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do différents insectes. Le camphre qu’on emploie quelquefois ne les en préserve qu’en partie. On a proposé de les conserver dans des bouteilles en suivant le procédé d’Appert. Ce moyen peut être sur , mais il est inapplicable dans la pratique , à cause du grand volume qu’occupent les cantharides relativement à leur poids. Nous croyons que le mieux est de mettre un peu de mercure dans le fond du verre où on les conserve.
On doit à M. Robiquet une excellente analyse des principes chimiques des cantharides ; il y a trouvé :
Une matière noire soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool;
Une matière jaune visqueuse soluble dans l’eau et dans l’alcool,
Une huile verte soluble dans l’alcool ;
De l’osmazome, du phosphate de chaux, de magnésie et les débris du squelette ou résidu inerte nommé chitine.
Aucune de ces substances n’est vésicante, cette propriété réside tout entière dans une substance blanche, cristallisable, volatile , soluble dans l’éther et dans les corps gras , insoluble dans l’eau quand elle est isolée des autres corps qui l’accompagnent, soluble dans l’alcool chaud qui la laisse déposer par le refroidissement. Cette substance a reçu de M. Robiquet le nom de cantharidine.
Nous avons dit quelle action irritante les cantharides exerçaient sur les parties du corps qui en recevaient l’impression ; mais outre cette action locale elles en exercent une autre toute spécialepar absorption, sur les organes génito-urinaires qu’elles excitent fortement. Cette propriété est trop bien connue du vulgaire, qui regarde les cantharides comme un aphrodisiaque puissant; mais presque toujours l’attente de ceux qui les emploient com me telles se trouve déçue, car ou la dose donnée est trop faible et elles ne produisent aucun effet, ou, lorsqu’elles agissent elles causent une tension et une irritation si douloureuses qu’elles changent en maux cuisants les plaisirs qu’on en attendait, et il n’est arrivé que trop souvent de voir la mort suivre l’ingestion de ce philtre dangereux.
Les médecins emploient aussi quelquefois les cantharides à l’intérieur; on en prépare un extrait par l’intermède de l’alcool, ou on les donne en poudre , soit dans despilules, soit dans un véhicule approprié. Elles ont été administrées comme emménagogues ou comme diurétiques dans des cas d’hydropisie , et nous avons vu prescrire aussi l’extrait de cantharides dans une intention opposée , pour prévenir l’écoulement involontaire des urines chez des adolescents; mais c’est un médicament périlleux dont les médecins font rarement usage.
Les symptômes de l’empoisonnement par les cantharides sont, outre les traces d’inflammation locale qu’elles développent dans l’estomac ou les autres partiesdu corps avec lesquelles elles se sont trouvées en contact , une irritation très vive de la vessie qui rend l’émission des urines rare, difficile et sanguinolente , un priapisme opiniâtre et dou loureux. Ces accidents doivent être combattus par
un abondant usage de boissons mucilagineuses très ! légèrement nitrées et camphrées, des bains tièdes, des applications émollientes ou des applications i d’huile camphrée.
Mais si les préparations de cantharides ne s’administrent intérieurement que rarement et toujours en hésitant, elles sont, à l’extérieur, un des agents thérapeutiques les plus utiles et les plus employés : tantôt on dissout leurs parties actives dans l’alcool, dans l’éther acétique, dans les huiles qu’onemploie sous forme de Uniment pour exciter à la peau de légères rubéfactions ; tantôt on les réduit en poudre et on les incorpore dans des masses emplastiques formées de graisse , de cire, et de résine , ou bien on se contente d’en saupoudrer fortement la surface d’écussons formés de ces mêmes substances ou de toute autre pâte glutineuse capable de les retenir; elles servent alors, comme nous l’avons dit, à irriter la peau et à y former des vésicatoires qu’on sèche ensuite immédiatement si on n’a voulu qu’obtenir une révulsion momentanée, ou sur lesquels on détermine une suppuration plus ou moins longue, en y appliquant des pommades épisp astiques, dont ces cantharides forment encore presque toujours la base.
Les préparations épispastiques obtenues des cantharides , pour entretenir la suppuration des exutoires, sont préparés par différents moyens.
Elles contiennent souvent les cantharides ellesmêmes incorporées dans un excipient graisseux , ces pommades sont toujours fort irritantes, et l’extrême division des cantharides est une condition essentielle de leur bonne préparation.
Le plus souvent les corps gras contiennent seulement les principes actifs des cantharides qu’elles ont dissous par une infusion prolongée à la cba leur du bain-marie ou de l’étuve.
On emploie aussi l’intermédiaire de l’eau qu’on fait agir simultanément avec la graisse. La cantharidine isolée n’est pas soluble dans ce véhicule, mais elle s’y dissout bien, entraînée par la matière jaune visqueuse que nous avons signalée plus haut; la graisse ayant plus d’affinité pour la cantharidine l’enlève ensuite à l’eau; on évite par cette manipulation la perte d’une partie du corps graisseux, qui autrement resterait engagée dans le marc formé par les cantharides.
Enfin on peut encore étendre et faire sécher une ou plusieurs couches de teintures alcooliques ou éthérées de cantharides sur des toiles ou taffetas préparés, et ces cartes de sparadraps servent ensuite, selon leur degré d’activité, ou à former des vésicatoires ou seulement à les entretenir.
Nous terminerons cet article en disant quelques mots des inconvénients que peut éprouver l’opérateur pendant la préparation des médicaments dans lesquels on fait entrer les cantharides.
Leur pulvérisation est chose fort dangereuse; on conçoit en effet que réduites en poudre fine, si elles se répandent dans l’air, elles doivent s’introduire dans les voies digestives ou respiratoires de ceux qui s’y trouveront exposés et causer l’empoisonnement par l'inflammation qu’elles détermineront dans les diverses parties sur lesquelles elles se seront arrêtées.
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Nous savons , par une expérience journalière, qu’on peut sans inconvénient manier les diverses préparations de cantharides, respirer l’odeur forte qu’elles répandent autour d’elles, et même rester longtemps au milieu de la vapeur que produit l’eau en ébullition sur ces insectes. Rien de fâ cheux n’est ressenti tant que la température ne dépasse pas cent et quelques degrés; mais si la préparation a éprouvé une chaleur plus forte, si quelques portions de graisse cantharidine tombent par mégarde dans le foyer et s’y brûlent, ou si en préparant l’extrait de cantharide on n’emploie pas le bain-marie pour l’évaporation , et que la chaleur ne soit pas suffisamment ménagée, l’opé rateur ressent d’abord aux yeux un picotement léger et qui n’a rien de très-incommode; mais au bout de quelques heures les paupières deviennent gonflées et larmoyantes, elles recouvrent entièrement le globe de l'œil dans lequel la vue est troublée ou presque éteinte, et les plus atroces douleurs se font sentir; cependant il ne s’injecte pas de sang, presque aucun symptôme d’inflammation n’apparaît, le système nerveux semble seul atteint. L’irritation va toujours croissant pendant dix ou douze heures au bout desquelles elle s’arrête et commence à diminuer d’intensité, pour ne se terminer qu’au bout de deux à huit jours, selon la gravité du cas ; il nous a semblé que ni les émissions sanguines , ni les bains et les autres moyens employés pour combattre ces accidents, n’en ont sensiblement changé la marche ; au reste, les malades ne ressentaient rien du côté de la vessie ni d’aucun autre organe, et quelque effrayante et douloureuse que fût cette affection au début, sur cinq à six fois qu’elle s’est présentée sur des personnes travaillant dans notre laboratoire, nous ne lui avons jamais vu avoir de terminaison fâcheuse : nous avons cru devoir la signaler ici à ceux qui pourraient s’y trouver exposés, parce qu’il est facile d’en éviter les atteintes en prenant quelques précautions. Vée,
Pharmacien, membre de la société de pharmacie.
