‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 168 sur 316 · COEU · texte numérisé non relu

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nous venons d’énumérer, c’est qu’ils ont eu général d’autant plus de valeur qu’ils sont plus permanents et plus habituels ; lorsqu’au contraire ils sont passagers et fugitifs , il est probable que l’on a à cômbattreune simple affection nerveuse. Il ne faut pas oublier aussi que divers symptômes et en particulier des palpitations purement nerveuses à leur origine, peuvent, étant longtemps prolongées, déterminer plus tard et par la suite une véritable lésion organique.

L’anévrisme du cœur est une affection trèsdangereuse, qui n’est curable qu’à son début; plus tard la médecine n’a que des palliatifs à lui opposer. Pour son traitement la première indication à remplir est de remonter aux causes du mal et de les éloigner; le repos du corps et de l’esprit, l’abstinence des plaisirs de l’amour et de tous les excitants, tels que le vin et le café , etc. , l’usage du lait , des viandes blanches, et en général d’une nourriture trèsdouce sont de rigueur; ensuite viennent les émissions sanguines fréquentes ; on a même fait des saignées répétées et de la diète une méthode de traitement dite de Valsalva; dans cette méthode, on affaiblit le malade en le saignant et lui retranchant peu à peu de sa nourriture, jusqu’au point qu’il n’ait plus la force de se lever de son lit; on lui rend ensuite graduellement ses aliments. Cette méthode, qui n’est pas sans inconvénients est moins suivie de nos jours, et on se contente d’un régime rigoureux longtemps prolongé. L’emploi des diurétiques en particulier et de la digitale est fréquemment conseillé : ce dernier médicament , outre qu’il provoque la sécrétion des urines , a encore une action spéciale sur le cœur dont il calme les palpitations ; on a vu sous son influence les battements du cœur descendre de quatre-vingts pulsations jusqu’à quarante et même moins.

Lorsque la maladie est trop avancée pour pouvoir en espérer la guérison, c’est encore aux mêmes moyens qu’on a recours. On combat l’enflure ( Vanasarque ) par les saignées , les expecto rants, les diurétiques, la digitale et les purgatifs. Enfin, lorsque les membres sont extrêmement distendus , on a recours à de légères mouchetures pour faire écouler le liquide. Le même traitement est applicable au cas de simple dilatation du cœur, mais on doit être beaucoup plus réservé sur l’emploi des saignées.

3° Concrétions poly pif ormes et autres du cœur. Il n’est pas très-rare de rencontrer après la mort , dans les cavités du cœur, surtout à droite, certaines concrétions que les anciens avaient nommés polypes du cœur; plusieurs d’entre elles sont molles, allongées, élastiques, peu adhérentes, blanchâtres ou jaunâtres , et paraissent s’être formées au moment de la mort ou un peu avant par la coagulation de la fibrine du sang ; mais d’autres sont d’une texture ferme et fibreuse, elles adhèrent fortement au cœur, et les traces d’organisation qu’elles présentent ne permettent pas de douter que leur existence ne soit bien antérieure à la mort. Quant aux symptômes, suite de leur développement , voici ce qu’en dit Laennec : a Lors-

que chez un malade qui , jusqu'alors , avait pré • senté les battements du cœur réguliers , ceux-ci deviennent tout à coup tellement anormaux, irréguliers et obscurs, que l’on ne peut plus les analyser, on peut soupçonner qu’il y a formation d’une concrétion polypeuse, et si ce trouble a lieu d’un côté seulement, ce signe est presque certain. »

Outre cesconcrélions, le cœur peut se recouvrir en dehors ou en dedans de sa surface de plaques .osseuses ou fibreuses; quelquefois elles se développent dans l’intérieur même de ses parois. Une autre altération assez fréquente, surtout chez les vieillards, est l’ossification ou la dégénération cartilagineuse des valvules du cœur , surtout â gauche. On a vu aussi ces valvules être recouvertes de végétations semblables à des espèces de verrues. Ces diverses altérations les empêchent le plus souvent de remplir leurs fonctions, et deviennent la cause de symptômes qui se rapprochent beaucoup de ceux des anévrismes du cœur : tels sont les accès de suffocation , la toux , les rêves effrayants, etc. Ces diverses concrétions sont incurables , et l’art ne peut opposer au mal qu’un traitement palliatif.

