‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 167 sur 316 · GL · texte numérisé non relu

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dérable qu’il soit, modifier sensiblement la température moyenne des climats, ni l’ordre des saî- > sons ; il faut néanmoins en tenir compte , pour évaluer convenablement le résultat de l’action calorifique du soleil sur le globe, puisque celui-ci se refroidit sans cesse, par son rayonnement dans les espaces célestes , d’une quantité de chaleur que compense sans cesse l’influence solaire. Ainsi se produit cet équilibre de température, en vertu duquel la masse terrestre conserve à sa surface une somme de chaleur déterminée. Ajoutez à cej données constantes et invariables les modifications qu’apportent à la température des climats les courants des mers , dont les inférieurs apportent vers l’équateur l’eau refroidie des pôles, tandis que les supérieurs reportent vers les pôles l’eau réchauffée de l’équateur; ajoutez encore les divers courants atmosphériques, les vents réguliers et irréguliers, la condensation et la dilatation des vapeurs, les accidents qui déterminent des changements plus oh moins brusques dans l’air . les combinaisons innombrables qui peuvent changer sa constitution chimique, et par conséquent sa température, enfin les influences réciproques qu’exercent les uns sur les autres les différents êtres organiques réunis ou disséminés à la surface du globe; vous pourrez alors vous faire une idée des rapports qui existent partout entre la chaleur extérieure et les climats, et par suite, entre les climats et les hommes qui les habitent.

Il n’importerait pas moins de bien connaître le mode de distribution de la lumière et de l’électricité suivant les lieux , de le comparer avec le mode de distribution de la chaleur, et d’assigner ainsi à chaque climat toutes les conditions météorologiques qui lui appartiennent spécialement La science est bien loin encore d’avoir atteint un tel résultat. Qu’il nous suffise donc d’énoncer ici , d’une manière générale , que les mêmes causes qui font varier la température propre à chaque climat modifient également, et dans des proportions à peu près les mêmes , les circonstances météorologiques. En faut-il conclure que la division des climats d’après leur température nous rende raison suffisamment de la diversité de leur influence sur l’économie animale? Ce serait tomber dans une grave erreur.

Il arrive fréquemment que deux lieux situés sur la même ligne isotherme et possédant des températures moyennes parfaitement égales, présentent néanmoins des climats fort différents par leurs productions végétales et animales, ainsi que par l’action qu’ils exercent sur notre organisme. Il n’est pas moins évident que l’époque et la durée des grandes chaleurs et des grands froids sont des éléments indispensables à la connaissance des climats. Ainsi , indépendamment i des températures moyennes de l’année, et des températures moyennes des mois les plus chauds et les plus froids , il faudrait encore déterminer rigoureusement la distribution de la chaleur dans tout le cours de l’année , à l’aide d’observations journalières, que l’on combinerait ensuite méthodiquement, pour arriver aux températures moyennes des mois, des jours et des saisons. II

faudrait pouvoir noter, en outre, une foule de conditions variables et accidentelles , et notamment celles qui résultent du séjour des hommes dans un climat quelconque , de la destruction des autres espèces animales, de la culture du sol, du défrichement et du déboisement, du dessèchement des marais et du nouveau cours imprimé aux eaux artificiellement, en un mot, de tous les changements qu’apporte dans les différents lieux l’industrie humaine , et qui changent à leur tour les influences de l’atmosphère ; enfin , il faudrait apprécier, s’il était possible, le degré de résistance qu’oppose notre nature morale et intelligente aux causes purement physiques et chimiques, de manière à obtenir , en dernière analyse , la résultante de toutes ces actions et réactions innombrables. On conçoit qu’un tel travail est mathématiquement impossible ; toutes les fois qu’il faut faire entrer comme élément , dans une appréciation quelconque , la force humaine mise en balance avec les forces extérieures, cette force mobile et capricieuse, indépendante comme la volonté elle-même, échappe à toute évaluation, trompe tous les calculs et renverse à chaque instant ces prétendues statistiques, si artistement dessinées dans nos livres d’hygiène et de physiologie. Je n’hésite point à le dire : la statistique est le fléau de l’hygiène, par la raison toute simple qu’elle ne saurait jamais s’appliquer aux phénomènes organiques sans rester nécessairement incomplète et menteuse. Voulons-nous demeurer dans les faits positifs? commençons par nous défier des divisions et subdivisions des auteurs; et tout en admettant ce qu’elles peuvent contenir de vrai, reconnaissons que leurs conclusions ne reposent que sur des données approximatives.

