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l’autre dans ses besoins , et devenait en quelque sorte sa providence dans tous ses embarras.

De nos jours, client se dit de toute personne qui remet ses intérêts à un avocat , à un notaire , avoué, procureur, etc. On donne aussi ce nom à tout malade qui fait appeler auprès de lui un médecin et le consulte d'habitude. On dit , dans ce sens, que tel docteur, que tel homme de loi, a une belle clientèle , pour exprimer que l’un a des malades opulents et que l’autre est chargé d’affaires lucratives. Mais on n’applique pas généralement cette qualification aux professions industrielles : les acheteurs ne sont pas des clients, ce sont des pratiques, des chalands. F. E. P.

clignement ( physiol .) , s. m. Mouvement dans lequel on rapproche les paupières de façon à donner plus d’énergie à la vision ou pour la garantir d’une lumière vive.

clignotante ( anat .), nom donné à une membrane de l’œil. V. ce mot.

clignotement ( path .), s.m.C’estun mouvement vif et répété des paupières, qui s’ouvrent et se referment alternativement. Cette affection est souvent naturelle, et l’on ne saurait la faire passer par un traitement ; d’autres fois elle est le résultat d’un état maladif, et elle cède alors à l’influence des moyens qui sont dirigés contre l’affection principale. Cette maladie peut être aussi le résultat d’une névralgie faciale, et elle cède quelquefois aux préparations opiacées. Voici un Uniment dont M. J. Cloquet recommande l’usage, et qu’il dit avoir employé avec succès dans beaucoup de cas : Opium pur, vingt-quatre grains; huile d’amande douce, deux gros; huile essentielle de camomille, demi-gros; on met plusieurs fois par jour de ce mélange sur les paupières. Le clignotement est souvent un symptôme hystérique; on l’observe quelquefois chez les hypocondriaques, chez les personnes affectées de vers intestinaux ; dans ce cas, le clignotement cède le plus ordinairement lorsque la maladie a disparu ; mais on l’a vu dans certains cas persévérer et être fort incommode. Lorsque le clignotement a ce caractère et résiste aux vésicatoires et aux moyens employés directement contre lui, il ne reste alors qu’à faire la section des nerfs qui se rendent aux paupières; et afin que cette opération, qui ne réussit pas toujours, présente plus de chance de succès, il est utile d’enlever une certaine longueur du nerf, pour empêcher qu’il ne se rejoigne par la cicatrisation. Ce moyen, qui présente quelques chances de succès de plus que la section simple, a été conseillé par Boyer. J. B.

climat (hyg.y, s. m. On entend par climat (xXijjLx, «T05, inclinaison du ciel, région , .climat , de xiivcj, eiv, pencher, incliner; et non degré , comme le prétendent la plupart des dictionnaires et traités de médecine) , dans le langage médical, l’ensemble des circonstances atmosphériques et terrestres qui agissent sur les êtres vivants en général, et sur l’homme en particulier, dans une région déterminée du globe. Ces circonstances ne sont point les mêmes et n’agissent point de la même manière dans chaque région ; les êtres vivants ne peuvent, d’ailleurs, conserver l’exercice régulier de toutes leurs fonctions qu’à la condition de se maintenir

sans cesse en équilibre d’action et de réaction réciproques avec le milieu qui les environne.il s’ensuit rigoureusement que le rhythme habituel de leurs fonctions est plus ou moins dérangé lorsqu’ils passent subitement d’un climat dans un autre, et que, par conséquent, leur vie, ou du moins leur santé, sont plus ou moins compromises, s’ils ne s’accommodent graduellement aux nouvelles influences qu’ils doivent subir, en un mot, s’ils ne parviennent à s 'acclimater. La question qui nous occupe dans cet article se compose donc naturellement de plusieurs questions distinctes: 1» des rapports généraux qui existent entre les êtres organisés et l’atmosphère qui les environne; 2° des climats et de leurs variétés ; 3° de l’influence des divers climats sur l’espèce humaine ; 4° des règles hygiéniques qui doivent être observées selon les climats.

S’il est en physiologie un fait avéré et incontestable, c’est que la vie, dans ses formes innombrables, n’est jamais qu’un résultat de l’action combinée des puissances extérieures sur les êtres organisés. Cette loi se manifeste clairement dans les deux règnes de la nature auxquels ils appartiennent.

