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aux muscles du cou ; les veines sont de même nombre et suivent la même direction que les artères. 11 y a des ganglions nerveux et des ganglions lymphatiques que l’on nomme ganglions cervicaux. Les nerfs cervicaux sont au nombre de huit , et naissent de chaque côté du commencement de la moelle épinière par deux racines. L’anastomose des hanches antérieures des trois premiers nerfs cervicaux forme un plexus que l’on a nommé cervical. Il y a aussi deux ligaments cervicaux : un antérieur, situé en avant de la colonne cérébrale et qui contribue à fixer la tête à cette partie ; un postérieur, qui s’étend de la partie postérieure de l’occipital à l’apophyse épineuse de la septième vertèbre du cou : ce ligament est beaucoup plus marqué chez les quadrupèdes que chez l’homme; il sert à maintenir la tête en arrière.
césarienne (Opération), ( chir .), s. f.( de cœdere couper ; les Romains appelaient cæsares, ceux qui étaient venus au monde par cette opération , et telle a été l’origine du nom donné au vainqueur des Gaules.) On nomme opération césarienne, l’incision du ventre et de la matrice faite dans le but d’extraire de cette dernière l’enfant et le délivre.
Elle ne fut d’abord pratiquée que sur la femme morte; en 1500 seulement, un châlreurde cochons, en Turgovie , obtint des magistrats la permission d’opérer ainsi sa femme , qui ne pouvait accoucher autrement au dire des sages-femmes; il réussit et sauva la mère et l’enfant. Depuis, cette opération a été vantée outre mesure par les uns, et proscrite entièrement parles autres. Anciennement, l’incision se pratiquait sur un des côtés du bas-ventre; aujourd’hui on opère généralement sur la ligne médiane. Après avoir placé la malade sur le bord de son lit, ou sur une table convenablement garnie , et avoir eu soin de vider la vessie de l’urine qui pourrait y être contenue , on pratique sur la peau du ventre une première incision qui doit commencer à un pouce au-dessus du nombril, et qui se termine à un pouce et demi au-dessus de la symphyse pubienne ; on arrive ensuite avec précaution et en incisant couches par couches les divers tissus jusqu’à la matrice, qu’on ouvre en pratiquant une plaie parallèle à celle du ventre; puis l’opérateur fait une boutonnière à la poche des eaux , et divise cette poche au moyen d’un bistouri boutonné, en se servant de l’index comme conducteur; l’extraction du fœtus et do ses annexes présente alors peu de difficultés. Aprèsl'opération on réunit ordinairement la plaie au moyen de la suture enchevillée , mais on doit toujours en laisser libre l’angle inférieur, et y placer une mèche de linge effilée, pour faciliter l’écoulement des liquides au-dehors.
Cette opération , où le péritoine est nécessairement intéressé, est des plus graves; plus de neuf fois sur dix peut-être elle est mortelle pour la mère, quoiqu’elle soit innocente pour l’enfant. Le plus souvent néanmoins celui-ci succombe par suite de diverses circonstances et surtout à cause de la longueur du travail; on ne se décide en effet à cette terrible opération qu’à la dernière extré-
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mité. On la pratique lorsque, par suite d’une grossesse extra-utérine, d’une monstruosité ou d’un vice de conformation du bassin (voyez ce mot), l’enfant ne peut franchir l’espèce de canal osseux qu’il doit parcourir; elle est en général indiquée, lorsque le détroit supérieur a moins de deux pouces et demi d’étendue , l’enfant ayant son volume ordinaire. Il est inutile d’ajouter qu’il faudrait s’en abstenir si la mère refusait de s’y soumettre, ou si par l’absence des battements du cordon, on était sûr de la mort de l’enfant. La science possède aujourd’hui le moyen de broyer la tête du fœtus dans la matrice et de l’extraire facilement sans augmenter les dangers de l’accouchement. Nous pensons même, vu l’extrême danger de l’opération césarienne, et convaincu d’ailleurs que le salut de 1 a mère doit être toujours préféré à celui de l’enfant, que, dans le doute de l’existence du fœtus, on doit porter dans la matrice l’instrument broyeur toutes les fois qu’on peut introduire celui-ci.
L’opération césarienne doit encore être pratiquée sur les femmes enceintes de plus de six mois qui viennent à succomber; on a alors pour but de sauver l’enfant ou au moins de lui donner le baptême ; le chirurgien doit agir au moment où il a la certitude de la mort de la mère; la prudence lui fait même alors un devoir d’opérer avec les mêmes précautions que si la femme était vivante.
