‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 137 sur 316 · C. du Y · texte numérisé non relu

C. du Y

carotides (artères), anat., s. f.p.(du grec haros, carus, assoupissement, parce que les anciens les regardaient comme le siège de l’assoupissement). On nomme ainsi les deux artères principales qui traversent le cou pour se rendre à la tête. On distingue l’artère carotide primitive qui tire son origine à droite du tronc brachio- céphalique, et à gauche de l’aorte même ; ces deux vaisseaux sont situés à la partie antérieure et latérale du cou , séparés l’un de l’autre par la trachée-artère et le larynx ; de chaque côté de cette saillie on peut sentir leur battement avec le doigt. Arrivée au niveau de la partie supérieure du larynx sans avoir fourni de branches, les carotides primitives se partagent chacune en deux branches : l’une , l’artère carotide externe, destinée surtout au cou et à la face , fournit six branches , savoir : en devant les artères thyroïdienne, supérieure, linguale et labiale ; en arrière , l 'occipitale et l’auriculaire postérieure ; en dedans , la pharyngienne inférieure; elle se termine derrière le col du condyle de la mâchoire inférieure en se partageant en deux branches , savoir : les artères temporale et maxillaire interne. La seconde division de la carotide primitive est la carotide interne, qui se rend, sans fournir de branches, dans l’intérieur du crâne où elle pénètre par le canal carotidien ; elle fournit les branches connues sous le nom d’artères ophthalmique , cérébrales antérieure et moyenne, communicante de Willis, choroïdienne , et d’autres moins importantes. Ces branches communiquent avec d’autres provenant de l’artère vertébrale , et forment à la base du crâne une sorte de réseau connu sous le nom de polygone de Willis. J. B,

carotides (maladies des). Blessures. — Les blessures des carotides sont le plus souvent des accidents mortels; on les observe quelquefois dans les plaies que certains individus se font à la gorge dans le but de se suicider. Il s’écoule alors avec impétuosité et par saccades un jet de sang d’un rouge vif. Lorsque le vaisseau est largement ouvert, la mort est presque instantanée, à moins qu’une syncope salutaire ne vienne suspendre quelques instants le cours du sang; dans ce cas, ou lorsque la blessure est moins considérable , il n’est qu’un seul moyen de salut, c’est déporter rapidement le doigt dans la plaie , et de comprimer l’artère blessée, jusqu’à l’arrivée du médecin, qui devra en pratiquer la ligature ; nous ne parlerons pas de cette dernière opération, qui est tout entière du ressort de l’homme de l’art.

Anévrismes des carotides. Ils peuvent être le résultat de blessures ou naître spontanément; dans ce dernier cas, qui est le plus fréquent , la tumeur anévrismale se développe le plus souvent sur le trajet de l’artère carotide primitive; elle gêne bientôt par son volume la déglutition et le passage de l’air dans les poumons; celte maladie, comme les autres anévrismes , guérit très-rarement sans le secours de l’art; au bout d’un certain temps la poche se rompt, et le malade succombe aussitôt. Elle se reconnaît, au reste, aux caractères généraux indiqués au mot anévrisme. Le seul traitement sur lequel on puisse compter est la ligature de la carotide; on doit la pratiquer sur le tronc de l’artère sans toucher à la poche anévrismale. Quoique cette opération soit grave et souvent mortelle , elle ne laisse pas de compter quelques succès. J. P. Beaude.

carotidie^ (anat.), adj. On donne ce nom a un conduit situé à la base du crâne et qui donne passage à l’artère carotide interne.

carotte (bot.), s. f. (daucus carola). L. Pentandrie Digynie, L.; ombellifères, J. Cette plante existe dans la nature sous deux états : sauvage, elle se rencontre dans tous les prés ; on peut la reconnaître à une petite fleur rouge et stérile, située au centre de l’ombelle. Sa racine est alors dure, coriace et rameuse. Cultivée, la plante se modifie, et sa racine devenue pivotante et charnue, acquiert cette 1 saveur douce et légèrement aromatique qu’on lui | connaît. C’est, au reste, un aliment salubre et trèsemployé. En médecine, cette racine a été fort vantée contre le cancer et la jaunisse; mais ses propriétés paraîtront plus que douteuses, quand on saura qu’elle n’a été employée contre ces maladies qu’à cause de la couleur jaune, à une époque où l’on croyait que, par une attention particulière delà Providence, chaque plante portait sur elle un signe qui indiquait la maladie qu’elle pouvait guérir. Ses qualités réelles sont d’être émolliente ; comme telle, elle doit faire partie de la nourriture des personnes auxquelles on prescrit un régime doux et rafraîchissant. On applique aussi avec quelque avantage la pulpe de carotte crue sur les gerçures qui surviennent dans diverses parties, et notamment au mamelon des nourrices. J. B.

