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sont rares , quoique la science en compte maintenant plusieurs , car il est difficile de se figurer une mort plus douloureuse et plus effrayante. Quel spectacle affreux, quels tourments horribles de voir, de sentir son corps consumé par la flamme, comme s’il avait été transformé en bloc d’une matière des plus combustibles! La plupart de ces combustions ont été mortelles, ne laissant que d’informes résidus, et n’ont été constatées qu’après l’événement. Mais on en a observé aussi de partielles, dans lesquelles le sujet a été assez heureux pour échapper à la mort, après la plus vive frayeur et de cruelles souffrances. On a vu des parties du corps, notamment les doigts, brûler avec flamme, comme de véritables bougies, et allumer les corps combustibles qu’on en approchait. Ce feu lumineux, accompagné d’atroces douleurs, et, plus tard, de développement de vésicules, d’altération de la peau comme dans la brûlure, était extrêmement difficile à éteindre et résistait parfois à la submersion même dans l’eau. Lorsque les malheureux atteints de ces combustions spontanées ont été privés de la vie et consumés par elles, « le corps, dit M. le docteur Breschet , n’a jamais été complètement incinéré; il est resté quelques parties à moitié brûlées ou torréfiées, tandis que les autres étaient entièrement consumées, réduites en cendre, et ne laissaient après elles, pour tout résidu, qu’un peu de matière grasse, fétide, une suie puante et pénétrante, enfin un charbon léger, onctueux et odorant. Les parties non consumées étaient les extrémités du corps, les doigts, les orteils, les pieds ou les mains , quelques pièces de la colonne vertébrale ou des portions du crâne... Le feu, le plus souvent, ne prend pas aux corps combustibles de la chambre, tels que les meubles en bois, le lit, etc., ou, s’ils sont endommagés, leur combustion est partielle , incomplète. C’est surtout les vêtements dont la personne est couverte au moment de l’accident qui sont brûlés. Une suie épaisse , grasse, très-noire , fétide et abondante, recouvre les murs et les meubles. Lorsqu’on est arrivé assez tôt pour trouver le corps animal en ignition, on a vu une flamme peu vive, bleuâtre, et, dans plusieurs circonstances, l’eau, au lieu de l’éteindre, n’a fait que lui donner plus d’activité. »
Parmi les médecins qui ont rapporté des observations de combustion humaine s’est élevée la discussion sur la possibilité de ces accidents en l’absence de toute autre matière comburante ou enflammée qui aurait approché le corps animal. S’appuyant de l’exemple de composés chimiques qui s’enflamment par le mélange, le choc, le frottement, les uns ont prétendu que le corps humain pouvait s’allumer sans étincelle ou cause extérieure , d’autres ont nié cette possibilité. Il est constant que dans la plupart des faits de cette naturequi ont été recueillis, la combustion a été précédée de l’action d’un corps comburant. Mais le côté le plus énigmatique du phénomène dans tous les cas, c’est la complexion individuelle acquise qui rend possible la combustion : car, ainsi que nous l’avons dit au commencement, l’incinération du corps humain est une opération longue et qui T. I.
exige considérablement de combustible, tandis que dans les circonstances dontil s’agit, une enandelle , un charbon ardent ont suffi pour l'allumer et le consumer comme s’il n’avait été qu’uni masse de suif ou de cire. Les combustions humai nés ayant été observées en plus grand nombre chez les ivrognes et les personnes dans l’obésité, on a pensé que la présence présumable de l’alcool dans les tissus et la prédominance de la graisse constituaient la prédisposition indispen sable. Mais on en a noté des accidents sur des sujets jeunes, sobres, et peu chargés d’embonpoint. Ainsi la théorie de ces phénomènes effrayants reste toujours problématique, leur existence seule est bien démontrée. Il est digne de remarque qu’on n’en ait pas observé chez les animaux.
Si les combustions humaines spontanées étaient plus communes , elles seraient susceptibles d’acquérir un haut intérêt sous le point de vue médico-légal. Déjà , malgré leur rareté , elles ont donné lieu à des jugements déplorables, comme on peut en juger par ce fait qu’a raconté Le Cat. Pendant que ce médecin célèbre logeait à Reims chez Millet, la femme de son hôte, qui était dans un état continuel d’ivresse, succomba à une combustion spontanée. Par malheur , une jeune et fort jolie fille, suppléant à l’incapacité de son intempérante maîtresse, dirigeait le ménage, et cette circonstance fut fatale au malheureux Millet , soupçonné d’avoir immolé sa femme à une coupable passion , et bientôt condamné à mort en conséquence. Une cour supérieure, appréciant mieux les circonstances du fait, le reconnut innocent, mais ne remédia point à la ruine des procédures qui lui firent terminer ses jours à l’hôpital. Quand un corps est trouvé brûlé, il reste donc à déterminer s’il y a eu incinération volontaire et criminelle pour cacher ou défigurer les restes d’une victime; s’il y a eu accident de brûlure ordinaire, en tombant dans le feu, par l’incendie des vêtements ; si c’est le résultat de la foudre; enfin s’il y a eu combustion spontanée. Comme nous n’avons à discerner que ce dernier cas, nous dirons qu’alors il y a eu combustion avec peu ou point de combustible, et que le résidu que nous avons peint plus haut est caractéristique de l'accident. On aurait soin de noter d’ailleurs toutes les circonstances individuelles antécédentes.
La rareté des combustions humaines les rend plutôt un objet de curiosité qu’un sujet pratique. Cependant, si on était appelé pour secourir un malheureux qui en souffrirait les premières atteintes et menacerait d’y succomber, on conseillerait l’immersion prolongée dans l’eau, les boissons aqueuses. En attendant l’expérience , le raisonnement indique ces moyens, et puis il faudrait employer ensuite le traitement de la brûlure.
A. I.AGASQUIK,
Docteur en médecine , membre de la commission d'Égypte.
comestibles ( pol . méd.), s. m. p. L’attention du public ne se porte point assez sur la qualité des comestibles employés aux usages de la vie, et cependant c’est l’un des points qui intéressent au plus haut degré la conservation de la santé; à S3
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toutes les époques, cet objet a fixé, d’une manière particulière , la sollicitude des magistrats chargés de la police. Les nombreux réglements que nous out légués les siècles passés témoignent des soins que prenait l’autorité pour éviter que le public fût trompé par les marchands de comestibles, car s’il appartient aux particuliers de veiller euxmêmes aux préparations qui se font dans l’intérieur de leurs maisons, il est du devoir de l’administration d’empêcher la vente de comestibles de mauvaise qualité, et par cela seul nuisibles à la santé publique.
Jusqu’à l’année 1 85 1 les lois n’avaient garanti que d’une manière fort imparfaite la salubrité des comestibles; la loi du 27 mars 1 851 a donné complète satisfaction aux intérêts publics sur cet objet; elle applique l’art. 423 du Code pénal, qui punit de l’amende et de la prison, de trois mois à un an, ceux qui falsifieront les substances ou denrées alimentaires ou médicamenteuses destinées à être vendues et ceux qui mettront en vente des denrées ou médicaments falsifiés ou corrompus. L’art. 2 de la même loi élève la peine de trois mois à deux ans de prison et l’amende de 50 à 500 fr., lorsque ces falsifications auront eu lieu au moyen de mixtions nuisibles à la santé. En cas de récidive dans un délai de cinq années, la peine peut être élevée au double du maximum et l’amende à 1,000 fr. La confiscation des marchandises falsifiées ou gâtées est prononcée dans tous les cas. La législation antérieure à cette loi ne punissait ces sortes de délits que comme de simples contraventions et leur appliquait les art. 475, n° 14, et477,n° 4, du Code pénal, qui prononcent une simple amende de 6 à 10 fr. et la confiscation des marchandises falsifiées ou corrompues, plus un emprisonnement de cinq jours en cas de récidive. La nouvelle loi, qui est souvent appliquée, a rendu beaucoup plus rares les falsifications.
Indépendamment des dispositions générales que nous venons de citer, l’autorité municipale peut publier des arrêtés locaux basés sur les lois, et prendre les mesures propres à en assurer l’exécution. Mais la surveillance des comestibles n’est nulle part aussi sévère ni aussi bien entendue qu’à Paris. Une inspection rigoureuse est exercée dans les halles et marchés, et procure journellement la destruction d’une grande quantité de comestibles de mauvaise qualité; il existe en outre des inspections particulières confiées à des hommes de l’art; et qui s’appliquent à des substances qui exigent un surcroît de surveillance. C’est ainsi que les sels , les vins, les bonbons, les liqueurs et les sucreries coloriées, sont soumis à une surveillance active qui a pour objet de prévenir l’adultération de ces substances.
Les efforts constants du conseil de salubrité, le zèle et le dévouement qu’il a déployés pour seconder l’administration, ont été couronnés des plus heureux résultats. L’ensemble des règlements publiés dans le ressort de la préfecture de police, et qui s’appliquent aux comestibles, forme, sans contredit, un code complet sur la matière, qui reçoit chaque jour d’utiles améliorations.
Les falsifications et les fraudes commises dans la vente des aliments seraient , nous le pensons du moins, beaucoup plus rares encore, si les particuliers poursuivaient la plupart de celles dont ils sont victimes. Ainsi, toutes les fois que l’on a
des raisons plausibles de penser qu’une substance alimentaire est gâtée ou falsifiée, on doit la remettre ou en totalité, ou en échantillon seulement, à l’officier de police du lieu (à Paris au commissaire de police du quartier); déclarer le nom et la demeure du vendeur, et toutes les circonstances propres à éclairer la justice. Si on a fait constater la mauvaise qualité de cette substance par un médecin, ou par un chimiste, ce que nous conseillons de faire, on doit joindre ce certificat à la déclaration. Nous pourrions citer un grand nombre de condamnations prononcées par les tribunaux, par suite de déclarations de ce genre ; elles ne peuvent que seconder utilement l’action de l’autorité dans cette partie si importante de ses attributions.
Ad. TfiÉBUCHET,
Avocat, Chef du bureau de la police médicale à la préfecture de police.
combonutive ( chi r.), adj. (de comminuere , briser). Ce mot se dit d’uue fracture dans laquelle l’os est réduit en plusieurs petits fragments. J. B.
commissure ( anat .), s. f. Point où deux parties se réunissent. Ainsi l’angle que forment les lèvres, en se réunissant , porte le nom de commissure des lèvres, de même pour les paupières, et pour diverses parties symétriques du cerveau, etc. J. B.
commotion (chir.). V. Chute , Cerveau (Maladies du).
COMPîæxeon ( physiol .), s. f. Disposition particulière de l’ensemble de l'économie : ce mot est presque synonyme de constitution et de tempérament. La phrase suivante peut donner une idée des différences qui existent entre ces trois expressions. Une femme avec un tempérament nerveux peut avoir une bonne constitution et être néanmoins d’une complexion délicate. J. B.
COMP2.EXUS (anat.), s. m. Ce mot latin, auquel on a donné le sens de compliqué, appartient à deux muscles de la partie postérieure du cou , le grand et le petit complexus. Leur structure est en effet très-compliquée ; ils s’insèrent d’une part au crâne, et de l’autre aux apophyses transverses des vertèbres du cou. J. B.
COMPRESSE (chir.), s. f. Morceau de linge fin et à demi usé, sans ourlets, destiné à servir au pansement des plaies et à comprimer ou maintenir. Elles varient pour la grandeur et la forme. Les compresses longuettes sont longues et étroites. On appelle graduée une compresse repliée plusieurs fois sur elle-même de manière à former une pyramide; elle sert lorsqu’on veut comprimer une partie du corps. J. B.
compression (thérap.), action de comprimer un vaisseau dans une opération, une hémorrhagie, un membre, au moyen d’un bandage compressif. Y. Amputation, Hémorrhagie, Fracture.
conception (physiol.), s. f. Formation d’un nouvel être dans le sein d’une femelle, appartenant aux animaux vivipares. (V. Génération.)
concombre (bot.), s. m ,,cucumis sativus L., famille des Cucurbitacées.
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Ce fruit est de forme longue, légèrement courbé en arc, obtus aux extrémités, sa couleur est blanche, verte ou jaune , suivant les variétés et quelquefois le degré de maturité; sa chair est fade et très-aqueuse , les semences qu’elle renferme sont ovales, blanches et lisses.
Le concombre cultivé est originaire d’Orient ; son fruit est fade, aqueux, et partant d’une assez difficile digestion, aussi est-on généralement dans l’usage d’en relever la saveur par l’addition de quelques aromates, ou de l’associer au lait, et mieux encore à la crème; il forme dans ce dernier cas un aliment diététique très-approprié à la suite des inflammations des voies digestives et notamment de l’estomac.
Le suc et la pulpe de concombre jouissent d’une propriété sédative assez prononcée pour qu’on ait cru devoir les employer, le premier en potion , dans certaines affections dartreuses bénignes; le second sous forme de cataplasme pour calmer l’irritation ou mieux l’inflammation des narines , des paupières et des lèvres.
La chair coupée en tranches ou rouelles, et mise à macérer dans l’axonge fondu et maintenu à une douce température , lui communique ses propriétés et constitue, après l’addition d’une proportion convenable de suif de moulon, la pommade de concombre. Elle est employée avec succès contre l’inflammation des membranes muqueuses externes, et dans les affections cutanées bénignes ; on l’associe à des substances plus actives dans celles qui sont chroniques.
Les semences de concombre font partie des quatre semences froides ; à défaut d’amandes douces ( amygdalus communis), elles peuvent être employées pour faire des émulsions.
Le concombre vert ou cornichon est une variété du précédent; plus spécialement employé comme assaisonnement , on n’attend pas pour opérer sa récolte qu’il ait atteint son entier développement, elle s’effectue peu de temps après la floraison, et alors qu’il a atteint à peu près la grosseur du doigt.
On conserve ce fruit dans le vinaigre. Bien que l’opération soit très-simple , nous nous abstiendrons de l’indiquer pour ne pas sortir du cercle qui nous est tracé. Nous nous bornerons à dire que l’emploi des vases de cuivre pour cette opération n’étant pas sans danger, on doit en proscrire l’usage. Quelques personnes croient remplir cette condition et procéder sans danger, en les préparant dans des vases de terre ; mais, par une sorte de compensation maladroite et dans le but d’aviver leur couleur, elles y jettent une pièce de billon , et versent pour ainsi dire le poison dans le vase innocent. Le danger est évidemment le même, il y a en effet dans l’un et l’autre cas réaction du vinaigre sur le cuivre , et fermentation d’acétate de ce métal ou vert de gris; celui-ci se précipite sur le fruit et lui donne la couleur artificielle que l’ignorance du consommateur lui fait trop souvent exiger du marchand. Les vases de terre dont l’émail ou la couverte est faite avec la litharge (oxyde de plomb) peuvent aussi présenter
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quelques dangers par l’acétate de plomb que forme le vinaigre en se combinant avec l’oxyde qui enduit le vase.
Lorsqu’on prépare les cornichons â froid et qu’on les conserve à l'abri de la lumière, leur couleur naturelle n’est pas altérée et ils réunissent toutes les conditions désirables.
On doit toutefois éviter que les enfants, par un usage abusif, ne convertissent pour ainsi dire cet assaisonnement en substance alimentaire. Il peut dans ce cas produire l’indigestion et simuler l’empoisonnement, lors même qu’il a été préparé avec le plus de soin. Couveuchel.
concomitant ( path .) Y. au Supplément.
concrétion (path.) Y. au Supplément.
condiments (hyg.), s. m. pl. On désigne ainsi collectivement, ou par le mot d’assaisonnement qui exprime la même chose, toutes les substances qui servent à la préparation des aliments avec la destination ou d'en perfectionner la saveur ou d’en faciliter la digestion. Les condiments sont l’arsenal de l’art culinaire : c’est avec ces armes séduisantes et souvent perfides, que l’habile cuisinier étend son empire sur le sens du goût qu’il sait captiver par le piquant et la vaiiété des saveurs. Si l’appétit réel et la sensualité, qui est un autre appétit factice, sont fréquemment difficiles à discerner, c’est aux assaisonnements qu’il faut s’en prendre. Toutefois ils ont aussi quelques bons côtés et nous tâcherons de les signaler en nous dégageant de toute prévention hostile. Suivant la méthode adoptée par les auteurs d’hygiène, nous diviserons les condiments par catégories et nous indiquerons les répulsions ou les convenances qui existent pour chacune d’elles avec les divers tempéraments. Il est des assaisonnements tels que le beurre, la graisse, l’huile, le fromage, le lait, le sucre, le miel, qui sont de nature alimentaire et d’un usage extrêmement fréquent, auxquels nous ne nous arrêterons pas; nous rappellerons seulement que les substances grasses et huileuses sontindigestes et ne doivent conséquemment pas être prodiguées. Les condiments salins sont très-bornés, on n’emploie que le sel commun ou l’hydro-chlorate de soude, qui est un bon digestif, à dose modérée, et trèsirritant des organes de la digestion à trop haute dose. Les acides, tels que vinaigre, verjus, citron, oseille, ne conviennent pas aux tempéraments secs, nerveux, irritables, surtout si l’estomac est susceptible ou irrité. C’est surtout dans la classe des aromatiques, substances âcres, stimulantes, végétales pour la plupart, qu’il faut chercher des condiments en abondance: le seul catalogue nous effraie et sera beaucoup mieux à sa place d’ail leurs dans un manuel de cuisine. Après avoir parlé des végétaux tendres ou frais dont les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs ou les fruits renferment des principes stimulants, des huiles essentielles, aromatiques, il faudrait faire l’inventaire de la boutique d’un épicier pour y noter une foule de substances en macération pour assaisonnements et entremets , et des aromates secs recueillis dans les quatre parties du monde. Bornons nous donc à indiquer sommairement les proprié"
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tés hygién’ques de ces condiments, dont la saveur est piquante, aromatique, âcre, chaude, brûlante, et qui agissent en stimulant vivement le sens du goût et plus tard les organes digestifs ; il y a d’ailleurs entre eux de très-notables différences: on ne peut pas mettre sur la même ligne les assaisonnements cueillis dans nos jardins, et ceux que le commerce nous apporte des climats chauds et des régions intertropicales. La stimulation de ces derniers a un degré d’énergie et de persévérance que les autres n’atteignent pas. Quel usage hygiénique est-il permis de faire des condiments âcres et aromatiques sans risquer de sacrifier la santé à la sensualité de la bouche? Franchement, quoiqu’un magistrat célèbre ait spirituellement réclamé pour des hommes dont le génie se distinguait dans les découvertes, dans les perfectionnements de l’art culinaire, une place à l’Institut, nous persistons à croire que la nature, qui ne suggère pas des combinaisons si savantes pour la préparation des aliments, est plus sage, dans sa simplicité, que les humains esclaves du goût qui méconnaissent sa voix naïve.