canthoribine. Y. au Supplément.
canule ( chir .), s. f. (de canna, roseau). C’est un tube plus ou moins long, roide ou flexible, droit ou courbe , percé à ses deux extrémités, et qui a pour objet de conduire un liquide. Il y a des canules de diverses formes et en divers métaux; il y en a aussi en ivoire, en bois, en gomme élastique; ces dernières sont très-avantageuses lorsqu’on s’en sert pour administrer des lavements ou pour faire des injections; leur flexibilité empêche que leur introduction, qui est plus facile, ne puisse être douloureuse et que l’on ne puisse blesser par leur action les parties qui doivent les recevoir ; on ne saurait trop recommander leur usage. J. B.
caoutchouc ( hist . nat.), s. m. Gomme élastique; suc concret de plusieurs plantes de l’Amérique méridionale et des Indes occidentales. Il se trouve dans le commerce sous forme de petites bouteilles, que les naturels du pays préparent en appliquant plusieurs couches du suc laiteux des piaules sur des espèces de moules pyriformes en terre. Depuis quelques années on commence aussi à importer le
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suc lui-même en nature ou en masses séchées. Tout le monde connaît les propriétés physiques et surtout l’extrême élasticité du caoutchouc. Cette substance qui résiste à l’action d’un grand nombre d’agents, se dissout pourtant dans l’éther bien privé d’alcool et surtout dans l’huile empyreumatique provenant de la distillation du goudron de houille; elle se dissout aussi dans divers hydrocarbures, et elle est employée pour la fabrication de certains instruments de chirurgie. Dans ce cas le caoutchouc a subi une préparation, que l’on nomme vulcanisation, et qui augmente sa résistance et son élasticité; cette opération a pour but de combiner du soufre avec cette substance au moyen du sulfure de carbone ou en la plongeant dans un bain de soufre en fusion. J. B.
capeline (chir.), s. f. (de caput , tête.) C’est un bandage destiné à envelopper la tête, et qui se fait avec une seule bande de toile. Ce bandage a été aussi nommé bonnet d’Hippocrate. Par extension on a appliqué ce bandage aux moignons des membres amputés et à la clavicule; on lui donne dans ces cas l’épithète du lieu où on l’applique. La capeline se fait avec une bande roulée à deux globes, un des chefs de la bande sert à décrire des arcs de cercle sur le sommet de la tête, et qui sont placés les uns à côté des autres se recouvrant en partie, tandis que l’autre chef sert à fixer ceux-ci par des tours circulaires autour de la tête, en passant horizontalement du front vers l’occiput. Le mode d’application se modifie suivant les autres parties où l’on fait usage du bandage. J. B.
capillaire (bot. et mat. méd .), s. m. Nom collectif donné à plusieurs fougères employées en médecine comme plantes pectorales. Ces espèces comprennent le capillaire du Canada ( Adianthum pedatum L.), venant de la contrée dont il porte le nom; le capillaire de Montpellier (Adianthum capillus Veneris L.), plante très- commune dans les lieux humides et au bord des sources dans le midi de la France; le capillaire noir (Asplénium adianthum nigrum L.), qui se rencontre dans toute la France. Cette dernière espèce est peu aromatique et à peine usitée.
Le capillaire est un léger excitant que l’on utilise principalement dans les rhumes un peu anciens : c’est sous forme d’infusion chaude qu’on doit l’employer. Il faut environ une demi-once de capillaire par pinte d’eau. Sucrée convenablement, cette boisson a un goût assez agréable ; on peut aussi se servir du sirop de capillaire étendu d’une quantité plus ou moins grande d’eau chaude.
Capillaire, adj. (de capillus , cheveu). Qui a la ténuité du cheveu. On se sert de ce mot pour désigner dans les sciences des corps longs, minces et ténus; en botanique , on dit des feuiles et des racines capillaires, pour indiquer qu’elles sont longues et fines. En physique, on nomme tubes capillaires, des tuyaux minces et dont la cavité est extrêmement petite ; une loi spéciale préside à la circulation des liquides dans leur cavité. En anatomie , on nomme vaisseaux capillaires les extrémités des vaisseaux sanguins; ils servent d’intermédiaires entre les artères et les veines, et c’est dans cet ordre de vaisseaux que se passe le
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travail de la nutrition et celui de toutes les sécrétions. L’importance de ces vaisseaux, qui, par leur ensemble, forment un système que l’on a nommé système capillaire, est, comme on le voit, extrêmement grande dans l’économie animale, puisque c’est dans leur intérieur que se passe tous les grands phénomènes de la vitalité; voyez pour les détails le mot Circulation. J. B.
câprier. Y. au Supplément.
CAF suie (( mat .), s. f. ( capsula , de capsa, boîte). On donne ce nom à diverses membranes qui servent à envelopper des organes ou à les tapisser intérieurement ; ainsi on nomme capsules articulaires certains ligaments circulaires qui enveloppent des articulations à mouvements orbiculaires, telles que celles de la cuisse et de l’épaule. On donne le nom de capsule synoviale à la membrane séreuse qui est à l’extérieur des articulations douées de mouvement, et qui a pour objet de sécréter le liquide synovial qui favorise le glissement des surfaces articulaires. On a nommé capsule île Glisson une membrane celluleuse qui enveloppe le foie et les ramifications de la veine-porte, qui pénètrent dans cet organe. On désigne, sous le nom de capsules surrénales ou atrabilaires, de petits corps triangulaires qui sont situés sur les reins et dont on ignore encore les fonctions. J. b.
CAPSUE.ES MÉEÎÎCâMEBffTEUSES.V.au^M^.
capdcme (bot.), Y. au Supplément.
CAPYERBï (E aux minérales de) . C’est un village de l’arrondissement de Bagnères-de-Bigorre; il est situé à une lieue et demie de Lannemezan qui est chef-lieu du canton. I! possède une source d’eau minérale dont la température est de 24° C.; cette eau contient des sulfates de chaux et de magnésie, du muriate de magnésie, des carbonates de magnésie et de chaux, et de l’acide carbonique. M. deLonchamps dit qu’il existe du carbonate de fer, mais il ne cite aucune analyse à l’appui de cette opinion. Cette eau est surtout employée en boisson : lorsqu'on l’administre en bains et en douches, il est nécessaire de la faire chauffer. C’est principalement dans les affections gastriques, dans les hémorroïdes, et pour rétablir la régularité du flux menstruel que l’on administre l’eau de Capvern.
