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de tout le mcnde ; l’étiquette et le nom nouveau font tout le merveilleux de la composition. Il est vraiment déplorable de voir l’espèce d’indifférence que l’autorité apporte dans la répression d’un si honteux trafic; car, aujourd’hui, il n’est pas de maladie qui n’ait son remède, et la pape d’annonces des journaux est tous les jours remplie des prospectus de ces médicastres qui spéculent sans pudeur sur la crédulité et l’ignorance.
Le danger de ces manœuvres frauduleuses est bien moins dans l’argent que l’on extorque au public, que dans les graves inconvénients qui en résultent pour sa santé ; car c’est lui, public ignorant, qui se fait juge de la maladie dont il est atteint, et qui prononce sur la nature du médicament qui doit le guérir, quoique ce fait de diagnostic soit un des points les plus difficiles et les plus délicats de l’art médical. Il résulte de ces circonstances que souvent une maladie légère dans le début , et qui aurait cédé à des moyens simples et convenables , devient grave , quelquefois mortelle, parce qu’elle a été accrue par un mauvais , traitement sans efficacité et souvent complètement opposé à celui qu’il aurait été conve- j nable d’administrer. Il n’est pas de médecins qui n’aient eu à guérir de nombreuses victimes de ces charlatans; pour mon compte, j’en ai vu un assez grand nombre : ainsi je me rappelle une femme, qui, j affectée de céphalalgie et d’une irritation de l’esto- | mac, prit un élixir prétendu anti-apoplectique, composé d’éther et de phosphore ; elle se donna par ce moyen une gastrite qui faillit devenir mortelle. Une autre , affectée d’un engorgement de l’utérus, prit, dans le but de se purifier le sang , un certain sucre vendu par un officier de santé, et qui avait, disait-il, la propriété de guérir presque toutes les maladies; elle se donna au moyen de ce médicament, qui contient un diurétique puissant, une hématurie et une cystite des plus graves et qui devint mortelle.
Je ne parlerai pas de ces nombreux jeunes gens qui sont conduits par les affiches chez les guérisseurs de maladies vénériennes, d’où ils ne sortent jamais que la bourse vide et les poches pleines de médicaments, qu’ils eussent achetés chez un pharmacien pour la vingtième partie du prix qu’on îeur en a demandé, et qui finissent souvent, après de longs traitements, qu’on leur a dit complets, par se faire guérir chez un honnête médecin.
En présence d’abus aussi nombreux et aussi criants, on est étonné que l’administration , qui doit avant tout protéger les citoyens contre toute espèce de fraude, tolère de semblables délits; mais telle est notre législation que , même lorsque les tribunaux prononcent les peines les plus fortes que prescrit la loi, les charlatans, tant sont grands les bénéfices qu’ils retirent de leur indus- ; trie, ont encore un avantage immense à se livrer à leur trafic ; ainsi 500 francs d’amende et quelques jours de prison, lorsqu’il y a récidive, sont les seules peines que le juge puisse leur appliquer lorsqu’ils exercent sans être munis d’un titre légal, ces cas ne sont pas les plus nombreux aujourd'hui; car les gains énormes que l’on retire exploitations font que les diplômes de
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pharmaciens et de médecins n’ont pas manqué aux vendeurs de remèdes. Une loi sévère serait nécessaire ponr faire disparaître ou du moins rendre plus rare cette lèpre honteuse qui ne tend qu’à déconsidérer la profession médicale en laissant prostituer des titres honorables ? qui ébranle les âmes honnêtes , en leur montrant la fortune récompensant le mensonge et la fraude; qui nuit au public en l’éloignant des secours éclairés, et en enlevant aux personnes peu aisées des ressources qui eussent suffi pour leur permettre d’obtenir une guérison certaine : cette lèpre ne fait enfin qu’accroître la démoralisation générale dont elle est elle-même une conséquence ; démoralisation qui fait qu’on estime aujourd’hui un individu plus par ce qu’il possède que par ce qu’il vaut, et que, comme la fortune est un moyen de considération, tous les moyens sont bons pour y parvenir, certain que l’on sera absous par le succès.
