‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 159 sur 316 · CI · texte numérisé non relu

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à la danse de Saint- Guy. Les surprises, les frayeurs, éprouvées surtout en bas âge, figurent en première ligne. Mais il est probable que, indépendamment des vices d’éducation, la disposition à s’effrayer, qui nous frappe chez des enfants et nous étonne chez des adultes, est déjà un indice de la modification nerveuse spéciale qui préexiste et prédispose à la chorée. Quoiqu’il en soit, il ne paraît point douteux que des frayeurs subites n’aient occasionné la chorée comme l’épilepsie; et n’est-ce pas une observation vulgaire que la peur fait trembler ? Viennent ensuite d’autres émotions, telles que la colère, la jalousie, les alarmes de la pudeur, l’annonce d’un bonheur ou d’un malheur prochains ; enfin, toutes les impressions qui émeuvent fortement et soudainement. Il est peu de personnes nerveuses, impressionnables qui n’aient acquis l’expérience personnelle de la secousse que les émotions puissantes impriment au système nerveux, et qui se trahit autant par des mouvements musculaires automatiques que par le trouble de la circulation , de la respiration et des facultés morales. Déterminée par cet ordre de causes, dont l’action est vive et rapide, la chorée peut se produire d’une manière intense en très-peu de temps. Les influences physiques, comme l’onanisme et tous les abus vénériens, les excès de stimulants, la suppression de quelque évacuation ou de quelque éruption habituelles, les vers intestinaux, les accès d’épilepsie ou d’hystérie , quand ils en deviennent la cause occasionnelle, développent la chorée plus lentement. On a présumé que la danse de Saint-Guy pouvait aussi se contracter par imitation, et qu’il était imprudent de laisser cohabiter des enfants sains avec cette espèce de malades. Aux époques de superstition et d’ignorance , les choréiques passaient pour être ensorcelés, possédés du démon ; on les croyait victimes de sortilèges et de maléfices.

Tracer les caractères principaux de la choree, exposer sa marche et son pronostic, signaler ses causes , étaient choses sinon aisées , au moins de parfaite convenance ; mais en est-il de même du traitement? Désireux de ne pas nuire en voulant conseiller le bien, nous nous sentons ici dominé par une circonspection extrême, l’expérience des hommes de l’art étant nécessaire pour régler en tout point ce qu’il convient de faire contre la chorée. Cependant, pour ne point laisser une lacune trop sensible, nous exposerons quelques règles d’hygiène utilement applicables dans la généralité des cas , et nous effleurerons la thérapeutique.

On recherchera d’abord la cause morale ou phy sique de la chorée (émotions, onanisme, vers intestinaux , etc. ) , et si l’on parvient à la découvrir, on éloignera le plus possible de pareilles influences. On considérera ensuite la constitution du sujet, qui est une autre base non moins fondamentale du traitement ; car elle recélait la prédisposition avant que les circonstances accidentelles l’eussent rendue manifeste. Mais voyons d’abord ce qui convient au plus grand nombre de choréiques. Nous avons dit que chez ces malades les muscles des parties lésées obéissaient à deux ordres d’impulsions, les unes automatiques, maladives; les

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autres normales, émanées de la volonté. Eh bien ! il faut faire en sorte que les contractions volontaires prennent le dessus , et le premier moyen pour cela, c’est l’exercice régulièrement commandé des muscles qui s’agitent en désordre* Toutes les fois qu’elle est possible, la gymnastique générale ou partielle nous semble devoir être conseillée. Si la danse de Saint- Guy occupe les bras, on recommandera de préférence les occupations manuelles un peu rudes ; quand ce sont les jambes, la promenade, la course, la danse; à tous la natation dans l’eau fraîche et courante , comme un excellent moyen. Lorsque les mouvements convulsifs siègent au visage, il serait bien peut-être, selon le conseil d’un médecin très-judicieux, de s’exercer de temps en temps à les réprimer par l’influence volontaire , en s’observant devant un miroir. Nous avons connu des personnes qui ne pouvaient pas soutenir, avec continuité, au-delà de quelques minutes, le sourire de la bienveillance, sans être saisies de mouvements convulsifs des lèvres, surtout si elles étaient émues. Alors elles étaient obligées de prendre la parole d’un air sérieux ou réfléchi , pour faire cesser ces contractions labiales désordonnées qui les auraient bientôt rendues confuses. Nous pensons conséquemment que la déclamation, la lecture bien accentuée, l’observation de sa mimique, sont très-propres à corriger le spasme cynique et les convulsions des paupières et des yeux. Mais, dira-t-on, la recommandation de cette gymnastique générale ou partielle heurte de front le principe sage et trivial de donner du repos aux organes malades. Ce principe , dont nous admirons généralement la justesse et l’efficacité, nous semblerait recevoir ici une application nuisible, par des raisons qu’il est inutile de développer. Nous dirons seulement que si parfois l’exercice musculaire commandé était suivi de trop d’excitation et d’un désordre plus considérable dans les mouvements, il faudrait le suspendre, pour recommencer plus tard, et faire prendre quelques bains tièdes.