Caere (anat.) , s. m. On a donné ce nom à plu-

CAR

CAR

sieurs muscles à cause de leur forme. Le carré de la cuisse est situé à la partie postérieure du bassin , il est mince et s’étend du grand trochanter à la tubérosité sciatique; il porte la cuisse en dehors. Le carré des lombes est situé en arrière et en bas du tronc, sur les côtés de la colonne vertébrale , il s’étend du bassin à la partie inférieure de la poitrine; il est aplati, épais, assez puissant; il s’attache en bas à la crête iliaque , en haut à la dernière côte et en dedans aux vertèbres lombaires ; il contribue à fléchir le corps de côté et sert à la respiration. Le carré du menton est placé en bas de la face et forme une partie de la masse charnue du menton , ce muscle sert â élever la lèvre inférieure et à la renverser. Carré du pied (V. Pédieux ). Carré pronateur (V. Pronateur).

carphologie {path.), s. f. (du grec carphos, flocon, et de lego, je ramasse). C’est un phénomène qui s’observe dans le dernier période de gravité des maladies aiguës, et qui fait que le malade paraît ramasser le duvet de son lit, en agitant ses mains et ses doigts sur les draps et la couverture: ce symptôme est de la dernière gravité et précède ordinairement l’agonie. J. B.

carreau (med.),(en latin tabes mesenterica) ,s.m. Sous le nom métaphorique de carreau, le vulgaire désigne ordinairement une affection caractérisée par la tuméfaction du ventre, contrastant avec l’amaigrissement de la face et des membres, et les médecins confondent en général deux maladies bien distinctes, quoique souvent réunies, l’une la péritonite tuberculeuse , l’autre la tuberculisation des glandes du mésentère. Par un énoncé rapide des principales lésions cadavériques du carreau , nous allons prouver qu’on a eu tort d’en faire une maladie à part, puisqu’il n’est le plus ordinairement qu’un symptôme. Les glandes du mésentère sont transformées en tubercules, avec ou sans trace d’inflammation ; tubercules durs comme des marrons crus dans la première période, ramollis plus ou moins dans la seconde. Le péritoine qui les recouvre est quelquefois enflammé , plus souvent on le trouve parfaitement sain; il en est de même de la membrane muqueuse qui tapisse intérieurement l’intestin. Si d’un autre côté, on fait attention que sur un nombre donné d’enfants soumis à la longue expérience de M. Guersant, les cinq sixièmes avaient également dans le poumon des tubercules plus ou moins avancés , on sera amené à conclure que le carreau, n’est à proprement parler qu’une complication de la phthisie pulmonaire. Un temps viendra sans doute où on lui assignera dans la nosologie la place qui lui est due; on le renverra au chapitre des tubercules, et sans en faire une maladie spéciale. Au lieu de se déposer dans les poumons, la matière tuberculeuse prend ici une autre route, et par une cause qui nous est inconnue , se fixe plutôt sur les glandes de l’abdomen. Les exemples de cette préférence d’une même affection sur des organes différents, suivant tel ou tel âge, ne sont pas rares en pathologie ; ainsi, pour ne citer qu’un exemple, le vice rhumatismal se porte surtout dans le jeune

âge et chez l’adulte sur les grandes articulations ou sur le péricarde ; chez les vieillards , au contraire, il attaque en général plutôt les petites join tures. Mais en attendant qu’on ait rayé de nos livres de médecine les mots de carreau avec toutes ses synonymies de tabes infantum, atrophia inf antilis, phthisie mésentérique , étisie rachialgique, scrofules ou écrouelles mésentériques, chartre, physconie, entéromésentérite , etc., force nous est de. décrire ce que les auteurs, à une époque où l’anatomie pathologique n’était point suffisamment cultivée, ont entendu par l’expression de carreau.