Autres affections du cœur. Il nous resterait encore à décrire plusieurs autres affections du cœur, mais elles sont trop rares et trop peu connues pour que nous puissions nous en occuper sans dépasser les bornes de cet ouvrage. De ce nombre sont les abcès, les corps étrangers et les ruptures du cœur suite de diverses altérations de cet organe. Nous mentionnerons seulement ici certaines affections nerveuses sans lésions organiques ; en effet, indépendamment de l’anime de poitrine e,t des palpitations, qui sont le sujet d’un article à part, on observe quelquefois certaines douleurs nerveuses du cœur ayant tous les caractères d’une névralgie. (Y. ce mot.) La douleur diffère de celle de l’angine de poitrine en ce qu’elle se fait sentir lorsque le malade est assis et parfaitement tranquille; un léger exercice la soulage même. On a conseillé contre cette affection, qui est rare , le carbonate de fer et l’application d’un aimant artificiel dont un des pôles appuierait sur la région du cœur et l’autre sur la partie opposée du dos , en embrassant la poitrine ; mais l’efficacité de ce moyen n’est pas assez constatée pour que l’on puisse le regarder comme ayant une action certaine; cependant comme son application est complètement sans danger, on peut en essayer l’usage.

J. P. Beaude.

cohabitation ( physiol .), s. f. ( coliabitatio , basse lat.) C’est à proprement parler l’état du mari et de la femme qui vivent ensemble. Sous ce rapport (et c’est ainsi qu’on l’entend ordinairement) ce mot est synonyme de droits et devoirs charnels du mariage; car, lorsqu’en jurisprudence on sépare les conjoints d’habitation , cela ne signifie pas seulement qu’ils auront chacun leur demeure particulière , mais aussi qu’ils ne devront avoir entre eux aucun des rapprochements qu’autorisait le lien conjugal, en un mot qu’ils seront séparés à mensa et thoro , comme s’exprime la vieille formule.

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On ne s’attend sans doute pas à trouver ici une description physiologique de l’acte à la faveur duquel la nature a voulu sauver de la destruction l'entretien de notre espèce et celui d’une foule d’animaux; ces détails, sans utilité pour le lecteur, ne seraient guère propres, au contraire, à éveiller en lui que d’impures idées , qui ne sont que trop répandues parmi certaines gens, et dont on ne saurait avec trop de soin purger les ouvrages populaires. Nous sommes , au surplus , complètement de l’avis de celui qui a dit le premier qu"itn rustre en sait tout autant et plus, en cette matière, que le plus savant homme du monde. Il serait d’ailleurs superflu de nous occuper présentement de ce que nous serons peut-être contraints d’aborder à l’article Génération. On se tromperait toutefois si l’on y cherchait autre chose que ce qu’il nous sera indispensable de dire pour l’intelligence suffisante du sujet. Que d’autres salissent leur plume de tableaux obscènes, et instruisent la jeunesse de ce qu’elle n’a pas besoin de savoir et qu’elle n’apprendra que trop tôt pour sa santé et son bonheur I assez l’ont fait, assez d’autres le feront; non ego. F. E. P.

coing (bot.), s. no.; fruit du coignassier, Cydonia vulgaris L.; famille des Rosacées J.

Ce fruit , généralement du volume d’une forte poire, est sous-arrondi ou turbiné; sa peau est tomenteuse ou velue : elle se nuance d’une teinte jaune- doré assez prononcée, surtout lorsqu’il s’est développé à une exposition favorable; sa chair est jaunâtre, d’une consistance ferme; sa saveur est âpre et son odeur particulière; le centre est occupé par un grand nombre de semences ou pépins, circonstance qui distingue le coing des pommes et des poires, avec lesquelles, du reste, il a beaucoup d’analogie.

Le coignassier est originaire de Cydon, dansl’îlo de Crète, autrefois Candie. Les anciens avaient fait de son fruit l’emblème de l’amour, du bonheur, de la fécondité. L’usage qui existait pour les jeunes mariés de manger du coing avant d’entrer dans le lit nuptial porte à croire qu’on lui attribuait une action spéciale et stimulante sur les organes génitaux. Toutefois , l’observation n’a pas justifié cette prétendue propriété aphrodisiaque, et l’usage est tombé en désuétude.

Bien que les Romains possédassent une espèce de coing moins âpre que la nôtre , qu’ils obtenaient en entant un pommier coing sur un poirier de même espèce, il est douteux que ce fruit ait jamais été assez doux pour entrer dans le régime alimentaire dans l’état où la nature nous l’offre; aussi est-on dans l’usage de lui faire subir un commencement de cuisson qu’on nomme blanchiment , pour le débarrasser de son âpreté. Cette opération préliminaire est indispensable , soit qu’on se propose de conserver ce fruit par quartiers, en le plongeant dans du moût de raisin pour faire une sorte de raisiné , soit qu’on le convertisse en confiture ou gelée. Couvekchee.

