PETITE CIGUË
(Aethusa cynapium.)
Racine grêle sans odeur.
Feuilles d’un vert noir exhalant une odeur d'herbe , lorsqu’on les froisse.
Tige cylindrique , striée , glauque , marquée de taches rouges inférieurement.
Involucre général de six, huit folioles.
Iuvolucelle régulier.
Fleurs jaunâtres.
Fruits ovoïdes, presque lisses.
Point d’involucre général.
' Involucelle irrégulier formé de cinq folioles, dont deux très petites et trois très-longues déjetées en dehors et en bas.
Fleurs blanches.
Fruits globuleux, marqués de côtes saillantes.
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ensuite dans presque toutes les maladies, avec des succès variés. Encore aujourd’hui on fait un usage fréquent de la poudre et de l’extrait de ciguë , surtout dans les cas de squirrhe des mamelles , de l’utérus, et de cancer commençant de ces organes. Sans doute les cas dans lesquels cette substance a échoué sont nombreux , mais il en est quelques-uns qui paraissent s’étre améliorés sous son influence; dans les engorgements glandulaires du sein, on met des emplâtres de ciguë sur la partie affectée, et en même temps on donne l’extrait à l’intérieur en commençant par deux grains par jour. Dans les névralgies, Cbaussier et Duméril en ont obtenu de bons effets , et Fothergill l’avait préconisé comme un spécifique contre la coqueluche.
La petite ciguë ( Aethusa cynapium) est une plante moins dangereuse en elle-même que la précé dente, et qui cependant a causé bien plus souvent des accidents, parce qu’elle peut donner lieu à des erreurs que les caractères si tranchés de la grande ciguë rendent tout à fait impossibles. Le lecteur en jugera lui-même. D’abord cette plante vient dans les jardins, le long des haies, dans les terrains bien cultivés, au milieu des légumes; ensuite elle offre avec le persil une ressemblance telle, que des gens inattentifs ne sauraient les dis^ tinguer. Cette plante se reconnaît aux caractères suivants: sa racine est allongée, blanche, fusiforme; sa tige droite, rameuse, cylindrique, légèrement striée^ rougeâtre dans le bas et couverte d’une poussière analogue à celle qu’on observe sur les prunes de monsieur, c’est-à dire qu’elle est glauque ; ses feuilles sont tripinnées, à folioles aigus et cunéiformes , luisantes et d’un vert foncé; l’involucre manque; les involucelles se composent de cinq folioles dont deux sont fort petites , tandis que les trois autres, très-longues, sont déjetées en dehors et en bas et dépassent l’ombellule. Les fleurs sont blanches, le fruit globuleux et relevé de cinq côtés. D’après cette description, on voit combien cette plante offre de ressemblance avec le persil commun; en effet, la racine, les feuilles, la disposition des fleurs, les fruits , la hauteur de la tige, tout est semblable entre ces deux plantes, et comme pour rendre la méprise plus facile, elles croissent le plus souvent pêle-mêle ; aussi, pour faire ressortir leurs différences, les présentons-nous ici sous forme de tableau :
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Plusieurs de ces caractères ne sont qu’à l’usage des botanistes, et cependant les jardiniers et les cuisiniers savent très-bien distinguer la petite ciguë du persil; ils se servent de deux caractères dont le choix est en rapport avec leurs occupations habituelles. Le cultivateur ne se trompe jamais à cause du vert bien différent des feuilles, la ménagère à cause de leur odeur si opposée.
La ciguë des jardins est un poison violent : M. Orfila vit mourir en une heure un chien robuste auquel il avait fait avaler sept onces de suc de cette plante ; le grand Haller fut incommodé toute une nuit pour avoir mangé de cette plante. Dans les Archives de médecine (janvier 1830), on donne l’exlrait d’un travail deM. le docteur Salé, de Fontevrault, dans lequel il rapporte l’exemple de deux personnes qui moururent après avoir mangé ce végétal en salade; la première fut prise, une heure après le repas, de vertiges, de nausées, d'un état comateux, de sueur froide, d’un refroidissement général suivi de mort ; l’autre , ayant avalé un vomitif, rejeta le poison, mais elle mourut néanmoins au bout de quelques semaines. Nicat a vu expirer un enfant sous ses yeux; il eut d’abord des crampes d’estomac, puis de l’engourdissement, des nausées, des vertiges, des vomissements abondants ; la face devint bleue , les extrémités froides, le pouls très-lent et très-faible, et enfin, il succomba. Les vomitifs, les acides végétaux sont indiqués ici comme dans le cas précédent.