La source produit deux cent cinquante mètres cubes en vingt -quatre heures, qui servent à alimenter quatorze baignoires. Le nombre des malades qui fréquentent cet établissement est d’environ cent cinquante par année. La saison commence le 15 juin et finit le 1er octobre. J. B.
cahate ( méd .), s.f. (pannus carateus). Maladie cutanée appartenant au groupe des dermatoses dyschromateuses. C’est une maladie des pays chauds, particulièrement des pays qui avoisinent les Cordillères. On l’a fréquemment observée dans le royaume de la Nouvelle-Grenade. MM. Zéa, Bonpland, Daste et Boulin, ont bien voulu me communiquer le résultat de ce qu’ils avaient vu et observé dans leurs voyages. J’ai montré moi-même à mes élèves celte singulière altération sur un individu arrivé de Santa-Fé-de-Bogota. J’ai été pareillement consulté par un chirurgien arrivant de
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Colombie , qui se trouvait atteint de la même espèce d’affection. C’est ce qui m’a déterminé à prendre des renseignements sur sa nature et sur ses symptômes.
La carate est une maladie de l’organe pigmentaire, qui attaque principalement les nègres, les mulâtres , les personnes issues des blancs avec les Indiens. Cette altération de couleur est si commune , que, dans certains villages, on rencontre à peine quelques individus qui eu soient exempts. On dit quelle atteint principalement ceux qui habitent le long des rivières et qui se livrent à l’occupation de la pêche.
La carate se manifeste par des taches qui viennent indifféremment sur tout le corps , principalement sur les parties charnues, et qui se trouvent être d’une couleur de rose, comme les joues, les seins chez les femmes, les bras, les avant-bras, etc. Ces taches ont diverses teintes et nuances : elles sont tantôt d'une couleur de café, tantôt d’un blanc mat, tantôt d’un rouge cramoisi, tantôt d’un bleu livide , au point qu’on croirait que certains individus ont été frappés et contusionnés sur le visage ; mais, souvent aussi, les taches qui se manifestent présentent , par le mélange et le contraste de leurs couleurs, un aspect marbré.
Cette maladie forme des teiutes et des maculations plus ou moins bizarres, selon la nature et la constitution particulières des sujets qui en sont affligés. On dit vulg lirement , parmi les gens du peuple , que la carate noircit les blancs, et blanchit les noirs. La maladie attaque du reste toutes les conditions , et ceux qui en sont atteints dans les hauts rangs de la société ont quelque peine à se montrer. M. Daste a connu un commandant d’arrondissement fort riche, et qui habitait une petite ville très-chaude, au pied des Cordillères; il était si honteux d'être carate, qu’il n'allait jamais à Santa-Fé-de-Bogota, et n’osait accepter la moindre invitation. 11 y avait aussi une dame française quise présenta au médecin du lieu, avec des taches de lait très-prononcées, au cou et aux bras. Eile était d’ailleurs très-belle , et attribuait l’indisposition qui lui était survenue à un voyage qu’elle avait fait près d’une rivière où il y avait beaucoup de caratés. Rien ne prouve pourtant que celte maladie soit contagieuse, et c’est à tort qu’on prétend dans le pays que la tache pourrait se communiquer, si on avalait dans une boisson quelconque la poussière épidermatique d’un individu atteint de ce mal. Ce récit fabuleux ne mérite pas le moindre crédit.
J’ai fait mention plus haut d’un homme venu en France avec tous les symptômes de celte bizarre affection, et nous avons pu recueillir de sa bouche tous les détails qui le concernent. Cet individu , chirurgien de profession , avait séjourné longtemps près du fleuve de la Madeleine. Il avait passé tout d'un coup d’une atmosphère humide à une atmosphère très-chaude; il s’aperçut un jour qu’il lui était venu sur le visage de petits points blancs, comme il arrive à une personne violemment frappée par le froid. On eût pris d’abord ces taches pour des dartres farineuses , d’autant qu’elles causaient de légères démangeaisons; elles
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so multiplièrent considérablement sur les endroits découverts , et y formèrent des plaques de diverses teintes , qui laissaient dans leurs intervalles des emplacements intègres. Les taches étaient jaunes, rouges et blanches, ce qui donnait à la peau l’aspect le plus désagréable. Le malade était honteux de se voir ainsi marqueté et défiguré. Il est aujourd’hui de retour dans l’Amérique méridionale.
Les causes de la carate sont difficiles à déterminer. Il doit certainement survenir des altérations plus ou moins notables dans la texture du réseau muqueux , altérations qui donnent lieu à ces vices si extraordinaires de coloration. M. Roulin , qui a beaucoup observé la carate dans son voyage en Colombie, prétend que les taches bleues tiennent à un épanchement de sang veineux. Les causes extérieures qui agissent en pareille circonstance sont difficiles à déterminer.
On s’est beaucoup inquiété des moyens curatifs qui conviennent au pannus carateus. TSil’on en croit les médt-.ins qui pratiquent l’art sur les lieux , c’est une éruption fort rebelle et dont on conserve toujours les empreintes , alors même qu’on parvient à les guérir. On rencontre même des vieillards qui la conservent jusqu’à la mort. M. Daste faitusage, pour arrêter ses ravages, des préparations mercurielles. Il m’a assuré que certains praticiens avaient employé le sublimé corrosif à l’intérieur avec le plus grand succès. A Santa-Fé-de- Bogota, il s’en fait, dit-on, un grand débit pour le traitement des individus caratés. Mais il faut convenir que cette affection est encore livrée à l’aveugle empirisme. M. Zéa prétendait qu’il n’était pas possible de s’en rendre maître quand elle avait fait certains progrès; il est donc essentiel de la combattre aussitôt qu’elle se manifeste. Il est à désirer que notre célèbre voyageur, M. Bonpland, soit bientôt rendu aux vœux de la France. Lui seul pourra fournir des documents précieux à ce sujet. B°" Alibert,
Professeur à la Faculté de médecine de Paris, Médecin en chef de l'hôpital Saint-Louis.
carbonate ( chim .), s. m. On donne le nom de carbonates à des sels qui sont formés avec l’acide carbonique et une base salifiable. Ces sels , dont quelques-uns sont solubles dans l’eau et les autres insolubles, sont tous décomposés par le feu à la chaleur rouge; l’acide se dégage et la base reste à l’étal d’oxyde : le carbonate d’ammoniaque qui est volatil est le seul qui ne se décompose pas. Les carbonates sont aussi décomposés par l’action d’un acide plus puissant, tels que les acides sulfurique, nitrique ou hydrochlorique ; lorsque l’on verse ces acides sur les carbonates , il se fait une effervescence produite par le dégagement du gaz acide carbonique. C’est par ce procédé , et en versant de l’acide sulfurique sur la craie , qui est un carbonate de chaux, que l’on prépare l’acide carbonique qui entre dans la composition de l’eau de seltz artificielle. Il existe aussi des carbonates qui contiennent une plus grande proportion d’acide carbonique que les carbonates simples : ces carbonates ont reçu les noms de bicarbonate pour
ceux qui contiennent le double d’acide , et dexesqui-carbonate pour ceux qui n’en contiennent que moitié en plus. Les bicarbonates sont ceux de potasse de soude et d’ammoniaque; ce sont aussi les carbonates qui à l’état simple sont solubles dans l’eau.
