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être posé sur un des lieux d’élection, on doit, en général, préférer le bras gauche, à moins qu’il n’y ait des indications spéciales pour choisir la jambe ou la cuisse : il est vrai que dans ces derniers points le malade peut se panser lui-même très-facilement, mais la difficulté de maintenir l’appareil par un bandage qui ne glisse pas, et les douleurs qui accompagnent souvent la marche et la moindre fatigue , compensent ce léger avantage. D’ailleurs, en général, les cautères de la jambe et de la cuisse suppurent moins que ceux du bras , et souvent même ils ne rendent que du sang ou de la sérosité sanguinolente.

On a beaucoup abusé des cautères en s’cn servant indistinctement dans toutes les affections chroniques ; ils sont plus nuisibles qu’utiles dans les maladies nerveuses, et leur action est toutà-fait nulle pour guérir les maladies organiques , les hydropisies, les tumeurs enkystées, etc. Les cas où ils peuvent être de quelque utilité sont la phthisie commençante , surtout lorsqu’elle coïncide avec la suppression d’une fistule , d’une plaie ou d’un écoulement habituel; certains vieux catarrhes du poumon et de la vessie ; des ophthalmies chroniques et rebelles , liées à un vice dartreux ou scrofuleux, quelques maladies de la peau, de l’utérus, etc. Comme alors les cautères doivent être entretenus longtemps, on les place, en général, dans un des lieux d’élection. Les médecins les emploient encore avantageusement dans le traitement de plusieurs maladies chroniques des os et du périoste, tels sont : les tumeurs blanches, le mal vertébral de Pott. Ils les placent alors tout près du siège du mal et les suppriment après la guérison de la maladie. Ceux qu’on a placés dans les lieux d’élection sont souvent constamment conservés, et servent alors de remède prophylactique ou palliatif de la maladie qui a déterminé leur application. Mais nous devons nous élever ici contre les craintes superstitieuses de quelques personnes qui ont voué une sorte de culte à leur cautère, et ne croiraient pouvoir s’en séparer sans être menacées d’une foule de maladies : cette idée, reste des anciennes théories humorales qui ont régné en médecine, doit être rejetée. A cet égard , voici la règle à suivre : le cautère doit être maintenu jusqu’à ce que la cause pour laquelle on l’avait placé soit détruite ; si cette cause était un de ces vices qui modifient la constitution , il faut que celle-ci soit suffisamment modifiée; lorsque les choses en sont là , on peut les supprimer sans crainte, surtout si l’on a affaire à un jeune sujet; quelques précautions néanmoins doivent accompagner cette suppression; on doit, en même temps qu’on cesse de mettre le pois , établir un vésicatoire qui suppure bien ; il sera aussi utile de se purger une ou deux fois avec une bouteille d’eau de Sedlitz; on pourra également exciter l’action de la peau au moyen de quelques bains tièdes. Ajoutons ici, avec un chirurgien distingué, le vénérable Boyer, qu’il importe d’autant plus de supprimer un cautère lorsque la maladie qui i’a nécessité est guérie , que si on le conserve trop longtemps, il se tourne , pour ainsi dire, en hafoi- I tude et qu'alors îa suppression peut en être dange*

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reuse ; dans tous les cas ou ne doit rien faire sans prendre conseil d’un médecin prudent et éclairé. Quel est le mode d’action des cautères? Les médecins les considèrent, en général, comme de puissants révulsifs, c’est-à-dire comme excitant une irritation locale qui fait disparaître et absorbe, pour ainsi dire, l’inflammation principale; cette manière d’agir leur est commune avec les vésicatoires; mais il est probable qu’ils ont, en outre , une action particulière ; on peut les considérer comme de nouveaux organes sécréteurs, qui agissent aussi par l’évacuation purulente qu’ils entretiennent; les diverses sécrétions sont en effet solidaires et se lient les unes aux autres. On a remarqué, en outre, qu’un cautère est dans un rapport assez constant avec l’état de la santé de la personne qui le porte ; lorsque toutes les fonctions s’exécutent bien , la suppuration est abondante, épaisse, sans mauvaise odeur; le malade ne sent pas de douleur. Survient-il de la fièvre ou d’autres accidents, le pus s’altère, il peut diminuer, devenir clair, sanguinolent, fétide, etc.; souvent cet effet se produit par une simple affection morale.