Après les exercices viennent d’autres règles d’hygiène; mais il devient ici nécessaire de spécialiser davantage , car les mêmes ne seraient pas à la convenance de tous. Cependant nous ne poursuivrons pas une à une toutes les variétés de leurs tempéraments, et nous n’établirons que deux catégories de choréiques : ceux qui sont faibles, pâles, maigres et secs, ou replets, à fibres molles, et ceux qui ont de la force et de la fraîcheur. Les premiers seront soumis à un régime restaurant, aidé de boissons amères et ferrugineuses; d’un air pur, sec et chaud; de frictions sèches sur tout le corps , et notamment le long de l’épine dorsale ; de quelques bains chauds ou frais, simples ou aromatiques ; d’une gymnastique persévérante et mesurée. Les sujets robustes, vigoureux, n’importe leur âge, n’ont pas besoin d’un régime succulent ; les végétaux , les fruits , les boissons douces et aqueuses , en composeront une partie essentielle. Les bains tièdes seront avantageux. S’il existait quelque hémorrhagie ou quelque autre évacuation habituelle,

il ne faudrait point se hâter de les supprimer.

Disons maintenant quelques mots de ce qu’il est utile de ne point faire ou d’éviter. Les spiritueux, le café , le thé, les épices , les stimulants en général, sont nuisibles. L’onanisme et tous les excès vénériens sont pernicieux. Les vives émotions sont il ne se peut pas plus contraires. Il est certaines impressions auxquelles il faut soustraire avec soin les choréiques, qui y sont malheureusement trop exposés ; c’est la moquerie, le ridicule : non-seulement leur amour-propre en souffre, et ils en sont aigris , attristés ; mais encore , voulant s’observer davantage , la crainte et l’émotion ajoutent au désordre de leurs mouvements. D’ailleurs, comme nous l’avons signalé, ces malades ont souvent la sensibilité exaltée et les facultés intellectuelles moins solides, conditions maladives qui commandent des attentions et des ménagements à leur moral.

Il a été proposé une foule de moyens curatifs contre la chorée; la plupart ont réellement obtenu des succès , aucun ne convient dans tous les cas, c’est l’à- propos qui fait leur mérite. Nous ne relaterons que les principaux. Parmi les toniques, le quinquina et les préparations de fer ont rendu des services incontestés; la valériane, l’assa-fœtida, ont été plus particulièrement choisies dans la classe des stimulants anti spasmodiques et vermifuges; les purgatifs ont évidemment réussi dans plusieurs cas ; des guérisons ont été obtenues en agissant vivement par divers moyens le long de la colonne vertébrale. Dupuytren, auquel nous avons vu employer avec succès les bains froids par surprise, professait qu’aucune chorée ne leur résistait. Les bains sulfureux ont été, dans ces derniers temps, très-heureusement expérimentés contre cette maladie, par M. Beaudeloque, et, après lui, par plusieurs médecins distingués qui en ont constaté l’efficacité. L’électricité compte aussi des guérisons, etc. Le médecin seul est capable de discerner l’indication de ces divers moyens, dont le faux emploi aurait des conséquences fâcheuses.