Les carbonates sont employés en médecine; celui de potasse forme la base de la potion antiémétique de Rivière; ceux de soude, d’ammoniaque, de chaux, de magnésie, de fer et de plomb entrent dans diverses préparations dont nous parierons à chacun de ces mots. J. B.
carbone ( chim. ) , s. m. C’est un corps simple très-répandu dans la nature et qui forme la base de beaucoup d’autres corps. Le diamant est du carbone cristallisé et à l’état parfait de pureté. La matière noire qui provient de la décomposition des huiles ou des résines par le feu et qui se forme surtout lorsque l’onplaceuneplaqueimmédiatementau-dessusd’une lampe en combustion est du carbone sensiblement pur. Le charbon de bois, le charbon de terre, le charbon animal, la plombagine contiennent de fortes proportions de carbone. Le carbone se combine avec différents gaz tels que l’hydrogène et l’cxigène, combiné avec ce dernier corps, il forme l’oxide de carbone et l’acide carbonique qui sont ordinairementle produit de la combustion du charbon à l’air libre. Pour les phénomènes d’asphyxie qui sont la suite de l’inspiration de ces gaz, voyez Asphyxie ; pour les usages en médecine, voyez Charbon. J . B.
caebokiçîîe (acide) (chim.), s. m. Air fixe, acide méphitique, acide crayeux. L’acide carbonique est un corps gazeux formé d’un volume de gaz d’oxigène et d’un volume de vapeur de carbone condensé en un seul ; il existe à l’état libre en petite proportion dans l’air atmosphérique; on le trouve en plus grandes proportions dans certaines localités et entre autres dans la grotte du Chien près Naples, où il se dégage d’un terrain volcanique : il existe aussi mêlé à beaucoup d’eaux minérales et en petite quantité à presque toutes les eaux de source; il se dégage des matières végétales en fermentation et en combustion; il forme un grand nombre de combinaisons, enfin c’est un des corps les plus répandus dans la nature.
Ce gaz est incolore , transparent , d’une odeur un peu piquante et d’une saveur aigrelette , que l'on peut facilement apprécier en buvant de l’eau de seltz: c’est lui qui produit l’effervescence que l’on observe dans le vin de Champagne, dans la bière et le cidre lorsqu’on débouche les bouteilles qui les contiennent. L’acide carbonique est plus pesant que l’air; il ne peut favoriser la combustion et éteint immédiatement les bougies et les charbons allumés; sa solubilité dans l’eau est mise à profit pour préparer des eaux minérales et des limonades gazeuses; nous ne nous étendrons pas ici sur ses autres propriétés chimiques et physiques qui sont plus spécialement du ressort de la science. Il entre dans la composition d’un grand nombre de corps où il est produit par leur décomposition ; il forme avec les oxides métalliques et avec l’ammoniaque des sels dont il a été parlé au mot carbonate. Dans ces derniers temps, on est i parvenu à obtenir l’acide carbonique à l’état li-
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quide : cette importante découverte est due à | M. Thillorier, qui, au moyen d’une forte eom- j pression et d’un abaissement notable de la température , est parvenu à condenser ce corps au point de le liquéfier : dans cet état l acide carbonique ; jouit de propriétés nouvelles parmi lesquelles sa tendance à retourner à l’état de gaz est celle qui est la plus marquée; on s’est même fondé sur la force énorme qu’il développe par sa tension pour poser les bases nouvelles d’un système de machines à vapeur qui seraient beaucoup plus puissantes et moins massives que celles employées jusqu’à ce jour. Laissant vaporiser ce liquide mêlé à la vapeur d’élher, M. Thillorier a obtenu les plus grands et les plus prompts abaissemens de tempéra lure observée jusqu’à ce jour. Du reste les propriétés de l’acide carbonique liquide fourniront encore d’importants sujets d’étude.
L’acide carbonique n’est guère employé en médecine que pour la préparation des eaux minérales factices, le soda - water et la limonade gazeuse; encore ces dernières sont-elles plutôt un objet comestible que médicamenteux; mêlé simplement à l’eau au moyen d’appareils convenables, il constitue l’eau gazeuse acidulé que l’on sert sur les tables sous le nom d’eau de seltz.. (V. Eavx minérales ). On a aussi proposé de faire inspirer ce gaz comme propre à arrêter les progrès de la phthisie pulmonaire en ralentissant la conversion du sang veineux en sang artériel; mais ce moyen parait doué de peu d’efficacité. A l’extérieur on’a tenté d’en faire usage pour stimuler les plaies gangréneuses ou de mauvaise nature, et les résultats n’ont pas été satisfaisants. Cet acide n’est plus employé qu’à l’intérieur, et il fait aussi la base de la potion anti-émétique de Rivière.
La préparation de l’acide carbonique est trèssimple : on l’obtient en versant de l’acide sulfurique sur de la craie délayée en bouillie et mise dans une cornue de plomb; le carbonate de chaux se trouve transformé en sulfate et l'acide carbonique se dégage. On emploie aussi quelquefois l’acide muriatique, que l’on verse sur des Hagments de marbre blanc qui est du carbonate de chaux presque pur; mais ce dernier procédé est plus incommode que le précédent et est presque entièrement abandonné aujourd’hui pour fabriquer l’acide carbonique en grand.
L’acide carbonique n’agit pas seulement sur l’économie animale, comme déterminant l’asphixie par défaut d’oxigène,il agit comme poison, car de petites proportions mêlées à l’air ont suffi pour déterminer des accidents. M. Collard de Martigny, qui s’est livré à des recherches importantes sur ce sujet , a constaté ces faits d’une manière positive; il a reconnu que ce poison agit principalement et primitivement sur les nerfs et sur le cerveau, et qu’il ne détermine pas une asphyxie passive comme l’hydrogène et l’azote. (V. Asphyxie.)
J. P. Beaude.
carcinome ( path .), s. m. Voyez Cancer.
cardamome (mat. méd.), s. m. On désigne ordi-
nairement sous ce nom le fruit de 1 amomum cardamomum.de la famille des cannées; mais plusieurs autres espèces d’amomum produisent aussi des fruits qui ont reçu le nom de cardamome, et on en distingue de trois espèces, qui sont. Lepatit, le moyen et le grand cardamome ; ce fruit est triangulaire, aminci en pointe à ses deux extrémités , de couleur fauve ; le grand cardamome est long d’un pouce et demi environ , et est strié longitudinalement; le péricarpe, qui esta trois loges, contient un assez grand nombre de graines. Le moyen cardamome est de la grosseur d’une cerise et globuleux ; ses graines sont de couleur rougeâtre. Le petit est de la même forme que le grand et est tout au plus le quart de son volume , sa saveur est très-aromatique et très-piquante, et il est employé de préférence aux deux autres espèces. Ce médicament, qui est tonique et stimulant, est aujourd’hui peu employé. J. B.
c ardeurs (Maladies des), ( hygièn . pub. , path.) La laine, le colon et plusieurs autres substances filamenteuses avant d être soumises à la filature, réclament plusieurs opérations préliminaires dont une des plus importantes est le cardage.