En résumé , le cautère est un puissant moyen thérapeutique, mais qui ne convient que dans certaines maladies , et dont il ne faut pas abuser; on doit le supprimer dès que la cause de la maladie est entièrement dissipée, parce que le conserver serait chose inutile , et , d’ailleurs , l’habitude affaiblissant toute action thérapeutique, on se priverait plus tard d’une ressource précieuse, si l’affection chronique reparaissait.

J. P. Beaude.

cauterets (Eaux minérales de). Cauterets est un village du département des Hautes-Pyrénées , arrondissement et canton d’Argelès ; il est à 200 lieues de Paris: sa population est de 1,000 habitants , et son élévation au-dessus du niveau de la mer, de 990 mètres. Il est situé dans une vallée riante et agreste, ouverte au nord, et dont la direction est perpendiculaire à celle de la chaîne des Pyrénées ; le Gave ou torrent qui coule dans cette vallée est rapide et bruyant. La route de l’établissement thermal est creusée dans les flancs de la montagne, et se trouve suspendue audessus du torrent dont elle suit la direction; à l’extrémité de la vallée se trouvent situés le village et les sources, qui sont abrités des vents du sud par les hautes montagnes qui les dominent; les vents du nord, qui entrent avec facilité dans cette gorge , sont cependant un peu déviés de leur direction par un mouvement de la montagne qui, en avant du village , s’avance comme pour le protéger.

Les sources thermales, qui sortent toutes de la roche granitique, sont nombreuses à Cauterets: il en existe onze dont la température varie de 26 à 45 degrés Réaumur ; sur ce nombre neuf sont sulfureuses et deux seulement salines. La proportion diverse des principes qui entrent dans ces différentes sources permet de varier avec facilité le traitement des malades qui sont soumis à l’action des eaux , et cet avantage qui se ren-

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contre dans quelques localités des Pyrénées, n’est nulle part aussi marqué qu’à Cauterets.

Les sources sulfureuses sont : la Raillére, qui se compose de trois sources : sa température à la buvette est de 32» R. , et elle produit 93 mètretf cubes dans les vingt-quatre heures ; le Petit-Saint- Sauveur: sa température est de 26»; le Pré est à 39» à l’endroit même d’où sort la source; Mahourat, 40»; on dit que sa température s’élève quelquefois jusqu’à 44»; le Bois est à 35» et produit 19 mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures; la source des Œufs est la plus chaude : on lui a donné ce nom parce que les œufs durcissent étant plongés dans son eau; sa température est de 45» ; la Pause est à 36»; les Espagnols : cette source est à 40», elle donne 117 mètres cubes en vingt-quatre heures; César, est la source la plus élevée et l’une desplus chaudes, elle est à 41». C’est à cette source que l’on puise l’eau qui est destinée à être envoyée au loin; on a remarqué que c’est celle qui s’altère le moins facilement; on attribue cette cause à sa haute température, qui fait qu’elle doit être moins mélangée d’air que celles qui sont moins chaudes. Toutes ces eaux ont à peu près la même composition; elles ne diffèrent que par la quantité de chaque principe ; elles contiennent du sulfure de sodium qui dans l’eau est à l’état d’hydro-sulfate, du carbonate de soude, du sulfate de soude, du chlorure de sodium, de la chaux, de la magnésie, de la silice , et cette matière végéto-animale qui a reçu le nom de glairine oudebaréginejplus de l’azote qui se dégage lorsque l’eau sort de la source; on n’a point trouvé d’ydrogène sulfuré à l’état libre. La quantité de matière saline contenue dans un litre d’eau est assez peu considérable, comparée à celle des autres sources des Pyrénées , car ces eaux n’ont donné par l’évaporation que de deux à cinq grains de résidu par litre de liquide. La proportion de l’hydro-sulfate de soude, qui est certainement le sel le plus actif de ces eaux, varie de trois à seize centigrammes; c’est dans les eaux des sources de César et des Espagnols qu’elle est plus grande; elle est la plus faible dans celle du Bois et du Pré,