Ou l’appétit existe , ou bien il manque : dans le premier cas des alimens sains , un peu variés quanta l’espèce, n’ont pas besoin d’autre séduction; dans le second, c’est que les organes digestifs sont mal disposés ou parce que le corps n’ayant pas subi de pertes suffisantes n’appelle pas de réparation. Celte règle est généralement vraie, mais elle souffre quelques exceptions et c’est en les signalant que nous tiendrons la parole donnée au commencement, de traiter les condiments sans prévention hostile. Il est des personnes à constitution lâche, molle, humide, chez lesquelles toutes lesfonctions, la digestion par conséquent, sontlanguissantes. Chez celles-là les condiments peuvent utilement éveiller l’appétit, activer les mouvements des organes digestifs et de l’organisation tout entière. Il est d’autres cas où l’influence nerveuse déplacée ( comme dans les chagrins , la contention d’esprit, etc. ), n’anime pas l’appareil digestif dans la mesure convenable, alors les stimulants le relèvent de sa stupeur et se montrent salutaires. La méprise la plus grave dans l'indication des condiments, c’est sans contredit de confondre avec un état de langueur, d’énervation gastrique, une irritation de ce viscère manifestée par le dégoût, la soif, la sécheresse et une saveur désagréable à la bouche. Si du moins dans ces occasions la peine suivait de près la faute, de l’expérience naîtrait le correctif; mais au contraire, un appétit factice est encore provoqué par les assaisonnements, et l’on s’en réjouit, n’accordant pas assez d’attention au malaise qui accompagne plus tard l’ingestion de substances alimentaires trop considérables et trop épicées. Les condiments âcres sont éminemment nuisibles et dangereux quand il existe, soit dans le canal digestif, soit ailleurs, quelque inflammation aiguë ou chronique reconnaissable aux symptômes généraux ordinaires, tels que la sécheresse et la chaleur incommode de la peau, la fréquence du pouls, de la soif, de la faiblesse, du malaise. Leur usage est très-malsain aux personnes affectées de quelque
maladie de la peau. Les constitutions sèches, irritables, sensibles, nerveuses, s’en trouvent mal aussi. Somme toute, les assaisonnements excitants et de haut goût, qui, chez les peuples les plus civilisés, ajoutent une part notable aux jouissances sensuelles, s’ils n’étaient en même temps que par le plaisir imposés par l’habitude, devraient, de la part du médecin hygiéniste, être traités sans ménagement : car ils sont utiles à très peu, et ils nuisent à beaucoup de monde. D’abord ils font manger plus que ne le comporte le besoin, et toute alimentation superflue est pour l’économie une surcharge, une gêne et définitivement une cause de maladie. Ensuite ils stimulent vivement et sans nécessité le canal digestif qu’ils peuvent enflammer ou tout au moins qu’ils rendent paresseux dans sa contractilité spontanée ou naturelle. Enfin, absorbés, ils ajoutent une âcre stimulation au sang qui leur sert de véhicule. Les personnes dont la constitu- ! tion est forte, parfaitement saine, ne ressentent guère les mauvais effets des condiments très-sa- | voureux, aromatiques; la tolérance oula résistance ! secrète qu’oppose leur organisation privilégiée fait qu’ils n’y trouvent que du plaisir; l’appétit est | plus soutenue, la digestion plus prompte, les sé- | crétionsplus actives; mais elles pourraient très- | bien se passer de ces stimulants, et leur abus ne serait pas sans inconvénient à la longue. (Y. Ap- Ipétit.) A. Lagasquie.
| coKiDïT {pharm.) V. au Supplément.
J cos^aiT ( anat .), s. m. Ce mot est synonyme 'de canal; ainsi on dit conduit auditif , lacrymal, etc. i Voyez ces divers adjectifs. J. B.
i çokbvie (anat.), s. m. (du grec kondulos, ; nœud) . On nomme ainsi certaines éminences osseuses appartenant aux extrémités articulaires des os. Le fémur, l’occipital, l’os maxillaire inférieur, etc., ont des condyles. J. B.
cqmbyboîbiebï (anat.) Y. au Supplément.
COETBYI.OB32 (path.) , s. m. Excroissance de : nature syphilitique, charnue, douloureuse, à bases larges ou pédicules. Son siège est aux parties génitales ou à l’anus. (Y. Syphilis.) J. B.
; comfectxom’ (pharm.), s. f. Préparation mé- | dicamenteuse, de consistance molle et composée en i général de substances végétales unies à du sirop ou du miel. La plus connue est la confection d’hya- 1 cinthe dans laquelle entrent du safran et d’autres j médicaments excitants. J. B.
J congélation (path.) , s. f. Accident le plus ! grave de l’action d’un froid excessif. On distingue ; ainsi l’état de mort apparente ou réelle, partielle ou générale, produit par une soustraction de cha- ; leur qui excède la puissance calorifiante de l'or- ! ganisation. Nous n’avons pas à étudier ici l’in- | fluence physiologique du froid, et, dans le nombre et la variété des accidents maladifs qu’il détermine, nous n’envisagerons que la congélation. Nos organes y sont d’autant plus exposés qu’ils sont plus à découvert et plus éloignés du centre. Aussi, lorsque la congélation n’est que partielle, est-ce par les orteils ou les doigts, les pieds ou les i mains, le nez, les oreilles qu’elle commence. Si | elle poursuit son cours, elle envahit les membres
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et le tronc, et bientôt la vie enchaînée est suspendue ou éteinte. La congélation débute par une sensation douloureuse de froid, à laquelle succèdent graduellement, dans la partie souffrante, l’engourdissement , la torpeur , l’insensibilité, la gêne ou l’impossibilité des mouvements, avec teinte violacée, livide, ou décoloration complète. A mesure que, repoussée par le froid , la chaleur animale bat en retraite, les parties qu’elle abandonne successivement, la peau, le tissu cellulaire ] sous-jacent, les muscles, les vaisseaux, les nerfs sont frappés de la glace, de l’insensibilité, de l’immobilité, de la rigidité, de la lividité ou de la pâleur de la mort. Le sang n’y abonde pas ou n’y peut plus circuler, à cause de l’astriction de ses canaux et du peu de fluidité que lui laisse une trop basse température. Les nerfs, cessant d’être excités par lui , suspendent leurs fonctions , et , ces deux grands ressorts arrêtés dans une partie, la vie est bien près de s’y éteindre. Si la congélation s’étend aux foyers principaux de vitalité, alors se développent d’autres phénomènes rapidement funestes. Chassé de toute part, le sang reflue en abondance vers le cœur et les poumons qui n’ont plus une énergie suffisante pour s’en débarrasser. Le cerveau que protège, contrôle froid, une double enveloppe molle et osseuse, en reçoit une trop grande quantité, il se congestionne, et de là naissent une torpeur, une insensibilité générales, avec penchant irrésistible à un sommeil dont, ordinairement, on ne se réveille plus. Que de douloureux exemples de ces déplorables malheurs , dans cette valeureuse armée française que purent seules vaincre la famine et l’inclémence du ciel de la Russie !
La promptitude des secours , les bornes de la congélation, l’état général du sujet, telles sont les bases principales du pronostic. Plus l’accident est ! récent et borné, l’individu jeune et robuste, plus ' il est permis d’espérer la guérison. Unepartienouvellement congélée n’est encore que dans un état de mort apparente, une sorte d’engourdissement et d’asphyxie dont la vie intermittente des animaux hibernants ( reptiles , marmotte , blaireau, etc. ) nous donne une idée assez exacte ; toutefois qu’on se hâte de secourir la nature qui s’est laisse vaincre. Le sens commun, il faut le reconnaître, serait ici en défaut, en indiquant des applications chaudes qui , dilatant soudainement les fluides appelés en abondance, pourraient occasionner la désorganisation des parties. L’expérience et des raisons plausibles veulent qu’on ait recours à d’autres moyens, et qu’au lieu d’employer le calorique extérieur, on s’efforce d’en ranimer la production vitale. Tout le monde sait qu’il suffit de frotter vivement les mains avec de la neige pour qu’elles deviennent brûlantes bientôt après. C’est par de semblables frictions, ou ! bien avec des compresses imbibées d’eau froide simple ou alcoolisée, qu’il convient d'attaquer localement la congélation. Quand elle est générale, quand le sujet est privé des sens et du mouvement, on le déshabille, s’il se peut, au milieu d’une atmosphère tempérée, on le place sur un lit, sous une couverture de laine flottante, et l’on pratique
avec la neige, ou l’eau froide , les frictions que nous avons indiquées sur tout le corps , avec plus d’assiduité néanmoins sur la région du cœur et le ventre. On approche du nez des aromatiques et des spiritueux; on administre un lavement excitant dans lequel entrent quelques gouttes d’alcool et de musc ou de quelques autres teintures fortement odorantes. Si l’individu reprend connaissance et peut avaler, à moins qu’il n’ait été atteint sur le repas, on lui fait prendre quelques cuillerées d’une potion cordiale, d’un vin de liqueur, un peu de bon bouillon. A mesure que la chaleur se ranime, on ralentit les frictions, on couvre plus soigneusement le malade, on élève et on soutientla température de l’appartement entre quinze et vingt degrés, et s’il persiste des symptômes de congestion cérébrale, pulmonaire ou autre , on leur oppose les moyens habituels, en modérant davantage toutefois les émissions sanguines, à cause de l’épreuve débilitante qui menaçait naguère la vie. On n’est pas toujours assez heureux, même en s’y prenant de bonne heure, pour ranimer la chaleur, la sensibilité et le mouvement que la congélation a bannis, et il en résulte la mort générale ou partielle. Ces mortifications locales , et le traitement qui leur convient, rentrent dans la classe des gangrènes, et seront traités ailleurs de même que les gerçures , les engelures. (V. ces mots.)
L’habitude d’un froid rigoureux est le préservatif par excellence des congélations, aussi sontelles plus fréquentes sur les habitants du midi qui s’avancent au loin dans le nord , comme la malheureuse campagne de Russie en a fourni la preuve mémorable. C’est sans doute dans ce but et cette prévision que des peuplades du nord ont eu ou conservent encore aujourd’hui la mâle et barbare coutume, qu’on pourrait appeler le baptême du climat, de plonger les nouveau -nés dans l’eau froide ou la neige. Dans l’incertitude des épreuves difficiles auxquelles l’homme peut être soumis, Rousseau a recommandé parmi nous celte pratique hardie contre laquelle ne s’est pas seulement révoltée la sensibilité des mères. Pour se préserver des congélations , les peuples du septentrion ne se bornent pas à une éducation mâle, ils se servent efficacement d’onctions avec de l’huile , de la graisse, et, aussitôt qu’ils se sentent menacés par les cuissons , l’engourdissement , ils recourent aux frictions que nous avons indiquées contre ces accidents redoutables. Le mouvement un peu forcé, un régime fortifiant, des vêtements chauds sont des préservatifs non moins utiles.
A. Lagasqüie.
cowGÉæÈRE ( anat .) V. au Supplément.
congénial ou congénital, adj. (congenialis , de genitus engendré, et de cum avec, engendré avec).Quiexiste au moment de la naissance. Il y a des maladies congéniales , des infirmités congèniales ; ce sont celles que le fœtus a contractées dans le sein de sa mère. Ces maladies ne sont pas toujours au-dessus des ressources de l’art, et l’on peut en guérir un assez grand nombre. Les
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infirmités congéniales auxquelles souvent il est également facile de remédier, constituent ce qu’on appelle des monstruosités. (V. ce mot.) J. B.
CONGESTION ( pathol. ), s. f. L’aceeption de ce mot n’est pas très-bien déterminée. Il signifie en général un amas ou plutôt un afflux de liquide dans une partie quelconque du corps, et sous ce rapport, on la confond souvent avec la fluxion, qui n’en diffère pas essentiellement. En effet, la seule distinction qu’on ait prétendu établir entre congestion et fluxion ne repose que sur la marche un peu plus rapide qu’on donne à cette dernière, ce qui est tout-àfait erroné. D’une autre part, il est des auteurs qui donnent au mot congestion une signification tellement étendue, qu’ils l’appliquent indistinctement à toutes sortes d’accumulations de liquides, telles que celles formées par le sang, par la sérosité, le pus, le lait, labile, l’urine, etc. Nous pensons qu’il faudrait le réserver pour les afflux du sang seulement. C’est à tort qu’on l’applique à certaines collections purulentes, appelées abcès par congestion, dont la véritable dénomination est abcès symptomatiques. E. P.
conicine [mat. méd.). V. au Supplément.
conjonctive ( anat .), s. f. ( conjunctiva ). On donne ce nom à la membrane muqueuse qui unit le globe de l’œil aux paupières, c’est la membrane qui, située au-devant de l’œil, estconstammenthumectée par les larmes, et lui donne cet aspect brillant qui lui conserve sa transparence; la portion de la conjonctive qui recouvre directement le globe de l’œil a reçu le nom de conjonctive oculaire , et celle qui tapisse les paupières a reçu le nom de conjonctive palpébrale. La conjonctive envoie des prolongements qui, à travers les conduits lacrymaux, vont tapisser le canal nasal, et communiquer en ce point avec la membrane pituitaire, qui tapisse le nez et ses cavités : ce fait explique pourquoi l’action d’une lumière vive sur les yeux détermine quelquefois l’éternument. Les maladies de la conjonctive sont l’inflammation (V. Ophthalmie ), et les taies qui souvent en sont la suite. L’ œdème, Y ecchymose et même quelques éruptions se font aussi remarquer sur cette membrane.
conjonctivite. C’est l’inflammation de la conjonctive. Y. Ophthalmie.
conjugaison (Trous de) (anat.). On nomme ainsi des trous situés sur les côtés de la colonne vertébrale, et qui sont formés par des échancrures des vertèbres, ces trous donnent passage aux nerfs de la moelle épinière et aux vaisseaux qui entrent dans le canal vertébral. J. B.
connivent (anat.). Y. au Supplément.
conseii. supérieur be santé (pol.méd).
Ce conseil, qui avait été institué auprès du ministre de l’intérieur par l’ordonnance royale du 7 août 1 822 , rendue en exécution de la loi du 3 mars 1822 sur la police sanitaire, n’existe plus ; il a été remplacé par le comité consultatif d'hygiène publique établi près le ministère de l’agriculture et du commerce ; il est consulté par le ministre sur toutes les questions concernant les matières sanitaires et notamment les épidémies, les lazarets, etc. A. T.
conseii. ©e santé bes arméss (méd. militaire). Ce conseil, organisé par l’ordonnance royale du 18 septembre 1824, est chargé, sous l’autorité im-
médiate du ministre de la guerre, de surveiller, en ce qui concerne l’art de guérir, toutes les branches du service de la santé des armées. A cet effet, il correspond avec les officiers de santé des hôpitaux et des corps de troupes; il surveille la méthode suivie pour le traitement des malades dans les hôpitauux militaires ; il propose les moyens qu’il juge les plus convenables à l’amélioration du service de santé, et les plus propres à étendre les progrès de l’art. Enfin, il examine les remèdes nouveaux dont on propose l’emploi, et il analyse ceux qui en sont susceptibles.
Le conseil de santé est en outre consulté sur les modifications proposées dans le traitement des militaires malades, sur les précautions à prendre contre les épidémies et sur les moyens d’en arrêter les progrès; sur les mesures générales de salubrité en temps de paix, comme en temps de guerre ; sur toutes les questions d’hygiène et sur le régime alimentaire des troupes ; il concourt , lorsque cela est nécessaire, à la rédaction des instructions relatives au service de santé.
Indépendamment des attributions indiquées cidessus, les membres du conseil de santé peuvent être chargés de remplir les diverses missions que le ministre de la guerre juge utile de leur confier. A. T.
CONSEII.S di SAÏ.UBRITÉ (pol. méd.). Nous comprenons sous ce titre les réunions de médecins, de chimistes, de toutes personnes enfin ayant fait une étude spéciale de la technologie, et qui sont établies auprès de l’autorité pour l’éclairer sur toutes les questions qui intéressent la santé publique.
De tout temps, les administrateurs qui avaient à statuer sur des questions d’hygiène et de salubrité ont recherché l’avis des hommes de l’art, et on serait étonné de retrouver, aux époques les plus reculées, le concours des médecins, des chirurgiens et autres gens probatœ artis et fidei, dans des circonstances où leur ministère pouvait diriger d’une manière sûre et convenable les travaux des magistrats. Ce concours est devenu plus nécessaire à mesure que la population s’est accrue, que l’application des règles d’hygiène aux travaux industriels est devenue plus commune, et que les exigences sociales ont réclamé une plus grande sévérité dans la prescription des mesures sanitaires réclamées par l’intérêt général. Aussi, les avis demandés à quelques personnes isolées n’ont bientôt plus été suffisants ; on a senti le besoin d’avoir un corps permanent qui pût offrir au public toutes les garanties qu'il était en droit d’attendre, qui pût imprimer à ses avis ce caractère de gravité si nécessaire quand ils doivent surtout servir de base aux décisions de l’administration. C’est ce qui a donné naissance aux conseils de salubrité tels qu’ils sont constitués aujourd’hui. La ville de Paris devait être la première à jouir de cette institution, qui fut créée par arrêté du préfet de police du 6 juillet 1802. Le conseil de salubrité fut particulièrement chargé de la visite, de l’examen et des rapports concernant les boissons, les épizooties, ainsi que des manufactures, ateliers et autres établissements du même genre existant à Paris et dans les communes rurales du département de la Seine. Ses attributions s’étendirent successivement à tout ce qui intéressait l’hygiène, la salubrité et la santé publique.
Un décret du président de la république du 10 décembre 1848 a institué des conseils d’hygiène pu-
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blique et de salubrité, un par chaque arrondissement de la Fracce ; le conseil siégeant au chef-lieu du département prend le nom de conseil de département et est présidé par le préfet. Dans chaque canton une commission d’hygiène publique pourra être instituée par le préfet, et sera présidée par le maire du chef-lieu. Le conseil d’arrondissement est présidé par le sous-préfet. Le titre II du même décret détermine les attributions des conseils et des commissions qui embrassent toutes les questions de salubrité des grands établissements publics , hôpitaux, prisons, dépôts de mendicité, casernes, arsenaux, ateliers, écoles, marchés, cimetières, égouts, établissements dangereux et insalubres, aliments, boissons, médicaments, etc., etc. Un autre décret du 15 décembre 1851 a statué sur le conseil de salubrité de la Seine, qui avait été réservée dans le décret précédent. L’art. 1er dit que ce conseil conserve son organisation actuelle et prend le titre de conseil d’hygiène publique et de salubrité de la Seine. L’art. 3 institue des commissions d’hygiène publique et de salubrité pour chacun des arrondissements de Paris et pour les arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis, ainsi que pour les communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon, qui, réunies, auront une commission centrale. Les attributions du conseil de la Seine et des commissions sont les mêmes que celles déterminées par le titre II du décret du 10 décembre 1848.
conserve ( pharm.), s. f. Ce sont des médicaments composés d’une substance végétale pulpeuse et de sucre; on leur donne ce nom parce que ie sucre jouit de la propriété de retarder la décomposition de ces substances : la plupart des confitures dans l’usage domestique sont des conserves; en pharmacie, on a donné à ces composés de sucre et de pulpes végétales le nom d’électuaire. (Y. ce mot.) J. B. conserves. Y. Lunettes.
