‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 162 sur 316 · GIR · texte numérisé non relu

GIR

cm

râbles , les veines caves supérieure et inférieure, et par la veine coronaire, et l’emplit dans son état de relâchement; alors l’oreillette se contracte et tend à expulser la majeure partie du sang qu’elle contient; mais comme au moment de sa contraction le ventricule correspondant se dilate , les valvules tricuspides cèdent au flot venant de l’oreillette; la plus grande partie du sang de cette cavité passe dans le ventricule; une petite quantité cependant , malgré la résistance que lui offre le liquide qui arrive des veines caves supérieure et inférieure, reflue dans la veine jugulaire externe , et constitue dans certains cas le pouls veineux.

A la contraction de l’oreillette succède immédiatement celle du ventricule : le sang comprimé par cette cavité tend à s’échapper par l’orifice auriculo-ventriculaire et par l’artère pulmonaire ; mais la valvule tricuspide, redressée par le sang du ventricule et retenue par des colonnes charnues et tendineuses, forme du côté de l’oreillette un obstacle qui s’oppose à la sortie d’une nouvelle quantité de sang qui , d’ailleurs , en est empêchée par celui qui remplit en cet instant l’oreillette. Le sang du ventricule passe donc en grande partie dans l’artère pulmonaire en appliquant le long des parois de ce vaisseau les trois valvules sigmoïdes.

Le sang, ainsi poussé dans l’artère pulmonaire, la dilate : elle revient aussitôt sur elle-même , et dans ce retraitées valvules sigmoïdes s’appliquant les unes contre les autres , ferment du côté du cœur toute issue au sang contenu dans ce vaisseau : il est alors obligé de continuer sa route vers les capillaires des poumons, au travers desquels il passe par un mouvement continu saccadé , sous l’influence des contractions du ventricule droit et du retrait de l’arbre artériel pulmonaire, ainsi que nous l’avons vu par l’arbre artériel aortique. Les mouvements d’inspiration et d’expiration viennent aussi s’ajouter aux causes précédentes, dans la progression du sang à travers les capillaires pulmonaires. C’est dans ces vaisseaux capillaires que le sang veineux se trouve transformé par l’acte respiratoire en sang artériel. (Voyez Respiration.)

De ces vaisseaux , le sang se rend dans les radicules des quatre veines pulmonaires et se précipite , toujours sous l’influence des causes précédentes , dans l’oreillette gauche , dont le relâchement coïncide avec la contraction du ventricule droit. Comme l’action de cette cavité sur le sang qui s’y rend est la même que celle de l’oreillette droite , il est inutile de l’exposer de nouveau.

A la contraction de l’oreillette gauche succède immédiatement celle du ventricule correspondant , et le mouvement circulatoire se trouve par là accompli.

Nous venons de considérer la circulation chez un individu couché , placé horizontalement. Dans la station verticale , la pesanteur est favorable au cours du sang artériel dans les membres inférieurs, et en même temps elle diminue la force d’impulsion dans les veines ; le contraire a lieu pour les parties situées au-dessus du thorax; la pesanteur favorise le cours du sang veineux, et diminue né-

cessairement la force d’impulsion du sang artériel. Aussi, dans la position des bras élevés verticalement, la main pâlit aussitôt; c’est le contraire lorsque la tête est dirigée en bas et le corps en haut, la rougeur très-grande de la face et du cou, comparée à celle des pieds dans la station verticale , pourrait nous indiquer , dans le système capillaire de la peau de cette partie du corps (le cou et la face), un développement qui n’a pas lieu dans les autres parties, si déjà on n’était pas averti de la nécessité d’un calibre plus grand des vaisseaux capillaires de ces parties, puisqu’elles sont habituellement découvertes et soumises aux intempéries des saisons.

Les bornes très-limitées qui nous sont imposées ne nous permettent pas d’entrer dans de plus grands détails sur cette fonction si importante de notre économie; mais le lecteur pourra facilement suppléer lui-même à notre silence, en s’appuyant sur les phénomènes principaux que nous venons d’exposer. Voyez, pour quelques détails particuliers, le mot Cœur. Poiseuille,

[Membre de l’Académie de médecine.

cir.cumduction ( physiol. ), mouvement dans lequel un membre ou un os décrit une sorte de cône dont le sommet est dans l’articulation.

cire (mat. méd.), s. f. (du latin cera ). C’est une substance recueillie par les abeilles sur les végétaux, et avec laquelle elles construisent les alvéoles qui renferment leurs larves et leur provision de miel ; les gâteaux formés par la réunion de ces alvéoles ont reçu le nom de rayons.

