‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 171 sur 316 · COI · texte numérisé non relu

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pour repousser ensuite avec une nouvelle vigueur.

J. P. Beaude.

cornée ( anat .), s. f. On nomme ainsi cette portion transparente de l’œil qui est située à sa partie antérieure, et à travers laquelle on voit l’iris et la pupille; on la nomme aussi cornée transparente, pour la distinguer de la tunique blanche qui enveloppe l’œil, qui est la sclérotique et que quelques anatomistes ont nommée cornée opaque. La cornée est formée de plusieurs lames entre lesquelles on trouve un peu de liquide épanché; sa transparence est complète, ce qui était indispensable pour la régularité de la vision. Elle est enchâssée dans la sclérotique comme un verre de montre l’est dans la boîte de métal qui le soutient. La cornée, qui a reçu son nom par son analogie de ressemblance avec une lame de corne, est douée d’une vitalité particulière, car on n’a point remarqué de nerf ni de vaisseaux dans sa structure; les vaisseaux qui se développent quelquefois à sa partie antérieure proviennent de la conjonctive, qui est la membrane muqueuse qui la recouvre en devant, tandis qu’elle est tapissée en arrière par la membrane qui sécrète l’humeur aqueuse qui remplit les chambres de l’œil.

Malgré sa simplicité de structure, la cornée est sujette à un assez grand nombre de maladies. Indépendamment des blessures et des lésions extérieures dont elle peut être l’objet, son inflammation, qui a reçu le nom de kératite et qui n’a été bien observée que dans ces derniers temps, est souvent fort grave par ses suites, qui sont, ou le ramollissement , ou des épanchements entre les lames de cet organe ; et souvent son opacité, qui détermine la perte de l’œil. Les plaies de la cornée qui guérissent assez bien, même quand elles pénètrent dans l’œil , lorsqu’elles sont convenablement soignées, sont quelquefois après leur guérison suivies de hernies de l’iris qui gênent ainsi la régularité de la vision. Les taies qui sont le résultat de l’opa cité de quelques points de la cornée présentent beaucoup moins de chances de guérison que celles qui sont le résultat de l’épaississement et de l’opacité de la conjonctive. Les maladies dont cet organe peut être affecté demandant, par leur nature et la délicatesse de l’organe qu’elL s affectent, des connaissances toutes spéciales, ne sont point de nature a être traitées ici. Nous renverrons , pour compléter quelques -unes des indications que nous avons cru devoir donner, au mot Œil. J. B.

cornet [anat.), s. m. On donne le nom de cornets à quelques os minces et recourbés qui sont contenus dans les fosses nasales dont ils font partie ; ces os, sur lesquels s’étend la membrane pituitaire, servent à l’olfaction en favorisant le développement de la membrane qui est le principal siège de cette fonction; aussi a-t-on remarqué que l’étendue des cornets était plus considérable chez les espèces animales dont l'odorat est plus parfait , telles que les ruminants, les chiens, etc. H existe plusieurs cornets et ils ont reçu les noms de cornets Inférieur, supérieur, elhmoïdal,

sphéroïdal, suivant leur position et leurs rapports avec certains os. (Y. Olfaction. J. B.

cornet acoustique ( chir .), s. m. On donne ce nom à des instruments en forme d’entonnoir qui sont destinés à condenser le son et à le transmettre à l’oreille ; ils ne peuvent être employés pour remédier à la surdité que lorsqu’elle est incomplète. Les cornets acoustiques, quoique généralement basés sur le principe que nous venons de poser, varient cependant souvent de forme ; ainsi il y en a en forme d’escargot, d’autres qui imitent la forme extérieure de l’oreille, mais leur forme générale est celle d’un tube qui va en diminuant de volume en se rapprochant de la partie qui doit être introduite dans le conduit de l’oreille, et qui est ordinairement terminée par un petit bouton percé d’un trou ; ce tube peut être recourbé plusieurs fois sur lui-même, avoir toutes les formes que l’on juge commode de lui donner, quoique étant toujours établi sur ces mêmes principes. Les cornets acoustiques sont, ou appliqués d’une manière constante et fixés à l’oreille, ou portés à la main pour s’en servir lorsqu’on le juge convenable; les meilleurs sont les plus simples, ils sont aussi les plus commodes. J. B.

