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cas ; on y ajoute , selon le besoin , du laudanum, des teintures, des extraits calmants. Les eaux distillées de plantain, de bluet, qui ont joui d’une grande réputation sont absolument inertes.
L’eau distillée de roses est très-employée et employée souvent sans discernement dans la médecine populaire; au début d’une inflammation elle peut augmenter l’irritation , plus tard , au contraire, c’est un bon tonique ; on y associe le sulfate de zinc, l’acétate de plomb ou d’autres sels dont on tempère l’action, s’il est nécessaire, par les préparations d’opium.
Les substances qu’on introduit dans les collyres liquides se décomposent souvent mutuellement; il faut se méfier de ces réactions; ainsi en mêlant du sulfate de zinc et de l’acétate de plomb, on a de l’acétate de zinc dans les liqueurs et un précipité abondant et insoluble de sulfate de plomb. Nous ne savons quelle peut être l’utilité de ce dernier sel; de pareils mélanges sont cependant fréquemment prescrits. Le sous-acétate de plomb précipite la plupart des matières colorantes et extractives végétales qui se trouvent en contact avec lui dans les collyres; quelquefois le précipité très-léger et très-divisé reste assez régulièrement suspendu , et on peut supposer qu’il concourt à l’action du médicament ; dans d’autres cas , et surtout dans certains collyres mucilagineux , des flocons se séparent en épais filaments et donnent à la préparation le plus mauvais aspect.
Les collyres mous sont ordinairement des onguents dont les préparations mercurielles et l’oxide de zinc forment ordinairement la base; ils servent à combattre certaines maladies des paupières. L’extrait de belladone amené en consistance de miel est souvent employé en frictions sur ces mêmes organes , il peut être alors considéré comme un collyre.
Les collyres solides sont des médicaments qu’on réduit en poudre impalpable , pour les insufler dans l’œil en petite quantité , ordinairement au moyen d’un tuyau de plume ouvert par les deux extrémités. Les substances qui sont le plus fréquemment employées de cette manière sont le sucre, l’alun, l’oxide de zinc, le calomel, etc.
On expose les yeux à l’action de certains gaz et principalement des gaz ammoniacaux; le carbonate d’ammoniaque, l’ammoniaque liquide, sont employés de cette manière. On connaît sous le nom de collyre de Leayson, collyre sec ammoniacal, un mélange de chaux et de carbonate d’ammoniaque, qui laisse dégager le gaz à travers des substances odorantes, de l’arome desquelles il se charge.
Le baume de Fioraventi, l’eau de Cologne, et quelques autres alcoolats , répandus dans la paume de la main, s’appliquent aussi aux yeux à l’état de vapeur comme excitants et fortifiants.
On a improprement donné le nom de collyre de Lanfranc à une solution cathétérique formée d’un mélange de poudres dont les plus actives sont le verdet et l’orpiment, suspendues dans du vin blanc ; ce mélange ne s’applique que bien rarement aux maladies des yeux. Vée ,
Pharmacien , Membre de la société de pharmacie.
COLOMBO ou colümbo [mat. méd.), s. m. On appelle ainsi la racine d’une plante sarmenteuse do la famille dos ménispermées, le menispermum palmatum Lam. ou cocculus palmatus D. C. , qui croit à Ceylan aux environs de la ville de Colombo. Cette racine , telle qu’on la trouve dans le commerce, est en morceaux de deux à trois pouces de long, d’un jaune verdâtre à l’intérieur, d’une odeur un peu aromatique et d’une saveur trèsamère. C’est un médicament tonique et astringent; on le considère comme un excellent stomachique ; on l’emploie surtout pour combattre certains cas de diarrhée et les vomissements sympathiques qui surviennent pendant la grossesse. La dose est vingt-quatre grains de la racine réduite en poudre , dont on fait des bols ou un électuaire. On l’administre aussi en décoction (une demi-once de racine pour un litre d’eau qu’on sucre convenablement). J. B.