Voyez ces graines végétales que les vents emportent, que les courants entraînent, que les oiseaux dévorent, ou qui séjournent dans nos herbiers; elles restent stériles jusqu’à ce qu’elles trouvent enfin le sol fécond qui peut seul les faire éclore. Lorsque la plante est parvenue à son entier développement, il lui faut, pour continuer à vivre, certains aliments d’une substance spéciale, certaine quantité de température, de lumière, d’électricité. Est-elle privée d’eau ou d’acide carbonique, elle meurt et se dessèche; manque-t-elle d’une chaleur suffisante , elle languit et s’étiole. Les orages et toutes les variations qui surviennent dans l’électricité atmosphérique exercent sur les végétaux une influence marquée ; il est des fleurs qui replient leurs corolles à l’approche de la nuit, d’autres qui dégagent des lueurs électriques à des heures déterminées. Qui ne sait enfin que le développement de toutes les espèces végétales, sans exception, est toujours subordonné au climat qu’elles habitent, et que chacune d’elles a sa patrie naturelle dans telle ou telle région particulière? Ainsi la région équatoriale est riche en plantes phanérogames ; les arbres sont hauts et vigoureux, leurs feuilles sont larges, leurs fruits succulents. Dans les régions tempérées, on ne remarque plus la même exubérance de vie, mais la plus grande partie des plantes peuvent y vivre et s’y reproduire. Dans les régions polaires, au contraire, le nombre des végétaux est beaucoup plus borné; la plupart de ceux qu’on y rencontre appartiennent aux agames ou cryptogames. Pendant les froids insupportables de ces climats, la terre est nue et couverte de neiges. Pendant les chaleurs qui surviennent brusquement et cessent de même, l’accumulation de l’action solaire et la continuité des jours accélèrent tellement la végétation, qu’il suffit de soixante ou quatre-vingts heures pour que les fleurs paraissent et s’épanouissent. De même, les différentes parties d’une même

région présentent entre elles, en raison du plus ou moins d’élévation du sol, de la diversité des bassins et de l’inégale répartition des masses secondaires , les mêmes oppositions relatives qu’on observe d’une zone à une autre. C’est ainsi que les hautes montagnes des pays chauds sont peuplées d’une foule de végétaux d’autant plus analogues à ceux des latitudes polaires , qu’on les observe successivement depuis la base des montagnes jusqu’à leur sommet.

D’immenses travaux, entrepris depuis plus d’un siècle, ont fait connaître sous une face entièrement neuve les rapports naturels des végétaux avec les différents points du globe terrestre. Wahlenberg a déterminé avec précision l’influence du climat continental sur la végétation, par opposition au climat océanique; il a indiqué, dans les flores du continent, comment les différentes régions végétales se prolongent les unes dans les autres et se pénètrent réciproquement entre elles. M. Alexandre deHumboldt, M. de Lamarck, cherchant pour chaque genre de plantes une sorte de point central, ont établi dans le règne végétal des divisions fondées sur la diversité des climats dans leur rapport avec les plantes qui s’y rencontrent. Les recherches de Saussure, de Leslie, de Pallas, de Hausmann , nous ont appris la liaison intime qui existe entre la nature du sol propre à chaque localité et celle de ses productions végétales. De là les théories nouvelles, développées si ingénieusement par divers auteurs, sur les échanges continuels de matériaux qui s’opèrent entre les formations organiques et les formations inor ganiques, et sur la destruction graduelle de ces dernières au profit des premières.

Si l’on étudie les rapports des animaux avec les agents extérieurs, de la même manière que nous venons de le faire pour les végétaux , la corrélation est exactement la même. Partout l’animal est sous la dépendance immédiate des influences physiques qui l’entourent. Nous ne voulons point toucher en ce moment aux grandes questions que la science n’a point encore définitivement résolues, et qui se rattacheraient naturellement au sujet qui nous occupe; telles sont celle de la génération spontanée des animaux, celle de la division primitive des espèces et des races, et tant d’autres non moins importantes, qui s’éclairciront sans doute un jour par l’étude comparative des localités et des animaux qui les habitent. Bornons-nous à l’exposition des faits4.es plus évidents et les plus connus. L’œuf de l’animal, comme la graine du végétal, ne se développe que dans certaines conditions, plus simples et moins nombreuses dans les classes inférieures, plus complètes à mesure qu’on s’élève davantage dans l’échelle des êtres organiques. Le têtard du crapaud, s’il est complètement soustrait à l’action de la lumière, reste à l’état de têtard, et prend bientôt, sous cette forme rudimentaire, un développement monstrueux qu’il n’offre jamais dans aucune autre circonstance. On sait, d’après les observations de Yalsavor, confirmées par celles de plusieurs autres naturalistes, qu’il sort quelquefois, par les ouvertures extérieures du lac souterrain de Zirknilz, en Carniole, des canards nageant

parfaitement, mais complètement aveugles et presque nus. La faculté de voir leur vient en peu de temps, mais ce n’est guère qu’au bout de deux ou trois semaines que leurs plumes se sont assez développées pour qu’ils puissent s’envoler.

Quoi de plus remarquable que cette longue suite de modifications que présentent les organes, en raison des divers milieux dans lesquels sont plongés les animaux? L’appareil respiratoire varie dans les espèces, selon qu’elles vivent dans l’air ou dans l’eau; d’autres formes se remarquent dans les amphibies et les plongeurs. L’appareil de la circulation suit dans ses variétés celui de la respiration; les oiseaux n’offrent point la même organisation que les mammifères , que les reptiles. Toutes les parties du corps vivant prennent une conformation spéciale dans chaque espèce, en raison de son atmosphère environnante. Si nous observons l’influence qu’exercent les climats sur les animaux , nous voyons qu’ils sont , comme les végétaux , distribués sur les divers points du globe d’après leur organisation particulière , de telle sorte que leur nombre et leurs espèces varient graduellement à mesure qu’on s’élève en latitude en allant de l’équateur vers les pôles. Ces distinctions sont surtoutremarquables dans l’ordre des poissons, dans celui des reptiles, dans celui des oiseaux. Les mammifères sont plus également répartis, relativement à leur nombre, sur toute la surface du globe; mais les espèces ne sont point les mêmes sous des climats différents, et surtout elles sont singulièrement modifiées dans chaque individu, selon qu’il habite telle ou telle région.