coronaire [anat.), adj., qui a la forme d’une couronne. On connaît des artères et veines coronaires des lèvres, du cœur et de l’estomac; et on nomme ligament coronaire un repli du péritoine qui entoure le bord postérieur du foie. J. B.

CORONAI (Os) ou frontal {anat.), s. m.

C’est un os situé à la partie antérieure et supérieure du crâne dans la portion qui correspond au front. Il est divisé en deux parties symétriques chez l’enfant; on y remarque aussi les bosses frontales qui forment une saillie de chaque côté du front. J. B.

cornichons. Y. Concombre.

coronoïre [anat.) V. au Supplément.

coronaire [anat.), adj., nom donné à diverses veines et artères. V. Cardiaques.

CORPS étrangers fpath.J. On entend par ces mots tous les corps qui, introduits ou formés dans nos organes ou dans leurs tissus ne participent pas à la vie qui les anime , et qui par conséquent peuvent donner lieu à des phénomènes ou à des accidents plus ou moins graves. Les corps étrangers peuvent, comme nous venons de le dire, être formés dans nos organes ou venir du dehors; ils peuvent aussi présenter des différences, selon leur nature : ainsi ils sont quelquefois dangereux par leur action chimique , soit comme caustiques ou comme poisons ; par leur forme extérieure, qui peut présenter plus ou moins d’aspérités rugueuses, tranchantes ou piquantes; par leur organisation , soit comme êtres vivants , soit comme matière morte ; s’ils se sont développés à l’intérieur, par le volume qu’ils acquièrent , et qui peut comprimer les organes et déterminer dans certains cas des lésions graves et même mortelles. Enfin ils présentent encore des différences selon les organes dans lesquels ils sont introduits, dans lesquels ils se sont développés, et suivant les fonctions dont ils gênent la marche.

Relativement à leur composition , il est traité

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de leur action comme substance délétère au mot Empoisonnement ; et pour ne pas faire de double emploi, nous y renvoyons le lecteur.

Les corps étrangers peuvent, avons nous dit, se développer dans nos organes: ce fait s’observe pour certaines tumeurs , des hydatides, des vers, des portions d’os, soit nécrosés, soit séparés d’un os principal sous forme d’esquilles, par l’action de violences e x térieures ; pourlos tissus frappés de gangrène et réduits à l’état d'escarres. Les calculs sont des produits inorganiques formés aussi dans l’intérieur de nos parties; ils sont ordinairement le résultat de la précipitation et de la condensation des parties salines que contiennent les liquides animaux; enfin on désigne dans cette catégorie, sous le nom de corps étrangers , tous les produits ou tissus nouveaux qui, se développant dans les organes, peuvent eu troüblerles fonctions.

Les corps étrangers qui viennent du dehors sont de formes et de natures très-variées : tantôt ils pénètrent les tissus, tantôt ils sont introduits par les ouvertures naturelles. Dans la première classe sont tous les projectiles lancés par les armes de guerre, les balles, la mitraille, les flèches; les fragments d’armes blanches brisés dans nos parties: ces différents sujets seront traités au mol Plaie. Les dangers que présentent ces divers corps étrangers varient, comme on le pense bien, en raison de la nature des parties lésées et des corps introduits.