COIWSOB5BÏÉ. V. Bouillon.
conscription ( path .), s. f. (de consomptio , de consumer e, consumer) ; diminution lente et progressive dans les forces et le volume du corps ; la consomption atteint presque toutes les personnes qui succombent à des affections organiques et spécialement à la phthisie pulmonaire, la consomption conduit au marasme. (V. ce mot.) J. B.
consoude (bot.), s. f. C’est une plante de la famille des Borraginées, Pentandrie monogynie; une seule espèce, la grande consoude, est employée en médecine (symphitum officinale). C’est une plante vivace, haute d’environ deux pieds, que l’on trouve en France sur le bord des étangs et des ruisseaux , ses feuilles sont grandes, rudes au toucher, ses fleurs sont blanches, quelquefois rosées, elles forment des épis renversés à la partie supérieure des rameaux. La racine, qui est cylindrique, allongée, noire en dehors et blanche en dedans, est la seule partie dont on fasse usage, la décoction de cette racine est mucilagineuse et émolliente, et elle ne jouit pas des propriétés astringentes qu’on lui avait autrefois attribuées; on prépare un sirop avec cette racine. J. B.
constipation (path.), s. f. Ce mot qui désigne dans tous les cas la rareté, la sécheresse, la difficulté des garde-robes, est employé néanmoins tantôt dans une signification absolue, tantôt dans un sens
relatif, suivant que chacun le rapporte à la définition générale ou à ses habitudes particulières. Tel homme qui ne va régulièrement à la selle, et avec peine, que tous les trois ou quatre jours, par conséquent habituellement constipé, ne se croira dans cet état que lorsqu’il aura passé une semaine. Ce n’est plus la règle qui le guide, mais sa coutume à lui. La défécation présente, selon les individus, des variétés très-notables et plus ou moins compatibles avec une bonne santé. Les mieux réglés, excepté parmi les enfants, vont naturellement à la garde-robe une fois par jour et de préférence le matin ; d’autres ne s’y présentent régulièrement que tous les deux, trois, quatre jours, une semaine et au-delà. Cependant, lorsque la constipation a atteint ce dernier terme, elle doit être considérée comme une indisposition habituelle dont le progrès imminent peut devenir un indice ou une cause de sérieuses maladies. Nous ne nous occuperons pas ici de la constipation symptomatique d’autres affections, comme certaines coliques, cancers, étranglement des intestins; il ne sera question que de celle qui ne s’accompagne d’aucune lésion apparente dans le canal digestif. Dans celle-ci il y a sentiment de plénitude, de pesanteur dans le ventre, et particulièrement dans la fosse iliaque gauche où le toncher découvre une corde dure, noueuse, qui n’est autre chose que le gros intestin rempli d’excréments; le ventre murmure, des coliques sourdes paraissent de loin en loin et déterminent un besoin illusoire d’aller à la garde-robe; l’appétit diminue, la soif est plus vive, des bouffées de chaleur montent au visage, l’intelligence est moins aisée et souvent le caractère irascible. Yûltaire, qui variait beaucoup ses observations, a dit fort plaisamment : « Lorsque vous aurez une grâce à demander, informez-vous si monseigneur est allé à la garde-robe. » Une foule de personnes vivent babituellementdansl’étatquenousvenonsdedécrire et s’en sont fait un genre personnel de santé. Mais, de loin en loin, on voit cette constipation faire des progrès, les matières fécales s’accumulent et se durcissent au point que les selles, entièrement supprimées, doivent provoquer une légitime sollicitude.
Les causes intérieures ou organiques de la constipation sont très-imparfaitement connues; c'est tantôt la paresse des intestins, le défaut de sécrétion muqueuse ou biliaire, l’activité trop grande des absorbants qui pompent l’humidité des aliments, une influence nerveuse insuffisante. On est mieux fixé sur les causes occasionnelles puisées dans les usages hygiéniques. Ainsi l’on sait que la vie sédentaire, les occupations intellectuelles, les affections morales, les abus vénériens, l’âge mûr et la vieillesse, un régime échauffant ou trop exigu, les médicaments narcotiques , le temps froid et sec, resserrent le ventre, donnent ou augmentent la constipation. Elle est commune dans les affections cérébrales ou nerveuses, la manie, la mélancolie, l hypochondrie, l’hystérie, les convulsions, etc., dans la grossesse également. Voyant aussi la constipation tourmenter les femmes qui ont abondamment des flueurs blanches, nous nous sommes quelquefois demandé s’il n’était pas possible qu’il y eut, en pareil cas, déviation d’une sécrétion muqueuse qui, exhalée dans les intestins, en eût lubrifié la surface en humectant les excréments desséchés.
Si parfois l’enivrement des grandeurs ou les délires de l’amour-propre ont pu faire oublier à
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l’homme l’humilité de sa nature, les ignobles fonctions qui nous occupent étaient bien propres à l’y rappeler. Ainsi que l’a dit comiquement Montaigne, « les rois et les philosophes Gantent et les dames aussi ». Il est presque humiliant, et rien moins que poétique, d’avoir à se préoccuper de la défécation. Cependant ces soucis de la plus basse des fonctions de l’animalité ne peuvent rester étrangers aux personnes qu’afflige une constipation habituelle. Nous avons signalé les causes principales de cette incommodité; les éloigner quand on le peut est donc la première mesure. A la vie trop sédentaire, aux contentions démesurées de l’esprit, aux passions, aux excès génitaux, au régime stimulant, on substitue l’exercice, les distractions, la modération des sentiments, la continence, des aliments doux, légers, humides, laxatifs, les végétaux tendres et peu sapides, les fruits aqueux et sucrés, notamment le raisin et les pru neaux , le lait, les viandes blanches ou celles des jeunes animaux, les bouillons de veau, de poulet, agréablement préparés aux herbes. On use modérément de vin, de café, de thé et encore plus des alcooliques , largement au contraire des boissons aqueuses, mucilagirieuses , acidulés. L’eau appliquée au corps dans une baignoire ou dans le courant d’une rivière, fait bien aussi. Du reste, nous ne donnons pas ces règles comme absolues; la diversité des tempéraments, et des habitudes qui sont devenues une seconde nature, peuvent apporter de notables modifications ; ainsi par exemple, il n’est pas rare de voiries aliments succulents, épicés, les boissons stimulantes, dompter parfaitement la constipation chez des sujets mous et lymphatiques ; d’autres, pour aller à la selle , n’ont qu’à fumer ou faire telle autre chose dont une expérience purement personnelle leur a fait connaître la singularité d’action.
En attendant que la modification du régime amène la liberté du ventre, ce qui arrive presque toujours dans les constipations récentes, plus rarement quand elles sont anciennes, il est avantageux de prendre un lavement tous les matins ou tous les deux jours. Ou commence avec de l’eau simple, tiède ou dégourdie en hiver, dans la saison des chaleurs, elle agit mieux à la température ordinaire. 11 est désagréable sans doute de contracter ainsi une habitude assujettissante; mais d’abord la guérison peut être obtenue par cet usage temporaire, aidé du régime, et puis enfin, avec la constipation, la santé n’est pas parfaite: quand on a un cautère il faut bien le panser tous les jours ! Quelquefois les lavements simples ne suffisent pas; on est obligé de les rendre plus laxatifs avec les mucilages de lin, de guimauve, le miel, les huiles d’olive , d’amandes douces, de ricin, etc., ou de prendre une potion laxative avec la manne, la pulpe de casse , le tamarin. Nous pensons que l’avis du médecin est nécessaire pour s’administrer des substances purgatives drastiques qui pourraient enflammer le canal digestif, même à petite dose, sous la forme pilulaire si usitée. Enfin l’assistance de l’homme de l’art est encore plus indispensable quand la constipation n’est que symptomatique de quelque maladie, ou que les matières
I accumulées et durcies ne peuvent être détachées que par des moyens mécaniques. A. Lagasquie.
constitutionnel ( path .) V. au Supplém.
constricteurs ( anat .), s. m. (de constrinçere , resserrer). On désigne sous le nom de constricteurs des muscles qui ont pour fonctions de resserrer et de fermer certaines cavités : ainsi il y a des constricteurs du pharynx qui servent à la déglutition en poussant le bol alimentaire dans l’œsophage; il y a aussi des constricteurs de l’anus, du vagin, etc. (Y. Sphincters .) J. B.
consultation ( méd .) s. f. (consultatio) . Mot par lequel on exprime tantôt une réunion de médecins assemblés pour donner leur avis sur l’état d’un malade, soit pour établir le diagnostic, les règles d’un traitement, etc., et tantôt l’exposé des conseils d'un ou de plusieurs hommes de l’art sur une maladie donnée.
Chez les Grecs, les malades étaient portés dans les temples, sur les voies publiques, pour y recevoir les inspirations des dieux , les oracles, les conseils des prêtres et des passants qu’ils venaient consulter.
Encore aujourd'hui dans les campagnes et souvent dans les villes , les malades consultent ies vieillards , les vieilles femmes ou les personnes qui ont été affectées de maladies graves et qui ont eu le bonheur de guérir : ils s’adressent aux bergers , aux gens qui sont réputés habiles dans le traitement des maladies des bestiaux , à des personnes qui par philanthropie ou par religion leur prodiguent des remèdes , dont il est impossible qu’elles puissent connaître les effets.
On a coutume de réclamer une consultation lorsqu’une maladie s’aggrave et surtout lorsque toute espérance de salut semble s’évanouir pour le malade, ce qui est un tort : il faudrait beaucoup mieux demander une consultation dès le principe de toute maladie grave , ou toutes les fois qu’une maladie se prolonge au-delà de sa durée présumable.
11 faut réunir des hommes qui cherchent autre chose qu’à contredire ; les médecins consultés dans ces sortes de réunion doivent avoir beaucoup plus en vue de jeter de nouvelles lumières sur la maladie , que de prononcer sur les traitements employés jusque-là. Il s’agit en effet d’être utile au malade, et non de censurer plus ou moins justement la conduite du médecin qui a été chargé de diriger le traitement.
En thèse générale, il vaut toujours mieux laisser au médecin ordinaire le choix des consultants, que lui imposer des confrères qui pourraient faire dégénérer la consultation en ce qu’on ne voudrait pas qu’elle fût, une réunion inutile, ou même nuisible, parce que la responsabilité étant divisée et portant sur des hommes de l’art au choix seul du malade ou de ses amis, le médecin ordinaire se trouve déchargé de sa responsabilité spéciale, placé dans le laissez-faire, et obligé de céder aux nouveaux venus.
Souvent la consultation est demandée par le malade ou ses parents, qui, sans manquer de con-
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fiance dans le médecin ordinaire , désirent ne rien négliger pour le sauver. Que les gens du monde ï-achentque le médecin accepte toujours volontiers ta consultation d’un confrère, et qu’ils ne doivent rien craindre à demander une consultation , au lieu de consulter en cachette.
Le plus âgé désigne l’heure; le médecin ordinaire expose l’histoire de la maladie ; chacun donne son avis en commençant par le plus jeune.
Nous avons consigné dans le journal des Connaissances Médicales, t. I, p. 52, des considérations et des préceptes qui ne sont applicables qu’au médecin et qui n’ont pu , pour ce motif, prendre place ici. Martinet,
Professeur agrégé , ancien chef de clinique à l'Hôtel-Dieu de Paris.
consultation ( méd. lég. ) Nous avons peu de chose à dire sur les consultations. La loi no s’en est point occupée , et cela était impossible. Les consultations tiennent â la vie privée; elles sont le résultat de la volonté du malade ou de ceux qui l’entourent, et tout ce qui les concerne doit rester enseveli dans le for intérieur; c’est enfin un secret de famille inviolable pour tous.
Cependant il est des cas où une consultation peut recevoir quelque publicité : ce sont ceux où elle tend, soit à prouver, soit à détruire un fait qu’il importe à une partie de présenter sous son véritable jour. Ainsi nous avons vu la Cour de cassation annuler un arrêt de la Cour d’assises qui avait refusé d’entendre la lecture d’une consultation tendant à prouver qu’un individu n’avait pas été empoisonné, et ce contrairement au procèsverbal constatant le corps du délit.
Une consultation de médecins peut encore être rendue publique dans certaines circonstances où il y aurait lieu d’exercer des poursuites contre le médecin qui soigne le malade, et qui aurait pris sur lui de changer le mode de traitement arrêté par cette consultation. Si le malade succombe, il nous paraît évident que le médecin se trouve da«s un cas grave de responsabilité.
En parlant des rapports de médecine légale , nous traiterons ce qui concerne les consultations médico-légales , qui sont, comme on le sait, des mémoires rédigés par un ou plusieurs médecins sur Sa demande de l’autorité.
Ad. Trebuchet.
contagion ( path ), s. f. ( contagium , contagio). On entend par ce mot toute transmission d’un état sanitaire par contact direct ou médiat, quel qu’en soit l’agent.
11 n’est point de théorie qui ait été plus controversée, qui soit demeurée plus obscure, et dont la solution paraisse plus éloignée que la théorie de la contagion. Soit amour de la vérité, soit impuissance, on a cru tout récemment pouvoir lui .substituer avec avantage la théorie de l’infection, mais on n’a fait, selon nous, que remplacer un mot par un autre. Rien n’a été résolu; au contraire, on a ajouté une difficulté à une autre , et le problème de la transmission de certaines maladies reste encore tout entier à trouver. Mais si la science n’a
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rien gagné en fait, en revanche, elle s’est enrichie d’un mot et de beaucoup de discussions qui n’ont servi qu’à mettre en relief bien des amours-propres, de telle sorte qu’aujourd’hui, deux opinions sont comme deux armées en présence, l’une, qui compte d’ardents zélateurs, et combat pour les miasmes, l’autre, dont les partisans ne sont ni moins nombreux ni moins éclairés, et qui défend les virus; du reste on montre de part et d’autre une égale habileté à cacher les grands faits qui condamnent, pour faire ressortir les petits faits qui favorisent. C’est ce dont le lecteur va juger.
Qu’une maladie, sans changer de nature, par suite de causes propres à quelques individus, et indépendamment deslocalités, attaque isolément, et dans le même temps, une ou plusieurs personnes,comme le feraient la pleurésie ou la gastrite; dans ce cas, c’est une maladie sporadique. Que par l’effet de causes permanentes ou pr opres à certains lieux, à certains climats, cette maladie attaque un nombre plus ou moins grand d’individus, séparément ou bien ensemble, et se prolonge en se renouvelant aussi longtemps que les causés subsistent; c’est alors un état endémique. Enfin, que par l’effet de causes accidentelle s, mais qui agissant en même temps sur un grand nombre d’individus, une maladie attaque toute une ville, toute une contrée, c’est alors une maladie épidémique. Mais comment une maladie, née sur unindividu, et bornée d’abord à un point déterminé , s’étend- elle à do grandes masses d’individus , à des contrées éloignées? Comment et par l’effet de quelles causes décime-l-elle des populations qui naguère jouissaient en apparence de la santé la plus florissante. Malgré l’ignorance où nous sommes touchant l’origine de certaines maladies, et leurs migrations sur le globe, on peut dire que dans toutes les épidémies sans exception, un premier état étant introduit dans une famille , dans une maison, dans une rue, tous les membres de la famille, tous les habitants de la maison, tous ceux de la rue peuvent le contracter, et le contractent souvent en effet l’un après l’autre, ou l’un de l’autre, sans qu’il soit désormais nécessaire qu’aucun d’eux en aille puiser le germe dans le foyer primitif, comme on le voit pour la variole. Mais ce premier état, quelle en est la cause? Un virus spécifique, selon Fracastor, sort par une espèce d’exhalation du corps du malade, ne se répand qu’à une très-petite distance dans l’air, qui, au-delà, garde toute sa pureté, et s’attache à certains corps appelés contumaces , lesquels sont susceptibles de conserver ce virus intact un plus ou moins longtemps, et conséquemment de permettre son transport à des distances illimitées. Mais ce virus, quelle en est la nature ? de quelle façon agit-il sur l’organisation de l’homme , laquelle offre des variétés si prodigieuses? Quelle métamorphose subissent les éléments qui constituent l’air, l’oxygène, l’azote, l’acide carbonique, l’eau, le calorique et les autres fluides? Or, toutes ces causes sont demeurées jusqu'ici totalement inconnues, parce qu’on n’est pas suffisamment éclairé sur la physique de l’atmosphère, parce ■ que la physiologie du système nerveux lui-même
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n’est qu’ébauchée, et que tant que ces premières difficultés subsisteront, on sera réduit à ne considérer qu'un petit nombre de points touchant l’origine, le progrès et la marche des maladies réputées contagieuses, touchant leur caractère intrinsèque et leur danger selon les personnes et les lieux. Car il n’est pas deux espèces dans les animaux, deux animaux dans la même espèce, qui, toutes choses égales d’ailleurs, se décomposent de la même manière et donnent exactement les mêmes produits; les conditions originelles de l’organisation, l’âge, la nourriture, la santé ou la maladie ; les degrés , si diversement associés entre eux, de la chaleur, de l’humidité, de la pression, les diverses qualités du sol, les latitudes et les longitudes, toutes ces données, toutes ces causes font prodigieusement varier la nature des produits contagieux. Comment se fait-il d’autre part qu’à la suite d’épidémies meurtrières, des complexions faibles et délicates non-seulement survivent à la destruction générale, mais prennent tout à coup une force et un développement extraordinaires, et transmettent plus vive et plus féconde cette flamme de la vie qu’elles n’ont pu perdre. Encore un coup, on ignore entièrement les causes qui conspirent à la ruine, comme celles qui concourent à la conservation de l’homme.