coït ( physiol. ), s. m. Accouplement, acte générateur. (V. Génération.)

col (anat.). V. au Supplément.

colatüre (pharm.), s. f.,(de colare couler). Espèce de filtration qui consiste à faire passer un liquide à travers un tissu peu serré , plutôt pour en séparer le marc que pour l’obtenir parfaitement transparent. J. B.

colchique (bot.), s. m. Tue-chien , veillote , safran des prés, safran bâtard : tels sont les différents noms sous lesquels on a désigné le Colchicum automnale, dont les fleurs violettes semblent sortir subitement de terre et couvrent les prés en automne , ce qui avait fait dire à Linnée : Colchicum automni et gelu nuncium. Le colchique annonce l’automne et la gelée. Les feuilles paraissent au printemps suivant avec le fruit. Les bulbes de colchique renferment un principe appelé colchicine, mêlé à une grande quantité de fécule. Par l’ébullition la colchicine disparaît , et on retire de ces bulbes, si délétères qu’ils empoisonnent les mu lots, une fécule très-analogue à celle du froment. Le colchique a été introduit dans la thérapeutique par Stoerck ; il l’employa d’abord dans l’hydropisie, pour la guérison de laquelle il remplit deux indications en purgeant et en excitant la sécrétion des urines. Depuis, les Anglais ont donné la teinture de bulbes de colchique dans la goutte et le rhumatisme avec un succès qui paraît avoir été beaucoup exagéré, car nous l’avons vu administrer souvent à l’hôpital St-Louis, sans remarquer les effets vraiment prodigieux dont parlent les médecins anglais; cependant c’est un médicament à essayer dans le cas de goutte , en commençant par vingt gouttes chez les personnes dont* les voies digestives sont en bon état. On doit être prudent dans son emploi, car, à la dose d’une once, cette teinture peut donner lieu à des accidents mortels ; aussi la prudence ordonne-t-elle de ne jamais dépasser celle de deux gros. L’administration du colchique est suivie de trois phénomènes: la diminution de la fréquence du pouls , l’éjection de selles plus ou moins copieuses , et d’urines abondantes qui sont plus riches qu’à l’ordinaire en acide urique , ce qui , suivant M. Chelius , ferait comprendre comment le vin de colchique peut amener la disparition des concrétions tophacées chez les goutteux, puisque celles-ci sont principalement composées d’urate de chaux. Ms.

colère (physiol.), s. f.(dugrec cholos, bile). Emotion subite de l’âme provoquée par une offense ou une action qui nous déplaît. C’est la plus violente des passions humaines; les anciens, qui les avaient localisées toutes, en plaçaient le siège dans le foie et la bile ; cette opinion était probablement fondée sur le caractère irascible des personnes douées du tempérament dit bilieux.

La colère s’observe chez les animaux comme chez les hommes ; elle est de tous les âges et de tous les sexes, on voit même l’enfant à la mamelle s'irriter pour la moindre contrariété. Ses traits s’altèrent, sa figure se gonfle, et ses cris témoignent jusqu’où va sa petite fureur ; souvent des convulsions peuvent survenir si l’on ne se hâte de le calmer.

Physiologiquement on peut distinguer deux

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espèces de colère, l’une se manifeste surtout chez les hommes d’un tempérament sanguin et bilieux; elle éclate brusquement et avec impétuosité , elle est violente , emportée et ne connaît point de frein ; des paroles injurieuses , souvent indiscrètes s’échappent à flots et comme malgré la volonté de celui qui les profère , et souvent la fureur l’aveugle jusqu’à commettre des actions qu’il déplore le premier un instant après, car cette colère dure peu, et après les premiers transports, le furieux se calme en général assez promptement, non sans se repentir souvent de ses actions et de ses paroles. Pendant sa colère , sa face est rouge et tuméfiée , ses yeux sont étincelants , sa bouche est sèche et quelquefois écumante , son énergie physique est augmentée ; le pouls devient fréquent, irrégulier, et des spasmes agitent ses membres. Ovide nous peint admirablement cet état par les deux vers suivants que nous nesaurions traduire sans leur ôter toute leur énergie :

Ora tument irâ , nigrescunt sanguine venæ ;

Lumina Gorgoneo sævius igné micant.

Chez l’homme d’un tempérament nerveux et lymphatique , la colère est moins impétueuse mais plus concentrée ; la face n’est plus roujj®, elle est pâle au contraire ou bien elle pâlit et rougit tour à tour, les injures sont moins violentes mais plus acérées, l’ironie est souvent l’arme qu’il emploie , et s’il devine quelle est dans son adversaire la fibre la plus irritable du cœur , c’est lâ qu’il dirigera ses traits ; plus maître de lui-même que l’homme sanguin, il ne trahira pas ses secrets et profitera habilement au contraire des indiscrétions d’autrui; cette colère moins vive dure aussi plus longtemps et dégénère fréquemment en rancune. On concevra facilement qu’entre ces deux espèces, il doit exister plusieurs degrés intermédiaires.