A. Lagasquie,

Docteur en Médecine . membre de U»

Commission d'Égypte.

chorion ( anat .), s. m. du grec chorion de choréin , contenir). C’est la partie la plus épaisse de la peau, et celle qui la constitue presque en entier, on lui donne aussi le nom de derme. (V. Peau.) Le chorion est aussi une des membranes du fœtus, et celle qui est la plus extérieure ; elle sert d’enveloppe à l’œuf humain. (V. Œuf.) J. B.

choroïde (anat.), s. f. (du grec chorion chorion, et de éidos forme), en forme de chorion. On a donné ce nom à une membrane qui est placée à l’intérieur de l’œil , entre la rétine et la sclérotique, et qui est colorée en noir à la partie interne. (Voyez les mots Œil, Vision.) J. B.

cuoroidien (anat.), adj. Se dit de plusieurs vaisseaux qui se distribuent dans la toile choroïdienne , formée dans le cerveau par la membrane arachnoïde. L’enduit choroïdien est la substance noire qui tapisse dans l’œil la face interne de la choroïde. J. B.

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choü (bot.), s. m. ( brassica). Ce genre de la famille des Crucifères renferme cinq espèces qui donnent des produits à l’économie domestique ou à l’industrie: l’une d’elles est le navet, dont Usera question dans un article spécial; les trois autres sont les turneps , les colzas et les navettes, qui sont cultivés comme fourrage ou pour l’extraction de l’huile contenue dans leurs graines. Il ne sera question ici que du chou ordinaire.

Le chou proprement dit (brassica oleracea) parait être du petit nombre des plantes cultivées qui soient originaires d’Europe, et c’est peut-être à cette circonstance que l’on doit attribuer le nombre infini de variétés que l’or a obtenues par une culture qui se perd dans la nuit des siècles. A l’état sauvage, les feuilles du chou ne sauraient servir d’aliment, elles sont dures, coriaces et âcres ; mais par la culture on est arrivé à corriger ces vices en forçant les feuilles à se recouvrir mutuellement, de manière à ce que les plus intérieures devinssent tendres et aqueuses, protégées qu’elles étaient contre l’action de la lumière, qui dans les plantes est le grand agent de la lignification. Aussi dans toutes les variétés que les jardiniers cherchent à obtenir n’ont-ils d’autre but que de rendre cet étiolement plus complet, afin de communiquer à la feuille un goût plus délicat. Les variétés principales sont :

1° Le chou cavalier (B. oleracea acephala). C’est celle de toutes qui s’écarte le moins du type primitif, du chou sauvage qui existe encore sur les falaises de la Normandie et sur les côtes de l’Angleterre ; ses feuilles sont éparses, étalées, non réunies en tête ; on comprend d’après cela que leur tissu doit être dur , coriace ; c’est aussi de toutes les variétés la moins délicate, et celle dont doit toujours s’abstenir un estomac délicat.

2» Le chou cloqué ou chou de Milan. (B. oleracea bullatà). Dans cette variété, les feuilles sont réunies à leur base, puis étalées ; mais leur parenchyme est soulevé par des cloches nombreuses et semble comme soufflé. Cela indique une plus grande finesse de tissu. Ce chou est préférable au précédent. Les gourmands recherchent surtout une sous-variété, c’est le chou de Bruxelles, ou chou à jets (Br. gemmifera). Dans celle-ci il se développe le long de la tige de petites têtes avortées, dont les feuilles, très-serrées les unes contre les autres, sont fort délicates.

3° Le chou cabu ou chou pommé. (B. oleracea capitata) est le plus productif, le plus employé, et celui qui remplit le mieux les indications dont nous avons parlé, l’étiolement des feuilles intérieures. Elles sont en effet toutes appliquées l’une sur l’autre, de manière à former une tête (caput), d’où le nom de chou cabu en français, et de cappucio en italien; ce chou est le véritable chou de ménage, celui qui entre le plus souvent dans la marmite du pauvre ; pris modérément, ce légume est sain, surtout si l’on asoin de ne choisir que les deux tiers internes de la tête. C’est avec celte variété que les Allemands composent cet aliment qui révolta si longtemps notre susceptibilité , je veux dire la choucroute (sauer-kraut). Elle se prépare en coupant les choux en petites lanières étroites que