Or, puisque nous vivons sans savoir comment, et que nous mourons sans savoir pourquoi; puisque d’autre part notre présomption ne va pas jusqu’à nous faire supposer que nous puissions donner, touchant la génération et la nature d’un virus ou d’un miasme, une explication tant soit peu plausible, nous nous en tiendrons à l’énumération pure et simple des causes de la contagion. Ainsi, la situation, l’exposition, la température sèche j ou humide des lieux, les effluves provenant de la ! décomposition des substances animales ou végé- ! taies, la mauvaise qualité des aliments, le défaut j ou l'insuffisance des vêtements, l’accumulation ■ des hommes dans des lieux étroits et malsains, les émanations qui en résultent, en d’autres termes, les causes terrestres ou dépendantes de l’état des lieux, et les causes animales résultant de l’influence des hommes ou des animaux les uns sur les autres , toutes ensemble contribuent au développement de la contagion. Sans parler de ' certaines maladies qui ont le privilège de se trarismettre par contagion, telles que la variole, la rage , la syphilis , la loi désignait jadis cinq mala- j dies comme essentiellement douées de cette ! vertu, savoir : le typhus, le choléra, la fièvre jaune, la lèpre et la peste. Aujourd’hui on n’en reconnaît plus qu’une'seule, la peste, encore cette dernière maladie ne jouit-elle de ce privilège que pour quelque temps, car le mouvement imprimé aux idées la reléguera infailliblement, et sous peu, dans la classe des maladies épidémiques simples ou par infection. Quant à nous, qui avons vu de près toutes ces maladies, notre sentiment profond est que les termes de contagion ou d’inection ne rendent pas la somme de phénomènes qu’expriment les états transmissibles, et il doit arriver, sans aucun doute, qu’un jour, après avoitf rejeté la contagion, on repoussera l’infection, car
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i si l’une échappe à tous les raisonnements, l’autre est d’une élasticité si conforme aux propriétés de ) la contagion qu’elle fuit également l’analyse. Maintenant quelle espèce d’altération éprouvent les matières, soit animales, soit végétales, à la décomposition desquelles on attribue l’origine de la contagion? En quoi diffèie cette altération de celle des mêmes substances qui, dans d’autres lieux et dans d'autres circonstances, produisent des fièvres intermittentes et autres maladies différentes de celles énoncées ci-dessus? Quelle espèce de combinaison ces éléments produisent-t-ils dans l’atmosphère ? A quelle distance le principe con • tagieux ou iufeclionnel peut-il être transporté ? Le calme, les vents, la température humide ou sèche ne doivent-ils pas influer sur ce transport, de même que les différents reliefs du sol, les bois, les murs ou les cloisons, les excavations ou les crevasses, les bras de mer ou les ruisseaux ? Tous ces moyens doivent singulièrement varier les effets de la contagion, en force ou en bénignité.
Si l’on ajoute à cette énumération les différences d’àge, de sexe, de constitution et de condition, on n’aura qu’une faible idée des innombrables difficultés qui restent à soulever. Enfin telle est l’obscurité profonde qui règne sur toute cette question, que quelques partisans de l’infection disent à ceux de la contagion : Mais si cette maladie était contagieuse, elle n’épargnerait personne. A quoi les contagionistes répondent : mais si cette même maladie était le produit de l’infection, personne ne devrait échapper. D’autre part, comment concevoir une contagion qui atteint celuici et n’atteint pas celui-là ? et , par contre- coup, comment concevoir une infection qui tue B. et C. et laisse vivre D. On aura beau répéter que la contagion vient de l’homme et l’infection du sol, nous dirons, nous, que ces deux mots de contagion et d’infection ne suffisent pas pour expliquer tant d’abstractions, ou plutôt ils ne les rendent qu’imparfaitement. Il resterait enfin à traiter une question où sont intéressés au plus haut degré l’humanité, le commerce et la politique, nous voulons parler des quarantaines; mais notre mission n’est pas de traiter à fond cette grave question, qui demande des développements que nous ne saurions lui donner ici. A. Dumont,
Docteur en médecine, membre de la commission d’Égypte.
cobttewtif (chir.) V. au Supplément.
continence ( kyg. et path.), s. f. Abstinence des plaisirs de l’amour. Nousn’aborderons ce sujet délicat que sous le point de vue purement médical et sans considérer par exemple , si pour chaque individu existe l’obligation de concourir à la reproduction de l’espèce , nous ferons seulement remarquer, qu’il est une fouie de circonstances où celte obligation serait impossible à remplir; il est des individus , qui , sans efforts , peuvent se soumettre à une continence rigoureuse; on sait aussi que dans la nature, il y a luxe , pour tout ce qui tient à la propagation des espèces; que de milliers d’individus parmi celles-ci meurent sans s’être reproduits!
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Si la continence est souvent sans inconvénients, iiest pourtant des circonstances, où, imposée à un tempérament vigoureux , ou bien succédant à l’usage même modéré des plaisirs physiques de l’amour , elle peut devenir la source d’affections diverses chez les deux sexes; et, chose remarquable, ces affections se montrent plus souvent chez la femme que chez l'homme , quoique en général , cette dernière supporte plus facilement la continence. Cette circonstance tient certainement à l’importance qu’ont chez elle certaines fonctions qui se rattachent à la génération . telle est l’écoulement des règles, la grossesse, et l’accouchement ; la suspension de ces grands actes de la vie ne peut manquer d’apporter des troubles graves dont la femme est souvent victime.
Hâtons-nous pourtant de le dire , les maladies produites par l’excès de continence sont rares, surtout chez les individus du sexe masculin , et celles produites par l’excès contraire sont bien plus fréquentes.
Un sentiment particulier d’engourdissement , une tension douloureuse des testicules , le satyriasis, quelquefois même un délire érotique; tels sont chez quelques hommes les effets d’une continence trop prolongée. Tout le monde a pu lire dans Buffon l’histoire du curé Blanchet. Né avec un tempérament ardent, ce jeune homme commit l’imprudence d’entrer dans l’état ecclésiastique, et de contracter ainsi des obligations audessus de ses forces. Bien résolu néanmoins de sa soumettre â des devoirs sacrés pour sa profession , il combattit longtemps avec avantage , mais il portail en lui un ennemi qui, bien que vaincu, revenait sans cesse à la charge. Il redoubla d’efforts et c’est alors que se montrèrent les pre-
miers symptômes du délire. Laissons-le parier :
cf L’après-midi, j’allai dans une maison où
m’appelaient les devoirs de la société; à l'entrée de la salle , je portai mes regards sur deux personnes du sexe , qui firent sur mes yeux et de là dans mon cœur une si vive impression , qu’elles j me parurent vivement enluminées , et lelies que ! celles qu’on électrise. Ignorant alors la cause physique d’un aussi singulier effet, je l’attribuai au prestige du démon, et me relirai. La maîtresse de la maison, surprise de ce brusque départ , me suivit et m’en demanda la cause : je lui dis franchement qu’elle avait chez elle des objets trop séduisants, mais que j’aurais l’honneur de la voir! une autre fois. Ce qu’il y a de singulier, c’est que j celle-ci, aussi jeune que les deux autres , et qui n’avait pas moins de charmes et de beauté , ne fit sur moi aucune impression. Sorti de la maison , ! éloigné des objets qui m’avaient si vivement affecté, je devins plus tranquille, à cela près que je sentais mon âme en feu, et dans tous mes sens une ! vivacité extrême, qui semblait m’entraîner et me ' précipiter; danslerestede la journée, mes regards ayant rencontré quelques autres personnes du sexe, j’eus le même trouble elles mêmes illusion5. Le lendemain, m’étant mis en chemin pour revenir chez moi, il me sembla à plusieurs fois , que la voiture où j'étais, tombait et se renversait, ce qui lil queje criais aux gens qui la conduisaient, de la
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soutenir ; mais mes fausses alarmes leur prêtaient à rire, je ne savais trop ce que cela signifiait. Aux approches d’une petite ville, qui se trouva sur mon chemin, ayant vu des femmes, elles me causèrent le même frémissement et les mêmes illusions que celles que j’avais reçues la veille. Entré dans la ville , arrivé à l’auberge , on me servit à manger; mais le pain, le vin et généralement tous les objets qu’on me présenta, me parurent en désordre et renversés. Alors persuadé que l’esprit de vertige et d’illusion me suivait partout, j’apostrophai durement l'aubergiste queje soupçonnais y avoir part, et je rentrai précipitamment dans ma voiture. Là, faisant attention, autant que pouvaient me le permettre le trouble de mes sens et l’agitation de mes esprits, à mes aventures de la veille , à celles du jour , et à mes dispositions actuelles, je me confirmai dans ma première opinion , par les fables de Ribadeneyra , qui offrent les pères du désert comme nourris et évoqués parmi les illusions du démon. Dès ce momentje ne connus plus d’autres causes de mon trouble et de mes illusions, que l’obsession du démon, à qui je résolus de faire bonne guerre, en employant contre lui la prière et les exorcismes. Cependant, rentré chez moi, je me trouvai plus tranquille, soit par l'éloignement des objets qui m’avaient troublé , soit par le plaisir que j’eus de me retrouver dans le sein de ma famille. Mais le lendemain , environ une demi-heure après le repas , je sentis tout à coup mes membres s’étendre et se roidir, puis tout mon corps frémir et s’agiter par un mouvement violent et convulsif, semblable aux attaquesd’épilepsie les plus violentes. II me parut dans ce moment que la machine du monde allait se dissoudre, que le ciel et la terre croulaient, que tous les éléments mêlés et confondus ensemble étaient dans la plus affreuse agitation. Bientôt je ressentis à la tête la douleur la plus vive , il me semblait que toute cette partie se roulait et faisait une volute. Le mouvement intérieur queje ressentis fut si violent, que, se communiquant à toute la machine, il l’entraîna et me fit faire plusieurs évolutions puériles et ridicules , mais analogues et relatives à ce qui se passait dans ma tête. L’excès de la dou!eur fut accompagnée d’aliénation d’esprit et
de délire L’activité qui me dominait se
tournant en fureur guerrière, vint offrir à ma mémoire l’idée et le souvenir des guerriers dont le caractère avait frappé mon enfance. Alors mon imagination me transportant dans tous les combats elles assauts dont j’avais lu l’histoire, je crus être successivement Alexandre, Achille, Pyrrhus et Henri IV,avec le premier, auquel je m’identifiai si bien que je m’imaginai avoir sa taille, sa figure, son nom et sa personne, je combattis au Granique, je vainquis à Arbelles, j'assiégeai Tyr et montai à l'assaut sur ses remparts , etc. »
Plus tard ,1e délire érotique revient, le malade oublie son premier état , toutes les beautés de la cour de Louis XIV lui sont offertes, il veut épouser des femmes de toutes les nations. «Dans ce nombre, continue-t-il, il y en avait une pour qui j'avais une prédilection toute particulière , et que je regardais comme la reine de mon cœur et de toutes
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le» aulres, c’était une jeune demoiselle que j’avais vue quatre jours avant ma maladie; j’étais bien éloigné de former sur elle aucune pensée, de me permettre aucun désir; mais ses charmes et sa beauté m’étaient revenus, j’en étais éperdument amoureux, j’exprimais de la manière la plus tendre mes vœux et mes pensées, je n’avais jamais lu aucun roman amoureux; je n’avais fait aucune caresse, pas même donné en ma vie aucun baiser à une femme , mais le livre des cantiques de Salomon, que je n’avais luque parce qu’il se trouvait au milieu des livres sacrés, et mes dispositions particulières y suppléèrent; je donnais à ces déclarations une énergie inconcevable, etc.» Une crise facile à prévoir et â deviner, effort d’ailleurs de la nature , vint mettre un terme à ces scènes de délire et leur servir de dénouement.
Lesfemmes, comme nous l’avons dit, supportent en général plus facilement la continence que les hommes ; on peut faire la même remarque chez les femelles des animaux; cette disposition rentre dans les vues de la nature qui a voulu que le sexe actif fût aussi le provocateur. Beaucoup de respectables mères de famille, surtout dans les pays du nord , avouent n’avoir rencontré dans la cohabitation avec leur époux , d’autre plaisir que celui que l’on goûte â remplir un devoir. Un auteur a même prétendu que telle était la disposition de la septième partie des femmes environ ; sans donner ici au une valeur à ce chiffre qui nous paraît exagéré , on doit dire que chez plusieurs d’entre elles cette insensibilité se dissipe après quelques années de mariage. Mais le plus souvent , le même penchant qui agite l’homme vers l’époque de la puberté, vient aussi troubler le cœur de la jeune vierge. On connaît les descriptions un peu poétiques que nous ont laissées les physiologistes , sur l’apparition de la puberté chez la jeune fille. Us ont mentionné celte inquiétude vague qui semble la poursuivre, ces larmes qu’elle répand sans motifs, la solitude qu’elle recherche , ou l’innocente coquetterie qu’elle déploie sans s’en douter ; ces divers symptômes annoncent le développement de ce qu’on a appelé le sixième sens; bientôt les règles étant bien établies, tout se calme et rentre dans l’ordre. Mais d’autres fois, chez quelques jeunes personnes d’un tempérament ardent , d’autres accidents compliquent l’apparition de la puberté.
Plus tard si le vœu de ïa nature n’est pas rempli, et surtout si des livres ou des conversations érotiques ont appris coque la jeune fille doit ignorer, il peut survenir des maladies plusgraves; telle est l’hystérie complète, quinéanmoins estquelquefois produite par une cause toute autre que la conti. nence ; les attaques de nerfs sont alors plus ou moins fréquentes , et l’on a même remarqué que la présence des jeunes gens pouvait déterminer leur apparition. La privation des plaisirs de l’amour occasionne quelquefois les mêmes attaques chez les jeunes veuves. Pour d’autres malades, la continence devient la cause de la chlorose ; la jeune fille pâlit, son teint devient livide, ses lèvres se décolorent, les règles sont supprimées ou bien il ne s’écoule qu’un sang pâle
et décoloré, elle devient sujetle à des palpitations de cœur, etc. (Voyez le mot Chlorose.) Enfin on a vu que chez la femme aussi , la rigueur des privations pouvait amener < etle espèce d’aliénation menlalequ’on a nommé nymphoinanie , fureur utérine , délire érotique. Dans cette affreuse maladie, heureusement assez rare, la femme per I tout sentiment de pudeur, elle ne s’appartient plus; un instinct aveugle la porte à s’abandonner au premier venu et à maltraiter même ceux qui refusent de la satisfaire. «J’ai vu, dit Buffon, et je l’ai vu comme un phénomène , une fille de douze ans, très-brune , d’un teint vif et fort coloré , d’une petite taille, mais déjà formée , faire les actions les plus indécentes au seul aspect d'un homme ; rien n’était capable de l’en empêcher, ni la présence de sa mère, ni 1rs remontrances, ni les châtiments; elle ne perdait cependant pas la raison; et son accès, qui était marqué au point d’en être affreux, cessait dans le moment qu’elle demeurait seule avec des femmes. »
Le meilleur remède contre ces affections est le mariage, saint Paul l’a dit : il vaut mieux se marier que de brûler. Hippocrate donne le même précepte. Ce remède n’est pourtant pas toujours infaillible. Lorsque diverses circonstances s'opposent à l’accomplissement du mariage , ou qu’on veut rendre moins pénible l'exercice de la continence, il est un régime et quelques règles qu’on peut suivre. Il est possible en général de modérer l’élan des passions les plus fougueuses. On devra fuir autant que possible tout ce qui excitera le feu qu’on veut éteindre, les lectures érotiques, les conversations des personnes d’un sexe différent, les bais, les spectacles et surtout l'oisiveté ; on se livrera à la marche et aux exercices fatigants du corps ; un travail qui occupe à la fois l’esprit et les mains a beaucoup d'efficacité. Il faudra rester peu de temps au lit et jamais lorsqu'on est éveillé ; le fit peu couvert ne sera ni trop rude ni trop mou; on évitera eu général le décubitus sur le dos pendant un temps trop prolongé. La nourriture se composera principalement de légumes, tels que les épinards, l’oseille, les concombres, etc. Le vin pur, les liqueurs, le café, les épices, les poissons de mer, les viandes noires et en général toutes les substances excitantes et fortement odorantes sont à éviter; un peu de diète est aussi utile; on connaît l’ancien adage:
Sine Certre et Baccho friget f 'enus.
Privée de Cérès et Bacchus, Vénus languit.
Si ces moyens sont insuffisants, on aura recours à la saignée du bras , aux bains de rivière , et aux bains de siège émollients; on peut employer aussi les lavements camphrés, la tisane de nénuphar à laquelle on ajoutera douze à quinze grains de nitre. La castration et l'amputation du clitoris , quoique citées par les auteurs , ne sont pas des moyens proposables, et ces hideuses mutilations doivent être laissées aux barbares ou aux fanatiques qui ont cru trouver dans ces moyens un remède, ou atteindre un plus haut drgré de perfection.