Le métier de cardeur est très-ancien ; la communauté de ces ou\riers avait des statuts aussi anciens que ceux des drapiers qui se trouvent inscrits au troisième feuillet du registre en parchemin des ordonnances et statuts, appelé le petit cahier, qui était déposé dans la chambre du procureur du roi au Châtelet. Ces statuts ont été confirmés par lettres-patentes de Louis XI, du 24 juin 1467, et depuis confirmés et augmentés par autres lettres-patentes de Louis XIV, du mois de septembre 1688, regis trées en parlement le22 juin
A cette époque on ne pouvait être reçu maître cardeur à Paris, sans avoir fait trois années d’apprentissage et servi les maîtres en qualité de compagnon trois autres années. Trois maîtres jurés étaient à la tête de cette communauté pour veiller à la conservation des privilèges, maintenir les statuts et réformer les abus.
Aujourd’hui, dans les grandes villes d’Europe, l’opération du cardage se fait en grand à l'aide de nouvelles machines à carder; mais dans les petits pays de province, on se sert encore de cardes à main et de drousettes ou cardes à bancs, et cette opération est confiée le plus souvent aux femmes. Les nouvelles machines à carder outre qu elles préservent les ouvriers des affections dont nous parlerons plus bas, présentent désavantagés immenses pour la célérité , l’économie et la perfection du travail.
Les ouvriers cardeurs à cause de la poussière qu’ils sont obligés d’avaler pendant le cardage, sont sujets à la gêne dans la respiration, à la toux et à l’asthme. L’impression des molécules de poussière que les ouvriers sont obligés d’avaler pendant le travail peut être plus ou moins vive, plus ou moins fâcheuse, suivant leur composition chimique et suivant l’irritabilité et la constitution des individus.
Nous avons observé que l’affection la plus fré-
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quente chez les cardeurs est l’asthme; ceux de ces ouvriers qui sont faibles , nerveux , et qui ont une poitrine mal conformée , après quelques années de travail, commencent à éprouver un sentiment de compression et de resserrement de la poitrine, et pendant la nuit, ils ont de la difficulté à prendre une position horizontale, et ils éprouvent un besoin impérieux de prendre une position verticale et de respirer un air libre et frais.
Chez les cardeurs asthmatiques, s’ils ne s’abstiennent pas du travail, les accès deviennent plus intenses; la difficulté de respirer augmente progressivement ; la voix devient aphone, et il se manifeste des spasmes et des mouvements convulsifs dans les muscles dilatateurs des parois thoraciques, dans ceux de l’abdomen et même dans le diaphragme ; l’inspiration est lente , tardive et le plus souvent ronflante , ou sifflante, et la suffocation, surtout pendant la nuit, parait imminente.
Nous avons remarqué que l’asthme chez les cardeurs est toujours la suite d’une toux chronique et d’un catarrhe pulmonaire très-opiniâtre; cette observation vient à l’appui des idées de Laënnec qui regarde le catarrhe pulmonaire chronique comme la cause la plus ordinaire de l’asthme. Les suites du catarrhe pulmonaire, c’est-à-dire , l’épaississement de la membrane muqueuse , le rétrécissement des canaux quelle tapisse, déterminent souvent et paraissent constituer ce qu’on a particulièrement appelé l’asthme humide , dont le caractère principal est le soulagement remarquable qu’éprouve le malade dès qu’il s’établit une expectoration abondante de matières visqueuses et nacrées.
Traitement. Les moyens de guérison que l’on doit indiquer aux cardeurs attaqués d’asthme, doivent être appropriés à la constitution du sujet et à la nature de la maladie; si le malade est faible et que l’étal nerveux soit très-prononcé , il faut recourir aux antispasmodiques, tels que le musc, ies potions éthérés , l’opium , etc. Nous avons vu un cas d’asthme convulsif, suite de l’abus des plaisirs vénériens disparaître sous l’usage de l’acide prussique médicinal.
Si l’ouvrier est jeune et robuste, la saignée est le moyen le plus ordinairement certain d’obtenir une diminution sensible des accidents dont il est menacé pendant l’accès.
On doit aussi conseiller au malade la position verticale, les boissons froides et légèrement acidulées , l’exposition à l’air frais dans le commencement de l’accès. Vers la fin de l’accès on doit favoriser l’expectoration avec de l’oxymel scillitique , les préparations antimoniales , le sirop de Dessessart, et le sulfure de potasse.
Dans l’intervalle des attaques , le malade doit s’abstenir de toutes liqueurs fermentées; de thé et de café.
S. Furnari et A. Chevallier.
cardia ( anat .), s. m. C’est l’orifice supérieur ou œsophagien de l’estomac. (Voyez ce mot.)
cardialgib , gastralgie (path.) , s. f. , signifient simplement douleur d’estomac. Bornés à leur acception étymologique, ces mots ne repré-
sentent donc qu’un symptômequi pourrait dépendre de causes ou lésions organiques Irès-variées; mais ce symptôme est parfois si prédominant, si digne d’une attention spéciale , qu’il donne à lui seul le nom et le caractère à une maladie. On a consacré la dénomination decardialgie ou de gastralgie, à une souffrance d’estomac purement nerveuse, c’est-à-dire sans lésion appréciable de ce viscère, sans inflammation (V. Gastrite), sans désorganisation (V. Cancer); il n’y a de modifié quela sensibilité et la contractilité organiques, le tissu de l’organe conservant les apparences de l’état sain.
Quand on considère l’abondance et les différentes sources des nerfs (du cerveau, de la moelle épinière, du grand sympathique), qui vivifient l’estomac, il est aisé de concevoir le haut degré d’impressionnabilité de ce viscère, et l’on comprend pourquoi des médecins et des philosophes en ont fait le siège et le centre d’une foule d’affections et de passions. En effet, l’estomac souffre dans la plupart des maladies, et les fortes émotions, quoique du domaine cérébral, ont un retentissement très-marqué dans la région épigastrique. L’important, pour le sujet qui nous occupe, est de ne pas confondre les douleurs nerveuses de l’estomac avec celles qu’occasionnent l’inflammation et d’autres lésions graves de texture. Voici les symptômes principaux de la cardialgie, d’après le tableau comparatif avec la gastrite, qu’en a tracé M. le docteur Jolly, dans le Dutionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques : Douleur vive, aiguë, déchirante, intermittente, diminuant par la pression , moins vive après le repas, se manifestant plus souvent le matin; langue quelquefois décolorée, large, nette; appétit souvent exagéré, dépravé; désir des aliments de haut goût et de boissons alcooliques; saveur métallique, acide; bâillements fréquents; vomissements muqueux; soif ordinaire; constipation fréquente; battements exagérés de l’épigastre; fièvre ordinairement nulle; amaigrissement peu sensible et lent; physionomie peu altérée; caractère irascible, craintif, morose; etc. Si maintenant nous mettions en rapport ce tableau de la gastralgie avec celui de la gastrite , nous trouverions une opposition en tout point : douleur sourde, continuelle, augmentant par la pression et après le repas ; langue rouge ou sale; bouche sèche, pâteuse, amère; dégoût des aliments, soif, fièvre, etc. (V. Gastrite. I II est plus difficile de distinguer la gastralgie dusquirrhe et du cancer de l’estomac. Cependant dans celui-ci les douleurs sont plus continues et particulièrement lancinantes; les vomissements plus opiniâtres, les mouvements de fièvre communs, etc., enfin , le toucher fournit le signe caractéristique, en découvrant une tumeur dure qui n’existe point dans la cardialgie.