On a aussi nommé opération césarienne vaginale celle qui consiste à inciser la matrice dans sa partie inférieure à travers le vagin; elle est rarement pratiquée ; son but est de remédier pendant l’accouchement à l’occlusion du col de la matrice, à son déplacement et à son induration . J. P. Beaude .
cestoide (zool.), adj. et s. m. Nom donné à un ordre de vers entozoaires. Y. Cysticerques et Tœnia.
cétine (mat. méd.), s. f. V. Adipocire.
cévadille (lot.), s. f. ( Veratrum sabadilla). Famille des Colchicacées. Cette plante est originaire des forêts humides du Mexique, ses fruits sont des capsules à trois coques, jaunâtres, allongées et ressemblant grossièrement à des grains d’orge; de là leur nom, parce que cévadille veut dire petit orge en espagnol. Ces coques contiennent un principe très-actif appelé v ératrine, découvert par M. Pelletier. Il a été expérimenté dernièrement par un médecin anglais, le docteur Turnbull, et nous avons donné une analyse de son travail dans le journal des Connaissances médicales et pharmacologiques, janvier 1836. Il l’administre à l'intérieur, dans les cas de goutte et de rhumatisme, soit à l’état de tarlrate, de sulfate ou d’acétate de vératrine. Mais c’est surtout dans les névralgies , qu’appliquée sous forme de pommade, la vér atrine donne les meilleurs résultats : il faut pour cela l’étendre sur une large surface et mettre 10 grains ! pour une once d’axonge. L’auteur rapporte treize j observations de tics douloureux et d’autres né- I vralgies où l’on voit que les frictions ont d'abord éloigné les accès , puis diminué leur intensité et ; les ont enfin fait cesser complètement, i Quant aux capsules plles-mêmes , Schmucker
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les a employés avec succès contre le lænia. Bremser a été jusqu’à un gros, en commençant par cinq grains; mais c’est un médicament dangereux que les médecins ont abandonné comme vermifuge depuis que l’on connaît les propriétés de l’huile de fougère et de l’écorce de la racine de grenadier. En Provence , les paysans saupou drent la tète de leurs enfants avec la poudre de cévadille lorsqu’ils ont des poux, cette pratique est on ne peut plus condamnable. Car la poudre, absorbée par la peau , peut donner lieu aux plus graves accidents. Dans la médecine moderne, on n’emploie que la vératrine pure ou combinée avec un acide végétal. Ms.
chair ( anat .), s. f. Se dit de la partie musculaire des animaux. Y. Muscle.
chaleub (phys.), s. f. Les corps naturels peuvent,dans certainescirconstanc.es, exciter en nous, soit au contact, soit, à de grandes distances, une sensation particulière que nous nommons chaleur. Nous jugeons facilement que ce n’est pas la ma tière du charbon allumé qui vient, sous forme invisible, nous toucher et nous réchauffer, ni la matière pondérable du soleil qui vient sur la terre pour produire sur nos organes l’impression de la chaleur. Il y a donc un agent qui est distinct de la substance propre des corps , qui franchit les plus grandes distances, qui établit une communication entre eux et nous, et qui est la cause delà chaleur: cet agent est le calorique.
Le calorique est un fluide extrêmement subtil dont les molécules sont douées d’un pouvoir répulsif indéfini. En pénétrant dans les corps, il augmente leur volume avec une régularité telle , que le degré delà dilatation peut faire connaître exactement le degré de la chaleur, et c’est sur ce prin cipe que sont fondés les thermomètres. Quand la proportion de chaleur devient considérable, elle fait passer les corps solides à l’état liquide ou à l’état gazeux; c’est ainsi qu’elle fond le fer, la glace et vaporise l’eau en lui communiquant cette force élastique dont l’industrie a su tirer de si merveilleux effets.
Si le calorique n’existait pas , la cohésion u’étaii l plus modifiée par lui , toutes les molécules des corps se toucheraient, il n’y aurait plus ni gaz, ni vapeurs, ni liquides, et le globe terrestre serait un roc aride sans végétation et sans vie.
Tous les corps en changeant d’état , c’est-à-din en passantde l’état solide à l’état liquide ou à l’état gazeux, absorbent une certaine proportion de chaleur, qui devient sans action sur le thermomètre, et qu’on appelle calorique latent ; mais cette chaleur se retrouve quand le corps revient à son premier état.
Le calorique se propage dans les corps et il se propage à distance; dans les corps, il se répand de proche en proche avec plus ou moins de facilité, suivant leur nature, c’est cequ’on nomme leur con ductibilité. A distance, le calorique se propage par rayonnement, à peu près comme la lumière; traversant le vide avec une grande vitesse et passant dans certains corps sans s’y arrêter et sans les échauffer; c’est ce qu’on nomme le calorique rayonnant.
