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administre cette substance en solution dans de l’eau ou du lait, à la dose de trente grains, deux ou trois fois par jour; à l’extérieur, on peut appliquer une compresse trempée dans une solution concentrée de ce sel sur les glandes engorgées du cou ; on a vu quelquefois le volume de ces glandes diminuer sous l’influence de ce médicament. J. B.
chélidoine ou grande éclaire, (bot.),s.f. (Chelidonium majus), famille des Papavéracées. Il n’est personne qui n’ait remarqué cette plante au pied des murs , dans les décombres ou à l’ombre des haies ; elle est facilement reconnaissable à* ses feuilles profondément découpées, à ses fleurs jaunes dont le calice a deux sépales, la corolle quatre pétales caducs, et à ses fruits semblables à des gousses étroites de haricot. Si l’on rompt la tige de cette plante, il s’en écoule un suc jaune, trèsabondant , dont l’âcreté est extrême ; on peut s’en servir pour toucher les verrues et autres petites excroissances de chair. Autrefois il a été employé comme purgatif. Il est heureux que la chélidoine soit tellement différente de toutes les plantes alimentaires, que toute erreur devient impossible; car elle pourrait donner lieu à de graves accidents, si elle était mangée en certaine quantité. Ce que nous venons de dire de la chélidoine s’applique aussi au Glaucium Luteum, qui est trèscommun dans tout le midi de la France. On n’apprendra pas sans intérêt que le suc jaune de la chélidoine est animé d’un mouvement circulatoire qui a été signalé , pour la première fois, par M. Schultz de Berlin. Ms.
chémosis ( path .), s. m. On donne ce nom à un symptôme qui se manisfeste quelquefois dans l’ophthalmie et qui est caractérisé par le gonflement de la conjonctive autour de la cornée transparente: cette dernière paraît comme enfoncée au milieu du bourrelet rouge formé par le boursouflement de la membrane qui recouvre l’œil; ce symptôme exige quelque modification dans le traitement qui sera indiqué au mot Ophthalmie. J. B.
chêne (bot.), s. m., (Quercus, famille des Cupulifères).Cegenre renferme les arbres les plus nécessaires à l’industrie et en particulier à la charpente. Ils habitent l’Europe, le nord de l’Asie et de l’Amérique : dans cette dernière contrée, il en existe un grand nombre d’espèces très-belles, dont aucune cependant n’égale en utilité notre chêne commun. Les anciens avaient consacré le chêne à Jupiter , parce que c’est l’arbre que la foudre frappe le plus souvent, ou bien, si on admet avec quelques savants, que le chêne consacré au roi des dieux fut le Quercus œgilops, à cause de ses glands qui peuvent servir de nourriture à l’homme. Voici les principales espèces qui donnent des produits à la médecine :
Le Chêne rouvre (Quercus robur). Son écorce est très- riche en principes astringents, et pourrait être employée comme succédanée des substances astringentes exotiques, telles que le ratanhia; en la mêlant en poudre avec de la
camomille et de la gentiane, on obtient un mélange désigné sous le nom de fébrifuge français.
Le Chêne a la galle ( Quercus infectoria ). C’est un arbrisseau commun dans 1 Orient : à Smyme , à Alep , dans toute l’Asie mineure. La piqûre d’un insecte appellé Diplolepis gallæ tinctoriœ, sur la feuille, détermine la formation d’une grosse excroissance sphérique, au centre de laquelle est un trou, où l’insecte dépose son œuf: cette excroissance prend le nom de noix de galle (V. ce mot), et sert dans la teinture en noir. En médecine elle a été employée comme le plus puissant des astringents, à la dose de deux à dix grains, et comme fébrifuge, à celle d’un gros. Mais l’effet le plus réel qu’on en ait obtenu est celui dont parle Godard dans l’ancien Journal de Médecine , n. 49, où il rapporte quinze observations de tympanite, c’est-à-dire de distension des parois intestinales par des gaz, guérie au moyen d’une mixture composée de six onces d’eau de fenouil , trois onces de sirop de Fernel et un gros de noix de galle, prise par cuillerée d’heure en heure.
Le Chêne au Kermès (Quercus cocciferà).U vient dans les lieux stériles de la France méridionale, et a été nommé ainsi , parce qu’on trouve sur ses branches un petit insecte appelé Coccus ilicis, qu’on employait autrefois en médecine pour préparer le sirop de kermès.
Le Chêne liège ( Quercus suber ), qui vient dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, fournit le liège du commerce. C’est l’écorce même de l’arbre que l’on enlève, que l’on étend par l’action du feu et qui se vend ensuite sous la forme de grandes plaques.