Il resterait , pour compléter un aperçu sur le charlatanisme, à parler de ces charlatans honteux, qui emploient tous les moyens détournés pour enfler leur réputation souvent fort légère si on la pèse au poids de leurs œuvres ; qui exploitent les accidents et les méthodes nouvelles, qui fatiguent les académies et les journaux de lettres et dénotés; qui aujourd’hui sont pour l’homœopathie, et qui hier étaient pour les sangsues, qui demain seront encore pour ce qu’il y aura de nouveau ; qui veulent du bruit avant tout , qui écrivent avant d’avoir vu , et qui affirment toujours sur parole. Ceux-là, quoique très-nombreux , sont moins dangereux , moins faciles à juger que les autres; ils se respectent davantage, et souvent leur défaut n’est que le résultat d’un travers d’esprit , plutôt qu’un vice du caractère : aussi tant que la vanité et l’amour du gain ne seront pas bannis du cœur de l’homme, l’on verra toujours de ces frêlons venir dévorer le miel des abeilles. J. P. Beaude.
charme, s. m. (V. Amulettes.)
chahpie (chir.), s. f. On donne ce nom à du vieux linge effilé que l’on emploie pour les pansements, t La charpie ne doit être faite avec du linge ni trop fin ni trop gros ; le linge trop vieux ne se laisse j pas facilement effiler et ne convient pas; celui qui est trop neuf fait de la charpie trop dure : il faut que les morceaux de linge que l’on emploie aient au moins deux pouces de longueur sur une largeur d’un pouce ou dix-huit lignes; car la charpie trop courte n’est pas assez élastique et est d’un mauvais usage. Le linge doit être blanc de lessive ; car on comprend l’inconvénient qu’il y aurait de mettre du linge contenant quelques corps étrangers en contact avec la surface nue d’une plaie.
Les Anglais ont quelquefois employé de la charpie de coton qu’ils préparent en la gommant sur une de ses faces comme la ouate : cette charpie, qui est plus irritante que la charpie ordinaire, peut cependant être employée avec avantage lorsqu’on est privé de la charpie de fil. Dans certains
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ras, on a même pansé des plaies languissantes et blafardes avec du coton cardé afin de les stimuler plus énergiquement. On prépare aussi une espèce de charpie que l’on nomme charpie vierge, avec de l’éloupe bien battue et blanchie au chlore; on coupe cette étoupe à la longueur de six pouces. M. Gama,qui a employé cette charpie, dit en avoir retiré de bons effets ; elle a sur l’autre l’avantage d’être à meilleur marché et de pouvoir, pour les grands hôpitaux, se préparer plus facilement, surtout aujourd’hui que le linge de fil devient rare, en raison de son prix plus élevé que celui fait avec du colon.
La charpie s’emploie en plumasseaux, en bourdonnets et mèches. Le plumasseau est une espèce de gâteau de charpie peu épais et d’une largeur variable, suivant l’usage auquel on le destine. On l’applique à nu sur les plaies ou on le recouvre de substance médicamenteuse. Le bourdonnet est destiné à absorber le pus dans le pansement ou à remplir une cavité causée par une perte de substance; on le fait en roulant de la charpie dans le creux des mains. La mèche est formée avec de la charpie longue quelquefois de plusieurs pouces; on l’introduit pour dilater des ouvertures naturelles ou produites par la maladie; elle est ordinairement enduite d’une substance médicamenteuse. (V. pour plus de détails le mot Pansement .)
chassie. ( physiol .) s. f. On a donné ce nom à une humeur épaisse, jaunâtre, qui est sécrétée sur le bord libre des paupières par les glandes de Méibomius, qui sont de petits follicules placés dans l’épaisseur des cartilages tarses, qui forment les bords des paupières; la chassie est destinée à lubrifier ces parties ; elle remplit là des fonctions analogues à celles du cérumen des oreilles et des autres humeurs qui sont sécrétées près des ouvertures naturelles par des follicules analogues. Dans quelques maladies des yeux, et surtout dans l’ophthalmie chronique , la chassie s’accumule sur les bords des paupières, y sèche surtout pendant la nuit et détermine l’adhérence de ces parties , il faut alors laver les yeux avec un peu d’eau tiède , afin de ramollir cette humeur et ensuite l’enlever avec beaucoup de soin , car sa présence dans ces cas ajoute encore à l’irritation de la conjonctive qui est ordinairement le siège de l’inflammation; le traitement que l’on doit employer contre cette indisposition est celui de la maladie qui lui donne lieu; il n’y a donc pas de traitement spécial et isolé contre cette affection que l’on amoindrira ave’c des lotions adoucissantes ou avec des collyres résolutifs, suivant la nature de la maladie principale.
châtaigne ( lot. ) , s. f. , fruit du châtaignier, castanea vulgaris. Famille des Hypocastanées. Ce fruit est une sorte de noix uniloculaire, à brou hérissé, vulgairement nommé polon, renfermant trois graines formées d’un test brun et lisse , et d’une substance parenchymateuse de nature amylacée ; celle-ci est enveloppée d’une pellicule mince très-adhérente appelée tan. Lorsque la graine est grosse et pour ainsi dire isolée dans le
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brou , elle prend le nom de marron. Les départements du Var et du Rhône sont en possession de fournir à Paris les plus estimés; ceux des environs de Lyon, perfectionnés par la greffe , se distinguent par leur volume assez considérable , leur saveur et leur odeur qui sont particulières et que les amateurs savent très-bien distinguer.