Les corps étrangers peuvent être aussi introduits dans les ouvertures naturelles , telles que l’œil, l’oreille, le larynx, l’œsophage, les intestins, l’anus, le vagin, l’urèthre, etc. Il sera parlé des accidents qu’ils peuvent déterminer et des moyens d’y remédier à chacun de ces mots en particulier. Selon leur nature, ces corps peuvent déterminer des lésions plus ou moins graves ; quelquefois ils sortent avec facilité, d'autres fois ils sontretenus, ou par leur forme, ou par leur volume, et il faut avoir recours à des opérations pour les extraire. Souvent, lorsqu’ils sont peu volumineux et acérés comme des aiguilles, des épingles par exemple, ils percent les tuniques des organes dans lesquels ils sont introduits , et viennent faire saillie sur quelques parties du corps, et sortent après avoir déterminé un abcès.

Les corps étrangers vivants peuvent venir de l’extérieur, pénétrer dans les tissus et les organes, ou bien, comme nous l’avons dit, se développer dans leur intérieur : les vers, les hydatides, sont dans ce premier ^as. Certains insectes, l’œstre, la chique, le dragonneau, l’acarus, viennent du dehors et se logent et se développent dans l’épaisseur de la peau; tandis que d'autres animaux peuvent pénétrer par les ouvertures naturelles, et occasionner des désordres plus ou moins graves; cependant on a beaucoup exagéré les dangers de l'introduction de certains animaux dans les oreilles et les voies digestives : c’est même une croyance répandue à tort parmi certains habitants des campagnes que les couleuvres peuvent s’introduire par la bouche dans l’estomac, et y vivre assez longtemps. Nous avonsl’exemple d’un jongleur, connu il y a environ quiDze ans à Paris , sous le

nom de Jacques de Falaise , et dont nous avons rapporté 1 histoire en 1826 , dans la Bibliothèque médicale, qui introduisait dans son estomac des animaux vivants , tels que des .oiseaux, des souris , des écrevisses et même des anguilles : ces animaux mouraient assez promptement , non cependant sans avoir déterminé quelques douleurs, mais qui n’avaient pas de suites fâcheuses immédiates.

Le traitement des corps étrangers peut varier comme on le voit de mille manières, suivant leur nature , les causes qui les ont produits et les accidents qu’ils déterminent. Quelquefois on a vu des corps étrangers séjourner longtemps dans nos tissus sans y déterminer d’accidents, se déplacer même en suivant la direction du tissu cellulaire; d’autres fois , des corps qui étaient demeurés de longues années sans avoir manifesté leur présence par des accidents en causent spontanément de très-graves; ils déterminent des abcès et sortent souvent par l’ouverture de ces derniers. Nous ne nous étendrons pas davantage sur les généralités relatives aux corps étrangers ; l’on trouvera au nom de chaque organe les lésions que peuvent y déterminer ces corps, et les remèdes que l’on peut y appliquer.

J. P. Beaude.

corps humain ( zool .), s. m. Nous ne donnerons pas ici une description graphique du corps humain, on trouvera à chaque nom de parties leur description anatomique ; les diverses fonctions seront traitées à leurs noms respectifs ; l’ensemble des phénomènes de la vie sera traité au mot Organisme; enfin les différences que présente le corps humain suivant les divers pays sera traité au mot Races humaines. J. B.

corps caverneux (anat.), s. m. Sorte de lacis formé par des vaisseaux sanguins, et enveloppé d’un tissu fibreux ; il existe de chaque côté du pénis un corps caverneux , lorsqu’ils sont gorgés de sang, ils contribuent à l’érection de cet organe. II existe chez la femme des corps caver neux analogues , mais beaucoup plus petits ; ils contribuent à former le clitoris. J. B.

corps muqueux (anat.), s. m. C’est d’après quelques auteurs une des parties constituantes de la peau. (V. ce mot.)

corpulence (path.). (V. Obésité.)

cgrro3IF (mat. méd.), adj. (corrosivus).Sedit des substances qui, mises en contact avec les parties, les corrodent et les détruisent. Ce sont véritablement des caustiques. (V. Cautérisation.) Le sublimé corrosif est le deutochlorure de mercure. ( V. Mercure.) J- B-

cortical (anat.), adj., de cortex, écorce. Se dit de la partie extérieure de quelques organes. On a donné le nom de substance corticale à la subslance grise qui est à l’extérieur du cerveau ; la couche extérieure des reins a aussi reçu le nom de substance corticale. J. B.