La continence doit être observée rigoureuse-
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ment , dans les maladies un peu graves , après les blessures et même pendant le cours de la convalescence. Elle est à conseiller aux personnes un peu avancées en âge et qui ont quelques dispositions à l’apoplexie. Un plus grand nombre de vieillards qu’on ne pense ont trouvé subitement la mort au sein du plaisir. Nous terminons en remarquant que si la continence ne doit pas être conseillée à tout le monde , il est également important d'éviter les excès vénériens qui sont aussi nuisibles aux facultés de l aine qu’à la santé du corps. J. P. Beaude.
contractilité (physiol .), s. f. On désigne par ce mot une propriété propre à presque tous les tissus vivants. Celte propriété vitale a été divisée par les physiologistes en contractilité sensible, et en contractilité insensible. La première est celle qui est apparente et dont les phénomènes peuvent être appréciés par les yeux, telles sont les contractions des muscles, des intestins, du cœur; ce mode de contractilité ne se remarque que dans les tissus pourvus de fibres d’une nature spéciale et analogue à celles qui composent les muscles. Cette contractilité est soumise à l’empire de la volonté dans certains organes ; dans d’autres au contraire , elle s’y trouve entièrement soustraite; ainsi le cœur, qui est formé d’un muscle qui , par sa structure intime, est semblable à ceux qui meuvent les membres , a des contractions qui sont complètement soustraites à l’action de la volonté; tandis que les muscles des membres y sont complètement soumis , hors cependant les cas de convulsions. Celte différence d’action entre la contractilité volontaire que Bichat a nommée contractilité animale , et celle qui est soustraite à l’empire de la volonté et que le même auteur a nommée organique, tient à la nature des nerfs qui se rendent dans les divers organes. Il existe deux ordres de nerfs (Voy. ce mot): ceux qui naissent du cerveau et de la moelle épinière , et ceux qui naissent du grand sympathique. Lorsqu’un organe musculeux reçoit la plus grande partie de ses nerfs des premiers que nous venons d’indiquer, ses contractions sont soumises à l’action de la volonté ; quand au contraire ii les reçoit du grand sympathique , les contractions sont sous l’influence de la vie organique , et l’individu ne saurait exercer aucune action surleurs fonctions; telles sont les tuniques musculo fibreuses qui concourent à former les principaux viscères creux , tels que l’œsophage , l’estomac , les intestins , la vessie , le cœur et l’utérus.
la contractilité insensible existe dans tous les tissus vivants , excepté dans les tissus épidermoïques; elle a été nommée tonicité ou contractilité latente parce que son action est insensible : c’est elle qui préside à tous les phénomènes de la vie, c’est la force vitale par excellence et par laquelle s’accomplit la grande fonction de la nutrition , c’est-à-dire celle qui sert à l’entretien et à la vie de tous les tissus. Tous les corps vivants de la nature sont doués de cette propriété sans laquelle ils ne pourraient exister , puisqu’elle a dans sa dépendance tous les phéno-
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mènes d'assimilation et de nutrition. (Voy. ce dernier mot.) J. P. Beaude.
contraction ( physiol .), s. f. (de contrahere, contracter). Se dit de l’action d’un muscle , ou d’un organe à fibres contractiles , qui revient sur lui-même. Dans la contraction , les muscles diminuent de longueur et augmentent de volume. C’est au moyen delà contraction des muscles que les diverses parties du corps peuvent se mouvoir. Les contractions du cœur poussent le sang dans les artères; les contractions de l’estomac aident au vomissement, etc. J. B.
contracture ( path .), s. f. Les auteurs modernes désignent ainsi la flexion permanente d’un ou do plusieurs membres survenant sous l’influence d’une affection cérébrale. Les membres supérieurs en sont plus souvent atteints que les inférieurs. Le plus souvent c’est l’avant-bras qui est fortement fléchi sur le bras; d’autres fois, la main est fermée avec tant de forces que les ongles finissent par pénétrer dans L s chairs. J. B.
contrayerva (bot.) , s. m. C’est une piaule originaire du Mexique et du Péi ou, qui est connue eu botanique sous le nom de Do stenia contrayerva ; sa racine, qui est d’un rouge brun eu dehors et blanc he en dedans , était autrefois emploi ée par les Espagnols comme un coulie-poison, ainsi que l’indique son nom (herbe contre ) : cette racine est excitante et détermine la sueur; on l’administre en poudre à la dose d’un demi-gros à deux gros; elle est aussi employée en sirop et en teintures. J. -B.
contre-coup (path.), s. m. On donne le nom de fractures par contre-coup à celles qui ont lieu dans un autre point que celui qui a reçu l’effort contondant. (V. Fracture.) On donne aussi le nom de contrecoup à l’ébranlement produit dans les organes par une chute. (V. Chute , Commotion.) J. B.
contre-extension (chir.), s. f. Se dit de la force qui est opposée à l’extension dans la réduction des fractures et des luxations. Les efforts de contreextension sont ceux qui sont destinés à retenir le malade lorsque l’on tire sur le membre luxé ou fracturé. (V. Fracture, Luxation.) J. B.
contre-ouverture (chir.) Incision pratiquée plus ou moins loin de l’ouverture d’une plaie pour donner issue à du pus ou à un corps étranger.
contre poison (tliérap.) , s. m. Substance qui, introduite dans l’estomac ou dans le gros intestin, a la propriété de détourner ou de changer la nature du poison qui y a été introduit. (V. Empoisonnement.) O. L.
contre-stimulant ( thérap .), s. m. D’après la théorie médicale de l'Italien Rasori, la vie est le résultat de deux forces opposées qui s’équilibrent et se contre-balancent dans l’état do santé: ces deux forces sont le stimulus et le contrc-siimulus. Il y a maladie lorsque l'une d’elles l’emporte. Divers remèdes peuvent rétablir l’équilibre; l’auteur italien appelait contre-stimulants ceux qui diminuent le stimulus, tels que la saignée, la diète, le froid, ou bien qui augmentent le contre-stimulus , comme l’émétique à hautes doses , l’oxyde d’antimoine, de zinc; les acides minéraux, la digitale, le colchique, etc. Cette théorie compte ac-
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tuellement peu de partisans, quoiqu’elle ait enrichi la science de faits précieux concernant l’action de certains médicaments pris à hautes doses. J. B.
contrexeville (Eau minérale de). Contrexeville est un village du département des Vosges, à six lieues de Bourbonne-les-Bains et à quatre lieues de Mirecourt. Sa population est de 675 habitants. Les eaux minérales de Conlrexeville sont acidules-salines froides, elles sont produites par deux sources, dont l'une qui a reçu le nom de source des pavillons estemployée comme boisson, et l’autre nommé source des bains est employée comme son nom l’indique pour les bains et les douches. Ces eaux, qui ont la température ordinaire des sources froides, sont composées de sulfates de chaux et de magnésie , de carbonates de chaux, de magnésie et de soude, de muriates de maguésie et de chaux, de nitrate de chaux, et de sous-carbonate de protoxyde de fer, de silice et de quelques traces de matière organique. Eiles contiennent les deux tiers de leur volume de gaz dont 100 parties sont composées de 59 d’acide carbonique, do 30 d’azote et de 11 d’oxygène.
Les eaux de Conifexeviile laissent un dépôt jaunâtre dans le bassin qui les contient, et ce dépôt est principalement formé par du tritoxyde de fer, du sulfate de chaux, de la silice et du sous -carbonate de chaux qui entre pour près de moitié dans la composition de ce résidu. On observe aussi au voisinage des sources un dégagement d’hydrogène sulfuré qui provient do la décomposition des matières organiques altérées par l’action de l’eau ; car les analyses n’ont point démontré dans cette eau minérale la présence de l’hydrogène sulfuré ni d’un hydro-sulfate.
C’est principalement dans les affections des organes urinaires que les eaux de Contrexeville sont recommandées, elles n’ont meme été employées pendant longtemps que dans ces seules maladies, et c’est spécialement contre la gravelie et les affectons caîculeuses qu’elles agissent avec le plus de succès. Elles doivent celle propriété à l’action du bicarbonate de soude qui dissout l’acideurique qui forme ordinahement la base des calculs et du sable de la gravelie, et qui empêche ainsi la production de ces concrétions, ou bien permet qu elles soient dissoutes et expulsés avec les urines. Ces eaux, qui sont principalement diurétiques, sont aussi quelquefois purgatives , mais l’action diurétique est la plus générale et la plus dominante ; on remarque même chez quelques personnes qui les boivent abondamment, que les dernières urines rendues contiennent une partie des principes contenus dans l’eau des sources. Chez quelques personnes irritables on coupe les eaux de Contrexeville avec des boissons muciiagineuses ou légèrement aromatiques , telles que le lait, l’infusion de tilleul, de chiendent, etc.
Dans ies affections caîculeuses, on aide l’action des boissons par des bains; ces derniers sont aussi employés avec les douches dans les engorgements des viscères du bas-ventre, dans les dérangements des règles,. dans quelques affections nerveuses el rhumatismales, dans des maladies de la
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peau; mais c’est spécialement, ainsi que nous l’avons dit, dans les affections caîculeuses que triomphent ces eaux; on a vu des calculs volumineux disparaître par leur emploi : c’est une propriété qu’elles possèdent avec les eaux de Vichy, et l’on ne saurait trop les recommander avant de faire usage des moyens opératoires , attendu qu’elles peuvent dans quelques cas dispenser d’y avoir recours.
La saison ou le temps pendant lequel il faut boire ces eaux est de vingt et un jours, quelquefois il faut doubler ce nombre; l’époque de l’année la plus favorable pour les boire sur les lieux commence le 15 juin et finit le 15 septembre. M. Mamelet a pubüé une notice fort intéressante sur les propriétés des eaux de Contrexeville , Paris, 1827. J. P. Beaude,
Médecin-Inspecteur des établissements d'eaux minérales, Membre du Couscil de salubrité.
contusion ( chir .), s. f. ( contusio ); lésion physique ordinairement produite par des coups, des chutes, des violences extérieures, parle choc d’un corps contondant, comme un bâton, une pierre, un projectile, qui froisse, meurtrit, déchire, écrase les parties soumises à son action, sans cependant occasionner de solution à la peau; mais si celle-ci est entamée, il en résulte ce qu’on nomme une plaie contuse. La contusion peut provenir encore d’une pression brusque et plus ou moins violente des viscères les uns sur les autres. Dans ce cas, la contusion a lien par contre-coup.
La contusion peut exister à différents degrés. Lorsqu’elle n’affecte que la peau et le tissu cellulaire sous- cutané, la partie devient violette, brunâlre et faiblement douloureuse. Des compresses imbibées d’eau salée, d’eau végéto- minérale , d’eau-de-vie camphrée , suffisent communément pour opérer la prompte résolution du sang infiltré ou épanché, et en même temps la disparition de l’ecchymose. La contusion est-elle plus considérable et menace-l-elle d’être suivie d’une vive inflammation; on lui oppose encore les mêmes moyens; mais on leur fait promptement succéder des applications émollientes, des sangsues et même une saignée générale. Si la contusion est beaucoup plus grave et compliquée de l’attrition des parties , de la lacération des muscles, du déchirement des vaisseaux et des nerfs, de la fracture des os, etc., le traitement doit varier en raison du nombre et de la nature des lésions. Enfin , quand la désorganisation est trop grande pour qu’on puisse raisonnablement espérer de conserver le membre et sauver le malade , il ne reste plus d’autre ressource que l’amputation. Pour plus de détails, voyez Chutes.
convalescence ( méd .), s. f. Etat dans lequel se trouve une personne pendant l'intervalle qui s’écoule entre la cessation des phénomènes morbides d’une maladie aiguë un peu sérieuse, et l’entier rétablissement des forces et des fonctions de la vie. Le convalescent est en général pâle, faible et amaigri; l’habitude qu’il a prise d’êlre couché est cause que souvent il se trouve mal lors-
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qu’il veut rester levé trop longtemps , le cerveau étant excité dans cette position par une moindre quantité de sang, que lorsque le malade garde le lit; alors en effet ce liquide ne remonte pas à la tête contre son propre poids et y arrive par conséquent en plus grande abondance. Toutes les fonctions de la vie sont languissantes chez le convalescent. Il ne peut supporter la moindre contention d’esprit; il est sensible au moindre froid, impatient, et en général très-susceptible; aussi doit-il éviter avec soin toute émotion morale. On observe souvent chez lui la chute des cheveux et la desquammation de l’épiderme. Toutes les fonctions ne reviennent pas simultanément à l’état normal; celles des organes des sens se rétablissent en premier lieu ; ainsi le vin cesse de paraître amer, et le pain sans goût; en un mot l’appétit renaît, quand l’estomac est encore peu capable de digérer les aliments; de là ces indigestions si fréquentes chez les convalescents ; plus tard les digestions se font bien , mais le ventre reste en core longtemps paresseux; et les règles chez les femmes ne reviennent souvent qu’après plusieurs moi3. Rien n’est au reste plus variable que la durée de la convalescence ; elle est subordonnée, comme on le pense, à l’intensité et à la nature de la maladie, au traitement suivi, à la diète plus ou moins rigoureusement observée , et à une foule d’autres circonstances. Elle est en général plus courte chez les enfants et chez les personnes robustes.
Pendant la convalescence et surtout à la suite de certaines maladies, le convalescent est exposé à une rechute, aussi doit-il continuer ses remèdes quelque temps et dans tous les cas observer avec soin toutes les règles de l’hygiène. L’air pur de la campagne est favorable à son rétablissement; il habitera un appartement sec, aéré, vaste, et bien éclairé; un exercice modéré qui ne doit pas aller jusqu’à la fatigue est aussi utile; les vêtements seront chauds et commodes. On doit faire taire les désirs vénériens , quoiqu’ils se réveillent parfois avec opiniâtreté ; ce précepte est fort important et son inexécution a souvent été la cause de graves rechutes. Mais c’est surtout la nourriture qui doit fixer l’attention du médecin, le convalescent ne désire que trop souvent des aliments de difficile digestion, tels que de la salade et d’autres substances acides, qui ne peuvent que lui être nuisibles. Aux bouillons doivent succéder des potages à la fécule de pomme de terre, à l’arrow-root, au riz; plus tard on permettra des œufs, des légumes frais et non farineux, quelques viandes rôties et de la volaille; la boisson sera de l’eau sucrée ou i ougie ; on pourra prendre à la fin du repas un peu de vin pur , pourvu qu’il soit de bonne qualité. On a donné un excellent précepte, c’est que le convalescent à chaque repas ne satisfasse pas entièrement son appétit; il doit au commencement de sa convalescence manger peu et souvent, mais plus tard bien régler ses repas. Enfin, on combattrala constipation assez fréquente dans cet état par des lavements, ou par de légers purgatifs.
J. P. Beaude.
convolvulacées (bot.) V. au Supplément.
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convulsions ( path .), s. f. Ainsi sont qualifiés les mouvements automatiques, brusques, désordonnés, résultant d’alternatives de contractions et de relâchements musculaires indépendants de la volonté. Dans cette acception la plus étendue, les convulsions comprendraient toutes les maladies convulsives , et l’on a jugé convenable d’en restreindre la signification ; on a spécialement dénommé convulsions le désordre involontaire, accidentel, passager des mouvements musculaires produits par une cause récente qui n’apas de durée. Dans l’épilepsie, la catalepsie, l’hystérie, au contraire, la cause est permanente et les accidents convulsifs affectent une sorte de périodicité; de plus les malades perdent connaissance, ce qui n’a pas toujours lieu dans les simples convulsions. Quant à la danse de Saint-Guy, elle se distingue des convulsions proprement dites en ce que celles-ci prennent par accès et ont une marche aiguë tandis qu’elle est continue avec tendance à l’état chronique. Les mouvements désordonnés des parties contractées qui n’obéissent pas à la volonté, comme le cœur, les intestins, etc., ont particulièrement reçu le. nom de spasmes ( voyez ce mot).
Les convulsions peuvent s’étendre à tous les muscles du corps, ou à ceux de quelqu’une de ses parties seulement, à la tête, au visage, où elles gravent les plus singulières expressions, enfin au tronc et aux membres. Les mouvements maladifs qui manifestent leur existence varient depuis le tremblement jusqu’à la plus violente agitation. C’est un étonnant phénomène que le déploiement des forces que les convulsionnaires montrent quelquefois : telle personne chétive, qu’un faible enfant aurait domptée, devient capable de lasser des athlètes. Cependant les nerfs et les muscles qui commandent ou exécutent les mouvements sont matériellement les mêmes en apparence: ces instruments n’ont pas subitement changé; quelle puissance nouvelle les anime? L’automatisme ou l’instinct déréglé est donc plus énergique en nous que la volonté intelligente.
Les convulsions ne sont que des symptômes d’une lésion idiopathique ou sympathique du cerveau, de la moelle, des troncs ou des filets nerveux. Leur invasion est parfois subite, causée par action directe sur le système nerveux, et alors elles sont plus particulièrement dites essentielles; d’autres fois elles ne sont que des complications éventuelles, des symptômes accidentels de maladies préexistantes. Elles débutent ordinairement par accès suivis d’intermittences ou de rémissions. La durée des accès est de quelques minutes, de quelques heures, d’un jour et au-delà; il n’en parait qu’un ou bien plusieurs se succèdent, la cause qui les détermine est la base principale de ces variétés. Les convulsionnaires perdent ou conservent leur connaissance, selon que leur cerveau ou leur moelle épinière sont plus ou moins directement et profondément affectés. Assez souvent, dans l’enfance, où elles sont plus communes, surtout depuis la naissance jusqu’à trois ans, les convulsions sont précédées de symptômes qui doivent les faire craindre. Il y a de l’insomnie ou un assoupissement profond, et, pendant le sommeil, les
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paupières sont moins rapprochées que de coutume. On observe des alternatives de calme et de tressaillements ; dans le réveil, de l’irascibilité, de linquiélude, un air surpris, chagrin, abattu, des plaintes, des cris, une respiration inégale, suspirieuse , presque toujours de la constipation. Ces préludes, qui peuvent n’aller pas plus loin, sont populairement dénommés convulsions internes. Ordinairement il survient après des mouvements convulsifs plus apparents qui agitent les doigts des mains et des pieds, les bras, les jambes, les membres entiers , le visage , le tronc , qui troublent considérablement la respiration et peuvent occasionner l’asphyxie. Le premier accès n’est pas communément long, mais il est souvent accompagné d'autres dans la même journée ou les jours suivants, et , de plus , ils peuvent se reproduire par la suite à des intervalles variables , et revêtir enfin les formes graves de l’épilepsie. Après un accès subit, le retour à la santé ne se fait pas attendre , rarement il est mortel, ou assez violent pour laisser des paralysies. Les convulsions des femmes enceintes et surtout dans le travail de la parturition s’offrent sous un point de vue spécial, comme celles de l’enfance, et deviennent souvent la source de pressantes indications.
Le pronostic des convulsions repose sur la considération de la constitution du sujet, des causes connues ou probables qui les ont déterminées, des apparences graves ou bénignes qu’elles offrent présentement, des accès qui ont eu lieu quand leur attaque est prompte, quand elles ne compliquent aucune autre maladie et que rien ne fait présumer une lésion profonde des centres nerveux, elles sont plus effrayantes que dangereuses, elles constituent plutôt un accident passager qu’une maladie alarmante. Pourtant quand le premier accès est violent et que ceux qui lui succèdent vont en augmentant d’intensité, ou peut concevoir des craintes sérieuses. C’est mauvais signe que la perte des sens soit profonde et prolongée , la respiration gênée, bruyante, slerloreuse ou troublée par une toux convulsive suffocante. Dans tous les cas, il ne faut pas confondre les convulsions soudaines, dites essentielles et généralement moins graves, avec celles qui résultent, comme complication, d’autres maladies, telles que la fièvre cérébrale , l'hydrocéphale , une éruption rentrée , etc. Cette considération a fait répéter depuis plus de deux mille ans, qu’il valait mieux que la fièvre survint dans les convulsions que les convulsions dans les maladies fébriles. Les convulsions suites d’hémorrhagies ou de saignées abusives annoncent l’épuisement et sont presque toujours mortelles. Les accès convulsifs qui se montrent opiniâtres dans l’enfance, et qui ont reçu le nom d’éclampsie, cessent souvent spontanément vers la septième année ou à la révolution de la puberté. S’ils se prolongent au-delà, ils dégénèrent en une épilepsie difficilement curable.