Causes. Quelles sont les causes sous l’influence desquelles le carreau naît et se développe ? comme pour les scrofules , comme pourla phthisie pulmonaire , il faut nécessairement admettre un inconnu , une prédisposition cachée qui jette dans l’économie le germe morbide que féconderont plus tard les causes occasionnelles, mais sans laquelle, celles-ci eussent eu peu de pouvoir. Ainsi une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité , l’allaitement d’une nourrice scrofuleuse ou poitrinaire , l’action prolongée du froid et de l’humidité, d’un air malsain ou qui n’est pas renouvelé; des indigestions fréquentes, dos irritations répétées du conduit alimentaire , la répercussion d’une dartre ancienne ou d’un écoulement habituel, toutes ces causes accidentelles seules frapperaient presque en vain sur une constitution solide, sur un tempérament non prédisposé aux tubercules ; mais soumettez à ces influences pernicieuses un corps débile et chétif, livrez-leur l'économie faible et chancelante d’un enfant et vous les verrez, amener pour résultat final, la formation de tubercules soit dans le ventre, soit dans les organes de la respiration. Et la preuve qu’il faut reconnaître, pour le développement de ces produits morbides, une prédisposition qui nous échappe, une loi impénétrable jusqu’ici à tous nos moyens d’observation, c’est que le carreau se montre quelquefois dans des circonstances tout-à-fait opposées, c’est qu’il sévit parfois et sur l’enfant du riche habitué aux délicatesses de la table, et qu’environnent toutes les recherches du luxe, et sur l’enfant du pauvre que nourrit un pain grossier et qui végète dans la misère. Si le carreau est plus fréquent depuis la première dentition jusqu’à l’âge de douze et quinze ans, c’est qu’à celto période de la vie, les affections tuberculeuses sont plus communes. Sans doute ou peut le considérer comme une maladie de l’enfance ; il n’est pas cependant très-rare d’en observer.des cas chez les adultes et même chez les vieillards, comme chez le fœtus de six à sept mois ou chez les nouveau-nés. Les filles y sont plus exposées que les garçons; la proportion donnée approximativement par M. Guersant est de sept à huit pour cent, tandis que chez ceuxci elle n’est que de cinq à six pour cent.

Symptômes. Le carreau est quelquefois accompagné de symptômes inflammatoires du côté des organes de la digestion ; quelquefois il est tout-àfait sans douleur, et dans les deux cas, à celte première période , il est impossible d’établir un diagnostic certain. Si en effet il existe un trouble des fonctions digestives, la maladie se confondra

CAR

*Vec l’inflammation intestinale; d’autre part, il est prouvé par des faits que l’existence de tumeurs dans les glandes du mésentère peut s’accorder avec toutes les apparences de la santé. Ingrassias cite l’exemple d’un nègre robuste et bien portant, qui fut pendu et dans le ventre duquel on trouva soixante et dix écrouelles, outre presque autant de tumeurs attachées à la tunique externe des intestins. Bayle rapporte l’observation d’une petite fille de cinq ans , qui paraissait jouir de la santé la plus florissante , lorsqu’elle tomba dans le feu et mourut cinq heures après. Le mésentère contenait douze tubercules en partie suppurés, de différent volume, depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’une petite noix. Avant que des tumeurs marronnées se soient développées dans l’abdomen , et avant qu’il soit possible d’en constater l’existence par le palper, aucune conclusion positive et rigoureuse ne doit être donnée sur la nature de la maladie. Baumes, qui a fait un assez mauvais mémoire sur le carreau , bien qu’il ait été couronné par la société royale de Médeeine de Paris, Baumes et les auteurs qui l’ont copié à l’envi , sans presque se donner la peine d’observer, assignent pour caractères à cette affection, l’intumescence du ventre , l’amaigrissement de la face, les vomissements glaireux, l’urine lactescente, les alternatives de diarrhée et de constipation , la décoloration de la caroncule lacrymale, la couleur argileuse des matières fécales, etc., etc. Prenons tous ces prétendus signes les uns après les autres ; quels sont ceux qu’il faut regarder comme probants ? Les troubles de la digestion, le dévoiement, les vomissements? Mais n’accompagnent-ils pas chez l’enfant non-seulement les inflammations des organes digestifs, mais encore certaines affections de poitrine et de tête? Ne sont-ils pas quelquefois sympathiques du travail de la digestion? La couleur des matières fécales? Mais dans l’inflammation intestinale, leur nature est extrêmement variable, et quelquefois elles présentent successivement toutes sortes de variétés. L’odeur acide de la transpiration, la pâleur de la caroncule lacrymale et autres signes insignifiants, n’ont jamais existé que dans l’imagination des auteurs. Oui sans doute, l’intumescence du ventre, la pâleur de la face, sa bouffissure, l’amaigrissement des membres , quand ils sont accompagnés de tumeurs appréciables au toucher, annoncent l’existence du carreau ; mais hors de ce dernier signe tout est incertitude. Les gens du monde, qui se laissent frapper par les traits extérieurs et matériels des maladies, ne manquent pas de voir le carreau dans tous les ventres un peu gros. Combien de fois cependant le gonflement de ces parois abdominales n’annonce -t-il pas une autre maladie ou même un état normal? Si la digestion, chez l’enfant, vient à se faire mal, une grande quantité de gaz remplit les intestins et produit cette tuméfaction. Chez les individus rachitiques et faibles, le foie à un volume considérable, et comme il refoule le paquet intestinal , le même effet est produit ; de même qu’il l’est naturellement chez la plupart des enfants jusqu’à l’âge de trois ou quatre ans , par suite de la longueur