corset ( hyg.) , s. m. C’est une espèce de vêtement particulier aux femmes, destinée à em-

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brasser et à serrer exactement la poitrine. Beau coup de médecins se sont élevés contre l’usage, des corsets ; ils ont tracé le tableau effrayant de toutes les affections que ce vêtement pouvait produire, et cependant leurs déclamations, le plus souvent exagérées, ont produit peu d’effet; jamais d’ailleurs la crainte de maladies éloignées ne fera perdre une habitude chère à la coquetterie, et qui à aussi quelques avantages. On a reproché aux corsets de prédisposer aux crachements de sang, à la phthisie, aux palpitations, aux anévrismes , aux hernies; de nuire aux fonctions de l’estomac et du foie; de produire des déviations de la taille, d’empêcher le développement de la glande mammaire du sein, et de rendre par-là les femmes impropres aux fonctions de nourrice, etc.; mais ces inconvénients ne sont tout au plus attachés qu’à l’usage de corsets trop serrés ou mal faits fin disséquant des cadavres de vieilles femmes , tous les anatomistes ont remarqué que , chez celles qui avaient porté longtemps ces vêtements, la forme normale du bas de la poitrine était altérée ; le foie était comprimé et présentait même des traces de l'impression des côtes ; cependant rien pendant la vie n’avait indiqué que les poumons et l’organe sécréteur de la bile fussent malades.

Les corsets, qui ne peuvent en aucune manière remédier aux déviations de la taille, he produisent pas toujours des déformations comme on l’a dit; leur usage ne doit être permis aux jeunes filles qu'après l’époque de la puberté , et lorsque le corps a pris un accroissement suffisant ; autrement ils nuisent au développement, et peuvent devenir réellement la source de plusieurs maladies de poitrine; cependant avant cette époque on peut faire usage de petits corsets munis de baleines légères et flexibles ; mais dans aucun cas on ne doit se servir de corsets qui présentent de ces baleines longues , fortes et épaisses , que l’on j nomme buses; il est même une foule de circonstances où ces buses déterminent, chez les per- ; sonnes habituées à leur usage, des inconvénients | assez graves; c’est surtout dans les affections du | ventre, de l’estomac et de la poitrine. On est alors obligé do cesser leur emploi , et on 1 s remplace avec avantage par deux petites baleines qui sont séparées par un intervalle d’environ deux pouces, qui se trouve remplis par un tissu élastique; les tissus de caoutchouc conviennent parfaitement ! pour cet usage. J’ai remarqué que ces corsets se j supportent facilement, et iis sont indispensables ; pour les personnes qui, bien que malades, ne peu- ; vent se passer de ce vêtement.

On ne doit jamais porter les corsets trop ser- j rés et de manière à gêner k respiration. Il est ; utile de les quitter pendant la grossesse , épo- I que où Us n’ont été que trop souvent la cause | d’avortements et d’autres accidents ; mais les femmes pour lesquelles ils sont un besoin peuvent les remplacer par les corsets élastiques dont nous venons de parler, qui, lorsqu’ils sont bien faits et appropriés à la conformation des individus, loin d'être dangereux, peuvent au contraire être d’un utile secours ; enfin , ils ne doivent jamais comprimer les seins, et surtout le mamelon. Il n’est

pas quelquefois sans quelque inconvénient de cesser de porter un corset lorsqu’on y est habitué; chez quelques femmes parvenues à l’âge de quarante ans, cette cause a suffi pour déterminer une courbure de la colonne en arrière.

Les orthopédistes ont imaginé divers corsets garnis de coussins ou de tuteurs en acier , pour remédier aux déformations de la taille. Ces appareils ont pour inconvénient de lutter désavantageusement contre le poids du corps et d’augmenter la déformation des côtes; aussi sont-ils généralement rejetés. On a aussi donné le nom do corsets à divers bandages de chirurgie destinés à embrasser la plus grande partie du tronc.