Le tempérament nerveux , le sexe féminin, la période de la vie sexuelle, l’hérédité, la vie sédentaire , prédisposent à la gastralgie. Ses causes occasionnelles sont : les travaux intellectuels, les affections morales concentrées, le défaut d’alimentation, un régime débilitant, principalement végétal ; l’épuisement onaniaque , vénérien , les
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hémorrhagies abondantes, les époques de menstruation , la grossesse, la leucorrhée et la chlorose , les fortes intempéries atmosphériques, et particulièrement les temps orageux, etc.
Pour traiter efficacement la gastralgie , il importe beaucoup d’en déterminer la cause spéciale et de commencer par y soustraire le sujet souffrant, sans cela tout le reste serait insuffisant ou inutile. Il faut donc rechercher s’il n’y a aucune circonstance appréciable qui ait pu occasionner celle maladie , s’il n’y a aucun usage, aucune habitude nouvellement introduite ou supprimée dans l’existence. Dans tous les cas, on a à traiter une affection nerveuse, et voici ce qui convient le plus généralement : un régime doux , suffisamment substantiel , végétal et animal, graduellement augmenté selon l’appétit et les forces digestives. Les acides sont particulièrement nuisibles, et il faut beaucoup de circonspection dans l’usage des épices en général. Les préférences qu’ont les malades pour certains aliments ne doivent être trop légèrement ni rejetées, ni satisfaites ; il est parfois utile d’attendre, pour prononcer, la manière dont elles sont accueillies par l’estomac. Quant aux boissons ordinaires , l’eau rougie , et même un peu de vin pur conviennent au grand nombre. Les infusions aromatiques légères de café, de thé, de camomille , de tilleul , favorisent la digestion dans les occasions accidentelles où elle se montre plus difficile. L’usage, même sobre, des liqueurs, est au moins très-suspect, quoique ses bons effets soient parfois rapides et manifestes. Du reste, il ne faut jamais oublier qu’à côté des règles générales se trouve toujours l'expérience de chacun, et que , malades comme en santé, les organisations ont leurs particularités , leurs habitudes, leurs caprices.
La gymnastique, nuisible dans la gastrite, est éminemment favorable dans la gastralgie, surtout lorsque c’est l’air des champs qu’on peut aller respirer à pied, à cheval, en voilure. L’exercice est efficacement secondé par des frictions à l’épigastre et sur tout le corps , avec une brosse fine ou un gant de flanelle, par les bains lièdes ou frais , suivant la température atmosphérique, à laquelle on a soin aussi de proportionner les vêtements. Il convient d’éviter les contentions d’esprit, et les émotions plus encore.
L’hygièn e est l’obj et essen tiel dans la cardialgie, maladie ordinairement lente, chronique , intermittente, plus rebelle que dangereuse. Mais la matière médicale offre aussi des ressources qui ne sont pas à dédaigner; seulement nous pensons qu’il n’appartient qu’au médecin de décider, dans chaque cas spécial, l’usage qu’on en doit faire, soit pour dissiper les souffrances aiguës, soit pour les prévenir dans les intervalles : quand on a bien saisi l’indication, on a retiré d'excellents effets des préparations opiacées ingérées, ou en friction à l’épigastre, des éthers, des substances aromatiques et antispasmodiques , des ferrugineux , des amers , notamment du quinquina et du sulfate de quinine, des absorbants alcalins, de l’électricité, etc.
L’affection nerveuse dont nous venons d’offrir un simple aperçu, et dont on a souvent méconnu
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la nature, a paru assez importante à M. le docteur Bai ras pour qu’il lui consacrât un long traité spécial dont le mérite a été justement apprécié.
A. Lagasquie.
cardiaque (anat.), adj. (du grec cardia, cœur), se dit de ce qui a rapport au cœur ou au cardia qui est l’orifice œsophagien de l’estomac. Il y a des vaisseaux et des nerfs cardiaques; au cœur, les artères cardiaques ou coronaires sont au nombre de deux : une antérieure gauche et l’autre postérieure droite ; elles naissent de l’aorte immédiatement au dessus des valvules ; les veines sont au nombre de quatre : deux antérieures et deux postérieures , elless’ouvrent dans l’oreillette droite par un seul orifice garni d’une valvule. Les vaisseaux lymphatiques suivent le même trajet que les vaissaux sanguins; les nerfs sont au nombre de trois et viennent des ganglions cervicaux ; la réunion de ces nerfs derrière l’aorte forme le plexus cardiaque. Les vaisseaux et les nerfs qui entourent l’orifice œsophagien de l’estomac ont aussi reçu le nom de vaisseaux et nerfs cardiaques. (V. Cœur. Estomac.) J. B.
cardinale bleue ( bot .). (Y. Lolélie syphilitique.)
cardite ( path .) , s. f. Inflammation du cœur. Celte maladie est rare comme toutes les phlegmasies du tissu musculaire; elle coïncide d’ailleurs assez souvent avec l’inflammation du feuillet séreux qui enveloppe le cœur, affection connue sous | le nom de péricardite.
La maladie qui nous occupe est tantôt bornée au tissu propre du cœur , tantôt elle envahit plus I spécialement la membrane interne et constitue cette variété sur laquelle M. Bouillaud a, dans ces derniers temps, appelé l’attention des praticiens,
J et qu’il a nommée endocardite ; selon lui, elle accompagnerait très - fréquemment les affections rhumatismales aiguës. Les causes de la cardite sont: l’inflammation du péricarde, l’introduction dans l’économie de certains poisons irritants, tels que l’arsenic; les chagrins, les refroidissements subils, et de plus toutes les causes qui peuvent produire le rhumatisme articulaire. A l’état aigu, les symptômes de la maladie se confondent avec ! ceux de la péricardite: ce sont des douleurs vives dans la région du cœur, ou bien un sentiment de malaise et d’élouff rent insupportable. Le malade est inquiet et agité par la crainte ; à chaque instant il est menacé de syncope ; le cœur bat avec précipitation, violence et souvent inégalité; la face contractée et quelquefois violette, exprime l’anxiété et l’angoisse. Portés à ce point, ces symptômes sont promptements suivis de la mort; souvent ils sont moins intenses et alors la maladie est plus obscure ; elle peut passer même à l’état chronique et devenir la cause , suivant quelques auteurs, de ces altérations diverses connues sous le nom de lésions organiques du cœur.