La châtaigne est indigène de l’Europe; elle doit son nom à une petite ville de Pouille nommée Castane, aux environs de laquelle l’arbre qui la fournit était abondamment cultivé. Ce fruit n’est pas seulement recherché pour ajouter à nos jouissances gastronomiques; il joue un rôle fort important dans l’alimentation des habitants de plusieurs de nos provinces et particulièrement dans celles où la culture des grains est peu étendue et leur récolte incertaine.
La châtaigne ou marron doit être récoltée lorsqu’elle se détache facilement de l’arbre , et mieux encore lorsqu’elle tombe naturellement. On soumet ce fruit à un grand nombre d’opérations pour en séparer les enveloppes corticales qui sont, comme on l’a vu, le brou, le test et le tan ; mais comme ces opérations sont simples et qu’elles varient suivant les pays, nous nous abstiendrons de les indiquer; nous nous bornerons à dire que le fruit est d’autant meilleur qu’il est plus mûr, qu’il est plus complètement privé de ses enveloppes et notamment de la dernière dont l’adhérence est extrême et la saveur désagréable; qu’il est d’une digestion plus facile cuit à l’eau que rôti ou grillé, et d’autant plus nourrissant qu’il contient plus de principe sucré. Il est bon de remarquer que celui-ci se développe par la cuisson et qu’on doit éviter l’emploi d’une trop grande quantité d’eau pour l’effectuer.
La farine de châtaigne ou marron est, attendu l’absence complète de gluten , impropre à la panification; aussi consomme-t-on généralement le fruit entier. Associé à la farine d’orge, elle était autrefois employée sous forme de cataplasmes pour résoudre certains engorgements des glandes mammaires : son usage sous ce rapport est presque complètement tombé en désuétude.
Les marrons sont employés avec succès à la nourriture des animaux de basse-cour, ils communiquent à leur chair un goût suave très-apprécié des gourmets.
Sous l’influence du système continental, et lorsqu’il s’agissait pour la France d’être privée des produits de l’Inde et de l’Amérique, le fruit du châtaignier a été l’objet d’une investigation toute spéciale de la part des économistes et des chimistes : les uns l’ont proposé comme succédané du café , et les autres ont signalé dans sa substance la présence d’un sucre cristallisable , analogue à celui de canne sous le rapport économique: ces observations sont, sans aucun doute, de peu d’importance, mais la découverte d’un sucre cristallisable dans la châtaigne est un fait qui doit intéresser d’autant plus vivement les chimistes qu’il n’offre pas d’analogie.
COEVERCHEL ,
Membre de l’Académie de médecine et de U société de obarmacie.
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chateaümeüï1 (Eaux minérales de). Chateauneuf est un bourg du département du Puy-de-Dôme, situé à six lieues de Clermont; les eaux sortent par quatorze sources qui sont peu abondantes; ieur température est de 37 degrés centigrades; la source dite le Grand-Bain est à 33 degrés. Ces eaux qui contiennent de l’acide carbonique, du fer, du bicarbonate de soude, des traces d'arséniate de soude et différents sels, sont employées dans le traitement des affections rhumatismales chroniques, dans quelques paralysies, dans les ulcères chroniques ; elles ne sont guère fréquentées que par les habitants du département pour lesquels le séjour des grands établissements thermaux serait trop dispendieux; Chateauneuf possède un établissement thermal et le nombre des malades y est de quatre à cinq cents par année. La saison commence le 1er juin et finit le 1er novembre. J. B.
csatemon (Eaux minérales de). C’est une petite ville du département du Puy-de-Dôme, de l’arrondissement de Riom, chef-lieu de canton; elle est à huit lieues de Clermont et à trois de Vichy. Il n’existe point d’établissement thermal à Chateldon ; ses eaux sont froides, acidulées et légèrement gazeuses; leur saveur est piquante et alcaline. Elles contiennent de l’acide carbonique , du bicarbonate de soude et de magnésie, du nitrate de soude et du carbonate de fer. Il existe cinq sources, divisées en deux groupes : un sur la montagne, et un autre dans la vallée; le premier, composé de deux sources, a reçu le nom de sources de la montagne , et l’autre, composé de trois sources, celui de sources des vignes. Ces eaux sont quelquefois employées dans la leucorrhée, le catarrhe de la vessie et les dérangements des organes digestifs. J. B.