J. P. Bkaude.

coryza (/?cuft.), s. m. (du grec leoruza, même signification , rhume de cerveau). Ce dernier nom vient d’une erreur des anciens médecins qui s’imaginaient que l’humeur qui s’écoule dans celte maladie venait du cerveau même , tandis qu’elle n’est que le produit de l’irritation de la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du nez.

Le coryza n’est en effet que l'inflammation catarrhale de cette muqueuse. C'est , comme on le saét , une affection très- fréquente, et en général peu grave. Quelquefois elle ne se montre que comme symptôme d’une autre maladie : par exemple , elle précède presque toujours la rougeole chez lesenfants, et très-souvent la bronchite chez les adultes; l’inflammation s’est alors propagée de la muqueuse du nez à celle du poumon. On l’observe aussi dans la plupart des épidémies de grippe. Le plus souvent elle est due à un refroidissement partiel des pieds ou de la tête, surtout pendant les temps froids et humides, et quelquefois au passage du froid au chaud, il faut en outre une certaine prédisposition , car on voit tous les jours des personnes s’exposer aux variations atmosphériques sans en être atteintes. L’inspiration de poudre ou de valeurs irritantes > telle que celle du chlore ; les coups sur le nez peuvent aussi déterminer le coryza.

Celle maladie peut présenter divers degrés d’intensité. Elle débute le plus souvent par un sentiment de sécheresse et de gonflement dans l'intérieur du nez , presque toujours accompagné de mal de tête et de pesanteur dans le front. Le sens de l’odorat est presque aboli; les yeux sont fréquemment rouges et humides , fréquemment aussi le malade éprouve des éternuements et le besoin de se moucher; quoiqu’il n’existe aucune mucosité dans l’intérieur du canal , il ne peut que respirer difficilement par le nez. Un malaise et même un peu de fièvre peuvent encore se montrer dans celte période et persister quelques jours. Cet état de sécheresse des fosses nasales dure peu de temps , et bientôt au contraire il s’écoule un liquide clair, abondant, âcre, qui irrite et rougit souvent la lèvre supérieure ; peu à peu, et à mesure que l’intensité des symptômes diminue, ce liquide devient moins abondant, moins âcre et plus épais, jusqu’à ce qu’il ait acquis la consistance du mucus ordinaire. La durée la plus ordinaire du coryza est de quatre à sept jours; près-

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que toujours il se termine par la guérison; d’autres fois pourtant il passe à l'état chronique , il peut persister alors des mois et des années : fréquemment dans ce cas la muqueuse nasale est épaissie et altérée, elle est en même temps le siège d’une exhalation presque continuelle d’un liquide transparent, et la respiration par le nez est difficile et incomplète.

Il est rare qu’on ait recours au médecin pour traiter un coryza simple; voici en général ce < u’on doit faire: il faut, autant que possible, éviter les brusques changements de température; on respirera un air tempéré; un mouchoir placé socs le nez servira à garantir ce dernier du vent, de l’air froid et de la poussière ; on combattra la céphalalgie par des bain - de pieds à la moutarde; la tête sera bien couverte, et une légère infusion de thé, prise avant de se coucher, favorisera la transpiration pendant la nuit; un peu de diète, l’abstinence du café, de vin et des excitants, complétera ce régime, qu’on ne suit même en général que lorsque la maladie est un peu intense. L’inspiration de poudre de gomme arabique et celle de vapeurs émollientes, de mauve, par exemple, soulage quelquefois, mais augmente le mal de tête dans d’autres cas.