Ciguë vireuse (Cicuta virosa, Linné; Cicutaria aquatica, Lamarck) .Cette plante croît sur les bords des mares et des ruisseaux : sa racine blauchàtre et charnue est remplie d’un suc laiteux; la tige est creuse , glabre , striée , cylindrique , rameuse , haute de deux à trois pieds; les feuilles tripinnées, leurs folioles dentées en scie ; les ombelles sont portées sur dix, quinze rayons presque égaux, et l’involucre est formé d’une seule foliole; les fleurs sont petites et blanches. Wepfer donne l’observation d’un enfant de six ans qui mourut au milieu de convulsions horribles, une demi-heure après avoir mangé une racine de ciguëvireuse qu’il avait prise pour un panais; et dernièrement encore (16 septembre), le journal Le Temps rapportait que, dans les environs de Bayonne , une famille de cinq personnes, le père, la mère, deux enfants, dont l'un de huit ans, l’autre de onze mois, et un garçon de ferme de dix-huit ans , étant affectés de la gale , eurent l’idée de se frotter avec les feuilles de la plante qui, dans le pays, se nomme céleri sauvage ; le garçon de ferme et le plus jeune des deux
enfants sont morts dans les plus atroces douleurs ; les trois autres personnes n’ont été sauvées que grâce à la promptitude des secours qui leur ont été administrés par un médecin de Bayonne.
Heureusement la ciguë vireuse est peu commune en France ; elle se trouve le plus souvent au milieu des mares, et rien en elle ne saurait tenter l’appétit ni occasionner une méprise; aussi a-telle rarement donné lieu à des empoisonnements.
La cigüe aquatique ( Phellandrium aquaticum). Cette plante est beaucoup plus commune que la précédente, elle habite les mêmes localités. Sa tige, qui est noueuse , striée , cylindrique et rameuse, s’élève à quatre ou six pieds. Les nœuds inférieurs sont garnis de racines adventives. Les feuilles très-grandes sont pinnées et chacune des folioles est pinnaliflde. Les fleurs ont une couleur blanche, elles sont dépourvues d’involucre, mais munies d’involucelles. Linné avait pensé que les accidents qui surviennent chez le bétail qui broute ce végétal dépendaient de lalarved’un insecte, le Cifculio parapleclicus, ou charançon paraplectique, qui se nourrit de la moelle du phellandre aquatique; mais ni Gmelin, ni Bulliard, ni Degeer n’ont pu retrouver cet insecte ; les accidents de paralysie doivent donc être attribués à la plante elle-même, non à l'insecte problématique dont parle Linné. Les médecins allemands, le vénérable Hufeland à leur tête, regardent les graines du Phellandrium comme le meilleur remède connu contre la phthisie; ils les donnent en poudre à la dose de six, huit grains, répétés plusieurs fois dans la journée. M. Serres suit la même pratique à l’hôpital de la Pitié.
Les quatre plantes ombellifères que nous venons de passer en revue sont, comme on l’a vu, de redoutables poisons; il est intéressant de remarquer que la même famille renferme des végétaux alimentaires, tels que la carotte, le céleri, le persil, le cerfeuil ; et d’autres qui sont aromatiques comme le fenouil, la coriandre, l’anis, le cumin, etc.
Martins.
CHS ( anal .), s. m. pl. Ce sont de petits poils longs et roides qui bordent les paupières. Les cils, qui varient de couleur et de longueur suivant les individus, ont pour fonction d’empêcher l’introduction dans l’œil des insectes et des corps légers qui volent dans l’air. Les physiologistes leur attribuent, ainsi qu’aux sourcils, la faculté de diminuer l’intensité d’une lumière trop vive, et de la rendre ainsi inoffensive pour les yeux . Les cils sont sujets à toutes les autres maladies du système pileux, et on les voit quelquefois tomber, ainsi que les sourcils, dans certaines maladies où leurs bulbes sont affectés. (Y. Vision, Pileux (système).) J. B.
ciliaires (a».aL),adj., qui a rapport aux cils. Se dit du bord des paupières où sont implantés les cils. On a nommé corps ciliaire un anneau qui entoure le cristallin en forme de couronne ; il y a un ligament ciliaire, des procès ciliaires , des artères, des veines et des nerfs ciliaires. Toutes ces dernières parties sont contenues dans l’intérieur de l’œil. (V. OEil , Vision.) J. B.
cimetière. Y. Inhumation.