colon ( anat .), s. m. Portion la plus considérable du gros intestin, qui s’étend depuis le cæcum jusqu’au rectum; les anatomistes lui ont distingué quatre portions : 1° le côlon ascendant ou lombaire droit; il suit le trajet d’une ligne qui monterait verticalement de la partie inférieure et latérale droite du ventre jusqu’au rebord des fausses côtes; 2° l’arc du côlon ou le côlon transverse; arrivé au rebord des fausses côtes droites, le côlon se replie et se dirige horizontalement de droite à gauche au-dessous de l’estomac. C’est de cette seconde portion de l’intestin que nous vient la sensation d’une espèce de barre transversale, lorsqu’on est tourmenté par des coliques ; 3° le côlon descendant ou lombaire gauche, parvenu au rebord des fausses côtes gauches , le côlon se replie de nouveau et se dirige verticalement en se portant en bas, toujours sur la partie latérale gauche du ventre, jusqu’à l’évasement formé par l’os iliaque du bassin, évasement qu’on nomme fosse iliaque ; 4° l’S du côlon, ou côlon iliaque gauche : cette quatrième portion de l’intestin occupe la fosse iliaque gauche où elle décrit une double courbure en forme d’S. On voit d’après ce que nous venons de dire, que le colon décrit dans le ventre un espèce de cercle où les aliments sont obligés à droite de remonter contre leur propre poids. (V. pour les généralités le mot Intestin.)
Colon (Maladies du). Toutes seront décrites à part ou d’une manière générale au mot Intestins (Maladies des). (Y. Dysenterie , Colique, etc.)
COLONNE VERTÉBRALE (anat.), s. f épine dudos, en grec rachis; nom donné à la série des vertèbres , ( voyez ce mot ) , parce que de leur superposition résulte une sorte de colonne, et aussi parce qu’elle présente le long du dos une rangée d’éminences pointues formées par les apophyses épineuses. C’est une sorte de tige, osseuse, flexueuse, située en arrière du tronc, au milieu du cou, du dos et des reins , soutenant d’une part la tête et soutenue de l’autre par le bassin. Elle est creusée à l’intérieur par un canal nommé canal vertébral, renfermant ce prolongement du cerveau
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connu sous le nom de moelle épinière. Sa face antérieure est arrondie , sa face postérieure est au contraire hérissée d’éminences, de chaque côté il existe une rangée de trous ( trous de conjugaison), qui livrent passage à des nerfs.
La colonne vertébrale, qui égale en son ensemble le tiers environ de la hauteur totale du corps, est formée de vingt-quatre vertèbres; savoir : sept pour le cou (Vert. Cervicales)-, ce nombre est constant chez presque tous les mammifères; douze pour le dos (Vert. Dorsales), et cinq pour les reins (Vert. Lombaires). Sa forme est flexueuse, comme nous l’avons dit; ainsi au cou elle présente une convexité en avant; au dos la convexité est en arrière; enfin aux reins elle est de nouveau en avant. Outre ces flexuosités alternatives d’avant en arrière, la colonne présente très-souvent une légère courbure sur le côté, et la convexité de celle-ci regarde presque toujours à droite : cette disposition est due , suivant des physiologistes , à la présence du cœur à gauche ; suivant Bichat et Béclard, elle tiendrait à ce que la plupart des efforts se faisant avec le bras droit, les muscles du même côté agissent sur la colonne , sans que leur action soit contre-balancée par ceux du côté opposé. Cette déviation latérale naturelle parait être l’origine des déviations anormales , ou gibbosités les plus fréquentes. Chez la plupart des bossus la saillie dorsale est en effet du côté droit.
La disposition des vertèbres séparées entre elles par un ligament élastique , permet à la colonne d’exécuter divers mouvements; au cou les dispositions de ces mêmes vertèbres rendent ces mouvements encore plus variés.
Le sommet de la colonne s’articule en haut avec l’os occipital du crâne; sa base s’unit au sacrum en formant un angle nommé par les accoucheurs promontoire , ou mieux angle sacro-vertébral. Le canal vertébral, qui communique avec le crâne, a une forme triangulaire en bas et en haut , et arrondie à la région dorsale.