Le coryza, passé à l’état chronique, est quelquefois rebelle et exige souvent d’autres remèdes. Après avoir essayé le traitement émollient on aura recours à de légers excitants, à des injections aromatiques et même à la cautérisation de la muqueuse nasale avec le nitrate d’argent. Lesfumigatious, qui présentent quelquefois des inconvénients dans les cas que nous avons cités, deviennent fort utiles ici. On cite des circonstances dans lesquelles la guérison a été obtenue par un exercice violent suivi de sueurs , par des excès de table, par l’usage de la pipe ; enfin , on a employé aussi avec succès contre cette maladie les vésicatoires à la nuque et les purgatifs.

Les mères doivent être prévenues que les enfants nouveau-ncs sont fort sujets au coryza; la maladie s’annonce chez eux par de fréquents éternuements et par le gonflement du nez ; la respiration, qui se fait la bouche ouverte, est quelquefois bruyante et accompagnée d’un sifflement qui se passe dans les fosses nasales. L’enfant quitte à chaque instant le mamelon pour respirer, il s’agite et pousse des cris , et quelquefois même il succombe lorsque l’inflammation est portée à un très-haut degré. On préviendra cette maladie en évitant à l’enfant les variations de température , surtout pendant un temps froid et humide : c’est fréquemment lorsqu’on les porte au baptême qt/ilssont atteints du coryza; on redoublera donc de précautions dans cette circonstance Lorsque l’enfant ne peut téter, on doit suspendre toute tentative d’allaitement ; on lui fera boire un peu de lait tiède coupé avec une décoction d’orge ou de gruau qu’on lui versera dans la bouche avec une cuiller. Comme la maladie peut devenir plus grave, nous conseillons d’appeler un médecin, pour peu que les symptômes aient quelque intensité.

J. P. Beaude.

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cosmétiques {hyg.), s. etadj.pl. [cosmetica. Bas. lat. et mieux cosmiana, de Cosmus, fameux parfumeur du temps de Martial.) Primitivement dérivé du verbe grec cosmeïn, qui signifie orner, embellir, ce mot servait anciennement , commo encore aujourd’hui, à désigner certaines compositions que l’on a beaucoup trop vantées comme propres à entretenir et à conserver la beauté. Bien peu, en effet, sont vraiment utiles, tandis que le plus grand nombre sont sans efficacité, ou même donnent lieu à un résultat tout contraire à celui qu’on s’était proposé. C’est ce dont il sera aisé de se convaincre avec un peu de sens commun.

L’usage des cosmétiques remonte à la plus haute antiquité ; il est né de la vanité et du désir de plaire, et est, à ce titre, aussi ancien que le monde. On le retrouve établi partout, chez les peuplades les moins avancées comme au milieu des nations les plus policées. Et eu effet, n’est-ce pas pour se faire beau et marquer la supériorité qu’il croit avoir sur ses compagnons que 1 homme sauvage se tatoue de mille manières, se peint le visage de vives couleurs, se ceint la tête de plumes éclatantes, se décore le nez, les oreilles, le cou, les bras, etc., de pierres à reflets et de coquillages de diverses sortes ?

C'est aux Asiatiques que les Egyptiens, les Grecs et les Romains empruntèrent l’art imposteur de se composer un visage , en essayant de dérober les défauts réels du leur et d’y faire paraître des qualités que la nature leur avait refusées. Ce sont encore aujourd’hui les Persans et les Indiens qui font le plus grand abus des préparations inventées à cet effet.