Le calorique peut être accumulé dans les corps, maisilne peut pas y être retenu.et enfermé, comme l’air ou l’eau sont enfermés dans des vases. Aucune substance n’est impénétrable au calorique: c’est un fluide incoercible, impondérable, qui est sans cesse en mouvement pour se communiquer de proche en proche dans les corps contigus, ou pour se répandre dans l’espace , sous forme rayonnante. Cela est vrai, même pour le globe que nous habitons; à chaque instant il perd, en rayonnant vers l’espace, une partie de sa chaleur, et pour rnainteniràsasurface cette température moyenne, qui est une condition nécessaire des phénomènes de la végétation et des fonctions de la vie, il faut que cette perte de calorique soit réparée. Elle l’est en effet : 1° par les parties centrales de la terre qui sont encore en ignition, et dont la chaleur en se dissipant peu à peu contribue, mais dans une faible proportion, aux températures de la surface; 2° par la chaleur solaire dont l’action vivifiante se fait énergiquement sentir; 3° enfin parles actions mécanique et chimique qui s’exercent à chaque instant.
Un agent si universel et si puissant doit avoir sur les corps organisés une influence considérable. Ses efforts diffèrent suivant le mode d’intensité et la durée de son application.
Une chaleur douce, humide et uniforme, est un des meilleurs émollients que l’on connaisse. Plus intense, la chaleur présente une action excitante, qui fait passer d’une manière plus ou moins rapide les parties sur lesquelles elle agit par tous les degrés de la congestion et de l’inflammation ; enfin lorsqu’elle est extrême elle désorganise nos tissus (V. Brûlure), et peut même amener la mort quand elle agit sur une grande partie de l’économie.
L’usage interne de la chaleur est assez fréquent, mais il est une température que les boissons ne peuvent guère dépasser sans devenir nuisibles. C’est surtout à l’extérieur qu’on emploie le calorique, tantôt en plaçant les malades dans une atmosphère fortement échauffée, soit sèche, soit humide [F. Fumigations), tantôt en les plongeant dans des liquides plus ou moins échauffés ( V.Bain ), tantôt, enfin, en exposant certaines parties du corps à l’action d’un foyer plus ou moins éloigné.
Si l’addition d’une nouvelle quantité de calorique exerce sur le corps humain une action évidemment excitante, sa soustraction plus ou moins considérable n’a pas des effets moins remarquables : elle produit en nous la sensation du froid; source de phénomènes fort différents qu’on peut nuancer à volonté en ayant égard aux tissus sur lesquels on opère, à l’énergie avec laquelle la réaction se fait, enfin à l’intensité et à la durée de l’application.
Il y a un grand nombre de moyens de soustraire du calorique aux corps vivants; ainsi on emploie te mouvement de l’air (F. Fentilation), l’eau liquide ou solidifiée ( V. Glace) , certains mélanges chimiques qui produisent instantanément une température plus basse que la glace, ou la vaporisation prompte de liquides volatils comme l’alcool et l’éther.
L’impression d’un froid modéré, comme celui
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que produit l’air mis en mouvement ou l’eau à la température de l’atmosphère, est peu sensible et ne produit pas de réaction : c’est un moyen calmant ; mais quand la peau est dans un état d’excitation et de transpiration abondante, comme le froid est relativement plus vif, il commence à stimuler nos organes.
Plus intense , à la température de la glace fondante, le froid est excitant lorsqu’il agit instantanément; lorsque au contraire il agit sans interrup- 1 tion pendant un certain temps, il détermine une ! sédation remarquable; mais au moment où il cesse d’agir, il y a toujours une réaction proportionnelle à l’intensité et à la durée de son application
Enfin le froid violent que l’on éprouve dans les pays septentrionaux agit comme la chaleur extrême ; il désorganise comme elle les parties vivantes. (Y. Congélation.)
L’action générale d’un froid sec et modéré est pour un individu sain stimulante et tonique , elle accélère la circulation , la digestion et la respiration ; mais lorsque l’action du froid se prolonge et que l'humidité se joint à lui, ses efforts débilitants ne tardent pas à se manifester; alors survient la pâleur, puis la teinte violacée de la peau, les différents degrés de frissons, et enfin l’asphyxie, qui peut amener la mort, si l’individu n’est pas promp tement secouru.