CAR 299

du tube digestif proportionnellement plus étendue que chez l’adulte , et surtout à cause du développement de l’intestin colon qui remonte alors jusqu’au creux de l’estomac. Enfin cette intumescence du ventre est si peu un symptôme constant de carreau, qu’elle manque dans beaucoup de cas , où il existe manifestement des tubercules dans le mésentère ; M. Guersant ne l’a jamais rencontrée chez l’adulte, à moins de complication, d’épanchement ou d’inflammation du péritoine.

Puisque les symptômes du carreau peuvent se confondre avec ceux de plusieurs maladies, c’est plutôt par des signes négatifs et en procédant par voie d’exclusion que l’on parviendra à démêler l’affection véritable, elle diagnostic précis estde la plus haute importance, puisqu’il y a peu de chance de la guérir, quand la deuxième période est prononcée. Nous ne pouvons faire mieux que de répéter ce que dit à ce sujet M. Guersant, l’homme le plus compétent dans cette matière : « Quand le malade affecté de carreau au premier degré est d’âge à exprimer ce qu’il éprouve, il se plaint presque continuellement de douleurs dont il rapporte le siège au milieu du ventre, mais qui ne sont jamais aiguës et analogues aux coliques , lorsqu’il n’y a pas de complication d’entérite. La douleur augmente lorsqu’on exerce une pression un peu forte, d’arrière en avant, vers les vertèbres lombaires. Cette douleur n’est point superficielle, elle n’est pas accompagnée d’une tension remarquable du ventre , de vomissements et de matité, comme dans la péritonite chronique, ou d’une diarrhée de matières grises et jaunâtres avec altération particulière des traits de la face, comme dans les ulcères intestinaux. Ces douleurs persistent souvent très-longtemps et quelquefois même plusieurs années, sans offrir d’autres caractères plus remarquables. Elles reviennent plus particulièrement au printemps et en automne , époque auxquelles les affections tuberculeuses s’exaspèrent presque toujours. Elles se dissipent ordinairement pendant les chaleurs de l’été. Quant aux matières fécales, elles sont plus ou moins liquides et diversement colorées , mais jamais glaireuses et sanguinolentes comme dans ladyssenterie.» Les caractères de l’inflammation chronique de l’intestin ressemblent assez à ceux-ci, à quelques légères différences près qui peuvent les faire distinguer. Les plus petits écarts de régime, dans l’entérite chronique, déterminent presque toujours de la diarrhée et un peu plus de douleur abdominale à la pression , tandis que les courses , les sauts, les hoquets ne produisent point cet effet. Dans les tubercules mésentériques inflammatoires au contraire , les secousses violentes imprimées au ventre augmentent la douleur , tandis que la distension des intestins par les aliments ne l'aggrave pas d’une manière remarquable. Peut-être même le mésentère est-il moins douloureux au toucher, lorsque le canal intestinal est plein?