cimoeée (terre) (mat. mèd.). On désigne sous ce nom la boue que forment les couteliers par l’usure
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des meules en repassant les instruments de fer. Cette houe est un mélange de grès et d’oxyde de fer ; elle est astringente et on l’emploie quelquefois pour activer la résolution de certaines tumeurs. L’origine de ce nom vient d’une espèce d’argile que | l’on tirait de l’une des Cyclades, l’île de Cimolys , et que Galien indique comme jouissant de propriétés astringentes. J. B.
cinabre ( chim .), s. m. C’est un mélange de soufre et de mercure, sulfure de mercure. (V. Mercure.)
circoncision, s. f. Nous ne pensons pas qu’il soit ici convenable de traiter de la circoncision comme opération de chirurgie, et nous ne ferons qu’effleurer son histoire considérée sous le point de vue hygiénique et religieux. Parmi les pratiques anciennes, générales, populaires, il en est peu dont la singularité nous frappe autant que la circoncision. En voyant cet usage consacré par les plus antiques religions d’Orient, perpétué par le mahométisme et le judaïsme, il était naturel de se demander si le dogme, qui commande et n’explique pas, ne reposait pas sur quelque mobile sage et avoué parla raison. Bien des philosophes se sont adressé cette question, et la réponse, à peu près unanime, a été : La circoncision est une pratique d’hygiène. II faut avouer cep' ndant que nous n’en comprenons pas parfaitement la nécessité; mais le climat différent, et peut-être une notable variété de conformation des parties sexuelles chez les Orientaux, justifientils les législateurs sacrés d’avoir imposé cette opération comme mesure de propreté nécessaire? I! est certain que, chez l’un et l’autre sexe, il s’opère, dans les parties soumises à la circoncision, la sécrétion d’une matière sébacée fétide, susceptible de les irriter, d’y déterminer des éruptions ou des écoulements maladifs. En été, les sécrétions périphériques ou extérieures sont plus abondantes, conséquemment aussi dans les climats chauds : voilà pourquoi les Orientaux sont tenus à plus de soins de propreté des parties génitales. Aussi, le même culte qui ordonne la circoncision comme sceau nécessaire et indélébile du baptême, fait-il une loi d’ablutions fréquentes aux organes de la génération. C’est sans doute par extension de ce précepte religieux que le rasement et la dépilation de ces parties sont si communes chez les maliométans des deux sexes. Quant aux particularités d’organisation génitale qui justifieraient la circoncision, il est positif qu’en Égypte, où elle paraît avoir pris naissance, nous avons remarqué, notamment sur les matelots du Nil, qu’on voit souvent, dans la nudité, un développement plus qu’ordinaire des parties sexuelles, et il est probable que les Égyptiennes, soumises aussi à la circoncision, présentent une exubérance analogue dans l’appareil génital externe. Est-il vrai que cette opération ait eu également pour but de modérer l’entraînement aux plaisirs sexuels, en enlevant une portion du tissu érectile, siège d’une sensibilité spéciale? Nous ne le pensons pas; car chez l’homme le prépuce n’est point formé par ce tissu. Chez la femme, la résection des petites lèvres, qui se pratique souvent en Égypte et en Orient, n’a point le caractère religieux que présente la circoncision de l’homme.
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Quoi qu’il en soit, ni le besoin de propreté, ni le surcroît de développement qui n’est point monstrueux, ne nous semblent motiver suffisamment la circoncision comme pratique générale d’hygiène. 11 suffirait aux Orientaux, comme aux peuples d’Occidentqui suivent d’autres lois etd’autres coutumes , de simples lotions aux organes sexuels, pour prévenir les accidents que la malpropreté peut y faire naître. Comme celle pratique hygiénique trouve naturellement sa place ici, nous en dirons quelques mots. Le peuple des campagnes montre à cet égard une négligence incroyable; on dirait que pour lui les.ablutions des parties génitales sont quelque chose d’indécent et d’irréligieux. Dans les grandes villes , et particulièrement à Paris, l’excès contraire est assez fréquent et surtout chez les femmes. Par des lotions trop répétées, sans attention à la température et parfois à la composition de l’eau qui sert à cet usage, elles déterminent, tour à tour, du relâchement , des irritations , des fluxions catarrhales, des suppressions de règles. Il faut reconnaître pourtant que les préjugés des habitants des campagnes ne sont pas dénués de toute espèce de raison. Sachant quelle est l’exquise sensibilité des parties génitales, ils pensent qu’on ne saurait trop en éloigner les attouchements et en détourner l’attention. Nul doute que la pratique des ablutions n’ait été souvent une occasion de contracter de malheureuses habitudes d’onanisme et qu’elle n’ait mérité la sollicitude des mères sous ce rapport. D’un autre côté, la malpropreté occasionne dans les parties un prurit, une irritation qui peut conduire au môme vice. Somme toute, et sans faire intervenir les soins délicats que réclament les rapports conjugaux, l’usage journalier de lotions d’eau faiblement tiède dans toutes les saisons est parfaitement hygiénique.