Autre difficulté dans l’étude des influences que les climats exercent sur l’homme; c’est qu’ils agissent, non pas seulement d’une manière passagère sur telle ou telle fonction, mais d’une manière uniforme et constante sur la constitution elle-même. Examiner l’action de la température, ou de l’électricité, ou de la lumière, ou de tel autre agent sur la circulation, ou la respiration , ou les sécrétions, ou tel autre phénomène organique, ce n’est donc pas encore examiner l’influence des climats , bien qu’un climat ne se compose jamais d’autre chose que de ces divers éléments, dans diverses proportions , soit normales, soit accidentelles; mais il faut, de plus, observer la constitution générale des hommes dans une région dé terminée de la terre, afin de pouvoir estimer l’influence spéciale de son climat sur l’économie humaine. Il devient alors manifeste qu’il existe , pour les climats chauds, froids ou tempérés, certains caractères propres à chaque race d’hommes qui les habitent , caractères tellement distinctifs dans leur généralité, qu’il serait déraisonnable de confondre une de ces races avec une autre.

Ainsi, dans les climats chauds , l’activité nerveuse semble dominer toutes les autres facultés physiques; et, par conséquent, toutes les fonctions qui sont sous la dépendance immédiate du système nerveux se développent avec plus de rapidité et s’exercent avec plus d’énergie que les T. I.

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autres. La faculté de sentir est tellement prononcée chez les habitants des climats chauds, que pour eux tout devient occasion d’excitation morbide. La plus légère piqûre produit quelquefois lo tétanos chez les nègres; l’épilepsie, l’hystérie, les convulsions , et en général toutes les névroses sont très-fréquentes dans ces régions. Les appétits vénériens sont plus précoces et plus impérieux que partout ailleurs. Les jeunes filles deviennent mères au sortir de l’enfance ; la polygamie est une conséquence naturelle de cette disposition physique. Enfin, la circulation est plus rapide, les hémorrhagies sont plus fréquentes, les affections inflammatoires parviennent plus promptement au dernier degré d’exacerbation. En même temps , nous voyons dans ces climats les forces musculaires décroître dans une proportion inverse des facultés sensitives. Les expériences de Péron, faites à l’aide du dynamomètre , et les observations de Coulomb, de Cook, de tous les médecins et de tous les voyageurs , ont constaté cette faiblesso générale, cette mollesse des tissus , dans les habitants des zones torrides, des Indes orientales, et des îles de la mer du Sud. De même, la respiration et la calorification intérieure sont moins actives; 1 a respiration est plus lente et plus difficile; l’abondance des sécrétions externes diminue notablement celle des sécrétions internes ; et tandis que la peau est habituellement baignée de sueur, surchargée de matière colorante, sujette aux exanthèmes, d’un autre côté, l’urine, la bile, 1» sperme, le flux menstruel , sont toujours en moindre quantité. De là aussi le défaut de proportion entre la reproduction et le rapprochement des sexes, la fréquence des avortements, la population beaucoup moins nombreuse que dans les climats froids ou tempérés, le nombre des femmes supérieur toujours à celui des hommes. Plus le développement a été hâtif, plus la vieillesse est prématurée; les femmes, surtout, semblent plutôt flétries encore que les hommes, et cette période de la vie pendant laquelle le corps humain , parvenu à sa maturité , reste à peu près stationnaire, sans accroissement ni décroissement, est plus courte dans ces climats que partout ailleurs. Enfin, les facultés morales et intellectuelles ne se ressentent pas moins que les facultés purement organiques de cette influence du climat chaud. L’esprit, naturellement vif et prompt, semble enchaîné par le monde extérieur qui pèse sur l’économie tout entière; l’extrême chaleur condamne l’homme à une inaction habituelle, dans laquelle l’imagination s’excite et s’exalte aux dépens des autres fonctions; l’Inde, l’Orient, n’ont-ils pas été le berceau de toutes ces religions monstrueuses que nous retrouvons variées à l’infini dans les terres australes, sous les tropiques, et dans les îles innombrables du Grand -Océan?

Dans les climats froids , il faut distinguer ceux dont le froid est modéré et ceux qui, plus voisins du pôle, présentent constamment un froid excessif. A la première classe, appartiennent les contrées situées du cinquante-cinquième au soixantecinquième degré de latitude. Là nous observons des effets contraires à ceux que nous avons trou-

vés dans les pays chauds. Prédominance des fonctions organiques sur les fonctions dites animales, taille élevée, muscles vigoureux, circulation riche et pleine, respiration active, digestion prompte et facile. La lenteur de l’accroissement des organes conserve longtemps la jeunesse; la puberté se fait attendre dans les deux sexes jusqu’à un âge assez avancé; les unions sont plus rares et plus fécondes; la population va toujours augmentant, et le nombre des individus mâles dépasse de beaucoup celui des individus du sexe féminin. En un mot, c’est dans ces climats que l’on rencontre le plus complet développement des forces physiques propres à notre espèce. D’un autre côté , les facultés sensitives sont plus paresseuses ; on connaît ce mot célébré, appliqué aux peuples du nord : « Il faut les écorcher pour les chatouiller. » L’intelligence prend une autre direction que dans les pays méridionaux; elle se livre de préférence aux travaux qui exigent une observation patiente. Les sciences positives, l’étude des faits physiques , les arts mécaniques et l’industrie florissent dans les contrées septentrionales; mais on n’y rencontre point ce goût naturel des beauxarts , ce sentiment vif et pénétrant qui vient de l’activité des sens , et qui semble appartenir comme en propre aux nations du midi.