Les symptômes généraux du carreau inflammatoire au premier degré sont: la fièvre, la toux, l’amaigrissement, et ils dépendent bien plutôt de maladies coïncidentes, de la phthisie pulmonaire par exemple. Il en est absolument de même de

CAR

CAR

ceux de la seconde période. Ce sont les symptômes précédents un peu exagérés et auxquels il faut ajouter la bouffissure des membres inférieurs, les épanchements dans le ventre et dans les autres cavités, qui n’ont rien non plus de spécial. Pour nous résumer : vague et incertitude pour les signes du carreau au premier degré. — Deuxième degré, tumeurs que l’on sent à travers les parois du ventre, duies, arrondies, bosselées, placées profondément vers la partie moyenne et qu’on pourrait confondre seulement avec des matières fécales endurcies et pelotonnées. Mais ces matières, qu’on nomme scybales, ne causent jamais de douleur, et elles occupent ordinairement la fosse iliaque gauche ou la région hypogastrique, tandis que les tubercules siègent plutôt dans les régions iléocœcale ou droite et ombilicale.

Traitement. Comme il n’y a d’espoir fondé de guérison que si l’on oppose des agents thérapeutiques au carreau dès son début , et que plus la matière tuberculeuse a séjourné dans le ventre , moins il est facile de l’expulser de l’économie, le traitement préservatif mérite toute l’attention du praticien. Il faudra d’abord soustraire l’enfant aux causes dont l’influence peut dès la naissance faire naître ou développer les tubercules eu général : puis, si malgré ces précautions on suppose l’imminence ou l’existence du carreau, il faudra combattre cette disposition funeste par les fortifiants à l’extérieur comme à l’intérieur. Il faudra transporter le malade û la campagne ou dans un pays plus chaud, le placer dans une chambre suffisamment aérée , bien éclairée et d’une étendue proportionnée au nombre de personnes qui s’y trouvent ; l'habituer aux exercices du corps , aux courses, aux promenades en plein air, l’accoutumer peu à peu et par gradation à se jouer des variations de l’atmosphère , au lieu de l’entourer de ces milliers de petits soins malentendus, louables mais pernicieuses exagérations d’une tendresse aveugle. Il faudra lui donner un régime tonique , des viandes rôties, du bouillon gras, du vin généreux pris en quantité raisonnable et coupé avec de l’eau simple ou avec quelque infusion amère , lui couvrir la peau de flanelle, etc.; enfin, combiner sagement les ressources de l’hygiène et de la thérapeutique. On devra, de même que pour la phthisie pulmonaire (V. ce mot), se garder d’un système débilitant et antiphlogistique, à part les cas de complications et les périodes inflammatoires bien évidentes. Il s’agit moins de s’attacher à un mal local , que de surveiller au contraire l’état général , et de fortifier l’économie pour que cette cause dont les effets menacent incessamment, cause qui est disséminée et réside partout, soit partout combattue et non pas attaquée suaun seul point. Faire qu’un sang appauvri en quelque sorte devienne plus riche, raffermir une constitution faible et débile, tel est le but qu’il ne faut jamais perdre de vue; et ce sont les toniques, les ferrugineux, un air pur et de bons aliments, qui seuls peuvent y atteindre.

Lors môme que l’on aurait reconnu qu’il existe des tumeurs dans le mésentère , il faut, si le carreau est indolent , tenter contre lui les moyens

résolutifs qui réussissent pour dissiper les autres affections strumeuses. Ceux qui ont été le plus vantés sont l’iode sous ses différentes formes, le mercure en frictions , les bains sulfureux et surtout les bains de mer. Mais quand le carreau est arrivé à sa dernière période, quand il s’y mêle de la fièvre hectique, un dévoiement continuel, fautil se borner au traitement palliatif? Les stimulants seraient tout aussi nuisibles que les débilitants, et les autres agents thérapeutiques offrent alors, il faut l’avouer , de bien faibles ressources ; est-il plus sage ou de s’abstenir ou de tenter un dernier effort? C’est ce qu’un médecin sage et habile peut seul décider. G. Blache,

Médecin du bureau central d'admission.

carriers (Maladies des) ( hyg . pub. , path.). On a donné le nom de carrier à l’ouvrier qui travaille à l’extraction de la pierre qui se trouve dans le sein de la terre, déposée en couches plus ou moins épaisses, plus ou moins étendues et formées de pierres plus ou moins dures, et de nature différente selon les localités.