Passons aux causes qui nous conduiront au traitement dont elles fondent les bases les plus rationnelles. La prédisposition aux convulsions , dans tous les âges et les deux sexes, se manifeste
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par une sensibilité, une impressionabililé, une mobilité exaltée, tout autant d’indices delà prédominance de la constitution nerveuse. Les enfants qui joignent à ce tempérament une grosse tête , des facultés intellectuelles heureuses, le cou court, le corps très-délicat ou trop replet y sont plus prédisposés. La grossesse et surtout l’accouchement y prédisposent davantage les femmes nerveuses. Les causes occasionnelles ou déterminantes sont morales ou physiques. Parmi les premières, il faut signaler toutes les émotions fortes et particulièrement celles qui sont pénibles, comme la colère, la frayeur. Les causes physiques sont plus nombreuses. Viennent se ranger dans cette catégorie tous les principes morbifiques : éruptions ou écoulements qui .retenus ou répercutés, vont irriter les centres nerveux d’où part l impulsion convulsive effectuée par les muscles : les dérèglements d’onanisme et tous les abus vénériens, les excès do liqueurs alcooliques, le chatouillement dont on fait un badinage imprudent, les plaies, les piqûres, les douleurs vives , certains venins et poisons , les pertes excessives de sang , l’impression subite et profonde du froid. Des causes occasionnelles de convulsions plus spéciales à l’enfance sont une dentition difficile, les vers intestinaux , le lait de la nourrice altérée par des émotions, ou un mauvais régime. La grossesse, les douleurs de l'enfantement, les suites immédiates de couches sont, avons-nous dit, une occasion de convulsions particulière à la femme. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que les causes déterminantes de maladie n’ont jamais de valeur absolue , d’action constante, qu’on les voit tour à tour échouer contre la résistance de l’organisation ou produire leurs effets morbides.
Le choix des moyens préservatifs et curatifs des convulsions se fonde sur l’appréciation des causes prédisposantes et occasionnelles que nous venons d’examiner. La prédominance excessive du tempérament nerveux réclame une gymnastique assidue propi. rlionuée d’ailleurs aux forces ; l’usage réglé des bains tièdes ou frais avec les exercices de natation, quand on le peut; un régime plus ou moins restaurant, suivant que le corps est mal ou bien nourri , mais dans lequel on modérera avec soin les stimulants solides ou liquides; l’éloignement dos influences physiques ou morales qui impressionneraient trop vivement.
Pendant les accès convulsifs, on couchera mollement les malades, le cou et le corps dégagés de toute compression et la tête haute. L’agi talion des mouvements devenant violente, on les contiendra doucement et d’un air rassuré et calme , s’ils conservent l’usage de leurs sons. Si la déglutition est possible, on se servira de petites prises d’une infusion légère de tilleul ou de feuilles d’oranger, ou simplement de l'eau sucrée si le sujet est sanguin, le visage rouge. Nous n’osons nommer les éthers, les teintures alcooliques, les préparations d’opium qui dissipent parfois les convulsions avec une promptitude admirable , parce que l’emploi de ces moyens actifs suppose la préalable appréciation de circonstances que le médecin seul peut bien juger, et qu’appliqués sans.
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discernement ils pourraient beaucoup nuire. On saisira un moment de calme pour appliquer aux pieds, aux jambes, des cataplasmes chauds simples ou sinapisés, à moins que les convulsions ne proviennent d’hémorrhagie, d’épuisement; car alors, loin qu’il soit en excès, le sang est en défaut à la tête. La constipation, fort ordinaire, sera combattue par des lavements d’eau de lin ou de camomille mêlée , au besoin, d’huile d’olive , d’amandes douces ou de ricin. Un bain tiède , avec applications fraîches sur la tête , lorsqu’il y a eu rougeur et chaleur, seront convenables sur le déclin ou après la cessation de l’accès. Nous ne dirons rien de l’emploi de la saignée, des sangsues et de plusieurs médicaments; il n y a que le médecin qui puisse en saisir l’à-propos ; nous devons nous borner à indiquer les moyens les plus simples , les plus innocents et le plus généralement utiles, sans pouvoir nuire jamais. Avons-nous besoin d’ajouter qu’après avoir recherché les causes des convulsions, il faut éloigner désormais celles qu’on croit avoir reconnues. Nous en avons signalé de spéciales pour les enfants , on aura donc le soin d’examiner leurs gencives , de s’informer s’ils n’ont pas rendu des vers, si la nourrice n’a commis aucun écart d'hygiène , etc. On hâte autant que possible avec le secours de la main ou des instruments l’accouchement commencé qui se complique de convulsions ; les autres moyens opportuns sont subordonnés à la constitution de la femme.
Nous n’exposerons pas le traitement des convulsions symptomatiques , de la frénésie , de l’hydropisie cérébrale , du choléra , du croup , des éruptions fébriles rentrées, etc., etc., il en sera question à propos de ces maladies elles-mêmes.
Les convulsionnaires, prenant ce mot dans toute son extension pour désigner les sujets atteints des convulsions accidentelles que nous venons de décrire, de plus, les épileptiques, les hystériques, les cataleptiques , les choréiques, etc.; ces convulsionnaires , disons-nous , occupent une place remarquable dans l’histoire des superstitions de l’humanité. Dès les temps les plus reculés, ils ont été considérés comme des possédés de mauvais génies, et il n’a fallu rien moins que la sévère philosophie du dix-huitième siècle pour renverser cesabsurdes théories de possession, d’ensorcellement , de magie , d’astrologie , qui faisaient envisager comme surnaturels des accidents nerveux qui rentrent dans le tableau si varié des irrégularités de la nature. Le peuple pour qui tout ce qui est étonnant, terrible , revêt facilement le cachet du merveilleux et du surnaturel, reste encore confondu et stupéfait en présence des convulsionnaires, et s’il n’invoque plus en pareil cas les prières et les exorcismes, au moins est-il disposé à croire que la cause des convulsions n’est pas aussi naturelle que celle des autres maladies... Les affections convulsives ont quelquefois régné épidémiquement, et c’est alors surtout qu’elles ont frappé l’imagination du vulgaire.
A. Lagasquie.
Docteur en médecine , membre de la commission d’Egypte.
copahd (Résine ou baume de). Espèce de térébenthine obtenue par incision du copaifera officinalis , arbre de la Décandrie monogynie, famille des Légumineuses, qui croît au Brésil età Cayenne. Le nom de baume est improprement donné au copahu, puisqu’il ne contient pas d’acide benzoïque dont la présence caractérise les résines auxquelles on est convenu de donner cette qualification.
Le baume de copahu est liquide , d’une consistance oléagineuse, d’une odeur désagréable, trèspersistante , d’une saveur âcre, amère, nauséabonde, d’une couleur jaunâtre, faible d’abord, mais qui devient de plus en plus foncée à mesure qu’il vieillit.
Il est formé : 1° d’une résine sèche, cassante, incolore , cristallisable , jouissant de propriétés acides et susceptibles de former avec les bases des combinaisons solubles dans l’éther et l’alcool ;
2° D’une résine jaune, visqueuse, ordinairement en petite proportion, et qui paraît être le résultat d’une altération subie par la précédente ;
3° D’une huile volatile, légère, incolore, soluble dans l’éther et dans l’alcool , possédant l’odeur caractéristique et la plupart des propriétés médicales du baume de copahu; elle n’a pour éléments que l’hydrogène et le carbone : aussi le potassium s’y conserve- t-il sans altération.
Le baume de copahu, dont le prix est assez élevé , est pour cette raison souvent altéré dans le commerce; on y ajoute, pour en augmenter le poids, soit de la térébenthine ordinaire , soit des huiles fixes et surtout de l’huile de ricin.
La térébenthine ne peut être ajoutée qu’en petite quantité, parce qu’elle communique au copahu une viscosité plus grande , et que son odeur particulière se reconnaîtrait bientôt , surtout si on faisait chauffer le mélange; au reste, ce moyen est le seul qu’on puisse employer pour le reconnaître, aucun réactif ne pouvant déceler cette adultération.
On reconnaît l’addition d’une huile fixe, autre que l’huile de ricin, en traitant par l’alcool qui dissout le baume et laisse l’huile intacte. La falsification par l’huile de ricin se démontre en faisant bouillir le baume dans l’eau jusqu’à ce que toute l’huile volatile soit dissipée ; s’il est pur il doit devenir sec et cassant; il reste mou, au contraire , si l’huile y a été mêlée. On peut encore , ainsi que l’a indiqué M. Planche, faire un mélange d’une partie d’ammoniaque et de trois parties de copahu; ce mélange s’éclaircit promptement sile copahu est pur; il restera, au contraire, d’autant plus trouble que ce baume aura été mêlé d’une plus grande proportion d’huile de ricin.
Le baume de copahu parait avoir , comme toutes les térébenthines, une action particulière sur les voies urinaires; pris à haute dose il purge en irritant les intestins. C’est le médicament le plus fréquemment employé pour combattre les blennorrhagies; il a été prescrit, mais beaucoup plus rarement, dans la leucorrhée et dans l’ictère, quelques personnes le regardent aussi comme anlivermineux.
Les formes pharmaceutiques qui lui ont été données en assez grand nombre ont eu pour but, soit
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de l’associer à d’autres médicaments capables de seconder son action , tels que le cubèbe, l’extrait de ratanhia, le cachou, les acides sulfurique et nitrique alcoolisés, etc., soit de déguiser la saveur âcre et repoussante qui le rend un objet de dégoût pour les malades; rien n’a été trouvé de mieux sous ce rapport que les capsules minces de gélatine, imaginées par M. Mothès, qui masquent complètement le baume de copahu lors de la déglutition, et le livrent ensuite pur de tout mélange à l’action des voies digestives.
On soumet le baume de copahu à la distillation pour en retirer , d’une part , celte résine solide dont nous avons parlé, et, de l’autre, son huile essentielle. On peut obtenir celle-ci d’une manière plus commode et en plus grande quantité, en suivant le procédé indiqué par M. Ader, qui consiste à mêler le baume avec son poids d’alcool , à introduire dans le mélange la quantité de soude caustique nécessaire pour saturer la résine qui, comme nous l’avons dit, est une espèce d’acide qui s’unit facilement aux alcalis; en ajoutant ensuite de l’eau, l’huile volatile se sépare d’une manière si complète que ce procédé a été désigné par MM. Bussy et Boutron-Charlard comme pouvant servir à indiquer le degré de pureté du baume de copahu.
La magnésie s unit aussi à la résine du copahu, et forme une combinaison qui absorbe ensuite l’huile essentielle; on obtient ainsi par l’addition d’une très-petite proportion de magnésie (un seizième) une masse solide susceptible d’être administrée sous forme de pilules. Cette solidification cependant ne s’opère pas toujours, même avec du baume de copahu très-pur; cela tient, selon M. Soubeiran , à ce qu’il contiendrait alors une plus forte proportion d’huile essentielle ; il conseille dans ce cas l’addition d’une petite quantité de térébenthine de Bordeaux qui facilite la solidification.
On donne fréquemment le baume de copabu sous forme d’opiat mêlé aux médicaments solides que nous avons indiqués plus haut. On en prépare un alcoolat, un vin , une teinture, mais ils sont presque inusités.
On administre le copahu en lavement dans des affections particulières, ou lorsque le malade ne pourrait le supporter d’une autre manière, il doit être alors suspendu dans l’eau du lavement au moyen d’un jaune d’œuf.
Lorsqu’on donne le baume de copahu dans des potions, on cherche à l’associer à des eaux distillées, à des alcoolats très-aromatiques et capables de masquer en partie sa saveur. La plus connue de ces formules est celle de la potion dite de Choppart : elle est composée de baume de copahu, alcool, eau de menthe poivrée, sirop de capillaire, de chaque deux onces; alcool nitrique, eau de fleur d’oranger, de chaque deux gros; celte formule est cependant défectueuse en ce que rien n’y relient le baume suspendu dans la potion ; il vient nager à la surface, et paraît d’autant plus répugnant aux malades; il vaut mieux l’émulsionner, soit au moyen du jaune d’œuf, soit surtout par la gomme arabique qui donne une émulsion très blanche, et
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qui ne se sépare nullement lorsqu’elle a été convenablement préparée. On y ajoute quelquefois un peu de laque carminée qui donne à la potion une couleur rose et un aspect fort agréable. Ces minutieuses précautions ne sont point à dédaigner lorsqu’il s’agit de sauver aux yeux une partie des dégoûts que l’estomac doit éprouver par de tels médicaments. Vée,
Pharmacien, membre de la société de pharmacie.
COQUE BU levant. V. Coques du Levant.
coquelicot [bot.) , s. m . ( papaver rhœas L. ) .Tout le monde connaît cette espèce de pavot â fleurs rouges, si commune dans les champs cultivés et parmi les moissons. Outre une substance mucilagineuse, elle renferme en petite quantité quelques-uns des principes actifs de l’opium. On emploie en médecine les pétales desséchées de sa fleur. A cet état, elle fait partie du mélange connu chez les herboristes sous le nom de quatre fleurs ou espèces pectorales. Les autres espèces de ce mélange sont la fleur de mauve, de tussilage et de pied de chat. L’infusion de coquelicotprise chaude et avec une quantité convenable de sucre est adoucissante et légèrement calmante; elle doii être administrée à jeun et le soir en se couchant; eile convient principalement dans les rhumes et les légers catharres pulmonaires. La dose du coquelicot est de deux pincées pour un demi-litre d’eau chaude. J. B.
COQUEE.UCSSE [med.) , s. f. ( latiu pertussis , tussis convulsiva). Le mot coqueluche n’a pas toujours eu l’acception qu’on lui donne aujourd’hui; il paraît avoir été employé pour la première fois en 1414, pour désigner une espèce de catarrhe épidémique dont Mézérai parle en ces termes: « Un étrange rhume, qu’on nomma coqueluche, tourmenta toutes sortes de personnes, durant les mois de février et mai s , et leur rendit la voix si enrouée, que le barreau, les chaires et les collèges en furent muets, il causa la mort à presque tous les vieillards qui en furent atteints. « Pasquier (Etienne) rappelle qu’en l’année 1557 on observa «par quatre jours entiers un rhume qui fut presque commun à tous , par le moyen duquel le nez distillait sans cesse comme une fontaine, avec un grand mal de tête , et une fièvre qui durait aux uns douze et aux autres quinze heures , que plus , que moins ; puis soudain, sans œuvre de médecin , on était guéri; laquelle maladie fut depuis, par un nouveau terme, appelée par nous coqueluche. » Cette épidémie n’offre aucune ressemblance avec la maladie , telle qu’on l’observe de nos jours , et se rappoite évidemment à la grippe. Le vulgaire la nommait coculuche, parce que ceux qui en étaient atteints se couvraient la tête d’un coqueluchon. On ne trouve du reste aucune trace de cette affection dans les écrits des médecins grecs et arabes, et c’est bien à tort que certains auteurs ont cru la reconnaître dans un passage des épidémies d’Hippocrate. Willis est peut-êtrelepremier qui, sous la dénomination de tussispuerorum convulsiva, en anglais chincough, paraît réellement l’avoir désignée (1682). Ce n’est guère qu’à compter
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du 18e siècle qu’on l’a décrite comme une maladie distincte, et d’une manière assez satisfaisante.
La coqueluche est une maladie contagieuse, caractérisée par une toux convulsive, revenant par quintes plus ou moins longues, dans lesquelles plusieurs mouvements rapides d’expiration bruyante sont suivis d’une inspiration lente , pénible , et très-sonore.
Les causes en sont imparfaitement connues.Elle se montre presque indifféremment dans tous les temps de l’année, et dans les climats les plus opposés. R. Watt affirme , il est vrai, qu’elle est plus fréquente et plus grave dans les régions septentrionales; mais Penada dit, au contraire, qu’il lui semble prouvé, jusqu’à l’évidence, que , chez les peuples du nord, la coqueluche est moins fréquente dans ses retours et moins terrible dans ses conséquences , que dans les pays méridionaux de la France et de l’Italie. A Paris, nous l’observons dans toutes les saisons, mais peut-être un peu plus souvent au printemps et en automne,
La coqueluche, même quand elle estsporadique, attaque ordinairement à la fois un assez grand nombre d’individus. On l’observe particulièrement chez les enfants , depuis la naissance jusqu’à la seconde dentition. De plusieurs calculs il résulte qu’elle est un peu plus commune chez les filles que chez les garçons. PaSsé l’àge de huit à dix ans, elle est beaucoup moins fréquente, bien qu’on ait l’occasion delà voir encore quelquefois dans l’âge adulte, et même chez des vieillards. Les femmes et les individus doués d’une constitution faible et irritable semblent y être prédisposés davantage. Elle règne également dans toutes les classes de la société. Farcit nec divitibus nec pauperibus , dit J. Franck, En général elle n’attaque qu’une seule fois dans la vie. Rosen, dans son traité des maladies des enfants , prétend n’avoir jamais vu , pendant trente-deux ans d’exercice , un enfant pris deux fois de coqueluche. Des faits avérés , quoique en petit nombre, prouvent néanmoins qu’on peut l’avoir une seconde fois.
La coqueluche est épidémique • en effet, à de certaines époques, on la voit envahir un hameau, une ville , une contrée tout entière , en frappant ses habitants, soit indistinctement, soit et plus communément dans certains âges , sans qu’on puisse toujours apprécier d’une manière positive, ni les causes de son apparition, ni celles de sa disparition. On ne sait non plus rien de très-précis sur le retour de ces épidémies, qui ne se montrent parfois qu’à des intervalles fort éloignés , ou bien se renouvellent pour ainsi dire d’année en année. Leur durée est aussi très-variable : et, relativement à la nature et à l’intensité des symptômes , M. Guersant fait justement remarquer qu’on trouve entre les épidémies de coqueluche d’assez grandes différences. Celles qu’on observa dans les premiers temps étaient surtout beaucoup plus meurtrières qu’elles ne le sont , au moins depuis quelques années.
La coqueluche peut se transmettre par contagion , et cette propriété, que lui refusent encore quelques esprits sceptiques , nous paraît à nous hors de doute. Parmi les faits très-nombreux que
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nous avons vus nous-mêmes , ou qui sont consignés dans les auteurs, voici les plus remarquables. « Une famille entière , dit M. Rostan , arrive à la campagne au printemps dernier; elle trouve les enfants du jardinier de la maison ayant la coqueluche, d’abord un enfant âgé de quatre ans, qui jouait souvent avec les enfants malades, contracta la coqueluche au bout de quelques jours. Les autres enj^nts, qui ne communiquaient pas avec ceux du jardinier, n’avaient pas encore cette maladie : la dernière , qui communiquait avec la jeune sœur, et peu avec son frère, en est affectée un peu plus tard; la mère , qui tenait souvent cette dernière sur ses genoux , est aussi atteinte de la maladie ; enfin le père , et tous les domestiques qui avaient des relations avec les enfants, en sont successivement atteints dans la maison; etautour delà maison, les enfants et les personnes qui ne communiquaient pas directement avec les malades furent exempts de la maladie.» «J’ai vu, dit M.Dugès, une petite fille, atteinte de la coqueluche , la communiquer à une cousine en bas âge , chez laquelle on la conduisait de temps en temps, quoiqu’elles habitassent deux quartiers fort éloignés , et que la coqueluche ne régnât nullement dans celui que la dernière n’avait pas quitté. » — L’observation suivante est rapportée par le docteur Hœussler : « Dans une petite ville de Saxe , l’enfant d’un aubergiste fut pris tout d’un coup de la coqueluche , à une époque où cette maladie ne régnait ni dans la ville ni dans les environs. L’enfant avait six semaines et n’avait pas encore été porté hors de la maison. On se demanda d'où pouvait provenir la maladie , et on ne tarda pas à en découvrir la source. Depuis quelque temps , un marchand étranger , accompagné de son fils âgé de cinq ans, logeait dans la maison : cet enfant avait la coqueluche, et peu après son arrivée il avait déjà communiqué la maladie à une petite fille de sept ans qui était venue chaque jour jouer avec lui. Le petit nourrisson n’eut la coqueluche que lorsque sa mère , ayant quitté le premier étage , fut descendue et entrée avec lui dans un cabinet où couchait le fils du marchand. De l’auberge , la maladie gagna peu à peu les maisons voisines, et devint épidémique dans la ville, où beaucoup d’enfants succombèrent.» — M. Guersant dit que, pour que la transmission contagieuse ait lieu, il faut que les enfants soient assez près les uns des autres pour qu’ils puissent recevoir les émanations de leur haleine. Le fait précédent semble prouver que cette circonstance n’est pas absolument indispensable , et , si l’on croit Rosen, il aurait pu lui- même la transporter d’une maison dans une autre. Au reste, selon M. Guersant , la propriété contagieuse de la coqueluche n’est jamais plus efficace que lorsqu’elle est parvenue à son plus haut degré de développement , et c’est ordinairement cinq à six jours après qu’on s’est exposé à l’infection, que la toux commence à se manifester.