l’on dispose par couches dans un tonneau en mettant du sel et des aromates. On presse le mélange, et il s’opère une espèce de fermentation qui modifie le goût du chou. En devient-il plus lourd? plus indigeste ? je ne le crois pas; j’ajouterai même que je suis persuadé du contraire, et qu’on ne pourrait digérer une quantité de chou égale à celle du sauer hraut. La raison en est bien simple. Ce qui rend le chou un aliment lourd et indigeste pour les estomacs paresseux, c’est qu’il contient une quantité très-notable d’azote; c’est donc un végétal animalisé pour ainsi dire, plus nutritif, mais aussi plus indigeste. Or, pendant la fermentation dont nous avons parlé, il est certain que l’azote disparaît. Quoiqu’il en soit, c’est aux estomacs vigoureux seulement que nous permettrons l’usage des choux et de la choucroute, de quelque manière qu’ils soient apprêtés.

4° Le chou-rave (B. oleracea caulorapa ). Cette race se distingue très-facilement, parce que la tige se renfle au-dessus du collet, et près de l'origine des feuilles en une espèce de tête arrondie et charnue ; cette tête est la partie qui sert de nourriture à l’homme, les feuilles restent proportionnellement plus maigres que dans les autres variétés. On mange peu de chou-rave en France, c’est plutôt un aliment usité dans les pays du Nord, où cette tige renflée reste tendre, tandis que dans les pays tempérés elle tend à se lignifier. On prépare cet aliment comme les navets, auxquels il ressemble peur le goût.

Chou-fleur (B. oleracea bôtrytis). Cette race, dit M. Decandolie, se distingue par une organisation très-singulière. Les pédoncules deses grappes, au lieu d’être écartés et disposés en panicule pyramidale comme dans tous les autres choux , sont rapprochés dès leur base et forment une espèce de corymbe assez régulier; à ce caractère est joint un second qui peut-être en est la conséquence, c’est que ces pédoncules, probablement gênés les uns contre les autres avant la floraison, se déforment, se soudent ensemble , deviennent charnus, et la plupart d’entre eux ne portent que des rudiments de fleurs avortées; on cueille ces pédoncules charnus avant le développement des fleurs. Ainsi, tandis que dans toutes les autres races, c’est la feuille ou la tige qui sert d’aliment, ce sont ici les pédoncules floraux qui remplissent cet usage. De toutes les variétés du chou, celle-ci est la plus délicate, parce que c’est celle où l’étiolement est le plus complet ; mais sa qualité diminue en allant du nord vers le sud.

On désigne aussi sous le nom de chou marin le Crambe maritima, plante qui vient sur les bords de la mer et que l’on cultive comme le chou en Angleterre. M. Vilmorin a fait des efforts pour l’introduire en France , mais son usage n’est pas encore généralement répandu. Martins.

CEOUCjaOUTE. (V. Chou.)

choüjieuh. (V. Chou.)

C52B.OMATE (i chim .), s. m. Nom donné à un sel fourni par l’acide chromique et une base. Les chromâtes ne sont pas usités en médecine; le chromate de plomb a été quelquefois employé

par les confiseurs pour colorier les sucreries, mais c’est une substance qui peut présenter des dangers, et que l’on reconnaît à sa couleur qui est d’un jaune brillant, et plus sûrement encore par les réactifs. (V. Bonbons.) J. B.

cheo ME(c/«m.), s. m. Métal découvert en 1797 par Yauquelin, chimiste français; son nom lui vient du mot grec chroma, couleur, parce que la plupart de ses composés sont colorés ; combiné avec l’oxygène, il forme deux oxydes et un acide, Yacide chromique. Un papier humecté avec une dissolution contenant un seizième de chromate de potasse brûle comme de l’amadou, et M. Jacobson a proposé de former avec ce papier de petits cylindres qui pourraient servir de moxas; on peut remplacer la dissolution de chromate par du sous-acétate de plomb. Les différentes préparations de chrome sont extraites d’un minerai formé d’oxyde de fer et de chrome, qu’on rencontre aux Etats- Unis, et en France dans le département du Var. Un médecin dit avoir employé avec succès, dans les cas de scrofules et de cancer utérin, le bichromate dépotasse. J. B.

chhoîsïçîts ( path .), adj. Se dit des maladies qui parcourent lentement leurs périodes.

