffit d’un refroidissement subit de la température, d’une pluie ou de quelques coups de vent pour faire cesser rapidement cette épidémie. Les moyens préservatifs doivent être une bonne ventilation dans le bâtiment, un espace nécessaire pour loger l’équipage, et surtout , pendant le jour, une tente sur le pont afin de préserver la partie de l’équipage qui est de service de l’ardeur trop vive du soleil. J. P. Beaude.
cai»l:eïjx (corps), ( anat .) Y. au Supplément .
callosités ( path .), s. f. On donne ce nom aux durillons qui s’observent aux pieds ou aux mains, et qui sont le résultat, ou de chaussures mal faites et trop étroites, ou des travaux rudes auxquels se livre l’individu qui en est atteint. Ces durillons sont formés par la superposition des lames de l’épiderme qui acquiert une épaisseur considérable et une consistance analogue à celle de la corne. Aux mains ces durillons ont pour effet de diminuer d’une manière très-notable la faculté du tact. Le seul traitement à opposer à cet inconvénient consiste à faire cesser la cause qui lui a donné lieu. Quelquefois on les enlève avec l’instrument tranchant, ou on les diminue avec la pierre ponce.
On a donné aussi le nom de callosités à l’épaississement des bords de certaines plaies ou de trajets fistuleux anciens. On est nécessairement obligé de détruire ces indurations par le caustique ou l’instrument tranchant, lorsque l’on veut obtenir la cicatrisation de ces plaies. On nomme aussi ulcères calleux les ulcérations qui présentent une sorte d’épaississement de leurs bords. J. B.
calmaktt (mat.mèd.), adj. On donne le nom de calmaDt à tous les remèdes qui ont pour objet de diminuer la douleur, ce mot sous ce rapport est synonyme de sédatif. Les calmants, comme on le voit par cette définition, peuvent être de plusieurs natures : ils peuvent être antiphlogistiques , narcotiques,antispasmodiques, etc. Y. cesdivers mots. J. B.
caicmei ou calomelas (chim .), s. m., (du grec halos , bon et de mêlas , noir) ; on le nomme aussi mercure doux ; c’est le protochlorure de mercure. (V. Mercure .)
CALORIE ( Physiq .). s. f. C’est l’unité en colorimétrie, ou la quantité de chaleur nécessaire pour élever un kilogramme d’eau de un degré centigrade.
calorification (, Phys .). (V. Chai, anim.)
calorique [Phys.), s. m. (V. Chaleur.)
calus (path.), s. m. On donne ce nom aux productions épidermoïques qui s’observent aux mains
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et aux pieds (V. Callosités). On donne aussi vulgairement le nom de calus à la cicatrice difforme qui réunit les deux fragments d’un os divisé et mal contenu pendant le traitement, ou à la substance qui sert à la réunion d’un tendon divisé. ( V. Cal. )
calvitie ( physiol .), s. (.(calvities , calvitium) ; é ta L de la personne qui a perdu ses cheveux en tout ou en partie par suite des progrès de l’âge; lorsque la perte des cheveux est occasionnée par un accident ou une maladie, cette chute prématurée porte le nom d’alopécie (V. ce mot). La calvitie est incurable. On sait qu’elle commence sur les tempes , au front, ou à la partie la plus élevée de la tête (au sinciput). J. B.
cam ares. Eaux minérales. (V. Sylvanès.)
cam 30 ( Eaux minérales de). Cambo est un bourg du département des Basses-Pyrénées, de l’arrondissement de Bayonne dont il est à trois lieues : il est situé sur les bords de laRive et il a 1,300 habitants. Il y a deux sources d eaux minérales à Cambo; l’une est à 18 degrés R. et l’autre à 10 degrés : la source dont la température est à 18 est sulfureuse, on l’emploie en boisson et en bains; mais il faut faire chauffer l’eau lorsqu’on l’administre en bains, et cette opération lui fait perdre de ses propriétés. La source froide est ferrugineuse et ne se prend qu’en boisson. Les propriétés de l’eau sulfureuse de Cambo sont analogues à celles des eaux de Bonnes, quoique celles-ci aient sur elles une grande supériorité. Le nombre des personnes qui vont prendre les eaux à Cambo est d’environ 100 par année. J. B.
camomille ( bot .), s. f. Nom vulgaire donné à plusieurs plantes qui se ressemblent beaucoup, tent sous le rapport des caractères botaniques que sous celui des propriétés médicales. Elles appartiennent toutes à la famille des synanthérées, tribu des corymbifères ; la plus usitée et la plus commune de toutes est la camomille romaine (anthémis nobilis L.). C’est une plante vivace qui n’est pas rare en France , où on la rencontre souvent dans les allées humides des bois; elle est pourtant peu employée à l’état sauvage, et l’on préfère la variété cultivée à fleurs blanches et doubles, variété qui est si commune dans nos jardins. Tou tle monde connaît l’odeur forte et pénétrante, sans être pour tant désagréable, qu’exhalent la plante et surtout les fleurs ; leur saveur est amère.