A mesure que l’on s’avance vers le cercle polaire, l’action du froid devient de plus en plus nuisible; de même que l’extrême chaleur, et bien plus encore le froid extrême est un obstacle au développement de toutes les fonctions, de toutes les facultés; les Lapons, les Samoïèdes, les Esquimaux, les Groënlandais, sont petits, faibles, presque dénués de sensibilité et d’intelligence , et comme engourdis au physique et au moral; l’espèce humaine est rare dans ces climats glacés, et semble porter l’empreinte d’une dégénération universelle.

Si nous examinons, au contraire, les habitants des climats tempérés, nous trouvons partout une sorte d’équilibre entre les qualités propres aux climats chauds et celles qui appartiennent aux climats froids. Les avantages des uns et des autres y sont plus marqués que leurs inconvénients. Les habitants des zones tempérées réunissent en eux, bien qu’à un moindre degré, la force musculaire des hommes du nord et l’activité nerveuse des hommes du midi. Les fonctions nutritives s’exercent avec la même régularité que les fonctions animales; tout ce qui tient à l’activité intellectuelle et morale, les arts, les sciences, les relations commerciales et industrielles , les institutions politiques et sociales, s’y développent avec cette modération éclairée qui résulte de la nature même du climat et des modifications qu’il imprime à l’organisme. Enfin, nous retrouvons dans les climats tempérés une sorte d’aptitude à contracter toute espèce de maladies, comme à jouir de tous les bienfaits de la nature. Cependant, plus que dans les autres régions, il est facile à l’homme de se défendre avec succès, au moyen d’un régime sagement combiné, contre l’influence des causes délétères.

On conçoit que cet aperçu général sur l’action

1 des climats, relativement à l'homme qui les habite, doit être modifié à chaque instant par une foule de circonstances naturelles ou accidentelles. L’élévation plus ou moins grande du sol rapproche, comme nous l’avons dit plus haut, le climat d’un pays d’un climat plus ou moins froid. La colonne d’air moins haute, et par conséquent moins pesante pour le montagnard , accélère l’exercice des fonctions purement nutritives; mais d’une autre part, l’air, plus dénué de calorique, est plus dense sur les montagnes et moins chargé de matières étrangères; de sorte que leurs habitants respirent, toutes choses égales d'ailleurs, une masse d’air plus considérable que les habitants des plaines et des basses terres. L’exposition au nord ou au sud, l’inclinaison des terrains, le voisinage des mers ou des montagnes, influent encore sur les qualités de l’atmosphère et sur les climats. Le climat des îles est presque toujours un climat constant. Enfin, la nature des vents, la couleur du sol et les diverses circonstances géologiques , ajoutent encore d’autres conditions spéciales à chaque climat, quel que soit, d’ailleurs , le degré de latitude auquel il appartienne.

Les règles que prescrit l’hygiène dans les divers climats ne pourraient être exposées ici que d’une manière fort générale, et certainement fort insuffisante, dans un article aussi abrégé que doit l’être le nôtre.

Que voyons-nous , en résumé , dans cette étude comparative des climats et des corps vivants qui les habitent? Deux principes distincts , tendant à se mettre sans cesse en équilibre l’un avec l’autre , et non pas luttant l’un contre l’autre , ainsi qu’eu le dit communément : le corps vivant, d’une par! : le climat, de l’autre part. Or, quel est ici le but do l’hygiène? accommoder le corps vivant au clim ’t, et le climat au corps vivant; ajouter artificiellement aux efforts de la nature pour obtenir cet équilibre dont le résultat est la santé.

Le climat est- il froid? la culture en général et particulièrement la diminution des végétaux et des eaux contribuent à adoucir la rigueur de l'atmosphère. La Gaule et la Germanie , couvertes autrefois de lacs et de forêts . étaient , au dire des anciens historiens, beaucoup plus froides que ne sont aujourd'hui la France et F Allemagne. Plusieurs espèces animales des pays froids , telles que le renne et l’élan , qui s'y trouvaient alors en abondance , ne peuvent plus vivre dans notre température actuelle. Le climat est-il chaud, au contraire? il suffit d'v planter des arbres , de défricher des terres arides ou sablonneuses, de changer la couleur du terrain et les diverses inclinaisons du sol , d'y creuser, enfin , des canaux , et d’y répandre les eaux, pour tempérer l’ardeur du ciel et obtenir au moins de ces nuits humides qui rafraîchissent l’air et la terre. Les plantes modifient encore l’atmosphère environnante, en exhalant autour d’elles une quantité considérable d’oxygène , et en répandant abondamment l’électricité. On a constaté que sur une surface en pleine végétation de cent mètres carrés,, il se dégage, en un seul jour, plus d’électricité vitrée qu’il n’en faudrait pour charger la plus forte batterie.