Encore générale en Afrique et en Asie, la circoncision religieuse , dont nous ne détaillerons pas les modes opératoires et les pansements consécutifs, se pratique, chez l’homme, en excisant une portion du prépuce; chez la femme, une partie des nymphes ou petites lèvres, et de plus, selon d’autres, le clitoris. On conçoit d’après cela que l’explication de la fête de la chrétienté qui porte le nom de cette opération ait maintesfois embarrassé des parents pudiques questionnés à ce sujet par leurs enfants. La circoncision est plus facile dans le jeune âge, et les mahométans y procèdent de très-bonne heure. L’opération est communément simple et exempte de dangers ; cependant nous en avons constaté des accidents. Quant aux circonstances chirurgicales qui nécessitent la circoncision, telles que les paraphymosis, l’exubérance monstrueuse et les désorganisations du prépuce, nous croyons' qu’il serait hors de propos de les développer ici.
A. Làgasquie ,
Docteur en médecine , membre de la commission d'Égypte.
circonflexe ( anat .), adj., nom donné à des nerfs et à des artères qui existent autour des articulations de l’épaule et de la cuisse. J. B.
circonvolution (anat.), s. f. On donne ce nom
aux sinuosités que forment les replis des intestins qui sont contenus dans la cavité abdominale. (V. Intestins.) Le nom de circonvolutions cérébrales a été donné aux élévations et aux replis que l’on observe à la surface du cerveau, et qui présentent une analogie de forme avec les circonvolutions intestinales. Les circonvolutions qui existent sur toute la surface du cerveau sont formées à l’extérieur par la substance griss, et à l’intérieur par la substance blanche. (V. Cerveau . )
circulation (physiol.), s. f. Malgré les qualités qu’acquiert le sang par l'alimentation de l’individu, ce liquide serait impropre à la nutrition, si chacune de ses molécules n’était incessamment soumise à l’action de l’air contenu dans les poumons : l’étude des puissances qui portent le sang des poumons à toutes les parties du corps et le font revenir à ces organes va nous occuper ici ; ce trajet parcouru par chaque molécule du sang, offrant une courbe rentrante et fermée , cette fonction a été appelée circulation.
On reconnaît comme agents principaux du mouvement du sang, deux muscles creux et leurs appendices; l’un droit, le ventricule pulmonaire et son appendice l’oraillette droite; l’autre gauche, ventricule aortique et l’oreillette gauche. Ces cavités unies ensemble par des fibres musculaires, forment le cœur : les deux ventricules se contractent en même temps , il en est de même des deux oreillettes; à la contraction des ventricules succède la dilatation ou mieux le relâchement des oreillettes, et vice versâ-.
Des physiologistes ont cru devoir appeler petite circulation, le cours du sang qui, passant par le poumon , va du cœur droit au cœur gauche ; et par opposition, grande circulation, le mouvement du sang qui se rend du cœur gauche au cœur droit, en passant par toutes les parties du corps : la première est appelée circulation pulmonaire , elle est le siège de l 'hématose qui s’effectue à l’aide de la respiration, (voyez ce mot); l’autre est la circulation générale, c’est par elle qu’ont lieu la nutrition, les sécrétions, etc.
Le sang, lancé par le ventricule gauche dans l’aorte pour arriver à toutes les parties du corps , parcourt un ordre de conduits ou de vaisseaux qu’on appelle artères , et dont l’ensemble constitue l’arbre artériel; de ces conduits il passe dans de petits vaisseaux dont la ténuité leur a fait donner le nom de capillaires, lesquels sont la terminaison des artères et en même temps l’origine d’autres conduits qu’on appelle veines, et qui forment par leur ensemble l’arbre veineux ; elles aboutissent à un tronc commun qui est l’oreillette droite. (V. Artères, Veines .)