La colonne a pour usage de soutenir la tête et le tronc, en donnant attache à une foule de muscles , mais son but principal est do contenir et de protéger ia moelle épinière ainsi que l’origine des nerfs qui en partent.
Colonne vertébrale (Maladies de la). Nous renvoyons au mot Orthopédie pour tout ce qui a rapport aux gibbosités et aux diverses déformations de la colonne.
Nous traiterons ici des fractures, des luxations, et du mal vertébral ou mal de Pott; nous dirons aussi un mot de quelques maladies de la moelle épinière :
1» Fractures de la colonne vertébrale; elles sont assez rares à cause de la mobilité des vertèbres et de l’épaisseur des parties molles qui la protègent. Elle peuvent être le résultat d’une chute, ou être produites par l’action d’un corps vulnérant quelconque , tel qu’un projectile d’arme à feu, la roue d’une voiture , etc. ; tant que la fracture n’a pas atteint le corps des vertèbres, il peut y avoir quelques doutes, quoique l’on puisse dans quelques cas
percevoir la crépitation, et qu’il se manifeste souvent de la paralysie ; mais lorsque la fracture de la colonne est complète , les signes en sont alors très-évidents; il y a des douleurs vives surtout au moindre mouvement dans le point lésé, et il existe en même temps une paralysie plus ou moins étendue des parties inférieures ; cette paralysie peut, dansquelques circonstances, être bornée à la vessie et le malade ne pouvoir plus uriner à moins qu’on ne le sonde; cette perte de la faculté contractile est due à la lésion de la moelle épinière. Lorsque la fracture a son siège dans les trois à quatre premières vertèbres du cou, le nerf phrénique peut être comprimé, et le blessé meurt alors immédiatement d’asphyxie. Du reste, la moelle peut éprouver, comme le cerveau, la commotion, la compression et la contusion. Les deux premiers états ont pour symptôme une paralysie qui peut disparaître peu à peu dans le cas de simple commotion; la contusion est suivie presque toujours d’une myélite ou inflammation de la moelle, qui survient cinq ou six jours environ après l’accident.
La fracture complète de la colonne vertébrale est uue maladie presque constamment mortelle. Il est difficile de prescrire des règles générales pour le traitement de ces fractures ; l’expérience a appris qu’on ne devait jamais tenter de réduire les fractures du corps des vertèbres ; le plus souvent ces tentatives ont été suivies d’une mort prompte. Le médecin pratiquera quelques émissions sanguines, placera autant que cela sera possible le malade sur le ventre, et fera en général la médecine du symptôme. Après la guérison de certaines fractures de la colonne , la paralysie de la vessie persiste souvent; cette circonstance est très-grave ; au moyen de sondes on parvient facilement à faire uriner le malade, mais à la longue la vessie s’enflamme et la mort survient. Les moyens mis en usage pour stimuler dans ces cas les nerfs engourdis sont les frictions sèches , les moxas sur les reins , les préparations de cantharides et de noix vomique , divers liniments, etc.
2° Luxations de la colonne vertébrale. La luxation complète d’une vertèbre entière sur une autre est presque impossible, à moins qu’il n’y ait fracture en même temps; la largeur des surfaces, la force et le nombre des divers liens fibreux et musculaires s’opposent à ce déplacement. Il n’en est pas de même des apophyses articulaires, elles peuvent se déplacer plus facilement surtout au cou. Parmi ces luxations ,1a plus commune de toutes est celle de la première vertèbre sur la seconde; elle peut être produite par une violente flexion de la tête sur la poitrine , par un mouvement outré de rotation du cou, enfin par une traction directe du corps en bas , ou simplement par le poids seul du corps comme pendant la pendaison ; ce jeu dangereux qui consiste à soulever un enfant par la tête, pour lui faire voir son grandpère, comme on dit, a été quelquefois suivi de cet accident ; dans ces diverses circonstances il y a déplacement de l’apophyse odontoïde (V. Axis), qui peut se porter dans la cavité du canal vertébral. On conçoit facilement qu’alorsla moelle
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étant comprimée ou déchirée, la mort suit presque immédiatement la luxation. Des auteurs citent pourtant des observations où des malades auraient survécu en ne conservant que de la difformité et la tête restantinclinée en avant. On a aussi observé des luxations des cinq vertèbres cervicales inférieures ; elles sont le résultat d’une chute ou même d’une simple contraction musculaire, ! ainsi les culbutes que l’on fait en appuyant la tête j sur le sol , un mouvement très-brusque pour re- i garder derrière soi, ont pu dans quelques cir- ! constances déterminer cet accident. Une douleur vive, un sentiment de déchirement et par dessus toùt le déplacement de la tête qui est tournée de manière que la face regarde l’épaule du côté opposé à la maladie , sont les symptômes du déplacement. Les tentatives de réduction sont trèsdangereuses et entraînent fréquemment la mort; aussi est-il de précepte maintenant de s’en abstenir. Les douleurs diminuent ordinairement peu à peu, et le malade en est quitte pour avoir toute sa vie la face déviée et la tête inclinée.