Il est des états pathologiques qui sont quelquefois accompagnés d’une irascibilité remarquable, telles sont les affections hystériques, certaines inflammations gastro-intestinales, l’hypocondrie , l’état d’une femme en couches, etc. ; la fureur est aussi un des symptômes les plus constants chez les aliénés.

Cette passion violente devient souvent la cause de plusieurs maladies; la jaunisse, la syncope, l’apoplexie , des vomissements subits , diverses hémorrhagies , l’épilepsie , la suppression des règles , celle des lochies chez les femmes en couches, telles sont parfois les suites d’un seul accès de colère. Chez les nourrices la même cause suffit pour empêcher la sécrétion du lait et pour occasionner des accidents graves ; ou bien ce liquide acquiert des propriétés nuisibles à l’enfant. On a remarqué aussi qu’en général les gens colères ne vivent pas longtemps.

Que dire sur le traitement de la colère? La cure des passions n’est guère du ressort de la médecine; d’ailleurs, uue bonne éducation peut seule nous préserver des excès où nous conduit quelquefois un emportement aveugle. L’homme colère doit réfléchir au tort qu’il se fait; il doit veiller sur lui-même... Mais je dois borner là les

considérations morales.' C’est, comme dit Montaigne , utile ordonnance, mais de difficile exécution Il faut conseiller en général aux individus irascibles une nourriture légère et non excitante , ils doivent éviter les veilles , l’usage du café et des liqueurs; on a aussi remarqué que les personnes habituellement constipées étaient souvent de mauvaise humeur; ce serait une indication pour user de lavements et de légers purgatifs. En pareille circonstance et d’après le conseil de Corvisart son médecin, Napoléon prenait souvent le matin deux ou trois tasses de la boisson laxative suivante : crème de tartre soluble une once, émétique un demi-grain, sucre deux onces, eau un litre. A. G.

colimaçons [mat. méd. et hyg.), s. m. (escargots, hélices ); animaux mollusques habitant des coquilles univalves dont on connaît généralement la forme. Les principales espèces sont :

L’hélice des vignes (hélix pomatia) , la plus grosse de toutes. La couleur de la coquille est un peu fauve : il habite principalement les vignes , et pendant l’hiver il se séquestre en fermant l’entrée de sa coquille par une espèce de couche blanche. C’est le plus délicat et le plus estimé des hélices.

L’hélice chagrinée (hélix grisea ou apersa), espèce très-commune dans les jardins, où elle cause de grands ravages : on reconnaît sa coquille à des taches brunes , à son aspect chagriné et au rebord saillant de son ouverture ; elle est moins grosse que la précédente.

L’hélice livrée (hélix nemoralis), commune dans les bois et le long des haies; sa coquille est très-reconnaissable à sa couleur jaune de citron quelquefois un peu rougeâtre, tantôt unie, tantôt ornée de bandes circulaires brunes dont le nombre varie d’un à cinq : ces deux dernières espèces peuvent, au besoin, remplacer la première. On mange aussi en Provence, sous le nom de tanapa, l’hélice mélanostome.

Employés comme aliment, les escargots sont lourds et demandent, pour être digérés, un estomac robuste et un assaisonnement excitant.

On a vanté contre la phthisie le bouillon de colimaçons. (Voyez, au mot bouillon, le mode de préparation. ) On l’a regardé comme se rappro chant du bouillon de tortue. Sans croire à tous les éloges qu’on en a faits, nous pensons cependant qu’il peut être utile , en raison de ses propriétés nutritives et émollientes. J. B.

coliques ( pathol .), s. £; douleurs de ventre, le plus souvent soudaines, vives, violentes, mobiles, séparées par des intervalles de calme, ou bien rémittentes et continues. Comme toutes les souffrances exprimées par un seul symptôme commun à plusieurs lésions , les coliques ne représentent pas un état simple et identique auquel on doive opposer les mêmes moyens curatifs. Elles reconnaissent au contraire plusieurs causes déterminantes , et diverses modifications organiques qui deviennent autant de bases indispensables d’un traitement sage et rationnel. Nous ne pouvons