Un fait récent, qui m’a été communiqué par le docteur Tavernier , nous apprend que la coqueluche peut, dans certains cas, se manifester 1 d’emblée, et sans être précédée de catarrhe pulmo-
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ti aire, en même temps qu’il témoigne d’une manière incontestable de sa propriété contagieuse. v Dans le courant de juin dernier ( m’écrivait cet honorable confrère), on me ramena de la campagne la plus jeune de mes enfants (âgée de deux ans) dans un état de santé parfait, et sans le moindre rbume. Le lendemain de son arrivée, elle joua pendant une demi-heure environ avec les filles de M. Guibourt , pharmacien , atteintes l’une et l’autre de coqueluche. Le surlendemain , dans la soirée, elle eut un accès de toux spasmodique , sifflante , sans vomissement : c’était la coqueluche, qui, bien caractérisée dès ce moment, persista ensuite pendant deux mois, exempte de complications. Mes deux autres enfants contractèrent eux- mêmes la maladie peu après. »
Symptômes etmarche. La coqueluche commence, chez la plupart des sujets, par l’apparence d’un simple rhume. Le malade éprouve d’abord quelques frissons vagues; il est triste , abattu ou assoupi; les yeux sont rouges, il y a du larmoiement, des éternuements ; la face est un peu bouffie , la toux est sèche, un peu sonore, etrevient par quintes; la voix est légèrement enrouée , le pouls est à peine fébrile, ou au contraire il existe une fièvre assez forte, qui revient quelquefois par accès : le sommeil est troublé , l’appétit nul ou médiocre. A cette époque , on pourrait croire à l’invasion prochaine d’une rougeole ou de toute autre maladie éruptive. Ces symptômes , qui constituent la première période ou période catarrhale , durent ordinairement de sept à dix ou quinze jours, quelquefois moins, très- rarement davantage.
C’esf alors que la toux devient convulsive, et prend bientôt la forme toute spéciale qui la caractérise. Les quintes, d’abord un peu plus longues, ou plus rapprochées , se répètent aussi un peu plusfréquemmentpendant la nuit, et, bien qu’elles ne soient pas encore accompagnées de sifflement, lessecousses de la toux produisentdéjà le vomissement. Les malades se plaignent assez souvent d’une douleur qu’ils rapportent au devant de la poitrine. Lorsque la coqueluche est confirmée, chaque accès s’annonce ordinairement par une sensation de chatouillement incommode vers le larynx ou le commencement de la trachée artère , les mouvements d’inspiration et d’expiration sont visiblement accélérés, irréguliers et incomplets, surtout chez les jeunes enfants qui paraissent comme saisis d’une sorte d’effroi; quelques -uns s’efforcent alors de retenir leur respiration. Au moment de la quinte , ils s’accrochent pour ainsi dire aux personnes ou aux corps solides qui les environnent , afin d’y trouver un point d’appui ; si c’est pendant la nuit , ils s’éveillent en sursaut et se mettent précipitamment sur leur séant. Les secousses de la toux se succèdent alors si rapidement et à de si courts intervalles, que l’inspiration est impossible , et que la suffocation parait imminente. La face est gonflée, rouge ou même violette , les yeux larmoyants , les artères superficielles battent avec force , les veines du cou sont distendues , et les vaisseaux capillaires très-injectés. Il y a des éternuements fréquents ,
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(Jos. Franü dit en avoir compté cinquante dans un paroxysme; ) et quelquefois des vomissements ; quelques petites inspirations saccadées surviennent, et bientôt une inspiration plus longue , sifflante et caractéristique vient terminer la quinte: mais souvent l’accès n’est qu’interrompu , et, après une courte suspension, il reprend avec les mêmes phénomènes , pour ne finir que lorsque le malade rejette tantôt par l’expectoration et tantôt par le vomissement un liquide glaireux, filant, incolore, accompagné ordinairement de matières muqueuses ou alimentaires contenues dans l’estomac. Quelquefois une sueur froide etabondante couvre tout le corps , mais plus particulièrement la tête , le cou et les épaules. Chez quelques enfants, on observe l’excrétion involontaire de l’urine ou des matières fécales ; chez d’autres, le sang s’échappe par le nez, la bouche ou les oreilles , ou bien il s’épanche dans la conjonctive et dans le tissu-cellulaire des paupières.
Chaque accès dure depuis quelques minutes jusqu’à un quart d’heure , et quelquefois plus. Après l accès, les enfants se plaignent de douleurs dans la poitrine et vers les attaches du diaphragme , la tète est pesante, la face et le cou restent gonflés , les yeux bouffis ; il existe un sentiment de malaise etde fatigue générale; la respiration et le pouls sont accélérés , et les membres sont quelquefois agités d’une sorte de tremblement convulsif. Mais ces phénomènes sont ordinairement de courte durée , et on ne les observe même pas, lorsque les quintes sont légères, à peine alors l’accès a-t-il pris fin, qu’on voit les enfants retourner à leurs jeux, continuer leur repas, ou promptement se rendormir. Les quintes de toux se reproduisent à des intervalles inégaux , quelquefois avec une sorte de régularité, tantôt sans cause apparente, et tantôt par l'impression du froid ; les cris , les pleurs , une douleur un peu vive , une course rapide , une contrariété , la distension de l’estomac , l’accumulation de mucus dans les bronches, suffisent aussi pour les provoquer. Leur nombre varie beaucoup : je les ai vus se répéter toutes les dix minutes ; quelquefois , au contraire , on en compte à peine dix à douze , et même moins, dans les vingt-quatre heures. Dans tout le cours de la maladie, elles sont plus fréquentes la nuit , le matin et le soir , que dans la journée, quoiqu’on ait prétendu le contraire. J’ai été souvent à même de constater l’observation déjà faite, que, lorsque plusieurs enfants atteints de coqueluche sont rassemblés dans un même lieu, si l’un vient à tousser , les autres ne tardent pas à tousser aussi. Dans l’intervalle des quintes, il n’existe, en général, point de fièvre , et le malade conserve de l’appétit , des forces et de la gaîté , quelle que soit même la violence des accès ; dans certains cas , cependant , le mouvemeut fébrile, qui s’était suspendu au commencement de cette période , se ranime avec plus de force , en offrant le type continu ou intermittent; l’appétit se perd , et l’on voit survenir quelquesunes des complications si fréquentes à cette époque de la maladie. La durée de cette période , qu’on a appelée convulsive ou spasmodique, varie de
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quinze jours a un mois ou six semaines, et quelque fois se prolonge beaucoup au-delà.
La troisième période est celle de déclin. Pendant sa durée , qui est de huit à dix jours , ou d’un à plusieurs mois, les quintes deviennent plus rares, moins longues et moins intenses ; elles sont suivies de l’expuition ou de la régurgitation d’un liquide opaque, ou de crachats épais, verdâtres, comme dans la bronchite , et quelquefois encore de vomissements de matières alimentaires. Ce sifflement aigu et pathognomonique qui les termine s’affaiblit peu à peu, et finit par disparaître complètement. Quelquefois les malades rest nt plusieurs jours sans tousser, mais , si la toux se réveille par une cause quelconque , elle reparaît avec les phénomènes qu’elle avait précédemment.
D’après ce que nous avons dit plus haut, il est difficile d’apprécier la durée totale de la coqueluche. Rarement elle cesse avant un mois, six semaines, et souvent elle persiste pendant plusieurs mois. Sa marche n’est pas toujours simple et régulière; elle présente de nombreuses variétés à raison de son intensité, de l’âge des malades et des affections qui peuvent la compliquer. Relavement à son intensité , les quintes sont quelquefois si violentes et si longues , que chez les trèsjeunes enfants , elles peuvent amener des convulsions promptement mortelles.
Lorsque la maladie se prolonge au-delà d’un certain temps , il n’est pas rare de voir les enfants maigrir, perdre leurs forces, et tomber dans une espèce d’épuisement presque toujours funeste. Parfois on voit survenir pendant la coqueluche les symptômes nerveux les plus graves; mais parmi les complications les plus fréquentes, l’inflammation des bronches et celle du poumon tiennent incontestablement le premier rang. Viennent ensuite la phthisie pulmonaire, les affections intestinales , la diarrhée surtout, et enfin, dans des cas rares, le croup qui presque toujours est alors rapidement mortel.
On ne pourrait confondre la coqueluche qu’avec la variété de catarrhe pulmonaire où la toux se reproduit par quintes pénibles et répétées. Mais cette dernière affection en diffère surtout par l’inspiration qui n’est pas sonore , par le mouvement fébrile qui l’accompagne le plus souvent, par l’absence des vomissements, et par la nature des matières expectorées.
Lorsque la coqueluche est simple, le pronostic est généralement peu grave : dans la très-grande majorité des cas , elle se termine d’une manière favorable. On a vu , mais rarement , des enfants succomber dans la violence des quintes. Le danger est d’autant plus grand qu’elle affecte des enfants plus jeunes , et qu’elle en frappe à la fois un plus grand nombre. Lorsqu’elle se manifeste en automne et en hiver, elle est toujours plus fâcheuse et de plus longue durée. Quand l’enfant succombe , c’est presque toujours par l’effet des complications.
Après la mort, on ne trouve pas de lésion constante dans les organes ; le plus souvent on rencontre seulement les altérations des maladies qui compliquent la coqueluche : très-souvent il
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existe de la rougeur et des traces d’inflammation de la membrane interne des bronches , ce qui a fait proclamer par quelques médecins, l’identité do la coqueluche avec la bronchite : mais souvent aussi on ne découvre aucune lésion, ce qui nous fait regarder cette maladie comme une affection plutôt nerveuse qu’inflammatoire : notre opinion se rapproche d’ailleurs de celle de M. Guersant , qui pense que c’est une inflammation spécifique des bronches avec lésion de l’innervation dans l’appareil pulmonaire.
Traitement. Il est difficile de trouver dans la médecine une maladie contre laquelle on ail déployé un plus grand luxe thérapeutique. Au début delà coqueluche , et tant qu’il n’existe que les symptômes mentionnés à la première période, les remèdes les plus convenables à mettre en usage sont à peu près ceux que réclame un simple rhume. S’il est impossible de s’opposer alors au dévoloppement ultérieur de la maladie , à l’aide des saignées répétées , des vomitifs, ou des stimulants diffusibles , on ne saurait apporter trop de soins à prévenir les complications , et , s’il en existe , on ne doit point hésiter à les combattre au moment de leur apparition.
Lorsque la coqueluche est confirmée , voici les moyens qu’on lui oppose avec le plus d’avantage, si elle est bénigne et modérée. Au moment où la quinte a lieu, si les enfants sont couchés , il faut se hâter de les mettre sur leur séant : l’oubli de ! cette précaution pourrait devenir funeste à ceux | qui sont très-jeunes ; et M. Guersant a vu un en- ! faut de cinq mois, qu’on avait laissé sur le dos, près de périr dans un accès de suffocation. Dans le jour, les malades préfèrent ordinairement rester debout; on leur fournit un point d’appui commode, en appliquant fortement la main sur le front. Lorsque les secousses de toux , malgré leur succession rapide , permettent d’avaler quelques gorgées d’eau fraîche ou d’une boisson adoucissante , il est d’observation qu’on abrège sensiblement la durée et l’intensité de l’accès. Il peut être utile aussi d’extraire avec le doigt les mucosités qui s’accumulent dans la bouche pendant la quinte. Dans l’intervalle des quintes , s’il n’existe point de fièvre ni de complications, on conseille quelque tisane agréable, un looch blanc, un julep huileux ou une potion gommeuse. On diminue plus ou moins la quantité des aliments, et l’on insiste sur l’usage des bains de pieds simples , ou j rendus irritants par le sel , le savon ou la potasse. Ces pédiluves sont surtout efficaces , lorsqu’on a soin d’augmenter par degrés la chaleur de l'eau , et qu’on en prolonge la durée pendant un temps assez long, de quinze à trente minutes, par exemple. On seconde l’emploi de ces divers moyens par quelques vomitifs , « l’expérience ayant constamment prouvé , dit M. Guersant , que ces évaenants éloignent et diminuent lesquintes, lorsque surtout la sécrétion des mucosités est très-abondante et obstrue les bronches. Le vomitif dont on se sertie plus communément est l’ipécacuanha , soit en poudre, soit en sirop , soit en décoction ; mais on devrait peut-être lui préférer l’émétique, moins infidèle dans son action , et très-facile à
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fractionner en doses aussi minimes que peuvent l’exiger l’âge etla faiblesse des malades. Les laxatifs, tels que le sirop de roses pâles, seul ou battu avec parties égales d’huile d’olive , le sirop de chicorée, la manne en larmes ou l’huile de ricin , et les purgatifs tels que le calomel, lejalap ou la rhubarbe conviennent alors aussi, soit à titre de révulsifs , soit pour combattre la constipation. Quant aux émissions sanguines , que certains auteurs placent au premier rang des agents thérapeutiques réclamés par celte maladie, l’expérience nous a prouvé que , à moins d’indications particulières , elles ne produisent , en général , aucun effet appréciable sur les quintes , et que parfois elles prolongent la durée de la coqueluche, en augmentant la faiblesse. Aussi conseillonsnous de s’en abstenir lorsqu’il n’existe point de fièvre. Mais quand on a affaire à des individus robustes ou pléthoriques , on doit recourir à la saignée générale, qu’on remplace par des sangsues ou des ventouses scarifiées, lorsque l’âge des enfants ou toute autre circonstance l’exigent. Au surplus, dans le traitement de la coqueluche, comme dans celui de toutes les maladies épidémiques, il faut, ainsique le recommande M. Guersant , faire une grande attention , non-seulement à la constitution et au tempérament des malades, mais encore à l’état actuel de l’atmosphère. Les épidémies de coqueluche qu’on remarque en hiver et au printemps , par exemple , ne doivent pas être précisément traitées de ia même manière que celles qui régnent eu été. Les saignées, en général, seront plus utiles dans le premier cas , et les vomitifs dans le second. Il est clair que, si la coqueluche est compliquée d’inflammation ou de toute autre maladie , on devra S8 hâter d’y opposer les moyens appropriés.
Dans les cas où elle persiste opiniâtrément en conservant son caractère convulsif, deux ordres de médicaments se présentent au praticien pour en triompher : les sédatifs et les antispasmodiques; parmi les premiers , la belladone, la ciguë, l’opium et l’acide hydrocyanique, ont été particulièrement recommandés.
La plupart des médecins allemands ont accordé les plus grands éloges à la belladone dans le traitement de la coqueluche. Hufeland , qui la regarde presque comme un spécifique , dit qu’on peut la donner dès le début même de la maladie , mais qu’on l’administre avec plus d’avantage du quinzième au vingtième jour delà période convulsive. C’est en effet vers cette époque, qu’elle nous a paru jouir d’une plus grande efficacité , pourvu toutefois qu’il n’existe pas en même temps de phlegmasies thoraciques , car elle est presque toujours alors beaucoup plus nuisible qu’utile. La dose varie suivant la préparation et suivant l’âge des malades.
Les préparations opiacées ne nous ont point paru d’une très-grande efficacité. Presque toujours nuisible d’ailleurs chez les jeunes sujets , â cause des congestions sanguines si fort à craindre alors vers le cerveau, l’opium, plus encore que la belladone et la ciguë, a l’inconvénient de sécher la gorge et de diminuer l’expectoration
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L’acide hydrocyanique, médicament énergique, dont l’action sédative sur le système nerveux est généralement connue, a aussi produit de merveilleux résultats , au dire de quelques auteurs. Mais la facilité avec laquelle s’altère l’acide prussique, et les accidents qu’il a produits quelquefois, nous ont fait hésiter à le prescrire. M. Guersant l’a vu d’ailleurs échouer plusieurs fois.
Au nombre des antispasmodiques vantés contre la coqueluche, il faut compter le musc, et l’oxyde de zinc qui réussit surtout chez les très-jeunes sujets.
La vaccination , infructueusement conseillée , pour prévenir cette maladie , paraît avoir été quelquefois tentée , non sans quelque avantage, pour en accourcir la durée.
Quand la coqueluche est simple , les révulsifs , tels que les vésicatoires et la pommade émétisée , m'ont paru , en général, plus nuisibles qu’utiles. Chez les jeunes enfants surtout , et chez les individus très-irritables , ils ont l’inconvénient de produire une excitation vive , de l’insomDie , et quelquefois même un mouvement fébrile plus ou moins intense.
Mais nous nous arrêtons , pour ne point passer successivement en revue l’incroyable pêle-mêle de médicaments ridicules, innocents ou dangereux, qu’on a proposés dans cette période de la coqueluche. Qu’il nous suffise de dire qu’ou n’a pas craint de vanter jusqu’à la graisse de veau marin, et les crottes de mouton cuites daüs du lait.
Avant de passer au traitement de la troisième période , il faut mentionner ici les bous effets des bains tièdes , particulièrement indiqués lorsque les symptômes nerveux dominent , et qu’il n’y a que peu ou point de sommeil. Il faut les faire prendre à une température modérée , et jusqu’à deux fois par jour s’il est nécessaire. J’ai vu des enfants y demeurer pendant deux heures avec plaisir et sans fatigue , et les quintes de toux, incessantes avant le bain , rester suspendues tout le temps que durait l’immersion. Pour éviter les congestions sanguines vers la tête , j’ai l’habitude de faire laver la face et le front avec une éponge imbibée d’eau froide , qu’on peut aussi laisser à demeure pendautun temps plus ou moins long sur le sommet de la tête. Il est inutile d’avertir que ce moyen ne devrait point être employé, ou qu’on ne devrait le faire qu’avec la plus grande réser^ ve, s’il existait en même temps que fa coqueluche une inflammation des organes thoraciques.
