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port, avec les parties voisines. Ses prolongements s’interposent entre les lames , les fibres et les molécules propres de chaque espèce de parties. Le tissu adipeux où la graisse y forme des dépôts plus accidentels que les autres substances.
La forme propre au tissu dit cellulaire ou celluleux est loin d’être bien connue ; on diffère d’opinion quant à sa disposition intime. Entre les organes de l’organisme que leurs caractères physiques permettent le mieux de déterminer, tels que les muscles, il se présente sous l’aspect de couches, de lames ou de polyèdres, de couleur blanche. Si l’on essaie à le distendre, il prête dans une certaine proportion, perd en même temps de l’intensité de sa couleur et devient transparent ; en continuant cette distension , on voit qu’il se forme de lamelles ou de filaments. La colle molle qui unirait deux corps produirait aussi de semblables lames ou filaments, si l’on essayait lentement à désunir les corps qu’elle tiendrait adhérents. Une insufflation d’air et une infiltration de liquide parcourent les espaces celluleux avec facilité. En le supposant perméable comme une éponge, on s’explique ces résultats; il n’est pas besoin pour les comprendre de supposer qu’il soit formé de cellules. Aussi des auteurs graves lui ont-ils contesté sa conformation celluleuse, et conséquemment lui ont-ils imposé d’autres dénominations , telles que celles de tissu muqueux , glutineux , etc.
Des recherches, qui datent déjà de quelques années, sur le tissu cellulaire végétal, et plus récentes sur le tissu cellulaire animal, tendent à n’y voir que la réunion de vésicules primitives, traces premières de toute organisation , et possédant en elles, sous l’influence de la vie, la propriété de s’accroître parle développement, au-dedans de leur cavité , de plus petites vésicules , qui donnent elles-mêmes naissance, suivant la même loi, à de nouvelles vésicules plus petites encore. On ne lui connaît ni vaisseau, ni nerf; il en est seulement traversé. Il est formé de gélatine et d’eau; la dessiccation lui fait perdre une partie de ses propriétés physiques et lui en donne de nouvelles; dans cet état il est hygrométrique ; de nouveau pénétré d’eau , il revient à son premier état ; il se crispe à la chaleur et il brûle en laissant peu de cendre; il faut qu’il bouille longtemps pour se dissoudre ; sa putréfaction n’a lieu qu’a près plusieurs mois de macération ; il se convertit alors en putrilage et en quelques autres produits.
La connaissance des propriétés organiques de ce tissu recèle le secret de la vie. Quelle est la nature, quel est l’agent, quelles sont les lois des forces qui transforment la matière en apparence amorphe , constituant le premier germe de l’embryon, en une première cellulosité ou vésiculosilé, dont le développement successif se limite, se dispose , se moule , pour représenter un être aussi compliqué que l'homme?
La propriété d’établir des courants dans les liquides, surprise par les ingénieuses observations de M. Dutrochet, sur les lames celluleuses, et qu’il a rapportée à des actions électriques ; les plus récentes découvertes de M. Becquerel sur les forces
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qu’irrégulièrement , qu’accidentellement ; tant qu’ils sont de courte durée , ou d’une intensité médiocre , le mot céphalalgie est celui qui est le plus généralementusité pourexprimer cet état; celui de céphalée s’applique tant à la douleur de tête devenue habituelle , continue, en un mot passée à l’état chronique ; mais si les circonstances opposées existent, si la céphalalgie reparaît par accès non fébriles, réguliers , plus ou moins rapprochés, toutes les semaines, tous les mois, par exemple; si les accès se prolongent pendant une demi-journée, vingt-quatre, quarante-huit heures; si intimement liés à la constitution, ils se répètent de la sorte pendant des années , sans être provoqués par aucune cause occasionnelle, qu’il existe ou n’existe pas de maladies semblables chez les parents ascendants du malade, alors la maladie prend le nom de migraine.