Les variations brusques de température ont sur le corps humain un effet plus énergique encore, et sont la cause d’un très-grand nombre de maladies. Andrieux,
Médecin de l’hospice des Quinze-Vingts.
CHALEUR ANIMALE ( physiol .) , s. f. Il est facile de s’apercevoir qu’une grande partie des animaux possèdent en eux une chaleur propre, indépendante de «elle que peuvent leur fournir les corps ambiants. On a divisé les animaux sous ce rapport en deux classes : animaux à sang chaud , et animaux à sang froid. Les mammifères et les oiseaux qui rentrent dans la première classe on tune température qui dépasse constamment d’un grand nombre de degrés la température moyenne de nos climats; ainsi la chaleur de la peau de l’homme est de 36» centigr. environ (29° Réaumur) ; celle du chien et du lapin de 39° centigr., du bœuf de 37<> centigr.; etc. Les oiseaux ont une chaleur supérieure en général de quelques dfegrés à celle des mammifères; celle des pigeons est de 43» centigr., chez les petites espèces elle va jusqu’à 44° centigr., elle augmente de plusieurs degrés chez la poule pendant l’incubation. Cette température varie du reste dans les différentes parties du corps , suivant leur situation et suivant que la peau est couverte ou exposée à l’air. Le sang artériel , dont la 1 température est de 32» R., est constamment plus | chaud que le sang veineux d’un degré environ ; la | chaleur des divers viscères en général est constam- ' ment d’autant plus grande qu’ils sont plus près du cœur ; la peau qui couvre la région précordiale est d’un degré plus chaude que la peau des autres points de la poitrine; cependant de toute la surface du corps, le creux de l’aisselle est le lieu où le thermomètre monte le plus. Les enfants nou-
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veau-nés et les vieillards ont une température moyenne moindre que celle des adultes, et elle n’est que de 35° centigr. d’après M. Despretz. La chaleur de l’homme diminue un peu pendant le sommeil; l’on a pu facilement constater que l’on est dans cet état plus sensible au froid; le jeûne produit le môme effet.
Exposé à l’action du froid, le corps de l’homme et des animaux réagit et résiste à la soustraction du calorique dans certaines limites : cette propriété de réagir contre le froid existe à un faible degré chez les petits des animaux qui naissent avec les paupières fermées, tels sont les chais ; elle est plus active chez le fœtus humain; dans l’adulte elle est plus prononcée en hiver qu’en élé à cause de l’habiiude; aussi est-on très-sensible aux premiers froids de l’automne. De même que l’homme et les animaux peuvent résister au froid, ils peuvent aussi résister à une température qui dépasse celle de leur sang. Ainsi des individus ont pu supporter dans une étuve sèche une température voisine de 100 degrés. Il se produit alors à la surface du corps une transpiration abondante; celle-ci, pour passera l’état de vapeur, enlève une grande quantité de colorique et empêche ainsi l’équilibre de ce fluide de s’établir; cela est si vrai, que le même individu qui résiste à une température élevée dans une étuve sèche, succomberait promptement si on le plaçait dans un bain de vapeur élevé à la même température, la vapeur d’eau empêchant alors l’évaporation de la sueur.
Quelques états morbides Ont de l’influence sur la chaleur animale : un membre paralysé est souvent plus froid que l’autre. On sait qu’un des symptômes du choléra était un refroidissement considérable de la peau, et même de la bouche et de la langue; on a prétendu d'un autre côté que pendant le frisson qui se déclare au commencement d’un accès de fièvre intermittente, il n’y avait pas abaissement de température. L’augmentation de chaleur est comptée au nombre des symptômes de l’inflammation ; cependant, lorsqu’on applique le thermomètre sur une partie très-enflammée, on note souvent à peine une légère augmentation de chaleur, laquelle dans tous les cas ne dépasse jamais celle du sang. La main perçoit pourtant un sensation chaude très-prononcée, et l’eau froide que l’on verse sur la partie malade s’échauffe plus vite que dans l’état de santé. Cela tient non-seulement à ce que la température s’est légèrement accrue, mais encore à une augmentation dans la faculté que possède la partie de résister au froid. Quand la mair refroidie est appliqué sur un point enflammé di, corps, elle soustrait du colorique à ce point; mais la faculté de résistance au froid y étant accrue, le calorique soustrait est à l’instant même remplacé, et l’équilibre s’établit rapidement entre la main et la partie malade. Sur une partie saine au contraire, cet équilibre s’établit plus lentement. De là deux sensations différentes, d’après lesquelles nous jugeons qu’une des parties est plus chaude que l’autre, quoique en réalité leur température puisse être à peu près égale.