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En même temps, il faut agir sur le corps vivant lui-même ; il faut approprier au climat sous lequel il est placé les vêtements qui le couvrent, les habitations qui le protègent contre les agents extérieurs , les aliments dont il se nourrit, les divers exercices auxquels il se livre, les institutions qui règlent sa vie privée ou publique; dans les climats froids, s’opposer à ce que l’atmosphère enlève trop de calorique à l’économie; ajouter au calorique qui se produit en elle , soit au moyen de frictions externes , d’onctions et de vêtements convenablement choisis , soit à l’aide des stimulants qui peuvent donner plus d’activité à la calorification interne , pourvu que ces stimulants soient employés avec modération et discernement; dans les climats chauds, garantir le corps de l’action trop directe du calorique extérieur, diminuer l'activité des fonctions vitales qui produisent la chaleur.

Au surplus, ces règles générales sont indiquées parla nature elle-même aux indigènes de tel ou tel climat; aussi les règles de l’hygiène n’ont- elles une grande importance que dans deux cas seulement : 1° dans les climats variables; 2° lorsque le corps vivant passe brusquement d'un climat à un autre. Dans ces deux cas, la simple raison nous apprend que les dangers qui menacent alors l’économie viennent uniquement des vicissitudes de l’atmosphère ou de la différence tranchée qui existe entre telle ou telle influence. Par conséquent, la marche qu’on doit suivre est toute tracée : éviter toute transition rapide du froid au chaud , et du chaud au froid ; varier graduellement la nourriture , les vêtements , l’exercice , et jusqu’aux travaux de l’esprit, en les proportionnant aux diverses actions extérieures qu’on doit subir : telle est la règle générale. Du reste, autant de localités différentes , autant de règles particulières.

C’est ainsi que, grâce aux ressources fournies par la science, on peut faire disparaître, jusqu’à un certain point, les distributions naturelles des espèces dans les divers climats. Plus l’être vivant est inférieur daus l’échelle organique , plus son existence est liée aux conditions environnantes ; moins il peut supporter le déplacement. Les végétaux qui meurent dans les climats complètement opposés aux leurs, parviennent à subsister, quoique avec peine et à l’aide de nombreuses précautions, dans les contrées des zones tempérées. Brown et Forskall ont fait voir, par l’exemple de la vallée du Nil, comment une flore étrangère , apportée par la culture , pouvait faire disparaître presque complètement les plantes indigènes. Parmi les animaux, il en est aussi un très-grand nombre qui peuvent s’acclimater dans des régions différentes de leur patrie naturelle ; il est vrai qu’alors même leur constitution physique ne reste plus ce qu’elle était primitivement; les animaux importés des climats chauds dans nos pays tempérés perdent une partie de leur vigueur, de leur agilité; ils peuvent rarement se reproduire , et généralement ils succombent, après quelques années, à des maladies spéciales , principalement aux affections tuberculeuses. Enfin, leurs instincts s’altèrent et quelquefois disparaissent entièrement; les ani-

maux les plus sauvages deviennent doux et fami liers, et se plient même complètement à l’état de domesticité.

L’homme seul est doué d’une constitution plus flexible et, si je puis parler ainsi, d’une élasticité vitale qui peut s’accommoder à tous les climats; cependant il périrait bientôt comme les autres êtres vivants, par suite d’un brusque déplacement, si son intelligence et sa force morale ne le défendaient plus énergiquement encore contre les influences extérieures. Par cette force, qui est le privilège de sa nature, il refait en quelque sorte le monde à son image; il dicte partout la loi, au lieu de la subir en esclave , et partout il reste ce que Dieu l’a fait, le maître et le roi de la création.

Hipp. Royer-Collard ,

Professeur d’hygiène & la Faculté de médecine de Paris.

clikatébique (physiol.), adj. (de Klimax, échelle, degré). On désignait ainsi autrefois certaines périodes de la vie, que l’on regardait comme critiques; les années climatériques revenaient en général de sept ans en sept ans. J. B.

clinique. V. au Supplément.

clitoris ( anat .), s. m. Organe excitateur des parties génitales chez la femme. (V. Génération.)

cloporte (mat. méd.), s. m. On désigne ainsi deux espèces d’insectes aptères, le cloporte commun (oniscus assellus L.), et l’armadille ou millepieds (armadillo officinalis ); elles étaient employées autrefois en médecine comme diurétique, mais on a reconnu qu’elles ne devaient leurs propriétés qu’à ce qu’elles contenaient une faible quantité de nitre, provenant sans doute des murs humides que ces insectes habitent; aussi leur usage estil abandonné. J. B.

clou ( chir .), s. m. (V. Furoncle.)