Toute périodique que puisse être la migraine, on ne la confondra cependant pas avec la fièvre intermittente céphalalgique, en ce qu’elle ne prend pas, comme elle , naissance dans des lieux où régnent les fièvres d’accès, en ce qu’elle ne sévit pas de préférence durant certaines saisons, l’automne et le printemps; en ce qu’elle n’entraîne pas à sa suite des engorgements de la rate, ne cède ni à remploi de la quinine, ni au changement de localités; enfin à ce qu’elle se prolonge beaucoup plus longtemps, une suite d’années, ce qui n’arrive pas dans les fièvres intermittentes. La migraine comme la céphalalgie s’accompagne quelquefois , chez quelques personnes , de brisements de membres, de bourdonnements , de sifflements d’oreilles , d’éblouissements, de vertiges, de tendance à défaillir, motif nouveau pour rapporter la douleur de tête au cerveau, la souffrance des os , du périoste , des nerfs, des muscles, des vaisseaux, du tissu cellulaire et du cuir chevelu ayant des caractères tout à fait différents. (V. Carie du crâne, Rhumatismes, Névralgies, Phlegmon, Erysipèle.)
Lorsque les maux de tête sont violents et régnent depuis longtemps, ils ont pour effet assez ordinaire de blanchir les cheveux ou d’en amener la chute , et de dépraver les fonctions digestives. Lorsqu’ils se dissipent brusquement après avoir duré un certain temps, on les voit quelquefois remplacés par des affections organiques ou nerveuses du cerveau. Tissot rapporte le cas d’une épilepsie qui succéda à une migraine chez un jeune garçon. Depuis que je m’occupe d’une manière spéciale des maladies des nerfs et du cerveau, j’ai trouvé de nouveaux exemples de ces épilepsies, et je les réunis actuellement dans un ouvrage sur le traitement de cette dernière affection. Aussi ne pouvons-nous trop recommander aux personnes sujettes aux céphalalgies anciennes de toujours consulter leur médecin lorsqu’elles veulent essayer quelque traitement nouveau , et mieux de ne se laisser diriger que par les conseils d’un homme de l’art, une instruction profonde et une grande habitude étant indispensables pour distinguer la douleur de tête essentielle de celle qui dépend de la dégénérescence ou de l’inflammation chronique du cerveau , d’un rhumatisme
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fixé sur les nerfs et le cuir chevelu , ou de toute autre lésion.
Pour peu que l’on soit disposé aux maux de tête, et à plus forte raison si cette disposition est héréditaire , il faut s’appliquer à éviter tout ce qui peut favoriser le développement de la céphalalgie, c’est-à-dire combattre dès son principe toute inflammation qui survient dans le voisinage de la tête, ophthalmie, coryza, otite, érysipèle de la face, etc.; éviter l’action d’un soleil brûlant sur cette partie du corps, particulièrement au printemps; ne point faire usage de bains trop chauds, ni de bains froids , surtout lorsqu’on sait qu’ils donnent mal à la tête ; avoir la précaution de ne pas porter de vêtements étroits, un corset, une cravate trop serrés ; ne se livrer qu’avec modération aux travaux de l’esprit et aux exercices physiques , s’abstenir des boissons spiritueuses , s’éloigner des lieux trop échauffés et à plus forte raison de ceux où il se dégage des gaz délétères, comme la vapeur de la braise , du charbon , ou toute odeur susceptible de provoquer la céphalalgie; entretenir dans de justes limites les différents flux sanguins, les émonctoiresaccidentels,oules affections chroniques de la peau auxquelles on peut être sujet, et s’aider des conseils de l’homme de l’art dès que ces fonctions, qu’on peut appeler secondaires, viennent à se supprimer ou se déranger. Les personnes dont il s’agit ici ne doivent point appliquer avec trop de contention et longtemps leur œil sur des corps d’un trop petit volume, surtout à l’aide de fortes loupes ou de microscopes ; elles doivent fuir une lumière trop vive , le bruit, les émotions morales, en un mot, tout ce qui peut réveiller leur susceptibilité céphalalgique. Une autre précaution que nous devons mentionner, c’est de ne pas se découvrir trop tôt la tête lorsqu’on vient d’être malade, et encore moins après un accouchement récent; à plus forte raison ne doit-on pas se faire couper les cheveux dans les mêmes circoustances. J’ai plusieurs fois vu des maux de tête violents céder à l’usage d’un bonnet, d’une perruque , d’une calotte de flanelle ou de taffetas gommé. J’en ai vu aussi se dissiper par la seule attention de rester la tête nue : un moine tonsuré ayant laissé croître ses cheveux fut pris d’une migraine qui résista à de nombreux traitements ; s’étant fait raser il ne tarda pas à être guéri. Les sujets qui transpirent beaucoup, qui ont quelque sueur locale des pieds , des aisselles, de la tête , ou qui sont affectés de rhumatismes, auront soin de porter la flanelle sur la peau et ne devront rien faire pour supprimer ces légères infirmités. Enfin nous ne pouvons trop recommander une grande sobriété, l’emploi d’un verre d’eau froide le matin à jeun et le soir en se couchant, des lavements journaliers frais, un exercice modéré, la promenade après les repas, et la précaution de ne pas cesser brusquement l’usage du café lorsqu’on en a contracté l’habitude. J’ai guéri, l’année dernière, d’une céphalée opiniâtre, par l’emploi de ce seul moyen - un magistrat qui m’avait été adressé par un confrère de la province.