La cire est jaune, solide, inflammable; coupée en petits morceaux et exposée à l’action de Pair et de l’humidité , elle blanchit, et reçoit alors le nom de cire vierge; elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant, dans l’éther, et les huiles volatiles ; elle s’unit en toute proportion avec les huiles fixes et les corps gras. La cire à une basse température est dure et cassante , elle se ramollit à une température voisine de 35° centigr., et est fusible à 62°; elle est composée, suivant les chimistes, de deux parties, la cérine et la myricine, que l’on sépare assez facilement par l’alcool bouillant , qui dissout presque entièrement la cérine , et laisse la myricine. Combinée aux alcalis, la cire forme des savons qui sont connus dans les arts sous le nom d’encaustiques ; mêlée aux huiles et aux corps gras, elle forme des cérats et des emplâtres qui sont nombreux en médecine; dans l’usage économique et dans les arts, elle est employée d’un grand nombre de manières dont il serait trop long et surtout hors de propos de parler ici.

Les auteurs ont été longtemps en discussion pour savoir si les abeilles produisaient la cire , ou bien si elles la récoltaient seulement sur le pollen des fleurs et sur les végétaux où elle est fort abondante. Huber paraît avoir résolu la question en faisant produire de la cire à des abeilles qu’il avait seulement nourries avec du sucre; cette expérience, qui paraît concluante, a été répétée par M. Dumas, qui a fait part de ses résultats à l’Académie des sciences. Ainsi la question peut être regardée comme complètement résolue aujourd’hui.

GIT

GIT

circümfdsa ( hyg .), s. m. C’est un mot emprunté du latin , par lequel Hallé désignait une des divisions de l’hygiène; c’était la première et celle qui traitait de l’influence des objets qui nous environnent, tels que l’atmosphère, la température, les habitations, les climats, etc. Cette division , que nous n’adopterons pas pour notre dictionnaire , à cause de ses inconvénients pour les personnes étrangères à la médecine, nous permettra de traiter toutes les questions d’hygiène aux mots qui leur sont propres ; ainsi pour Circumfusa, voyez Air, Chaleur, Climat , Electricité, Habitation, etc. J. B.

cirrhose ( path .), nom donné par Laënnec à des ganglions jaunâtres que l’on rencontre quelquefois dans le foie.

cirsocèle ( chir .), s. f. (du grec kirsos, varice, et de kélé, hernie). Ce mot, qui désigne une hernie ou tumeur variqueuse , s’emploie souvent comme synonyme de varicocèle; cependant, quelques auteurs ont spécialement réservé ce mot pour désigner l’état variqueux des veines spermatiques. (V. Varicocèle.) J. B.

ciseaux (chir.), s. m. p. On se sert en chirurgie de plusieurs espèces de ciseaux : c’est même après le bistouri l’instrument tranchant qui est le plus employé dans les opérations. Bien qu’il soit dans beaucoup de circonstances impossible de remplacer ces instruments , beaucoup de praticiens ne s’en servent cependant que lorsqu’il est plus difficile et même impossible de faire usage du bis touri; ils croient que la section faite avec les ciseaux est moins nette et plus douloureuse que celle qui a lieu avec le bistouri. Aujourd’hui l’on est un peu revenu de ces idées, et l’on fait un grand usage des ciseaux , surtout dans l’excision de certaines tumeurs et des végétations de la peau. Les ciseaux ont reçu diverses formes et diverses courbures appropriées aux usages auxquels on les destine, et nous ne croyons pas devoir les décrire ici.