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faire entrer dans ce chapitre les considérations relatives aux différentes maladies abdominales dans lesquelles les coliques s’offrent comme un incident inaccoutumé ou comme un symptôme ordinaire , et distinguées alors par l’épithète de utérines, hépatiques, néphrétiques, stomacales, menstruelles, bilieuses, dysentériques, hémorrhoîdales, inflammatoires , vermineuses, stercorales, intoxiques, etc. Voyez, pour cela, Hystérie, Métrite, Hépatite, Calculs biliaires et Bile; Néphrite, Cardialgie ou Gastralgie; Menstruation, Dysenterie, Hémorroïdes , Entérite , Vers , Constipation , empoisonnement. 11 ne sera question ici que des douleurs ou névralgies intestinales , sans altération appréciable du tissu des intestins , sans lésions autres que celles de la sensibilité et de la contractilité du tube digestif, quelle que soit d’ailleurs leur cause déterminante. Nous ne parlerons donc que des coliques nerveuses, dont Yiléus ou miserere représente le plus haut et le plus redoutable degré, et de la colique métallique dite également des peintres ou de plomb. En faisant marcher de front trois espèces de coliques que rapprochent la nature spasmodique et le siège intestinal de la douleur, que distinguent d’ailleurs les causes , la marche , le pronostic et le traitement, nous aurons soin de produire les caractères différentiels, pour empêcher la confusion, et nous épargnerons au lecteur les longueurs et l’ennui d’une triple description de symptômes , pour la plupart semblables.

Les coliques nerveuses débutent , d’ordinaire , brusquement, et peuvent acquérir en très-peu de temps une intensité très-grande. La douleur aiguë, exacerbante, mobile, offre ceci de particulier que la pression, loin de l’augmenter, communément la soulage , et l’instinct lui-même dicte aux patients des manœuvres ou des postures qui tendent au soulagement par la compression. Ces coliques sont accompagnées de spasmes , de murmures dans les intestins , le plus souvent de constipation, parfois de diarrhée et de vomissement. L’abattement est considérable ; le visage pâle , contracté , les traits tirés , expriment une anxiété très-vive; le pouls est petit, concentré, tendu, souvent inégal; une sueur froide se déclare, et des défaillances, des syncopes peuvent survenir. Ces coliques, dont la durée et l’intensité sont trèsvariables , se prolongent rarement au-delà de quelques heures et cessent parfois en peu d’in stants. Leur marche n’est pas communément continue , rémittente ou intermittente ; elle se compose d’exacerbations ou de paroxysmes qui se dissipent enfin complètement. Le pronostic n’a rien de grave ; mais il n’en est pas de même du miserere ou de Y iléus , dans lequel les souffrances sont atroces et le danger imminent. A l’exagération des symptômes que nous avons exposés se joignent, comme caractéristiques, une constipation des plus opiniâtres et des vomissements qui finissent par amener l’expulsion des matières fécales par la bouche. Dans la colique saturnine ou de plomb , la constipation est également rebelle et les vomissements ne sont pas rares non plus; mais tfs rejettent des mucosités, de la bile,

et non des matières stercorales. Le ventre est dur, tendu et étonnamment rétracté vers la colonne vertébrale , peu ou point douloureux à la pression. Il existe des crampes , des engourdissements , des paralysies dans les membres ; le pouls est lent et serré. Les douleurs de ventre sont très-lentes, inégales, de longue durée, et augmentent souvent dans la nuit, etc.

Ainsi que nous l’avons annoncé , les trois espèces de colique que nous venons de décrire succinctement, en nous bornant aux signes caractéristiques et différentiels , après avoir offert des symptômes communs et spéciaux , se distinguent entr’elles et parleurs causes, et par leur marche, et par le pronostic. Leur traitement n’est pas non plus le même.

Les causes de la colique nerveuse simple et bénigne sont tour à tour dans la prédisposition individuelle et dans les influences extérieures qui la mettent en jeu. Les personnes d’une constitution délicate, impressionnables, sensibles, irritables, nerveuses enfin , y sont les plus sujettes. C’est pourquoi on l’observe plus souvent chez les femmes , les enfants , les hypochondriaques et les mélancoliques , dans l’hystérie; chez les hommes adonnés aux travaux de l’esprit, et menant, en même temps , une vie sédentaire comme les artistes , les gens de lettres , les savants. Il suffit , pour la déterminer , d’une impression morale , d’un refroidissement, de l’ingestion de quelque substance végétale ou animale , fermentescible , crue , indigeste , trop froide ou trop stimulante , qui provoque simplement des spasmes intestinaux sans irritation inflammatoire. Parfois les coliques proviennent de la déglutition maladroite ou du développement spontané de gaz dans le tube digestif. Nous avons aussi indiqué dans le premier alinéa diverses maladies dont elles ne sont qu’un douloureux symptôme. Les causes occasionnelles du miserere ne sont pas autres que celles que nous venons d’énumérer; c’est plutôt la modification ou lésion intestinale qui diffère. Soit l’effet d’un spasme considérable , d’une invagination des intestins , ou de quelque matière obstruante , il y a occlusion dans une partie du canal digestif. Quant à la colique saturnine , sa cause est ordinairement évidente, soit par la profession de l’individu qui manie des préparations de plomb (Y. Cérusiers) , soit par des circonstances accidentelles qui ont permis aux particules de ce métal de pénétrer dans l’économie parla respiration, la déglutition , ou l’absorption de la peau. Il est d’autres métaux que le plomb qui produisent des coliques ; mais elles ont l’air moins nerveuses qu’inflammatoires , et doivent figurer parmi les aocidents d’empoisonnement.

