‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 138 sur 316 · CAS · texte numérisé non relu

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au moyen du périchondre qui s’enflamme et s’organise ; on a aussi observé des fractures de cartilages, et leur soudure se faisait également par le même mécanisme. Une virole osseuse dans certains cas environne le point fracturé : j’ai observé ce fait dans une fracture d’un des cartilages costaux.

Une des affections, la plus remarquable parmi celles de ces parties, est leur ossification morbide, ossification qui a lieu aussi naturellement par les progrès de l’âge ; une fois ossifié, leur tissu peut se nécroser comme celui des os ordinaires.

Néanmoins l’inflammation, ou un de ces vices qui infestent toute l’économie, peuvent modifier la vitalité des cartilages et les rendre susceptibles, comme les os, de carie; ils pourraient même être le siège de douleurs , d’après quelques chirurgiens distingués. C’est surtout dans l’affection connue sous le nom de phthisie laryngée * qu’on a observé la carie des cartilages du larynx et de la trachée. D’après M. Cruveilher, la maladie débuterait le plus souvent par l’inflammation du tissu cellulaire sous - muqueux ; elle gagnerait ensuite le périchondre et le tissu cartilagineux. Les cartilages sont aussi altérés et ramollis dans les tumeurs blanches; dans la goutte, ils deviennent le siège de concrétions particulières formées de phosphate de chaux, qui déforment et empêchent le mouvement des articulations; enfin, les progrès de l’âge déterminent souvent l’usure des cartilages qui recouvrent les surfaces articulaires. (Y. Phthisie laryngée. Tumeur blanche , Goutte , etc.) J. P. Beaude.

cartjs (path.), s. m. (Y. Coma.)

carvï (bot.), s.m. ( carum corvi L). C’est une plante bisannuelle , de la famille des ombellifères J. On la trouve dans les prés de diverses contrées de l’Europe.La racine et les semences sont employées : la première, lorsqu’elle a été améliorée par la culture , se rapproche du panais , et on en a fait usage dans quelques contrées du nord de l’Europe ; les semences sont brunâtres, d’une odeur forte et aromatique, analogues à celles du cumin ; elles sont sitmulantes. Prises en infusion à la dose de deux gros dans une pinte d’eau, elles provoquent la sueur, excitent la contractilité intestinale, favorisent l’expulsion des vents ; les peuples duNord les mêlent au pain et à divers aliments , pour faciliter la digestion ; cet usage est aussi suivi par les peuples du nord de l’Afrique et d’Alger, qui souvent remplacent cette graine par le cumin. J. B.

gascarille ( mat.mêd .), s. f. ( cascarilla, d’un mot espagnol signifiant petite écorce ). On l’appelle aussi quelquefois quinquina aromatique, cortex eleuthcranus. Cette substance est l’écorce du croton cascarilla L., petit arbrisseau de l’Amérique méridionale (Monœcie Monadelphie L. , famille des euphorbiacées J.) ou selon d’autres du clutia eluteria L. Elle nous vient d’Eleuthera , une des Iles Lucayes , de la Virginie, du Pérou, etc., sous forme de petites plaques roulées , couvertes d’un épiderme blanchâtre , et d’une couleur brune en dedans. Sa saveur est amère et aromatique , son odeur est peu marquée , mais elle se développe lorsqu’on la brûle; elle offre alors un parfum très-agréable;

aussi quelques fumeurs sont-ils dans l’habitude d’en mêler au tabac. Cette substance doit ses propriétés à une huile volatile et à une résine particulière; elle fournit à la médecine un excitant et un tonique à la fois ; on l’associe souvent au quinquina; on l’emploie encore pour stimuler un estomac paresseux, et combattre certaines diarrhées chroniques. On l’administre en poudre à la dose de vingt grains environs. On fait aussi entrer quelquefois dans une potion deux à quatre gros d’eau distillée de cascarille. J. B.

caséum ( chim .) s. m. Substance blanche, molle, sans saveur, faisan t partie du lait, où elle se trouve presque entièrement dissoute ; c’est elle qui après avoir été coagulée, et séparée de la crème ainsi que du petit-lait, constitue le fromage blanc ordinaire. Elle existe comme l’albumine sous deux états, l’un de caséum soluble, et l’autre de caséum insoluble. La première variété s'obtient en traitant le lait écumé par de l’acide sulfurique, lavant le sulfate de caséum qui se précipite et le mettant en contact avec du carbonate de baryte ou de chaux qui s’empare de l’acide sulfurique, et laisse libre le caséum qui est alors soluble dans l’eau. Il est précipité de sa dissolution par les acides (excepté le caséum du lait de femme) : la chaux, la baryte, la strontiane , l’acétate de plomb et d’autres sels métalliques, l’infusion de noix de galle, l’alcool, etc. La coagulation spontanée du lait pendant les chaleurs de l’été est due à la formation d’une certaine quantité d’acide lactique. Le même effet est produit en plongeant dans le lait de la présure, ou la membrane muqueuse de l’estomac desveaux; mais le caséum ainsi obtenu cesse de jouir de la propriété de se dissoudre dans l’eau, quoiqu’il ne soit combiné avec aucun acide; il constitue alors la seconde variété de caséum, qui est pourtant soluble dans la soude, la potasse et surtout l’ammoniaque.

Le caséum, auquel on a donné aussi le nom de caséine , est un aliment sain, nourrissant, mais peu stimulant. Soumis à l’action de l’air, il s’altère peu à peu et devient, comme on le sait, la base essentielle des fromages. Enfin on a proposé, il y a une vingtaine d’années, d’employer le lait caillé et écrémé pour la peinture en détrempe. (V. Lait.) J. B.

casse (mat. méd.), s. f. On nomme ainsi le fruit et souvent la pulpe du fruit du caneficier, cassia fistula L., arbre élevé, originaire de l’Arabie, de l’Egypte,de laPerse et des Indes orientales, et cultivé maintenant en Amérique (Décandrie Monogynie L., famille des Légumineuses J.) Le fruit qu'on nous envoie a la forme d’un cylindre long de plus d’un pied et de la grosseur du pouce. L’extérieur est de couleur noire; l’intérieur est partagé par des cloisons horizontales en un grand nombre de loges, dont chacune renferme une graine aplatie, plongée au milieu d’une matière brune, pulpeuse, et d’une saveur légèrement acide et sucrée : cette dernière substance est la seule partie de la plante qui soit employée en médecine. Dans ce but on la sépare exactement des graines, en la faisant passer à travers un tamis de crin; elle porte alors le nom de casse mondée. Elle peut

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