CLTssoiR, s. m. (du grec cluzein, laver). Tube ou tuyau proposé, il y a quelques années, pour être substitué aux seringues ordinaires à lavement; ces tubes longs de trois pieds doivent être faits avec un tissu souple et imperméable ; leur extrémité inférieure se termine par une canule , tandis que la supérieure présente un évasement qui sert à faciliter l’introduction du liquide; celui-ci descend par son propre poids ou bien est aidé par une légère compression. J. B.

clystère (thérap.), s. m. (V. Lavement.) coagulation ( chim .), s. f. Phénomène dans lequel un liquide se prend tout à coup en une masse plus ou moins consistante. C’est ainsi que les blancs d'œufs se coagulent par la chaleur, le lait par l’action d’un acide, le sang par le refroidissement. En pharmacie, on se sert de la propriété de la coagulation pour clarifier certains liquides; les blancs d’œufs, employés le plus souvent dans ce but, enveloppent en se solidifiant les impuretés suspendues dans la liqueur et les précipitent. J. B. cobalt (chim..). V. au Supplément.

coccygien (anat.). adj. , qui appartient au coccyx. On connaît des ligaments coccygiens et une artère coccygienne , branche de l'ischiatique. J. B.

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coccyx ( anat .), s. f. (du grec coccyx, coucou , parce qu’on a comparé sa forme à celui du bec de cet oiseau); on nomme ainsi un petit os triangulaire situé à la partie inférieure et postérieure du bassin , au-dessus de l’anus. Par sa face supérieure, il est en rapport avec le sacrum; ses autres faces sont libres; il est formé par l’assemblage de trois, quatre, et même quelquefois cinq petits os soudés entre eux; c’est lui qui correspond chez l'homme à la queue des mammifères. Cet os, qui paraît n’être qu’un appendice mobile du sacrum, peut se déplacer et même se fracturer à la suite d’une chute ou d’un coup de pied ; on le remet alors en place en introduisant un doigt dans l’anus et en repoussant l’os convenablement. Ce déplacement n’est pas toujours sans danger comme on pourrait le croire ; on a vu plus d’une fois la carie et d’autres accidents en être la suite.

cochlearia (bot.), s. f. Genre de la famille des Crucifères, dont le nom est dérivé de la forme creuse des feuilles d’une des espèces principales imitant une sorte de cuillère, cochlear. Cette espèce c’est l’herbe aux cuillères ( Cochlearia officinalis ), qui croît sur les bords de la mer du Nord et sur les hautes montagnes de l’Europe; ses feuilles sont en cœur et d’une saveur amèr8 et piquante. On s’en sert habituellement pour nettoyer les dents et affermir les gencives ; le suc est considéré comme dépuratif; dans le Nord on mange les feuilles de cette plante à la place du cresson ou de la dent-de-lion. (V. Pissenlit ).

Raifort de Bretagne ou cranson ( Cochlearia armorica). Il ne faut pas confondre ce raifort avec le radis noir ou raifort des Parisiens (Raphanus rager) ; celui-ci a des propriétés beaucoup moins énergiques. Le raifort de Bretagne, au contraire, est l’antiscorbutique le plus puissant que nous possédions ; sa racine est blanchâtre, grosse quelquefois comme le bras ; elle contient un principe volatil extrêmement âcre, qui se dégage dès qu’on la brise, et qui picote fortement les yeux. Ce principe disparaîtpar la dessiccation. Le sue de raifort entre dans la composition de toutes les préparations antiscorbutiques; on l’a quelquefois employé pur contre la goutte. Cette plante croit d‘ans les terrains humides, les fossés de tout le nord-ouest de l'Europe, la Bretagne, l’Angleterre, etc. En Allemagne on mange la racine avec le bouilli après l’avoir râpée , d’où le nom de moutarde des Allemands qui lui est donné quelquefois. Ms.

eoDÉSKJE. Y. Opium.

cobfx ( pol . méd.), s. m. Collection des recettes et formules d’après lesquelles on doit préparer les médicaments. En France, il existe un codex officiel auquel les pharmaciens doivent se conformer. Ce codex est périodiquement révisé après un certain nombre d’années. J. B.

cœcom (anat.) , s. m. Première portion du gros intestin; ainsi nommé du mot latin cœcus, aveugle, parce qu’il se prolonge inférieurement sous forme d’un cul-de-sac. 11 est placé entre la fin de l’intestin grêle (Vileum) et le commencement du côlon; il remplit presque en entier l’évasement que forme

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l’os de la hanche droite , et que les anatomistes nomment la fosse iliaque droite. Sa longueur n’est que de trois à quatre travers de doigt. A l’intérieur il est séparé de l’intestin grêle par une espèce de valvule nommée iléo-cœcale ou de Bauhin : cette valvule est destinée à empêcher les matières de remonter dans l’iléum. Le cæcum présente en outre constamment en bas , à gauche et en avant , un appendice particulier nommé vermi forme ou cœcal, de la grosseur et de la forme du tuyau d’une plume à écrire , d’une longueur de deux à quatre pouces, se terminant d’un côté par un cul-de-sac, et communiquant d’un côté avec le cæcum : cet appendice est très-développé chez le fœtus. Il forme, dans les espèces animales qui se nourrissent de végétaux, une très-grande cavité destinée à retenir les aliments afin de faciliter l’ab* sorption de toutes leurs parties nutritives avant qu’ils soient rejetés au dehors par la défécation.