L’aorte, en se divisant et se subdivisant, offre des branches, des rameaux, et en dernier lieu des ramuscules; leurs diamètres respectifs diminuent de plus en plus , de sorte que celui des ramuscules qui se rendent immédiatement dans les capillaires est le plus petit. Il en est de môme de l’arbre veineux. Les capillaires qui reçoivent les ramuscules artériels et donnent naissance aux
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ramuscules veineux se distinguent des deux ordres de conduits précédents , en ce que ces vaisseaux, se divisant et s’anastomosant, forment le plus souvent une sorte de réseau, et offrent dans ces divisions et anastomoses un diamètre qui est le même; ils ne donnent passage qu’à quelques globules à la fois , le plus souvent qu’à un seul. C’est ce système capillaire général qui est le siège de la nutrition et dans lequel s’effectuent les sé- : crétions diverses de l’économie ; il est aussi le siège de 1 inflammation.
La circulation pulmonaire offre aussi un arbre artériel dont le tronc, l’artère pulmonaire, naît du ventricule droit; un système capillaire où se fait l’hématose, et un arbre veineux, qui se rend âl’oreillette gauche par quatre troncs principaux, les veines pulmonaires.
Le sang qui va des capillaires pulmonaires en passant par les cavités gauches du cœur au système capillaire général est artériel, celui qui va de ce dernier système aux capillaires des poumons, en passant par les cavités droites du cœur, est veineux.
Si on imagine une section faite dans le système capillaire , soit général, soit pulmonaire, entre les ramuscules artériels et veineux , la surface de cette section sera beaucoup plus considérable que celle qui proviendrait des sections normales aux ramuscules, et cela à cause des divisions et anastomoses nombreuses que présentent les systèmes capillaires ; de sorte que le sang dans les capillaires a, toutes choses égales d’ailleurs, une moindre vitesse que dans les ramuscules artériels et veineux.
Les parois des artères, des capillaires, des veines , par leur affinité pour le liquide qui les parcourt, fixent à leur surface intérieure une couche de sérum; cette couche, maintenue ainsi immobile, empêche le sang qui se meut de frotter contre les parois , et garantit par sa présence ces vaisseaux, de l’usure qui en serait résultée si ce frottement eût eu lieu : en outre par suite de l’existence de cette couche immobile, le sang se meut sur lui-même, et la mobilité extrême des molécules liquides les unes sur les autres rend alors presque nulle la diminution de la force d’impulsion du sang provenant de cet autre frottement, qui n’a lieu que sur une longueur de deux mètres au plus; il en eût été autrement si le frottement se fût exercé entre le sang et les parois so- [ lides des vaisseaux.
Les artères et les veines sont incessamment distendues parle sang qu’t :s reçoivent, par suite de la pression, supérieure à celle de l’atmosphère, du sang qui les parcourt; en vertu de l’élasticité qu’offrent leurs parois, dès que la cause qui les dilate cesse d’agir, ces vaisseaux reviennent subitement sur eux-mêmes, leurs parois se rapprochent de leur axe, et ils ont un plus petit volume : ces phénomènes sont plus prononcés dans les vaisseaux dont les paroissont plus résistantes, comme les artères, et aussi quand la pression du sang qu’ils contiennent est plus considérable.
Cela posé, on conçoit aisément qu’un liquide se mouvra en un sens déterminé dans un vaisseau
qu’il remplit, si une nouvelle quantité de liquide est poussée à l’une de ses extrémités, l’extrémité opposée offrant une pression moindre que celle dii liquide qui est introduit; et le mouvement du liquide sera continu au lieu d’être intermittent comme l’introduction, si le vaisseau dilaté par 1 suite de l’arrivée du liquide , et fermé à l’une de ses extrémités , revient , immédiatement après ! l’introduction, subitement sur lui- même. On conçoit aussi qu’il y aura mouvement si une pres- ! sion supérieure à celle du liquide qu’il contient,
| s’exerçant à la surface extérieure du vaisseau, tend à diminuer son calibre , le mouvement aura lieu vers l’extrémité où la pression est moindre; il en sera de même si le vaisseau, à parois musculeuses, tend à diminuer de volume par suite de l’action des fibres musculaires.
Nous allons voir les capillaires , les artères , les veines , le cœur, offrir respectivement ces divers modes de circulation.
Ces propriétés des parois des vaisseaux , et ces principes d’hydrodynamique bien compris, l’intelligence du mécanisme de la circulation ne doit offrir aucune difficulté.