L’ouvrier carrier est exposé à une foule de maladies ou d’accidents. Il peut être blessé et même tué par la chute soit des pierres, soit d’une partie de la carrière elle-même , soit par des éclats de pierre lorsqu’on fait usage de la mine. Son séjour dans des lieux humides, mal aérés, privés de lumière , peut donner lieu à diverses maladies , des rhumatismes articulaires chroniques , des maux d’oreilles, la surdité, des catarrhes chroniques, des colliques, des céphalalgies plus ou moins intenses, de la gêne dans la respiration, des fièvres typhoïdes, enfin l’asphyxie.

La privation de la lumière détermine chez la plupart des ouvriers carriers de la pâleur; chez quelques-uns on a remarqué de la bouffissure, chez d’autres, quoique jeunes, on a vu que la vieillesse était anticipée, et qu’atteints de cachexie et d’hydropisie, ils succombent avant le temps.

On doit recommander aux ouvriers carriers la plus grande prudence, car la plupart des accidents dont fis sont les victimes proviennent de la négligence.

Le maître carrier doit fréquemment surveiller ses ouvriers, et exiger d’eux : 1° qu’ils prennent toutes les précautions possibles pour que les pierres lors de l’extraction ne puissent terrasser lorsqu’elles sont détachées des blocs ; 2° qu’ils étayent d’une manière solide et sure les parties ou l’extraction a été faite; 3° qu’ils soient convenablement abrités , lorsqu’on fait jouer la mine ; 4° qu’ils l’avertissent s’ils remarquaient dans la carrière l’éruption ou le développement d’un gaz susceptible de rendre moins brillante la flamme des lampes ou chandelles qu’ils emploient, et dans ce cas de se retirer au dehors, pour se soustraire à l’action de ce gaz.

On avait conseillé aux ouvriers carriers de ne descendre pour travailler: 1° qu’après s’être muni d’un sachet contenant deux gousses d ail pilées avec un peu de camphre , et d’attacher ce sachet à leur cou ; 2° de se frotter le visage avec de l’eau-de-vie camphrée ou avec du vinaigre.

CAR

CAR

Il est bon, ce me semble, de faire justice ici de i intense, lorsque le carton employé a de l’odeur, ces conseils, et de demander ce qu’on a prétendu j ce qui arrive quelquefois; 2° des maux de gorge, obtenir en faisant porter à ces ouvriers une sem- j qu’ils attribuent à l’emploi des couleurs et surtout blable préparation. En bonne hygiène, il faut pou- ! du vermillon.

voir se rendre compte de l’action des substances ' Les démarches que nous avons faites, pour obqu’on emploie, et se demander ce que peut faire j tenir quelques renseignements sur les ouvriers l’ail, le camphre, le vinaigre, contre l’azote, contre ; cartiers, nous ont fait connaître que les ouvriers l’acide carbonique. Les seuls moyens rationnels de j travaillent à la fabrication des cartons, pour combattre l’acide carbonique sont l’emploi de la j les cartes dites de porcelaine , les cartes glacées, chaux, de l’ammoniaque; le moyen de combattre sont recouvertes d une couche de carbonate de la présence de l’azote, c’est la ventilation : aussi U Plomb>. fixéAe j * rai<Je d’un encollage, sont quelque

faudrait que dans les carrières , comme dans les mines , il y eût des puits d’aérage par lesquels on pourrait déterminer un courant d’air, qui rendrait ces carrières plus saines en déplaçant le gaz azote, et moins humides par suite de la ventilation.

On doit recommander aux ouvriers carriers : 1° de ne pas descendre dans les carrières lorsqu’ils ont chaud , de peur de déterminer la suppression de la transpiration , et s’ils étaient forcés de le faire, de se couvrir le plus possible ;

2» De remonter de la carrière pendant les saisons chaudes, aux heures du déjeuner et du dîner et de prendre leurs repas en s’exposant à l’air libre , en évitant cependant de se placer dans un courant d’air qui peut être nuisible ;

3® De ne pas faire d’excès pendant certains jours de la semaine, mais de se nourrir autant que possible d’une manière uniforme; ne mangeant pas, ne buvant pas avec excès pendant un ou deux jours, pour être ensuite forcés de vivre avecparcimonie pendant les autres.