La camomille doit surtout ses propriétés médicales, qui sont assez énergiques, à une huile volatile d’une belle couleur bleue: cette plante est stimulante, irritante même, en même temps qu’antispasmodique. Ce sont les fleurs qu’on emploie le plus souvent , sous forme d’infusion. On prépare aussi un vin de camomille ; et l’huile volatile fait partie d’un Uniment que l'on emploie en friction sur le ventre dans certains cas de colique. Une douzaine de fleurs suffisent pour une infusion d’une pinte. Comme on se sert fréquemment de ce médicament sans consulter le médecin , il est essentiel de se rappeler
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que c’est un excitant énergique, dont il faut éviter l’emploi toutes les fois qu’il existe de la soif, de la fièvre ou une inflammation quelconque. Administrée en infusion, il peut favoriser l’écoulement des règles lorsque leur suppression dépend d’un état de faiblesse et d’atonie. On s’en sert aussi pour combattre certaines coliques venteuses: il détermine les contractions de l’intestin et par suite l’expulsion des gaz. Le même motif fait qu’on l’emploie pour modérer les coliquesqu’occasionnent la plupart des purgatifs drastiques. En infusion légère il favorise la digestion en stimulant un peu l’estomac. Plusieurs médecins sont dans l’habitude, lorsqu’ils ont donné l’ipécacuanha à un malade, de lui faire prendre quelques tasses d’infusion de camomille pour favoriser le vomissement. Nous ne parlons pas ici des propriétés antipériodiques et antelminthiques qu’on a attribuées à la camomille : ces propriétés sont contestables, et nous possédons d’ailleurs pour le même effet des médicaments plus sûrs et plus énergiques.
Les autres espèces de camomille que l’on emploie quelquefois sont la maroute ( Anthémis cotula L. ), la camomille des teinturiers ( Anthémis tinctoria L.) et la camomille commune ( Matricaria camomilla L.). On a dû remarquer cette dernière espèce , qu’il n’est pas rare en effet de rencontrer dans les lieux cultivés un peu humides. Ces différentes plantes jouissent à peu près des mêmes propriétés que la camomille romaine et peuvent la remplacer au besoin. J. P. Beaude.
camphre (mat. méd.), s. m. Substance blanche, concrète, d’un aspect cristallin, plus légère que l’eau , d’une odeur forte , d’une saveur âcre et amère. On la classe ordinairement parmi les huiles volatiles dont elle possède une partie des propriétés chimiques.
Le camphre est produit par un assez grand nombre de végétaux ; il se rencontre dans la famille des labiées dont les propriétés aromatiques sont si connues; mais il est abondant surtout dans une espèce de laurier, laurus camphora, qui croit au Japon, et dont on extrait tout celui qui est versé dans le commerce. Cette extraction se fait sur le lieu même où croît le végétai par des moyens fort grossiers; le camphre ainsi obtenu est ert grains impurs , humides et salis par de l’huile empyreumatique. On le purifie en Europe par une nouvelle sublimation qui a lieu dans des matras à fond plat posés sur du sable échauffé par le moyen d’une galère qui a un foyer particulier pour chacun des nombreux matras qu’elle supporte : cette opération demande beaucoup d’habitude et d’adresse pour ne rien perdre du produit par une trop prompte volatilisation et lui donner la blancheur, la fermeté et la transparence requises ; longtemps les Hollandais ont été en possession exclusive de cette fabrication qui s’opère maintenant avec succès à Paris.
Le camphre ainsi purifié offre les caractères physiques que nous avons indiqués plus haut; il est très-volatil, même à la température ordinaire ; il s’évapore à l’air libre sans laisser de résidu, différant en cela des autres huiles volatiles que le contact prolongé de l’air altère et résinifie. Le
camphre, au surplus, parait moins être précisément une huile volatile , qu’un des matériaux immédiats de ces mêmes huiles, ou le résultat de la réaction sur elles de quelques agents extérieurs. Il est, comme le dit M. Guibourt, à certaines huiles volatiles, ce que la stéarine est aux matières grasses fixes, et on lui a donné en conséquence, ainsi qu’à quelques autres substances analogues, le nom de stéaroptène.