Nous avons dit que la colique nerveuse simple était communément de courte durée et avait une terminaison heureuse. L 'iléus ou miserere n’a ni celte marche rapide , ni cette bénignité. D’ordinaire il se prolonge plusieurs jours, et c’est une affection des plus cruelles et des plus graves. L’inflammation , et parfois les gangrènes qui surviennent dans les intestins, ne lui laissent plus ce caractère de colique nerveuse qu’il avait revêtu

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au commencement. La colique de plomb, bien traitée , ne dure guère au-delà d’une semaine; et quoiqu’elle soit une maladie sérieuse, le pronostic est généralement rassurant. Lorsque les récidives sont fréquentes et les atteintes chaque fois profondes , il serait prudent d’abandonner la profession qui y expose ; car, indépendamment que l’attaque peut être mortelle , il en reste parfois d’incurables paralysies. Si l’on est dans l’obligation de persévérer, il convient du moins d’user de toutes les précautions qu’indiquent le sens commun et l’hygiène.

En exposant les symptômes caractéristiques et différentiels des trois espèces de coliques spasmodiques au nerveuses, nous n’avons pas parlé des indices qui les distinguent de l’entérite ou inflammation des intestins , et pourtant cette distinction est de la plus haute importance , puisqu’elle change la méthode de traitement. Nous allons remplir cette lacune. Dans les coliques, la douleur est plus ou moins soudaine, vive, inégale, exacerbante, souvent mobile, n’augmente pas par la pression, n’est pas accompagnée de fièvre, etc.; dans l’entérite , la douleur se développe lentement ; elle est moins changeante et violente que fixe et continue ; la compression du ventre la redouble ; la peau est chaude , le pouls fréquent, la soif vive; il y a plutôt diarrhée que constipation , etc ; il n’y a que l’iléus, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, qui allie , dans son cours , les caractères inflammatoires aux symptômes nerveux ou spasmodiques qui prédominent au début. Il importe, dans tous les cas, de bien discerner la cause prédisposante et occasionnelle, l’état de simplicité ouïes complications des coliques. C’est principalement quand elles sont fréquentes ou habituelles qu’il faut rechercher avec soin à quelles circonstances constitutionnelles ou hygiéniques elles semblent plus particulièrement liées, et tâcher de modifier, conséquemment à ces notions , son tempérament ou ses habitudes. (Voyez Cardialgie: les mêmes préceptes s’appliquent à l’Entéralgie ou douleurs nerveuses intestinales.)

L’origine spasmodique des souffrances intestinales dont nous parlons indique quel doit en être le remède. Il convient de le chercher dans les agents spéciaux du système nerveux et d’attaquer directement le spasme ou la douleur qui sont l’essence de la maladie même. Toutefois , si la cause occasionnelle , morale ou physique , qui a donné lieu aux coliques continuait à agir, c’est à elle d’abord qu’il faudrait s’en prendre. La névralgie intestinale , réduite à son état de simplicité , est très- avantageusement combattue par les préparations d’opium avalées ou administrées en lavement dans de l’eau de lin, de pavot,de guimauve; par les potions éthérées , les infusions de tilleul , de feuilles d’oranger, de camomille bues chaudes, simples ou gommées , avec addition d’une pincée d’anis ou de quelques gouttes de teinture de cannelle , quand on est tourmenté des vents ; par la douce chaleur du lit, des bains tièdes, des frictions sèches ou avec un Uniment anodin, des catapüasæes émollients sur le ventre. Quand on en a la patience» le aaieux eet s® borner aux moyens

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les plus simples et d’attendre la solution spontanée des douleurs qui , ordinairement , ne se fait pas I attendre plusieurs heures.

Nous pensons qu’il n’y a que le médecin qui puisse prescrire, avec le discernement et la prudence nécessaires, l’opium, l’éther et les infusion stimulantes , qui nuiraient certainement s’il avait quelque compücation inflammatoire.

