‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 172 sur 316 · COS · texte numérisé non relu

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1 vaitpas, sous peine de déroger, se dispenser de s’appliquer une couche épaisse d’un grossier vermillon sur les joues, comme si les roses naturelles de son teint n’étaient pas plus que suffisantes pour l’embellir à cet âge. Que la femme qui s’estime et veut être respectée abandonne à tout jamais aux courtisanes et aux histrions l’imposture de la toilette comme celle des paroles I

Ce que nous venons d’exposer des cosmétiques en général dit assez ce que nous pensons de chacun d’eux en particulier; aussi pourrions-nous nous dispenser de les examiner en détail. Pourtant, comme on ne saurait trop insister sur les dangers qu’ils font courir le plus ordinairement, il ne sera peut-être pas sans utilité que nous jetions un coup d’œil rapide sur quelques-uns de ceux dont les vertus ont été le plus exaltées, et qui pour cette raison sont le plus employés.

Soit sous le rapport de leur ancienneté, soit sous celui de leur importance dans la toilette, les fards sont, sans contredit, les premiers de tous les cosmétiques. Ce sont des compositions spécialement destinées â relever l’éclat du teint et à faire valoir les agréments de la figure par d’habiles distributions de couleurs sur la peau de cette partie du corps, de manière à pouvoir imposer sur son âge , en cachant, s’il se peut, les rides de la vieillesse et en simulant la fraîcheur de l’adolescence. Avec de telles ressources, en effet, ne peut-on pas prétendre à une éternelle jeunesse?. . Mais, ô sort déplorable ! cruel retour ! tant de soins demeurent impuissants, tant de précautions et d’efforts restent stériles :

« Et les fards ne peuvent faire » Que l’on échappe au temps, cet insigne larron^

» Les ruines d’une maison » Se peuvent réparer; que n’est cet avantage

» Pour les ruines du visage! »

a dit notre bon La Fontaine. Loin de procurer le moindre avantage durable, ces condamnables impostures sont suivies de désordres pis que ceux auxquels on voulait remédier, et de dupe qu’on était d’abord , on devient bientôt victime. Celte peau, qui devait être douce, souple, élastique, unie, devient sèche, rude et terreuse; le3 lis et les roses font place à un teint plombé; les rides se creusent, une couleur livide succède au brillant carmin des lèvres, et toutes les peines qu’on s’est données pour rétrograder dans la vie n’ont servi qu’à faire avancer à grands pas vers une vieillesse anticipée.

Nous avons dit que l’art de se farder était trèsancien ; nous pourrions ajouter qu’il se perd dans la nuit des temps; et en effet il nous serait à peu près impossible d’assigner l’époque â laquelle les femmes ont commencé â adopter cette funeste coutume. « Si l’on en croit le prophète Enoch, ce fut l’ange Azariel qui apprit cet art aux femmes avant le déluge. Chez les Hébreux , le fard le plus usité était le sulfure d’antimoine. Job, Isaïe, l’auteur du livre des Rois , Èzéchiel, Jérémie, en parlent en plusieurs endroits , et nous apprennent que ce minéral servait à peindre les sourcils et à tirer une ligne de noir au coin de l’œil, pour le

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