Après la mort des sujets atteints de cardite, on trouve le tissu du cœur injecté, légèrement épaissi, rouge et friable; à une période plus avancée, il existe des ulcérations; quelquefois il se forme du pus.
Pour traiter cette affection , on doit prompte-
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nient avoir recours à un traitement antiphlogistique, à des saignées, des sangsues, au repos, à la diète. (V. Cœur. Maladies du). J. B.
cardon (bot.). Voyez Bette, et au Supplément .
carie ( path .), s. f. La carie est une affection des os, caractérisée par l’inflammation avec suppuration et destruction de leur tissu. Elle a été pendant longtemps confondue avec d’autres maladies du tissu osseux, telles que la nécrose, l’érosion, la dégénérescence cancéreuse, les tubercules des os , mais elle a des caractères auxquels il est difficile de la méconnaître.
Les causes de la carie sont locales ou générales; les premières sont toutes celles qui produisent l’inflammation, qui constitue le premier degré de la carie : les plaies, les fractures, les contusions, les pressions prolongées des os, l’inflammation aiguë et surtout chronique des parties molles environnantes. Les causes générales qui prédisposent à la carie et qui peuvent même la produire sans qu’il y ait action directe, sont la constitution scrofuleuse , qui a une influence si fâcheuse sur les os chez les enfants, la cachexie scorbutique. La syphilis , bien qu’on ait dit , avec juste raison , qu’elle produit de préférence la nécrose, est aussi quelquefois, et je devrais dire assez souvent, cause de carie. Pour quelques auteurs, l’action du mercure et pour quelques autres , ceux qui peut-être n’ont pas osé attaquer directement ce métal , la combinaison du mercure et de la vérole agissant ensemble peuvent produire cette maladie. On a admis aussi les caries rhumatismale, goutteuse, mais elles sont fort rares. Celle produite par l’affaiblissement générale, par l’épuisement, est moins rare; on la voit après les maladies aiguës longues, et après les maladies chroniques , à la suite des excès du colt et surtout de la masturbation. La carie affecte bien plus la partie spongieuse des os que la partie compacte, aussi les os courts tels que les vertèbres , les os du carpe et du tarse, le sacrum , etc. , en sont-ils plus souvent atteints. Tantôt la maladie débute par le centre de l’os, tantôt par sa circonférence ; dans ce cas , elle peut être la suite d’une altération des parties environnantes.
Les phénomènes de la carie suivent en général une marche lente , et leur diagnostic est pendant longtemps obscur ; ils sont variables suivant que la maladie commence ou qu’elle est confirmée : dans le premier cas, on observe tous les signes de l’inflammation. La partie voisine de l’os malade est douloureuse, tuméfiée surtout si l’os est superficiellement placé ; quelquefois toute la continuité d’un os participe au gonflement ; dans quelques cas , il n’y a qu’une étendue assez circonscrite. Aprèsun temps plus ou moins long, et il l’est d’autant plus que l’os est recouvert d’une plus grande épaisseur de parties molles, la peau devient rouge violacée , on sent de la fluctuation daus la tumeur, celle-ci ne tarde pas à s’ouvrir et elle donne issue à un pus de mauvaise nature, grisâtre ou noirâtre contenant des lambeaux de tissu cellulaire et quelquefois de petites parcelles osseuses, et d’une odeur repoussante.
Quand l’abcès est ainsi ouvert, les parties molles qui étaient tuméfiés s’affaissent , mais l’ouverture ne se ferme pas, elle forme alors l’orifice d’un trajet fistuleux qui s’étend jusqu’à l’os malade, et qui est entretenu par la sortie continuelle de la matière ichoreuse de la carie. Celte ouverture présente des bords boursouflés, fongueux, saignant facilement. Il n’est pas rare de voir l’abcès s’ouvrir sur plusieurs points, et ensuite plusieurs trajets fistuleux aboutissant à la carie. Si l’on introduit par ces orifices un stjlet, il s’enfonce dans l’os et fait éprouver la sensation d’une multitude de petites fractures, il produit de la douleur et donne lieu à un écoulement de sang plus ou moins abondant. Quelquefois le stylet pénètre dans l’os comme il le ferait dans une substance molle, ce qui est occasionné par la transformation fongueuse ou lardacée de la substance osseuse.
Lorsque la carie occupe les surfaces articulaires, on sent très-bien une certaine crépitation en faisant mouvoir les extrémités osseuses l’une sur l’autre. Celte crépitation de frottement et celle donnée par le stylet ont pour ainsi dire le signe le plus positif de la carie confirmée.
Ce que nous venons de dire des phénomènes de la carie ne peut guère s’appliquer qu’à celle des os superficiellement placés; car il s’en faut beaucoup qu’ils soient aussi évidents dans la carie des os du bassin ou des vertèbres , où il n’y a pendant longtemps que des signes rationnels et où l’abcès qui résulte de la maladie de l’os se fait voir dans un endroit toujours assez éloigné.
La carie est une maladie grave et qui tend toujours à faire des progrès, aussi son prognostic estil très-fâcheux; dans quelques cas, elle est bornéeàune certaine étendued’un os, elle n’augmente pas; mais les accidents qu’elle produit sont fort graves; la suppuration fatigue le malade, et quand elle est abondante et surtout quand elle se détériore, qu’elle devient fétide, la constitution s’altère, il survient une faiblesse très-grande que ne tarde pas augmenter une diarrhée colliquative , et après quelque temps de marasme le malade meurt. Ces graves accidents et cette terminaison fatale peuvent arriver alors même qu’il n’y a que la partie la plus superficielle d’un os qui est cariée , tandis que dans quelques cas il y a un ramollissement d’un ou de plusieurs os sans abcès.
Quelquefois la carie peut cesser de faire des progrès, elle peut même guérir, ou bien elle se termine par la nécrose; alors la portion nécrosée sort en masse ou en fragment avec le pus , la suppuration se tarit. Lorsque toute la partie malade est sortie, les fongosités des trajets fistuleux s’affaissent, leur orifice se ferme et tout rentre dans l’ordre sans laisser de traces quelquefois, le plus souvent laissant voir les enfoncements produits par la perte de substance, et pouvant troubler certaines fonctions, comme par exemple l’altération de la voix, lorsqu’il y a communication entre la bouche et les fosses nasales à la suite d’une carie de la voûte palatine.
I Quand ce sont des surfaces articulaires qui sont | le siège de la carie, il y a un mode particulier de
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guérison , c’est l’ankylose , la soudure des extrémités de deux os.
Au surplus, pour établir le prognostic de la carie, il faut toujours avoir égard à l’âge et à la force dit malade , à la cause de l’altération osseuse , à son étendue et à son ancienneté. Ainsi par exemple quand elle dépend de ses scrofules et qu’elle survient chez un enfant, on peut espérer la guérir par l’emploi de moyens propres à combattre le vice delà constitution; en peut même compter quelquefois sur la révolution de l’âge de puberté.