Lorsque la coqueluche est parvenue â sa période de décroissance, les quintes, avons-nous dit, deviennent plus rares , plus courtes et moins intenses; mais elles n’ont point perdu complètement leur caractère convulsif, et la terminaison de la maladie est quelquefois encore bien éloignée. C’est doncà tort, suivant nous, qu’on a prétendu qu’à cette époque, tout médicament devenait inutile , la nature pouvant seule faire les frais de la guérison. Dans cette période , ordinairement on fait succéder avec avantage aux boissons adoucissantes, aux médicaments antispasmodiques et aux sédatifs , surtout chez les enfants
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épuisés par la longueur de la maladie, les décoctions légères de lichen , l’infusion de café , le quinquina, les eaux sulfureuses de Bonnes, de Cauterets ou d’Enghien pures ou coupées avec le lait. Un vésicatoire volant, placé soit entre les épaules , soit au-devant de îa poitrine , et porté ensuite au bras , ou remplacé par un cautère , a souvent mis fin, d’une manière prompte , au catarrhe pulmonaire chronique qui vient, dans certains cas, remplacer la coqueluche , et quelquefois compromettre la vie par sa longue durée.
Quant aux soins hygiéniques, leur heureuse influence ne saurait être contestée dans celte affection ; les enfants doivent être surtout préservés du froid humide , et garantis soigneusement des vicissitudes de l’atmosphère. Mais, lorsque la température est douce et sèche, il n’est point nécessaire de les astreindre à garder la chambre : dans ce cas même, des promenades presque journalières, faites à pied , en voiture ou à âne , en évitant tout exercice violent, ne sauraient être, que fort utiles. L’un de mes enfants se trouvait constamment bien du jeu de l’escarpolette, surtout quand les mouvements en étaient très-rapides, et, chose assez remarquable , au moment de la plus grande violence de sa coqueluche, la toux n’avait point lieu tout le temps que durait cet amusement, qui, dans certains cas même, paraissait faire avorter une quinte îmmuieuic.
Comme on a x-emarqué que les. quintes sont d’autant plus fréquentes, que l’estomac est plus distendu , les repas devront être plutôt multipliés que copieux. On ne permettra qu’une nourriture saine et légère, composée principalement de potages , de légumes herbacés , d’œufs frais, de viandes blanches, de fruits cuits ou bien mûrs, etc., au moins pendant la première moitié de la seconde période , et s’il n’existe point de fièvre. Plus tard, et surtout vers le déclin de la maladie, il est souvent indispensable d’accorder des aliments plus substantiels, tels que des consommés, des viandes faites , rôties ou bouillies, etc. Le lait d’ânesse , qu’on a coutume de conseiller , et souvent alors avec avantage , a paru quelquefois , à M. Guersant, contribuer à entretenir un mouvement fébrile , qui disparaissait avec la cessation de cet aliment. On se trouve souvent bien de le faire édulcorer avec le sirop de quinquina , ou de le couper avec un peu d’eau deSeitz.Ii est superflu de répéter ici que le régime doit être modifié suivant le degré d’intensité de la maladie et d’après les complications.
Les vêtements de flanelle, portés immédiatement sur la peau , et les frictions sèches, faites avec une brosse douce , nous ont toujours pa. u utiles chez les malades d’une constitution faible et délicate, particulièrement en automne et dans l’hiver. Mais , de tous les moyens propres à faire cesser la toux, lorsqu’elle n’est plus, pour ainsi dire , entretenue que par l’effet de l’habitude , celui que nous regardons comme le plus constamment efficace , c’est le changement d’air. Sans doute il est préférable que ce changement ait lieu de la ville à la campagne ; mais un simple déplacement suffit quelquefois , et j’ai vu des enfants,
transportés seulement d’un quartier dans un autre , éprouver presque tout à coup une amélioration notable, dans certains cas même la cessation immédiate, des quintes de toux. Les voyages pendant l’été, eü’habitalion dans un climat chaud pendant la mauvaise saison , ont souvent ramené à la santé des enfants qui paraissaient voués à une mort certaine, tant la maladie les avait épuisés.
Nous ne dirons rien des moyens préservatifs , conseillés par quelques médecins. Prophylaxis , dit J. Frank, consista in fugâ contagii. L’isolement en effet, lorsqu’il est praticable, est jusqu’ici, bien certainement, le seul préservatif de la coqueluche. Blache,
Médecin des hôpitaux civils de Paris.
coques DU JLEVANT. (mat. méd.). On distingue sous ce nom les drupes desséchés d’un arbuste sarmenteux, du Malabar et des Moluques , décrit par DeCandolle sous le nom de cocculus tuberosus; ces drupes, qui sont noirâtres, ovoïdes et de la grosseur d’une merise, sont ridés; l’amande, qui est à la partie intérieure du fruit , est huileuse , blanchâtre ; elle a même des propriétés vénéneuses qui sont dues suivant les chimistes à un principe particulier nommé picrotoxine. On se sert quelquefois de ce fruit pour empoisonner le poisson et le pêcher avec facilité; mais ce moyen, qui est proscrit par les lois de police , est encore très-dangereux pour la santé; car on a quelquefois observé des accidents à la suite de l’ingestion dans l’estomac de poissons qui avaient été pris par ce procédé; on ne saurait donc trop en défendre et en proscrire l’usage. J. B.
coa [chir.), s. m. [clams, gemursa ) .Tumeur épidermique, dure, calleuse, ayant la forme d’un clou,
! dont la tête répondrait à l’extérieur et la pointe s’enfoncerait dans la peau jusqu’au tissu cellulaire, quelquefois même jusqu’à l’os. Son siège exclusif est aux pieds, où elle reconnaît pour cause un frottement ou une compression occasionnée par des chaussures trop étroites, ou bien par des bas grossiers, présentant des coutures saillantes. Il ne 1 faut pas confondre les cors avec les durillons : ces derniers n’occasionnent le plus souvent aucune : douleur et ne sont formés que par des couches inorganiques de l’épiderme ; les cors au contraire sont fréquemment douloureux, non-seulement pendant la marche, mais encore lorsque le temps veut changer, comme cela a lieu pour les cicatrices. Les recherches microscopiques de M. Breschet nous ont appris que ce n’était pas seulement à un simple gonflement, par l’humidité de l’air , que ces douleurs devaient être attribuées , mais qu’elles pouvaient avoir leur siège dans l’extrémité pointue du cor, qui présente des traces sensibles d’organisation.
| Ces tumeurs sont fréquemment situées à ia plante des pieds , ou à leur côté externe ; on en rencontre aussi une variété très-douloureuse placée entre les orteils, et que l’on nomme œil de perdrix.
Ou prévient les cors en portant des chaussures larges et souples ; les militaires et les personnes obligées de marcher beaucoup et qui sont sujettes à ces
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excroissances feront bien aussi de s’oindre légèrement les pieds avec du suif ou du beurre de cacao ; pour l’oeil de perdrix on peut placer un petit morceau de linge entre les doigts affectés.
On peut se débarrasser d’un cor au moyen de l'extirpation : cette opération demande de l’habitude et une certaine adresse, alors elle n’est nullement douloureuse; on enlève la tumeur jusqu’à la racine en la cernant et la détachant peu à peu au moyen d’une aiguille à pointe mousse, montée sur un manche. Il reste une petite cavité qu’on remplit avec un peu de graisse de mouton et qu’on recouvre ensuite avec un emplâtre de savon, ou de diachylon gommé.
Le plus souvent on se contente, au moyen d’un rasoir, d’un canif, ou d’un bistouri, de couper les lames superficielles qui forment tumeur, en ayant soin de ne pas toucher aux parties voisines, ce qui occasionnerait un écoulement de sang et de l’inflammation. Ces lames saillantes enlevées, on recouvre la partie d’un peu de baudruche ou de diachylon. Au lieu de bistouri , d’autres personnes se servent de pierre ponce et de limes à gros grains ou de papiers enduits de verre pilé; les parties voisines du mal fuient par leur mollesse devant ces limes, et n’en sont pas entamées. Cette petite opération doit se renouveler de temps à autre. On peut la rendre plus complète et plus efficace en touchant de temps en temps la place avec du nitrate d’argent fondu ( pierre infernale). Quelques personnee cautérisent leurs cors au moyen d’un ver ardent ; elles cessent la cautérisation dès qu’elles éprouvent de la douleur. On a employé aussi dans ce but, l’eauforte; la potasse, divers végétaux âcres, etc., mais ces moyens sont dangereux et doivent être rejetés; souvent même les plus innocentes cautérisations ne sont pas sans danger; nous en dirons autant de ces nombreux arcanes vendus par des charlatans qui savent si bien exploiter la crédulité publique. J. P. Beaude.
coRACQ-SRACmAL (anal.), s. m. Nom donné à un muscle situé à la partie supérieure et interne des bras, qui d’une part s’attache à l’apophyse coracoïde , et de l’autre, à la partie interne du milieu de l’humérus; ce muscle est destiné à élever le bras et à le porter en dedans. J. B.
coracoïde ( anat .), adj. (du grec korax , korakos corbeau , et de éïdos forme). On a donné ce nom à une apophyse qui termine l’angle antérieur de l’omoplate, parce qu’elle a quelque ressemblance avec le bec d’un corbeau. J. B.
corail (mat. méd.) , s. m. C’est une concrétion en forme d’arbuste qui sert à loger certains polypes, elle se trouve en abondance dans la Méditerranée et dans la mer Rouge ; le corail, qui est composé presque en totalité de carbonate de chaux, était autrefois employé comme astringent et absorbant ; aujourd’hui il n’est plus en usage , et la magnésie le remplace avec avantage comme absorbant. J. B.
cor aline re corse (mat. méd.) (V. Mousse de Corse.)
corde (anat. et patli.) V. au Supplément.
cordial ( thérap .), adj. de cor cœur). On donnait autrefois ce nom à des médicaments stimulants et dont on croyait que l’action agissait spécialement sur le cœur pour en réveiller l’énergie; les teintures vineuses et alcooliques , les éthers faisaient la base des médicaments appelés cordiaux. J. B.
cordon ombilical (anat.), s. m. C’est un cordon composé de vaisseaux et de membranes qui pendant la grossesse établit une communication entre la mère et l’enfant. (V. Fœtus, OEuf humain.)
CORDON spermatique ( anat. ) s. m. C’est un cordon composé de vaisseaux et de nerfs qui sort de l’abdomen par l’anneau inguinal et qui se rend au testicule qu’il maintient et qu’il suspend dans les bourses. (V. Testicule.) J. B.
coriandre ( bot .), s. f. (coriandrum sativum). Pentandrie digynie L., famille des Orobellifères J. C’est une petite plante annuelle cultivée partout et qui naît spontanément dans le midi de la France; ses fleurs qui sont blanches exhalent une odeur désagréable de punaise ; ses fruits au contraire flattent l’odorat et le goût. On les emploie souvent dans le nord pour aromatiser la bière et comme condiment. Ces semences sont carminatives et antispasmodiques; on les prescrit néanmoins assez rarement. La dose est d’un gros en poudre , ou deux gros pour une infusion d’un demi-litre. On mêle quelquefois cette infusion à celle du séné pour masquer l'odeur nauséabonde de ce dernier purgatif. J. B.
corme (lot.) , s. m. Fruit du cormier, sorbus domestica, L., famille des Rosacées J. Ce fruit s’offre sous la forme d’une baie turbinée simulant une petite poire; sa couleur est rouge jaunâtre; sa chair ou pulpe est peu succulente et âpre, elle s’adoucit cependant et mollit lors de la maturité ; celle-ci s’effectue rarement sur l’arbre et par une sorte de blettissure qu’on provoque en mettant les cormes sur la paille, comme on le fait pour les nèfles.
Le cormier ou sorbier domestique , croît naturellement dans nos forêts, aussi était-il du temps des druides employé dans leurs cérémonies religieuses. On le cultive maintenant dans les vergers et les jardins d’agrément qu’il embellit par l’élévation assez régulière de sa tige , la richesse de son feuillage et la couleur éclatante de ses fruits. Ceux-ci, quoique peu savoureux, sont cependant, attendu leur saveur âpre et aigrelette, très-goùtés des enfants. Ecrasées, mêlées à l’eau et placées dans des circonstances favorables à la fermentation, les cormes font la base d’une boisson économique analogue au cidre et surtout au poiré ; moins agréable que celles-ci , elle n’en est pas moins une précieuse ressource pour les pays dans lesquels les pommes et les poires sont peu abondantes et la culture de la vigne nulle. Bien qu’assez capiteux, le cormé, lorsqu’on en fait un usage modéré , forme une boisson saine et trèsrafraîchissante.
L’extrême lenteur avec laquelle croît le cormier donne à son bois une dureté et une compa-
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cité qui le rendent très-propi e à faire des mon- 1 tures d’outils et notamment d’instruments de ] chirurgie. Couverchel,
Membre de l'Académie de médecine et de la société de pharmacie.
corne de cerf (mat. mé<L). Ou donne en pharmacie le nom de corne de cerf, au bois de cet animal qui est employé dans diverses préparations. Le bois ou la corne de cerf entre dans la composition de la décoction blanche de Sydenham; on la râpe ou on la coupe en fragments très-minces avant de la soumettre à l’action de l’ébullition; la corne de cerf n’a d’action dans ces cas que par la gélatine qu’elle contient. D’autres fois , on emploie la corne de cerf calcinée , c’est-à-dire privée par l’action du feu des substances animales qu’elle renferme ; dans ce cas , la corne de cerf n’est plus composée que de phosphate de cbauxet de quelques autres sels qui entrent dans la composition de la partie solide des os; on la porphyrise lorsqu’on veut l’administrer à cet état , afin de la réduire en matière impalpable et qu’elle puisse so mettre en suspension dans les liquides.
La corne de cerf dans son premier état peut facilement être remplacée par la gélatine calcinée; on peut lui substituer le phosphate de chaux , mêlé dans une proportion déterminée au carbonate de chaux et au caibonate de magnésie, qui forment la base solide des os. La corne de cerf philosophiquement préparée était aussi un produit privé de gélatine par l’action de la vapeur de l’eau bouillante. On préparait encore autrefois l’esprit volatil de corne de cerf, qui est du sous-carbonate d’ammoniaque huileux ; une huile volatile de corne de cerf, qui est l’huile animale de Dippel; un sel volatil de corne de cerf, qui est le carbonate d’ammoniaque concret. Ces dernières préparations étaient employées comme antispasmodiques et sudorifiques. J. B.
corne humaine (anat. path.). On a remarqué sur la peau de quelques individus des productions de nature cornée qui tantôt s’étendaient en forme de plaques, et tantôt se prolongaienten forme de cornes ; les plus anciens auteurs citent de ces exemples de développementde corne sur diverses parties du corps, tantôt sur le front, la tête, la poitrine, le dos, les cuisses, les bras, etc. Ces cornes , qui présentent une structure particulière, et qui sont analogues par leur composition à la matière qui forme les ongles et l’épiderme, ne présentent aucune ressemblance avec les cornes des animaux ruminants, qui sont des productions osseuses, et dont l’extérieur seulement est recouvert de cette matière cornée qui sert dans les arts, et qui a quelque analogie avec les ongles et l’épiderme humain quant à sa composition intime.
Les cornes qui ont été observées sur l’espèce humaine varient beaucoup de forme et de siège, ainsi que nous l’avonsdéjà dit. M. Jules Coquet a publié l’observation d’uue femme qui avait sur le front une corne dont la base avait six à sept pouces de large, et qui avait plus de cinq pouces de Ion gueur. Dumonceau a cité l’exemple d’une femme
qui portait à la cuisse une corne de 11 pouces dè longueur sur un diamètre de près de trois pouces. D’autres fois ces cornes s’étendent en forme de plaques; elles sont communes surtout aux mains et au visage. Les vieillards, et principalement les vieilles femmes, en présentent de fréquents exemples : ces plaques sent dures, de couleur jaunâtre en dessus , et blanche en dessous. M. Breschetdit en avoir enlevé de semblables qui s’étaient développées sur le gland d’un individu déjà avancé en âge. Chez certains sujets ces plaques se manifestent sur tout le corps , et constituent une maladie quele professeur Alibert a désignée sous le nomd’ichthyosis cornea, par la ressemblance que la peau humaine prend dans ce cas avec celle des poissons, quisontpourvusd’écailles. On a remarqué que cette maladie est quelquefois héréditaire; M. Alibert cite môme, dans son grand ouvrage surles maladies de la peau, l’exemple d’une famille dans laquelle pendant trois générations cette maladie fut observée chez les enfants mâles, tandis que les filles avaient une peau douce et exempte de toute infirmité.
La production de ces cornes , quelle que soit d’ailleurs leur étendue, tient, dit M. Breschet, à un vice qui existe dans la sécrétion de la matière épidermoïque qui recouvre la peau : cette sécrétion se trouve augmentée, modifiée par des causes qu’il est difficile d’apprécier ; et au lieu de cette pellicule mince qui forme la partie extérieure de la peau, et que l’on a nommée épiderme, les glandes chargées de celte sécrétion, et que M. Breschet nomme blennogênes, parce qu’elles existent dans les membranes muqueuses, où elles produisent le mucus qui les recouvre ; ces glandes , disons-nous, sécrètent avec abondance une matière qui se solidifie, et dont les couches constamment appliquées parla base produisent des cornes plus ou moins développées, suivant l’activité plus ou moins grande qu’a prise cette sécrétion.
Il est facile de se débarrasser de ces difformités lorsqu’elles sont peu nombreuses : leur longueur est de peu d’importance dans l’opération , il suffit de cerner la tumeur à la base par une incision et d’emporter avec elle la portion de peau qui lui a donné naissance; cependant cette opération, qui doit être sans dauger dans un grand nombre de cas , ne serait peut-être pas saus quelques inconvénients dans des circonstances qui seraient analogues à celles où se trouvait cette femme dont la corne avait plus de cinq pouces de diamètre , et qui reposait sur les os du crâne : dans un cas semblable, la largeur de la dénudation des os et peut-être leur altération seraient des motifs pour contre-indiquer l’opération. Souvent, lorsque l’on ne veut pas pratiquer l’extirpation de ces productions cornées, on se contente de les couper près de leur base ce qui ne les empêche pas de se reproduire; nous avons vu une corne de trois pouces de long sur dix- huit ligues de diamètre qui s’était développée sur la région lombaire d’un individu qui avait employé plusieurs fois ce moyen palliatif avant de se décider à l’abialion complète. On a aussi remarqué que ces cornes pouvaient tomber d’elies-mêmes à certaines époques