S. Furnari et A. Chevallier.

carthame (bot.) , s. m. ( Carthamus tinctorius L.), safran bâtard. C’est une plante annuelle, qui est cultivée à cause de ses fleurs rougeâtres; elle est originaire d’Égypte et de la famille des synanthérées, tribu des carduacées; les fleurs fournissent deux principes colorants : l’un est jaune et soluble dans l’eau, et l’autre, de nature résineuse et seulement soluble dans l’alcool, sert à donner à la soie et à la laine de belles couleurs roses, rouges, cerise et ponceau ; ces fleurs servent aussi à préparer le rouge de toilette ou fard. On sépare le principe colorant au moyen du sucre de citron, et on le fait dissoudre dans une solution alcaline ;

fois sujets à des coliques de plomb. Ce qui s’explique par la nature de l’enduit qu’ils emploient pour faire ces cartes.

On doit conseiller aux cartiers ; 1° de travailler dans un lieu aéré; 2° de se laver les mains^aux heures des repas et avant de manger : cette recommandation doit être faite particulièrement aux ouvriers qui appliquent le blanc de plomb ou le blanc d'argent sur du carton, pour faire les cartes glacées. S. Furnari et A. Chevallier.

cartilage ( anat .), s. m. (du latin cartilago, en grec chondros) ; partie du corps blanche, nacrée, élastique et flexible, tenant le milieu pour la dureté entre les os et les divers organes de l’économie : c’est elle qu’on désigne à Paris sous le nom de croquant dans la viande de boucherie. On peut en distinguer trois espècès : 1° les cartilages de revêtement ou d'encroûtement ou bien cartilages articulaires; on les observe surtout aux extrémités des os, dont ils revêtent les surfaces formant les jointures. Leur aspect est en général celui d’une couche unie, plus épaisse au centre qu’aux bords; 2° les cartilages proprement dits : parmi ceux-ci nous citerons ceux du larynx, ceux qui s’étendent des côtes au sternum et qu’on nomme cartilages costaux, etc.; 3° les fibro -cartilages; ils sont membraneux et présentent une flexibilité plus grande que celle des précédents. Les cartilages des paupières, des narines , de l'épiglotte , etc., appartiennent à cette classe.

Les cartilages sont tous revêtus , à l’exception des articulaires , d’une membrane particulière analogue au périoste des os, qu’on nomme périchondre ; c’est dans elle seule que paraît résider la vitalité, dont sont privées leurs couches plus profondes; par les progrès de l’âge, ils s’ossifient plus ou moins, à l’exception de ceux des

| lient IJiaa VU I11U1UO ) U 1 VAVVJ/V1VU ~

le principe colorant de cette plante a ete isole et ! paupières et des narines; enfin par une ébullition a reçu le nom de carthamite. Les fruits, qui sont ; proloDaée ils donnent de la gélatine. Dans le fœtus âcres et désagréables, ont une propriété légère- If plu°art des 0S sont à l’état de cartilages; ment purgative, très-employée autrefois; on n’en 1 aue]aues-Uns de ces organes conservent cet état fait plus usage aujourd’hui que pour engraisser la : pendant la première enfance, soit dans leur tovolaille ; on les nomme aussi graines des perro- j fa]ité ? soit dans quelques-unes de leurs parties, fluets- J- JL ainsi les apophyses et les épiphyses des os ne s’os-

cartiees (Maladies des) (hyg. pub., path). ! sifient qu’après le corps de ces organes ; les car- Cadet de Gassicourt, en traitant des maladies des tilages peuvent donc être considérés comme formant artisans, dit que le Cartier, l’ouvrier qui fabrique le premier rudiment des os, puisque les os sont des les cartes à jouer , est exposé aux lièvres ady- 1 cartilages dans lesquels s’est déposé le phosphate namiques , à l’hydropisie , aux maladies de la calcaire qui leur procure leur solidité. Ce fait se peau. j démontre par l’examen de ces organes aux diverses

Des recherches que nous avons faites, il est ré- époques de la vie. sulté que les ouvriers qui travaillent à lafabrica-l Cartilages (maladies des). Elles offrent peu tion des cartes ne sont point sujets aux mala- 1 d’intérêt; par suite du défaut de vitalité les plaies dies qui leur ont été attribuées ; quelques-uns d’eux 1 de ces parties ne présentent que peu de changeéprouvent, selon leur dire ; l° une céphalalgie assez 1 meut après un temps très-long, et la réunion se fait

Page 1