Si la carie est de nature vénérienne, il est certain que les médicaments spéciaux ou spécifiques en triompheront dans un grand nombre de cas.
Le traitement de la carie est variable selon le degré de la maladie, mais il présente toujours trois indications bien manifestes ; ainsi on devra combattre la cause du mal , quand elle tient à une altération générale de l’économie, par les médicaments appropriés, les antivénériens , les antiscrofuleux. On ne négligera même pas l’usage de quelques substances , dont Faction pour être inconnue n’en est pas moins quelquefois efficace; ainsi les préparations d’iode , l’eau de chaux , la ciguë et en général tous les fondants. Ensuite on agira directement sur le mal par le repos le plus absolu , les saignées locales , les applications émollientes et narcotiques, les bains, et, quand la période inflammatoire sera passée, on aura recours aux révulsifs, les vésicatoires, le cautère, le moxa, la cautérisation légère avec le fer rouge, les eaux thermales en bains et en douches. Si l'os est à découvert, les applications directes sont utiles, ( ce sont les décoctions de quinquina , d’écorce de chêne, de sabine, quelquefois ces mêmes substances en poudre.
On peut imiter ce que fait la nature en changeant la carie en nécrose, au moyen du fer rouge, ou bien lorsque l’on pense que la séparation de la partie malade se fera trop longtemps attendre , j et que les accidents généraux font des progrès, on j l’enlève avec la gouge et le maillet. Enfin quand tous ces moyens échouent, qu’il n’y a pas possibilité de faire cette ablation, il faut en venir à l’opération extrême, c’est-à-dire l’amputation. On verra à l’article des tumeurs blanches ce que peut la chirurgie pour éviter, dans quelques cas , cette fâcheuse extrémité au moyen des résections.
Toutes ces manœuvres peuvent s’appliquer aux caries des os superficiellement placés ; mais on conçoit qu’elles seraient dangereuses appliquées | aux surfaces articulaires , inutiles ou impossibles aux os profonds, tels que ceux de la colonne vertébrale et du bassin , cas dans lesquels le trajet fistuleux que parcourt la suppuration est toujours très-étendu.
La dernière indication dans le traitement de la carie est variable suivant que celle-ci est superficielle ou profonde. Dans le premier cas , on doit ouvrir les abcès de bonne heure , dans le double but d’éviter les décollements trop grands de la peau et les progrès de l’altération osseuse en l’attaquant plus directement par les moyens que nous avons énumérés. Si la maladie est profonde, que iepusait parcouru unegrande distance, qu’il forme
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ce qu’on appelle un abcès par congestion, a conduite à tenir est toul-à-fait différente. En effet, l'ouverture de l’abcès n’est point pressée ici, puisqu'il n’y a pas à agir sur l’os, ce n’est que lorsqu’il est très-volu . ineux qu’il faut donner issue au pus. Mais tous les chirurgiens ne sont pas d’accord sur la manière dont il faut ouvrir ces sortes d’abcès. Ainsi, les uns, ceux qui pensent que la pénétration de l’air dans le foyer purulent est la cause de la viciation du pus, veulent qu’on les ouvre, ou par des ponctions sucessives que l’on fait cicatriser par première intention, ou par le moyen du fer rouge; d’autres, convaincus que le contactée l’air avec l’intérieur des abcès n’a pas d’inconvénient, pensent qu’il est préférable de les ouvrir par de larges incisions. Ces deux manières de faire, soutenues par de grandes autorités, comptent peutêtre le même nombre de succès et de revers; aussi est-il très-difficile de se prononcer pour l’une ou pour l'autre. A. Cullerier.
Carxsbad (Eau minérale de). Y. au Suppl.
CAF. misîATîfs. ( thérap .), s. m. p. (de çarmi- «are, nettoyer). On donne ce nom à des médicaments qui ont pour résultat de déterminer l’expulsion des gaz contenus dans les intestins : ces médicaments sont des substances toniques et stimulantes, telles que la mélisse, la sauge, les graines d’anis, de fenouil, de coriandre, de carvi, et les eaux distillées de ces mêmes substances. On prépare un alcool carminatif qui entre dans les potions et qui agit suivant les propriétés que nous avons indiquée?. J. B.
carnosité ( path .), s. f. (de caro, chair). C’est une excroissance de chair, fongueuse ou celluleuse, que certains chirurgiens supposent se développer dans le canal de l’urèthre, à la suite de certains écoulements : ces carnosités ont été niées par plusieurs médecins qui ne voient dans leur prétendue existence que des rétrécissements du canal. (V. ce mot.) Cullerier, par analogie, admettait l’existence de carnosités vénériennes à la surface des membranes muqueuses de l’anus, de la vulve et du gland. J. B.
caroncule (anat.), s. f. ( caruncula , diminutif de caro , chair). On donne ce nom à de petites éminences charnues, qui sont liées à d’autres organes; la caroncule lacrymale est cette petite élévation rougeâtre , de la grosseur d’uu grain d’orge , que l’on remarque dans le grand angle de l’œil ; elle est formée par la réunion de plusieurs follicules muqueux qui sont recouverts par la conjonctive et même situés dans son épaisseur ; on crut pendant longtemps que cet organe sécrétait les larmes, mais elles viennent d’une glande située plus profondément, nommé glande lacrymale. La caroncule lacrymale sécrète un mucus blanchâtre qui s’applique même sur l’extrémité du doigt lorsqu’on la comprime.
Les caroncules myrtiformes sont de petits tubercules rougeâtres, plus ou moins fermes, de forme et de nombre indéterminés , qui sont situés à l’entrée du vagin , et que l’on regarde comme les débris de la membrane de l'hymen, laquelle est ordinairement considérée comme le signe de la vir
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ginité : ces caroncules ne sont, suivant quelques auteurs, que les restes de celte membrane, tandis que d’autres pensent qu’elles existent indépendamment d’elle. Le verumonianum , qui est situé dans l’urètre a reçu aussi le nom de caroncule de l'urètre. (Y. ces mots.) J. B.
Caroncule lacrymale (Maladie de la), s. f. De même que toutes les parties de l’œil recouvertes par la membrane muqueuse , la caroncule lacrymale est sujette à des inflammations primitives ou secondaires qui se décèlent par de la chaleur, de la rougeur, de la douleur, et une augmentation marquée dans le volume de cette partie: cet état est accompagué d’une sécrétion muqueuse qui se concrète au grand angle de l’œil. Cette maladie se termine ordinairement par la résolution. Quand elle passe à l’état chronique, et qu’elle s’y maintient longtemps, il n’est pas rare de voir la caroncule passer à l’état squirrheux, condition susceptible de dégénérer en cancer : mais comme l’extirpation est très-facile, et sans danger, il faut se hâter d’y avoir recours, aussitôt que la nature du mal est reconnue.
Souvent il surgit des poils sur la caroncule , cette croissance commune aux chevaux devient chez l’homme une condition pathologique , qui nécessite l’extraction du corps étranger dont la présence seule occasionne souvent des ophthalmies graves et rebelles.