Pour les généralités et les maladies du cæcum, voyez Intestin. J. B.

cœstore, s. m. C’est un genre de ver entozoaire. V. Acéphalocystes et Eydalides.

cœeiaqee (anat.), adj. (du grec koilia , intestin), qui a rapport aux intestins. On connaît une artère ou tronc cœliaque , qui naît immédiatement de l’aorte après son entrée dans le ventre. C’est elle qui produit quelquefois ces battements incommodes que l’on ressent facilement avec la main dans la région de l’estomac. Le plexus cœliaque est un entrelacement nerveux du grand-sympathique autour de cette artère. J. B.

cœur (anat. et physiol.), s. m. (En latin cor,\ en grec cardia ou ker). Organe creux et musculaire, agent principal de la circulation du sang; sa forme, comme on le sait, est celle d’un cône ou d’une pyramide aplatie sur deux faces. Son volume, un peu plus considérable chez l’homme que chez la femme, équivaut à peu près à celui du poing. Une membrane séreuse nommée péricarde l’enveloppe entièrement. Il est renfermé dans la poitrine au, milieu et un peu à gauche de cette cavité, sa pointe est dirigée en bas et en avant. Il renferme dans son intérieur quatre cavités distinctes, savoir : deux à sa partie supérieure, qu’on nomme oreillettes droite et gauche ; deux plus considérables à sa partie inférieure, ce sont les ventricules droit et gauche. L’oreillette droite ne communique pas avec l’oreillette gauche, ni le ventricule droit avec le ventricule gauche; mais chaque oreillette communique avec le ventricule du même côté par un orifice qu porte le nom à'auriculo-ventriculaire ; cet orifice est muni d’une valvule ou soupape appelée triglochine ou tricuspide à droite, et mitrale ou bicuspide à gauche. Elle est disposée de telle sort* qu’elle permet au sang de passer de l’oreillette dan: le ventricule, mais elle s’oppose en se fermant ai reflux de ce liquide, du ventricule dans l’oreillette.

Les deux veines caves supérieure et inférieur < viennent aboutir à l’oreillette droite; l’artère pul monaire sort du ventricule droit ; à son origim elle est munie de trois petites valvules appelée sigmoïdes ou semi - lunaires , destinées à em pêcher le sang de refluer de l’artère dans I

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ventricule. Les quatres veines pulmonaires vont se rendre du poumon dans l’oreillette gauche ; enfin du ventricule gauche naît l’artère aorte, munie comme l’artère pulmonaire de trois valvules semblables aux premières et portant le même nom. Les cavités droites sont plus amples et ont des parois plus minces que les gauches. Le cœur reçoit deux artères et deux veines qui portent le nom de cardiaques ou de coronaires; ses nerfs lui viennent du pneumo gastrique et du grand sympathique.

La propriété la plus remarquable du cœur est celle de se contracter et de se dilater alternativement de manière à effacer momentanément ses cavités. L’observation a appris que, pendant que les deux oreillettes se resserrent en même temps, les deux ventricules se dilatent, et vice versa. La contraction des ventricules porte le nom de systole du cœur, et leur dilatation celui de diastole du cœur. Pendant chaque systole, les parois des ventricules se durcissent; le cœur se raccourcit, se recourbe un peu en avant et va frapper de sa pointe, la partie antérieure de la poitrine vers la sixième ou septième côte gauche ou dans leur intervalle ; on sent facilement ces battements du cœur en plaçant la main au-dessous du sein gauche. Dans les palpitations, ils deviennent fréquents et tumultueux.

Lorsqu’on applique l’oreille sur la poitrine d’un homme en santé et vers la région du cœur , on perçoit d’abord un bruit sourd, isochrone au battement du cœur et au pouls, puis immédiatement après succède un autre bruit plus éclatant et analogue à celui d’un fouet, d’une soupape qui se relève ou d’un chien qui lape ; ensuite vient un intervalle de silence, enfin le bruit sourd recommence et ainsi de suite. D’après la théorie préférée aujourd’hui (celle de M. Rouanet) , le premier bruit serait déterminé par le redressement et la tension des valvules triglochines et mitrales au moment de la systole, et le second serait produit de même par les valvules sigmoïdes lorsqu’elles sont relevéespar !a réaction élastique des artères pulmonaire et aorte. Pour bien comprendre cette explication, il faut se rappeler que pendant la circulation le sang arrive dans l’oreillette droite du cœur par les deux veines caves ; que cette oreillette en se contractant le chasse dans le ventricule droit; que cette dernière cavité en se resserrant à son tour le renvoie dans les poumons au moyen de l’artère pulmonaire ; que là le sang rougit , se revivifie par la respiration, et retourne dans l’oreillette gauche du cœur par les veines pulmonaires; que cette oreillette se resserre et le renvoie dans le ventricule droit, qui, se contractant aussi, le chasse par l’aorte dans toutes les parties du corps , d’où il revient au cœur par les veines à l’état de sang noir. (Voyez pour plus de détails le mot Circulation.)