3» Du mal vertébral ou mal de Pott; chez les rhumatisants , les enfants scrofuleux , surtout chez ceux qui sont adonnés à la masturbation, on voit quelquefois survenir une maladie qui attaque principalement le corps d’une ou de plusieurs vertèbres, en débutant tantôt par la surface, tantôt par le centre de l’os; dans le premier cas, une douleur fixe ayant son siège dans un point de la colonne vertébrale, annonce le début du mal; mais très-souvent, surtout sur les sujets scrophu leux, cette douleur manque, et c’est au centre du corps de la vertèbre, que commence le ramollissement qui est un des caractères de l’affection. Ce corps ramolli cesse de pouvoir supporter le poids du tronc et s’affaisse , mais comme le reste de la vertèbre situé en arrière n’est pas affecté et résiste, la colonne ne s’affaisse pas en totalité, mais se plie de manière à former une angle rentrant en avant, et un des premiers signes que présente alors la maladie , est une saillie anormale des apophyses épineuses d’une ou plusieurs vertèbres ; la taille paraît alors rapetissée, et le haut du corps est incliné en avant. Portée à un certain degré, cette flexion de la colonne comprime la moelle et ses nerfs, et devient par là la cause d’engourdissements, de tiraillements, de spasmes et autres accidents nerveux; plus tard, enfin, survient la carie , qui se manifeste de prime abord, lorsque le mal commence par la surface de l’os; alors la douleur s’éveille , ou si elle existait déjà elle s’exaspère; des frissons légers, un peu de fièvre le soir, les progrès plus rapides de la courbure annoncent la suppuration, le pus formé coule lentement, et fuse le long de la colonne et des muscles psoas, et ce n’est qu’après plusieurs semaines qu’il se montre aux aines, à la fesse, à la partie supérieure de la cuisse, etc.; il forme dans ces points, en soulevant la peau, une tumeur molle :et fluctuante, pouvant diminuer par la pression, tumeur à laquelle on a donné le nom Œabcès 'par congestion. Au bout d’un certain temps cette collection purulente s’ouvre soit par le secours de l’art, soit naturellement , le pus ayant déterminé
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l’érosion de la peau; mais on a remarqué qu’alors les symptômes s’aggravent; ce qui tient à la pénétration de l’air qui vicie et corrompt le pus; aussi a-t-on donné pour précepte de n’ouvrir ces abcès que le plus tard possible , et seulement en introduisant obliquement la lame très-étroite d’un bistouri; lorsqu’une grande partie du pus s’est écoulée, on réunit la petite ouverture par un emplâtre agglutinalif, et on empêche ainsi la pénétration de l’air. Mais, quoi qu’on fasse, cette carie et les abcès qui en sont la suite sont presque constamment mortels , et au bout d’un temps plus ou moins longs, le malade finit par succomber dans le marasme, épuisé par la souffrance, la suppuration , les sueurs et la diarrhée colliquative. Lorsque le mal de Pott n’est qu’à sa première pé riode, et qu’il n’y a qu’un ramollissement sans carie , la maladie peut se guérir , et se terminer par résolution ou induration ; mais alors la flexion de la colonne, la gibbosité qui en est la suite, persistent toute la vie, cette gibbosité est au nombre de celles que l’art orthopédique ne doit pas tenter de faire disparaître.