chute (path.) , s. f. Les chutes présentent des dangers plus ou moins graves, suivant une foule de circonstances qu’il n’est pas toujours facile d’apprécier; ainsi l’on voit quelquefois des chutes faites d’un endroit très-élevé ne donner lieu qu’à des accidents légers, tandis qu’une chute faite seulement de la hauteur d’un individu peut avoir les conséquences les plus funestes. Cependant, et toutes choses égales d’ailleurs , il est constant qu’une chute présente d’autant plus de dangers qu’elle est faite d’un lieu plus élevé , et que la résistance des corps sur lesquels on tombe est plus forte. Les chutes sur les corps mous, sur des matelas, des oreillers, des lits déplumés, du foin, ne sont pas exemptes de dangers , et les accidents qu’elles déterminent le plus ordinairement sont la commotion cérébrale et les luxations; les fractures sont assez rares dans ces cas, et il y a presque constamment absence de lésion et de plaies extérieures . Les chutes dans un liquide , d ans l’eau, par exemple , sont aussi , quelquefois , suivies d’accidents ; ainsi, lorsqu’elles ont lieu sur le ventre, et d’un endroit élevé , elles peuvent déterminer des ecchymoses , des hernies , et même des péritonites produites par la pression considérable que supportent les viscères du bas- ventre; ces chutes sur le ventre s’observent souvent lorsque, se livrant au plaisir de la natation, on veut se précipiter la tête la première d’une certaine hauteur.

Les chutes sont beaucoup plus graves lorsque l’on est renversé par un corps mu avec une assez grande vitesse; une partie de cette vitesse est alors communiquée à la personne renversée, et elle est projetée sur le sol avec une force qui suffit quelquefois pour déterminer la fracture des os du crâne, ou des os principaux et les plus résistants de l’économie. Les accidents qui peuvent être la suite des chutes sont, comme on peut le supposer, très-variés : ainsi, depuis la simple contusion qui

est le résultat d’une chute faite de sa hauteur, jusqu’aux déchirements du foie et à l’écrasement du cerveau produits par la commotion violente d’une chute d’un lieu très-élevé, on a toute la série des plaies contuses, des luxations, des fractures des déchirures musculaires , et des organes intérieurs, dont il faut chercher la description aux articles où sont traités chacun de ces cas. Il est cependant important de donner ici les principales règles qu’il convient de suivre dans les chutes qui ne sont pas suivies de désordres très-graves.

Lorsqu’une chute a été forte, elle est accompa-'j gnée ordinairement d’un sentiment d’étonnement) et de stupeur qui dure encore quelques instants après l’accident ; pendant la chute elle-même on a eu la perception de bluettes lumineuses, c’est même ce qui a accrédité ce mot si répandu parmi le peuple : une chute à voir trente-six chandelles. Ces phénomènes sont le résultat de l’ébranlement du cerveau; portée plus loin, la chute détermine la perte de connaissance pendant quelques instants, et souvent pendant un temps plus prolongé : cette perte de connaissance est produite , ainsi que les autres phénomènes déjà indiqués , par la commotion du cerveau. Quelquefois il y a fracture du crâne et épanchement sanguin entre les membranes ; cependant la perte de connaissance n’entraîne pas tous ces accidents comme suite nécessaire, elle indique seulement que la commotion cérébrale a été vive, qu’il y a probablement contusion du cerveau, et que l’on doit avoir l’œil ouvert sur les suites d’un semblable accident, afin de combattre les symptômes fâcheux aussitôt leur manifestation , et même les prévenir , en suivant les indications que présentera l’état du malade.

Les soins à donner après une chute consistent à mettre la personne dans un état de repos sur un siège ou sur un lit , à lui faire respirer du vinaigre, des sels, ou une eau spiritueuse, si elle a perdu connaissance et si elle a été profondément impressionnée ; à lui faire boire quelques cuillerées à café d’eau de ileurs d’oranger dans un demiverre d’eau , ou seulement un peu d’eau froide si l’on ne peut se procurer autre chose; on devra également, comme dans le cas d’asphyxie, débarrasser la personne de tous les liens qui pourraient gêner la circulation , tels que corsets , cordons, jarretières, bretelles, etc. Si ces moyens ne suffisaient pas pour rétablir les fonctions, on pourrait employer quelques frictions avec une eau spiritueuse ou même de l’eau-de-vie sur la région du cœur, des aspersions froides sur le visage, et enfin une partie des moyens déjà indiqués au mot asphyxie. La saignée et les autres opérations chirurgicales ne doivent être employées que par le médecin , lorsque le pouls s’est relevé et que le malade a repris connaissance; il est même nécessaire , à moins d’urgente nécessité , de ne pratiquer la saignée que quelques heures après l’accident, et lorsque la stupeur, résultat de la commotion, est presque complètement dissipée. Les autres soins que nécessitera l’état du blessé seront laissés à l’appréciation du médecin.