On conçoit que la circulation du sang devra être d’autant plus active que les battements du cœur seront plus fréquents; aussi de tout temps les médecins ont-ils interrogé l’état du cœur au moyen du pouls. Dans l’état de santé le cœur bat en général environ 75 fois par minute , il est un peu plus accéléré pendant l’enfance, quoiqu’il y

ait des exceptions, il est un peu plus lent lorsqu’arrive la vieillesse. Dans l’état de fièvre l’accélération s’élève depuis 90 jusqu’à 120 et même 150 pulsations par minute. On a constaté aussi que le cœur battait plus fréquemment lorsqu’on est levé que lorsqu’on est couché; quand il existe de la fièvre, la différence est même considérable : aussi dans cet état la situation horizontale a-t-elle été conseillée de tout temps. (Voyez Pouls.)

Coeur (maladies du). Si par sa position dans la. poitrine le cœur est à l’abri des influences de l’air et des divers agents extérieurs, il est en revanche soumis, à un haut degré , à l’action nerveuse et à celle du sang; tout le monde en effet connaît l'influence que possèdent les affections morales sur le cœur, qui précipite , retarde, suspend même ses contractions par le seul fait d’une émotion , de la joie , de la tristesse ou de la peur. Le cerveau, suivant qu’il est modifié par certains principes excitants ou stupéfiants, réagit aussi puissamment sur cet organe. L’action du sang n’est pas moins remarquable ; les fonctions du cœur sont plus ou moins troublées si ce liquide est en trop grande ou en trop petite quantité et si sa composition physique ou chimique vient à changer. Une bulle d’air introduite dans les veines peut déterminer la mort en se portant au cœur. Il résulte de ces considérations que les maladies de cet organe ne doivent pas être rares; elles sont de plus en général graves à cause de l’importance des fonctions lésées. Nous avons déjà décrit l’inflammation du cœur au mol Cardite; nous renvoyons également pour d’autres affections particulières de cet organe auxmots Péricardite, Angine de poitrine, Palpitations, Syncope , Les plaies, les anévrismes, les concrétions polypiformes et autres du cœur vont nous occuper successivement.

1° Plaies du cœur. Elles sont pénétrantes ou non, suivant qu’elles ont atteint les cavités ou qu’elles n’ont intéressé que les parois du cœur. Dans le premier cas, elles sont presque nécessairement mortelles, et, pour peu que la blessure soit large, le malade succombe instantanément par suite de l’hémorrhagie , comme frappé de la foudre. Cependant la simple piqûre du cœur pourrait ne pas être mortelle ; en effet M. Bretonneau, dans ses expériences sur l’acupuncture , a pu percer impunément, avec de fines aiguilles, le cœur de plusieurs petits chiens sans déterminer d’accident.

Les plaies non pénétrantes sont bien moins graves que les premières , et on cite plusieurs exemples de guérison. Dans un cas, on a rencontré une balle logée dans l’épaisseur des parois du cœur; elle y était restée six ans après la blessure, et le sujet, parfaitement rétabli, avait succombé à une tout autre affection. S’il n’y a pas d’artère ouverte , la mort même ne survient en général qu’après un temps assez long; c’est surtout alors une inflammation du cœur, et principalement une péricardite aiguë, que l’on a à redouter. On n’observe d’abord rien de particulier pendant plusieurs j ours ; puis tout-à-coup la physionomie du malade s’altère; il survient de la difficulté à respirer et des syncopes ; les exlré-

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mités se refroidissent, et au bout de quelque temps le blessé meurt.

Le traitement de ces plaies est restreint comme on le pense; c’est au repos , aux saignées et à l’administration de la digitale qu’il faut avoir recours. On doit se méfier en général du calme qui survient quelquefois après les blessures du cœur. On a vu , nonobstant cette tranquillité apparente, la mort survenir avec rapidité le vingt- huitième jour après l’accident.

2° Anévrismes du cœur. On a appelé ainsi deux maladies différentes : savoir : l’hypertrophie du cœur et la dilatation des parois de cet organe avec amincissement. Cette dernière affection est en général rare.

L’hypertrophie (anévrisme actif du cœur de Corvisart) peut affecter, soit les deux ventricules, soit les deux oreillettes, ou bien l’oreillette et le ventricule d’un même côté ; elle est aussi quelquefois générale. Dans cette maladie, le cœur acquiert en général un volume beaucoup plus considérable que dans l’état normal ; ce volume peut aller jusqu’à celui du cœur d’un bœuf. Ses parois prennent en même temps une épaisseur démesurée, jusqu’à atteindre un pouce à un pouce et demi. Il est aussi une autre variété d’hypertrophie, appelée concentrique, dans laquelle il y a seulement épaississement des parois aux dépens des cavités sans augmentation de volume.