Il entre en fusion à 175 » et bout à 204; il s’allume avec facilité par le contact d’un corps enflammé, et la combustion se prolonge pendant quelque temps lors même qu’il est projeté sur l’eau; sa flamme est blanche et laisse déposer beaucoup de matières charbonneuses; le carbone entre en effet pour près de huit dixièmes dans sa composition; ses autres éléments sont l’hydrogène et l’oxygène.
Le camphre très-divisé se dissout dans l’eau en fort petite quantité, à peu près dans la proportion de vingt-sept grains par livre; il est très-soluble dans l’alcool, l'éther, les corps grase: les huiles essentielles; les acides le dissolvent aussi. La solution dans l’acide nitrique porte le nom d'huile de camphre; à l’aide de la chaleur une réaction s’opère, l’acide nitrique cède au camphre une certaine proportion d’oxygène, sans lui enlever ni hydrogène ni carbone, et le transforme en acide camphorique.
On obtenait autrefois une autre espèce d’huile de camphre, en le distillant à feu nu, mélangé avec une certaine quantité d’argile; ce produit, résultat d’une réaction opérée par le calorique sur les éléments du camphre, ne doit pas être confondu avec le précédent dont il diffère totalement.
La pulvérisation du camphre ne peut s’opérer lorsqu’il est seul, à cause d’une espèce d elasticité qu’il possède et qui empêche de le diviser convenablement; on facilite ordinairement cette opération par l’addition de quelques gouttes d’alcool, mais il vaut mieux lui substituer l’éther qui s’évapore de suite en totalité et laisse la poudre de camphre sèche et pure.
Le camphre a une double action stimulante ou sédative selon les doses et le mode d’application. On profite pour son emploi à l’extérieur de sa solubilité dans l’alcool et les huiles fixes, et on l’introduit ainsi dans des liniments ou embrocations dont ces liquides forment la base. Il entre aussi dans des emplâtres solides; mais il ne doit y être uni qu’au moment d’en faire usage , car le camphre ne se conserve guère dans les emplâtres officinaux. On le mêle souvent aux cantharides pour modifier ou neutraliser l’action spéciale de ces dernières sur les organes génito-urinaires; on l’associe au quinquina pour le pansement des ulcères et plaies gangréneuses.
A l’intérieur on le donne à faible dose; il entre dans un grand nombre de formules de pilules; on l’y associe ordinairement au nitre , à l’extrait d’opium et à divers médicaments antispasmodiques. On le suspend dans des lavements à l’aide du jaune d’œuf, on se sert du même moyen pour le donner en potion , mais il est préférable alors de le dissoudre dans l’huile d’amandes douces qu’on fait émulsionner ensuite au moyen de la gomme arabique. On ne peut guère se confier aux autres
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moyens donnés pour le diviser ou le suspendre , toujours il se sépare , vient nager à la surface du liquide et se trouve perdu ou inégalement partagé.
Le camphre à haute dose peut causer des accidents graves, il agit comme excitant sur le cerveau et le système nerveux, et tue promptement par asphyxie en rendant impossiblesles mouve- J ments des organes de la respiration au milieu des spasmes violents qu’il occasionne. Lorsqu’il est pris en dissolution ou ingéré en fragment, il produit une inllammation locale sur les parties des vaisseaux digestifs avec lesquelles il se trouve en contact, et la mort ne survient qu’au bout de plusieurs jours. Les moyens indiqués par M. le professeur Orfila pour combattre ces empoisonnements sont : les vomitifs d’abord , l’insufflation de l’air dans les poumons, s’il y a asphyxie, et l’administration par cuillerées, à dix minutes d’intervalle, d’une potion faite avec deux onces d’eau, demi-once de sucre, deux gros d’éther et deux gros d’essence de térébenthine.
Le camphre est très-employé dans l’économie domestique pour la conservation des fourrures et des étoffes de laine dont il parait que son odeur éloigne les insectes. Il passait pour un antiseptique presque universel avant que les chlorures fussent venus le remplacer en partie; aussi entre-t-il dans une foule de recettes , de sachets préservatifs et d’amulettes contre la contagion. Il est certain que l’action spéciale et fort active qu’il exerce sur le système nerveux ont pu le rendre utile dans quelques circonstances dont le nombre a été probablement beaucoup exagéré.