Nous prenons le sang dans le ventricule gauche; dès qu’il se contracte, la plus grande partie du sang qu’il contient tend à se porter vers les orifices qu’il présente; l’un est l’ouverture auriculoventriculaire garnie des valvules mitrales, etl’ autre la lumière de l’aorte avec ses valvules sigmoïdes; du côté de l’oreillette, le sang qui arrive des veines pulmonaires s’oppose en partie an reflux du sang qui vient du ventricule ; il en est d’ailleurs empêché par la présence des valvules mitrales qui vienuent de se redresser en rejetant dans l’oreillette une certaine quantité du sang correspondant à leur face auriculaire; la plus grande partie du sang du ventricule est donc poussée dans l’aorte, les trois valvules sigmoïdes ayant cédé au flot de sang lancé par la contraction de cette cavité. Cette ondée de sang; pénétrant dans l’arbre artériel plein de liquide , fait sentir sa présence dans toute son étendue, jusqu’aux derniers ramuscules artériels, et même dans les systèmes capillaire et veineux; en même temps toutes les artères se dilatent, leurs courbures tendent à se redresser, il y a une locomotion des artères droites due à leur allongement (ces derniersphénomènes constituent le pouls) ; aussitôt après , par suite de l’élasticité des parois artérielles , les artères re- : viennent sur elles-mêmes , c’est-à-dire que leurs parois se rapprochent de leur axe , elles diminuent de volume ; les valvules sigmoïdes, qui tout à l’heure s’étaient redressées le long de l’aorte, s’appliquent les unes contre les autres, et la ferment de ce côté complètement: de sorte que par suite de ce retrait brusque, instantané, de tout le système artériel, l’introduction du sang des artères dans les capillaires continue encore d’avoir lieu. Au moment de la systole du cœur, la pression du sang est plus grande que celle qui vient du retrait des artères après leur dilatation; la force avec laquelle l’ondée de sang est lancée par le cœur n’est donc pas employée en entier à lancer le sang dans le système capillaire, une partie sert à dilater les
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artères, à produire les locomotions dont nous venons de parler ; il y a donc perte de la force d’impulsion du sang, mais en revanche, l'introduction du sang dans les capillaires est continue et légèrement saccadée, au lieu d’être intermittente. Au moment de la contraction du cœur, la pression de toute la masse sanguine artérielle est la même dans toute l’étendue de l’arbre artériel , comme on l’a démontré expérimentalement en exprimant cette pression en millimètres de mercure; aussi la force statique de chaque particule sanguine est-elle constante dans toute l'étendue des artères, quelle que soit la grosseur de l’artère, quelle que soit la distance du cœur des points artériels où on l’examine. Au moment où l’ondée de sang est lancée par le ventricule gauche dans l’aorte, le sang artériel n’est point en repos, il est doué d’une certaine vitesse due au retrait des artères ; donc le système artériel n’a pas atteint sa limite de diminution , lorsqu’à lieu la systole du cœur; par conséquent, la lorce de contraction du ventricule ne met pas en mouvement la masse sanguine artérielle, elle ne fait que lui communiquer une vitesse plus grande. Il n’en est pas de même qqand le cœur a moins de force ou qu’une partie seulement de l’ondée pénètre dans le système artériel, comme dans l’agonie par exemple , les artères sont à peine dilatées, et alors il y a repos de toute la masse sanguine en l’absence des contractions du cœur , de telle sorte que dans ces cas le mouvement du sang est tout à fait intermittent dans, les artères, les capillaires et les veines.
Une autre circonstance qui rend aussi plus grande la vitesse du sang artériel est, comme nous le verrons bientôt, les mouvements respiratoires, surtout l’expiration.
Nous avons dit qu’une couche de sérum extrêmement mince , de quelques millièmes de millimètre , par exemple , fixée par l’affinité qui s’exerce entre les parois des vaisseaux et le liquide quis’y*meul , tapissait leur intérieur, et par là rendait nul le frottement du sang contre les parois solides des vaisseaux; mais la cohésion qui a lieu entre la couche immobile du sérum et la colonne en mouvement rend très-différente la vitesse du sang dans l’épaisseur du vaisseau; ainsi, ‘dans les vaisseaux dont le diamètre égale environ la largeur de quinze à vingt globules, et dont les parois sont transparentes, on voit, à l’aide du microscope, en allant de l’axe du vaisseau vers les parois, la vitesse des globules tout à fait différente; au centre ta vitesse est à son maximum ; elle diminue au fur et à mesure qu’on s’en éloigne ; tout près des parois on distingue un espace très-transparent qui n’est occupé que par du sérum : cet espace a une largeur égale au dixième environ du diamètre du vaisseau. Lorsque quelques globules, heurtés les uns contre les autres, se trouvent lancés dans cette partie transparente du vaisseau, ils ont un mouvement extrêmementlent, etils cessent de se mouvoir quand ils sont presque en contact avec les parois des vaisseaux; les globules les plus voisins de cette partie transparente ont un double mouvement de rotation et de translation ; ils roulent pour ainsi dire sur cette couche de sérum.