Le ciseau, qui est un instrument de fer tranchant par un de ses bouts, est aussi employé en chirurgie pour enlever des parties d’os souvent nécrosées: on s’en sert au moyen d’un maillet formé de plomb et d’antimoine : cet alliage est préférable au maillet de bois et au marteau de fer , parce qu’il imprime des secousses moins retentissantes au membre malade. La forme du ciseau employé est analogue à celle du ciseau dont font usage les serruriers. (Y. Nécrose.) J. B.

citrate ( chim .). Y. au Supplément.

citrique (acide) (chim.), s. m. L’acide citrique est un des acides végétaux que l’on emploie en médecine. On peut le retirer de l’orange, mais surtout du citron. La saveur acide des fruits rouges du sorbier des oiseaux, etc., est due à cet acide et à l’acide malique. Il est tantôt en poudre , tantôt en cristaux qui sont des prismes rhomboïdaux dont les pans sont inclinés entre eux de 60 à 120 degrés, terminés par des sommets à quatre faces trapézoïdales qu’interceptent des angles solides. Il a une saveur très-acide; il vaut mieux, lorsqu’on î’achète, le prendre en cristaux, car alors on est sûr qu’il n’est pas mélangé avec d’autres acides.

Il se dissout dans l’eau à 18 degrés C. ; à cotte

température trois parties de ce liquide dissolvent quatre parties d’acide. Lorsqu’on verse cette dissolution dans de l’eau de chaux, l’eau de chaux n’est pas troublée , caractère qui la distingue de l’acide tartrique. Cependant si on faisait bouillir le mélange d’eau de chaux et d’acide citrique, on verrait bientôt le liquide se troubler, et en laissant reposer ce liquide trouble, on obtiendrait un dépôt blanc , pulvérulent, formé d’acide citrique et de chaux. On emploie l’acide citrique pour préparer les limonades sèches; ces limonades peuvent remplacer complètement celles que l’on fait avec le suc de citron , elles sont surtout très-commodes pour les personnes qui voyagent , ou qui habitent les localités dans lesquelles il est difficile de se procurer des citrons; ceux-ci d’ailleurs ne peuvent pas se conserver très-longtemps sans se détériorer, tandis que l’acide citrique peut se garder indéfiniment.

Pour préparer ces limonades , on mêle avec soin 16 gram. d’acide citrique en poudre avec 500 gram. de sucre pulvérisé et non râpé, que l'on a préalablement aromatisé avec de l’essence de citron. Il serait préférable de donner la saveur aromatique à la limonade avec du zeste de citron.

Si l’acide citrique était frelaté avec l’acide tartrique , il serait facile de reconnaître la fraude. Si l’on avait reçu des cristaux , leur forme servirait à distinguer ces deux acides l’un de l’autre , car l’acide tartrique est cristallisé en prismes à six pans dont les faces sont parallelès deux à deux, et terminés par une pyramide à trois faces. Il précipite l’eau de chaux en blanc, forme avec la potasse des sels peu solubles s’il est en excès , et mis sur des charbons ardents, il répand une odeur désagréable; l’acide citrique ne présente aucun d8 ces caractères.

Lesueur ,

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris.

citron ou limon (bot.)', s. m. Fruit du Citrus medica L. famille des Hespéridées J.

Le citron ou mieux le limon, car c’est à tort que l’on donne ce nom, â Paris et aux environs, au fruit du limonier, s’offre sous la forme d’une baie ovoïde mamelonnée au sommet, revêtue d’une écorce ou zeste vésiculeux , de couleur jaune citrine : au-dessous de cette écorce se trouve une substance parenchymateuse, blanche, amère, qui enveloppe une pulpe succulente et mucilagineuse, divisée en sept, onze et même dix-huit cloisons ou loges, suivant les variétés: celles-ci renferment chacune deux semences blanches , luisantes , d’une amertume extrême.

Le citronnier ou limonier est originaire de la Médie; les anciens le faisaient entrer dans la composition des parfums , et il jouait sous ce rapport un grand rôle dans les cérémonies religieuses Presque toutes les parties du fruit fournissent de nos jours des produits utiles à la médecine, à l’économie domestique, et aux arts.

L’écorce externe ou zeste du citron renferme , dans les cellules vésiculeuses qui composent sa substance, une huile essentielle dont on fait usage pour aromatiser des liqueurs, des pommades et des eaux cosmétiques; elle entre en outre dans

Page 1