Dans les chutes avec simple contusion , le repos, des compresses trempées dans de l’eau froide

et renouvelées souvent sur le lieu contusionné , immédiatement après l’accident ; plus tard des cataplasmes et des sangsues , s'il se manifeste une douleur vive et de l’inflammation : tels sont les moyens à employer lorsque aucune complication ne se joint à cet état.

Chez les enfants les chutes sont fréquentes , mais heureusement peu graves : leur peu de hauteur, la mollesse de leurs os et de leurs mouvements empêchant que le choc ne soit trop fort, et les os étant plus élastiques que dans l’âge adulte, les fractures et les luxations sont aussi plus rares; ils ploient plutôt que de se déplacer ou de se rompre. Cependant cette mollesse des os, surtout pour ceux du crâne et de la poitrine, permet que les organes qu’ils doivent protéger soient plus facilement meurtris; aussi est-il important de surveiller avec une active attention les enfants qui ont fait une chute sur la tête, afin d’être en mesure de parer aux accidents qui pourraient se manifester vers le cerveau ou ses membranes , par suite de sa contusion ou de son ébranlement : ainsi la perte de l’appétit, la cessation des jeux, un état de tristesse, une douleur, ou même de la pesanteur vers la tête , ce que l’on reconnaît à l’abandon avec lequel l’enfant laisse tomber sa tête sur l’une ou l’autre épaule , sont autant de signes qui chacun doivent éveiller la sollicitude des parents et les engager à avoir recours promptement au médecin , s’ils veulent prévenir des accidents, qui souvent sont de la dernière gravité. Nous défendrons ici l’emploi de ces pièces de monnaies que l’on applique quel quefois immédiatement après une chute sur la bosse formée par le sang épanché, soit au front, soit à toute autre partie de la tête : le danger n’est point dans une légère eccyhmose qui est sans importance, mais dans la lésion des parties qui sont situées au-dessous; et la compression que l’on exerce avec un corps dur, enfermé dans une compresse, ne peut qu’accroître les accidents, sans jamais être d’aucune utilité. Les compresses trempées dans l’eau froide seule, et renouvelées fréquemment, sont encore ce qu’il est le plus avantageux d’employer, surtout dans les vingt-quatre premières heures après l’accident.

Le peu de danger qui souvent accompagne les chutes que font les enfants explique en partie pourquoi celles que font les personnes ivres sont si rarement graves. L’état d’abandon et de résolution dans lequel est le système musculaire de ces dernières fait qu’elles n’opposent, comme les enfants, aucune résistance à la cause qui tend à les renverser, et qu’elles évitent ainsi des con tractions violentes , qui , si elles ne préviennent pas la chute , ne font que la rendre plus forte en accélérant le mouvement. On verra aussi au mot saut pourquoi les sauteurs peuvent impunément franchir de grands espaces , sauter de lieux trèsélevés sans éprouver de ces commotions si vives qui ébranlent le cerveau lorsque l’on fait seulement une chute sur le siège ou sur les genoux ; ces causes tiennent à des effets mécaniques qui se passent dans la charpente de notre corps , comme ils se passeraient dans l’arrangement d’une

machine dont on aurait calculé la multiplicité et la mobilité des pièces pour éviter les contrecoups et les secousses. La multiplicité des articulations des pieds , le mouvement du corps qui s’abaisse et se ploie lorsque l’on saute d’un lieu élevé de quelques pieds , et qui ainsi épuise la force d’impulsion qu’il a acquise par sa vitesse, peuvent faire comprendre comment se passent ces phénomènes ; on s’en convaincra même facilement en sautant seulement de quelques pouces de hauteur, alternativement sur la pointe des pieds ou sur le talon , et l’on verra que la commotion, qui est nulle dans le premier cas, devient presque insupportable dans le second : le moins grand nombre d’articulations qui existent entre la tête et le calcanéum rend facilement compte de ce résultat; car le mouvement se transmet avec plus de facilité au moyen de ces articulations inflexibles et arc-boutées. (Y. Locomotion.)