chatel-guyon ( eaux minérales de). Chatel- Guyon est un village du département du Puy-de- Dôme , situé à deux lieues de Riom ; les eaux sortent de sept sources , qui sont situées près du village ; leur température est de 23 à 35 degrés centigrades; elles sont claires , limpides, de saveur aigrelette et légèrement amère ; elles contiennent du gaze acide carbonique, du nitrate de soude, du sulfate de magnésie, du carbonate de chaux et de magnésie, et un peu de fer : ces eaux ne sont guère employées que par les habitants du voisinage; on en fait usage dans les engagements abdominaux, dans les phlegmasies chroniques des viscères du bas-ventre , et dans les affections scorbutiques. J. B.
chatonné. ( path .) adj. Se dit des pierres urinaires qui sont adhérentes à la face interne de la vessie et qui sont enveloppées par cette membrane comme dans un chaton. On dit aussi que le placenta est chatonné, lorsqu’il est retenu par une portion cloisonnée de l’utérus ou en forme de poche. J. B.
chatouillement ( physiol. ), s. m. On donne ce nom à l’excitation qui produit sur certaines parties des titillatious légères et pratiquées d’une manière plus ou moins rapide ; ces parties sont celles qui sont le plus pourvues de nerfs ; ainsi la plante
des pieds , les paumes des mains , les narines, les lèvres, l’intérieurde l’oreille, etc. Le premier effet que produit le chatouillement est une sensation de plaisir et une excitation qui porte au rire; lorsque le chatouillement est continué plus longtemps, il détermine une excitation plus vive , des cris, des mouvements convulsifs, du diaphragme et des muscles de la respiration ; enfin on l’a vu quelquefois être suivi de symptômes convulsifs et même de la mort qui, dans ce cas, est déterminée sans doute par une excitation trop vive du centre nerveux. Le chatouillement, comme on le voit par ce court exposé, n’est pas toujours un badinage innocent; aussi est-il important d’empêcher les enfants de s’y livrer entr’eux; on l’a vu chez de jeunes filles nerveuses déterminer des attaques d’épilepsie , et ce qui est moins grave, des attaques d’hystéries et des convulsions prolongées. Les personnes nerveuses sont plus que les autres impressionnées par le chatouillement; il en est pour lesquelles la plus légère excitation dans ce sens , détermine une sensation vive et insupportable; c’est surtout chez ces personnes qu’il faut éviter de se livrer à cet acte qui souvent est regardé comme un simple jeu, mais qui, dans quelques cas, est un véritable supplice. L’on cite encore les guerres religieuses des Cévennes , dans lesquelles par un raffinement de cruauté qui ne peut s’expliquer que par les passions violentes qui animent les partis dans ces sortes de luttes , on faisait, dit-on, périr les malheureux habitants en les chatouillant sous la plante des pieds après les avoir fortement attachés.
Le chatouillement est quelquefois employé en médecine, et c’est principalement dans la syncope et les asphyxies : ainsi l’on excite avec la barbe d’une plume l’intérieur des narines et de l’oreille, dans le but de réveiller la sensibilité et de rappeler le malade de l’état de mort apparente dans lequel il est plongé ; cette pratique s’emploie aussi avec celles qui sont prescrites dans l'asphyxie des nouveau - nés. La titillation de la luette avec la barbe d’une plume est encore un moyen que l’on met en usage pour procurer le vomissement, lorsqu’on est privé d’autres secours, et qu’il est indispensable de provoquer un vomissement immédiat, comme dans une indigestion ou bien lorsque l’on a pris quelque substance vénéneuse. J. P. Beaüde.
©haudepisse, (Y. Blennorrhagie.)
chaudes- aigues (eaux minérales de). Chaudes- Aigues est une petite ville du département du Cantal, chef-lieu de canton , à quatre lieues de Saint-Flours, et traversée par la grande route de Clermont à Toulouse; cette ville, qui tire son nom de la haute température de ses sources minérales, paraît avoir été connue des anciens, qui désignaient ces thermes sous le nom de Baice- Calentes; ce nom aussi revendiqué par quelques érudits en faveur des bains du Mont-d’Or. Quoi qu’il en soit de cette discussion archéologique,^ preuve de l’antiquité des thermes désignés sous le nom de Baice-CalerUes et qu’on regarde généralement comme étant ceux de Chaudes- Aigues,