! Toutefois , ni cette expectation , ni cette sécu rité ne sont applicables au cruel et redoutable ! miserere que nous avons dit se confondre , au j début, avec les coliques simples, et s’en distinguer, plus tard, par des vomissements de matière fécale, une constipation qui ne donne pas même issue aux vents, et des caractères d’irritation inflammatoire. Ici, tout ce que la médecine peut déployer de vigilance , de sollicitude et d’action prudente doit être employé. La violence des spasmes et des douleurs indiquerait les narcotiques; mais malheureusement ils augmenteraient la constipation, et c’est assez de les employer en onctions , en frictions et en fomentations sur le ventre , en alternant avec des cataplasmes de farine de graine de lin. Il ne faut pas être moins réservé dans l’emploi des éthers, des infusions aromatiques, attendu que l’entérite est imminente par suite de contractions trop violentes ou d’étranglement dans les intestins. On sert des boissons douces, mucilagineuses avec un peu d’eau de fleur d’oranger. Les bains tièdes prolongés sont très-utiles. Appeler les évacuations alvines , faire cesser le mouvement anti-péristaltique , ou de bas en haut , du canal digestif, doivent être l’objet de l’attention la plus constante. Dans ce but , on fait prendre des lavements laxatifs , huileux ou salins. On prescrit des boissons semblables avec la manne , la casse , les tamarins , l’huile de ricin ou d’amandes douces. Les purgatifs violents ne sont pas sans danger. On a parfois fait avaler du mercure coulant dans le but de rétablir le mouvement naturel et le libre cours dans les intestins qu’on supposait invaginés» étranglés , obstrués dans quelques-unes de leurs parties. Nous croyons que les purgatifs drastiques, tels que l’huile de croton tiglium, la gomme gutte, la scamonée, le jalap, etc., pourraient se montrer efficaces, et, dans tous les cas, moins dangereux, en friction sur les reins ou le ventre.

Quoique la colique de plomb soit essentiellement nerveuse et n’ait dû trouver place que dans ce chapitre ou parmi les empoisonnements , il est néanmoins vrai que son traitement est extrêmement dissemblable de celui généralement adopté contre les autres coliques. Du reste, il ne consiste pas dans l’emploi d’un spécifique-, et diverses méthodes ont été expérimentées. Le traitement dit de l'Hôpital de la Charité est celui qui compte le plus de succès , malgré ses apparences d’un dégoûtant empirisme. Toutefois l’exposition en serait ici déplacée. Ce traitement, non moins polypharmaque que bizarre, et dont les évacuants et les narcotiques font les frais principaux, a besoin d’être modifié selon les diverses circonstances ; mais ses deux bases principales réussissent moins bien seules que combinées. Les anodins ou les drastiques, employés exclusivement , n’ont

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plus le même succès que dans leur association alternative. On a essayé beaucoup d’autres méthodes , dans ces derniers temps surtout ; on a traité la colique de plomb par les délayants et les bains , par la saignée et les sangsues , etc. Ainsi combattue , la maladie est plus longue et son heureuse issue moins certaine. Les relevés de M. Andral fils , dans la pratique de M. Lerminier , à l’hôpital de la Charité, donnent moins d’un mort sur cent individus atteints de la colique saturnine. Livrée à elle-même , elle guérit souvent ; mais sa durée est plus longue et sa terminaison plus douteuse. Ainsi il est sage de s’en remettre aux soins d’un médecin , au lieu de se borner aux bains, aux lavements, à la diète, aux boissons douces, aux frictions, aux fomentations et aux liniments, les seuls moyens qu’il fût permis de prescrire en son absence. Y. Cérusiers (maladies des).

Ce n’est pas sans scrupules qu’après avoir exposé les symptômes qui caractérisent et distinguent les coliques purement intestinales , soit entre elles, soit relativement à l’inflammation des intestins , nous avons dit un mot du traitement médicamenteux que la médecine leur oppose. Toutefois nous pensons bien qu’il n’y aurait que la nécessité qui pût donner à quelqu’un , étranger aux principes de l’art, assez de hardiesse pour traiter , sous sa responsabilité , un iléus nerveux ou une colique saturnine. Si nous ne l’avons exprimé , nous aurons plus d’une fois l’occasion de le redire; la médecine est une science dont toutes les parties s’échelonnent et s’enchaînent, l’anatomie conduisant à la physiologie, la physiologie â l’hygiène, l’hygiène à la pathologie, la pathologie à la thérapeutique. Se figurer que , dans l’ignorance de cet enchaînement dogmatique, parce q don aura retenu quelques symptômes et une^ recette, on est capable de traiter une maladie, serait la plus folle et la plus dangereuse des présomptions. (V. au Supplément.) A. Lagasquie,

Docteur en Médecine, membre de la Commission d’Égypte.

coiiQsres ( anat .). V. au Supplément.

coute (path.), s. f. Inflammation de l’intestin colon. (V. Dysenterie.)

coiiLAPSus (path.), s. f. Mot francisé . participe de collabor , je tombe. On l’emploie dans différentes acceptions.