Médicalement parlant, les chênes sont tous des arbres plus ou moins astringents dans toutes leurs parties; mais surtout dans l’écorce, les feuilles et les glands ; un seul fait exception sous ce point de vue , c’est le Quercus ballota, ou chêne à glands doux du nord de l’Afrique , dont les fruits sont féculents et presque totalement privés d’amertume. Martins.
Cîsewopodium. V. au Supplément Ansérine.
chevestre (chir.), s. m. C’est un bandage qui est employé pour maintenir les fractures de la mâchoire inférieure, ou les luxations de cet os; lorsque l’on applique un bandage des deux côtés de la mâchoire, on nomme ce bandage chevestre double. La spécialité de l’emploi de ce moyen, qui ne peut être mis en usage que par des chirurgiens, nous dispense d’en donner ici la description. J. B.
cheveux. ( anat .) s. m. p. C’est une production désignée par quelques auteurs sous le nom d’épidermoïque, quoique les bulbes qui donnent naissance aux cheveux soientsitués, ainsique ceux de poils, dans l’épaisseur de la peau ; les cheveux sont particuliers à une seule région du corps, et c’est sur la peau qui recouvre la partie supérieure de la tête qu’ils se rencontrent uniquement, tandis que les poils, qui ont une complète analogie de structure et de nutrition avec les cheveux, se rencontrent sur diverses régions du corps. Les cheveux présentent des différences suivant les
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individus et suivant les races humaines. Ils sont plus longs chez la femme que chez l’homme, et l’on a remarqué qu’ils tombaient bien plus rarement chez cette première. Les différences que présentent les diverses natures de cheveux, ainsi que leur structure et leur organisation, seront traitées avec les poils au mot Pileux (Système).
Les maladies des cheveux sont la canitie ou blanchissement des cheveux, soit par suite de Page, ou par suite d’accidents; V alopécie ou la calvitie, c’est-à-dire la chute des cheveux, soit par suite de maladies, soit par le résultat de l’âge : le dernier mot est principalement employé pour indiquer cet effet de la vieillesse; la plique polonaise, qui est une affection caractérisée par une espèce de feutrage des cheveux qui présente différents phénomènes ; la teigne , dans laquelle les bulbes mêmes sont attaqués par suite de la maladie du cuir chevelu. (Voir, pour ces maladies, les différents mots qui sont indiqués.) J. B.
CHEViiiXÆ mu fieb. V. Malléole.
chicorée ( bot .), s. f. ( Cichorium ). Genre de plantes de la famille des Synanthérées. Deux espèces sont employées en médecine et dans l’économie domestique :
1° La chicorée sauvage ( Cichorium intijbus). Cette plante vient le long des chemins dans toute la France; on la reconnaîtra facilement à ses fleurs d’un bleu d’azur, uniquement composées de demifleurons dont le limbe est profondément dentelé; elle renferme, comme toutes les Synanthérées de cette section, un suc blanc extrêmement amer; de là, ses propriétés. L’infusion des feuilles est donnée comme amère et dépurative aux enfants scrofuleux, aux individus affectés de maladies de la peau passées à l’état chronique, etc. Par la culture on peut rendre cette plante alimentaire; il s’agit seulement de l’étioler, c’est-à-dire de remplacer le suc amer et lactescent, par des sucs blancs et insipides; pour cela, on la cultive dans des caves, à l’abri de la lumière; elle ne pousse que des rameaux jaunes , languissants, qui sont par conséquent d’un tissu tendre et n’ont plus qu’un degré d’amertume très-supportable : c’est cet aliment qu’on connaît sous le nom de barbe de capucin. La racine de chicorée, torréfiée, puis réduite en poudre, peut s’employer en guise de café, ou plutôt, on peut sans inconvénient mêler au café une certaine quantité de racines de chicorée; car, infusée seule dans l’eau, cette racine n’a rien qui rappelle l’arome du café, et elle ne s’en rapproche que par son amertume.
2° La chicorée blanche (Cichorium endivia) ; c’est celle qui est plus spécialement alimentaire : préparée avec du bouillon, associée aux viandes rôties, la chicorée est un des légumes les plus sains dont on puisse faire usage; l’amertume a presque totalement disparu par la culture, et il ne reste plus qu’un arrière-goût agréable qui favorise la digestion. Ms.
chicotik, s. m. Poudre ou suc amer de la coloquinte. V. ce mot.
chiendent (bot.), s. m. (Triticum repens ). Cette graminée estun desfléaux de l’agriculture, une de celles avec lesquelles le cultivateur lutte presque sans espoir de succès : elle pousse en effet de