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Ce que nous venons de dire au sujet de cette couche dans les artères se passe aussi dans les veines.
Le rôle qu’elle remplit dans les capillaires est tellement important , qu’il ne saurait être passé ici sous silence. Le diamètre des vaisseaux capillaires est environ celui de un et demi, deux et trois globules; en sorte que chaque globule, dans le mouvement du sang à travers les capillaires, est obligé de passer entre les couches immobiles du sérum; il roule tantôt sur elle, tantôt s’y enfonce et reste immobile comme elles, ou bien deux globules marchent de front dans le même vaisseau; si l’un est placé plus avant dans la couche que son congénère , celui-ci poursuivra sa route lorsque l’autre restera en arrière , et ne reprendra sa marche que par son contact avec un autre globule passant au centre du vaisseau. On voit par là que la vitesse du sang dans les capillaires est très-irrégulière ; tantôt l’une des divisions d’un même vaisseau capillaire offrira une très-grande vitesse, lorsque l’autre division ne sera le siège d’aucun mouvement de ses globules, par suite de leur agglomération résultant de la présence de la couche de sérum dont nous nous occupons. Cette agglomération est favorisée d’une manière particulière par le froid qui augmente l’épaisseur de la couche , et qui devient par là cause du ralentissement, de l’arrêt de la circulation capillaire.
Quoi qu’il en soit de cette irrégularité de vitesse dans les capillaires , toujours observe-t-on que dès que la force qui meut le sang dans les artères vient à augmenter ou à diminuer, la vitesse moyenne dans les capillaires et les veines augmente et diminue aussi; ainsi, à chaque contraction du cœur, la vitesse du sang artériel devenant plus grande, celle des capillaires et des veines est aussi augmentée : il en est de même dans l’expiration qui rend aussi plus considérable la pression du sang artériel , les gros troncs étant plus comprimés dans ce temps de l’acte respiratoire. Les observations microscopiques, et toutes les exaériences faites à ce sujet , démontrent cette Influence de la circulation artérielle sur la circulation capillaire et veineuse.
S’il est démontré que les artèreJ se dilatent à chaque systole du cœur, il n’en est pas de même des capillaires qui, à un grossissement de trois à quatre cents diamètres, ne paraissent pas changer de volume : aussi regarde-t-on ces petits vaisseaux comme tout à fait étrangers aux causes qui meuvent le sang qui les traverse ; de telle sorte qu’on peut affirmer que dans la vie extra-utérine, sans cœur, c’est-à-dire en l’absence d’un organe musculeux creux , offrant incessamment et alternativement des mouvements de systole et de diastole, toute circulation dans les capillaires est impossible.
Dans les vaisseaux capillaires, la Dénétration obligée des globules sanguins dans la couche immobile de sérum , diminue nécessairement la force avec laquelle le sang est lancé des artères dans les veines en traversant les capillaires. Pourrait-on attribuor à cette circonstance la dilîé-
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rence do pression qu’offrent les artères et les
veines ?
Le sang dans les veines , ainsi que le fait pressentir ce qui se passe dans les capillaires , a un mouvement continu, mais légèrement saccadé pendant les contractions du ventricule et les mouvements d’expiration : sans doute que ces vaisseaux, comme les artères, éprouvent une dilatation ; mais elle est si petite , et leurs parois sont si peu résistantes, surtout dans les veines profondes, que leur faible retrait no semble pas être une cause du mouvement du sang dans ces vaisseaux. Des valvules placées dans les veines d’un certain calibre s’opposent, comme nous allons le voir tout à l’heure , au retour du sang vers les capillaires généraux.
Le sang arrive ainsi par trois troncs, l’un trèspetit, la veine coronaire, les deux autres trèsconsidérables , les veines caves inférieure et su périeure , à l’oreillette droite ; mais avant d’y parvenir, des causes de progression viennent accessoirement l’aider à s’introduire dans la poitrine: ces causes sont les mouvements d’inspiration et d’expiration. Au moment de l’inspiration , l’air de la poitrine se raréfiant par la dilatation de cette cavité, la pression de l’atmosphère l’emporte sur celle de l’air qui y est renfermé, et le sang des veines jugulaires sous -clavières et veine cave inférieure tend à se précipiter dans le thorax ; cette cause du mouvement du sang dans les veines, due à l’inspiration , no s’étend qu’à quelques centimètres de la poitrine,- par l’inspiration, les gros troncs veineux se déchargent dans cette cavité, le sang des veines qui y aboutissent rencontre seulement moins de résistance à se mouvoir ; aussi les mouvements d’inspiration ne constituent-ils qu’une cause accessoire du cours du sang veineux.