Une multitude d’empiriques spéculent sur cette honteuse faiblesse, que nos vieux petits-maîtres et nos Vénus édentées se gardent bien d’avouer. C’est avec une audace qui ne peut être égalée que par la stupidité et la vaine coquetterie de ceux qui se laissent si facilement abuser par leurs promesses effrontées , que ces vendeurs d’orviétan , ces imposteurs prônent de tous côtés des eaux, des élixirs, de» baumes , des crèmes, des pommades, et mille autres compositions sans pareilles, dont la longue liste va et ira toujours croissant, selon toute apparence. Si encore ces merveilleux et prétendus secrets de beauté n’avaient d’autres défauts que d’être fort coûteux et impuissants à produire les effets qu’en attendent ceux qui en font usage , ce ne serait encore là qu’un demi-mal du moins pour la riche sottise ; mais bien loin d’être inertes , un grand nombre de ces menteuses préparations donnent fréquemment lieu à de graves inconvénients, à des maladies funestes, et quelquefois à la mort même. Et qu’on ne croie pas que, par un étrange caprice, nous nous laissions entraîner à exagérer à plaisir et sans motif les dangers que peut faire courir l’emploi de certains cosmétiques: les accidents auxquels ils peuvent donner naissance ne sont malheureusement que trop fréquents, malgré la surveillance qu'exercent et que devraient exercer avec plus de rigueur encore les agents de l’autorité. On en sera peu surpris sans doute lorsqu’on saura que les fabricateurs de toutes ces drogues mystérieuses

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n’hésitent souvent pas à y faire entrer les substances les plus nuisibles et les plus dangereuses, par exemple des sels de plomb, de bismuth, de mercure , d'argent et jusqu’à de l’arsenic , sous les dénominations spécieuses d’orpiment et de réalgar; aussi voit-on assez souvent leur usage suivi de troubles divers dans la santé, de transpirations empêchées ou supprimées , d’éruptions salutaires répercutées , de maux de tête opiniâtres , de bourdonnements insupportâmes d’oreilles, de dangereuses inflammations des yeux .d’anxiétés, de difficulté de respirer, de toux.de douleurs vagues et de maladies de langueur. Dans d’autres circonstances, ce sont des salivations continuelles, des coliques toujours renaissantes, des insomnies rebelles, des tremblements, des paralysies, des syncopes, des palpitations, et cent autres affections plus ou moins inquiétantes, toutes évidemment occasionnées par l'action délétère de ces redoutables topiques, La plupart des cosmétiques, il est vrai , ne contiennent point de substances capables de donner la mort; mais un assez grand nombre en renferment qui, sans être léthifères par ellesmêmes , n’ont pas moins sur l’économie et l’exercice régulier des fonctions une influence fâcheuse, et qui, par l’usage répété qu’on en fait, constituent véritablement un empoisonnement lent. Au surplus , comment la profonde ignorance des gens à cosmétiques, vendeurs comme acheteurs, pourrait elle distinguer dans ces composés , qui de vraient être interdits en masse, ce qui peut être innocent de ce qui doit être à craindre? pour le médecin, ces dangers sont plus que démontrés; puissent-ils l’être aussi pour tous ses concitoyens, que son devoir est d’éclaiier chaque fois que l’occasion se présente de le faire I Les progrès de la raison et la diffusion des lumières ont déjà beaucoup fait à cet égard, et nous sommes heureux de reconnaître, à l’honneur du temps où nous vivons , que , bien que la nature des cosmétiques devienne de jour en jour plus variée , leur usage abusif est considérablement diminué chez nous depuis la fin du dernier siècle. Si lès plaisanteries elle bon sens n’ont pu parvenir â faire complète justice de ce goût dépravé, ils ont au moins réussi â le renfermer dans des limites que le respect qu’on se doit à soi-même et aux autres ne permet plus de dépasser. Les femmes bien élevées consentent aujourd'hui à paraître ce qu’elles sont; et si on les compare à celles d’autrefois , on est bien forcé de convenir , en regardant ces portraits de figures plâtrées et enluminées, qu'en rejetant ces coupables artifices, nos femmes y ont gagné une infinité d’agréments que la poudre , que le rouge, le blanc et le noir de leurs devancières étaient parvenus à faire disparaître sous un masque emprunté. C’est à une dame qui se fardait ainsi sans mesure, queBrébeuf adressait ces vers si piquants :

« Tous les jours un nouveau visage,

» C/est en visage un peu trop dépenser. »

Et, en effet , telle était jadis la vogue insensée de ces méprisables supercheries, qu’une jeune fille noble, n’eùt-elle que quinze printemps, ne pou

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