On obtient un camphre artificiel en faissant passer un courant de gaz acide hydroçjdorique sur de l’essence de térébenthine placée dans un mélange réfrigérant, il se forme une masse cristalline qui jouit de l’odeur et de quelques autres propriétés du camphre; elle résulte de la combinaison de l’acide hydrochlorique avec une partie des éléments de l’huile essentielle. Y. au Supplément pour de nouveaux développements. Vée,
canal ( anat . ), s. m. C’est un conduit ou une cavité qui donne passage à un liquide ou à un organe. Ainsi on dit le canal digestif pour indiquer la succession des organes qui donnent passage aux aliments depuis la bouche jusqu’à l’anus. On nomme canal rachidien le conduit formé par la réunion du trou des vertèbres, et qui contient la moelle épinière. Les os longs ont un canal médullaire qui contient la moelle. Voyez pour les différents organes qui ont ce nom générique, le nom spécial sous lequel ils sont désignés. J. B.
cancer ( path .), s. ra. (du mot latin cancer , quia signifié crabe, cancre). Dans le principe on ne voulut désigner par ces mots qu’une tumeur du sein , environnée de grosses veines , imitant, jusqu’à un certain point , les pattes d’un crabe. Plus tard cette même dénomination fut appliquée à d’autres maladies internes et externes qui avaient une ressemblance avec celle des mamelles, pour laquelle elle fut d’abord créée. Aujourd’hui cette
expression générique de cancer s’applique à des maladies qui offrent de grandes variétés, mais qui ont entre elles des caractères communs.
Les opinions émises jusqu’ici sur la nature du cancer sont plus curieuses qu’utiles.
Hippocrate avait placé la causede celte maladie dans les humeurs altérées; il avait remarqué que les femmes tristes et mélancoliques, dont les règles Huent difficilement, étaient plus fréquemment affectées de cancer vers l’âge de 45 à 50 ans. Galien, Celse, Arétée etla plupart des anciens partagèrent et développèrent cette opinion.
Ambroise Paré attribuait cette maladie à une humeur maligne et rongeante : la nature de la douleur avait contribué à lui faire naître cette idée. De nos jours on a regardé les altérations de la lymphe comme causes du cancer. Crawfort admet dans le cancer un gaz analogue au gaz hydrogène sulfuré, qui s’unit à l’ammoniaque ; il compare la production du cancer à une putréfaction véritable. Enfin quelques auteurs anglais ont cru voir dans le cancer la formation de vers hydatides, et les fongosités cancéreuses ne seraient que les appendices de l’animal. Cette théorie de la production du cancer est due à l’imagination , et les observateurs rigoureux n’ont jamais pu constater des vers hydatides comme cause du cancer; à la vérité , il n’est pas rare de rencontrer dans le voisinage des tumeurs squirrheuses, cancéreuses, des poches contenant des liquides variés; le plus souvent une matière visqueuse , ressemblant à de la gélatine demi- coagulée. Je me dispense de rappeler toutes les théories émises sur la nature du cancer, chacune d’elles reflète l’époque de leur conception , le degré auquel étaient parvenues les sciences, et aussi l’esprit particulier de leur inventeur. Pour diminuer cette incertitude, depuis plusieurs années, j’ai disséqué un grand nombre de cancers dans tous les tissus, j’ai assisté à l’examen de ces sortes de tumeurs , fait par nos plus savants professeurs, et j’ai pu vérifier qu’aucun organe n’est à l’abri du cancer; toutefois la structure d’un tissu , sa fonction , son siège, influent sur la fréquence relative du cancer. Quand une cause excitante quelconque agit avec continuité sur un tissu organique et d’une manière spéciale, la vitalité augmente dans cette partie; il s’y fait une exhalation de fluides albumineux, et alors un noyau d'engorgement persiste: c’est ce que l’on observe dans les glandes et particulièrement au sein après un coup, une contusion, une compression, etc. La difficulté de la résorption de cet engorgement tient à la plasticité des liquides déposés, qui tendent à modifier les autres tissus et à oblitérer les vaisseaux. Cet engorgement peut resterstationnaire pendant un tempstrès-long. Une cause accidentelle interne ou ex terne, le plus souventladernière, augmente l’activité de l’organe malade qui passe par les divers états d’induration , de squirrhe, de carcinome, d’encéphaloïde, etc.
Le premier degré de la maladie est la période d’induration ou de squirrhe. La sensibilité y est peu marquée et la pression n’y détermine que trèspeu de douleurs. Lorsque la tumeur a son siège sur le trajet de parties nerveuses , la sensibilité