Cullen, qui le premier a fait usage de ce nom, le définit: un affaissement ou affaiblissement de l’énergie vitale ou fonctionnelle du cerveau. Il appelait excitement l’état contraire au coilapsus. La paresse inaccoutumée de l’esprit, l’abattement, la tendance au sommeil, étaient pour lui un commencement de coilapsus; celui-ci était complet dans le profond sommeil. Il distinguait de même plusieurs degrés dans l’excitement, qui était à son maximum ou voisin de son maximum , dans les inquiétudes intellectuelles , dans l’exaltalion des idées , dans l’insomnie opiniâtre , etc. Ces deux états pouvaient aussi exister simultanément, et se disputer en quelque sorte le domaine des fonc tions cérébrales. Le savant médecin écossais reconnaissait cette double association, dans le sommeil imparfait, dans les rêves, les fausses perceptions, la folie, le délire ; et enseignait que , pour

que l’intelligence pût s’exercer complètement et librement, il fallait qu’il y eût une répartition égale et suffisante d’excitement dans les diverses parties du cerveau.

On a , depuis lui , beaucoup généralisé la signi fication du mot coilapsus ; et on l’a fait l’équivalent de prostration, d’adynamie, de chute et défaillance des forces en général. Quelques auteurs néanmoins établissent une certaine différence entre les synonymes qu’on a donnés à cette expression. Ils distinguent le coilapsus de l’adynamie ou de la prostration ( prostratio virium) , en ce que, dans le premier cas, la chute des puissances nerveuses et musculaires est extrêmement prompte , subite , foudroyante ; tandis qu’elle ne se fait que graduellement et plus ou moins lentement dans le second. C’est ainsi qu’ils disent qu’il y a coilapsus, et non pas adynamie ou prostration, dans les fortes commotions de l’encéphale, dans les hémorrhagies excessives, etc. L’adynamie, et ce qui est la même chose, la prostration, l’asthénie, ont lieu, au contraire, dans les inflammations des principaux viscères, dans celles des organes qui éveillent de nombreuses sympathies, dans la plupart des fièvres, et par suite de l’épuisement qu’amène un état maladif prolongé. F. E. Plisson.

coliatéeax (anat.), adj., qui accompagne; on désigne sous le nom de branches collatérales, les vaisseaux qui suivent la direction des troncs veineux ou artériels d’où ils proviennent. J. B.

colxæ de poissom. (Y. ïchtliyocollé).

C8UOMOS (thérap.), s. m. On donne ce nom à une solution de coton-poudre dans l’éther; le collodionpar sa prompte évaporation forme, lorsqu’il est étendu sur la peau, une pellicule résistante qui tient lieu d’emplâtre adhésif; on l’emploie pour couvrir certaines plaques éruptives et dans l’érysipèle. J. B.

collyre (thérap.), s. m. Nom donné à des médicaments externes destinés a être appliqués sur les yeux. Il serait difficile de définir autrement les collyres, car on a donné ce nom à des médicaments de natures très diverses ; ainsi il y en a de liquides , de mous, de solides et de gazeux.

Les collyres liquides sont formés d’infusions de plantes émollientes ou aromatiques, ou d’eaux distillées, auxquelles on ajoute des sels minéraux, des extraits, des teintures ou autres médicaments actifs. Tantôt on en lotionne légèrement l’œil malade , tantôt on l’y baigne entièrement au moyen d’un vase approprié à cet usage; on imbibe encore avec le collyre des compresses que l’on tient appliquées sur l’œil; ou on l’y instille goutte à goutte sur la cornée et les autres parties intérieures. On emploie ordinairement de cette manière des liquides très-actifs destinés à déterger des ulcères ou à ronger des excroissances ou des taies.

Les infusions de guimauve ou autres plantes mucilagineuses sont souvent employées comme collyres dans la période inflammatoire des ophtbalmies; elles doivent être fort peu chargées, car si le mucilage était trop épais, il exercerait, en se desséchant , une action mécanique qui irriterait les parties malades. Les infusions légères do têtes de pavot, de laitue ; l’eau distillée de cette dernière plante, sont de bons collyres dans les mêmes

COL

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