A l’inspiration succède l’expiration ; alors la poitrine se resserre, la pression de l’air de l’intérieur de cette cavité devient plus grande ; par suite, les veines qui y sont contenues sont comprimées et tendent à se débarrasser du sang qu’elles renferment; mais les valvules, que le reflux du sang vient d’appliquer les uns contre les autres, s’opposent à la soi lie d’une nouvelle quantité de sang : ce liquide , ainsi arrêté par les val vules des jugulaires et des sous-clavières , et comprimé en même temps dans les veines , se présente de nouveau à l’action de l’oreillette droite, dont le jeu est plus fréquent dans un temps donné , que les mouvements respiratoires dans le même temps : ainsi, si l’inspiration appelle le sang veineux vers la poitrine, l’expiration aussi concourt puissamment à mouvoir le sang vers le cœur.
Quant au cours du sang de la veine cave inférieure pendant l’expiration , il se lie intimement à la circulation veineuse abdominale dont nous allons nous occuper. Au moment de l'inspiration il y a de la part de la poitrine, comme nous venons de le dire , aspiration du sang de la veine cave inférieure; mais le mouvement du sang dans cette veine est encore favorisé, dans le temps de l’inspiration, par l'abaissement du diaphragme, qui
presse les viscères abdominaux; alors les muscles des parois antérieures et latérales de l’abdomen se trouvent distendus ; s’il ne s’agit que des mouvements respiratoires ordinaires, ils reviennent bientôt sur eux-mêmes eu vertu de leur élasticité, ou bien ils se contractent plus ou moins fortement si les mouvements respiratoires sont plus grands que dans l’état ordinaire. Dans l’accomplissement de ce second temps de la respiration , c’est -à-dire l’expiration, les parois de l’abdomen pressent à leur tour les viscères , et par suite les veines abdominales ; par ce mouvement, le sang veineux est chassé de l’abdomen ; mais il ne peut refluer des veines dans les artères à travers le système capillaire abdominal, puisqu’en môme temps la pression des artères est aussi augmentée; le sang ne peut donc se porter que vers les membres abdominaux ou vers la poitrine; mais les veines des membres inférieurs, comme les iliaques externes, présentent des valvules qui s’opposent à ce reflux; le sang ne peut donc qu’être refoulé dans la poitrine, dont l’arrivée dans celte cavilé est encore favorisée par le relâchement de l’oreillette droite qui succède à sa contraction , cavité dont les mouvements sont plus nombreux que ceux de la respiration. Ainsi l’expiration ne concourt pas moins que l’inspiration à faire mouvoir le sang dans les veines abdominales. Remarquons que le cours du sang, dans le système de la veine porte, soumis à l’action du ventricule gauche et des artères , se trouve en outre particulièrement sous l’influence des mouvements d’inspiration et d’expiration , mouvements qui ont lieu , comme ceux du cœur, depuis la naissance jusqu’à la mort. ! Ainsi le sang amené par les artères , pour arriver à la veine cave inférieure, et qui doit passer par I la veine porte , et par conséquent traverser un second système capillaire qui est dans le foie , j trouve dans l’action du diaphragme et celle des j autres parois de l’abdomen des puissances incessantes, par suite des mouvements d'inspiration et d’expiration.
Ces causes du mouvement du sangveineux. dues aux mouvements respiratoires , ne sont qu’accessoires , puisque de jeunes mammifères , maintenus dans le vide ou sous une pression de deux cen- j timètres de mercure, offrent une circulation qui conserve toute son intégrité pendant des heures I entières, comme au sein de i'atmosphère.
Il en est de même d’une pression ambiante de plusieurs atmosphères.
D’autres causes facilitent encore le cours du sang veineux : tels sont les mouvements muscu- i laires qui compriment et les veines et les artères, le battement de ces derniers vaisseaux contre les veines voisines , les vêtements plus ou moins ) serrés contre les membres , etc., etc.; aussi la vitesse du sang dans les veines est-elle très-variée.
De là la nécessité de nombreuses anastomoses qu’on rencontre dans ces vaisseaux , et qui ne trouvent leurs analogues dans les artères , que dans celles qui se distribuent immédiatement aux intestins.
Le sang fait donc irruption dans l'oreillette droite du cœur par deux troncs veineux considé-