Les sources seulement salines ou sulfureuses dégénérées , comme les appellent certains auteurs, sont celles de Bruzaud et do Rieumiset; la première est située dans le village même de Cauterets, et était autrefois désignée sous le nom de Canarie; sa température qui dans l’établissement thermal est de 52», se trouve être de 37» à la source; elle perd cinq degrés dans le trajet qu’elle fait. Sa composition est la même que celle de l’eau des autres sources, moins l'hydro- sulfate de soude dont elle ne contient aucune trace; elle renferme par opposition une quantité beaucoup plus considérable de sulfate de soude. La source de Rieumir set est analogue à la précédente; elle ne contient pas d’hydro-sulfate de soude, et le sulfate de soude y est aussi en moins grande proportion : sa température est de 24» R.

Les eaux de Cauterets sont employées en bains en douches et en boisson ; on varie leur application suivant les indications : ordinairement on commence par la source de la Raillére, qui est

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«ne des moins chargées , et l’on finit par celles des Espagnols et de César, qui sont les plus chargées de principes sulfureux; la grande variété de composition des eaux permet, comme nous l’avons dit, de varier l’action des moyens thérapeutiques. C’est principalement dans les maladies de poitrine, dans la pneumonie chronique , dans les phthisies commençantes, qu’on les prescrit. Bordeu, Camus et plusieurs auteurs disent en avoir retiré de très-bons effets dans ces affections ; on cite même des cas de phthisies caractérisées qui ont cédé à l’action de ces eaux. On les emploie également, et avec un grand succès, dans les gastralgies ou affections de l’estomac qui simulent les gastrites chroniques. Comme toutes les eaux sulfureuses de la chaîne des Pyrénées, elles peuvent être administrées dans les affections rhumatismales , les paralysies , les affections chirurgicales anciennes, telles que plaies, fractures, tumeurs blanches ; dans les maladies de la peau , dans les engorgements du tissu cellulaire , dans les affections lymphatiques et scrofuleuses. Il est cependant important de noter que ces maladies sont traitées en moins grand nombre à Cauterets qu’à Baréges, et cependant elles y guérissent avec le même succès.

L’eau de Cauterets se boit pure ou coupée avec du lait ou certaines tisanes ; on a remarqué que souvent l’eau des sources non sulfureuses de Bruzaud et Rieumiset restait dans l’estomac sans pouvoir passer, et qu’elle y occasionnait la sensation d’un poids; on fait boire dans ce cas un verre de la source sulfureuse de Mahourat ou d’une autre source assez active, et la première passe alors avec une grande facilité. Les bains doivent être pris dans d„s baignoires couvertes, car on a remarqué que l’eau s’altérait par le contact de l’air atmosphérique, et que le gaz hydrogène sulfuré, qui ne se dégage point à la source, se développe avec abondance lorsque l’eau est conduite dans les établissements thermaux, et surtout lorsqu’elle a été quelque temps en contact avec l’air. La durée du bain est de trois quarts d’heure à une heure au plus. L’action des eaux détermine des sueurs plus abondantes , une sécrétion plus copieuse de l’urine , quelquefois du dévoiement ; mais on a remarqué qu’elle n’augmentait pas les crachats, même dans les affections pulmonaires. Le docteur Labata appliqué avec succès, sur des dartres et sur quelques anciennes affections de la peau, la matière boueuse que l’on trouve dans les sources. Ce moyen , qui est d’un emploi facile, devrait être plus souvent mis en usage.