L’hypertrophie du cœur n’attaque en général que les personnes d’un âge mûr ; les causes indiquées par les auteurs comme pouvant occasionner cette affection sont : les écarts de régime, l’abus des liqueurs alcooliques et des excitants , les marches forcées, l’exercice exagéré du chant, les cris, l’état pléthorique succédant à la suppression des règles ou d’une autre évacuation habituelle; mais surtout les peines et les chagrins longtemps prolongés , une jalousie concentrée , des obstacles au passage du sang dans les artères, une disposition particulière congéniale ou héréditaire qui fait, dit-on, que souvent tous les membres d’une famille sont atteints de cette affection. Quoi qu’il en soit, voici les principaux symptômes qui la caractérisent: à son début, elle ne se trahit d’abord que par de l’essoufflement et des palpitations passagères, lorsque le malade fait de l’exercice et surtout lorsqu’il monte un escalier ou qu’il parle en s’animant ; il est aussi sujet à s’enrhumer facilement, et sa face est en général colorée. Bientôt de légers accèsd’asthme se montrent pendant la nuit. Cet état peut durer un temps variable, quelquefois plusieurs années; mais enfin le mal revêt une marche plus rapide et plus caractérisée; aux palpitations et aux étouffements presque habituels, ou survenant par le moindre exercice et la moindre émotion , se joint un sommeil fréquemment interrompu par des réveils en sursaut et des songes effrayants , et souvent un sentiment particulier de pression et de constriction douloureuse à la région du cœur; le pouls devient irrégulier, la figure pâlit ou plus souvent prend une teinte violacée ; elle est fréquemment le siège d’une légère bouffissure; les chevilles des pieds commencent à se montrer enflées le soir ,

les battements de cœur devenus violents peuvent être appréciés par la vue , l’ouïe et le toucher. Parvenue à sa dernière période , la maladie devient reconnaissable pour les personnes les moins exercées. Le patient cesse de pouvoir supporter la position horizontale, et il faut absolument qu’il soitassis sur son lit; les lèvres sont gonflées, elles ont ainsi que la face une teinte violette ; les urines deviennent rares; toutes les extrémités inférieures, et souvent le ventre et les testicules, ou les grandes lèvres chez les femmes , sont enflées et remplies de sérosité; bientôt l’enflure est générale ; l’anxiété et le malaise sont portés à leur comble, elle malade meurt, frappé d’une attaque d’apoplexie, d’une rupture du cœur, ou bien emporté par une de ces hémorrhagies qui surviennent sur la fin de cette affection. Quelquefois les jambes, fortement distendues par la sérosité hydropique, se crevassent; la gangrène survient et termine rapidement les souffrances du malade. On a vu aussi une syncope prolongée faire périr des sujets à une époque de la maladie où rien n’annonçait un péril imminent.

Lorsqu’il y a simple dilatation du cœur sans hypertrophie , les symptômes sont à peu près les mêmes. On a noté cependant que les palpitations étaient plus sourdes et les syncopes plus fréquentes; le pouls était moins fort , et en général régulier. Le corps avait de la tendance à se refroidir, et la gêne de la circulation veineuse s’annonçait par le gonflement des veines et par des hémorrhagies passives, telles que des crachements et des vomissements de sang.

Il est facile de reconnaître un anévrisme du cœur lorsque la maladie est très-avancée ; il n’en est pas de même à son début : une foule d’affections en effet, souvent peu graves, s’accompagnent d’étouffements, de palpitations et de douleurs dans la région du cœur. Comme l’anévrisme est presque toujours mortel , surtout lorsqu’il n’est pas traité convenablement, on concevra de quelle importance il est d’éviter toute erreur ; c’est surtout aux signes fournis par l’auscultation et la percussion du cœur qu’il faut avoir recours; comme ils ne peuvent être appréciés que par le médecin seul, nous nous contenterons ici de les énumérer rapidement. Ces signes sont, pour l’hypertrophie ordinaire, la matité de la région du cœur dans une étendue anormale , la forte impulsion du cœur qui soulève la main et ébranle parfois le tronc entier ; l'altération du bruit normal qui devient plus fort, plus éclatant ou plus sourd , l’irrégularité et la force du pouls , etc*

Dans la simple dilatation, il y aussi matité , mais l’impulsion est moindre et les bruits du cœur sont plus éclatants. Dans tous les cas, c’est seulement d’après l’ensemble des symptômes que le médecin doit se prononcer. Les maladies qui ont le plus souvent donné lieu à des erreurs en faisant croire que l’on avait affaire à un anévrisme , sont la chlorose, la péricardite, le rhumatisme du cœur, l’emphysème des poumons, l’anévrisme de l'aorte, et quelques affeetions nerveuses et peu connues du cœur. (Voyez ces divers mots.) Ilest une remarques générale à faire sur les divers symptômes , que

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