Le traitement de cette affection doit être d’autant plus prompt et énergique que , passé à la seconde période (la carie), la maladie devient presque incurable. Si un enfant , après avoir marché , cesse ensuite de pouvoir le faire, s’il ne peut se soutenir sur ses jambes , s’il sent une douleur fixe dans un point de la colonne , il faut examiner avec soin l’épine du dos , et s’assurer s’il n’existe pas une saillie non naturelle ; dans ce cas il faut appeler de suite un médecin. Le traitement usité est le séjour continuel au lit et l’application de plusieurs moxas à côté de la gibbosité ; le malade fait en outre usage à l’intérieur de différents remèdes pour combattre le vice rhumatismal ou scrofuleux , s’ils existent. Des moyens énergiques pour réprimer l’habitude fatale de la masturbation doivent être employés avec persévérance , lorsque cette cause est présumée avoir déterminé la maladie. Le traitement, qui est en général long, a été dans beaucoup de circonstances efficace, c’està-dire qu’on a arrêté les progrès de la courbure et empêché la carie de s’emparer de l’os.
4° Myélite ou inflammation de la moelle épinière. Les causes de cette affection sont, tantôt traumatiques, tels sont les coups, les chutes, tantôt internes' la carie vertébrale, les excès vénériens, le vice rhumatismal , l’exercice immodéré des muscles , etc.
La myélite peut exister à l’état aigu ou chronique; dans le premier état, la maladie est caractérisée par la fièvre , par une douleur vive augmentant par la pression dans le lieu correspondant à la partie de la moelle enflammée ; en même temps existent diverses lésions du mouvement et de la sensibilité, suivant que les faisceaux antérieurs ou postérieurs de la moelle sont plus ou moins affectés. Les physiologistes nous ont appris en effet que les premiers président au mouvement et les seconds à la sensibilité. Il se manifeste surtout un engourdissement douloureux des doigts ou des orteils, souvent des convulsions, des douleurs très-vives , des suffocations ; bientôt succède une
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paralysie plus ou moins complète, qui détermine le pius souvent la mort du malade, lorsque celuici a résisté aux premiers accidents.
Dans la myélite chronique, les symptômes sont plus obscurs, la fièvre n’existe pas. Le malade sent en général de la douleur dans un point de l'épine; bientôt il se plaint d’un sentiment particulier de faiblesse, d’engourdissement et de fourmillement dans les mains et les pieds; peu à peu la paralysie se manifeste dans les membres inférieurs, elle s’accroît et envahit successivement tou t le système musculeux; la mort ne tarde pas alors à survenir. La myélite, comme on le voit, est donc une affection très-grave. Après la mort, on trouve la moelle tantôt indurée et tantôt ramollie.
A l’état aigu , la maladie réclame un traitement antiphlogistique ; les émissions sanguines , les bains , les opiacés , le repos et la diète. Plus tard on combattra les symptômes spasmodiques par un traitement convenable. A l’état chronique , c’est plutôt aux révulsifs qu’il faut recourir, aux vésicatoires , aux moxas appliqués sur la région vertébrale; les opiacés , les bains et douches sulfureuses ont été aussi conseillés. Enfin , pour combattre la paralysie , on a recours , avec précaution , aux préparations de strychnine et à l’électricité (V. ce mot). La paralysie de la vessie exige l’emploi de la sonde.
Indépendamment de l’inflammation , la moelle épinière peut être encore le siège de plusieurs autres maladies. Comme le cerveau, elle peut être affectée d’hémorrhagie ( apoplexie vertébrale ) ou d’un épanchement de sérosité ( hydrorachis ); des produits accidentels et des corps étrangers peuvent aussi se rencontrer au sein de sa substance. La paralysie , la perte de la sensibilité , et plus tard une myélite , sont les suites ordinaires des ces diverses affections.