J. -P. Beaude.

chute de l’anus ou du rectum, chute de Yuterus ou de la matrice. (V. ces mots.)

CHYLE! (physiol.), s, m. (du grec chulos , suc). C’est un suc blanc, laiteux, formé par l’altération du chyme, par la bile et le suc pancréatique pendant la digestion. Ce liquide , qui sert à la nutrition , est porté dans la circulation par le canal thoracique qui s’ouvre dans la veine sous-clavière. (V. Digestion.) J* B.

chylifère ( anat .), adj. On désigne par ce mot les vaisseaux lymphatiques qui ont pour fonction d’absorber le chyle dans les intestins et de le verser dans le canal thoracique. J. B.

chylification ( physiol .) , s. f. Temps de la digestion pendant lequel le chyme est converti en chyle. (Y. Digestion.)

chyme (physiol.) , s. m. On donne ce nom â la masse demi-altérée et en forme de bouillie que présentent les aliments après quelques heures de séjour dans l’estomac et les premiers intestins; cette pâte ou bouillie est aigre, visqueuse, grise, âcre ; modifiée par la bile et le suc du pancréas, elle fournit le chyle. (V. Digestion.) J. B.

chymification (physiol.), s. f Action de la conversion des aliments en chyme; premier degré de la digestion. (V. Digestion .)

ciboule (bot.), s. f. Nom vulgaire de l’ail fis tu leux, allium fistulosum. (V . Ail.)

ciboulette (bot.), s. f. Nom donné à la civette,

allium schœnoprasum. (V . Ail.)

cicatrice (anat. path.), s. f. On appelle ainsi le tissu nouveau qui se forme à la suite des plaies et des blessures qui guérissent ; ce tissu, que M. Delpech a aussi nommé modulaire, est résistant, fibreux , d’un blanc mat ; il persiste toute la vie : une de ses propriétés essentielles est de tendre constamment à se rétracter , même longtemps après sa formation; de là le peu d étendue de la cicatrice , proportionnellement à la largeur de la plaie; cet avantage est malheureusement com-

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pensé par les nombreux inconvénients et les difformités, suites fréquentes de cette rétraction.

La cicatrice en effet tiraille et rapproche en se contractant les tissus auxquels elle s’attache. Il est facile de concevoir qu’il en résultera des déplacements gênants et difformes des parties voisines; c’est ainsi qu’on a observé des cas où les paupières étaient renversées , où les doigts et l’avantbras même étaient fléchis sans qu’on put les étendre, ces parties étant retenues par des brides cicatricielles. On a vu aussi le menton réuni à la poitrine; mais c’est surtout aux ouvertures naturelles, au nez, à la bouche, au vagin et à l’anus, que les accidents sont plus graves ; ces orifices peuvent être rétrécis et oblitérée même: d’autres fois, deux parties voisines, comme deux doigts, par exemple, se trouvant rapprochées, se cicatrisent ensemble, et se trouvent réunies. Toutes les plaies avec perte de substance peuvent donner lieu à ces rétractions et à ces adhérences; mais on les observe le plus fréquemment à la suite de brûlures un peu profondes, et chez les enfants. Il est donc une recommandation très-importante que nous devons faire aux parents, c’est de ne pas négliger les brûlures si fréquentes dans le jeune âge , surtout si elles ont leur siège vers les jointures et aux ouvertures naturelles ; ils épargneront à leurs enfants des difformités auxquelles on ne peut remédier que par des opérations douloureuses et souvent incertaines ; il faudra appeler de bonne heure un médecin instruit pour veiller à la marche de la cicatrisation , la rendre régulière en cautérisant légèrement, avec la pierre infernale , les bourgeons charnus qui sont trop développés , et s’opposer enfin aux adhérences et aux déplacements par des appareils convenables. On ne peut prescrire rien de spécial à cet égard; en général on doit, au moyen de bandages et d’attelles, exagérer l’extension du membre , si la cicatrice avait de la tendance à produire la flexion , et vice versâ; on préviendra les adhérences non naturelles en plaçant de la charpie ou un linge fin enduit de cérat entre les parties voisines qui se touchent; les orifices naturels seront dilatés au moyen de mèches de charpie et d’éponges préparées, et l’on ne doit pas craindre une trop grande dilatation: quoiqu’on fasse, il y aura presque inévitablement un rétrécissement.