L’homme , dans ses relations avec le monde externe , peut être assimilé , jusqu’à un certain point aux autres êtres végétaux ou animaux, mais il ne faut pas oublier qu’il possède de plus, en vertu de son organisation supérieure, une force intime qui n’appartient qu’à lui seul, une volonté dirigée par l’intelligence , et qui , bien que liée sans cesse dans son exercice aux conditions matérielles de la vie , s’en détache pourtant, en quelque sorte , réagit sur elle non moins que sur les circonstances extérieures , et change totalement les résultats des rapports naturels qui asservissent les autres corps organisés. Quelle que soit la nature de cette force propre , quelle que soit son origine , les physiologistes peuvent s’en quereller avec les métaphysiciens ; elle existe, donc on doit en tenir compte ; elle constitue l’homme en dehors des autres animaux , elle lui communique un caractère distinct et une énergie spéciale ; donc on doit l’étudier , sinon dans ses causes, du moins dans ses effets; et cependant, comme elle ne soustrait jamais l’homme à l’empire de la loi physique universelle , comme elle n’est, après tout, qu’une puissance de plus ajoutée aux autres puissances et combinée avec elles dans une action commune, il arriverait bientôt, si l’on voulait séparer l’une de l’autre , qu’on méconnaîtrait la nature humaine, et qu’on ne verrait plus clair dans les rapports de l'homme avec le monde qui l’environne. Ces principes une fois posés, tout s’explique de soi-même , et bien

loin d’y rien perdre, la dignité de l’espèce humaine n’en ressort que plus éclatante et plus incontestable. Autant l’organisation physique de l’homme est enchaînée par les agents extérieurs, autant sa force morale et intellectuelle se déploie avec énergie pour s’approprier la nature entière, et la plier , jusqu’à un certain point, à la satisfaction de ses besoins.

Rien n’est plus évident que la dépendance du corps humain relativement aux circonstances physiques extérieures. Dès le commencement de sa vie, le fœtus est soumis à toutes les chances de destruction ou d’altération qui peuvent atteindre la mère qui le porte dans son sein . Il subit l’influence des maladies dont elle est affectée. Un accident souvent inaperçu vient -il déranger le travail paisible de sa formation, des modifications profondes lui sont imprimées tout à coup, et pour toujours. De là les arrêts de développement ou monstruosités de tout genre, qui semblent aux yeux du vulgaire des aberrations inexplicables de la nature, mais qui rentrent, aux yeux du physiologiste/dans la conséquence même de ces lois formatrices, qu’elles confirment au lieu de les dém en tir. II serait trop long d’exposer ici les différents modes d’exercice des fonctions vitales du fœtus, et de faire voir comment ses organes étant toujours appropriés au milieu dans lequel il est plongé, il ressemble successivement, par ses divers appareils organiques , aux autres êtres de la nature dont le milieu est analogue an sien ; comment il est vrai, par exemple, qu’il respire d’abord comme un insecte aquatique, comme un reptile, etc., par la seule raison qu’il n’a rien de commun avec l’air extérieur. Plus tard, il respirera comme un mammifère. En effet , le voilà qui échappe à la vie intra-utérine, pour s’élancer à la vie aérienne et indépendante. Du moment même qu’il entreprend l’existence à son propre compte , il change de monde extérieur, et déjà il est changé lui-même. Les bornes étroites de cet article ne nous permettent pas d’entrer ici dans une foule de détails qui pourraient seuls donner une intelligence complète du sujet que nous traitons ; nous nous contenterons d’indiquer d’une manière générale ce qui se rapporte à l’action des climats considérés dans leur ensemble.

Lorsque Hippocrate, le plus grand hygiéniste de tous les temps , écrivit son immortel traité des Airs, des Eaux et des Lieux, il posa le premier les bases de la climatologie, dont nos connaissances modernesn’ont fait qu’agrandir le domaine, en remontant aux causes des phénomènes par l’observation, et en les expliquant par le raisonnement. En décomposant les airs, les eaux et les lieux, on est parvenu à trouver les principes de toutes les actions extérieures qui peuvent modifier le corps humain. La chaleur, la lumière, l’électricité, les diverses combinaisons de l’air, telles sont principalement les puissances physiques qui agissent sur l’organisme de l’homme, et dont l’ensemble forme ce qu’on appelle les climats.

L’action de la chaleur sur le corps humain est partout la même ; il n’y a de différences qu’en raison de sa quantité. Mais , pour apprécier ces

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