colophane ou colophone (mat., méd .J, s. f. (de Colophon, ville d’Ionie , d’où on la tirait autrefois). Ce n’est autre chose que de la térébenthine un peu altérée et privée de son huile essentielle par la distillation. Elle s’offre sous l’apparence d’une matière résineuse , d’un jaune clair et d’une cassure vitreuse; autrefois on l’employait à l’intérieur pour combattre certains écoulements; aujourd’hui, sa poudre est seulement usitée pour arrêter de petites hémorrhagies, celles des vaisseaux capillaires ou des piqûres de sangsues : on en saupoudre la petite place et on comprime légèrement pendant quelques instants. J. B.
coloquinte (mat. méd.), s. f. (du grec koilia , intestins, et kineine remuer). C’est le fruit du cucumis colocyntis , plante annuelle de la famille des Cucurbitacées J. (moncec. mona. delpk. L.), qu’on rencontre en Orient, en Égypte et dans les îles de la Grèce. 11 est de la grosseur et de la forme d’une orange; au-dessous de l’enveloppe se trouve une sorte de pulpe blanchâtre, sèche, spongieuse, d’une amertume excessive et renfermant des graines planes et allongées. C’est cette pulpe qui est employée en médecine. La meilleure nous vient d’Alep, elle
agit comme un violent purgatif, à la dose de dix à douze grains réduite en poudre. Quelquefois même les selles deviennent sanguinolentes ; des frictions sur le ventre avec la teinture de coloquinte suffisent souvent pour amener des évacuations. Cette substance est emménagogue et peut même provoquer l’avortement. On l’a vantée contre la goutte, le rhumatisme et surtout la blennorrhagie. C’est un remède violent , souvent dangereux, qui ne doit être manié que par un médecin habile. La teinture alcoolique se donne à la dose de un à deux gros dans une potion. 3. B.
golostrom (physiol.), s. m. On désigne ainsi le premier lait d’une femme qui vient d’accoucher, il est très- clair et jouit de légères propriétés purgatives , qui le rendent propre à favoriser l’expulsion du méconium chez le nouveau-né. Le même phénomène se présente chez les femelles d’animaux mammifères. J. B.
coma (path.) , s. m. (du grec liôma , sommeil). Assoupissement morbide, résultat le plus souvent de la compression du cerveau, soit par une congestion sanguine, soit par un épanchement. Cet état dit comateux offre des degrés. Quelquefois, en effet, le malade ouvre les yeux et répond quand on lui parle , mais il retombe dans son assoupissement, si on cesse de l’exciter. J. B.
combustion humaine spontanée (path.). Accidents rares, mais avérés, dans lesquels, avec ou sans la présence d’une matière quelconque en ignition, le corps humain, plein de vie et de santé, s’enflamme, se brûle partielement ou se consume en presque totalité , longtemps on a refusé d’y croire , et quand le lait s’est produit évident , la plupart des esprits sont passés de l’incrédulité à l’hypothèse superstitieuse des causes surnaturelles. Les médecins, il faut le dire, ont repoussé de bonne heure ces superstitions, mais , pour eux comme pour le public , les combustions spontanées sont restées un phénomène bien étonnant et un grand problème à résoudre. Qu’on songe en effet avec quelle difficulté on consumait autrefois les criminels et les victimes condamnés au supplice du bûcher, ou les corps de personnes chéries et respectées dont on voulait recueillir les cendres ; qu’on se rappelle le temps, et surtout la quantité de combustible qu’il fallait pour cette opération barbare ou pieuse, et l’on se demandera encore avec surprise s’il est possible qu’à l’aide d’une étincelle de feu et de simples vêtements qui le couvrent, à plus forte raison saus le contact préalable d’aucune matière ignée, le corps humain soit soudainement réduit en cendres?
Les faits de combustion spontanée humaine sont aujourd’hui si nombreux , les témoignages des hommes qui les ont eux-mêmes observés ou recueillis avec un parfait discernement, si respectables, qu’il n’est plus permis de révoquer ces accidents en doute. Ce serait suspecter la circonspection, les lumières, la bonne foi d’observateurs trop justement considérés comme éclairés et sincères, tels que Vicq-d’Azir, Dupuytrcn, M. Marc, etc. Heureusement de pareils accidents
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