Cauterets, qui n’avait que quelques mauvaises cabanes vers la moitié du dernier siècle, est aujourd’hui un bourg de quelque importance, remarquable surtout par l’élégance des constructions ; plusieurs établissements sont construits avec le marbre que l’on trouve près de la route ; des promenades agréables et agrestes entourent le village ; enfin , on y trouve toutes les commodités de la vie. Le mouvement des étrangers, dans la saison des eaux, y est d’environ quinze à dixhuit cents, et on calcule qu’il peut y être versé près de cinq cent mille francs ; Cauterets cepen-

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dant, sous le rapport de ses établissements ther» maux, pourrait recevoir de grandes améliorations , et l’on ne cesse de solliciter l’autorité à ce sujet; il faut espérer que ces réclamations seront écoutées, et que l’on comprendra l’importance de ces précieuses sources. La saison commence le Ur juin et finit le 1er octobre; mais les quinze premiers et les quinze derniers jours sont souvent troublés par l’inconstance de la température ; il est prudent de n’y aller que du 15 juin au 15 septembre.

J. P. Beauok.

Médecin-Inspecteur des établissements d'eaux minérales.

cautérisation (ch r. ), s. f. On appelle ainsi l’emploi chirurgical du feu ou de substances caustiques pour modifier et désorganiser plus ou moins profondément un des tissus vivants de l’économie. La cautérisation a différents degrés; tantôt elle ne fait qu’irriter sans détruire le tissu et pour ne parler ici que de la peau, elle peut y déterminer un afflux de sang seulement, une simple rougeur : il y a alors rubéfaction ; tantôt l’action irritante est plus forte, et, outre la rubéfaction, il y a production de phlyctènes, espèce de cloches pleines de sérosités comme dans les vésicatoires et certaines brûlures : cet état constitue la vésication ; enfin d’autres fois l’agent caustique a produit une désorganisation plus ou moins complète de la peau et même des tissus situés audessous; c’est la cautérisation proprement dite; la partie désorganisée et privée de vie a une teinte grisâtre ou noirâtre et porte le nom d'escarre, elle forme une croûte insensible, mais bientôt l'inflammation se déclare autour d’elle , et, au bout de six, dix ou quinze jours, elle se détache entraînée par la suppuration.

Plusieurs agents sont employés pour la cautérisation; les principaux sont: 1» Le feu; le calorique est transmis tantôt au moyen de moxas ( V. ce mot), ou bien de l’eau bouillante qu’on emploie quelquefois dans les cas graves pour produire un vésicatoire instantané; un marteau chauffé dans l’eau bouillante est quelquefois mis en usage dans ce but ; lorsqu’on le laisse quelque temps sur la peau il peut la désorganiser complètement. Tantôt c’est au moyen d’un fer rouge qui porte plus spécialement le nom de cautère actuel. Ce fer a différentes formes et différents volumes suivant le but qu’on se propose. L’extrémité cautérisante peut être cylindrique ou en roseau; conique ou en forme de petit cône; olivâtre ou en forme d’olive; cultellaire ou en forme de rondache; annulaireew en forme d’anneau. La cautérisation elle-même prend le nom de transcurrente, quand on promène légèrement sur la peau le bord du cautère cultellaire rougi préalablement. Elle est objective quand on présente â quelque distance seulement de la partie malade le fer rouge ou un charbon ardent. Il est une remarque à faire sur la cautérisation parle feu, c’est que plus la chaleur est intense, et plus le corps chargé du calorique est bon conducteur de ce fluide, moins la douleur du malade est vive ; on souffre plus quand on est touché par un fer chauffé au rouge obscur que lorsque la chaleur a été poussée au rouge blanc. 2°L 'ammoniaque liquide-, cet alcali

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