yuant au traitement curatif il doit varier selon les circonstances dans lesquelles se trouve le ma-
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lade. On aura recours aux émissions sanguines, si la céphalalgie dépend de la suppression de quelque écoulement sanguin , d’une saignée habituelle, ou si elle tient à un état pléthorique, comme dans le cas de grossesse. Une application de Irois ou quatre sangsues dans l’intérieur des narines nous a souvent été utile, lorsque la céphalalgie coïncidait avec la cessation d’un épistaxishabituel. Dans les circonstances moins graves les bains de pieds sinapisés, les frictions stimulantes sur les membres , les applications d’eau froide et d’éther sur le front ou les tempes , le repos au lit, le silence, l’obscurité , la diète absolue, quelques tasses d’une infusion de feuilles d’oranger , de tilleul, de camomille, suffisent pour dissiper la douleur de tête qui n’est qu’accidentelle : chez quelques personnes on la fait encore cesser en prenant une petite quantité de café à l'eau , en faisant une promenade au grand air, ou en se livrant à un léger repos. Lorsque la céphalalgie est la suite de l’inspiration des vapeurs de charbon, c’est par la saignée , les bains frais et les infusions de thé, de valériane , de mélisse, etc., par les légers purgatifs, la manne, l’eau de Sedlitz , l’huile de ricin, qu’ondoitla combattre. Lorsqu’elle provient d’excès de travaux intellectuels, c’est par la distraction, la promenade, le séjour à la campagne, que l’on s’en rendra maître. Si elle se lie à la diminution des menstrues, à la leucorrhée, à des habi- j ludes pernicieuses, l’usage des ferrugineux, du quinquina , des amers , du vin dit vermout , dont on trouvera la formule usitée à Florence, dans mon Traité de Thérapeutique; des bains frais, un exercice modéré , la continence, sont les moyens auxiliaires qui doivent en outre être prescrits.
Si la migraine ou la céphalalgie coïncident avec , un état saburral de l’estomac, ce sont, au con- ' traire, les évacuants des premières voies qui doivent avoir la préférence. Dans ce cas je prescris avec avantage un huitième de grain de tartre stibié mêlé à quatre grains de rhubarbe, et autant de magnésie , à prendre tous les matins pendant une semaine; j’y joins, une demi-heure après, une tasse d’infusion de pissenlit dans laquelle on fait dissoudre un gros de sel d’Epsom. Il y a peu de tempsque j’avais encore sous les yeux le mémoire à consulter d’un malade qui a été guéri d’une migraine par ce traitement. Enfin , lorsque la maladie qui nous occupe existe chez des sujets ayant des vers , il faut d’abord commencer par les expulser ; car, dans cette douleur comme dans toutes les autres , c’est à la cause qu’il faut remonter avant tout , cette marche étant le moyen le plus sur pour s’épargner de nombreux essais ou des tentatives infructueuses.
Nous terminerons cet article par quelques conseils sur ce qu’il convient de faire lorsqu’on n’a pas pu prévenir un accès de migraine. Dès que le mal de tête commence à se faire sentir, le malade se retirera dans un lieu obscur, éloigné de tout bruit, se couchera et prendra quelques tasses d’une infusion de capillaire ou de toute autre boisson semblable; dans beaucoup de cas on parviendra à faciliter le sommeil en faisant usage d’une pilule composée d’un demi-grain d’extrait
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d’opium ou de jusquiame et d’un grain de quinine. Chez quelques personnes supportant malles narcotiques, on obtient le même calme avec six ou huit grains de poudre de Colombo ou de valériane, auxquels on joint également un grain de quinine; pendant toute la journée on s’abstient d’aliments, on ne fait aucun mouvement , et lorsque l’accès est terminé on prend un bain tiède, à moins de circonstances individuelles opposées.