On peut corriger les difformités qui résultent d’une cicatrice au moyen de diverses opérations chirurgicales; tantôt on enlève entièrement la cicatrice, et on rapproche la peau dans un sens opposé à celui qui a causé la difformité, et de manière à obtenir la réunion immédiate; tantôt on ne pratique que des incisions ou de simples excisions partielles ; on s’oppose à un nouveau déplacementau moyen de bandages, ou mieux avec des machines orthopédiques. Au moyen du bistouri on détruit de même les adhérences, et on rétablit les ouvertures naturelles oblitérées ou rétrécies ; de la charpie ou d’autres moyens dilatateurs s’opposent à de nouvelles réunions et à toutes récidives. On peut remédier au renversement de la ; paupière en dehors ou en dedans par suite du tiraillement exercé par une cicatrice , en produi- !

Cil)

sant une petite plaie du côté opposé au renversement; la nouvelle cicatrice qui se formera corrigera la difformité en tirant la paupière et faisant équilibre à l’action de la première cicatrice.

On a remarqué que les blessures profondes , telles que celles produites par les armes à feu , étaient suivies de cicatrices qui pouvaient devenir très-douloureuses, surtout quand le temps devait changer et quand un orage se préparait : on soulage ordinairement ces douleurs par quelques douches d’eau de Baréges, ou par des frictions avec le baume tranquille.

La surface des cicatrices est presque toujours sèche et dépourvue de poils; elle présente des aspects variables suivant la nature de la plaie et de la maladie qui la précède. Chacun connaît les petites cicatrices que produisent les pustules de la petite- vérole et de la vaccine. Les ulcères qui surviennent au cou des personnes scrofuleuses laissent des traces indélébiles , remarquables par leur irrégularité et la saillie de la peau; les cicatrices des ulcères syphilitiques sont d’un blanc éclatant et déprimées. Toutes sont sujettes à devenir le siège de nouvelles ulcérations ; on doit donc en général , et lorsqu’elles ont une certaine étendue, les préserver du contact des corps étrangers au moyen de compresses, et, en particulier, de calottes en cuir bouilli pour celles de la tête.

Plusieurs cicatrices , surtout lorsqu’elles sont adhérentes aux os , sont des motifs d’exemption du service militaire. (V. Plaies.)

J.-P. Beaude.

cicatricule [path .), s. f. Petite cicatrice.

cicatrisant ( Ihérap .), adj. On croyait autrefois qu’il y avait des baumes, des topiques qui avaient pour vertu spéciale de cicatriser les plaies; aujourd'hui ces idées sont complètement abandonnées, et les cicatrisants doivent varier avec les circonstances qui accoifipagnent les diverses natures de lésion. (Y. Pansement, Cicatrice .) J. B.

cidre et poiré ihyg.), s. m. On a donné le nom de cidre de pommes et de poiré à une liqueur fermentée, préparée avec le jus du fruit du pommier ou du poirier, liqueur qui se fabrique en très -grande quantité dans plusieurs de nos départements.

La fabrication du cidre et du poiré est ancienne, elle doit sa naissance à l’impossibilité qu’il y a dans certains climats de planter et de faire fructifier la vigne, dont le fruit, lorsqu’il est mûr, fournit la meilleure des boissons fermentées. Si l’on remonte aux auteurs anciens , on voit que l’on a préparé avec les fruits sucrés une foule de boissons auxquelles on donnait le nom de vin , ajoutant à ce mot générique le nom du fruit qui l’avait fourni. Ainsi il est parlé dans Dioscorides [Traité des plantes) des vins de pommes.de coings, de poires, de grenades, de dattes, de figues sèches. Les Latins connaissaient le cidre et le poiré , ils les désignaient sous le nom de vinum pirorum , j vinum malorum aut pomorum.

I Les Romains, à l’exemple des Grecs , faisaient ! usage de cette boisson. Pline l’a placée au rang des

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